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HISTORIQUE

A différentes époques, des tentatives ont été faites pour guérir par des inhalations de vapeurs médicamenteuses certaines maladies des organes de la respiration.

Les fumigations balsamiques, ^presque complètement lom-

son frère. C’est beaucoup. Ne serait-elle pas plutôt sa nièce, la fille d’Antoine Paré, mentionné dans l’acte suivant? Le 4 janvier 1590, baptême de Charles, deuxième fils de François Rousselet et de Catherine Paré. Parrains : Ch. Maselin (frère sans doute de la première femme d’A. Paré) et Jacques Guillemeau, chirurgien juré à Paris; une des marraines, « Anne Paré, fille de M° Antoine Paré, aussi chirurgien juré à Paris». Il ne faut pas confondre cette Anne Paré avec la fille d’Ambroise, premier chirurgien du roy, née en 1575 qui épousa en juillet 1596 « M” Henry Symon, conseiller du roy et trésorier principal de l’extraordinaire des guerres en Bourbonnais et Nivernais, demeurant en la paroisse de Saint- Etienne-du-Mont », et qui, vers 1599, près de périr d’une hémorrhagie pendant le travail de l’enfantement, fut sauvée par J. Guillemeau (L’heureux accouchement, liv. II, ch. xm).

A. Jal (ouv. cit.) nous dit qu’il n’a rien trouvé relativement à cet autre frère d’Ambroise Paré, nommé dans ses ouvrages (livre Des monstres, ch. xxi, xxn), Jehan Paré, chirurgien à

bées en désuétude parmi nous, étaient très-employées par les anciens.

En 1834, Martin-Solon publia dans la Gazette médicale de Paris un travail important sur YAtmidtrie pulmonaire; il avait été conduit à faire ses recherches par l’opinion de Mascagni, qui pensait que, si jamais on parvenait à découvrir un . remède efficace contre la phthisie pulmonaire, ce serait parmi les substances qui peuvent être appliquées directement au poumon par la voie de l’inspiration.

Martin-Solon proposait comme appareil à fumigation un flacon à deux tubulures, dans lequel on mettait une solution médicamenteuse que l’air devait traverser avant de pénétrer dans les voies aériennes. La solution était portée à une température variable suivant la nature de la substance active.

C’est ainsi qu’il avait essayé des fumigations chlorurées et iodées, puis des fumigations balsamiques composées d’eau à laquelle il ajoutait de la teinture de tolu ou de benjoin. Dans le catarrhe sec accompagné d’une toux fréquente et fatigante, il avait réussi à calmer très-vite les accidents par l’inhalation des vapeurs d’une décoction de belladone.

La même année (1834), et dans le même journal, M. Magistel insérait une note sur l’emploi des fumigations pulmonaires; il concluait de ses recherches que les narcotiques portés par la vapeur dans les bronches sont les meilleurs agents thérapeutiques que nous puissions employer contre l’asthme, la toux convulsive, la toux nerveuse, la coqueluche.

De son côté, le docteur Burdin avait essayé chez les phthisiques des inspirations d’éther chargé des principes de la ciguë. Il est de toute évidence que ce n’était là qu’un moyen calmant, un palliatif des souffrances des malades.

Les inhalations d’iode comme traitement de la phthisie pulmonaire ont été proposées pour la première fois en 1828, parle docteur Berton, qui les recommandait en même temps contre la bronchite chronique ; bientôt abandonnées en France, elles furent expérimentées en Angleterre.

La question fut reprise ensuite par MM. Piorry et Chartroule qui faisaient respirer les vapeurs d’iode en plaçant auprès du lit du malade une soucoupe contenant quelques petits fragments de cette substance.

D’après Trousseau et Pidoux (Traité de thérapeutique), ces inhalations produisent de bons effets, surtout dans la bronchorrhée des phthisiques, de même que dans les laryngites et bronchites chroniques. Dans un autre passage, les mêmes auteurs recommandent d’une manière toute spéciale la méthode des inhalations comme moyen de. modifier la muqueuse des voies aériennes. Voici ce passage : « La thérapeutique des laryngites chroniques et des lésions variées qui les produisent ou sont produites par elles compte ses ressources les plus énergiques parmi les agents qui peuvent être directe-

Vitré, en Bretagne, ni sur l’autre frère, le coffretier de la rue de la Huchette, bien qu’il ait parcouru avec soin les registres de la paroisse de Saint-Séverin. Mais pourquoi ne nous parle-t-il pas de cet Antoine Paré, chirurgien juré à Paris, qui devait être aussi un frère du chirurgien du roy, si toutefois Antoine n’a pas été mis pour Ambroise sur lès registres de l’état civil de la paroisse Saint-André-des-Arcs ?

Voici l’acte de décès d’Ambroise Paré : « En ce même jour de sabmedi vingt-deuxième de décembre 1590 a esté enterré dans l’église Sainct-André-des-Arcs, à Paris, en bas de la nef, proche le cloché, M° Ambroise Paré, premier chirurgien du roy. » Et celui de sa femme : « Le lundi vingt-sixième jour du mois cle Juing, an mil six cent, décéda, rue de l’Yrondellc, Jacqueline Rousselet, vefve de deffunct M° Ambroise Paré, le corps de laquelle fut inhumé le jour suivant en l’église Sainct- André-des-Arcs. »

La deuxième Catherine (née en 1581) épousa à la même église, « le 29 septembre 1603, Claude Hédelin, conseiller en

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ment , portés sur les parties malades. Or, le mode le plus avantageux qu’on puisse choisir pour atteindre ce but est évidemment l’inspiration de vapeurs médicamenteuses. L’expé rience des autres, et la nôtre en particulier, s’est prononcée en faveur des vapeurs aromatiques ; les infusions de plantes labiées pour les premières, la combustion des substances balsamiques et résineuses pour les secondes, foùrnissent les meilleurs matériaux pour le dégagement de ces gaz médicamenteux. »

En 1845, M. Saies-Girons signala les avantages des inhalations de goudron chez les phthisiques et du séjour de ces malades dans une atmosphère chargée d’émanations résineuses. Il expliquait l’action de ces moyens en admettant qu’ils diminuent l’oxygène de l’air, lequel est considéré par lui comme l’agent d’excitation et de progrès des maladies des organes respiratoires. Quelle que soit la valeur de l’interprétalion qui me semble fort contestable, l’influence favorable de ces moyens n’en est pas moins bien démontrée.

Plus récemment ( Bulletin de thérapeutique, 1801) M. Delioux a employé avec avantage les fumigations d’encens dans les bronchites et surtout dans les laryngites chroniques, dans la pharyngite granuleuse et dans la paralysie diphthéritique du pharynx et du voile du palais.

Dans une thèse de concours pour l’agrégation à la Faculté de médecine de Paris (1866), M. le docteur Baudot traite longuement des différentes espèces de fumigations et de l’inhalation de certains gaz (acide carbonique, oxygène), mais il parle à peine des substances employées dans le but d’agir sur les différentes parties constituantes des voies respiratoires.

En 1872, M. J. Cliéron a communiqué à l’Académie de médecine, dans sa séance du 19 novembre, un travail sur l’arrêt de la destruction du poumon dans la phthisie chronique par l’inhalation des essences oxygénées. Il emploie en particulier, dans la période ulcérative de la phthisie, des inhalations d’essence de laurus camphora. De nombreuses tentative faites pendant dix-huit mois lui ont donné des succès inespérés. Sous l’influence de ce mode de traitement l’expectoration, la dyspnée et la toux s’amendent, l’appétit revient, les forces se relèvent, la fièvre hectique s’atténue et disparaît bientôt. Dans un grand nombre de cas, suivant l’auteur, tous les phénomènes morbides disparaissent.

Enfin le docteur Libermann a communiqué il y a quelques années à la Société de médecine des hôpitaux de Paris le résultat de ses recherches sur les effets des inhalations de chlorhydrate d’ammoniaque dans les affections chroniques des voies respiratoires. Il s’est servi de l’inhalateur inventé par le docteur Lœvin qui, lui-même, avait fait en 1864 des recherches importantes sur le même sujet.

