X. Arnozan
Société de thérapeutique.
Du climat de Nice : M. Baréty. —De l’emploi du mélange de protoxyde d'azote et d’oxygène sous prèssion, comme agent anesthésique : méthode de M. Paul Bert : M. Simonin; Discussion : MM. Blondeau, Fêréol , Moutard-Martin. —Présentation de calculs intestinaux constitués par de lamagnésie : M. Blondeau; Discussion : MM. Moutard-Martin, Bucquoy et Féréol.
M. Baréty envoie une note pour protester contre certaines assertions émises dans la dernière séance par M. Grellety contre le climat de Nice dans le traitement des affections pulmonaires. Il est certain, comme l’avoue M. Baréty, que Nice, bien qu’elle soit la reine des stations des bords delà Méditerranée, n’est pas une cité où tout est pour le mieux : elle n’a pas le privilège d’échapper entièrement aux mauvaises conditions d’hygiène dont l’influence sur le développement de la phthisie pulmonaire est si puissante. Malgré l’assertion de M. le docteur Grellety, la phthisie pulmonaire est rare parmi les habitants, et il faut entendre par habitants les personnes indigènes, c’est-à-dire nés dans la ville et y vivant. D’autre part, les phthisiques qui vont à l’hôpital ne sont pas tous des habitants de Nice, ou des indigènes. Ce sont, pour la plupart, des malades étrangers à la ville et à la contrée. Ces renseignements sont confirmés par M. le docteur Bourdon, médecin de l’hôpital Saint-Roch. M. Baréty ajoute que, non-seulement la phthisie pulmonaire est rare parmi les habitants, mais que, lorsqu’elle existe, elle est généralement accidentelle et très-susceptible de guérison. Pour ce qui est des étrangers, il n’est pas un médecin de Nice qui n’ait entre les mains ou gravé dans son esprit le souvenir de faits qui prouvent que le climat de Nice est réellement efficace, quoique à des degrés divers.
— M. Simonin fait une communication sur l’emploi du mélange du protoxyde d’azote et d’oxygène sous pression, comme agent anesthésique, d’après la méthode du professeur Paul Bert. M. Simonin, après avoir donné des détails sur le mode de fabrication de ce gaz et sur son mode d’administration, cite trois observations d’opération qui démontrent l’innocuité de ce protoxyde d’azote comme agent anesthésique. Si, croit-il, comme il est vraisemblable, de nouvelles expériences viennent confirmer les résultats obtenus, il n’est pas douteux que cette nouvelle méthode ne soit adoptée par les chirurgiens. L’administration des hôpitaux pourra faire établir des cloches à air comprimé qui seront tout à la foisutilisées pour la médication aérothérapique et pour les opérations faites d’après le procédé de M. Paul Bert. Le savant physiologiste aura ainsi rendu un véritable service aux malades soumis à de longues et douloureuses opérations, et aux chiruriens, en mettant à leur disposition un agent anesthésique ont ils n’avaient pu tirer parti jusqu’ici, et qui, employé suivant les indications ci-dessus, est incontestablement supérieur à tous ceux qui ont été employés jusqu’à ce jour.
M. Blondeau. Dans une des observations de M. Simonin, ü est question d’une syncope constatée chez une malade opérée par M. Péan, une demi-heure après l’anesthésie. Ce fait lui paraît présenter une certaine gravité. On n’est pas en droit d’innocenter le protoxyde d’azote de cet accident, car on sait que plusieurs sujets anesthésiés par ce gaz n’ont éprouvé que tardivement les effets fâcheux signalés à son passif. Cette anesthésie peut donner lieu à des accidents tardifs, souvent brusquement, après plusieurs heures.
M. Féréol constate que les expériences relatées par M. Simonin prouvent évidemment les propriétés anesthésiques du protoxyde d’azote. L’anesthésie qu’il détermine n’est pas la conséquence d’un état asphyxique, elle est spéciale à ce gaz. Quant à la méthode de M. Paul Bert, elle paraît être appelée à un avenir brillant ; malheureusement elle ne peut encore
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s’exécuter que dans des conditions défectueuses. La difficulté principale est d’éclairer la chambre à air comprimé.
