INCOMPLÈTE DE LA CAROTIDE ET SOUS-CLAVIÈRE GAUCHES, COMPLIQUÉE
d’anévrysme de l’aorte et de cancer de l’œsophage, par M. Preisendôrfer. — Cas rare. Le malade, âgé de quarante-cinq ans, mourut du cancer œsophagien. {Virchow' s Archiv, t. LXXII1, p. 594.)
De l’opération de l’empyème, par M. Kônig. — Empyème datant de neuf mois guéri en un mois. Résection d'une portion de 2 centimètres de la sixième côte. Pas de lavages pheniques. Le point principal du traitement est le décubitus latéral permanent et le soulèvement quotidien de la malade par les pieds pendant quelques minutes, afin de bien vider la plèvre. {Berl. klin. Woch., 1878, n“ 43.) .
Traitement de la coqueluche parles inhalations phéniquées, par M. E. Tiiorner. — Seize observations. Commencer par les solutions à 1 ou 2 pour 100, au moyen d’un appareil à vapeur d’eau. L’action' consiste surtout en une durée moindre de la maladie. (Deutsch. Archiv für klin. Med., t. XXII, p. 314.)
Recherches sur l’action des substances inhalées, par M. Schottelius. ' — Expériences faites comparativement avec de la poussière de charbon et des crachats secs et pulvérisés. Dans ce dernier cas, on produit des lésions rapidementmortelles, analogues à la tuberculose. Le microscope démontra que cette phthisie expérimentale était fausse. Les crachats ordinaires produisaient des effets tout aussi sérieux que les crachats des tuberculeux. (Virchow’ s Archiv, t. LXXlfl, p. 524.)
Recherches expérimentales sur la genèse des inflammations articulaires scrofuleuses et tuberculeuses, par M. Schuller.
— I/auteur prétend être arrivé, en produisant une infection générale du sang, à déterminer, chez les animaux, des lésions articulaires qui représentent le début de la tumeur blanche chez l’homme. Centralb. für Chir., 1878, n“ 43.)
Des altérations microscopiques du cartilage articulaire dans la tumeur blanche, par M. A. Weiciiselbaum. — Les cellules du cartilage ne se transforment pas immédiatement en globules de pus; il y a un état intermédiaire ; elles retournent à l’état de jeunesse, représenté par des cellules de forme spéciale, anguleuses, à prolongements, qui existent à l’état normal tout au bord du cartilage. Il pourrait bien y avoir là une erreur d’observation. (Virchow’s Archiv, t. LXXIII, p. 461.)
Des expériences récentes surle cerveau, etc., par M. Vetter.
— Revue générale des travaux de Hitzig et Ferrier d’un côté, de Charcot de l’autre. Rien de nouveau. (Deutsch. Archiv für klin. Med., t. XXII, p. 394.)
De la sidérose, par M. A. Zenker. — Dans un travail récent, Quincke désigne par ce nom l’augmentation du fer dans un organe quelconque, tandis que Zenker en avait fait le synonyme de la phthisie des ouvriers enfer. Cette extension de signification d’un nom qui a été généralement acceptéîest inadmissible. {Deutsch. Archiv für klin. Med., t. XXII, p. 429.)
Un cas d’hémiatrophie faciale progressive, par M. 0. Berger.
— C’est V aplasie lumineuse des auteurs français. Le cas rapporté est surtout intéressant au point de vue étiologique, car il paraît résulter assez nettement d’un traumatisme. (Deutsch. Archiv für klin. Med., t. XXII, p. 432.)
De la globuline contenue dans les urines albumineuses, par M. IIeynsius.— Dans un mémoire publié in Virchow’ s Archiv, t. LX, p. 476, Senator avait étudié les diverses albumines pathologiques rencontrées dans l’urine, et avait indiqué entre autres que la globuline était surtout abondante dans la dégénérescence amyloïde des reins. Heynsius, dont le nom fait autorité dans la question, démontre que la méthode employée par Senator est fautive et insuffisante, et que la quantité de globuline ne permet aucune conclusion au sujet de la nature de l’altération rénale. ( Deutsch t Archiv für klin. Med., t. XXII, p. 435.)
Traitement du psoriasis, par M. Galuzinsky. — Enduire les parties malades d’un mélange de collodion éjastique et d’acide phéniquedans la proportion de 1 sur 4, et répéter dès que le collodion s’est détaché. Le traitement dure trois mois. (St-Petersb. med. Woch., 1878, n” 33.)
