‹ Gazette du bon ton (volume 2)Chapitre 30 sur 40 · DU GANT · texte numérisé non relu

DU GANT

Le gant est une sorte de main postiche que l'on enfile sur la véritable, et propre à vous éviter de toucher du doigt des choses malpropres. En ce temps que le baisemain revient à la mode, souffririez -vous sans malaucceur de vous voir frotter sur la peau tant de lèvres et tant de barbes qui l'ont été faire à combien d'autres avant vous.

Gant de peau, fin, superfin, jamais assez fin — en suède. A larges plis dans le bras — qu'on voie bien que la peau ne vous coûte rien. Sur le dos de la main, des dessins ajourés et variés, une rose, un lys, une initiale — une

montre si vous le voulez. Mais le temps vous est donc de quelque chose ? — Ne pas avoir de montre, ni d'endroit où la mettre, permet d'arriver en retard aux rendez-vous — et c'est une des voluptés de l'existence.

Le gant sert aussi à vous garder du froid et de l'onglée, lorsqu'il fait du vent et que l'on va se promener sur la glace, à Chantilly ou à Versailles, avec, aux pieds, ces sortes de couperets cornus dénommés patins. — Le gant sert aussi de vide-poche quand on n'en a pas : on y met de tout: mouchoir, porte-cartes, petit miroir ou menue monnaie. Le gant sert encore à faire joli.

Baguettes noires sur gant blanc, et vice-versa. Gants à crispin — très sport; mais alors un gros gant, large et d'où la main sorte avec aisance et rapidité : paradoxale. Je veux bien aussi la mitaine, de soie puce ou grenadine ou noire, à cause que des doigts qui sortent d'une mitaine fine, c'est joli. Mais il y faut la beauté des ongles, l'éclat des bagues; et c'est, à l'autre extrémité, le charme de cet endroit adorable du coude, que l'on nomme — pourquoi? « petit juif». Une méthode raffinée consiste à porter un petit sachet de parfum entre le creux de la main et le gant. — Autre détail, vos gants sont sales ? Changez-les. Vous ne sauriez porter des gants qui puent le teinturier et ses mélanges. Des gants empoisonnés, c'était très bien au temps de Catherine de Médicis. Encore n'empoisonnaient-ils pas la benzine.

Emile HENRIOT.

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TQAR suite d'un accident survenu dans l'exécution de la planche i5, nous avons dû la supprimer dans ce numéro.

Elle sera jointe au prochain, qui comportera ainsi deux robes dessinées d'après des modèles de la Maison Chéruit.

Nos lecteurs voudront bien la replacer dans son numéro.

Avril 1914 SOMMAIRE 2* Année — N° 4

LA DERNIÈRE VIOLENCE Marcel BOULENGER.

Dessins de Bernard BOUTET DE MONVEL.

LE DÉCOLLETÉ Henri BIDOU.

Dessins de A.-E. MARTY.

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