M. Simonin répond qu’on peut employer la lumière artificielle des bougies; à la rigueur, môme, on pourrait se dispenser de cette lumière : les vitrages de la chambre laissent entrer suffisamment de jour pour les opérations simples.
M. Moutard-Martin conteste qu’il soit possible de faire facilement des opérations dans les chambres' à air comprimé sans l’aide de la lumière artificielle en plein jour. Ces chambres sont à peine éclairées. Toutefois, il serait facile de remédier à cet inconvénient si les succès de la méthode de M. Bert continuaient et encourageaient des, tentatives plus sérieuses.
— M. Blondeau communique une observation de calculs intestinaux constitués par de la magnésie. M. Blondeau cite cinq cas de calculs de cette composition, il en ajoute un sixième, celui d’un de ses clients dont le beau-frère avait déjà rendu des calculs semblables.
M. Bucquoy a vu ce matin même un ealcul intestinal d’une nature particulière : ce calcul provenait d’une jeune fille atteinte de phthisie galopante et affectée en outre de constipation opiniâtre. Sous l’influence de lavements et d’un laxatif, cette malade finit par rendre, après des efforts prolongés et douloureux, une concrétion du volume du poing d’un enfant de dix ans, de la consistance d’une pierre. Il s’agissait de fèces durcies aü point de rendre en tombant par terre le son d’une pierre.
M. Édouard Labbée a observé des coliques néphrétiques chez une malade qu’il voyait avec le docteur Mercier, coliques survenues vraisemblablement à la suite d’abus de magnésie. En effet, M. Mercier incline à croire qu’un pareil abus peut déterminer des calculs rénaux.
M. Moutard-Martin a vu parfois, chez des sujets affectés de calculs intestinaux ou de rétention de matières fécales, des selles parfaitement régulières : aussi le diagnostic peut-il être, dans ces cas, particulièrement difficile. M. Moutard-Martin cite le fait suivant : Appelé en consultation pour examiner un cancer de l’intestin siégeant dans le flanc droit au-dessus du cæcum, chez un homme de soixante-quatre ans à peu près, on constatait que ce malade, notablement amaigri, vomissait et avait des garde-robes liquides et sanguinolentes. Depuis plusieurs mois, il allait chaque jour régulièrement à la selle et rendait des matières fécales moulées, tout à fait normales. Frappé de ce fait important que la maladie durait depuis déjà assez longtemps, constatant que la tumeur intra-abdominale était bien arrondie, que les garde-robes n’offraient rien d’anormal, M. Moutard-Martin pensa qu’il pouvait être en présence d’une accumulation de matières fécales. Il fit prendre au malade des douches ascendantes. Le troisième jour, il rendait un bouchon de matières fécales du volume d’un œuf de dinde.
M. Bucquoy rapporte qu’il y a quelques années un homme fut reçu dans son service avec tous les symptômes d’une péritonite chronique : le ventre était ballonné, la constipation opiniâtre. Quelques purgatifs soulagèrent le patient, et il quitta 1 hôpital très-amélioré. Un an après, il rentrait avec des accidents analogues aux premiers, mais plus intenses. Le traitement fut impuissant à conjurer le mal, la mort eut lieu. A l’autopsie, on trouva dans le gros intestin, logés dans un diverticulum de cet organe, 236 noyaux de cerises formant une masse compacte. Cette masse s’était déplacée et avait quitté sa loge habituelle et était venue obstruer l’intestin.
M. Féréol a vu une perforation intestinale résulter d’une sorte de petit bézoard constitué par un poil de moustache.
Dr Joseph Michel.
REVUE DES JOURNAUX
Travaux ù consulter.
Cas de pemphigus du vagin, par M. L. Kleinwachter. — Chez une paysanne robuste, atteinte depuis trois ans de pemphigus non syphilitique, on observait dans le vagin un grand nombre dé points dépouillés de leur épiderme, saignant au moindre contact. Ces petites pertes de substance étaient parfois encore recouvertes d’une mince pellicule ou d’un peu de sérosité rougeâtre. La lésion siégeait surtout au tiers supérieur du vagin, sur la paroi antérieure; la portion vaginale du col présentait six à huit vésicules analogues. ( Prag . med. Woch., 1878, n“ 9.)
