CHILDREN'S CORNER
ILS se promènent à pas comptés. Un abat-jour avec un pompon; une cloche écarlate; entre la cloche et l'abajt-jour le vernis d'une pomme d'api; à chaque mouvement de la cloche le fond d'un petit pantalon blanc : c'est Minnie. Poum l'accompagne. Poum est habillé en bolchevik, ou à peu près. Ses yeux reflètent les choses sans rien retenir. Mais Minnie a l'œil — si l'on peut dire — et connaît la vie. Le temps est maussade et la bise les "pince" dans leurs costumes qui finissent tôt, si tôt... Bobette passe, le maillet levé, à la poursuite d'une boule récalcitrante. Minnie lance un regard — jugé ! — et avec un petit rire sec : /''""ci
— Tu as vu Bobette ? ^%n
— Eh bien ?
— Ce qu'elle est fagotée.
— Tu trouves ?
— Coutil, confection, io5,C;5 au Printemps. Une misère !
Poum demeure silencieux. Poum oppose aux subtiles observations de sa sœur une stupeur opaque. Minnie s'énerve :
— Tu ne dis rien.
— Il ne fait pas chaud.
— De quoi te plains-tu? Toi, au moins, tu as une culotte; tandis que mon pantalon, autant dire qu'il n'y en a pas, alors faut voir...
Poum est très rouge. Poum est choqué :
— Oh Minnie ! tu n'es pas convenable.
Mais Minnie a le sens des responsabilités. Elle s'emporte :
— C est maman qui n'est pas convenable. Pourquoi qu'elle commence à m'habiller à la taille ? Si tu crois que nous ne sommes pas ridicules.
— Parle pour toi.
— Oh! pour toi aussi! Il est écœurant ton costume.
Poum a un argument. Il triomphe :
— C'est la mode.
— Bien sûr, c'est la mode... Au fond, veux-tu que je te dise? Ce n'est pas pour nous que maman nous habille. C'est pour elle.
Poum a coutume de ne pas s'étonner des paradoxes de Minnie; mais, cette fois, il proteste :
— Comment, pour elle?
— Mais oui : pour elle ou pour son appartement. Elle choisit nos costumes comme ses coussins de divan, pour l'harmonie, comme elle dit... Et ça peut aller loin. Tiens, il y a quelque temps, elle m'a emmenée aux Arts Décoratifs...
Ce que j'ai eu peur.
— Pourquoi?
— Dame! Tout le temps je me disais : Pourvu qu'elle n'ait pas l'idée de se refaire un ensemble ! Car, alors, gare à moi!...
Poum commence à s'émerveiller positivement :
— C'est drôle ! je n'avais pas encore pensé à ça...
Minnie hausse les épaules :
— Parbleu! tu ne penses jamais à rien. Puis, elle conclut, péremptoire :
— Vois-tu, Poum. Nous sommes des enfants* martyrs.
Poum est saisi d'une terreur folle. Il ne
bien ce que c'est On lui a parlé de
sait pas très
qu'un martyr.
Saint-Denis
qui portait sa
tête... Cette image
le bouleverse, il
tremble, il a envie de pleurer. Mais une belle madame les regarde, Minnie et lui. Alors il se contient... Voilà même que la belle madame prend son face-à-main. Et voilà encore qu'elle parle. Elle dit : Adorables, ces enfants ! Poum n'a plus peur. Poum est très fier. Il envoie une bourrade à Minnie :
— Tu as entendu ?
Minnie a entendu. Mais Minnie détourne la conversation. Elle montre petite Zon qui passe avecune poupée dans ses bras, et recommande :
— Surtout ne la salue pas !
— Pourquoi? fait Poum.
Minnie s'empourpre jusqu'aux
oreilles et, très vite :
— On ne sait pas avec qui elle a acheté sa poupée.
Louis Léon-Martin.
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Robe Je promenade en Parquetine de Rodier
Gazette du Bon Ton. — N° 4
Mai igao. — PL 24
va belle Torcmatteïme
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Gazelle du Bon Ton. — N° 4
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