X. Arnozan
RETUE DES JOURNAUX
Diagnostic de l'adhérence du péricarde,
par le docteur Reiss.
Les signes de cette affection étant assez obscurs, l’auteur appelle l’attention sur un symptôme non signalé jusqu’ici, et auquel il attache une grande importance diagnostique, quand il existe. C’est une résonnance métallique des bruits du cœur, ainsi que des bruits de souffle (s’il existe des lésions valvulaires) qu’on entend dans la région de l’estomac. L’auteur relate trois cas de symphyse cardiaque observés à l’hôpital général de Berlin, dans lesquels ce symptôme était nettement accusé.
L’un d’eux vient d’être autopsié, l’adhérence du péricarde était générale. Les deux autres sont encore dans le service, et présentent, outre les adhérences, des lésions valvulaires. Les souffles cardiaques sont entendus avec cette résonnance métallique à travers l’estomac. Le phénomène est plus marqué lorsque l’estomac est très-distendu, mais il s’observe aussi avec une distension modérée de cet organe. Cette résonnance est en général plus forte pour le premier bruit et pour le souffle systolique que pour les bruits qui se passent au second temps. ( Berliner Iclimsche Wochenschrift, et Lyon médical , 9 mars 1879.)
Traitement des tumeurs érectiles, par le docteur DELORS, professeur à la Faculté de médecine de Lyon.
Voici comment l’auteur formule le traitement :
1° Le tissu érectile, sous peine de récidive, doit être détruit complètement par l 'exérèse ou transformé par la méthode inodogène.
2° On ne peut atteindre que les parties qui sont accessibles à nos moyens d’invçstigation. Par aucun procédé on n’est certain d’atteindre du premier coup le tissu morbide dans toute sa profondeur, à moins qu’on n’empiète largement sur les tissus sains. En dehors de ce cas, on ne se rend bien compte de l’effet produit que quelques jours après la première opération.
3° La destruction peut être obtenue par plusieurs moyens, le fer rouge, les caustiques, la ligature.
4° Lorsquè les tumeurs érectiles sont volumineuses, qu’elles
progressent rapidement, il importe d’employer contre elles l’exérèse à action rapide; si les moyens sont lents, l’envahissement peut devenir dangereux ; mais M. Delore est loin de repousser les moyens lents, quand la marche du mal le permet.
5° Une opération type serait de transformer le tissu érecile sur place en tissu de cicatrice, sans produire une trop grande déperdition de substance. D’après l’auteur, l’électrolyse a rempli le mieux cette indication. ( Lyon médical, février 1879.)
De la laparotomie «laits le pansement de Ustcr,
par le docteur Czerny.
Dans ces derniers temps, on a beaucoup insisté à priori sur les avantages que pourrait donner la méthode antiseptique de Lister dans les opérations de gastrotomie, de laparotomie. On a prétendu qu’on pouvait empêcher d’une manière absolue la production de la septicémie. Gzerny rapporte à ce sujet une statistique qui ne répond pas à ces prévisions, bien que le résultat général ne soit pas des plus mauvais. Il a pratiqué dix laparotomies en appliquant le pansement de Lister, et malgré cela il n’a pas obtenu le résultat promis.
Sur six ovariotomies, il a eu une mort par péritonite septique. Dans tous ces cas, le pédicule avait été abandonné dans la cavité abdominale et les fils de soie bouillis dans l’acide phénique qui l’étreignaient s’enkystèrent sans accident. 11 faut ajouter que dans aucun de ces cas l’opérateur ne pratiqua le drainage abdomino-vaginal.
Dans deux hystérotomies pour myomes utérins, où l’on fixa le pédicule à l’angle inférieur de la plaie, il y eut un débui de septicémie et de la fièvre ; toutefois les malades finirent par guérir. L’auteur cite deux des autres opérations qui se terminèrent également par la guérison, mais non sans accidents, puisqu’on fut obligé d’établir le drainage. Dans le premier cas, il s’agissait d’une péritonite suppurée (erreur de diagnostic); dans le second cas, d’une tumeur solide du bassin qu’on n’arriva pas à détacher (7° Congrès des chirurgiens allemands). (Gazette médicale de Strasbourg, n" 4, janvier 1879.)
Essai sur lu méningite en i«la«iues au scléreuse limitée
ù la base de l’encéphale, par le docteur LABARRIÈRE.
