CLÔTURE DU CONGRÈS
Nous avons donné, dans la mesure du possible, le compte rendu des principaux mémoires qui ont été présentés aux différentes sections du congrès. Ainsi que nos lecteurs ont pu en juger, le nombre de ces mémoires a été considérable, et un. certain nombre d’entre eux ont une valeur réelle. Le manque d’espace ne nous a pas permis de les signaler tous, «t surtout de reproduire les intéressantes discussions dont quelques-uns d’entre eux ont été l’objet.
Il nous reste maintenant à parler de quelques communications faites dans les assemblées générales et que leur caractère ne nous permettait pas de classer dans les travaux purement scientifiques. C’est ainsi que nous signalerons la communication faite par M. le docteur Séguin, qui poursuit depuis plusieurs années une campagne laborieuse en faveur
de l’uniformité internationale en médecine et de l’emploi universel du système métrique. Une commission a été nommée pour étudier la question.
MM. les professeurs Marey et Virchow ont occupé chacun le congrès par des conférences, l’un sur la découverte de la circulation; l’autre sur le siège de Troie. On se demande quels rapports le professeur de Berlin a pu trouver entre Troie et les sciences médicales. Ce que nous avons pu comprendre de ce discours prononcé en allemand, c’est qu’une source découverte sur l’emplacement de Troie passe dans le pays pour avoir des propriétés miraculeuses. Ce qui a donné lieu, de la part de M. Virchow, à des railleries assez spirituelles, du reste, contre nos sources de Lourdes et de la Salette.
Disons quelques mots de l’Exposition organisée dans une des salles du parc par les soins de M. le docteur Gori. Nous avons vu avec plaisir figurer un grand nombre d’instruments et d’appareils ingénieux, dont la plupart ôtaient d’origine et de fabrication françaises. MM. Trouvé, Mathieu et Talrich avaient eu le talent d’improviser une exposition très-intéressante, et leurs efforts ont été certainement récompensés par l’attention que tous les membres du congrès prêtaient aux objets exposés. Les appareils de M. Trouvé, le polyscope entre autres, ont obtenu un succès que nous nous plaisons à constater. Remercions donc nos fabricants de la peine qu’ils ont prise, car c’est grâce à eux que l’industrie française, occupait le premier rang à cette Exposition d’instruments et d’appareils.
La clôture de la partie scientifique du congrès a eu lieu le samedi 13 septembre. Il a été impossible de fixer le siège précis du congrès de 1881 ; l’Angleterre a été choisie, et la ville sera ultérieurement désignée par le comité de permanence et par le bureau actuel, qui reste en fonctions.
Terminons en parlant des dîners et banquets qui ont réuni plusieurs fois les membres du congrès. Quoique cette partie du programme n’ait rien de scientifique, il nous est impossible de passer sous silence le dîner Offert par M. Lewis Sayre à la presse scientifique, et le banquet d’adieu, présidé par M. Donders, et dans lequel les toasts les plus chaleureux ont été prononcés.
Enfin la série des fêtes s’est terminée par une très-agréable excursion à la plage de Schevening, où un déjeuner avait été offert au congrès par la municipalité de cette ville et le directeur des bains.
Nous avons dit que le meeting de 1881 aura lieu en Angleterre. Nous connaissons l’habileté de nos confrères d’outremer dans l’organisation des meetings et des congrès, mais nous pensons qu’ils auront beaucoup de peine à faire oublier la franche et cordiale hospitalité des habitants d’Amsterdam.
A. Lut aud.
SOCIÉTÉS SAVANTES
Académie des sciences.
De l’évolution en médecine, par M. Ch. Sédillot. — L’auteur s’applique à montrer que les sciences tendent à se rapprocher chaque jour de la perfection, et tire^ tous ses arguments, en ce qui concerne la médecine, de la découverte des microbes.
Dosage de l’urée. — M. Esbach adresse une nouvelle note concernant le dosage de l’urée. L’auteur maintient ses assertions précédentes, en s’appuyant sur de nouvelles expériences, effecutées devant témoins ; il conclut comme il suit : On ne se trompe pas sensiblement en considérant les urines
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diabétiques comme des urines ordinaires, relativement au dosage de l’urée par l’hypobromite de soude. Quant à ajouter du sucre aux urines avant d’en doser l’urée, cette pratique repose sur un principe faux. Elle donnera parfois des coïncidences, plus souvent des erreurs, variables suivant le litre de l’urée ou les poids de sucre ajoutes.