Les phénomènes d’auscultation des artères, par M. Matter- STOCK. — On s’occupe beaucoup d’auscultation des artères en Allemagne. Le présent travail, avec le livre de Weil ( Die Auscultation der Arteren und Venen, Leipzig, 1875), représentent à peu près l’état de recherches qui n’ont pas fourni jusqu’ici des résultats utiles à la clinique. Le mémoire de Matterstock est clair et facile à lire, et d’autant plus recommandable que l’on n’y trouvera pas l’inévitable confusion des bruits et des souffles. ( Deutsch . Archiv für lelin. Med., t. XXII, p. 507.)
De l’ovariotomie, par M. H. Tillmanns. — L’auteur signale une cause peu fréquente de mort après l’opération. Dans un cas dont il nous donne la relation, nous voyons une jeune dame saine, après la guérison par première intention de l’incision abdominale, mourir, sans avoir jamais eu de fièvre, le vingt-deuxième jour après l’opération, par hémorrhagie intestinale. Cet accident semble devoir être attribué à l’action du sprag antiseptique employé lors du premier pansement, dix jours après l’opération. ( Centralbl . für Chir., n° 49; 1878.)
Du tabes spasmodique, par M, Leyden. — - L’auteur nie l’existence d’une affection déterminée méritant ce nom. La description d’Erb se rapporte à un syndrome commun à une foule de maladies chroniques et même aiguës de la moelle, maladies qui n’ont de commun que l’existence d’un foyer circonscrit dans la moelle dorsale, et non pas une sclérose isolée des cordons antéro-latéraux. (Berl. Min. Woch., 1878, n°» 18 et 19;)
L’atropine est-elle antidote de la morphine? par M. Knapstein. — Expériences sur des chiens. Les deux alcaloïdes ne sont pas antidotes l’un de l’autre ; il y aurait plutôt une action cumulative. (Berl. Iclin. Woch., 1878, n° 47.)
Opération césarienne par la méthode de Porro, par M . Breisky. — Succès complet, quoique l’opération ait été faite dans des conditions très-inquiétantes. Rétrécissement de 6 centimètres. (Archiv für Gynæk., t. III, p. 102.)
BIBLIOGRAPHIE
Chirurgie oculaire, par M. le docteur L. DE Wecker, leçons recueillies et rédigées par le docteur Masselon, revues par le professeur. 1 vol. in-8 de 419 pages, avec 82 figures dans le texte. — Paris, 1879. Octave Doin, Prix : 8 francs.
Ainsi que l’a fait remarquer M. de Wecker, nous manquions, en France, d’un traité exposant d’une façon méthodique et complète les divers modes opératoires de la chirurgie oculaire employés aujourd’hui. Nos traités classiques sont incomplets ou chargés de procédés surannés. Parmi les traités spéciaux, celui de Deval, qui date de trente-cinq ans, ne peut servir que pour les recherches historiques. Celui de Meyer ( Traité des opérations qui se pratiquent sur l’œil), malgré ses mérites (exposition claire, judicieuses appréciations, nombreuses figures rendant la compréhension du texte très-facile), a quelque peu vieilli, bien qu’il ne date que de 1872. Les procédés d’opération de la cataracte aujourd’hui en usage , les modes opératoires relatifs à l’iritomie, l’iritoectomie, la sclérotomie, le tatouage, etc., qui pourtant ont
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déjà pris solidement racine dans la pratique, n’y sont pas décrits.
Le livre de M. de Wecker remplit donc un vide, et il le remplit bien. L’auteur, sans insister d’une façon exagérée sur la partie historique de chaque opération, rappelle cependant les noms des opérateurs qui ont contribué à la rendre pratique. Il expose d’une façon méthodique, complète et claire les modes opératoires les plus récents ; il apprécie avec son grand sens clinique et sa grande expérience la valeur pratique de chaque opération, insiste avec développements suffisants sur ses indications, ses contre-indications, ses accidents immédiats ou consécutifs et ses résultats définitifs.