C’est une forme rare de méningite circonscrite, toujours secondaire à une lésion vasculaire et à une altération des parties voisines, surtout de la base du crâne. La syphilis est la seule condition étiologique démontrée; l’alcoolisme affecte plutôt les méninges de la convexité du cerveau, et la tuberculose, évoluant d’une façon aiguë, ne laisse pas à la lésion scléreuse le temps de se développer. L’hydrocéphalie se voit souvent ; l’altération la plus frequente est la dégénérescence vasculaire, l’artéritè chronique, qui accompagne constamment la méningite scléreuse. Symptômes : persistance d’une céphalée gravative, se compliquant de paralysies localisées, plus souvent motrices que sensitives. Ces paralysies se font par poussées, peuvent disparaître, mais restent souvent permanentes.
Voici les deux formes principales. Première forme : début par les parois crâniennes antérieures, parésie du nerf optique et surtout de l’oculo-moteur commun, puis les nerfs bulbaires se prennent successivement. Deuxième forme : marche d’arrière en avant des phénomènes paralytiques. Dans lès deux formes, d’ailleurs, marche très-lente ; la maladie dure plusieurs années.
Les troubles bulbaires consistent en embarrasdé la parole, trenqblement de la langue, dysphagie, c’est le tableail clinique
Ig Mai 1879
de la paralysie glosso-labio-laryngée. Un symptôme trèsfréquent est la neuro-rétinite, la polyurie aussi. Quelques accès apoplectiformes rappelant ceux de la paralysie générale. (Revue des sciences méd., 15 janvier 1879.)
Travaux à consulter.
Thérapeutique DU diabète, par AI. Furbringer. — Expériences cliniques portant sur le salicylate de soude, l’acide phénique, le benzoate de soude, le thymol, la quinine, la digitale, les arsenicaux, le bromure de potassium, la térébenthine, la pilocarpine, Beaucoup de ces substances augmentent la gjycose dans l’urine, aucune :ie la diminue. (Deutsch. Arcliiv fur lelin. Med., t. XXU, p. 468.)
La production et la résorption du tissu osseux, par M. Kassowitz. — i La cause du ramollissement des os rachitiques est une hyperhémie et une production pathologique de vaisseaux de nouvelle formation dans le cartilage d’ossification, processus qui empêche le dépôt des sels calcaires ». Voilà qui n’est guère clair! (Cent, fûrmed. Wiss., 1878, n° 44.)
La blennorriiée chronique des voies respiratoires, par Al. Ivoi.be. — Relation d’un cas. L'affection est due à un virus, probablement le même que celui qui détermine l’uréthrite et la conjonctivite. (Wien. ma. Woch., 1878, n° 20.)
BIBLIOGRAPHIE
De l'astlune, «le sa pathologie et de son traitement, pat'
le docteur J. -B. Beckart, un volume in-8 de 204 pages. —
Londres, 1878; chez A. Churchill.
M. le docteur J.-B. Beckart n’a pas eu l’intention, en publiant l’ouvrage que nous signalons à l’attention des lecteurs, d’ajouter une théorie nouvelle à toutes celles qui ont déjà été émises plus ou moins heureusement, mais simplement de résumer les travaux les plus importants et de mettre un peu de clarté dans la nature et le traitement de cette affection. Un examen attentif, dit l’auteur dans sa courte préface, lui permet de dire que l’asthme n’est qu’un phénomène de plus dans ceux qui viennent compliquer les inflammations pulmonaires : telle est l’opinion qu’il adéjà soutenue en 1873 devant la Société médicale de Londres, et qu’une étude attentive de tous les faits qui se sont présehtés à lui depuis quatre ans l’autorise à soutenir encore aujourd’hui.