En Angleterre, la pratique des inhalations paraît être assez

la chambre du trésor, demeurant sur le territoire de la paroisse Saint-Germain-le-Vieil, dans la cité » (lieutenant-général à Nemours en 1610). Leur fils, François, qui devint le fameux abbé d’Aubignac, était né le 4 août 1604. Ils eurent encore onze enfants (Moreri).

Enfin un dernier acte trouvé dans les registres de Saint- André-des-Arcs : « Le 21 septembre 1616, décéda, environ une heure après midi, demoiselle Catherine Paré, femme de MB Rousselet, en sa maison, scise rue de l’Arondelle. »

D’après les documents fournis par le docteur E. Bégin (de Metz), A. Paré « possédait trois maisons à Paris, une hôtellerie dans le faubourg Saint-Germain et une campagne à Meudon ». D’après un passage du vingt-sixième chapitre du livre Des opérations, « un sien voisin et amy, nommé Anthoine de la Rue, maistre tailleur d’habits, demeurant au bout du pont Saint-Michel, » Malgaigne présume que la demeure d’A. Paré était dans la rue même Saint-André-des-Arts (p. ccxcvii). Il

répandue ; il existe en effet dans ce pays des appareils à inhalation de différents modèles, dont on peut trouver les spécimens à Paris même. J’ai entre les mains les prospectus de deux de ces appareils destinés au traitement des affections de la gorge et des bronches par des inhalations de vapeur d’eau chaude, pure ou chargée des principes actifs de différents médicaments volatils. Je ne possède, il est vrai, aucun renseignement sur les résultats obtenus de cette pratique par les médecins anglais, et j’ignore absolument si quelques-uns d’entre eux ont publié des travaux sur ce sujet.

Comme on le voit par la rapide énumération que je viens de faire, si la méthode des inhalations n’a pas réussi à se faire accepter dans la pratique courante, ce n’est pas faute de tentatives en sa faveur; ce n’est pas non plus, je me hâte de le dire, qu’elle ait soulevé des objections et rencontré des détracteurs ; il doit être au contraire bien évident pour tous qu’on a le droit d’attendre quelques avantages d’une méthode qui permet de faire arriver la substance médicamenteuse au contact même des parties qu’il s’agit de modifier.

C’est ailleurs qu’il faut chercher les raisons pour lesquelles cette méthode ne s’est pas vulgarisée. Il suffit qu’un moyen de traitement nécessite une manœuvre, quelque facile qu’elle soit, ou l’emploi d’un appareil, pour que ce moyen ait les plus grandes difficultés à se faire accepter, ses avantages fussent-ils aussi évidents que possible. C’est ce qui est arrivé pour les inhalations de vapeurs médicamenteuses : un appareil était nécessaire, l’application du moyen devait être faite ou surveillée par le médecin, au moins dans certains cas; il n’en fallait pas davantage pour l’empêcher de se vulgariser.

Ajoutons que la persévérance a peut être manqué aux promoteurs de la méthode; il leur eût fallu insister sur les avantages qu’ils en avaient retirés, produire des preuves à l’appui, c’est-à-dire des observations détaillées, varier les expérimentations, etc. C’est ce que personne n’a fait. Martin-Solon s’en est tenu à son mémoire dé 1834, et les quelques observateurs qui, après lui, sont entrés dans la voie qu’il avait suivie n’ont pas eu l’idée de contrôler ses assertions; personne ne s’est rencontré pour faire un travail d’ensemble sur l’emploi des substances volatiles en inhalations dans les maladies des organes respiratoires.

Il ne suffit pas en effet d’avancer d’une manière vague, comme on l’a fait le plus souvent, que telle substance pourrait être employée en inhalations ; il faut préciser, déterminer les cas dans lesquels chaque substance peut être employée, faire connaître les effets qu’elle produit, etc. Il faut dire aussi que certaines tentatives inconsidérées étaient bien de nature à compromettre les inhalations médicamenteuses. On leur a parfois demandé plus qu’elles ne peuvent donner; comment les médecins ne se montreraient-ils pas sceptiques

est encore là à côté de la vérité, et la fameuse enquête ne donne rien non plus de précis sur ce point.

Aujourd’hui, dans la portion de la rue de l’Hirondelle qui n’a pas été détruite, au bas de l’escalier et des arcades qui la séparent de la place Saint-Michel, une grande maison frappe encore le regard de l’observateur. Elle a subi de profondes modifications; mais sa porte a conservé la forme des ouvertures de la Renaissance. Le morceau de sculpture qu’on voit au-dessus de son cintre surbaissé, et celui qui est au fond de la cour, encastré dans le mur, ont le cachet de l’ancienneté. La tradition n’a pas gardé le nom du premier chirurgien du roy, et le propriétaire actuel de la maison croit savoir qu’elle aurait appartenu à Diane de Poitiers. Je m’imagine que c’est précisément la demeure d’Ambroise Paré, le logis qui abritait sa nombreuse famille et ses collections. Il n’avait eu que quelques pas à faire pour aller, pendant les rigueurs du siège de Paris, avec le menu peuple mourant de faim, à l’encontre de l’archevêque de Lyon, qui débouchait avec son

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à leur égard lorsqu’ils les voient recommandées comme moyen curatif dans des maladies où elles doivent forcément échouer?

Avantages de la méthode des inhalations. — Je n’ai pas besoin d’insister beaucoup sur les avantages de cette méthode: il est évident à priori qu’un moyen qui permet de porter directement à la surface de la muqueuse malade les substances destinées à la modifier offre des avantages incontestables. Au lieu de fatiguer inutilement les organes digestifs par l’emploi de médicaments d’une efficacité douteuse, n’est-il pas en effet bien plus simple et plus rationnel de faire passer l’agent modificateur à la surface des parties qu’il doit modifier, en lui donnant pour véhicule l’air que respire le malade?

Toute la question se réduit ensuite à trouver parmi les substances volatiles les médicaments les mieux appropriés aux divers états morbides dont peut être affectée la muqueuse des voies respiratoires.

Est-ce à dire pour cela que les inhalations de vapeurs médicamenteuses doivent constituer pour ces maladies une sorte de panacée universelle, un moyen sûr, infaillible de guérison ? En aucune façon; on ne guérit pas nécessairement les affections des muqueuses accessibles, par cela seul qu’on peut les traiter par des applications locales; mais. on ne peut nier que ces applications rendent le traitement moins incertain que s’il est basé sur l’emploi de moyens n’ayant qu’une action indirecte; les inhalations, en ce qui concerne la muqueuse des voies respiratoires, doivent par conséquent être considérées seulement comme un procédé, le plus simple et le plus commode que nous possédions, de porter les agents modificateurs à la surface de cette muqueuse, mais il n’en résulte pas nécessairement qu’il sera toujours possible de trouver le modificateur capable de triompher de la maladie.

En outre, de ce que les inhalations peuvent donner dans certains cas des résultats plus certains et plus satisfaisants que les divers modes de traitement généralement employés, il ne faut pas en conclure qu’elles soient appelées à supplanter ces derniers d’une manière complète.

Par l’emploi des inhalations on a la certitude que la substance médicamenteuse arrive réellement au contact des parties sur lesquelles elle doit agir, et qu’elle y arrive sans avoir subi la moindre altération ; les gaz et les vapeurs ne rencontrent, soit sur le trajet qu’ils ont à parcourir, soit à la surface de la muqueuse elle-même, aucune substance, aucun produit de sécrétion qui puisse les altérer ; on ne saurait en dire autant pour les médicaments administrés par la voie de l’estomac, dont l’action est soumise à toutes sortes de chances aléatoires.

La vogue obtenue pendant quelque temps par Y inhalation des liquides pulvérisés a sans doute contribué pour une

escorte au bout du pont Saint-Michel, lorsqu’il força le fougueux prélat d’entendre les magnifiques paroles que nous a conservées Pierre de l’Estoile ( Archives curieuses, lre série, t. X). On était alors à la fin du mois d’âoût, huit ou dix jours avant la levée du siège, qui eut lieu le 29. Le sage et courageux vieillard mourut quatre mois après, le 20 décembre 1590.

