‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 202 sur 249 · N° 41 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE · texte numérisé non relu

N° 41 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE

les résultats obtenus par simple dissociation: c’est bien dans les faisceaux conjonctifs que se produit l’infiltration colloïde. Autour de la coupe irrégulièrement arrondie des faisceaux colloïdes, on voit leur gaine amorphe et les cellules plates normales. L’épiderme et le corps muqueux n’offrent pas d’altération dans leurs éléments sur la plupart des coupes ; en quelques points seulement un petit nombre de cellules du corps muqueux sont vésiculaires ; mais il est difficile de savoir si le liquide qu’elles contiennent est colloïde ou simplement muqueux. Mais il faut noter dans toute l’étendue de la peau dégénérée un amincissement très-remarquable des diverses couches de l’épiderme : corps muqueux dont les cellules sont aplaties par le tassement, couche intermédiaire dont la zone claire adisparu, couche cornée extrêmement mince. Ces altérations de l’épiderme sont manifestement produites par la compression et le refoulement exercés par les masses colloïdes ; elles sont surtout accusées dans les endroits où celles-ci sont volumineuses, à tel point que les ondulations du corps muqueux et les papilles se sont entièrement effacées. Pourtant, il est rare de voir les masses colloïdes en contact immédiat avec le corps muqueux; elles en sont presque toujours séparées par une mince bandelette de tissu conjonctif coloré en rose par le carmin, débris de la couche papillaire du derme; ce n’est qu’au niveau des masses colloïdes les plus volumineuses que celte bandelette disparaît et qu’il semble y avoir continuité entre elles et le corps muqueux.

L’infiltration colloïde s’est donc développée dans lacouebe souspapillaire du derme; respectant les glandes sudoripares et les glandes sébacées, elle occupe les espaces qui les séparent et qu’elle dilate dans des proportions variables. Les glandes sont restées saines ainsi que les bulbes pileux, et, de même que Je corps muqueux, elles sont le plus ordinairement séparées des masses colloïdes par une bandelette de tissu conjonctif d’épaisseur variable. L’infiltration colloïde se montre sous deux formes; à un premier degré, les faisceaux de tissu conjonctif envahis sont simplement modifiés dans leurs réactions; au lieu de se colorer en rose’sous l’influence du carmin, ils prennent une teinte orangée plus ou moins foncée ; ils deviennent plus brillants, plus réfringents et se détachent ainsi nettement des tissus sains environnants. Comme nous l’avons vu, c’est dans la couche sous-papillaire que ces altérations apparaissent; cependant, dans les couches plus profondes, voisines des culs-de-sac glandulaires, on voit aussi çà et là des faisceaux dans lesquels la dégénérescence est déjà effectuée. A un degré plus avancé, les faisceaux conjonctifs deviennent moins distincts, moins ondulés; ils sont augmentés de volume, paraissent rigides, et enfin , dans les points plus malades, ils constituent les blocs volumineux déjà décrits, et qui semblent formés par l’agglutination progressive des faisceaux dégénérés. Ce sont ces blocs volumineux qu’on aperçoit facilement sur la peau à travers l’épiderme aminci.

Les rares troncs nerveux trouvés sur les préparations ne nous ont pas paru altérés.

MÉDECINÊ ËT DE CHÏRÜRGtE

Il n’en est pas de même des vaisseaux ; nous avons pu constater en beaucoup de points que leur tunique externe était envahie par la dégénérescence, Cette tunique se présente sous l’aspect d’une bande hyaline, brillante, épaissie et un peu bosselée ; l’endothélium des vaisseaux est parfois tuméfié, mais ne paraît pas dégénéré. Ces lésions des vaisseaux ne se voient pas seulement dans le voisinage des blocs colloïdes; on les retrouve môme dans des points où la dégénérescence est limitée seulement à leurs parois. L’altération existe aussi bien dans les vaisseaux des papilles que dans ceux des parties profondes de la peau. Dans quelques papilles les vaisseaux ainsi altérés sont isolés; dans d’autres, ils sont entourés par des faisceaux dégénérés qui forment une espèce de nuage autour d’eux. Eu voyant la dégénérescence des parois vasculaires, nous avons dû rechercher s’il ne s’était point formé en même temps des dépôts amyloïdes dans leur épaisseur. Un certain nombre de préparations ont donc été trailéespar le violet de métliylaniline, et l’absence de réaction caractéristique nous a prouvé que nous avions bien réellement affaire à une dégénérescence colloïde. Autour des vaisseaux, principalement dans la couche souspapillaire, on voit parfois des accumulations de cellules embryonnaires peu étendues; celte irritation est d’ailleurs exceptionnelle sur les coupes; elle se voit de préférence dans les parties les moins atteintes par la dégénérescence.

