VICHY
A. JANESICH
Joaillier 19, Rue de la Paix
paris mc\nte-carlo
The élégance of some French Mondaine in bygone daj-s is suggested by thèse two exquisite créations, designed bj two of the Bon Ton couturiers. The toilette to the left is of taffetas with glorious embroideries of red, green, yellow mingled with gold thread. To the right is a tulle gown beaded with crystal rings of black, grey and white over a sheath foundation of satin. Our evening gowns set the fashion at every social function of importance.
3, Princes Street and 240, Oxford Street (OXFORD CIRCUS) LONDON W. 1.
Au théâtre, comme à la ville, les créations Técla encadrent la beauté d'une femme.
10 RUE DE LA PAIX, PARIS 7 OLD BOND STREET, LONDRES 398 FIFTH AVENUE, NEW- YORK
w/^^'HÂ1^;^ ^v ...
r"^lE
WPM£iï&i~^
ernières
Voitures
ANS l'air transparent du jeune printemps, j'ai pris une joie fervente à me retrouver avenue de l'Impératrice et à promener mon rêve dans l'allée sacrée, entre la porte Dauphine et l'avenue '///// Jailli Malakoff. Un j oli soleil tout neuf riait aux yeux des femmes : sous les tendres frondaisons, se déroulait une guirlande d'adorables toilettes, et j'ai compris que s'il est, dans la vie, des plaisirs enfiévrés, de folles ivresses, des enthousiasmes, du lyrisme, il n'est pas de joie plus délicate, plus subtile, qu'à monter et descendre l'Avenue du Bois entre onze heures et midi et demie. C'est là que, tous les jours, se manifeste la beauté éternelle. Le rite de la promenade quotidienne y a quelque chose d'impérieux, à quoi des initiés ne sauraient faillir. Je connais une jeune femme charmante, illogique par ailleurs et délicieusement fantaisiste, qui m'a dit gravement : " Je suis très courageuse, je vais au Bois tous
les matins ". Ainsi, elle avait conscience d'exercer son devoir social, en apportant à la foule obscure l'enchantement de sa beauté. Mais il n'est pas que les femmes, et les toilettes, et les autos pour enchanter nos yeux. Des grâces archaïques subsistent, qui nous ravissent.
Ainsi des voitures, et des chevaux. Croit-on que l'on goûterait pleinement le spectacle du Bois, si, à côté de la foule étincelante des autos, ne passaient encore, sur le sable doré de l'allée cavalière, des pur-sang, des irlandais au souple galop rassemblé, et de merveilleuses amazones? Dieu me garde de jouer les barbons, mais que les autos sont donc banales et
lourdes et impersonnelles auprès des beaux carrossiers qui steppent!
Le moyen, je vous prie , chère amie, de donner à sa limousine un petit cachet à soi? Quelques fleurs rares dans un porte-bouquet, un berger de Malines sur le siège, et votre parfum imprégnant les coussins? C'est pitié : au lieu qu un noble attelage, au trot rythmé, mais point rapide à l'excès, laisse à chacun le loisir de vous admirer, ce qui importe avant tout.
De deux choses l'une : ou l'auto est fermée et que verra-t-on de vous, derrière les glaces? Un bout de visage, le haut d'une robe : autant dire rien. Ou l'auto est ouverte, et vous voilà contrainte aux écharpes, aux voiles, au redoutable manteau
^cf.i^
de laine. Tandis que dans une victoria, vous vous en irez, bercée à souhait, à écouter le bruit alterné des sabots sur le pavé, que je préfère aux borborygmes des plus puissants moteurs. Croyez-moi, toutes les Rolls Royce de la terre ne valent pas ce phaéton du haut de quoi l'on se sent le souverain du monde, ni ce tonneau que conduit, les rênes hautes, une petite femme en tailleur clair. Elégances d'autrefois, grâces désuètes, gourmettes éblouissantes, harnais au miroir, œillets rouges au frontal... Qu'il est donc charmant, quand on conduit soi-même, d'arrêter sa voiture pour saluer une blonde amie ! Qu'il est beau de maintenir en un geste puissant un attelage qui s'impatiente, et de ponctuer d'aimables propos par mille arabesques tracées au fil du fouet !
Sous la lumière légère, les voitures filent, se croisent, passent et repassent, et les rayons des roues lancent mille feux. Devançant un tandem dont le cheval de flèche esquisse un petit one step, un fox s'acharne à la fuite aérienne d'un oiseau.