Je reconnais que A. Jal nous â fourni les renseignements les plus précieux sur la famille d’Ambroise Paré. Mais il était bien inutile de nous démontrer une fois de plus que, « contrairement à l’opinioii générale, il n’était pas huguenot » . Quoi qu’il en dise, Cette démonstration avait été faite trèscomplètement par Malgaigne ( loc . rit., p. cclxxviii à cclxxxii), et il faut avoir envie de dénaturer les textes par des citations incomplètes, pour faire croire que le savant professeur « n’osa pas déclarer que le premier chirurgien du roy était catholique». Malgaigne dit en commençant : « Surtout quand cet » examen m’aura conduit à la conclusion fort inattendue » qu’Ambroise Paré n’était point hügüenot. » Puis il réfute

bonne part à détourner l’attention des ressources qu’on peut trouver dans l’inhalation des médicaments volatils ; ce sont deux méthodes qui ne doivent pas s’exclure, attendu que leurs attributions ne se confondent pas.

Les poussières aqueuses, quelle qu’en soit la ténuité, ne sont jamais en définitive que suspendues dans Pair que respire le malade; elles ont toujours une certaine tendance à se condenser et à se précipiter sur les obstacles qu’elles rencontrent; il est par conséquent fort probable que la plus grande partie de ces poussières se déposera, soit dans le pharynx, soit à l’orifice supérieur du larynx ; il n’en est pas de même pour les médicaments volatils et les gaz qui, étant intimement mélangés à l’air, pénètrent avec lui jusqu’aux dernières ramifications de l’arbre aérien.

Il faut donc réserver l’emploi des liquides pulvérisés pour le traitement des affections de l’isthme du gosier, du pharynx et de la partie supérieure du larynx, tandis que l’inhalation des substances volatiles convient plus spécialement aux affections des bronches, de la trachée et de l’intérieur du larynx.

Description des appareils. — Manière de pratiquer les inhalations. — Parmi les Substances émettant des vapeurs à la température ordinaire, celles que j’ai employées le plus fréquemment sont Y iode et Y essence de térébenthine.

L’appareil dont je me suis servi pour faire inhaler ces

Fig. 1

substances est des plus simples; il se compose d’un petit fl acon à large ouverture dont le bouchon donne passage à deux tubes ouverts à leurs deux extrémités ; l’un de ces tubes (A) descend dans l’intérieur du flacon de manière à venir, si

successivement les citations bien connues de la Yie de Coligny, des Mémoires de Sully et du Discours de Brantôme. H trouve enfin d’autres preuves de son assertion dans la vie el les ouvrages de Paré ; son allocution au bout du pont Saint- Michel et sa sépulture dans l'église de sa paroisse, dont le curé était ce fougueux ligueur « Christofle Aubry; grand dénicheur de protestants ».

Mais à un certain moment n’aurait-il pas été du parti huguenot? C’est une question qu’on doit se poser en présence de ce passage qui se trouve uniquement dans la première édition de ses Œuvres, au traité des rapports * au bas delà page 939 (Malgaigne, III, p. G62, note) : «Après la prise » de Rouen, me trouvay à disner en quelque compaignie, ou » en avait quelques uns qui me hayoyent â mort pour la reli- » gion; on me présenta des choux où il y auoit du sublimé

» ou arsenic . Et voilà comme je me garanti de la main de

» l’empoisonneur : et depuis ne voulu manger des choux, ny » autre viande en la dicte compaignie. » Malgaigne, sans

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la substance destinée à l’inhalation est liquide, en affleurer la surface ; l’autre tube (B), coudé à angle obtus, s’adapte par son orifice supérieur à un tube de caoutchouc à l’extrémité duquel est fixé un embout qui doit s’appliquer sur la bouche du malade soumis à l’inhalation.

L’aspiration étant exercée par l’intermédiaire, du tube de caoutchouc, l’air extérieur pénètre dans le flacon et se charge de vapeurs médicamenteuses avant d’être introduit dans les voies respiratoires (voy. la figure 1).

Comme on le voit, cet appareil est l’équivalent d’un flacon à deux tubulures, mais avec une disposition spéciale qui permet de se servir d’un flacon de très-petite dimension et qui, en outre, rend très-faciles l’entretien et le lavage de l’appareil.

J’emploie l’iode à l’état solide, en paillettes; j’en mets quelques décigrammes dans le flacon; la diminution de pression produite par l’aspiration dans l’intérieur de celui-ci suffit pour provoquer la production de vapeurs d’iode en quantité suffisante.

Pour que l’iode puisse servir plusieurs fois, il faut recommander au malade de faire l’inspiration par la bouche et l’expiration par le nez ; si l’on ne prenait pas cette précaution la vapeur d’eau contenue dans les gaz expirés formerait bientôt avec les paillettes d’iode une sorte de magma qui s’opposerait à la volatilisation de ce dernier. Les malades s’habituent d’ailleurs très-vite à respirer de cette manière.

Il faut aussi, pour la même raison, s’assurer que l’intérieur du flacon est parfaitement sec lorsqu’on y introduit l’iode.

L’iode solide ne peut pas être remplacé pour les inhalations par l’alcoolé d’iode ; il m’est arrivé une seule fois d’essayer cette dernière préparation, parce que je n’avais pas d'iode en paillettes à ma disposition, mais j’ai dû y renoncer immédiatement, le malade n’ayant pas pu la supporter à cause de son excessive âcreté.

Les vapeurs d’iode pur sont irritantes, il est vrai, mais à un degré moindre qu on ne le croit généralement et elles sont assez facilement supportées. Toutefois, lorsqu’on les fait respirer à un malade pour la première fois, il faut tâter la susceptibilité individuelle et procéder avec beaucoup de ménagements ; la première inhalation ne doit pas durer en tout plus de quatre ou cinq minutes et doit être interrompue par des pauses toutes les fois que le malade a fait trois ou quatre inspirations; la respiration doit être naturelle, il faut veiller à ce que le malade ne fasse pas des inspirations trop profondes ; un peu plus tard, lorsque la muqueuse des voies respiratoires se sera habituée au contact des vapeurs d’iode, on pourra, s’il y a lieu, lui faire la recommandation contraire. Au début on ne doit pas faire faire plus de trois inhalations par jour de quatre ou cinq minutes chacune; on en augmen¬

tera ensuite graduellement le nombre et la durée, suivant les effets produits.

En procédant avec ces précautions on ne risque pas de causer des accidents; pour ma part, bien que j’aie traité par ce moyen un grand nombre de malades, je n’en ai jamais vu résulter des effets fâcheux ; il faut savoir toutefois que les inhalations’ d’iode produisent généralement une exagération passagère de l’état inflammatoire de la muqueuse ou, lorsqu’il s’agit d’une inflammation chronique, le retour de l’inflammation à l’état aigu, mais il n’y a lieu ni de s’en plaindre ni de s’en inquiéter, puisque c’est là justement une des conditions de succès dans le plus grand nombre des cas.

Les vapeurs d’essence de térébenthine sont moins irritantes et plus faciles à supporter que les vapeurs d’iode ; il n’y a nul inconvénient à faire avec cette essence et dès le début des inhalations plus fréquentes et plus prolongées, mais on doit toujours néanmoins prendre la précaution de faire reposer le malade de temps en temps pendant la durée de l’inhalation.

Pour faire cette inhalation je verse dans le flacon une petite quantité (40 à 15 grammes) d’essence de térébenthine pure et j’abaisse le tube A de manière qu’il vienne presque affleurer la surface du liquide ; l’essence doit être renouvelée tous les deux ou trois jours.

Ces vapeurs ne produisent qu’une irritation très-modérée de la muqueuse des voies respiratoires; comme nous le verrons dans la suite de ce travail, leur mode d’action est tout différent de celui des vapeurs d’iode ; elles sont d’ailleurs tout à fait exemptes de dangers : bien qu’elles soient absorbées en quantité notable par la muqueuse respiratoire, ainsi que le démontre la forte odeur de violette contractée par les urines, je n’ai jamais observé de symptômes généraux dénotant une action quelconque de l’essence de térébenthine sur les centres nerveux.

J’ai fait quelquefois alterner les inhalations d’iode avec celles d’essence de térébenthine ; j’indiquerai plus loin les circonstances dans lesquelles cette manière de procéder m’a semblé présenter des avantages.

