DE MÉDECINE. — VARIOLE ET RE VACCINATIONS
Le corps de santé militaire et les nouvelles Facultés de médecine.
Dans quelques mois sans doute reviendra devant la Chambre des députés la discussion d’un projet de loi qui intéresse au plus haut degré l’avenir du corps de santé militaire. Depuis le 21 novembre 1876, en effet, tous les médecins de l’armée espèrent que la loi votée par le Sénat, loi qui assure leur autonomie et donne au médecin en chef des corps d’armée la direction des hôpitaux et des ambulances, sera discutée puis adoptée par la seconde Chambre. Ce n’est pas sans émotion qu’ils ont entendu parler d’un projet de loi conçu dans un tout autre esprit, inspiré par l’intendance et rédigé par un général hostile à toutes les mesures qui peuvent avoir pour résûltat de remédier aux vices de notre organisation médicale. Mais' ils se sont rassurés en voyant les propositions du général de Chanal rejetées par tous les membres de la commission parlementaire. chargée d’étudier ces questions d’administration militaire. Nous aurons très-prochainement, sans doute, l’occasion de discuter en détail les diverses solutions qui pourront être soumises à l’approbation de la Chambre et du Sénat. A plusieurs reprises déjà nous avons exposé notre sentiment â cet égard. Nous demeurons partisan de Paiitonomie du corps ’ de santé de l’armée; nous pensons que toutes les questions de détail, toutes les questions de personne, si compliquées qu’elles puissent paraître, doivent s’effacer devant les nécessités d’intérêt général qui s’imposent à tous ceux qui n’ont en vue que d’assurer à l’armée les ressources médicales dont elle a besoin en temps de paix comme
FEUILLETON
Ambroise Paré (1510-1590).
(Suite. — Voyez le numéro 20.)
Les documents de M. E. Bégin n’ont ças mieux servi Malgaigne pour les détails qui regardent la famille d’A. Paré.
« Le père de Paré était coffrètièr. Outre son fils Ambroise, il en avait un. autre qui fut coffretier comme son père et qui s’établit à Paris, rue de la Huchetle; et une fille qui épousa maître Claude Viàrt, chirurgien à Paris » (p. ccxxvi).
Ambroise Paré «se maria, en 1541, avec la, fille du valet cbauffecire de là chancellerie de France » (p. ccxxxvi).
1 « Il avaitperdu sa première femme ; cette même année 1573,
il se remaria avec la fille d’un certain Rousseletj chevalier ordinaire de l'écurie du roy, dprit . il eut deux filles » ‘(pi cclxxxii).
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en temps de guerre. Nous restons convaincu que l’exemple donné par toutes les armées étrangères doit être suivi et nous espérons que les procès-verbaux du congrès médico-militaire qui s’est tenu à Paris au moment de l’Exposition universelle édifieront complètement à cet égard ceux qui conservent encore quelques doutes.
Mais si nous n’hésitons pas à réclamer, en faveur de nos confrères de l’armée, toutes les mesures qui peuvent assurer leur indépendance, rehausser leur autorité et récompenser dignement leurs services, il nous faut aussi signaler à l’opinion publique les regrettables tendances qui, en ce moment surtout, menacent de paralyser tous les efforts que les amis de la médecine militaire étaient trèsdisposés à tenter en sa faveur. Nous pouvons d’autant moins nous taire à cet égard, que les actes auxquels nous faisons allusion compromettent tout à la fois les intérêts de l’enseignement médical supérieur et ceux de la médecine d’armée. Nous voulons parler, en effet, du décret présidentiel en date du 6 mars dernier qui classe, en vue de leur envoi en Algérie, tous les médecins du service hospitalier.
« Considérant, dit ce décret, qu’il convient d’appeler tous, les membres du corps de santé militaire à participer également dam la mesure des besoins du service aux charges ainsi qu’aux avantages que comporte le séjour en Algérie ; qu’un séjour trop prolongé dans cette colonie peut avoir pour effet d’entraver les études spéciales et l’instruction professionnelle des officiers ' de santé militaires et de préjudicier ainsi à la bonne exécution des différents services dont ils peuvent se trouver chargés ; — sur le rapport du ministre de la guerre, le président de la République décrète : Article premier: Les médecins et pharmaciens employés en Algérie à quelque titre que ce soit, après avoir servi quatre années consécutives dans ce pays, déduction faite des congés, y seront remplacés d’office par un collègue du même grade employé à l’intérieur, pris parmi ceux ayant le moins de campagnes, à moins qu’un intérêt de service; dont le ministre reste seul juge, ne motive leur maintien dans la colonie, n
« Il ne paraît pas que Paré ait eu des enfants de son premier^mariage ; du second il eut deux filles, déjà nées en 1575, puisque dans l’édition de cette année il raconte qu’il leur incisa les gencives. L’une d’elles épousa un certain Simon, etc. » (p. cccii).
