LA MODE
ET
1DARIS ! le Paris lumineux et vibrant, le Paris de l'Hippique et des Courses, des déjeuners au cabaret et des expositions multiples, le Paris de Paris enfin, celui qu'on n'imitera jamais en aucun pays du monde, celui-là est celui que nous venons de retrouver après la fugue de Pâques et qui nous promet plus de divertissements et de plaisirs en trois mois que nous n en vivrions ailleurs durant toute une année.
1VTOUS venons d'avoir, désuet et charmant, le concours Hippique où l'élégance provinciale fleurissait. Ce n'était que rarement le rendez-vous des professionnelles élégantes, mais bien plutôt l'épanouissement de l'élégance malgré tout, où le chapeau qui veut être chic et la robe copiée sur la dernière mode du journal avec patron coupé, nous donnaient la vague illusion d'une sortie de messe à X. . . ou K. . .
— Par-ci, par-là, comme une reine visitant ses sujets, apparaissait une vraie « Beauté », de celles qui sont nos beautés et dont nous sommes férocement jaloux.
Combien elle était exquise sous son minuscule chapeau, avec sa robe trop courte et trop étroite, de tissu clair, promenant sur l'assemblée un regard étonné de tant de laideur mono tonne !
(jT^)N chuchottait en la voyant, on commentait le bridé de sa jupe qui dessi-
nait ses jambes, le décollé de sa veste dont les basques, absentes par devant, laissaient par trop voir le mouvement libre de la ceinture !. . . Et son décolleté, accentué encore par le transparent insidieux et charmant de sa blouse, est-il assez révolutionnaire! Fatit-il être assez sûre de soi pour mettre ainsi sous le nez des gens, en plein jour, un
cou riche, pas plus, de ses perles et du collier de Vénus !
f~^ 'EST pourtant telle, qu'est la femme à la mode, en ce moment, telle qu'à Ritz, à l'heure de déjeûner, elle arrive de son petit pas sautillant, son ombrelle à la main, son portefeuille sous le bras (puisque son sac n'est plus), grignotant un muttonshop et des fruits cuits d'un air distrait, en souriant à droite et à gauche.
La main droite éclairée de la pierre Néronienne, la gauche hérissée de perles rares, que dissimule à demi le volant d' Alençon de sa manche.
A cinq heures, si je la retrouve à une leçon de Tango ou à un thé prié, la silhouette est plus rare encore, sous les draperies fleuries de mousseline bleu sombre
ou violette qui se mêlent à une partie unie, non moins transparente et souple et toujours écourtée, jusqu'à l'invraisemblance.
Le mouvement de rattrappé de l'étoffe d'arrière en avant, à hauteur des genoux, sous un motif de broderie ou une cocarde, se signale sur beaucoup de robes, avec effet de jupe d'un tissu différent ; je ne vois plus une robe faite d'un seul tissu ni d'une seule couleur.
]QES grenadines et des mousselines de soie, disposées en longues draperies séparées, se rejoignant dans le bas pour se nouer et brider la robe, ne sont-elles pas d'une nouveauté valable, surtout si je vous dis qu'elles sont posées sur un fond de foulard à larges fleurs, se laissant voir en tablier, le long des devants.
QOUS le rayon de soleil qui daigne parfois carresser le paddok de Longchamp, je n'ai rien vu de plus joli, qu'une mousseline « citron » , suave et compliquée à l'excès, échancrée sous des tulles anciens, véritable robe de « tralala » démocratisée tout-à-coup, et de la façon la plus comique, par une ceinture de distribution de prix, en mousseline à carreaux bleus et blancs ! . . . Vous comprendrez qu'avec cette fantaisie, la grande capeline en paille natu-
relle, fleurie de roses «niel», était seule possible.
A l'inauguration du Théâtre des Champs- Elysées, nous avons vu quelques belles dames au plumage abondant et aux décolletés savants. La coiffure de paradis marron de Mlle Chenal m'a paru séduisante et s'harmoniser délicieusement avec sa robe «corail», devinée plutôt que vue, sous un nuage de tulle assorti.
La coiffure Sioux de Mme Edwards était assez amusante, faite de plumes défrisées du même ton que les paradis de Mlle Chenal, s'ouvranten éventail au-dessus du front .
Trop de femmes encore se corsètent vieux jeu, etprésentent le soir, des bustes guindés, où les bijoux semblent disposés en vitrine.
Nous ne voulons plus voir ça, pas plus que la coiffure bien faite, échaffaudée et tirée à cent épingles, d'où fuse, haute etraide, distinguée, ô combien! l'aigrette abondante, chère aux élégantes d'il y a vingt ans !
]Pj)E la souplesse, de la grâce
avant tout, c'estla devise de l'heure. Nous ne devons plus grossir, étant donné les admirables procédés mis à la portée de tous par les hygiénistes et les professeurs d'esthétique. Alors? —
Que doivent faire les femmes fortunées et admirées ? Ce que faisait Candide pour son jardin : cultiver. . . leur Beauté.
" Le Confort joint à l'Élégance "
La Malle de Voyage SORMANI
Envoi franco du Catalogue illustre
PI. I. — Robe d'après-midi de Bakst réalisée par Paquin en côte de chenal; tablier de satin blanc et ceinture de peau; le manteau est assorti et le chapeau est en paille garni d'une aile de dentelle.
PL II. — Matinée en crépon de soie; la casaque en crêpe de Chine imprimé est garnie d'un large notant.
PI. III. — Ombrelles à la mode.
PI. IV. — Robe de garden-parly de Redfern en Hoile araignée garnie de dentelle à l'aiguille.
PI. V. — Robe de dîner de Worth en soie Eolienne garnie de tulle sur une double jupe de i>elours souple.
PI. VI. — Robe de promenade par Chéruit en petit crépon; gilet dépiqué anglais.
PI. VII. — Robes d'après-midi de Dantillet. La première est en crépon de soie turquoise; ceinture d'éf aminé d'argent et de tulle noir plissé. La seconde robe est en broché de soie garni de dentelle Malines.
PI. VIII. — Robe de maison de Douce! en mousseline de lame à petites côtes; corsage brodé de petites roses; manches et Volants de mousseline galonnés de rubans.
PI. IX. Robe du soir de Paquin en satin broché; mantelet de tu lié brodé de strass et de diamants.
PI. X. — Robe du soir de Paul Poire t en crêpe satin aHec une large ceinture en broderies de perles.
Imp. G. Kadar. Lucien Yogel, Directeur-Gérant.
3>akst réalisée par faquin