En résumé, cette forme de lésion cutanée résulte de la dégénérescence colloïde du tissu conjonctif du derme. Elle envahit progressivement les faisceaux, les gonfle, les fait s’agglutiner de telle sorte qu’ils constituent bientôt des masses volumineuses qui envahissent les papilles, refoulent le corps muqueux et les glandes. Il est remarquable de voir que les éléments cellulaires sont respectés; non-seulement les épithéliums des glandes, des bulbes pileux et du corps muqueux ; mais même les cellules plates du tissu conjonctif. Le processus paraît être ici de nature purement régressive; les lésions irritatives signalées plus haut sont trop peu importantes pour qu’on puisse leur accorder de l’importance, peutêtre même sont-elles dues à l’irritation causée par le raclage déjà opéré partiellement. La dégénérescence colloïde a-t-elle débute par les vaisseaux? Cela paraît probable d’après ce que nous avons vu; on sait d’ailleurs que la dégénérescence colloïde, qui commence le plus souvent par les éléments cellulaires, peut apparaître aussi d’abord dans les vaisseaux et consécutivement dans le tissu voisin. La lésion que nous venons d’étudier paraît être un exemple remarquable de ce dernier mode de dégénérescence colloïde. •

Ainsi donc, cela est surabondamment établi, les éléments éruptifs citrins, vésiculoïdes, qui composaient l’affection remarquable que nous avons décrite, étaient, constitués par des masses colloïdes ayant pour siège la couche supérieure du derme, pour trame anatomique le tissu conjonctif, et pour point initial possible ou probable le réseau vasculaire de la

l’embouchure contre les assauts d’une mer habituellement fort dure. On y est arrivé à l’aide d’une de ces oeuvres gigantesques dont les difficultés n’effrayent pas l’énergique patience du Hollandais. Une immense digue demi-circulaire de 3 kilomètres de développement défend l’entrée du canal; et quelle digue ! un véritable travail de Titans, large de 10 mètres, plongeant à près de 20 mètres dans la mer, défendue elle-même par des amoncellements de pierres de taille énormes jetées à profusion tout au long de sa base. Les matériaux de construction d’une ville entière sont enfouis sous les flots. Plus de 50 millions ont été émployés à cette construction ; mais qu’importe la dépense quand il s’agit de mettre une ville de 300 000 habitants en communication directe avec la mer. C’était vers celte digue que la promenade nautique était dirigée. Le début de la navigation fut malheureux. A peine la visite du port était-elle terminée, qu’une rafale de vent et de pluie, une véritable tempête, vint balayer le pont des deux bateaux à vapeur sur lesquels nous étions

embarqués. Pendant trois quarts d’heure ce fut un vrai déluge dont nos parapluies réunis, et formant sur le pont une sorte de toiture, nous abritaient incomplètement. Beaucoup faiblirent devant cette épreuve et se firent débarquer à l’entrée du canal. Le plus grand nombre tint bon et bravant, le mauvais temps, aborda résolument le parcours du canal. Leur constance fut récompensée. Un radieux soleil vint bientôt nous remettre en gaieté. Pour achever de nous réconforter, un déjeuner des plus recherchés avait été préparé dans les salons des deux bateaux. Jamais meilleur repas ne fut plus gaiement consommé. Les dames, fort nombreuses, avaient pris place les premières autour de la table. Autour d’elles s’étalent groupés les parents et amis. D’autres s’étaient installés sur le pont où des tables avaient été rapidement dressées. Un saint-julien 1876 versé à profusion donna bientôt au festin un entrain de bonne compagnie. Au bout d’une heure tous les convives, absolument remis de leur épreuve, savouraient sur le pont un excellent moka. Le temps était magnifique, la

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région. Les papilles, les glandes, le corps épidermique, sont refoulés par le tissu pathologique et atrophiés dans les points où la masse a pris un développement relativement considérable; mais il n’y a pas envahissement, encore moins lieu de début; les éléments nerveux sont ou semblent intacts. Voilà qui suffît.

Voici maintenant l’observation de feu E. Wagner, que notre distingué confrère le docteur Kuhff a bien voulu traduire intégralement pour être insérée ici; elle est citée par Kaposi et par Neumann, dans les articles Milium de’ leurs traités de dermatologie, en termes trop brefs pour en assurer l’interprétation complète; c’est pourquoi nous les rapportons en entier, comme elle mérite d’ailleurs de l’être à tous égards. (Dus Colloid-Milium der Haut, in Arch. der Heilkunde, t. VII, 1860, p. 463.)

Dans le couraul du mois de mai de cette année, s’est présentée à la polyclinique médicale (de Leipzig?) une femme de cinquantequatre ans, qui était atteinte d’une affection particulière de la peau. Elle dit avoir éprouvé, pendant l’automne de l’année précédente, de six à huit semaines durant, de fortes douleurs dans le cuir chevelu, douleurs actuellement disparues; puis l’affection s’était peu à peu développée d’une manière indolente.

Chez celte femme, dont la santé est d'ailleurs bonne, la peau présente sur toute la hauteur du front, depuis la racine des cheveux jusqu’au niveau des sourcils, un aspect que nous allons décrire et qui se retrouve sur le nez et sur la partie supérieure des joues. La région affectée est assez nettement délimitée. Au niveau des parties malades, l’épaisseur du tégument tout entier est notablement augmentée; sur le front là peau offre quatre et par places cinqjrides longitudinales bien apparentes et bien accusées, coupées presque à angle droit par une grande quantité de sillons transversaux moins bien dessinés. Sur le trajet de ces plis et dans leur profondeur, la peau conserve la coloration blanche normale; mais partout ailleurs elle est d’une couleur brun jaunâtre, très-luisante, et se trouve parsemée de saillies rondes ou arrondies, quelquesunes plus grosses que des grains de millet, la plupart assez petites, non confluentes. Ces saillies ont l’apparence de vésicules, mais le toucher révèle en elles une consistance dure. La pression exercée à l’aide de l’extrémité du doigt ou avec l’ongle n’arrive point à les vider de leur contenu. Piquées avec une aiguille, opération douloureuse, l’aiguille devant être enfoncée assez profondément, ces saillies ne laissent écouler aucune trace de liquide; à peine en sort-il, à un moment donné, une gouttelette de sang. Une pression digitale bilatérale d’une certaine force, qui provoque une petite hémorrhagie, fait sortir de l’orifice de la piqûre une ma¬