Nous ne ferons à ce livre qu’un reproche, c’est de ne pas contenir assez de figures. Tel mode opératoire simplement et clairement exposé, qui est immédiatement saisi par celui qui sait, est parfois d’une compréhension fort difficile pour celui qui ne sait pas. Dans ce cas, la figure vient en aide à la description, la rend intelligible ou la complète. D’un autre côté, celui qui ne consulte pas un Traité de chirurgie opératoire parce qu’il en a besoin au moment même, mais le lit pour prendre connaissance des progrès récemment accomplis, a quelque peine à suivre la longue description des procédés, s’il ma pas une figure sous les yeux; il a plus de peine encore à retenir ces manœuvres opératoires, qu’une figure eût à jamais fixées dans son esprit. Sans insister davantage sur ce désidéralum, queM. de Wecker sera libre de combler plus tard, s’il reconnaît la justesse de notre observation, nous reconnaîtrons que ce traité de Chirurgie oculaire, bien au courant de la science, écrit par un homme d’une expérience consommée, est un livre précieux que les érudits pourront consulter avec fruit, et que les praticiens pourront souvent utiliser.
En raison de son importance, nous avons cru devoir en donner un résumé succinct en insistant surtout sur le côté original de l’œuvre.
1° Les sept premières leçons sont consacrées à la cataracte. L’auteur fait d’abord l’historique de cette opération. Il passe en revue les modifications et perfectionnements qu’on lui a successivement fait subir, pour tirer de son exposé cette donnée pratique, à savoir que les méthodes opératoires anciennes, de l’esprit desquelles on s’est écarté d’une façon absolue dans ces derniers temps, présentaient cependant à côté de réels inconvénients de sérieux avantages.
Il arrive ensuite à l’étude de l’extraction linéaire simple : avec la grande majorité des chirurgiens, l’auteur réserve cette opération pour les cas de cataractes absolument molles. L'extraction linéaire simple est contre-indiquée lorsqu’il s’agit de sujets ayant dépassé vingt-cinq à trente ans. De Wecker rejette d’une façon absolue, et avec raison, l’usage des instruments de traction (Waldau, Crittchet, Bowmann), employés pour extraire, à travers une aussi étroite section que celle qu’on fait lorsqu’on pratique l’extraction linéaire simple, des cataractes dures, des cataractes munies d’un noyau. L’auteur a modifié l’opération : 1° Il se sert d’un écarteur à ressort appliqué sur le dos du nez. Cet instrument est plus commode que les écarteurs ordinaires. 2° Au lieu de commencer son incision à 2 millimètres du bord de la cornée, comme le faisaient de Græfe et ses élèves, il porte son couteau lancéolaire au milieu du rayon externe de la cornée, comme l’avait déjà indiqué de Witt. En agissant ainsi on diminue les chances de prolapsus irien pendant et après l’opération. .3° L’instrument est glissé jusqu’à ce qu’il atteigne la limite interne du diamètre horizontal de la cornée, puis retiré sans inclinaison. Lorsque la largeur du couteau est suffisante (8 à 10 millimètres), l’incision interne a 6 millimètres et est suffisante pour laisser échapper un cristallin liquide. De Wecker donne enfin de sages conseils pour le cas où les masses cristallines présentent une consistance qu’on n’avait pas supposée avant l’opération.
A propos de l 'extraction linéaire combinée, l’auteur constate que de la méthode de de Græfe il ne reste plus guère
que le couteau. Il démontre par des raisons judicieuses et péremptoires qu’on a raison d’abandonner l’objectif de de Græfe, la linéarité de l’incision, repoussée dans la région scléro-cornéenne, et tout juste assez grande pour permettre au cristallin de sortir. Les méthodes à lambeaux, d’une longueur suffisante pour permettre au cristallin de sortir aisément, sans que toutefois cette ampleur nuise à leur coaptation exacte; les lambeaux taillés à la jonction de la sclérotique et de la cornée, c’est-à-dire dans une région où ils jouissent d’une merveilleuse faculté de coaptation, lui semblent, et avec raison, bien préférables.
De Wecker décrit son procédé d’extraction linéaire combinée, à lambeau périphérique : 1° Le lambeau de 3 millimètres de hauteur est taillé aux limites de la cornée et de la sclérotique par un mouvement de descente et d’ascension du couteau. En maniant l’instrument de la sorte, on obtient une section nette, sans escaliers, et par ce fait on assure une coaptation exacte et rapide des deux lèvres de la plaie. 2° Pour l’extraction et pour la réduction des prolapsus iriens, on se sert d’une longue spatule de caoutchouc. 3° L’opération terminée, l’œil opéré est soumis à l’action de l’ésérine et pansé seul. Cette méthode, que l’auteur réserve aux cas où la cataracte présente un défaut ou une exagération de maturité, lui aurait donné 92 pour 100 de succès parfaits.