Vision. — M. G. Audigier adresse une note intitulée : De la perception normale des objets renversés sur la rétine, et explication d'une illusion d'optique.
Académie de médecine.
Maladie rouge du porc. Pneumo-entéritë infectieuse. — M. Bouley donne lecture d’un important mémoire de M. Klein, dont il fait pour l’Académie une traduction analytique. Ce travail fait partie d’un rapport officiel présenté au Parlement anglais. .
Dans ce mémoire, l’auteur décrit une maladie qu’il désigné s jus le nom depneumo-entèrite infectieuse du porc, maladie qui porte encore, entre autres dénominations, celle de. fièvre, typhoïde du porc. La docteur Klein montre qu’il s’agit là d’une maladie contagieuse, dont le conlagium serait un corpuscule animé, un ferment, un mierophyte ou fungus qu il est parvenu à saisir, à isoler, à cultiver, suivant la méthode de M. Pasteur, et à reproduire par inoculation à l’aide des liquides de culture inoculés à doses infinitésimales à d’autres animaux.
La culture artificielle de ce fungus a été faite dans une- petite quantité de liquide animal normal (l’humeur aqueuse de l’œil du lapin), contenu dans de petites cellules closes de verre, disposées pour permettre l’inspection microscopique.
Puisant sur un porc malade une très-petite quantité de matière renfermant le germe de la maladie, il a, si l’on peut s’exprimer ainsi, inoculé avec celte matière une première quantité de liquide normal, et il Ta maintenue pendant vingtquatre heures dans un incubateur, à. une température convenable. Le jour suivant, il a fait une petite inoculation de cette première quantité à une deuxième quantité de liquide normal ; puis encore, le jour suivant, de cette deuxième à une troisième, et successivement ainsi jusqu'à une huitième quantité de liquide normal.
Dans la longue série de ces expériences, chacune de ces quantités successives de liquide normal, ainsi inoculé, laissait voir, au bout d’un certain temps après l’incorporation du contagium, le développement d’un scliizomycèle spécifique, avec les spires souples, les baguettes et les filaments; et, hors les cas où l’expérience n’avait pas été bien faite, aucune autre forme ne s’est montrée.
Ces faits constatés, M. le docteur Klein s’est servi, pour l’inoculer à trois porcs, du liquide de la huitième quantité, contenant, par conséquent, une huitième génération des germes du sehizomycète cultivé artificiellement, et cette inoculation, avec un contagium ainsi puisé loin de sa source originelle, s’est montrée aussi efficace à déterminer la pneumoenlérite que si elle avait été faite avec un liquide puisé directement sur l’animal malade.
Cette maladie a été décrite sous des noms très-divers : fièvre splénique ou anthrax, érysipèle malin, fièvre érésypélateuse maligne, mal rouge, pourpre, maladie bleue, érysipèle épizootique, typhus, fièvre typhoïde, choléra, etc.
M. Klein montre, dans ce mémoire, que la maladie est infectieuse, et il l’appelle pneumo -entérite infectieuse, parce
que les intestins et les poumons sont constamment affectés. Les altérations des autres organes, de la peau, des membranes séreuses ne sont pas constantes. Les taches rouges de la peau n’apparaissent qu’accidentellement, quoique ce soit sur elles que se trouvent basées quelques-unes des appellations sous lesquelles celte maladie a été le plus souvent désignée : mal rouge, érysipèle pourpre, etc. M. le docteur Klein rejette tous ces noms comme impropres, ainsi que ceux de peste et de choléra des porcs, parce que, dit-il, en pathologie comparée comme en pathologie humaine, nous devons viser à ce que les noms des maladies expriment un caractère, soit étiologique, soit clinique.
Après avoir décrit les caractères symptomatologiques et les lésions anatomiques que Ton observe dans cette maladie, l’auteur se résume dans les propositions suivantes :
La maladie est grandement infectieuse; on peut prouver par des expériences directes que les poumons malades, le contenu de la trachée et des bronches, les particules de la membrane intestinale ulcérée nettoyées des matières fécales, la rate malade et les exsudations péritonéales renferment la matière génératrice de la maladie : materies morbi.