îtrise fraîche, et c’est dans ces conditions réjouissantes qu’on atteignit l’embouchure du canal, fermée par une écluse d’un curieux travail. Mais l’attention était ailleurs. Il s’agissait d’affronter pendant quelques heures les (lots de la mer du Nord, qu’une houle puissante soulevait au large et jetait incessamment par-dessus la digue. Derrière l’écluse, un steamer de fort tonnage, l’Hercule, réunit les passagers des deux bateaux et on gouverna dans l’enceinte de la digue droit vers la mer. Au bout de quelques minutes, triste revers des choses d’ici-bas, un tangage de plus en plus prononcé éprouvait durement les estomacs les moins robustes. En approchant de l’ouverture de la digue, deux ou trois lames balayèrent l’arrière du navire. Les désastres se multiplaient. Au large la mer moutonnait terriblement. On tint conseil et la prudence l’emporta. Aussi bien, on risquait infailliblement un mal de mer à peu près général, sans compter les douches à la lame, peu favorables à la digestion de notre excellent déjeuner.

tière blanche ou blanc jaunâtre, transparente, rappelant très-bien l’aspect d’une substance colloïde solidiliée, sous forme de pelotons ou de petits boudins. Les autres régions malades de la peap, offraient la même disposition. Lapeau des joues était moins affectée, celle du dos du nez était plus fortement envahie ; les paupières et la peau des régions sourcilières étaient normales. Partout ailleurs la peau était couverte d’un léger duvet. On ne voit nulle part d’orifices de glandes sudoripares ou sébacées. Les ganglions lymphatiques de la région étaient normaux.

L’examen microscopique des masses exprimées hors des saillies cutanées montra qu’elles avaient les caractères de la matière colloïde ordinaire; elles étaient incolores ou légèrement jaunâtres, complètement homogènes, d’un éclat mat, assez solides, et ne subissaient presque point de modifications par l’acide acétique, par les alcalis ou par l’acide sulfurique et l’iode. Leur forme et leurs dimensions indiquaient où elles avaient pris naissance. A l’œil nu, elles se composaient de pelotons arrondis ou irrégulièrement dentelés, lâchement unis entre eux, de la grandeur de 1/8 à 1/15 de ligne. Ces pelotons se décomposaient à leur tour en masses plus petites, presque toutes rondes ou arrondies; d’autres étaient presque cylindriques ou présentaient à l’extrémité d’un court cylindre un renflement arrondi situé sur le prolongement de l’axe ou sur le côté; d’autres enfin, arrondies, aliénaient à un cour pédicule. Ou trouvait dans cet enchevêtrement quelques poils très-fins. Aucune trace de cellules épithéliales. Il s’y trouvait par places un grand nombre de globules sanguins provenant des piqûres à la peau.

L’élude de la peau n’ayar.t pas pu être faite sur des coupes, il a fallu tirer le diagnostic de l’examen de la substance obtenue par l’expression. Nous verrons dans ce cas une affection des glandes sébacées, sans participation au processus du grand conduit excréteur de ces glandes. Cette affection serait semblable, par son siège, au milium ou grutum, bien décrit par Bærensprung; mais dans le milium simple on observe une disposition stratifiée et une dégénérescence graisseuse de l’épithélium des orifices glandulaires ; on trouve dans le cas présent une transformation colloïde manifeste du contenu des glandes. Le milium simple est apparemment la conséquence de l’occlusion du conduit excréteur des glandes; dans notre cas ce conduit n’est envahi par le processus que secondairement. Les culs-de-sac glandulaires, très-élargis par la transformation colloïde de leur contenu, exercent sur le conduit excréteur principal un tiraillement et une compression, et finissent par apparaître sous les couches superficielles de la peau, assez épaisses, sous l’aspect de vésicules. Il n’y a rien à dire quant à la localisation du point de départ dans les glandes sudoripares, dans les follicules pileux ou dans le tissu cellulaire. La cause de la pigmentation de la peau m’échappe également.

Malgré les lacunes cliniques et histologiques qu’elle présente, l’observation de E. Wagner est parfaitement suffisante

On ne voulut pas exposer notre nombreux personnel féminin à de pareilles épreuves. L’IIercule vira de bord, au grand désespoir de quelques vieux loups de mer que la houle avait mis en goût de navigation, et, après avoir parcouru l’enceinte de la digue, nous ramena à l’écluse, ou nous attendaient nos bateaux. A cinq heures, nous débarquions par une glorieuse après midi sur le quai d’Amsterdam, après avoir admire le panorama de la ville s’étendant en éventail derrière son port.

Après la fête de la mer, fête sur terre. Le jeudi soir, le Parc était brillamment illuminé. L’entrée était réservée aux abonnés et aux membres du congrès; l’assemblée, composée de deux mille pesonnes environ, était absolument choisie. Un excellent orchestre exécutait les meilleurs morceaux de nos grandes partitions. Les groupes entouraient les tables dressées sous les arbres. Vers onze heures, tout le monde se porta vers l’enceinte, dans laquelle était disposé un feu d artifice fort réussi où les emblèmes du congrès formaient la pièce principale.

