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I U MÛ

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Paris, 2 janvier 187U.

Académie de médecine : De l’ostéomyélite et de la septicémie spontanée. — Restauration du canal de l’urèthre chez la femme.

De l’ostéomyélite et de la septicémie spontanée.

(Deuxième article.)

Lorsque l’on envisage l’ensemble de la question de la septicémie telle qu’elle a été étudiée daus ces dernières années, on peut facilement constater que des progrès considérables ont été accomplis dans sa partie théorique comme dans sa partie pratique. Théoriquement, deux opinions restent seules en présence. Dans la septicémie on admet presque universellement l’envahissement des tissus par des organismes inférieurs, des bactéries ou des ferments; mais ces éléments sont-ils l’origine de la putréfaction, ou 11e sontils que de simples véhicules d’un agent chimique ou d’un virus? Telles sont les deux questions qui semblent les plus intéressantes à résoudre.

Au point de vue pratique, elles paraissent moins importantes, parce que les chirurgiens ont très-simplement résolu la difficulté par les pansements antiseptiques, et par l’application de la méthode des opérations sous-cutanées et de l’occlusion. Nous pouvons voir au microscope, sinon les toucher, les prétendus miasmes sous forme de bactéries, de micrococcus ou de germes ; nous en pouvons suivre le développement et en étudier les propriétés par des moyens d’expérimentation méthodique, tels que les impose notre critique scientifique actuelle, et cependant il reste dans cette série de problèmes, qui commencent à l’inflammation pour aboutir à la suppuration, et même à la gangrène et à la septicémie, des processus incomplètement connus, qui offrent à la

discussion un aliment constant. C’est ainsique M. Colin, dans son dernier discours, a développé des propositions qui, exprimées en des termes succincts, résument les objections adressées à la doctrine de la septicémie par action d’un ferment spécifique, la bactérie septique; mais il faut une fois encore constater que les arguments destinés à la discussion sont plus faciles à réunir que les preuves expérimentales sérieuses.

M. Colin attache une importance considérable à ce phénomène prouvé par la statistique : que la septicémie est rare chez les animaux soumis à l’expérimentation, ou bien chez les femelles des animaux domestiques à la suite de la parturition; il est ainsi amené à conclure que la septicémie est plutôt la conséquence d’une mortification des éléments anatomiques que de l’absorption de produits altérés par les matières infectieuses d’origine atmosphérique. Il y a longtemps qu’on a fait intervenir à bon droit, suivant nous, l’état individuel, puis, les éléments anatomiques, les tissus, et même les troubles fonctionnels ou les états diathésiques comme causes secondaires de la septicémie; et en définitive M. Colin n’a dans ses conclusions énoncé aucune opinion pouvant sembler trop hardie à aucun de ceux qui ont suivi depuis dix ans les nombreux travaux par lesquels a passé l’étude de la septicémie. M. Colin a donc raison d’insister sur l’importance de la mortification des éléments anatomiques dans la production de l’état septicémique; malheureusement M. Colin n’a pas pénétré dans l’intimité du processus, il ne nous explique pas le début d’une inflammation aboutissant à la gangrène, et il 11e saurait nous montrer à quel moment apparaît la septicité. Parmi les arguments que M. Colin répète, en fort bons termes d’ailleurs, il en est un que nous ne saurions passer sans le discuter encore une fois: il consiste à dire que si l’air apporte un si grand nombre de germes sur les plaies ou même sur les téguments, il est étonnant que la septicémie ne soit pas en quelque sorte la complication constante de toute lésion.

FEUILLETON

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