Certaines substances sont volatiles, mais elles n’émettent pas à la température ordinaire des vapeurs en quantité suffisante pour qu’il soit possible de les administrer en inhalations sans les chauffer, tels sont en particulier les baumes et les plantes aromatiques; il est d’ailleurs nécessaire, pour que certaines de ces substances produisent de bons effets, qu’elles soient mélangées à des vapeurs aqueuses chaudes.

L’appareil dont je me sers pour les substances dont il s’agit se compose d’une petite chaudière de cuivre étamé (A, fig. 2) dont le couvercle mobile porte un bouchon que traversent deux tubes semblables à ceux de l’autre appareil et ayant la même destination.

chercher de détours (ouv. cit., III, préface, p. xtv), dit : « Le mot unique qu’il a laissé tomber de sa plume sur la religion , en prenant ce mot dans l’acception du seizième siècle, semble indiquer que les empoisonneurs étaient catholiques, et que Paré, alors du moins, était passé au calvinisme. » Pour moi, cette conclusion est discutable, et je ferai remarquer qu’à cette époque il n’était pas nécessaire d’être de la religion pour être traité en ennemi : il suffisait qu’on fût du parti de la tolérance. Dans ces temps si troublés, en 1562, au début de la guerre civile, après le massacre de Yassy, après les atrocités de la prise et du sac de Rouen, on peut croire que l’honnête et vertueux Paré était pour ceux de la religion contre les ultramontains. Paré était à la cour, et il appuyait les sages conseils du chancelier de L’Hôpital. Il n’en fallait pas davantage pour exciter la haine d’un parti violent. Quand A. Paré raconte la tentative d’empoisonnement dont il aurait été victime après la prise de Rouen, il veut qu’on sache bien que c’estpour la religion et nonpourune autre cause.

Voilà la seule explication raisonnable de cette phrase, qui en somme ne peut pas prouver que Paré ait jamais été huguenot.

Quant à l’époque de la naissance adoptée par Malgaigne, A. Jal l’accepte, mais avec un point d’interrogation (? 4517), en faisant cette réflexion très-judicieuse : « Sans doute, on a gardé à Laval un acte officiel précisant le jour de cette naissance; car si nous avions encore affaire à une tradition, nous devrions nous tenir dans une prudente réserve. » Hélas! il n’y a qu’une tradition « que perpétuent dans le pays de vieux manuscrits, sans authenticité bien constatée, il est vrai, dit M. le docteur Hubert. Suivant celte tradition, Ambroise Paré serait né vers l’année 1509, au petit village de Bourg-Hersent (contigu au bourg d’Avenières), près Laval, dans une dépendance de la maison seigneuriale du comte de Laval, et dans la domesticité de ce seigneur, dont son père aurait été le valet de chambre barbier. )> (Malgaigne, ouv. cit., 1844, préface du IIIe vol., p. ix et x. — Notice sur le monument élevé à la mémoire d’Â. Paré. Laval, 1840, p. 27.)

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On met clans la chaudière une certaine quantité d’eau tenant en suspension ou en dissolution la substance destinée à l’inhalation, puis on porte le liquide à la température voulue

Fig. 2.

au moyen de la flamme d’une petite lampe à alcool (B) placée au-dessous de la chaudière.

Les deux appareils dont j’ai donné la description sont trèsportatifs, peu compliqués et peu coûteux; ils sont d’un maniement assez facile pour que le malade lui-même ou tout au moins les personnes qui lui donnent des soins puissent pratiquer l’inhalation sans avoir besoin de l’intervention du médecin. (A suivre .)

SOCIÉTÉS SAVANTES

Académie des sciences.

La transparence des milieux de l’œil. Note de M. J.-L. Soret. — La conclusion de ce travail est que les milieux de l’œil laissent passer les rayons ultra-violets, au moins partiellement : c’est ce que prouve la possibilité de distinguer par vision directe, moyennant certaines précautions, les raies extrêmes du spectre solaire. L’auteur a recherché si cette

transparence s’étend aux rayons encore plus réfrangibles de l’étincelle d’induction. Il a opéré sur des yeux de bœuf, de veau et de mouton à l’aide de la méthode précédemment décrite ( Comptes rendus, 18 mars 1878), basée sur l’emploi du spectroscope à oculaire fluorescent.

L’absorption par l’ensemble des milieux de l’œil doit rendre impossible la perception de rayons dont la réfrangibilité dépasse celle des radiations extrêmes du spectre solaire.

Indépendance des changements du diamètre de la pupille et des variations de la circulation carotidienne. Notedc M. François-Franck.

Il est possible d’obtenir les dilatations et resserrements de l’iris indépendamment des modifications de la circulation. J’ai déjà soumis à l’Académie quelques recherches sur ce sujet (22 juillet 1878); j’exposerai dans cette Note l’ensemble des résultats que j’ai obtenus.

I. Quand on coupe le cordon cervical du sympathique au-dessous du ganglion cervical supérieur, on observe à la fois le resserrement de l’iris et la dilatation des vaisseaux carotidiens; mais si l’on sectionne seulement le prolongement anastomotique entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion de Gasser, le resserrement de l’iris se produit seul : les branches profondes de la carotide correspondante ne subissent pas de dilatation. Si l’on coupe, après cette section du prolongement crânien, le cordon cervicalda sympathique, l’iris ne présente pas de nouveau resserrement cl les vaisseaux carotidiens superficiels et profonds, paralysés, se dilatent. Quand enfin, le prolongement anastomotique du ganglioc cervical supérieur avec le trijumeau étant coupé, on excite le segment périphérique du sympathique cervical, liris ne se dilate pas et les vaisseaux carotidiens se resserrent; réciproquement, l’excitation du prolongement crânien fait dilater l’iris sans modifier le calibre des vaisseaux carotidiens.

II. On peut arriver à la démonstration de l’indépendance deli dilatation pupillaire et du resserrement des vaisseaux par d’autres procédés :

1° En comparant les phases du resserrement vasculaire tl celles de la dilatation de l’iris que produit l’excitation du sympathique cervical. Cette comparaison s’obtient en recueillant d’une part la courbe du resserrement des vaisseaux carotidiens à l’aide d’un manomètre enregistreur appliqué au bout périphérique d’une carotide, en inscrivant simultanément d’autre part les phases de la dilatation pupillaire avec un signal à transmission par l’air, Oi constate ainsi, en appliquant des excitations faibles au segmcnl périphérique du sympathique cervical, que la pupille commencçi se dilater avant le début du resserrement vasculaire ; qu’elle arrive à sa dilatation complète pendant que les vaisseaux continuent à se resserrer, et qu’elle reprend son diamètre initial bien avant que les vaisseaux se soient relâchés.

2° En excitant le sympathique sur un animal qui vient d'êtri tué par hémorrhagie artérielle. La pupille du côté correspondanl au sympathique sectionné reste resserrée, quoique l’iris soit vide de sang; l’iris se dilate par l’excitation du sympathique, toul comme avant la mort par hémorrhagie; après l’excitation, la pupille se resserre de nouveau.

Ce renseignement n’a pas déterminé Malgaigne à changer d’opinion. Il avait dit qu’Ambroise Paré était né en 1517, d’après les documents de M. le docteur E. Bégin, et il n’avait pas envie de refaire cette partie de son introduction déjà imprimée. Aujourd’hui on peut affirmer hardiment que ces documents sont sans aucune valeur. Et ce « petit cahier, écrit de la main de Paré lui-même, rempli d’une infinité de notes sur différents sujets et chargé de nombreuses ratures » (p. ccxxix, introduction), peut tout, aussi bien être du premier écolier venu.

On devra donc continuer à croire que maître Ambroise Paré (de Laval, au Maine), homme docte et des premiers en son art, est né en 1510 (peut-être 1509), et qu’il est mort en 1590 à quatre-vingts ans, comme l’a écrit son contemporain et voisin, Pierre de l’Estoile.