Peu d’affections ont été l’objet de théories plus diverses; si certains auteurs, à la suite de Van Helmonl, en font une affection purement nerveuse, d’autres, au contraire, la considèrent comme la conséquence d’affections cardiaques ou pulmonaires ; d’autres enlin, comme le professeur Sée, déclarent que l’asthme est une affection nettement délimitée, indépendante des lésions pulmonaires ou cardiaques qui l’accompagnent quelquefois, sans jamais la produire; en vertu de cette dernière théorie, la division classique entre l’asthme essentiel et l’asthme symptomatique n’a plus de raison d’être. Sans poser des conclusions aussi absolues, M. Beckart pense que 1 asthme serait la conséquence de lésions pulmonaires. L’asthme consiste, pour cet auteur, en une dyspnée intense et intermittente, qui, à cause de l’absence de lésions organiques, attribuée d’abord à une modification morbide nerveuse, est en réalité produite par des modifications pathologiques pulmonaires. C’est un symptôme analogue à ceux qui accompagnent les bronchites chroniques et l’emphysème, comme aussi ceux qui compliquent les affections cardiaques et pulmonaires. C’est à cause de la dyspnée qu’on a attribué à cette maladie une origine nerveuse. M. Beckart consacre un intéressant chapitre à l’étude de cette opinion. Cependant les lésions anatomiques de cette affection n’ont pas seulement
une marche lente et latente, mais parfois elles ne sont pas en rapport avec l’intensité des symptômes; il est possible de prouver que l’asthme n’est qu’un symptôme.
Quant aux causes, Hyde Salter, sur 223 cas, n’a pu déterminer l’origine de l’asthme sur 40, et sur les 183 autres les causes étaient les suivantes : catarrhe chronique, pneumonie catarrhale, fièvre typhoïde (132); causes spontanées (10); hérédité et constitution (11); climat et miasmes (8); travail pénible, anxiété, etc. (6); disparition d’affections cutanées et de peau (5); maladie de foie (1); lièvre bilieuse (1); affection de l’estomac (1); indigestion (1). Sans avoir besoin de multiplier les causes occasionnelles et déterminantes, on peut, à l’exemple de M. le professeur Sée, diviser les diverses variétés en quatre classes : les accès dus à une excitation nervo-motrice, comme, par exemple, la présence de poussière organique, le pollen des graminées, principalement décrite avec un soin particulier par M. Beckart dans un intéressant chapitre sur la fièvre des foins; les accès dus à une causé réflexe, c’est-à-dire ayant son point de départ dans une irritation périphérique, soit des organes digestifs (asthme dyspeptique), soit des organes génitaux, soit même des téguments ; les accès dus à une excitation centrale, et enfin les accès dus à une altération du système sanguin. Sous l’influence de certaines maladies générales, dit M. Sée, comme la goutte, les divers appareils de l’organisme peuvent être atteints ; le système respiratoire se prend particulièrement lorsque les manifestations régulières de la diathèse, c’est-à-dire la goutte des articulations, viennent à cesser brusquement; c’est ce processus morbide qu’on désigne sous le nom de métastase. La maladie appelée dartre détermine tout aussi fréquemment des affections respiratoires, tantôt l’asthme, par suite de l’irritation de la peau, tantôt le catarrhe bronchique, par affection directe de la muqueuse. C’est là un exemple d’asthme mixte d’origine diathésique.
On peut voir que non-seulement ces divisions ne sont pas purement théoriques, mais qu’elles reposent sur une observation attentive des faits cliniques; ces distinctions, en effet, sont d’autant plus utiles à établir que le traitement variera selon la cause occasionnelle ou déterminante des accès d’asthme. On peut donc, à l’exemple de M. Beckart, admettre clés subdivisions; mais les types principaux rentrent dans les quatre classes réunies par 51. Sée, et les indications thérapeutiques restent les mêmes pour chacune d’elles. On comprend donc l’importance du traitement, une fois la cause reconnue : aussi M. Beckart a-t-il donné un soin particulier à tout ce qui concerne cette dernière question ; cette partie de son ouvrage renferme un résumé complet de tous les moyens thérapeutiques proposés.
En résumé, si le traité de M. Beckart ne présente rien de bien original, on y trouvera un résumé très-clair et très-précis de tous les travaux publiés sur cette question, non-seulement en Angleterre, mais en France et en Allemagne; sans se laisser guider par des idées préconçues, l’auteur a exposé impartialement tous les travaux de ses devanciers; c’est à ce titré principalement que nous en recommandons la lecture.
Dr Joseph SIichel.
Index bibliographique.
Clinical lectures on stricture of the ürethra (Leçons cliniques sur le rétrécissement de l’urèthre et autres affections des organes génito-urinaires), by Reginald Harrison. In-8 de 198 pages. — London, 1878. Churchill and Sons.