Il examine ensuite avec soin les questions relatives à l’opportunité de l’opération; il insiste sur les accidents qui peuvent se présenter pendant ou après l’opération, sur l’issue du corps vitré, les enclavements iriens, les iritis, les irido-choroïdites tardives qui en sont la conséquence, et contre lesquelles les traitements internes échouent si souvent. Les, procédés deBeer, Arlt, Desmarres, Weber, Crittchet, Bowmann, Jacobson; les procédés à lambeau médian non combiné, de Liebreich, de Lebrun ; les extractions sans ouverture de la capsule, de Moine, Spérino, Christian, Pagenstecher, sont successivement passés en revue et appréciés ; puis il termine ce qui a trait à l’extraction de la cataracte par quelques sages préceptes : presser prudemment sur l'oeil pour l’extraction; rejeter l’emploi des curettes employées à titre d’instruments de traction; réduire avec soin, les enclavements iriens et insister sur le pansement avec l’at,tention qu’il mérite.
La septième leçon est consacrée à l’étude de la discision. Les indications, le manuel opératoire, les accidents qui peuvent suivre cette opération sont successivement passés en revue. De Wecker explique par subluxation du cristallin les accidents glaucomateux qui suivent parfois cette opération ; il rejette dans ces cas l’emploi abusif de l’atropine qui, loin dé diminuer, augmente au contraire la tension inlra-ooulaire ; il insiste sur la nécessité de larges discisions de la capsule. Enfin il rejette la discision combinée, et la discision préparatoire de de Græfe.
Employée dans les cataractes secondaires, la discision, opération inoffensive, doit être réservée aux cas ç)ù l’opacité pupillaire est excessivement mince ou de date récente. Pour les autres formes de cataracte secondaire, on peut s’adresser soit à la dilacération, soit à la capsulotomie simple ou combinée. .
Les deux dernières opérations, de date toute récente, sont les deux seules opérations à opposér aux cataractes secondaires trop adhérentes , à l’iris. Si la pupille se dilate encore sous l’influence de mydriâtiques puissants, si la cataracte secondaire n’est pas trop épaisse, et si les rayons lumineux dirigés par le miroir de l’opnthalmoscope la traversent aisément, c’est à la capsulotomie simple qu’on s’adressera. La capsulotomie combinée est indiquée dans lés conditions opposées. Ces opérations se pratiquent avec la pince-ciseau, instrument imaginé par l’auteur, commode à manier, et qui ne réclame pour agir qu’une faible ouverture d’entrée. Voici en résumé en quoi consiste la capsulotomie simple : avec un couteau lancéolaire, à arrêt, on fait une petite section de la cornée au niveau de l’ancienne cicatrice. Lorsque l’humeur
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aqueuse s’est écoulée, la fausse membrane vient se présenter à l’instrument. On la ponctionne avec le couteau lancéolaire ; puis, avec des ciseaux boutonnés, on sectionné cette membrane de haut en bas, à partir de l’incision horizontale faite par le couteau. La capsulotomie combinée né diffère de la capsulotomie simple qu’en ce que la section comprend avec la capsule le sphincter iridiën.
(A suivre.)
VARIÉTÉS
Association française pour l’avancement des sciences. — 1 L’Association française tiendra cette année à Montpellier sa huitième session. Le congrès, dont la date d’ouverture a été fixée au 28 août, durera huit jours. Le programme comporte, comme les années précédentes, des séances de sections, des séances générales, des conférences, des visites scientifiques et industrielles et des excursions. Enfin une excursion finale dont la durée sera de trois jours fera suite à la sëssion. Le bureau de l’Association est composé pour cette session de la manière suivante : président l M. Bardoux, député du Puy-de-Dôme, ancien ministre de l’instruction publique ; vice-président, M. Krantz, sénateur, inspecteur général des ponts et chaussées, commissaire général de l’exposition universelle de 1878; secrétaire général, ïïl: le comte de Saporia,' correspondant de l’Institut, à Aix; vice-secrétaire général, M. Mercadier, ingénieur des télégraphes, répétiteur à l’Ecole polytechnique; secrétaire du conseil, M. C.-M. Gariel,' ingénieur des ponts et chaussées, professeur agrégé à la Faculté de médecine.