J’ajoute en post-scriptum que les planches des œuvres anatomiques d’A. Paré ont été empruntées à Vésale (Gaz. hebd. de mèd., 1878, n° 8). Je n’én aurais pas parlé si

M. Chéreau n’avait oublié d’inscrire Ambroise Paré parmi les auteurs qui se sont servis des célèbres planches du grand ouvrage d’anatomie (page 226 du tome IV du Dict. encycl des sc. méd.). Cette mention aurait remplacé avantageusement celle des « figures qu’on trouve dans le De conceptuè generatione hominis de Jacques Rueff, 1554 », qui n’appartiennent pas du tout à André Vésale. M. Chéreau confond ici, comme tant d’autres, Rueff avec Ryff, ce compilateur qui avait copié les six premières planches de Vésale parues â Venise en 1538 (Gaz. hebd., 1876, n° 52; 1877, n° 17).

Dr E. Turner.

(A suivre.)

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3° Quand on explore la pression intra-oculaire avec un manomètre à colonne fine, déplaçant peu de liquide et chargé avec un liquide de faible densité pour augmenter la valeur des indications, on n’observe aucune mollification de la pression dans la chambre antérieure de l’œil si l’on produit la dilatation ou le resserrement de l’iris en excitant des nerfs irido-dilatateurs or irido-constricteurs indépendants des filets vaso-moteurs.

4° La dissociation des effets vasculaires et des effets iridiens est enfin mise hors de doute par l’absence de changements de calibre des vaisseaux superficiels et profonds de l’œil, quand on agit sur l’iris en excitant certains nerfs ciliaires indirects isolés en dehors du nerf optique.

Sur la présence du mercure dans les eaux minérales de Saint-Nectaire. Note de M. Ed. Willm. — La conclusion de ces recherches est que, en supposant que le mercure soit réellement un élément constant de l’eau du Roeher, la quantité qui est accusée par la seule expérience positive de l’auteur est bien loin de pouvoir être comparée à celle qui résulterait des expériences de M. Garrigou.

Sur les altérations du sang dans l’urémie. Note de MM. Morat et Ortille.

Nous nous sommes proposé dans ce travail : 1° de déterminer la composition gazeuse du sang dans l’état urémique ; 2° de rechercher si le sang dans cet état contient du carbonate d’ammoniaque...

Cette recherche ne peut se faire que chez les animaux d’une façon exacte. Pour nous rapprocher le plus possible des conditions présentées par les malades urémiques, nous avons tantôt pratiqué la double néphrotomie, tantôt de préférence nous avons lié les deux uretères. A la suite de cette dernière opération, les animaux (chiens) ont présenté constamment un abaissement notable de la température (3 à 4 degrés), de la diarrhée, des vomissements, et, aux approches de la mort, qui survenait en moyenne vers le troisième jour, de la somnolence et de la torpeur : tous symptômes qu’on rencontre habituellement chez les urémiques. Enfin, dans un cas, nous avons noté une modification du rhythme respiratoire assez analogue à la respiration de Cheyne-Stokes...

Le pouvoir respiratoire du sang, jusqu’au moment où l’animal succombe, ne change pas notablement. La quantité d’oxygène absorbable par 100 centimètres cubes de sang défibriné, chez nos animaux néphrotomisés ou ayant les uretères liés, n’a jamais été inférieure à 18 centimètres cubes; parfois elle s’est montrée supérieure à 21 ; normalement, elle oscille autour de 20. La richesse en oxygène et en acide carbonique du sang artériel extrait des vaisseaux rie diffère pas non plus notablement de ce qu’elle est à l’état normal. L’oxygène augmente quelquefois légèrement aux approches de la mort. Ainsi, chez un de nos sujets, la proportion de ce gaz était 18,4 pour 100 avant l’opération et 21,6 pour 100 trois jours après, quand il était près de mourir.

Que devient chez un animal ainsi rendu urémique le pouvoir respiratoire de ses tissus? Au moyen du procédé employé par M. P. Bert, nous avons déterminé comparativement quelles sont les quantités d’oxygène et d’acide carbonique absorbées et exhalées dans le même temps par un même poids de muscle ou de glande pris à un animal sain et à un animal rendu urémique. La capacité respiratoire des tissus de ce dernier est notablement abaissée...

On a beaucoup discuté sur la présence du carbonate d’ammoniaque dans le sang des urémiques, ainsi que sur le mécanisme de sa production. Chez tous nos animaux, nous avons constaté, dès le second jour, la présence du carbonate d’ammoniaque dans l’estomac et l’intestin, il nous est arrivé aussi de la constater dans le sang, mais assez rarement et seulement lorsque l’animal était près de succomber. Il résulte de cette observation que le carbonate d’ammoniaque peut exister dans le sang des urémiques, ce qui avait été nié, mais qu’il n’existe pas non plus constamment.

Sur le mode de combinaison du fer dans l’hémoglobine. Note de M. L. Jolly. — L’auteur conclut de ses recherches que, comme il l’avait déjà dit, le fer se trouve dans le globule sanguin à l’état de phosphate et seulement sous cette forme.

SuR l’éosine hématoxylique et sur son emploi en histologie. Note de M. J. Renaut.

On sait que l’éosine soluble dans l’eau colore le protoplasma des éléments cellulaires sans posséder, dans tous les cas, une

action élective sur leurs noyaux. Lors donc que l’on veut marquer sûrement ceux-ci dans une préparation colorée à l’éosine, on est forcé de recourir à la méthode de double coloration par l’hématoxyline et l’éosine, proposée en 1876 par M. Wissotsky (de Kazan).

Dans un grand nombre de cas, cette méthode est impraticable. Elle exige des lavages successifs qui, s’il s’agit d’une préparation délicate (d’une dissociation, par exemple), ne peuvent être effectués sans altérer sensiblement l’objet même que l’on veut colorer. De plus, les solutions alcooliques ou aqueuses de l’éosine précipitent celle d’hématoxyline préparée selon la formule classique de Bœhmer. Il en résulte une foule de grains ou de dépôts en nappes qui salissent non-seulement la préparation, mais souvent en rendent l’interprétation laborieuse ou impossible.

J’ai remarqué que l’éosine en solution dans l’eau ou dans l’alcool ne précipite plus l’hématoxyline du liquide de Bœhmer, lorsque l’on effectue le mélange en présence de la glycérine neutre. Partant de ce fait, je mêle dans un verre à pied une partie en volumes de glycérine neutre et une partie de solution saturée d’éosine dans l’alcool ou dans l’eau (suivant qu’il s’agit d’éosine pure ou d’éosine à la potasse). J’ajoute ensuite goutte à goutte l’hématoxyline préparée suivant la formule de Bœhmer, jusqu’à ce que la fluorescence verte du mélange reste à peine sensible. La liqueur filtrée donne une solution violette, que j’appelle V éosine hématoxylique.

Ce réactif peut être employé à la façon exacte du picroearminate d’ammoniaque, sans donner ni précipité ni grains à la surface des préparations. On monte ces dernières dans la glycérine salée à 1 pour 100 ou dans le baume de Canada. Dans ce dernier cas, on déshydrate avec de l’alcool chargé d’éosine et l’on éclaircit avec de l’essence de girofle chargée aussi d’éosine, afin de maintenir la coloration rose des éléments anatomiques pour lesquels l’éosine possède une action élective. Les préparations faites après l’action de l’acide osmique ou des solutions chromiques ne peuvent se colorer aisément avec le picrocarminate d’ammoniaque; elles se colorent, au contraire, par l’hématoxyline éosinée en montrant des élections très-régulières. Les noyaux sont teints en violet, le tissu connectif en gris perle, les fibres élastiques et les globules sanguins en rouge foncé, le protoplasma des cellules et les cylindres d’axe des tubes nerveux en rose clair très-intense, etc.

L’auteur décrit les résultats obtenus par son procédé sur les glandes salivaires de l’ Hélix pomatia et de l’âne. L’emploi de l’éosine . hématoxylique permet de reconnaître, à l’aide d’une coloration élective, les deux ordres de cellules qui constituent par leur union un acinus mixte de la sous-maxillaire.

Glycoiiémie. — M. P. Picard adresse à l’Académie une nouveHe Note sur le dosage des sucres dans le sang.