On peut déterminer cette maladie sur un animal sain par l’inoculation d’une petite quantité de cette materies morbi, soit sur la peau, soit sur une muqueuse ; on peut la déterminer également en mêlant cette matière à la nourriture des animaux.
Elle est transmissible par la simple cohabitation avec des malades; elle peut aussi être transmise lorsque des animaux sains sont placés dans des logements préalablement habités par des animaux malades.
M. Fauvel demande si la maladie dont vient de parler M. Bouley est la même que celle qui a été décrite en France sous le nom de maladie rouge. Dans tous les cas, le nom de pneumo-entérite qui lui a été donné ne justifie pas l’analogie qui a été faite de celte affection avec la fièvre typhoïde.
M. Fauvel désirerait également savoir si cette affection est transmissible à d’autres animaux que le porc.
M. Bouley dit que, n’ayant pas encore fait de cette affection une étude assez approfondie, il n’est pas en mesure de répondre pour le moment à M. Fauvel.
M. Goubaux croit avoir observé la maladie en question en Bretagne, où elle infligeait parfois des perles cruelles aux cultivateurs.
Il a également observé quelques cas de ce genre, à Alfort, où il se propose d’étudier cette maladie avec soin; dans tous les cas, il pense que M. Bouley a eu une excellente idée en appelant l’attention sur un sujet aussi intéressant.
M. Hervieux désirerait également avoir quelques renseignements sur la contagiosité et sur le mode de transmission de la maladie.
M. Bouley pense que c’est par les aliments que la maladie se transmet d’un animal à un autre.
M. Delpech demande à M. Goubaux si, dans les localités où il a observé la maladie rouge, il existait en même temps des cas de fièvre typhoïde chez l’homme.
M. Goubaux répond que ni en Bretagne, ni à Alfort, il n’a observé la coïncidence de la maladie rouge et de la fièvre typhoïde.
M. Bouley dit qu’il entreprendra de nouvelles recherches sur cette intéressante question, et qu’il en communiquera le résultat à l’Académie.
Vaccination animale. — M. le docteur de Pietra Santa donne lecture d’un mémoire sur la vaccination animale.
In La vaccination animale, dit l’auteur, telle que nous l’avons définie (culture successive, sur le terrain de la génisse, du cowpox spontané recueilli sur des vaches laitières), telle qu’elle se pratique dans plusieurs contrées de l’Europe
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(Italie, Belgique, Hollande, Prusse, Russie), et telle qu’elle doit se pratiquer scientifiquement, constitue une méthode bonne, utile, efficace.
2° Les résultats de centaines de mille de vaccinations et de revaccinations opérées dans les conditions les plus variées d’expérimentation, démontrent les avantages et la valeur de la vaccination animale.
— La séance est" levée à cinq heures.
REVUE DES JOURNAUX
Des lésions «le la circulation dans la chlorose, et de
l'insuffisance fonctionnelle de la valvule mitrale, pill*
M. Lewinski.
Ceci n’est pas un exposé complet de la question, mais un examen critique détaillé d’un cas intéressant, chez un enfant de treize à quatorze ans, présentanttousles signes physiques et subjectifs d’une insuffisance mitrale à la suite d’un rhumatisme articulaire aigu. A l’autopsie, on constate, à côté des caractères de la chlorose, une hypertrophie considérable du ventricule gauche, en même temps qu’une dilatation de l’orifice mitral , mais sans lésions valvulaires. L’insuffisance mitrale existait donc, mais était d’une tout autre nature que n’avaient pensé les médecins ; et d’un autre côté l’hypertrophie n’avait pas été reconnue.
Or, Lewinski prétend que l’hypertrophie du ventricule gauche est très-fréquente chez les chlorotiques, mais impossible à reconnaître. Très- fréquente , parce que l’énergie physiologique du cœur étant diminuée grâce au moindre apport d’oxygène, la masse musculaire augmente à proportion, afin que la somme de travail exécuté reste constante. Impossible à reconnaître, parce qu’elle n’est pas extraordinaire et que l’exploration physique ne peut pas donner de renseignements certains. La plus grande énergie du choc n’existe pas chez les chlorotiques, puisque le travail total du cœur n’est pas augmenté, comme il vient d’être expliqué. | L’auteur a cherché souvent, ^lit-il, à reconnaître cette hyper- 1 trophie chez le vivant, sans jamais y réussir.