Les demandes de renseignements doivent être adressées au secrétariat, 76, rue de Rennes, à Paris,1 où l’on reçoit les souscriptions.
Collège de France. — M. de Sinety, docteur en' médecine, est nommé répétiteùr dès sciences naturelles ; à ' l’Ecole pratique des hautes études et attaché, en cette qualité, au laboratoire d’histologie du Collège de France, en remplacement de M. Pitres, appelé à d’autres fonctions. • ■ ■ • •
Conseil municipal (27 mai 1879). — Le conseil a pris une. délibération portant autorisation d’exécuter des travaux en 1879 pour la défense de d’hôpital de Berck contre les 'envahissements delà mer. (Dépense, 22 000 fr.) '■
Concours pour deux places de médecin des aliénés de Bicêtre. — Voici les noms des juges désignés par le sort pour faire partie du jury qui va fonctionner pour la première fois : MM. Legrand du Saulle, Espiau de Lamaëslre, Delasiauve, Billôd, Devergie, Peter et Woillez. Sept candidats sont inscrits. Ce sont: MM. Charpentier, Pinel, Dubuisson, Voisin (Jules), Doutrebenté, Bergeron( Georges) et Bourneville.
i Saint-Lazare. — 1 Un troisième service de vénériennes est créé à Saint-Lazare. M. le docteur Aimé Martin j chargé officieusement, depuis trois ans, de la direction de ce service, en est nommé titulaire, et M. le docteur Georges Oberlin, médecin-adjoint.
Faculté de médecine de Nancy. — M. Gley (Marcel-Eugène-Émile) est nommé aide de physiologie, en remplacement de M. Cadiot, démissionnaire.
— La chaire de médecine opératoire vient d’être déclarée vacante.
Faculté de médecine de Montpellier. — M. Bloc (Charles-Paul- Louis-Eugène) est institué chef de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Montpellier, en remplacement de M. Chalot, appelé à d’autres fonctions.
— M. Castan (Alfred), agrégé près, la Faculté de médecine de Montpellier, est nommé professeur de pathologie interne.
— M. Ville, préparateur de chimie à la Faculté de médecine de
Montpellier, est délégué, jusqu’à la fin de l’année scolaire 1878-79, dans les fonctions de chef des travaux pratiques de physique et de chimie ; et M. Cafrawy-Kamil est délégué dans les fonctions de préparateur de chimie. <
Faculté de médecine de Lille. — M. Kelsch, docteur'en médecine, est nommé professeur d’anatomie pathologique et d’histologie à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie 'de Lille.
École de médecine d’Amiens— M. le docteur d’Heilly est nommé professeur de pathologie interne. ,
Ecole de médecine d’Arras. — M. Leclercq, professeur de physiologie, est transféré, sur sa demande, dans la chaire d’hygiène et thérapeutique de ladite Ecole.
Bourses des Facultés. Arrêté du ministre. — Art. 1er. — Le concours pour l’obtention des bourses dans les Facultés de médecine et les écoles supérieures de pharmacie aura lieu, au siège de ces établissements, le lundi 7 juillet 1879.
Les sujets des épreuves seront adressés par le ministre aux doyens et directeurs sous un pli qui sera remis au président du jury et décacheté par lui, en présence des concurrents, à l’ouverture de la séance au concours. 1
Art. 2. — Un étudiant ne peut être admis à concourir que s’il a obtenu la note bien au dernier examen de médecine ou de pharmacie subi par lui à l’époque réglementaire.
Art. 3. — Les candidats s’inscriront au secrétariat de la Faculté dans laquelle ils résident. . ,
Les registres d’inscription seront clos, le samedi. 28 juin, à quatre heures.
Fait à Paris, le 28 mai 1879.
Corps de santé de la marine. — Par décret du président de la République, en date du 12 mai 1879, rendu sur la proposition du ministre de la marine èt des colonies, ont été promus dans le corps de santé dé la marine :
Au grade de médecin en chef : MM. les médecins principaux ‘: Girard (Charles-HenrirVictor) ; Autric (Màrius).