Académie de médecine.

décret par lequel est approuvée l'élect

le physiologie, en remplacement de

ransmet à l’Académl [. Paul Tillaux dan tf. Claude Bernard, décédé.

imerce transmet à l’Académie : 4* Le

compte rendu des maladies épidémiques observées dans les départements de la Seine- Inférieure, de l’Ailier, des Ardennes, du Calvados, du Finistère, de l’Indre, do la Meuse, des Vosges, du Var, d’Ille-et-Vilaine, de la Drôme, du Cantal et de l’Aude. ( Commission des épidémies.) — 2» Les rapports de MM. les médecins-inspecteurs des eaux minérales du département des Laudes. [Commission des eaux minérales.)

L’Académie reçoit : I» Une lettre de M.- Duroziez, dans laquelle l’auteur fait observer quo M. Alvarenga (de Lisbonne) avoue qu’il ne connaissait pas le souffle crural en 185G, époque à laquello a paru son mémoire sur l’insuftisance des valvules aortiques. — 2» Une note de M. le docteur Guinier, sur la déglutition et le gargarisme, d’après des recherches expérimentales à l’aide du laryngoscope. — 3" Une lettre de M. le docteur Louis Pénard (de Versailles), qui se porto candidat an titre de membre correspondant national. — 4° Une note de M. le docteur Keckel (de Marseille), sur unlcas de trichinose observé sur un jeune hippopotame du Nil, mort en captivité.

M. Amédée Latour présente, au nom de M. le docteur Stambolski (?), Ui

i l'appui

Le tr

Vulpian.

le commission composée de MM. Charles Robi

Mussy (Noël) offre en hommage une b'rochure qu’il vient de publier sous le titre de : Considérations sur les endermoses ou affections herpétiques internes,

M. Verneuil présente, au nom de M. le professeur Conradi (de Pavie), une série do brochures, dont l’une a pour titre : Excursions d'un médecin dans le Déca-

Elections. — L’Académie procède, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre titulaire dens la section de méde-

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cine opératoire. La commission, par l’organe de M. Félix Guyon, classe les candidats dans l’ordre suivant : En première ligne, M. Simon Duplay ; en deuxième ligne, M. Gaujot ; en troisième ligne, ex œquo, MM. Cusco et Lannelongue ; en quatrième ligne, ex œquo, MM. Després etLe Dentu. Enfin, M. Léon Labbé est adjoint, par l’Académie à la liste des candidats. Le nombre des votants étant de 78, majorité 40, M. Duplay obtient 33 suffrages, M. Labbé 31, M. Cusco, 6, M. Després 5, M. Gaujot, 2, M. Lannelongue, 1.

Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité, il est procédé à un deuxième tour de scrutin. Au deuxième tour, le nombre des votants étant de 79, majorité 40, M. Duplay obtient 41 suffrages, M. Labbé 33, M. Cusco 3, M. Després 1 ; billet blanc, 1.

En conséquence, M. Simon Duplay, ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre titulaire pour la section de médecine opératoire.

Note sur la déglutition. — M. Guinier communique une note sur le mécanisme de la déglutition.

Hors du repas, l’épiglotte, complétée par les replis glossoépiglottiques, arrête, comme le ferait une écluse, tout ce qui s’écoule et glisse de la bouche vers le puits œsophagien, jusqu’à ce qu’une déglutition la débarrasse de son fardeau.

Pendant le repas, les déglutitions se produisent à mesure de l'accumulation, dans les fossettes glosso-épiglottiques, des bouchées alimentaires réduites en pulpe par la mastication et l’insalivation. — La bouchée alimentaire ainsi transformée en pulpe ou bol, et parvenue au delà de l’isthme du gosier, contre la face linguale de l’épiglotte, remplit progressivement les fossettes glosso-épiglottiques et y provoque le besoin de déglutition.

Sous la première impression de ce besoin, les constricteurs entrent en scène ; au moment même où le déplacement du larynx va commencer, le constricteur supérieur se contracte ; il rétrécit ainsi l’entrée du pharynx œsophagien au niveau de l’épiglotte de manière à maintenir le bol prêt à dépasser le bord libre de l’épiglotte et à verser dans le larynx.

En même temps, le voile du palais se relève à la rencontre du constricteur supérieur contre lequel il appuie son bord libre et la luette, et il ferme ainsi le pharynx nasal. Les piliers du voile se. rapprochent et, avec l’aide du dos de la langue, ferment l’isthme du gosier.

Le bol ainsi fait prisonnier dans les fossettes glosso-épiglottiques n’a d’autre issue que l’œsophage, ët sa déglutition s’y opère en effet en un seul temps et, d’un seul bond de la manière suivante.

La respiration s’arrête; la glotte se ferme ; le corps du larynx est porté en haut et en avant, sous les cornes de l’os hyoïde ; la langue se gonfle, s’élève, va chercher un point d’appui contre le voile du palais qu’elle refoule ainsi vers le pharynx nasal; sa base lire sur la charnière de l’épiglotte et retourne les fossettes glosso-épiglottiques comme le fond d’un sac ; et l’épiglotte bascule en arrière,' comme la cuiller d’un inodore, laissant s’écouler dans le trou œsophagien la masse pulpeuse qu’elle retenait jusque-là.

Des préparations alcooliques de digitale. — Après avoir insisté sur les inconvénients et les abus qui résultent de l’emploi des préparations alcooliques de digitale, M. Duroziez expose de la façon suivante les conditions qui doivent présider à l’emploi de ce médicament.

Sous toutes les formes la digitale doit être employée aux plus faibles doses recommandées par les auteurs, comme si on avait affaire à des préparations très-bien faites. Elle doit être surveillée jour et nuit ; c’est la nuit qu’elle détermine le plus d’accidents.

L’auteur a choisi les préparations alcooliques parce qu’elles sont les plus dangereuses : elles contiennent la digitaline cristallisée qu’on ne peut prescrire que par quarts de milli¬

gramme, tandis que le sulfate d’atropine est prescrit par demi-milligrammes. La digitale doit être donnée avec autant de réserve que la belladone.

Une erreur a peut-être été cause de la prodigalité qu’on montre aujourd’hui pour la digitale. On a fait croire à Trousseau que Dickinson employait la poudre de digitale à la dose de 45 grammes par jour ; il consentit à en donner 15, que le malade vomit immédiatement. Je ne crois pas qu’il ait recommencé. Les livres de thérapeutique les plus répandus ont répété que Trousseau, à l’exemple de Dickinson, donnait non pas 45 grammes, mais 15 grammes. Or, dans l’article de Dickinson, il s’agit de 45 grammes de l’infusion anglaise.

Ceux qui ont donné 1 gramme se sont alors trouvés trèsmodérés.

Il y avait autrefois les granules d’Homolle et Quévenne, contenant 1 milligramme d’une certaine digitaline. M. Homolle, au moyen du chloroforme, a doublé la force de cette digitaline ; les granules sont deux fois plus forts et conservent cependant la même appellation d’Homolle et Quévenne.

Le Codex a adopté cette dernière digitaline jusqu’à révision, nous l’espérons.

Le Codex devra modifier son sirop de digitale qui est beaucoup trop fort.

Le vin de Trousseau devrait être appelé vin trop digitalique de Trousseau : beaucoup de médecins ne savent pas qu’il contient des quantités dangereuses de digitale. Dans le Traité de thérapeutique de Pidoux et Trousseau, il est placé à l’article Scille et manque à l’article Digitale. La formule a été changée par Trousseau et M. Regnauld. Le nouveau vin est plus fort. A la dose de 30 grammes par jour il détermine des accidents : nous le voyons recommander dans des livres classiques à la dose de 50 à 150 grammes.

La teinture alcoolique de digitale donne 60 gouttes au gramme. Beaucoup de médecins prescrivent 10 gouttes; quelques autres prescrivent trois grammes, 180gouttes. Dans le délirium tremens, il n’y a plus de doses.

L’extrait alcoolique est très-énergique ; à 10 centigrammes il fait vomir ; à 40 il fait délirer.

La poudre dès 10 centigrammes produit des accidents, quand elle est bonne, bien entendu. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici tous les intéressants détails consignés dans le travail de M. Duroziez.