D’abord il n’est pas question de ses filles au livre de la génération. Ch. 95, il dit : « Ce que j’ai fait à mes enfants. » Ce passage n’existe même pas encore dans l’édition des Œuvres de 1575. Enfin tout ce, la aurait dû paraître à Malgaigne un peu précipité et au moins invraisemblable. La vérité est que celte partie de son histoire est à refaire; elle fourmille d’erreurs.
Il n’est pas juste de dire (p. ccxcv) que la date de la mort d’A, Paré resta longtemps inconnue. Elle n’a été ignorée, évidemment, que par ceux qui n’ont pas voulu consulter Pierre de l’Estoile ou les registres de là pai’oissè Saint-Andrédes-Arcs. Eloy (Dict. deméd. anc. et mod., 1778) la fixe exactement au 20 décembre 1590 et l’inhumation au 22.
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Le jour où nous avons eu connaissance de ce décret, nous pensions qu’il n’avait pour objet que de remédier à quelques abus dont on s’était justement plaint dans ces dernières années; nous supposions que, puisqu’il existait auprès du ministre un Conseil de santé des armées, les avantages et les inconvénients des mesures que l’on prescrivait sommairement avaient été examinés au préalable et qu’on saurait, alors qu’il serait question de les appliquer, concilier les besoins du service avec les intérêts scientifiques et professionnels du corps de santé. Nous avons cru dès lors devoir nous abstenir de discuter ce décret, attendant que le Conseil de santé des armées ait obtenu du ministre une équitable répartition des médecins militaires disponibles et dont les déplacements pouvaient et devaient être utiles à tous les points de vue. Peu de jours après la publication de ce décret paraissait dans le Bulletin officiel de la médecine militaire une liste, par ordre numérique de campagnes, des médecins du service hospitalier et des pharmaciens pouvant être appelés à servir en Algérie. Cette liste contenait les noms de plusieurs médecins ou pharmaciens qui nous semblaient ne devoir y figurer que par erreur. Il nous paraissait difficile d’admettre que les besoins du service pussent exiger le déplacement d’un professeur de Faculté, médecin en chef d’un de nos premiers hôpitaux militaires, par cette seule raison qu’il avait passé en Algérie quelques années de moins qu’un de ses collègues. Nous pensions que le Conseil de santé des armées comprendrait et tiendrait à faire respecter les raisons d’ordre supérieur qui devaient faire maintenir un contrat passé avec le ministre de l’instruction publique. En autorisant officiellement plusieurs médecins de l’armée à accepter les fonctions de professeur dans une Faculté de médecine, en les déplaçant pour les nommer médecins dans les hôpitaux militaires des villes où ces Facultés se trouvaient installées, le ministre de la guerre nous semblait moralement engagé à ne plus modifier, que dans un cas d’extrême urgence, une situation qu’il avait sinon créée, du moins autorisée et même approuvée. Nous nous étions complètement mépris sur ses intentions que l’on pouvait espérer voir combattues avec une énergique insistance par le Conseil de santé des armées, tandis que l’administration de l’intendance et le général de Chanal s’efforcent de rabaisser les médecins de l’armée en les ramenant à l’état d’agents entretenus et confondus, par position et par subordination, avec les officiers d’administration, les commis de l’intendance, les gardes d’artillerie et du génie, etc., le décret dont nous venons de
Malgaigne cite ce passage de Portai : « Son corps fut déposé à Saint-André-des-Arts (sic), au bas de la nef, près du clocher, comme le portent les registres de la paroisse. » Comment, ainsi averti, cet esprit fin et chercheur n’a-t-il pas couru à cette source précieuse. Il aurait eu l’immense joie d’y voir les vingt-six pièces relevées par Auguste Jal dans le Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, 1 864 (art. A. Paré), et une autre encore qui a été omise. A. Paré a eu plusieurs enfants de ses deux femmes. La première s’appelait Jeanne Maselin ou Mazelin. Les registres donnent la naissance de sa sœur Madeleine en octobre 1525. Leur père, Jean Maselin, était au service du chancelier Duprat ( famulus domini cancelarii Franciœ), Jeanne, portant le nom du père, devait être l’aînée.