Au grade de médecin principal : MM. les médecins de 1™ classe : 2° tour. (Choix.) Dupont (Pierre); l?r tour.' (Ancienneté.) Bonnescuelle de Lespinois (François-Girard-Victor) : , .
Nécrologie. — : Nous apprenons, au moment, de ..mettre sous presse, la mort de M. le professeur Piorry ; il était âgé de quatre-vingt- cinq ans. , • ,
• Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le docteur Boudant, professeur d’anatomie à l’Ecole de médecine de Clermont- Ferrand, médecin-inspecteur adjoint aux eaux du Mont-Dore.
Voies urinaires. — Le docteur IL Picard commencera le vendredi 6 juin, à quatre heures, amphithéâtre n° 2 de l’Ecole pratique, un cours public sur les maladies de l’appareil urinaire, qu’il continuera les vendredis et lundis suivants, à la même heure! En dix leçons il décrira les rétrécissements de l’urèthre, les signes et le diagnostic de la pierre, la lithotritie et la taille.
Cours public. — La clinique oculaire de M. le docteur G. Camuset est transférée, 3, rue Christine, de dix heures à midi.
État sanitaire de la ville de Paris :
Du 15 au 21 mai 1879, on a constaté 948 décès, savoir:
Fièvre typhoïde, 15. — Rougeole, 30. — Scarlatine, 1. Variole, 20. — Croup, 20. — Angine couenneuse, 28. — Bronchite, 58. — Pneumonie, 73. — Diarrhée' cholériforme des jeunes enfants, 10. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 1. — Affections puerpérales, 7. — Erysipèle, .5.— Autres alfections aiguës, 199. — Affections chroniques, 423 ; (dont 172 dus à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 36. — Causes accidentelles, 22.
Vingt-sixième année
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDEq|»^DE CHIRURGIE
Comité de rédaction .: fl. DECHAMBRE, président ; BLACHEZ, 01 EU LAFOY , A. HéNOCQÙET'lT LEREBOULLET, A. H. MARCHAND
la rédaction au siège du Comité, chez M. Dech ambre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)
Paris, 5 juin 1879
Académie de médecine : Vaccinations avec le horse-pox :
M. Pingaud ,
Nous ne saurions laisser passer la communication des expériences de vaccination faites avec le horse-pox, par M. Pingaud (communication présentée à l’Académie de médecine par l’honorable M. Legouest), sans insister sur l’importance et l’intérêt que présentent ces observations (voy. p. 362). Non-seulement elles sont la réponse la plus éloquente qui pût être faite au jugement porté sur le horse-pox par M. Pasteur, invoquant l’autorité de Jenner, mais encore elles sont accompagnées de considérations qui peuvent faire, comprendre dans quelles conditions le horse-pox est inoffensif pour l’homme, ou bien, au contraire, pourquoi les inoculations spontanées ont donné lieu à des accidents graves.
Depuis la mémorable discussion de l’Académie, en 1863 et 1.864, sur l’origine de la vaccine, l’histoire du horse-pox a été complétée, et les expériences d’inoculation ont été nombreuses; ‘c’est pourquoi M. Bouley et M. Depaul ont avec juste raison protesté en faveur du horse-pox. Néanmoins, quand on lit le remarquable article consacré par M. Bouley à l’étude du horse-pox dans son Dictionnaire vétérinaire, on peut constater que, si l’histoire de l’origine du horse-pox et son étude pathologique sont très-complètes, les renseignements sur les inoculations faites à l’homme n’y forment pas une statistique répondant h l’importance actuelle du sujet ; en d’autres termes, il y a eii des expériences nombreuses depuis quinze ans, dont les résultats sont épars, s’ils ont même été publiés, et dans tous les cas l’occasion de les mieux connaître nous est offerte.
Les observations de M. Pingaud se résument facilement : ayant eu l’occasion d’observer, avec MM. Viseux et Thomas, une épidémie de horse-pox en février dernier, il choisit pour sujet vaccinifère un cheval gris de quatre ans, atteint de horse-pox, mais dont les antécédents n’éïaient pas douteux, et dont la santé habituelle ne laissait rien à désirer. L’éruption cutanée était discrète, il y avait à peine quelques pustules croûteuses aux plis des paturons ; mais, à la bouche, et derrière la lèvre supérieure, la muqueuse était criblée de boutons offrant l’aspect perlé caractéristique. Le liquide séreux de . ces pustules, recueilli avec grand soin, fut inofculé à sept jeunes recrues du 10e régiment de’ hussards, qui n’avaient pas encore été vaccinés : six jours .plus tard, six des opérés offraient des boutons de vaccin petits, mais caractéristiques, la base étant à peine enflammée.