L’auteur a condensé en dix-huit leçons le résultat d’une pratique fort étendue, et bien que bon nombre des faits qu’il rapporte aient été publiés çà et là dans des journaux, il n’en est pas moinà intéressant de les relire avec les déductions thérapeutiques ou pathologiques que l’auteur a établies.
Les dix premières leçons sont consacrées à l’étude des causes,
16 Mai 1879
des symptômes, des complications et du traitement des rétrécissements.
Au point de vue anatomo-pathologique, l’auteur admet la classification de Ejittel ; la dilatation graduelje est l’objet de conseils pratiques exposés avec concision, et l’auteur la préconise pour tous les rétrécissements récents et pour tous les rétrécissements plus anciens où elle est bien supportée, et permet de maintenir une dilatation suffisante; mais la dilatation continue lui semble produire des résultats plus rapides au point de vue de la modification des tissus, et mériterait d’être plus souvent employée qu’on ne fait habituellement.
Dans la rétention d’urine compliquant un rétrécissement infranchissable ou du moins dans lequel on ne peut passer une sonde, M. Ilarrison. a maintes fois employé l’aspiration par la ponction sus-pubienne avec les fins trocarts ; il signale l’emploi de cet instrument comme devant remplacer les ponctions sus-pubiennes ou rectales; il cite des exemples prouvant ' qu’une ponction seule peut suffire et permettre de rétablir en quelques jours le cours de Turine parles divers moyens de dilatation; et, d’ailleurs, la ponction pratiquée avec un aspirateur convenable et de fines aiguilles peut être répétée sans danger; en èlïét, le docteur Brown a apporté comme exemple remarquable ce fait d’un malade chez lequel il a pu praliquer chaque jour et même deux fois par jour, en somme quinze fois, l’aspiration sans produire aucune complication au niveau des ponctions. L’urélhrotomic externe est le remède extrême des cas les plus compliqués; nul chirurgien n’ignore combién cette opération est délicate lorsqu’on doit opérer sans conducteur; c’est pourquoi les moindres détails opératoires sont utiles à connaître; c’est ainsi que le procédé de Weelhouse a été complètement exposé par M. Harrison. Ce procédé est basé sur l’emploi d’un cathéter cannelé et terminé en bouton, de façon qu’il permet d’arriver jusqu’au rétrécissement et de faire porter l’incision à I centimètre et demi de distance de ce rétrécissement. On peut ainsi ouvrir l’urèthre au-dessus du rétrécissement, et alors rechercher l’orifice de celui-ci en se servant de cette même sonde cannelée; on arrive ainsi de proche en proche jusqu’à la vessie, et l’on a soin de toujours écarter les deux lambeaux latéraux de l’urèthre au moyen de pinces.
Divers exemples cités par l’auteur viennent appuyer ses conclusions sur la thérapeutique des ruptures traumatiques de l’urèthre, à savoir qu’il faut inciser largement le périnée par une section longitudinale.
Enfin, parmi les opérations les plus ordinairement employées pour le traitement des rétrécissements, l’uréthrotomie interne est considérée par M. Harrison comme l’opération la plus rationnelle et la plus inoffensive; mais il la réserve pour les cas où la dilatation a échoué, c’est-à-dire qu’il ne l’emploie pas dans les rétrécissements récents. La dilatation forcée de Holt peut être employée dans des cas de rétrécissement dont le siège est dans le tissu sous-muqueux; dans ces cas, le rétrécissement peut être rompu sans qu’il y ait déchirure de la muqueuse. Deux autopsies de M. C. Heath et une autre citée par l’auteur ont démontré ce fait; là mort n’avait pas été, dans ces cas, causée par l’opération, mais l’avait. suiyie de près. ......
Nous ne résumerons pas les leçons dé M. Harrison concernant les corps étrangers de l’urèthre et de la vessie, la rétention ou l’incontinence d’urine, le diagnostic de la pierre, la lithotomie et la lithotritie, le traitement des débris de calculs par les injections diluées d’acide nitrique, parce que, malgré des observations intéressantes, nous n’y avons pas trouvé des indications importantes par leur originalité; nous pensons que cette rapide analyse suffira pour montrer la valeur de ces leçons cliniques.
Des corps étrangers du rectum, leurs migrations dans l’intestin,
par M. le docteur C. Gérard, in-8 de 72 pages. — Paris, 1878.