Il faut conclure de cette première série de déductions que j les chlorotiques ne sont pas en réalité de faux cardiaques ; : que la dyspnée, les palpitations, etc., qu’on observe si fré- ) quemmenl chez eux, tiennent d’ordinaire à une lésion orga- ! nique bien définie, malheureusement difficile à reconnaître. ;
Dans le cas particulier, la chlorose n’a été reconnue que sur le cadavre, grâce aux lésions des gros vaisseaux. C’est, 1 comme on sait, une des dernières découvertes de Virchow. ; Suivant lui, l’aorte des chlorotiques a des caractères tout à j fait spéciaux dont voici les trois principaux : rétrécissement j du calibre vasculaire, minceur des parois, anomalie des ori- | gines des artères intercostales. Ajoutons encore une elasti- \ cité telle des parois que l’aorte se laisse distendre et revient sur elle-même comme un ruban de caoutchouc. Virchow | admet que cette structure particulière de l’aorte est la cause probable de l’hypertrophie du ventricule gauche ; et cette j opinion nous paraît rationnelle, malgré l’opposition que lui fait Lewinski. ... .
Il existait, avons-nous dit, une dilatation assez considé- ( rable de l’orifice mitral, dans lequel on pouvait facilement j faire pénétrer trois doigts. C’est là un point très-obscur de j pathogénie, car les insuffisances mitrales fonctionnelles ne | sont rien moins que démontrées. Oppolzer, qui en a parlé le premier, a soulevé un toile général dans la science. De nos jours on les admettrait plus volontiers, parce qu’on rencontre fréquemment à l’autopsie ce qu’on a trouvé chez l’enfant dont il s’agit. Mais il faudrait en trouver l’explication. Celle que
I propose Lewinski n’est pas suffisante. Il commence parreje- | ter celle qui se base sur une sorte de paralysie du cœur.
| « Pour que les valvules fonctionnent normalement, dit-il,
! sans trop bien dire pourquoi, il faut que le travail des muscles ! papillaires soit complet. Or ce travail est égal à la longueur ! de ces muscles multipliée par leur force physiologique. Dans ; ce cas parliculier la force est diminuée par la même raison que ci-dessus, et la longueur n’est pas, comme la masse, sus- I ceptible d’augmentation. » Quoiqu’il en soit, il est toujours intéressant de savoir que de pareilles dilatations peuvent ; simuler chez les chlorotiques de véritables insuffisances mij traies. ( Virchow s Arcliiv, t, LXXVI, p. 292.)
De l’emploi du crayon d’alun pur dans les maladies «les
muqueuses, par MM. Magnus et Frankel.
Le crayon d’alun est employé par Magnus en place du sul- ! fate de cuivre, dans les conjonctivites chroniques et granu- : leuses. Son emploi est moins douloureux, et les résultats < sont peut-être plus durables.
Frankel a généralisé son emploi, et s’en est servi utilement dans les maladies de femmes : hypersécrétion du col à la suite j de blennorrhagie ou de sténose de l’orifice utérin, etc.
L’avantage du crayon d’alun est de se dissoudre rapidement I dans l’utérus sans provoquer de coliques violentes. Il rend ! aussi de bons services dans les abcès ganglionnaires des scrofuleux. ( Bresl . œrtzl. Zchft., 1879, et Cent, fur Chir., 1879, n" 27.)
Influence de la faradisation «les muscles «le l’abdomen sur la résorption et l’excrétion de l’urine, par
M. J. Glax.
L’influence de la faradisation de l’abdomen sur la résorption de l’ascile et sur la sécrétion urinaire est peu connue. On cite à peine des observations de Solfanelli et d’Alvarenga, et des expériences négatives de Gerhardt. Et cependant Glax annonce des résultats presque merveilleux. Dans les 5 observations qu’il rapporte, on voit, sous l’influence de ce traitement très-simple, la quantité d’urine monter en deux ou trois jours, ou bien le jour même, de 200 à 3000 grammes, de 70 à 800 grammes, de 2000 à 2400 grammes. La méthode opératoire est très-simple, et consiste à faire contracter alternativement tous les muscles de l’abdomen sous l’influence de courants faradiques faibles. La séance dure de quarante à cinquante minutes. ( Deutsch . Arcliir fur Min. Med., t. XXII, p. 611.)
Une épidémie de fièvre typhoïde à la campagne,
par M. Marx.