Quatre de ces soldats servirent à inoculer 64 hommes dont 8 n’avaient jamais été vaccinés; il y eut 40 inoculations positives. En somme 64 pour 100 de succès.
Pas un sujet n’eut le moindre accident inflammatoire; chez quelques-uns les boutons prirent l’aspect furonculeux, mais rien de plus.
Le horse-pox fut inoculé à des génisses, qui servirent à des vaccinations; mais alors la proportion des succès est tombée de 64 pour 100 à 48 pour 100; l’activité du vaccin ainsi obtenu s’affaiblissait en passant par les génisses. Tels sont les résultats constatés par M. Pingaud ; le temps seul pourra leur donner une sanction complète, s’il est possible de savoir ultérieurement si les vaccinations ont été réellement effectives au point de vue de l’immunité. Des exemples antérieurs d’inoculation du horse-pox prouvent d’ailleurs que cette immunité peut exister, et Jenner lui-même en a rapporté des exemples: le nommé Merret, qui s’était inoculé, accidentellement le horse-pox, fut vingt-cinq ans plus tard inoculé de la petite vérole, sans succès ; le nommé Michols, quiavait également été inoculé accidentellement par le horse-pox, fut inoculé de la variole quelques années plus tard, sans succès. Il est vrai que, dans un troisième cas W. Smith, qui avait été inoculé de horse-pox, prit plus tard la variole; mais pareils exemples s’observent à la suite des vaccinations. A ces preuves expérimentales immédiates, s’ajoutent bien d’autres documents qui démontrent l’identité du borse-pox et du cow-pox, et si la lumière a été lente à . se faire sur ce point, c’est que les traducteurs de Jenner se sont trompés sur la dénomination de la maladie du cheval, que désignait l’illustre inventeur de la vaccine.
Si, laissant de côté la question de l’immunité, nous envisageons celle de l’innocuité de la vaccination par le horsepox, nous pouvons être, au premier abord, étonnés de voûtant de constance dans la bénignité des effets produits, surtout en la rapprochant des observations de Jenner et de Zoy, du fait d’Amyot, si célèbre à Alfort. Cette contradiction dans les résultats est expliquée, suivant M. Pingaud, par la nature même du liquide inoculé. En effet, l’inoculation du horsepox n’est sans danger qu’à la condition que l’on n’emploie que le liquide perlé et transparent de la bouche du cheval, et sans presser à la base du bouton, pour éviter tout mélange de salive ou de sang. Au contraire, le liquide provenant des croûtes ou pustules du paturon présente des propriétés septiques; c’est un produit composé qui amène des accidents inflammatoires. Le hasard a donné une démonstration immédiate de cette assertion; en effet, tandis que les soixantequatre inoculations n’ont présenté aucune complication, un des maréchaux de la remonte de Sétif, qui s’était inoculé à la main, en soignant les paturons des chevaux atteints de horsepox, a été atteint d’angioleucile; ajoutons même qu’en relisant les observations de Jenner ou de Zoy, etc., on voit que, pour la plus grande partie, l’inoculation accidentelle ou provoquée a été faite avec le liquide sanieux des paturons. L’explication qui précède nous semble très-satisfaisante, et nous croyons que personne actuellement ne voudrait inoculer
6 Juin 1879
d’autre liquide que celui des vésicules acumiriées, translucides, opalines, perlées, de la face interne des lèvres. M. Pingaud a donc raison d’insister sur les précautions à prendre dans le manuel opératoire. Nous espérons bien que MM. Pingaud, Viseux et Thomas compléteront l’étude symptomatologique du horse-pox, car les moindres détails de l’évolution des vésicules, de la marche de la maladie ont leur importance, et à cet égard nous aurions désiré un exposé plus circonstancié de l’évolution des boutons vaccinaux produits chez l’homme ; cette étude nous a sans doute été réservée pour une communication ultérieure.
Albert Hénocque.
HISTOIRE ET CRITIQUE