Le premier acte, se rapportant à la famille Paré, est du 4 juillet 1545 : « Fustbaptisé François, fils d’Ambroise Paré, barbier, et de Jeanne Maselin, sa femme. » A. Paré se serait marié par conséquent de 1541 à 1544. Les incidents de sa
voir la première application prépare cette mesure en décapitant le corps de santé, en déclarant officiellement que tous ceux qui chercheront à s’élever au-dessus de leurs collègues, par leurs travaux scientifiques et la juste notoriété qu’ils auront acquise, devront rentrer dans le rang et, le jour où le nombre de leurs campagnes, c’est-à-dire de leurs années de séjour en Algérie, sera inférieur à celui d’un deleurs collègues, quitter le centre scientifique où ils auront installé leurs laboratoires d’études, où ils auront acquis une situation éminente, pour voyager, comme les derniers des sous-aides, au gré des bureaux de la guerre, seuls compétents pour leur assigner une résidence-
Telle est la situation que crée aujourd’hui au corps de santé de l’armée la rigoureuse application du décretdont nous venons de citer les considérants. Est-il possible d’envisager sans tristesse l’avenir qu’il ménage à l’un des corps de l’armée que, jusqu’à ces dernières années, on pouvait, avec raison, considérer comme l’un des plus savants, des plus dignes d’estime, des mieux capables de progresser en honorant la France?
Nous ne craignons point qu’on vienne nous opposer des raisons de discipline militaire et d’équitable justice. Dans un corps savant les questions de hiérarchie militaire sont toujours multiples. Les besoins du service exigent que l’administration militaire puisse trouver tout à la fois des médecins savants et en état de diriger dans les grands hôpitaux, ou sont admis les élèves du service de santé militaire, l’éducation et l’instruction du personnel qui devra plus tard servir aux armées, des médecins d’hôpitaux suffisamment instruits pour bien traiter leurs malades, des médecins de régiment, hommes d’action et de dévouement, capables de supporter toutes les fatigues du service militaire et de donner les premiers secours dans des cas d’urgence.
Vouloir imposer à tous les médecins de l’armée des fonctions identiqués, exiger d’eux tout à la fois des connaissances médicales et chirurgicales, des aptitudes administratives, ou bien les qualités physiques qui font le soldat, c’est abaisser le niveau intellectuel et moral du corps auquel ils appartiennent. Ne tenir compte, pour les déplacements qü’on impose aux médecins de l’armée, que du nombre d’années qu’ils ont passées en Algérie, c’est les classer arbitrairement sans avoir égard à leurs aptitudes diverses, c’est déclarer que le séjour dans cette colonie, qui peut avoir pour effet « d’entraver leurs études spéciales et leur instruction professionnelle », doit être imposé même à ceux qui, dans un centre scientifique, ont déjà rendu et peuvent rendre encore d’éminents
vie me font pencher vers cette dernière année. Lors du baptême de son second fils, Isaac, né quatorze ans après, et qui mourut au bout d’un an, août 1560, A. Paré est chirurgien ordinaire du roy. Le 30 septembre de la même année 1560 est baptisée sa fille Katherine, qui épousa, en 1581, François Rousselet, dont elle eut trois enfants, tous présentés au baptême à la même paroisse : Florentin, 1587; Charles, 1590; Catherine, 1599.
« Le mercredy quatrième jour du mois de novembre, au dict an 1573, décéda en son logis, rue de l’Arondelle, Jehanne Maselin, femme de M° Ambroise Paré, chyrurgien du roy, et le même jour fust son corps inhumé en la dicte église de Sainct-André. » L’acte suivant, qui enregistre, le 16 juillet 1575, le baptême d’ « Anne, fille d’Ambroyse Paré, premier cyrurgien du roy, et de Jacqueline Roussel (Rousselet), sa femme », prouve que A. Paré s’était remarié en 1574, moins d’un an après la mort de sa première femme. Il avait alors soixante- quatre ans, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir encore
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services. C’est, eu un mot, favoriser les médiocrités et ne tenir compte que des services exclusivement militaires.