Petite épidémie de maison, observée dans une grande ferme hollandaise (?). Sur 28 habitants de la ferme, il y eut -13 malades et 3 décès. Comme il arrive souvent dans ces cas, l’influence de la contagion est évidente : le premier malade était un enfant de six ans; c’est sa bonne qui est atteinte après lui ; puis une seconde, une troisième servante. Marx a pu suivre la contagion presque aussi facilement que s’il se lût agi de variole ou de peste; c’est le point intéressant de sa relation. L’élude des causes de cette épidémie minuscule a été faite avec tout le soin désirable ; l’eau potable put seule être incriminée. Elle contenait une forte proportion de matières organiques et communiquait vraisemblablement avec les latrines. ( Berl . klin. Wochensch., 1879, n°s 26, 27.)
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De remploi du goudron à l’intérieur,
par M. Reclam (de Leipzig).
En Allemagne, les préparations de goudron ne sont pas, comme chez nous, tombées dans le domaine public : elles sont complètement oubliées : deux exagérations en sens opposé. Les observations de Reclam, faites en partie sur lui-même, confirment les propriétés bien connues du goudron dans les maladies de poitrine: diminution rapide de l’expectoration et de la toux. Les propriétés qui lui sont communes avec tous les balsamiques font du goudron un remède vraiment populaire à cause de son bon marché, d’autant mieux que dans cette classe de médicaments on chercherait vainement un médicament plus facile à administrer. L’auteur, visiblement épris de son sujet, dit avoir éprouvé à la suite de fortes doses « une excitation psychique analogue à celle que produit une tasse de bon café, contrastant agréablement avec la dépression inévitable qui suit les quintes de toux ». Ses malades ont accusé des dispositions d’esprit analogues. Les poumons « deviennent moins sensibles au froid ». Au lieu de garder la chambre, les malades qui font usage du médicament peuvent sortir et se livrer à leurs occupations, quel que soit l’état de l’atmosphère. Entin, jamais Reclam n’a observé de suites fâcheuses, et cependant la dose administrée variait de 4 à 3 grammes et dépassait par conséquent celle qui est généralement usitée. ( Berlin klin. Wochensch., 1879, n° 27.)
Un cas «le rage avec incubation prolongée, i
par M. Friedreich.
Un enfant de quatorze ans fut mordu le 14 juillet 1867 par j son chien, au médius de la main gauche. L’animal mourut le 21 et fut autopsié par le vétérinaire, qui conclut à la rage, d’après les symptômes observés pendant la vie et les résultats de l’autopsie elle-même (hyperhémie du cerveau, quantité de corps étrangers dans l’estomac, etc.). La plaie fut cautérisée au nitrate d’argent et guérit en peu de jours : l’enfant resta frais et bien portant. Mais le 4 mai 1868 on vit apparaître chez lui des phénomènes bizarres qui bientôt se transformèrent en rage confirmée. Le décès eut lieu le 10 mai.
Voici donc une incubation bien constatée de dix mois. Friedreich explique cette singularité en admettant que le poison de la rage peut rester inactif au sein des tissus pendant assez longtemps et ne pénétrer dans la circulation générale que sous l’influence de circonstances spéciales. Ainsi l’enfant I en question, après avoir délaissé son violon pendant près ! d’un an, s’était remis à jouer de l’instrument quelques jours avant l’apparition des symptômes de la rage. Quoi qu’il en ! soit de cette théorie, on se demandera avec l’auteur pourquoi on continue à nier à priori les incubations d’une ou plusieurs années, du moment qu’elle peut durer dix mois, et pourquoi on traite de fables les observations rapportées par les anciens? L’enfant avait complètement oublié sa morsure, et, bien entendu, dans la famille, on se garda bien d’attirer son attention sur ce point. (Deutsch. Archiv fur klin. Med., t. XXIV, p. 242.)
La trichine en Prusse en 1874,
par M. Eulenberg.
D’après des documents officiels, en 1877, le nombre des porcs trichinés est de 172 800 (en 1876, de 172 000) : en tout 701 cas sur 2 millions. Dans 1e district de Stettin on observa 98 cas de maladie chez l’homme, dont 54 dans la seule ville de Stettin. Dans cette contrée, l’examen microscopique de la viande ne se fait que dans des localités isolées. Dans le district de Mersebourg, on a constaté trois petites épidémies
de trichinose dans des villages. Généralement, la viande de porc avait été consommée crue ou peu fumée. AHôxter, il y eût 52 cas. La question se complique de ce que les flancs de cochon salé de provenance américaine contiennent trèssouvent la trichine (1/2 pour 100 suivant les uns, 4 pour 100 suivant les autres). Or il se fait de cette viande une consommation énorme en Allemagne.