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pour affirmer la nature élémentaire de l’affection qu’il a observée et pour établir son identité avec la nôtre. Mêmes caractères cliniques également : céphalées, indolence de l’éruption, aspect vésiculeux des éléments éruptifs, maximum du siège sur le dos du nez, etc., etc.

Il est plus que probable que le siège anatomique a été le même dans les deux cas, et que si Wagner avait étudié des coupes complètes du derme, il eût abandonné son hypothèse et 'donné une autre dénomination à l’affection ; mais peu importe, en fait, et nous n’établirons pas une discussion rétrospective sans objet.

Puisqu’il existe une affection propre et pure du derme, de nature colloïde, il est necessaire, pour assurer son classement et pour faciliter son diagnostic ultérieur, de lui donner une dénomination propre ; j’avais d’abord conçu et adopté le terme decolloïdélasma qui me semblait pouvoir faire quelque figure dans le monde dermatologique à côté de xantliélama; mais au point de vue hellénique, sa constitution est encore plus barbare que celle de xanlhélasma, et j’ai dû y renoncer en présence des justes observations qui m’ont été présentées à cet égard. En conséquence, tout en repoussant la dénomination de Colloïd-Milium proposée par Wagner, parce qu’elle a déjà propagé, et parce qu’elle consacrerait une erreur histologique et clinique, je me résigne à confier à l’inspiration de mes confrères en dermatologie, la dénomination définitive de l’affection cutanée que j’ai décrite, et qui est constituée par une dégénérescence colloïde du derme proprement dit-

il nous resterait, pour compléter ce travail, à rechercher s’il s’agit ici d’une altération locale, en rapport, par exemple, avec l’irritation produite par l’existence au grand air et au soleil, ou bien si l’infiltration colloïde de la couche superficielle du derme, de la conjonctive et de la muqueuse nasale, observée chez notre malade, n’est qu’un élément d’une altération générale ou éloignée de l’organisme; il nous resterait à rechercher quelle relation peut être supposée entre cette altération et les céphalées observées chez les deux malades ; mais nous ne voulons point abuser plus longtemps, pour cette fois, de la bienveillance du lecteur, dont nous aurons encore besoin pour les communications à venir.

Deux jours après, représentation au théâtre. Les surprises nous attendaient. La salle, simple, fraîche, aérée, comprenait un parterre et une galerie. La décoration, principalement composée de fleurs et de feuillages, était du meilleur goût. Le programme était varié : musique, littérature, tableaux vivants, alternaient, au grand plaisir du public. La partie dramatique comprenait, pour les Français, le Passant, de Coppée, et la scène v de l’acte II de Phèdre.

Pour les Allemands, un à-propos médical dont les principaux personnages répondaient aux noms de Supinalor longue, Pharynx, Pancréas. Mesdames Raclix et Gloltis donnaient la réplique à ces personnages anatomiques. La pièce, dans laquelle la vieille médecine et la nouvelle se trouvaient représentées par les docteurs Habacuc et Succus, fut jouée avec beaucoup d’entrain et souleva dans la salle des accès de gaieté auxquels nous ne pûmes que nous associer de confiance.

La scène i de l’acte V d ’Agamemnone, d’Alfieri, était à l’adresse des médecins italiens.

TRAVAUX ORIGINAUX

Clinique chirurgicale.

De la périostite externe chronique, par M. le docteur Ciiarvot, professeur agrégé au Val-de-Grâce.

(Suite. — Voyez le numéro 40.)

Symptomatologie. — ■ La périostite chronique atteint presque exclusivement l’homme adolescent ou adulte, le plus souvent entre vingt-deux et vingt-cinq ans, c’est-à-dire le soldat après deux ou trois ans de service (on peut s’en assurer par le tableau ci-contre). Les hommes plus âgés ne sont atteints de cette maladie que par exception, autant qu’on peut en juger dans la pratique militaire où l’on a le plus souvent à traiter des jeunes gens. Cependant notre tableau renferme le cas d’un militaire de trente-huit ans atteint de périostite costale et même celui d’un homme de quarante ans porteur d’une périostite du fémur.

Cette affection débute le plus souvent sur le sujet bien portant jusque-là. On trouve bien parfois des antécédents scrofuleux; mais le plus souvent l’homme est robuste, la constitution bonne en apparence ; le tempérament ne présente pas d’autres caractères spéciaux que ceux du lymphatisme. En général on ne note pas de maladies antérieures, surtout très-peu d’affections de poitrine ; la proportion des malades atteints de pleurésies antérieures est très-faible; nous verrons l’importance de cette remarque au point de vue de l’étiologie des abcès froids thoraciques.

L’affection débute d’ordinaire spontanément ; le plus souvent on ne trouve, pour expliquer sa naissance, ni lésion traumatique ni causes mécaniques bien nettes, comme le voulaient les anciens chirurgiens militaires. La périostite se développe d’une façon lente et insidieuse et souvent l’homine reste souffrant pendant des mois sans qu’on puisse préciser la nature de la maladie.

Pour étudier ces symptômes avec méthode, il est nécessaire de diviser l’évolution de la périostite externe chronique en quatre degrés ou périodes :

1° Le premier degré correspond à la période de début ou de formation ; il est caractérisé par de la douleur et du gonflement.

2" Au second degré la tuméfaction subit la fonte purulente, l’abcès froid est formé; c’est la période de suppuration.