Des pansements a l’acide borique, par M. E. Solger.— L’acide borique a la propriété d’augmenter à lel point l’absorption des sécrétions purulentes par l’ouate, qu’elle rend possible d’emploi de cette substance. L’auteur conseille l’usage combiné de l’acide borique et de l’acide phénique; les linges à pansement doivent être trempés dans des solutions à 5 pour 100 des deux substances. (Berl. Min. Woch., 1878, n° 42.)
Un nouvel exanthème médicamenteux, par M. Freudenberg. — Observé à la suite de l’administration de l’acide salicylique (25 grammes en cinq jours), sous forme de pétéchies et d’ecchymoses de diverses grandeurs (jusqu’à 1 franc). Ce fait n’a pas encore été signalé. Dans un cas présenté par Leube, il existait une éruption de même origine, mais qui se présentait sous forme d’urticaire. (Berl. Min. Wocli. , 1878, n° 42.)
Pathologie de la portion vaginale du col utérin, par MM. (1. Huge et .1. Veit. — Monographie intéressante (contenant, dans une première partie, la palliogénie des érosions; dans une seconde, des observations sur Je développement du cancer et sur son diagnostic dans la période du début. Il est recommandé de consacrer une très-grande attention à l’examen des altérations du col, qui ont une tendance déplorable à se transformer en • épithélioma, et de pratiquer de bonne heure des ablations partielles, afin de pouvoir faire l’examen histologique, qui seul peut donner une base certaine au diagnostic. ( Zeitsch.fiir Gel), und Gunœkol., t. II, p. 415.)
Contribution a l’étude del’embûliegraisseuse, par M.T. Flour- NOY. — Cet accident serait une complication constante des fractures; dans les amputations et les résections, il serait rare : la graisse vient toujours de l’extérieur. L’auteur rapporte une observation inédite et une statistique de 140 cas dont 84 fractures. ( Th.de Strasbourg, 1878, et Cent, für Chir., 1878, n° 42.)
Du xeroderma, parM. L. Lewinson. — Sous ce nom, qui signifie absence de sueur dans certaines portions de la peau, anhydroir, sont confondues des affections différentes. Dans un cas observé par l’auteur, l'usage du Jaborandi mit bien en évidence l'absence de fonctionnement des glandes sudoripares dans la portion de peau altérée. (Tli. de Berlin, 1878, et Central!) für med. IF/ss., 1878,
De LA CAPACITÉ DE la vessie, par M. Hoffmann.— Mensurations faites sur un grand nombre de cadavres et de vivants. Comme moyenne, la capacité de la vessie serait de 735 centimètres cubes chez l’homme vivant, de 700 chez le cadavre; de 080 chez la femme vivante, de 650 chez le cadavre. On remarquera que ces chiffres sont en opposition avec, la doctrine généralement admise. (Correspond.-Blatl. für schweiz. Aertzie, 1878.)
Du TRAITEMENT DE L’ÉPILEPSIE PAR LE CURARE, par M. KlJNZE. — L’auteur, qui a eu le courage de traiter quatre-vingts cas par cette méthode douloureuse autant qu’inutile, a constaté « avec étonnement d que l’on pouvait injecter jusqu’à Oor,03 de curare sans tuer le malade! Comme résultat, six guérisons. Ceux qui ont vu employer ce traitement seront probablement bien peu tentés d’imiter Kunze. (Wien. med. Presse, 1878, n° 42.)
De l’inoculation de la syphilis aux animaux, et de LA NATURE DU contage syphilitique, par M. Klebs. — Le professeur de Prague annonce au congrès des naturalistes et médecins allemands qu’il a trouvé le champignon de la syphilis. Ce sont des bactéries à mouvement lent, de 2 à 5 g.. Deux inoculations sur des singes auraient parfaitement réussi. (Wiener med. Presse, 1878,
L’excrétion pathologique du phénol dans l’urine, par M. Salkoavski. — L’auteur maintient sa découverte de l’excrétion exagérée du phénol dans l’urine des malades atteints d’iléus, et réclame la priorité pour d’autres faits concernant la même substance. (Centralb. für die med. Wiss., 1878, n» 42.)
