PAR M. LE DOCTEUR BALZER
Préparation. — Dissociation, coloration au picro-carminate d'ammoniaque ; glycérine. — L’examen microscopique extemporané montre de gros blocs constitués par une matière brillante, colorée en jaune orangé par le réactif, non modifiés par l’acide acétique.
A un fort grossissement, il devient manifeste que cette infiltration colloïde ne s’est pas formée dans les cellules, mais, bien au contraire, dans les faisceaux de tissu conjonctif. On distingue, en effet, autour de quelques-unes de ces masses, une enveloppe amorphe, très-line, semblable à celle qui existe autour des faisceaux conjonctifs normaux. De plus, à lasurface de cette enveloppe et autour des masses colloïdes, on voit les cellules conjonctives intactes ; leur noyau est franchement coloré en rouge par le carmin; quelques-unes conservent encore une certaine quantité de protoplasme avec des prolongements. La gaine amorphe envoie fréquemment des prolongements qui segmentent les blocs colloïdes, et à la surface desquels on voit encore des cellules plates parfaitement saines. Les autres éléments contenus dans la préparation , cellules épidermiques, cellules des glandes sébacées, ne présentent pas d’altération.
Cette première analyse démontrait ce que l’œil nu avait montré, l’existence de la matière colloïde comme constituant la plus grande partie de la masse éruptive ; mais il était nécessaire de déterminer le siège anatomique précis de la dégénération, et de rechercher son mode de début et de développement. Cette recherche était d’autant plus nécessaire qu’elle n’avait pas été faite dans l’observation de E. Wagner que nous rapporterons tout à l’heure, et que cet auteur avait cru pouvoir, cependant, placer le siège de l’affection dans les glandes sébacées, d’où la dénomination de colloid-milium, à laquelle il s’était arrêté. J’ai donc dû enlever pour cette nouvelle étude de petits fragments de chorion, moins larges, mais plus profonds que ceux que l’on taille pour la greffe dite épidermique. Voici le résultat de leur analyse histologique telle que M. Baiser a bien voulu l’exécuter sur mes indications :