3° Au troisième degré, période de fongosités, l’abcès sc vide et sa cavité s’emplit de bourgeons fongueux.

4° Enfin le quatrième degré est la période de terminaison, qui présente plusieurs variétés. La terminaison la plus ordinaire est la guérison. D’autres fois l’affection, en se propa-

La scène de Phèdre nous intéressait tout particulièrement. Une jeune actrice, mademoiselle de Groot, dont la figure habilement grimée rappelait assez bien celle de notre Rachel, remporta un véritable succès par la justesse de son jeu et la façon remarquable dont elle parlait notre langue. Jamais nous n’avons mieux compris la difficulté du triste rôle d’Hippolyle qu’en contemplant l’acteur chargé de le représenter. Le malheureux, fort embarrassé de sauver son innocence des entreprises de Phèdre, avait pris comme interprète de scs sentiments son propre manteau, qu’il pliait, dépliait, mesurait en fous sens. Nous risquons Phypothèse qu’il le trouvait trop court pour la circonstance.

Le programme comprenait une indication assez mystérieuse : le Passé, le Présent, le Futur. Nous en eûmes bientôt l’explication. II s’agissait de tableaux vivants. La toile se leva sur le tableau de Matou qui orne le mur dn grand amphithéâtre de notre Faculté. C’étaient bien l’amputé avec son moignon saignant, Ambroise Paré le fer rouge

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géant aujû tissus voisins, amène des complications qui en modifienM’îssue. Enfin, elle peut se terminer par la mort, à la suite nu^développement de la tuberculose générale.

Mais il est bon de noter aue la périostite externe chronique ne suit pas toujours toutes les phases de son évolution et peut T guérir avant d’avoir achevé ce cycle complet.

Premier degré : Période de début. — Cette période est caractérisée par deux symptômes qui sont, d’après leur ordre d’apparition : 1" la douleur; 2° le gonflement.

. Douleur. — Cette douleur se montre dans la plupart des cas, mais elle est plus particulièrement constante dans les périostites du fémur et surtout dans celles de la cage thoracique. Elle siégesur une région du squelette, qui correspond à l’extrémité épiphysaire de l’os, et présente comme caractère important d’être fixe en ce point. La douleur, parfois assez vive, est exaspérée par les mouvements de la région et surtout par la pression. Elle est durable, ne cède pas au repos, et continue pendant la nuit. Enfin elle persiste pendant des mois avant l’apparition des autres symptômes. Aussi les malades affectés d’une périostite en formation sont-ils souvent envoyés au début dans les services de médecine pour douleurs névralgiques ; c'est seulement quand la tuméfaction apparaît qu’ils sont évacués dans les salles de chirurgie.

Gonflement. — La douleur précède de plusieurs mois la tuméfaction ; car l’affection dont nous nous occupons est essentiellement chronique et présente une évolution trèslente. Dans la forme subaiguë la plus rapide la douleur dure un ou deux mois avant que le gonflement puisse être senti ; mais dans la forme chronique qui est commune, cette période peut se prolonger jusqu’à six mois. On sent alors au niveau du point douloureux un empâtement dur qui fait corps avec l’os. Celte tuméfaction est souvent difficile h distinguer au début, surtout dans les points où l’os est recouvert par une grande épaisseur de masses charnues, comme à la cuisse. Quand l’os est superficiel, elle est très-aisément perçue; c’est ainsi qu’aux côtes, au cubitus, au tibia, qui peuvent être facilement explorés parle toucher, ce gonflement peut être reconnu de bonne heure. La tuméfaction va en augmentant et peut acquérir le volume d’une petite orange. Elle présente alors les caractères suivants :

La tumeur siège au point douloureux, c’est-à-dire sur un point du squelette voisin de l’extrémité épiphysaire; elle se développe dans le sens de l’os vers la diaphyse : aussi elle est fusiforme et prend une forme allongée dans le sens de la diaphyse osseuse. C’est ainsi qu’à la cage thoracique elle suit la direction des côtes.

La tuméfaction est adhérente à l'os sur lequel on ne peut la déplacer. Cette fixité montre qu’elle fait corps avec lui. Elle est donc plus ou moins profondément située dans les tissus suivant la position de l’os. Elle est indépendante des parties

à cautériser les plaies, la foule des assistants étonnée et anxieuse. L’acteur à le visage vermeil et rasé de frais, les favoris en côtelettes, une bonbonne d’acide phénique à ses pieds. Tout h coup, on crie : c’est lui ! ce n’est pas lui ! «. Qui lui? Ambroise Paré, me demande un bourgeois, mon voisin? — Monsieur, Ambroise Paré est mort en 1590. — Merci, monsieur. » On crie de plus belle : C’est lui, c’est Lister! et l’on applaudit à tout rompre. Là-dessus, notre excellent confrère d’Edimburg, placé au premier rang de l’orchestre, se lève et salue l’assistance, expliquant par là qu’il n’est pas sur les planches, et qu’il a un sosie chez un acteur grimé. Mais nous avons vu des gens qui n’en voulaient pas démordre.

Ce tableau représentait le Passé et le Présent. Qu’allionsnous avoir pour le Futur?