De I. ACTION DE LA BILE SUR LA PUTRÉFACTION DE LA FIBRINE ET des graisses, par M. J. Stolnikoff. — Travail expérimental. Conclusion : La bile n’a pas d’action antiputride, et la décomposition rapide des matières qui ne la renferment pas est due à d’autres causes. (Zeitschr.für physiol. Cliem., t. 1, p. 343.)
BIBLIOGRAPHIE
La théorie atomique, par M. le professeur WüRTZ.
1 vol. in-8°, Paris, Germer Baillière.
La bibliothèque scientifique internationale vient de s’enrichir d’un ouvrage de M. Wurtz, auquel le nom de l’auteur, sa situation dans l’enseignement supérieur, la position qu’il a prise en France comme chef d’école, donnent une importance considérable; je veux parler de la Théorie atomique. Ce livre est la continuation et le développement des principes exposés dans les Leçons de philosophie chimique, publiées en 1864, puis dans V Histoire des doctrines chimiques, parue en 1868 et servant de discours préliminaire au Dictionnaire de chimie. Des travaux de ce genre, qui marquent les étapes successives parcourues par une théorie, qui font connaître et expliquent les résultats obtenus, les progrès réalisés dans l’étude et dans les applications d’une science expérimentale telle que la chimie, ne peuvent manquer d’offrir un vif intérêt à toutes les personnes qui, par curiosité ou par devoir professionnel, se sont trouvées mêlées au mouvement imprimé dans le cours de ces dernières années aux sciences physiques et naturelles.
Lathéorieatomiqueaeupourbutetpourrésultatd’introduire en chimie deux modifications importantes : 1" pour les corps simples ou encore indécomposables, des nombres proportionnels non pas absolument nouveaux, mais différents des équivalents ; 2" une façon nouvelle d’expliquer les réactions en attribuant aux éléments ou à des groupes complexes certaines propriétés de combinaison, de substitution variables selon les circonstances. L’ouvrage de M. Wurtz est divisé en deux parties correspondant à ces deux objets ; la première forme un livre qui porte ce titre : Les atomes ; la deuxième un second livre dans lequel il est question de la doctrine de Y atomicité.
Chacun sait que les équivalents chimiques ne sont autre chose que la traduction de cette loi générale universellement admise : Il existe pour chaque corps simple une quantité pondérale telle que les combinaisons des corps simples entre eux ont toujours lieu suivant des multiples de ces quantités pondérales individuelles par des nombres très-simples, tels que 1, 1 1/2, 2, 2 1/2, 3, 3 1/2, 4, 5...
Tel est le résultat de l’expérience et, sans remonter à la notion de l’équivalence et aux raisons qui ont déterminé le choix des nombres proportionnels, on peut dire que ceux-ci représentent exactement les relations pondérales d’après lesquelles les corps se combinent entre eux.
Aucune hypothèse sur la constitution problématique de la matière n’intervient dans cette conception relativement simple; on n’envisage que les résultats fournis par des analyses et des pesées bien laites ; l’on nese préoccupe pas plus des corps à l’état de fluides aériformes que des liquides ou des solides et naturellement pas davantage des relations volumétriques qui existent lorsque des poids déterminés de différents gaz se combinent entre eux. Dès que l’on a voulu tenir compte de ces relations, il a été indispensable de franchir les bornes de l’expérience et d’admettre d’abord l’indivisibilité physique et ensuite chimique de la matière (c’est-à-dire l’existence de petites particules, d’atomes indivisibles par les moyens physiques d’abord et par les moyens chimiques), puis l’hypothèse d’Ampère et d’Avogadro sur la constitution des corps à l’état de gaz ou de vapeurs.
Je crois inutile de rappeler l’évolution historique de l’idée atomique; dans l’état actuel, notre esprit ne 'parvient pas plus à comprendre comment une particule matérielle si petite qu’elle soit, mais possédant les propriétés du poids et de l’étendue, ne puisse être encore divisée et subdivisée, elc., qu’il n’arrive à concevoir, dans un ordre d’idées inverse, des lignes, c’est-à-dire des longueurs sans largeur, des êtres de
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raison qui ne tombent point sous nos sens et n’existent pas dans la nature. Voltaire ( Dictionnaire philosophique), à qui j’emprunte cette comparaison, ajoute : «Il n’est pas démontré en rigueur que l’atome soit indivisible, mais il paraît prouvé qu’il est indivisé par les lois naturelles. » C’est dans ces termes prudents qu’il convient, je pense, de rester.