Telle n’a jamais été, telle n’est point encore la manière de voir dans les autres corps de l’armée. Dans le génie, l’artillerie, le corps d’état-major ou la marine, on s’honore d’encourager, en leur conservant leur situation militaire, des savants qui, comme les généraux Poncelet et Morin, l’amiral Mouchez, le colonel Laussedat, les commandants Mannheim et Périer et tant d’autres encore, cumulent leurs fonctions civiles avec leurs positions militaires. Dans la médecine d’armée, des idées non moins libérales permettaient jadis aux Desgenettes, aux Broussais, aux Bégin, aux Sédillot d’honorer le corps auquel ils appartenaient, en s’illustrant dans l’enseignement officiel de nos Facultés de médecine. Mais, quelque tristesse que nous éprouvions à le constater, il nous faut reconnaître que depuis plusieurs années on tend de plus en plus à combattre ceux qui s’efforcent d’acquérir les titres scientifiques les plus justement estimés.
Il y a quelques années, avant que l’on eût supprimé l’École de Strasbourg, la campagne qui s’ouvre aujourd’hui contre les médecins professeurs avait été précédée d’une escarmouche dirigée contre les médecins de l’armée désireux de concourir pour le grade d’agrégé près les Facultés de médecine. Alors aussi il se trouvait des médecins inspecteurs ne craignant pas de déclarer ouvertement que les savants étaient dangereux et que la médecine militaire .ne devait demander que de bons et modestes praticiens, que l’on pourrait et que l’on devrait charger alternativement, selon les besoins du service, de la direction d’une salle de blessés, d’une salle de fiévreux ou d’une salle de vénériens. Mais, à cette époque, les ministres de la guerre ne prenaient aucune décision importante sans l’avis d'un médecin inspecteur auquel le corps de santé a dû bien des progrès, auquel, s’il avait vécu, il devrait aujourd’hui son autonomie.
En 1870, consulté par le ministre sur une question analogue à celle qui nous occupe, Michel Lévy répondit en ces termes ; « Votre Excellence m’a fait l’honneur de me demander s’il . me paraît conforme au bien du service de refuser désormais, aux répétiteurs de l’École du service de santé militaire l’autorisation de concourir pour l’agrégation près la Faculté. J’ai provoqué la création des emplois de répétiteur à Strasbourg; j’ai présidé la commission qui a défini leurs attributions, je les ai fréquemment inspectés sur place et vus à l’œuvre; c’est.la première fois que j’entends leur reprocher l’exercice d’agrégé à la Faculté comme un détriment pour
cinq enfants. J’énumère les actes successifs : le 30 mai 1576, baptême d’ « Ambroyse », qui fut enterré huit mois après, le 13 janvier 1577, « en l’église de Sainct-André ». Le 6 février 1578, baptême de « Marie, fille d’A. Paré, premier cyrurgien du roy, et de Jacqueline Rousselet »; une des marraines est « Marie Boullaye, vèfve de feu Jacques Rousselet ». Le 8 octobre 1579, baptême de « Jacquelaine », morte à trois ans environ, le 13 septembre 1582. Le 12 février 1581, baptême d’une deuxième « Katherine »; ses marraines : « Barbe Rousselet, femme de Didier Martin, archer de la garde du corps du roy, et Katherine Paré, une des filles du dict maître Ambroise Paré. » Aug. Jal a omis l’acte de baptême, daté du mercredi 8 novembre 1583, d’un second Ambroise, qui nè vécut pas beaucoup plus longtemps que le premier. 11 fut enterré le 19 août 1584 « dans l’église, près le cloché ». Lors de la naissance de ce dernier enfant, A. Paré avait soixante-treize ans.