La Danse macabre de Saint-Saëns, jouée dans l’intermède, n’arriva pas à calmer notre impatience. La toile se lève de nouveau, et le Futur nous apparaît. C’est la Leçon d'anatomie de Rembrandt, l’admirable toile du musée de la Haye.

molles qui la recouvrent et que l’on peut facilement dép'acer sur elle-. Ses limites sont perceptibles au toucher et le doigt en quittant sa circonférence assez dure éprouve un ressaut. Sa consistance est caractéristique, c’est celle de la rénitence due à l’engorgement des organes fibro-celluleux placés sur un plan résistant. Le doigt éprouve très-nettement la sensation d'un tissu osseux recouvert par un périoste empâté et gonflé. Cette pression est douloureuse.

Pour terminer, nous ferons remarquer que la périostite s’étend sur l’os suivant sa longueur, mais non pas dans le sens de sa circonférence. L’altération qui débute sur un point ne tend pas à envahir les autres faces de l’os, et c’est à peine si à la longue les deux tiers de sa circonférence sont malades. Ainsi à la paroi thoracique la périostite, qui se développe sur la face externe des côtes, peut durer deux ou trois ans sans atteindre la face pleurale. Au fémur l’affection débute ordinairement au côté externe de l’os et ne gagne qu’à la longue les deux tiers de sa circonférence vers le côté interne.

Deuxième degré : Période de suppuration. — Au bout d’un temps variable, mais toujours assez long, la périostite passe à la suppuration. Celle-ci s’établit spontanément par le fait de l’évolution de la maladie, ou sous l’influence de causes extérieures, parmi lesquelles il faut compter les manipulations chirurgicales. La fonte purulente se fait lentement comme dans toute suppuration froide, sans phénomènes phlcgmoneux; on ne note pas de fièvre ; la douleur, quand elle existe, est légère et disparaît après la formation de l’abcès! Le pus commence à se collecter au centre de la tumeur qui semble se fondre par sa partie centrale, tandis que les bords restent indurés. Quand on palpe à ce moment la grosseur, on sent la fluctuation au milieu, mais au pourtour le doigt rencontre un bourrelet assez dur; c’est une sensation analogue à celle que donne la pression sur un céphalématome. La tumeur finit par être complètement transformée en une collection purulente froide. L’abcès prend alors la forme et la direction de la tuméfaction qui lui a donné naissance. Il est donc fusiforme, allongé suivant la direction de l’os, auquel il reste adhérent; au début les parties molles peuvent être déplacées sur lui. La suppuration une fois formée reste longtemps stationnaire, d’ordinaire pendant six et même huit mois, à moins que quelque circonstance fortuite ne vienne hâter son évolution.

A partir de ce moment l’abcès froid, résultat de la périostite chronique, ne diffère plus des autres que par l’origine et suit la même évolution; leur description se trouve dans tous les traités classiques. Les auteurs anciens s’occupaient peu de l’étiologie de ces abcès qu’ils étudiaient tout formés; mais ils ont donné de cette dernière période une description clinique telle qu’il n’y a plus rien à ajouter. On connaît donc leur histoire : ils évoluent vers l’extérieur à travers les tissus. La suppuration traverse assez facilement les muscles qu’elle

Autour du cadavre se rangeaient, dans les attitudes des personnages du tableau..., des femmes portant différents costumes : Flamandes, Hollandaises, Anglaises, Russes, Françaises, entouraient la table. Une matrone hollandaise faisait la démonstration.. C’était là le Futur, l’avenir de la chirurgie.

La salle allait crouler sous les applaudissements, quand fort heureusement mademoiselle de Groot attaqua en italien les premiers vers du monologue de Clytemnestre d 'Agamernnone. En italien, disons-nous, et la jeune actrice nous a paru s’exprimer dans cette troisième langue avec une parfaite aisance. De pareilles aptitudes, soit dit en passant, sont véritablement exceptionnelles, et, parmi nous, plus d’un les enviait tout bas à l’aimable actrice.

La fête n’eût pas été complète sans une salve d’artillerie exécutée par une centaine de bouteilles de champagne dont le contenu fut vidé en quelques minutes dans les coupes qu’on nous avait distribuées.

En somme, charmante soirée, fort intéressante, animée de

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sépare ou dissocie, mais séjourne parfois sous les aponévroses qui se laissent difficilement perforer et opposent une barrière très-forte. Il s’établit alors un travail phlegmoneux dû le plus souvent aux pressions répétées, qui amène la perforation de l’aponévrose et de la peau. Ces phénomènes inflammatoires subaigus sont : un peu de fièvre, de la douleur et de l’empâtement. Souvent le chirurgien ne laisse pas l’abcès évoluer ainsi spontanément et l’ouvre avec des caustiques ou le bistouri.

Le pus qui s’écoule présente des caractères qu’il est important d’étudier. Au début il ressemble au pus des abcès froids tel qu’il est décrit dans les traités classiques : il est séreux, granuleux, mal lié, sans consistance et ressemble au petit lait, mais il change bientôt d’aspect; les premières portions du pus qui s’écoulent proviennent de la fonte du tissu cellulaire et des parties que la collection purulente a dû désorganiser pour échapper au dehors. Mais quand l’abcès extérieur s’est vidé, on voit s’établir la sécrétion périoslique pure qui présente des caractères spéciaux : ce qui s’écoule est un liquide hyalin rosé, louche, trouble, .gluant, filant, ressemblante une solution gommeuse ou albumineuse; il se coagule par la chaleur. Cette sécrétion gélatineuse du début examinée au microscope présente : beaucoup de leucocytes, quelques globules de sang décomposé et des cristaux ; on n’y rencontre jainais à cette période de débris osseux et les gouttelettes huileuses y sont rares. C’est donc un liquide analogue à la lymphe. Ce liquide lymphoïde ne coule pas d’une manière continue, du moins à l’état de pureté. Danscerlains moments il est mélangé à du pus; dans d’autres, il disparaît au milieu des éléments purulents, lorsque ceux-ci sont abondants. Quant au pus, il présente ce caractère essentiel, de charrier par intervalles plus ou moins rapprochés des débris caséeux. En somme, le liquide qui s’écoule est formé par le mélange de la sécrétion périoslique avec la suppuration du tissu cellulaire. Quand on excite le foyer par des médicaments irritants, on voit l’écoulement devenir franchement purulent.