Pour empêcher le pays d’être littéralement envahi par la trichine, le gouvernement s’est vu obligé de recourir à des mesures très-énergiques. Nuf porc ne peut être livré à la consommation sans avoir été visité par un expert, qui pratique l’examen au microscope. Or qui sont ces experts?Des médecins, des vétérinaires, des bouchers. Mais les bouchers trop souvent ne voient rien et laissent détériorer leurs instruments. Dans le district de Weissenfels, sur 125 microscopes, 46 ne pouvaient plus servir ! Les médecins, d’un autre côté, sont absorbés par leur clientèle et se désintéressent d’une mesure d’utilité publique peu lucrative. Un praticien prétend avoir examiné en deux jours 503 jambons, 3 tonneaux de lard et 46 cochons !
On voit par ces quelques lignes que la trichine n’a pas cessé d’être un danger pour nos voisins, et que la profession de physiker n’est pas près de devenir une sinécure. ( Vschft . fur ger. Med. und off. San., t. XXX, p. 175.)
(Jn cas de contracture musculaire : sa réaction visà-vis des agents mécaniques et de l’électricité, par
M. Fieber.
Une jeune fille de vingt-trois ans, réglée très-lard et trèsirrégulièrement, fut prise subitement, à la suite d’une chute, de contractures des membres inférieurs. Ses genoux sont pliés à angle droit, les cuisses ramenées vers l’abdomen, les pieds varus-équins. Rien ne peut changer celle pénible situation. Même en plaçant la malade sous l’influence du chloroforme, même en exerçant les tractions les plus violentes, il est impossible de corriger l’attitude des extrémités inférieures. Au contraire, en faisant passer un courant électrique même léger, on voit les muscles se détendre, les membres reprendre leur attitude normale, mais seulement pendant le passage du courant. L’auteur ne sait comment désigner cette étrange affection. Les lecteurs français penseront sans doute à l’hystérie, et avec raison. Les contractures de forme singulière, l’action de l’électricité, tout, jusqu’à la terminaison brusque de la maladie par une grande amélioration, attire l’attention du côté de la grande névrose féminine. (Virchow’ s Archiv, \ t. LXXV1.)
Travaux à consulter.
! Note sur le traitement de l’ataxie locomotrice par les eaux | de La Malou, par M. le docteur A. Belugou. — Les eaux minérales, i quoique souvent prescrites dans les maladies du système nerveux I central, le sont presque toujours en vain, et l’on peut dire que, j d’une manière générale, les myélites et les méningo-myélites ne i sont nullement justiciables des stations balnéaires. Cependant il semble que les eaux de La Malou (Hérault), employées au moment I opportun, ne noient pas sans utilité dans le traitement du Iqbes i dorsalis. M. Fonssagrives dans son Traité de tliérapeulipu I et M. Grasset, dans ses leçons sur les maladies du système ner- I veux, sont, signalé le fait; c’est pourquoi nous ne croyons pas sans intérêt de parler du travail du docteur Belugou; nous en donnerons les principaux traits. L’auteur commence par insister
Isur ce point qu’il n’est pas indifférent de s’adresser à telle ou telle source. Sous le rapport du traitement de l’ataxie locomotrice, u divise les sources en deux classes : les sources chaudes et les sources tempérées. 11 publie un certain nombre de cas qui semblent étudiés avec soin et qui tous montrent ou une amélioration
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notable ou tout au moins un état stationnaire avec diminution des phénomènes douloureux sous l’influence des eaux de La Malou. L'action est d’autant plus salutaire que l’affection est plus rapprochée de son début. Les douches, les sources légères employées comme révulsifs sont d’une utilité évidente. ( Annales de la Société d’ hydrologie médicale de Paris, t. XXIII.)
BIBLIOGRAPHIE
Hlanuel pratique «le gynécologie et «les malaclies «les
femmes, par M. le docteur L. de Sinety. Un volume iri-8
de 823 pages, avec 160 ligures intercalées dans le texte. —
Paris, 1879, 0. Doin.
