‹ Gazette du bon ton (volume 4)Chapitre 30 sur 41 · LES CHÉNIER · texte numérisé non relu

LES CHÉNIER

Au XVIII siècle, le nom reparaît en la personne du parisien Dorât auteur de mille riens, poète de la Involité, siffleur et persifleur, professeur léger d élégance, qui mourut sur une ckaise longue, coiffé, poudré, kabiflé de rose et disant au prêtre qui voulait le confesser : "xi, JVlonsieur, vous me prenez pour un indiscret, capable de conter sa vie au moment de la perdre!

JL ous ces J)orat, d autres encore plus obscurs portaient de gueules, à trois croix ancrées d or.

xar le petit pont de 1 écbalaud nous passons du XVIIIe siècle aux temps modernes et nous nous keurtons aux deux Ckénier, celui qui lut royaliste et qui en mourut; celui qui lut régicide, conventionnel et accusé d avoir désiré 1 exécution de son frère. Les deux Ckénier, André-Marie et JMLarie- Josepk-Blaise étaient fils de Louis de Ckénier, ckargé d affaires de £ rance en Xurquie et au JMaroc. Nés à Constantinople, ils passèrent leur enfance dans le brûlant Languedoc, avec leur mère, la kelle Grecque iSanti 1 Homaka. Ces jeunes nommes promis à la gloire et donnés aux révolutions avaient des armes reckerckées et compliquées : " d argent au ckevron de gueules, accompagné en ckel de deux branckes de ckêne de smople et en pointe, d un lévrier courant de sable.

Lies Ckénier cackaient leur noblesse autant que -Ml. de V igny 1 étalait, la faisait jouer et l'enflait.

Gentilhomme de Jjeauce, sans titre, Vigny se donna du comte dès 1 enlance. 11 voulait même être le martyr de sa couronne et racontait, selon 1 affreux Ratisbonne, cette histoire : Au collège il était persécuté par ses camarades : ' Tu as un de à ton nom. Es-tu noble : Et Vigny répondait : Je le suis ! 11 exagérait à peine. C-ar il avait de jolies armes : d argent à un écusson d azur en abîme, chargé d une lasce d or, accompagné en chel d une merlette d or et en pointe d une merlette encore d or entre deux coquilles d argent, le dit écusson cantonné de quatre lions de gueules. (,et équipage kéraldique allait bien au poète qui s élevait le plus haut sur des ailes molles.

D une noblesse à peu près égale, Allred de .Alusset avait une date certaine d anoblissement : iodo. Il portait " d azur à 1 épervier d or, chaperonné, longé, perché de gueules.

t ils de JM-usset-x athay, prolesseur de tout, Allred était le très incertain cousin du laux marquis de JViusset-V^ogners, qui lit de 1 archéologie romantique et romanesque et eut le mérite de mettre à la mode la (chanson de Jxoland.

JV1. de JLamartine était aussi comte que Vigny et JMusset. Fils d un capitaine de chevaulégers et de -M. e Alix des Roys, le grand poète avait des prétentions héraldiques toujours élevées mais vagues et nuageuses comme sa politique. 11 mettait sur ses châteaux des écussons variés et

Page 1