Les caractères si tranchés de cette sécrétion périostique avaient frappé depuis longtemps les cliniciens. Bichat avait dit que le propre de l’inflammation des tissus cellulo-fibreux était de sécréter une matière gommeuse colloïde. Lobstein avait remarqué que la périostite laissait exsuder un liquide filant gélatineux. Enfin, Ollier, ayant observé quelques cas de ces périostites, crut trouver dans la nature du produit sécrété un caractère suffisamment distinctif pour donner à l’affection le nom de périostite albumineuse. Le chirurgien de Lyon, avec un talent d’observation remarquable, entrevit une partie de l’histoire de la périostite externe, il analysa le liquide exsudé et trouva comme composition chimique : de l’albumine, quelques globules de pus et beaucoup de phosphate de chaux, ce qui est plus difficile à expliquer.

la plus franche cordialité, et dont chacun emporta vers minuit le plus aimable souvenir.

Dans un pays où l’hospitalité est si largement comprise, on devine ce que pouvait être le banquet d’adieu du samedi ■13 septembre. Ici cependant nous devons placer une observation faite par la plupart d’entre nous. Elle concerne les toasts, qui sont partout en usage, mais qui, dans un banquet hollandais, se succèdent à l’infini. Le mal ne serait pas grand si quelques mesures d’ordre pouvaient s’introduire dans toutes ces allocutions; mais la confusion la plus complète règne sur ce chapitre. Chacun se lève, parle, se rasseoit sans s’inquiéter du voisin. C’est la tour de Babel. Ne vaudrait-il pas mieux que les toasts fussent inscrits à l’avance et appelés par le président? On éviterait ainsi des répétitions sans intérêt, et on ne s’exposerait pas à voir tous les représentants d’une nationalité quitter la salle du Banquet sans qu’aucun salut ait élé adressé à leur pays. Omission bien involontaire, assurément, mais regrettable.

Le liquide que nous venons de décrire s’écoule en pelite

uantité par un ou plusieurs orifices fistuleux qui conduisent

ans la cavité de l’abcès ; si on en explore le fond, on trouve un foyer irrégulier, anfractueux, dontles replis sont séparés par des brides, débris de muscles et d’aponévroses, provenant de la fonte inégale des tissus. Les parois de l’abcès sont tapissées de bourgeons qui forment une membrane granuleuse continue et ne présentant aucune solution de continuité. Ces villosités donnent la sensation du velours. Le stylet les traverse facilement, mais ne va pas jusqu’à l’os. Enfin en aucun point le tissu osseux n’est mis à nu. •

A cette période l’affection cesse d’être douloureuse. La douleur est seulement provoquée par la pression; elle est surtout vive au pourtour, là où la périostite qui s’étend n’a pas encore suppuré.

Cette collection purulente était autrefois prise pour un abcès idiopathique : les signes de périostite concomitants, dont l’existence n’avail pas échappé à l’observation des anciens chirurgiens, étaient attribués à l’extension de l’inflammation produite par l’abcès aux tissus voisins et par suite au périoste. Mais cette interprétation, d’après laquelle la périostite serait secondaire à l’abcès, doit être renversée ; car il est facile de voir qu’au contraire la suppuration a son point de départ dans la couche externe du périoste. Les anciens, en effet, n’observaient ces abcès que quand ils étaient formés. Aujourd'hui, comme on est prévenu, on a souvent l’occasion d’assister au début de l’affection et de l’observer depuis sa naissance sur des os facilement accessibles à l’exploration, par exemple sur les côtes. Or, on trouve, plusieurs mois avant la formation de l’abcès, une douleur fixe en ce point et un gonflement de l’os. Puis on a pu constater de visu le siège anatomique de ces périostites et leur mode d’évolution. La tumeur œdémateuse au début a été quelquefois incisée ou ponctionnée par erreur ou dans un but thérapeutique, et il rnest jamais sorti à cette première période qu’un liquide gélatineux. Ollier, croyant évacuer une collection purulente, a ponctionné plusieurs fois ces tuméfaè^ions périostiques ; et il n’a jamais vu sourdre qu’un liquideHehe en albumine, ce qui luia fait donner à cette forme de périostite le nom d’albumineuse.. D’autres chirurgiens, traitant ces tumeurs comme des phlegmons, les ont largement incisées et n’ont trouvé à la place du pus qu’un liquide filant. Enfin dans certains cas on a cru à des tumeurs malignes et on les a extirpées ; on a eu alors sous les yeux les pièces anatomiques qu’on a pu examiner de près.