Le 15 avril 1581, mariage de Catherine Paré, née le 30 septembre 1560, avèe « François Rousselet, thrésaurier de mon-
l’École. Telle n’est pas mon opinion bien réfléchie. Les répétiteurs nommés au concours professeurs agrégés ont grandi dans l’estime de nos élèves ; ils apportent à l’École le bénéfice d’une expérience spéciale, à la Faculté l’opportune suggestion
des besoins de l’École . ; ils prolongent jusqu’au sein de la
Faculté le contrôle du directeur de l’École, dont ils rehaussent la considération. La part qui revient aux répétiteurs agrégés dans le succès des études et la distinction qu’ils ont acquise par leurs travaux sont pour beaucoup dans la facilité de notre recrutement... Au fond, les intérêts des deux institutions sont identiques. Un bon recrutement du corps de santé est au prix d’une commune entente entre l’administration de la Guerre et
l’administration de l’Instruction publique . Il n’échappera
pas à Votre Excellence qu’une déclaration d’incompatibilité entre les fonctions de répétiteur et celles d’agrégé froissera l’opinion publique et soulèvera une vive opposition dans l’Université . »
Nous soumettons la lecture de ces quelques passages de la lettre de Michel Lévy aux méditations des membres du Conseil de santé ; nous ne craignons pas de les opposer, comme un exemple de ce que peut l’esprit de décision aux mesures qui viennent de frapper deux professeurs delaFaculté deLyon, dont l’un est envoyé en Algérie et dont l’autre, comme s’il avait été question de bien faire voir que le décret du 6 mars n’est appliqué que dans un but vexatoire, est rappelé à Paris. Nous faisons appel à leurs sentiments professionnels, au désir qu’ils doivent avoir de rehausser l’estime dont jouit, dans le monde médical, le corps à la tête duquel ils se trouvent placés et nous leur demandons de bien réfléchir aux conséquences que peuvent entraîner les mesures qu’ils ont si imprudemment encouragées.
Dès aujourd’hui, le ministre de l’instruction publique, justement ému de voir ses Facultés désorganisées, se déclare disposé à ne plus admettre de candidatures militaires. Désormais, si le Conseil de santé des armées ne paraissait pas comprendre ce que peutdonner de prestige à ses médecins d’hôpital le titre de professeur deFaculté,tous les hommes de science qui trouveront une place dans les Facultés de l’État n’hésiteront point à abandonner une position qui, en raison des déplacements incessants qu’elle doit leur imposer, deviendra bientôt inconciliable avec un travail scientifique sérieux. L’idéal rêvé par les partisans du projet de Chanal se trouvera dès lors réalisé. Tous les médecins de l’armée se trouveront assimilables aux agents de l’administration, très-dociles quand il sera question de changer de poste ou de garnison, très-empressés à obéir
seigneur le duc(d’ Anjou), frère du roy », et très-probablement le frère de Jacqueline, la deuxième femme d’A. Paré. Nous verrons bientôt qu’ils demeuraient tous ensemble dans le grand logis de la rue de l’Hirondelle.
« Le vendredi vingt-quatrième jour de juillet 1587 fut baptisé Florentin, fils de François Rousselet, contrôleur général de la maison de la reine de Navarre, et de Catherine Paré. » La marraine est « Jeanne Paré, veuve de feu Claude Viart, en son vivant chirurgien juré à Paris ». Le dimanche 29 novembre de la même année 1587 ont lieu ses fiançailles avec « François Forest, natif d’Orléans, clerc de M. le Lieutenant civil au Chatetet de Paris ». Le mariage est célébré le 11 janvier 1588, et le 20 avril 1589 on baptisa « François », enfant issu de cette union. Si Jeanne Paré, veuve de Claude Viart, est la sœur d’A- Paré, comme on s’accorde à le dire, il faut avouer qu’ellé était bien plus jeune que son frère. A supposer qu’elle eût quarante-cinq ans lors de son second mariage, elle serait née en 1543, par conséquent trente-trois ans après
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aveuglément à. tous les ordres dictés par les bureaux de la guerre, mais incapables de tous les travaux scientifiques qu’une position stable peut seule rendre utiles et fructueux. Après avoir supprimé l’École du service de santé militaire, on interdit aujourd’hui aux médecins de l’armée des fonctions qui ne peuvent nullement entraver leurs services militaires et qui rehaussent leur prestige et leur autorité morale. Bientôt, la question esta l’étude, on cherchera à supprimer l’École du Val-de-Grâce. L’œuvre de Michel Lévy se trouvera dès lors définitivement détruite. Nous demandons aux chefs actuels de la médecine militaire s’ils ne pensent pas, comme nous, que le temps est venu de réagir contre de semblables tendances et s’il ne leur paraît pas utile de faire comprendre au ministre de la guerre que, dans un corps savant, il importe de tenir quelque compte des titres scientifiques et de la valeur personnelle des membres qui le composent.