Pleurésie multiloculaire. — Dans une très-intéressante communication, M. Woillez fait part à l’Académie des doutes qu’il a éprouvés sur la légitimité des signes attribués par M. Jaccoud à la pleurésie multiloculaire, et d’une certaine surprise de la précision avec laquelle il a traité du rapport des lésions et des signes, à propos des observations qu’il a recueillies et groupées.

Déjà M. Maurice Raynaud a exprimé ses hésitations en présence de la plupart des faits de pleurésie multiloculaire sur lesquels sebase M. Jaccoud. Ni ces faits, suivant lui, ni la théorie de M. Jaccoud, ne semblent justifier son étude clir nique.

En présence de cette critique, M. Jaccoud s’est hâté de répondre brièvement que les deux opinions contradictoires devaient faire ajourner la discussion à une époque ultérieure pour attendre le contrôle de nouveaux faits.

M. Woillez ne saurait, quant à lui, accepter cet ajournement, qui couperait court à la discussion. Tout en réservant l’avenir, les données actuelles, fournies par la science française, lui paraissent suffisantes pour permettre de se prononcer dès maintenant sur la valeur des caractères attribués par M. Jaccoud à la pleurésie multiloculaire.

Examinant la question, comme M. Jaccoud, aux points de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement : au point de vue du diagnostic, il constate un désaccord entre l’observation constituant le premier type et les cinq observations comprises dans le cadre du second type. Il n’y a, en réalité,

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qu’un seul fait dans lequel il y ait eu concordance de la lésion et des signes attribués àla pleurésie multiloculaire. Ces signes : la persistance des vibrations vocales, le souffle bronchique éclatant et la bronchophonie forte, ne sont pas, d’ailleurs, au dire de M. Woillez et de M. Maurice Raynaud, des signes fondamentaux de la pleurésie multiloculaire.

En définitive, suivant M. Woillez, la pleurésie multiloculaire a pu se caractériser par des signes exceptionnels spéciaux dans un cas très-bien observé par M. Jaccoud ; mais on ne saurait généraliser ces signes comme propres à cette variété de pleurésie, ni formuler la sémiologie particulière de cette affection dans l’état actuel de la science.

Quant au pronostic, M. Woillez est peu porté à admettre la gravité particulière attribuée aux faits cités par M. Jaccoud, et qui proviendrait, selon ce dernier, du cloisonnement de la cavité pleurale. En effet, le cloisonnement est problématique dans la plupart des faits relatés par M. Jaccoud ; c’est la purulence de l’épanchement qui suffit pour expliquer l’insuccès de la thoracentèse. De même, la prétendue gravité des adhérences, admise par M. Jaccoucl à la suite du professeur Traube, n’existerait, suivant M. Woillez, que dans quelques faits particuliers où il y a eu dilatation grave consécutive des cavités cardiaques, ou bien dans lesquels l’aplatissement permanent du poumon a été le résultat des adhérences pleurales.

M. Woillez termine sa savante argumentation par quelques mots sur les adhérences du diaphragme, qui rendent parfois la thoracentèse difficile et dangereuse. Il donne quelques préceptes qui doivent servir de guide, dans ces cas, pour cette opération.

— A quatre heures trois quarts, l’Académie se réunit en comité secret pour entendre la lecture du rapport deM. Henri Gueneau de Mussy sur le prix Desportes, et du rapport de M. Blanche sur le prix Falret.

Société 4c chirurgie.

De l'ostéopériostite, de l’OBtêomÿéUte. — Présentation d’appareil.

M. Le Fort. Peut-on admettre l’ostéomyélite comme constante? faut-il nier l’ostéopériostite au point de vue de l’anatomie pathologique? Au point de vue thérapeutique, doit-on remplacer l’incision simple par le trépan préventif dans la périostite phlegmoneuse?

Pour MM. Lannelongue et Trélal, quand l’os est malade, la maladie siège dans les éléments médullaires des canaux de Havers. Autrefois, quand on disait ostéomyélite, on avait en vue les lésions de la moelle, et cette maladie mérite, en effet, d’être caractérisée ; on sait la gravité de l’inflammation de la moelle. M. Le Fort pense qu’il ne faut pas changer la signification du mot ostéomyélite.

Il y a des cas dans lesquels l’os est pris dans tous ses éléments, Comme dans la clavicule nécrosée présentée à la Société de chirurgie en 1873 pâr M. Le Fort. Mais on ne peut pas nier la périostite existant en dehors de toute autre inflammation de l’os. Si, dans la périostite phlegmoneuse, on constate parfois une inflammation profonde de l’os, c’est une coïncidence et non une relation de cause à effet.

La maladie de la périphérie de l’os n’entraîne pas forcément la nécrose. Quand le périoste s’est détaché, l’os se vascularisé; des bourgeons charnus paraissent et le périoste se recolle. Ainsi la nécrose n’est pas fatale. M. Le Fort présente un garçon de quinze ans qui avait une périostite aiguë du fémur gauche; on fit une incision allant jusqu’à l’os, le malade guérit sans nécrose. L’incision simple asufn. M. Le Fort n’est point partisan du trépan pour les cas analogues.

Le trépan peut avoir des inconvénients et même des dangers. On n’ouvre pas impunément un canal médullaire, et on ne doit pas le faire sans nécessité. Dans son discours, M. Lannelongue a exagéré les altérations des os, et il a trop généralisé les indications du trépan.

Quand on a affaire à un malade présentant un état général typhoïde et des symptômes aigus du côté d’un os, comme il est impossible de faire le diagnostic exact de la lésion, il faut d’abord inciser jusqu’au périoste inclusivement. Si l’état général et l’état local s’améliorent, on s’en tiendra là. Si, au contraire, les douleurs persistent, M. Le Fort accepte le trépan. Si on n’a pas pu intervenir de bonne heure, si on a affaire à une inflammation de toutes les parties de l’os, ce n’est plus le trépan qu’il faut appliquer, c’est l’extirpation de l’os qu’il faut faire.

M. Marjolin a observé 112 cas de périostite aiguë ou d’ostéomyélite, dans l’espace de dix ans, dans la salle des garçons, à l’hôpital Sainte-Eugénie. Ces inflammations sont donc fréquentes ; mais assez rarement on assiste au début de l’affection ; quand les petits malades sont amenés à l’hôpital, divers éléments de l’os sont atteints. M. Marjolin insiste sur la nécessité d’établir une distinction très-nette entre les mots ostéite, ostéomyélite et périostite. Une périostite franche ne peut pas être assimilée à une ostéite. La périostite peut se déclarer d’emblée, l’ostéomyélite également; mais le plus souvent l’affection est complexe.

L’incision du périoste n’ayant pas donné de pus, si la douleur persiste avec la même intensité, il faut trépaner. Dans les 112 cas observés par M. Marjolin, sur les malades atteints d’affection aiguë, il y eut 27 morts dont 7 amputés. Au contraire, sur 50 cas d’affections osseuses un peu anciennes, il n’y a pas eu de morts.

M. Berger présente une pièce qui confirme un peu les idées de M. Lannelongue ; il s’agit d’un abcès central de l’extrémité inférieure du tibia. Le malade est mort de tuberculisation pulmonaire aiguë. Le 12 juillet 1878, à l’âge de dixhuit ans, il était entré dans le service de M. Gosselin pour un phlegmon de la jambe, le tibia était dénudé, la guérison eut lieu sans nécrose.

Au bout de deux mois survint un nouvel abcès qui resta fistuleux; la fistule conduisait sur le tissu osseux; il n’y eut point élimination de séquestre. Le malade rentra à l’hôpital cette année et mourut.

Le tibia avait augmenté de volume; l’extrémité inférieure de cet os contenait deux abcès distincts séparés par une cloison où le tissu médullaire restait sain. En 1869, le malade avait donc eu un abcès sous-périostique aigu, suite d’ostéite épiphysaire, et il quittait l’hôpital avec une hyperostose considérable. La trépanation n’eût pas amené la guérison, parcê qu’elle n’aurait ouvert qu’un des deux foyers purulents.

M. Lannelongue . L’observation de M. Berger a une certaine analogie avec celle de M. Pamard. Une simple périostite n’a pu amener ces deux abcès; le malade a eu une ostéomyélite.