L’hypothèse de l’indivisibilité de la matière rend très-bien compte de la loi des proportions définies dans les combinaisons, de la loi de Dalton sur les proportions multiples et de celle de Gay-Lussac sur les rapports simples existant entre les volumes des gaz qui se combinent entre jeux et les volumes des composés qui en résultent. Les alomistes envisagent seulement la matière à l’état gazeux ; les atomes sont des particules, c’est-à-dire des volumes gazeux; leurs poids comparés à celui d’une particule gazeuse prise comme type, celle de l’hydrogène, par exemple, formeront une série dénombrés proportionnels ayant un caractère plus général que les équivalents\et dans lesquels interviendra une considération qui manque^ ces derniers, celle des volumes.
Mais, pour fixer les nouveaux nombres proportionnels, une hypotlmée nouvelle était nécessaire ; c’est Avogadro et Ampère qui en ont fourni l’expression : « Les côèps, ont-ils dit, à l’état de gaz ou de vapeurs sont doués de propriétés physiques identiques : cela ne peut exister qu’à la condition que volumes égaux de gaz ou de vapeurs, pris dans les mêmes conditions de température et de pression, renferment le même nombre de particules. » (M. Wurtz écrit molécules, et il entend par ce mot non pas les atomes primordiaux de certains gaz simples, mais les particules de second ordre simples ou composées, qui constituent la matière pondérable des gaz et des vapeurs.)
L’hypothèse d’ Ampère doit avoir force de loi pour la recherche des poids atomiques; en effet, dès qu’on l’a acceptée, on voit que les rapports existant entre la densité des corps gazeux ou des vapeurs simples (c’est-à-dire le poids d’un volume déterminé de ces gaz ou de ces vapeurs) et la densité de l’hydrogène (c’est-à-dire le poids d’un volume égal de ce dernier gaz) représenteront les poids relatifs des particules gazeuses, puisque des volumes égaux des différents gaz ou vapeurs en renferment le même nombre.
Ce sont ces rapports de densités gazeuses que l’on a appelés poids atomiques, et toutes les fois qu’il a été possible de procéder de la façon indiquée, de peser un volume d’un gaz ou d’une vapeur simple et de diviser le nombre obtenu par le poids d’un même volume d’hydrogène, le quotient a été considéré comme représentant le poids atomique du corps simple gazeux ou volatil.
Il y a cependant dans le terme poids atomique une erreur sinon de fait, du moins de langage ; car, pour que les nombres obtenus représentassent réellement les poids des atomes, il aurait fallu que l’hypothèse d’ Ampère fut rigoureusement exprimée de la façon suivante : « Volumes égaux de gaz simples renferment le même nombre d’atomes. »
M. Wurtz (p. 34) considère à juste titre celte proposition comme erronée ; partant de là, l’on est bien forcé d’admettre que les nombres fournis par les densités des gaz ou des vapeurs représentent, non plus les poids des atomes, mais des multiples ou des sous-multiples de ceux-ci. Ce sont déjà pour les corps simples des poids particulaires de deuxième ordre qu’il ne faut cependant pas confondre avec les poids moléculaires adoptés, lesquels sont représentés par le double des rapports entre les densités des gaz ou des vapeurs simples et composés et la densité de l’hydrogène prise comme unité.
Il n’a pas été souvent facile d’appliquer l’hypothèse d’Ampère et la recherche des densités gazeuses à la détermination des poids atomiques et des poids moléculaires des corps ; on a eu recours alors à la loi de Dulong et Petit sur les chaleurs spécifiques, et cette loi, qui donne des résultats satisfaisant aux considérations de Mitscherlich sur l’isomorphisme,
peut même servir de moyen de contrôle des chiffres déjà obtenus par le premier procédé.
Régnault ne s’est point rallié à la théorie atomique, mais il a fait une étude approfondie et très-utile de la loi des chaleurs spécifiques ; il a consigné dans son Cours élémentaire de chimie (t. III, p. 455) ses idées sur des nombres proportionnels thermiques spéciaux et différents des équivalents ordinaires. Si l’on compare les chaleurs spécifiques des corps simples, solides ou gazeux, à leurs équivalents chimiques, on arrive à cette équation :
Chaleur spécifique X équivalent = constante, ou pour quelques corps, tels que l'hydrogène, l’azote, le chlore, le brome, l'iode, le phosphore, l’arsenic, le potassium, le sodium, l'argent, etc., à cette autre équation:
Chaleur spécifique X équivalent = constante X 2.