La littérature gynécologique s’est enrichie, pendant ces dernières années, d’un grand nombre de traités complets destinés à remplacer avec avantage les ouvrages didactiques, qui avaient vieilli, et auxquels on reprochait avec raison de n’avoir pas suivi le mouvement chirurgical qui a entraîné les gynécologistes dans une voie nouvelle jusqu’alors inexplorée. C’est donc avec le plus grand plaisir que nous avons vu apparaître les ouvrages si complets cle Barnes, de Courty, de G. Thomas, et les traités élémentaires de Demarquay et de Leblond.
Le livre dont nous donnons aujourd’hui l’analyse sommaire appartient à cette dernière catégorie. Moins complet et moins étendu que les ouvrages de Courty et de G. Thomas, il résume d’une façon très-claire et très-méthodique l’état actuel de nos connaissances sur cette branche importante de la médecine. L’auteur passe successivement en revue les maladies de la vulve, du vagin, de l’utérus et des ovaires; puis il consacre un chapitre intéressant aux mamelles, que de nombreux liens physiologiques et pathologiques peuvent permettre de considérer comme une annexe du système génital. Chaque chapitre est précédé d’une introduction anatomique, précaution qui n’est pas inutile dans un traité élémentaire.
Nous appelons particulièrement l’attention sur les développements donnés par l’auteur à l’anatomie pathologique. M. de Sinety s’était déjà fait connaître par des travaux originaux d’une grande valeur sur l’anatomie pathologique des kystes de l’ovaire, et nous voyons avec plaisir que ces travaux ont été utilisés pour la confection de cet ouvrage. L’auteur a suivi le processus du développement du kyste ovarique depuis ses phases initiales sur des ovaires à peine augmentés de volume, jusqu’à sa période de complète maturité. L’histologie pathologique a été faite avec un soin remarquable.
Au point de vue médical, l’œuvre de M. de Sinely mérite à tous égards d’attirer l’attention des praticiens; mais le côté chirurgical a été traité d’une façon un peu sommaire, pour ne pas dire insuffisante. L’auteur a cru devoir s’abstenir d’entrer dans de grands développements sur le traitement chirurgical des fistules vésico-vaginales et des kystes de l’ovaire. Le manuel opératoire de l’ovariotomie se trouve condensé dans une soixantaine de lignes: c’est là une concision qui n’est pas en rapport avec les développements donnés à d’autres parties de l’ouvrage, notamment à l’anatomie pathologique. Nous nous abstiendrons néanmoins de toute critique, car il est possible que l’auteur ait volontairement abrégé la partie, purement chirurgicale de son sujet, dans le but de donner à l’ouvrage un caractère essentiellement médical.
Quoi qu’il en soit, l’ouvrage de M. de Sinety nous paraît conçu dans un excellent esprit; il s’appuie sur une étude consciencieuse et attentive des faits; ce sont là des titres suffisants pour lui assurer une place des plus honorables dans la littérature médicale contemporaine.
Index bibliographique.
Traité des .maladies des eusses nasales et de la cavité nasol’IIARYNGIENNE, D’APRÈS DES OBSERVATIONS PERSONNELLES, par le docteur C. Michel (de Cologne); traduit de l'allemand parle docteur A. Capart (de Bruxelles). — Paris, 1876. V. A. Delahaye et Cie.
Les maladies des fosses nasales et de la cavité naso-pharyngiennes sont généralement peu connues. Le docteur C. Michel était donc, jusqu’à un certain point, autorisé à déclarer que ses débuts avaient dû être très-difficiles. Toutefois, il nous semble nécessaire de faire remarquer que la plupart de ces maladies guérissent, non par un traitement exclusivement local, mais grâce à la médication qui s’adresse à l’état général du malade. Ce n’est pas à dire pour cela que nous ne rendions pleine justice aux efforts tentés dans le but de mieux connaître et, par conséquent, de guérir plus sûrement des maladies dont un examen direct peut préciser fa nature; mais les spécialistes devraient toujours être en même temps bons médecins, et savoir reconnaître l’insuffisance de leur méthode, alors qu’il s’agit avant tout et surtout de combattre les manifestations locales d’une diathèse. Ces réflexions nous sont inspirées, à la lecture de ce livre, par un passage (p. 7 1 ) dans lequel l’auteur affirme qu’il n’a pas encore rencontré « une seule ulcération des fosses nasales que l’on no pût attribuer, soit par les commémoratifs, soit par le traitement, à la syphilis ï. Une pareille assertion nous parait d’autant plus singulière, qu’à l’article Catarrhe chronique et à l’article Ozène nous voyons aussi l’auteur nier l’existence d’ulcérations de la muqueuse nasale (p. 51). Ne pas parler de la scrofule ou de l’herpétisme dans l’étude étiologique du catarrhe des fosses nasales (coryza) ou de l’ozène nous semble nécessiter ces réserves. Mais elles ne nous empêchent nullement de déclarer que, dans ce petit livre, se trouvent bien des indications utiles et bien des chapitres intéressants. Nous le recommandons volontiers aux praticiens désireux de se perfectionner dans l’élude des maladies des fosses nasales, et nous sommes persuadé qu’ils reconnaîtront souvent l’exactitude des faits que son expérience spéciale a permis à l’auteur de constater.
