CONTENANT PLUSIEURS MODÈLES
de parures très artistement combinées
LA MODE ET LE BON TON
A voir souvent des fêtes comme celles que vient de nous donner la Comtesse Etienne de Beaumont, on devient très difficile et toute réunion pâlit devant la quantité de femmes non seulement jolies, mais merveilleusement habillées qui, dans ce décor unique à Paris, dansaient et soupaient rue Duroc, il y a quelques jours.
J'ai toujours dit que je préférais les robes moulantes aux robes à volants s'évasant de la silhouette; eh bien, la Marquise di Médici m'a convertie. Avec sa tête presque farouche, sans ornement que ses yeux admirables, quelle grâce elle a dans le balancement de sa jupe ballonnée, en dentelle noir et argent ! Quant à son corsage, il n'y en avait pas, dans le dos du moins ; aussi, toute sa souplesse juvénile se voyait-elle, et c'était pour le plus grand régal des yeux, croyez-moi.
J'ai dit aussi que j'étais fatiguée des châles espagnols, mais quand j'ai vu M. e de Saint- Sauveur et Lady Reeblesdale s'envelopper après danser dans les plus beaux parmi ces châles clairs à fleurs de toutes les couleurs, là encore, j'ai été convertie, mais c'est que peu de femmes savent se draper avec cette crânerie qui n'a rien d'espagnol mais qui a toute la grâce et le charme français. C'est justement à ne pas copier les mouvements des Espagnoles mais à ne vouloir que les leurs, infiniment beaux et aristocratiques,
que ces deux femmes savent ne rien faire qui ne soit joli. Exemple à méditer!
C'est très bien de ne pas porter de gants lorsque l'on a de jolies mains, mais je trouve exquise l'idée de cette jeune femme qui a fait faire sur mesure, de façon à ce qu'ils ne glissent jamais de leur place, des gants de Suède noir, collants et montants jusqu'audessous du bras presque comme une manche collante ; étant donné que le corsage n'existait presque pas, l'effet était absolument étonnant et réussi. Bravo à cette jeune femme qui,
enfin, ne veut pas danser sans gants
Comme elle a raison !
Plus jamais les chaussures ne sont noires, le soir : partout, que la robe soit noire ou claire, le soulier-sandale est toujours d'argent ou d'or et c'est là une élégance charmante faisant voleter autour de la danseuse un couple d'oiseaux légers et cambrés, petits et délicieux, car, pour le "shimmy" ou le " one step " quoi de plus adapté que cette note claire sous la robe de dentelle noire à clair sur la jambe?
Sur les hauteurs de l'Engadine, à Saint- Moritz, après les sports du jour alors que les femmes sont encore plus intrépides que
les hommes, chaque soir, impalpables et diaphanes, descendant dîner, pour danser ensuite, nous retrouvons les femmes de l'aristocratie européenne. Il neige au dehors? Peut-être, mais à coup sûr cela n'inquiète pas ces blondes et brunes danseuses, qui, sous l'ondulation large des cheveux montrent un éclat que jamais ni le Midi, ni la mer, ni la campagne ne leur donna, De gants ? Point. De manteau ? La cape de velours ou de satin noir, doublée d'hermine, ou bien, fantaisie amusante, une pelisse de vison doublée de civette avec col immense en civette. Ici encore le châle joue un grand rôle car, le hall de l'hôtel, chauffé à outrance, permet que l'on descende en robe décolletée, abritée seulement sous un " Manton de Manila. "
L'ingéniosité ne fait pas défaut à ces femmes coquettes auxquelles on demande, le matin, de dîner le soir même en Pierrot et qui vous apparaissent délicieusement costumées avec le seul recours de la mercière du pays. Au Dîner des Pierrots organisé au Palace, à Saint-Moritz, la Princesse Odescalchi portait avec une audace exquise un serre-tête noir dans lequel elle avait piqué une immense plume de paon d'au moins soixante centimètres de hauteur ; sur une robe de bal en satin blanc une cape de velours noir, et, au cou, une collerette en tarlatane pailletée d'argent comme celle de la Princesse de la Tour d'Auvergne, de la Comtesse d'Hautpoul et de Mrs. Wiltsie.
Celles qui ne portaient pas la robe de bal avaient revêtu le pyjama rose ou bleu qu'elles dissimulaient sous la cape, de
rigueur, (on l'aurait cru du moins). Coup d'oeil féerique, quand, à l'heure du Champagne, les serpentins s'enchevêtraient pardessus les tables sous la lumière dorée des fleurs électriques.
Une Pierrette noire, sous le masque et le tricorne, avait beaucoup d'allure, mais garda son incognito jusqu'au dernier fox-trot, incognito impossible à percer, puisque le matin c'est sous une autre métamorphose que nous apparaissent les femmes partant pour le ski ou la luge, habillées comme un Lapon dont le visage serait riant et attirant !
Savez-vous pourquoi vous admirez cette mère de grands fils, qui, dansant et soupant dans les mêmes bals qu'eux, ne semble pas leur mère? Savez-vous comment elle garde cette sveltesse qui n'a rien de la maigreur mais au contraire, la fait si belle, si séduisante? Son secret, découvert bien malgré elle, le voici : elle reste trois jours par semaine sans prendre autre chose que du bouillon de légumes. Les trois autres jours, elle prend un repas à midi en dehors de son thé du matin et de cinq heures... et voilà comment, boudant aux crises de foie (qui se nourrissent de votre trop grand appétit), cette femme qui a passé la cinquantaine est belle et admirée comme beaucoup de jeunes femmes voudraient l'être !
De sages et vieux parents nous disaient, lorsque nous étions petits : " On ne meurt pas de ne pas manger, mais on meurt de trop manger"; voilà une preuve que "plus ça change, plus c'est la même chose ".
Jeanne Ramon-Fernandez.
Si
*** Explication des Flanelles Hors -Texte *
*** CONTENUES DANS LE NUMÉRO i 4»
*** ^{ttfî*îifî£ lanche i. — Rappelant, avec Leà larqeà ganta et le chapeau qui '
3" T[H\ ::£ l'accompagnent, leà formée du xvne àiécle, et bordé de fourrure, ~
î: Jl »> c<? tailleur eàl fait danà une perllalne de Rodler.
♦ Planche 2 . — 7?0 /»<; d'apréà-midi dont le baà eét de crêpe africain, et J. tout le haut de dentelle " à la Maréchale ".
*t» Planche 3. — Chapeau, de Camille Roger, garni de dentelle de crin *î*
et d'une aile dejaié dur une calotte de crin noir.
*J» Planche 4. — Voici, de Jeanne Lanvin, une robe de dîner, en latfe- *J»
taa broché, avec incruàtalionà de éalin bleu. Leà panneaux doublée du même 4* éalin bleu.
Planche 5. — De Martial et Armand, une robe du àoir en velourà . *$• La ceinture et leà épaulelteà àont de vieil or ; le cabochon de criàlal de couleur. *î*
* + 4* Planche 6. — Une robe du àoir, de Paul Poirel. Elle eàt de àatin
*• noir broché d'or et de àoie, garnie de fourrure. Leà mancheà de tulle et le
tour de cou en fourrure j-ont indépendant de la robe. .
» Planche 7. — Robe d'intérieur, de Worlh, en crêpe de chine pail- »
lelé et brodé de fleura en perleà d'or.
*$* Planche 8. — De Béer, une robe du àoir en crêpe brodé de perleà *r
blancheà, et garnie de fourrure.