Je choisis des exemples :
a. Ch. spéc. de l’oxygène X équiv. de l’oxyg. (8) = 3 (constante).
p. Ch. spéc. du potass. X équiv. du potass. (39,2 = 6 (const. X2).
y. Ch. spéc. de l’argent X équiv. de l’argent (108) = 6 (const. 2).
Dans ce cas, la formule de la potasse anhydre est K O (K = 39,2 ; O = 8) ; celle de l’oxvde d’argent
AgO(Ag=108;O = 8)
Régnault, admettant a priori l’exactitude rigoureuse de la loi de Dulong, a transformé les équations précédentes; celles-ci sont devenues :
— 3 (constante).
y. Ch. spéc. de l’argent X 1/2 équiv. de l’argent ^-=54^ = 3 (constante) ;
ou bien, d’après les idées de M. Canizzaro sur les métaux diatomiques :
a. Ch. sp.de l’oxyg. X 2 éq. de l’ox. (0 = 8x2 = 16)= 6 (const.). p. Ch. sp. du potass. X éq. du potass. (K = 39,2) =6 (constante), y. Ch. sp. de l’argent X eq. de l’argent (Ag = 108) = 6 (const.).
On voit alors que la formule do la potasse anhydre devient 78,4 16
celle de l’oxyde d’argent
■O <rv(Ag = 108;Ag2 = 216;O=16).
Ag- O
En réalité, dans cette nouvelle conception, les proportions pondérales restent absolument les mêmes et c’est toujours
selon les rapports —g— ou -jg- et -g-’ -(g- que le po¬
tassium et l’argent se combinent avec l’oxygène.
Ce que je dis pour l’oxygène, le potassium et l’argent s’applique aux autres corps.
Régnault a été amené de la sorte à formuler K2 O, Na2 O, Ag20, les composés formulés KO,NaO,AgO... Ces expressions nouvelles, généralisant la loi de Dulong et Petit? demeurent conformes non-seulement aux lois de combinaison des corps, mais encore, et ce point est très-important, à celle de l’isomorphisme.
Les nombres obtenus diffèrent des équivalents dans le sens précis que les chimistes ont attaché à ce mot; Régnault les a appelés nombres proportionnels thermiques.
Ce sont ces nombres ou plus exactement ceux de Canizzaro que les atomistes ont adoptés et auxquels ils ont donné le nom de poids atomiques ; M. Wurtz consacre plusieurs pages à
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démontrer qu’ils sont en harmonie avec les lois fondamentales de la théorie atomique ; pour la loi des chaleurs spécifiques, il ne pourrait en être autrement puisque Régnault en a modifié exprès les exceptions, afin d’obtenir l’équation unique :
Chaleur spéc. X nombre proportionnel thermique = constante qui est devenue à la suite du changement de l’un des termes :
d’où
Chaleur spécifique X poids atomique = constante
Poids atomique =
constante chaleur spécifique'
En résumé, les corps simples dont les poids atomiques se confondent avec les équivalents satisfont à l’égalité
(1) Chaleur spéc. X équiv. = 6 (poids atomique = équiv.);
les corps simples dont les poids atomiques sont représentés par des nombres -doubles des équivalents (poids atom. = 2 éq.) satisfont à l’égalité .
(2) Chaleur spécifique X équivalent = 3.
(2') Chaleur spéc. X poids atomique (ou 2 équiv.) = 6.
La notation des poids atomiques, fondée sur l’identité des volumes gazeux des corps qui jouent le même rôle en chimie, présente sur la notation des équivalents (relations de poids entre les corps qui se déplacent réciproquement) des avantages que M. Berlhelot, adversaire déclaré de la théorie, a été obligé de reconnaître : « Disons d’abord qu’en chimie organique, pour exprimer les transformations, il est utile de rapporter en général les formules des corps à des poids qui occupent le même volume gazeux. L’équivalent du carbone ü peut aussi être doublé et identifié avec son poids atomique 12, ce qui simplifie toutes les formules. Pour l’oxygène et le soufre, il y a certainement quelque avantage en chimie organique à en doubler l’équivalent. » ( Synthèse chimique).
Au cours.de cet exposé, je n’ai pas suivi M. Wurtz dans les développements historiques détaillés qui constituent la première partie de son œuvre; il suffit de citer les titres des chapitres pour s’assurer que, dans la discussion du système atomique, rien d’important n’a été omis :