Contribution a l’étude de la digitale, par le docteur V. Ciiappet.
Paris, 1879. J.-B. Baillière.
Cette thèse, inspirée par le professeur Teissier (de Lyon) et résumant son enseignement, étudie avec soin i’inlluence exercée par la digitale sur les mouvements du cœur. Après son maître, l’auteur déclare que la digitale ne peut être considérée ni comme l’opium, ni comme le quinquina du cœur, mais que ce médicament régularise la circulation. « Elle est, dit-il, comme un frein qui modère et tonifie le système circulatoire; elle régularise le cours du liquide sanguin à la fois dans le cœnr, dans les artères et dans les veines; elle endigue, pour ainsi dire, le sang sur tous les points de son parcours. t> Nous ne pouvons, dans la courte mention que nous devons consacrer à cet intéressant et consciencieux travail, discuter les questions physiologiques et cliniques qu’il soulève. Sur bien des points nous partageons l’opinion émise par le savant clinicien de la Faculté de Lyon, et que reproduit la thèse de M. Chappet. Toutefois , quand on lit les conclusions d’un travail de thérapeutique au sujet d’un médicament, il importe de savoir à quelle préparation de cé médicament l’auteur a eu recours. Et lorsqu’il s’agit d’un médicament aussi variable dans ses effets que la digitale, il est indispensable de bien préciser, nonseulement les doses, mais encore le mode de préparation des substances employées. Or, nous trouvons à cè sujet, dans le travail de M. Chappet, bien des affirmations qui nous surprennent, et que les expériences si multipliées de Hepp (et non Erb), pharmacien de l’hôpital civil (et non militaire) de Strasbourg, nous font considérer comme assez suspects. Nous ne comprenons guère, pour citer des exemples, que l’auteur ait vu le ralentissement de la circulation survenir dès le lendemain de l’administration du médicament, alors que les urines ne sont pas augmentées, mais semblent plutôt diminuées; alors surtout que les doses de la préparation (teinture de digitale) ont été aussi faibles; nous ne croyons pas que l’on voie souvent l’accélération du pouls survenir dès le lendemain de la suppression. Il nous semble, au contraire, que le ralentissement du pouls, lorsqu’il a été obtenu, dure assez longtemps, et que, s’il est assez fréquent de voir les urines diminuer au début de l’admi-
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nistration de la digitale, il est habituel de voir les petites doses du médicament amener la diurèse. Enfin nous ne croyons guère à l’efficacité de la digitale dans tous les cas de lésions valvulaires mitrales ou aortiques. Nous pensons qu’il est des cas où la digitale est souveraine, mais qu’il en est d’autres où elle peut être nuisible. Il nous paraît inutile d’ailleurs de nous étendre longuement à cet égard, ces réserves n’enlevant rien au mérite d’une thèse qui figurera très-honorablement dans les collections de la nouvelle Faculté de Lyon.
Étude sur la pleurésie diaphragmatique, par le docteur G. Hermil.
Paris, 1879. V. A. Delahaye et Cie.
Très-bonne monographie contenant un historique assez complet de cette question, étudiant avec détails les causés et les lésions anatomiques de la pleurésie diaphragmatique, et décrivant ce qui en constitue la partie originale : une forme bénigne à marche rapide, souvent méconnue en raison de sa terminaison favorable.
De l’épididymite blennorrhagique dans les cas de hernie