LES CHÉNIER
Au XVIII siècle, le nom reparaît en la personne du parisien Dorât auteur de mille riens, poète de la Involité, siffleur et persifleur, professeur léger d élégance, qui mourut sur une ckaise longue, coiffé, poudré, kabiflé de rose et disant au prêtre qui voulait le confesser : "xi, JVlonsieur, vous me prenez pour un indiscret, capable de conter sa vie au moment de la perdre!
JL ous ces J)orat, d autres encore plus obscurs portaient de gueules, à trois croix ancrées d or.
xar le petit pont de 1 écbalaud nous passons du XVIIIe siècle aux temps modernes et nous nous keurtons aux deux Ckénier, celui qui lut royaliste et qui en mourut; celui qui lut régicide, conventionnel et accusé d avoir désiré 1 exécution de son frère. Les deux Ckénier, André-Marie et JMLarie- Josepk-Blaise étaient fils de Louis de Ckénier, ckargé d affaires de £ rance en Xurquie et au JMaroc. Nés à Constantinople, ils passèrent leur enfance dans le brûlant Languedoc, avec leur mère, la kelle Grecque iSanti 1 Homaka. Ces jeunes nommes promis à la gloire et donnés aux révolutions avaient des armes reckerckées et compliquées : " d argent au ckevron de gueules, accompagné en ckel de deux branckes de ckêne de smople et en pointe, d un lévrier courant de sable.
Lies Ckénier cackaient leur noblesse autant que -Ml. de V igny 1 étalait, la faisait jouer et l'enflait.
Gentilhomme de Jjeauce, sans titre, Vigny se donna du comte dès 1 enlance. 11 voulait même être le martyr de sa couronne et racontait, selon 1 affreux Ratisbonne, cette histoire : Au collège il était persécuté par ses camarades : ' Tu as un de à ton nom. Es-tu noble : Et Vigny répondait : Je le suis ! 11 exagérait à peine. C-ar il avait de jolies armes : d argent à un écusson d azur en abîme, chargé d une lasce d or, accompagné en chel d une merlette d or et en pointe d une merlette encore d or entre deux coquilles d argent, le dit écusson cantonné de quatre lions de gueules. (,et équipage kéraldique allait bien au poète qui s élevait le plus haut sur des ailes molles.
D une noblesse à peu près égale, Allred de .Alusset avait une date certaine d anoblissement : iodo. Il portait " d azur à 1 épervier d or, chaperonné, longé, perché de gueules.
t ils de JM-usset-x athay, prolesseur de tout, Allred était le très incertain cousin du laux marquis de JViusset-V^ogners, qui lit de 1 archéologie romantique et romanesque et eut le mérite de mettre à la mode la (chanson de Jxoland.
JV1. de JLamartine était aussi comte que Vigny et JMusset. Fils d un capitaine de chevaulégers et de -M. e Alix des Roys, le grand poète avait des prétentions héraldiques toujours élevées mais vagues et nuageuses comme sa politique. 11 mettait sur ses châteaux des écussons variés et