Pour appliquer le trépan, il y a une série de lieux d’élection ; la maladie naît toujours entre la diaphyse et l’épiphyse, et en appliquant la couronne du trépan en ce point, le pus s’écoulera toujours; car les aréoles osseuses communiquent entre elles et avec le canal médullaire. Il faut trépaner dans les limites et l’étendue de l’abcès sous-périostique.

On a envoyé dernièrement de l’hôpital Lariboisière à Sainte-Eugénie un enfant avec le diagnostic périostite phlegmoneuse du fémur. M. Lannelongue incisa le périoste et trouva du pus; il appliqua le trépan, et du pus sortit également de l’intérieur de l’os. Avant d’opérer, il avait exploré l’os de haut en bas; la région trochantérienneétaitdouloureuse;plus on descendait, plus la douleur à la pression était vive. Le point le plus douloureux était au-dessus du condyle interne

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du fémur; e’est là qu’on a trouvé, du pus sous le périoste et dans l’os. Deux jours après, comme les accidents généraux ne tombaient pas, une nouvelle couronne de trépan futappliquée vers le milieu de la diaphyse : il sortit encore du pus.

— M. Lucas-Châmpionnière présente à la Société de chirurgie un pulvérisateur à vapeur, qu’il a fait construire par M. Collin. Cet appareil est destiné à pulvériser l’eau phéniquée, exactement dans les mêmes conditions que le pulvérisateur du professeur Lister. Il est d’une forme différente, son maniement est plus simple et il est beaucoup moins coûteux. Comme tous les pulvérisateurs à vapeur, il est constitué par une chaudière chauffée par une lampe à alcool. La chaudière sphérique porte à sa partie supérieure une sorte d’entonnoir qui permet de remplir la chaudière d’une quantité d’eau déterminée; une soupape de sûreté; deux tubes pour la sortie de la vapeur, qui sont mobiles de haut en bas

Société de biologie.

Action physiologique du chlorure de magnésium : M. Laborde. - Action des purgatifs : M. Rabuteau. — Fonctions de reproduction : M. Delaunay.

M. Laborde. Le chlorure de magnésium, dont M. Aguilhon a indiqué les effets purgatifs dans la séance précédente, détermine des mouvements très-remarquables de l’intestin. C’est une action analogue, mais supérieure à celle des eaux sulfureuses de Cauterets. Pour la vérifier, il suffit de faire à | la paroi abdominale d’un chien une petite incision que l’on I agrandit lentement, de façon à ménager l’entrée de l’air et à éviter les contractions intestinales que détermine l’exposition ! trop rapide du péritoine à l’extérieur. Dans ces conditions,

et de bas en haut, pour permettre de diriger le jet. Ces deux tubes n’ont pas de robinet, ils se ferment d’eux-mêmes quand on les relève dans la position verticale. Ils rencontrent sous un angle aigu deux autres tubes par lesquels se fait l’aspiration du liquide phéniqué, placé dans le vase antérieur. Le liquide monte par les tubes plongeurs, filtré par une petite éponge, puis il est brisé par le courant de vapeur, sur l’orifice étroit par lequel il est obligé de passer. La pulvérisation est très-fine et faite suivante le procédé recommandé par le professeur Lister. Elle ne mouille pas comme celle de la plupart des autres appareils et couvre un espace considérable.

La présencedes deux tubes estune disposition fort|importante que M. Lucas-Championnière avait depuis longtemps fait adopter pour les divers appareils qu’il a utilisés.

une injection intra-veineuse de 30 centigrammes de chlorure de magnésium en solution assez concentrée provoque des contractions de l’intestin, parlant de la partie inférieure du tube digestif et remontant jusqu’à l’estomac, dont on peut facilement explorer les mouvements. Ceux-ci sont trèsétendus; l'intestin est par moments comme projeté au dehors. Dans ces conditions, si l’on injecte une solution de chlorure de magnésium dans une anse isolée entre deux ligatures (expérience de M. A. Moreau), les liquides affluent dans ce segment de l’intestin, dont les mouvements ne présentent d’ailleurs aucune exagération par rapport à ceux des anses voisines. L’action sur la muqueuse du sel déposé dans l’intestin, l’action sur la tunique musculeuse du sel injecté dans les veines s’offrent à l’observation simultanément et d’une façon indépendante. L’exagération de la sécrétion biliaire, les contractions de la vessie et, si les doses de chlorure de magnésium atteignent 50 centigrammes ou 1 gramme, la dyspnée, l’arrêt même de la respiration, sont, en outre, les principaux effets de ce médicament.

M. Rabuteau croit que les solutions employées sont trop

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concentrées, qu’elles sont presque caustiques et de nature, par conséquent, à empêcher les effets véritablement physiologiques du chlorure de magnésium.

— M. Rabuteau se propose de mettre un peu d’ordre dans l’étude de l’action des purgatifs, où de récentes expériences lui semblent avoir jeté le trouble. M. A. Moreau a constaté que le ferro-cyanure de potassium n’était pas absorbé par une anse intestinale isolée entre deux ligatures, et dans laquelle une injection de sulfate de soude déterminait les effets purgatifs habituels. Ce fait est exact, mais il n’y a aucune déduction à en tirer contre les théories physico-chimiques actuellement admises sur l’action des purgatifs. Ce n’est qu’un cas particulier des phénomènes de dialyse ; on pourrait instituer une expérience où l’on remplacerait la muqueuse intestinale par la membrane d’un dialyseur, et le ferro-cyanure mélangé au sulfate de soude resterait tout entier du même côté de la membrane, si de l’autre était un liquide dont la composition fût analogue à celle du sang.

M. Moreau répond qu’il n’a point prétendu renverser les théories physico-chimiques dont parle M. Rabuteau; il a simplement constaté que, dans son expérience, il n’y avait pas double échange entre les liquides circulant sur les deux faces de la muqueuse intestinale.

— M. Delaunay a étudié les fonctions de reproduction dans leurs rapports avec les différents degrés de l’évolution des espèces, des races et des individus. La fécondité, aussi bien pour les végétaux que pour les animaux, diminue à mesure qu’on s’élève vers des espèces supérieures. Chez l’homme, elle est en raison inverse du degré de civilisation; c’est ainsi qu’en Europe la Russie et l’Espagne sont les deux nations où la population augmente le plus, tandis que la France est celle où elle augmente le moins. Au point de vue de l’âge, tandis que le développement intellectuel acquiert «a plénitude vers quarante-huit ans, c’est à vingt-cinq ans que la fécondité est le plus marquée. La supériorité intellectuelle, une alimentation trop riche ou insuffisante sont des conditions défavorables à la reproduction. M. Delaunay ne croit pas que la volonté et le calcul interviennent d’une façon aussi efficace qu’on le croit chez les classes aisées de la société, remarquables par le peu d’enfants que compte chaque famille. Un fait surtout lui semble venir à l’appui de cette opinion : c’est que de deux chiennes de la même espèce, Tune grassement nourrie par des gens riches, l’autre vivant au hasard, la première aura à chaque portée moins de petits que la seconde. La comparaison entre le nombre des naissances des garçons et des filles a aussi préoccupé M. Delaunay. La trop grande jeunesse ou, au contraire, l’âge avancé des parents, l’alimentation insuffisante, les saisons chaudes semblent amener la naissance d’un plus grand nombre de filles.

Cette communication provoque une série d’objections.

M. Galippe proteste contre la hiérarchie purement arbitraire que M. Delaunay établit entre les espèces et entre les individus d’une même espèce. Rien ne prouve la supériorité vraie des sujets ou des races qu’il regarde comme supérieurs.

M. Javal maintient l’influence de la volonté et du calcul comme cause d’infécondité ou de fécondité restreinte ; il cite plusieurs exemples démonstratifs.

M. Budin signale des lacunes dans les recherches de M. Delaunay : la question des grossesses multiples, celle de l’alcoolisme n’ont pas été étudiées.

Au cours de la séance, la Société, après communication d’une lettre de M. Du Bois-Reymond, a voté l’échange de ses Bulletins avec ceux de la Société de physiologie de Berlin.

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