Et quand luira le grand soleil de juin, dans l'apothéose des drags, les mails dénieront l'un après l'autre, offrant à l'admiration du populaire les joues gonflées du valet qui sonne de la trompette, semblable à l'une de ces divinités marines sculptées à la poupe des vaisseaux du Roi.
Robert BuRNAND.
>'est la mode nouvelle, Mesdemoiselles. Vous porterez des pantalons dorénavant; et afin que nul n'en ignore, cîës? pantalons seront si longs, si longs, qu'on les verra dépasser le bas de votre jupe. Ils tomberont tout droit, comme ceux qui vous amusaient tant naguère, autour des jambes de vos poupées ; et naturellement ils seront faits de la batiste la plus fine, du plus délicat "voile-triple", impalpables comme le nuage, avec une ruche, des plissés, de la dentelle. Ainsi culottées, vous donnerez à rire à vos amis, et le plus savant (s'il s'en trouve) vous fera rougir, dans les coins, en vous rapportant la raison pour laquelle, aux environs de 1825, Monsieur le vicomte Sosthène de La Rochefoucauld, alors surintendant des beaux arts, prit gravement un arrêté qui obligeait les
danseuses de l'Opéra
à porter sous leur tutu
des pantalons pareils
aux vôtres, qui leur
devaient descendre
jusqu'aux pieds. —
L'Histoire ne dit pas si
l'Opéra fit ses affaires
cette année-là. Mais
on en doute.
Vous mettrez donc
des pantalons — par
romantisme. Et vous voyant de cette sorte, le charmant Frago n'aurait certes plus l'idée de Y Escarpolette. Mais croyez-vous que ce petit détail de lingerie intime soit suffisant pour vous faire ressembler à l'aïeule de votre grand'mère? Il vous faudra aussi changer de nom, Simone, Francine, Lucienne : et pour être tout à fait à la mode, vous appeler Adélaïde, Ondine, Eléonore, Mélanie, Clotilde, ou Alida. Vous coifferez vos beaux cheveux en torsade et en vague, avec de hauts chignons, des coques, des anglaises. Audessous de vos épaules désormais tombantes vous porterez de vastes manches à gigot, et jusqu'à vos chemises de nuit en devront avoir. Vous troquerez vos gentils chapeaux si commodes, qu'on enlève et met en un tournemain, contre de larges capelines, et même il vous faudra coiffer la toque à créneaux, nouer à votre cou le fichu, le châle, la berthe et le voile de
blonde, consentir à porter tablier, joindre une aumônière à votre ceinture ; et au lieu de perles, adopter quelque simple collier de corail. Vous vous trouverez dans l'obligation d'agrafer votre corsage à pointe avec une grosse broche où figurera un énorme et pesant camée. Enfin, il conviendra que l'on vous fasse un trou dans le lobe charmant de l'oreille, afin d'y suspendre un raccourci de lustre, qui sera fait de cristal ou de jais. Et ce sera le comble de l'horreur. — Quant à la couleur de vos
robes, vous n'aurez que le choix entre
ces bizarres nuances : eau du Nil, souris effrayée, araignée méditant un crime, puce rêveuse, et fumée d'enfer. Vous aurez des turbans Sylphide, des écharpes en taffetas Vague du Danube ; vos gants seront vert arrosoir, et votre
bonne répondra au doux prénom médiéval de Gertrude ou de Malvina.
Seulement voilà, Mesdemoiselles : il vous manquera quelque chose pour être tout à fait gothiques à la mode de Mme Lafarge... Il vous manquera d'être poitrinaires, car il n'est pas de romantisme sans pâleur. Or, cette damnée époque où nous vivons a quelque chose d'assez bon : elle a découvert la santé. Votre teint est rose, F.abienne ; et vous, Maggy, quand vous courez, votre jupe courte et favorable au sport laisse voir une jambe ronde, musclée, solide; vos joues sont drues comme les pêches de plein-vent. C'est le tennis, le golf, le cheval et l'automobile, le footing au Bois, le luge à Chamonix, la nage à Deauville, qui vous ont fait
ces belles couleurs, l'aspect comesti sang qui circule aucune vapeur, le plus positif qui on ne vous la fait et dans votre petit et bien accroché, place pour la moin dededperanza n'est Vous en ^prendrez
cette chair saine à ble ; et comme un bien ne dispose à vous avez l'esprit se puisse imaginer; pas au sentiment, cœur raisonnable il n'y a plus de dre mélancolie. La pas votre fait, votre parti.
Emile Henriot.