L’ensemble de ces observations met hors de doute le point de départ du processus inflammatoire dans le périoste. 11 permet, en outre, de reconnaître son siège exact à la surface de la membrane périoslique, en montrant les altérations du début occuper exclusivement la couche externe du périoste et non le tissu cellulaire ambiant qui conserve à celte période

Il ne nous restait plus, après une semaine aussi bien employée, qu’à serrer amicalement la main de nos hôtes; mais on ne pouvait se quitter ainsi.

Le dimanche, une excursion avait été proposée pour Schoveningue, station célèbre de bains de mer située dans le voisinage de la Haye.

Dès le matin "dix heures, un train nous amenait à la Haye, où des voitures confortables et bien attelées nous attendaient en gare.

On peut le dire sans crainte d’exagération : au point de vue du luxe, des constructions, de l’aspect riant des quartiers, peu de villes en Europe peuvent rivaliser avec la Haye. C’est là que les Hollandais jouissent des fortunes gagnées dans les comptoirs d’Amsterdam et de Rotterdam. Pendant une heure nos voitures nous firent parcourir de splendides boulevards ombragés d’arbres séculaires, bordés d’habitations luxueuses, et quelques-unes véritablement remarquables. Au bout de la ville, le bois aux larges allées, aux arbres magnifiques, aux

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toutes ses propriétés normales. Enfin, il fait connaître la source de la suppuration, en faisant constater que le pus provient des tissus primitivement enflammés.

Il est facile de démontrer que la suppuration ne se forme pas, comme dans les autres formes de périostite, à la face profonde du périoste, entre cette membrane et l’os. Car, lorsque l’abcès est ouvert, on peut explorer la cavité purulente et constater qu’en aucun point l’os n’est mis à nu ; on arrive sur un périoste épaissi et bourgeonnant qui recouvre exactement au début l’os qu’il tapisse; et l’on est forcé d’admettre que la collection purulente s’est formée aux dépens do sa face externe.

Ajoutons pour être complet que ces abcès, une fois formés, évoluent sur place et gardent constamment pour base le point du périoste qui leur a donné naissance. Ils ne sont donc jamais migrateurs.

Symptômes de voisinage. — A la période de suppuration la périostite s’accompagne de certaines lésions de voisinage dues à l’extension du processus irritatif aux tissus ambiants. Elles sont surtout fréquentes lorsque la périostite se localise vers l’extrémité épiphysaire des os longs. Ces complications consistent dans : des synovites tendineuses périarliculaires, des synovites articulaires et des altérations anatomiques de l’épiphyse. Ces lésions de voisinage n’ont pas d’ordinaire grande gravité; mais elles peuvent devenir définitives et amener soit une déformation, soit une demi-anlcylose, soit môme une véritable synovite fongueuse.

1° Synovites tendineuses périarliculaires. — Elles sont surtout fréquentes dans les régions périarticulaires riches en gaines tendineuses, comme le genou, le coup de pied, le poignet. Ces synovites sont d’abord séreuses et amènent l’hydropisie de la gaine. Elles restent le plus souvent à l’état séreux, et, dans ce cas, disparaissent sans traitement. Mais dans certains cas la synovite, passant à l’état fongueux,' peut devenir le point de départ d’accidents sérieux. On comprend que cette complication peut facilement donner lieu à des erreurs de diagnostic.

2“ Synovites articulaires. — La synoviale de l’articulation voisine peut également se prendre. Cette synovite articulaire se développe parfois au premier degré de la périostite chronique, mais elle apparaît surtout à la période de suppuration. Elle reste le plus souvent à l’état de synovite séreuse et ne passe que rarement à la forme fongueuse. Elle guérit le plus souvent sans traitement et disparaît avec les accidents périostiques qui lui ont donné naissance. Cette hydarthrose secondaire est la cause d’erreurs de diagnostic presque inévitables si l’on ne songe pas à la périostite. On croit à une arthrite au début, à une hydarthrose essentielle, et, si on découvre plus tard la périostite, on la considère comme consécutive à l’arthrite. (Voy. l’observation n° 4.)

charmantes perspectives de dessous de bois divinement éclairés, de pelouses verdoyantes. Après 2 ou 8 kilomètres de ce trajet véritablement enchanteur, une immense éclaircie terminant brusquement le paysage. C’est Sclieveningue avec sa large plage de sable, bordée d’hôtels et de casinos. C’est la mer du Nord, toujours un peu houleuse, sillonnée au large de bâtiments de toute nature, les uns courant parallèlement à la côte, les autres s’enfuyant au loin et déjà perdus dans la brume de l’horizon. Et tout cela à quelques mille mètres d’une des villes les plus riches de l’Europe, au bout d’une des plus riantes promenades que puisse rêver un paysagiste. En moins d’une demi-heure, un tramway vous conduit du centre de la ville à une station de bains de mer installée avec tout le confortable des établissements les plus renommés.

A Sclieveningue, le maire et le médecin des bains nous souhaitent la bienvenue. Un lunch nous est offert, à la suite duquel nous visitons l’établissement. Une heure après nous étions à la Haye, réunis dans le musée, admirant la merveil-

3” Altération clés épiphyses. — Celle-ci consiste en un gonflement de l’extrémité épiphysaire de l’os, le plus souvent partiel et correspondant à la périostite. Quand il est peu développé, le gonflement est extérieur et dû probablement à l’altération des tissus fibreux qui s’insèrent sur l’épiphyse. Ces déformations tiennent peut-être dans certains cas à des hypertrophies du cartilage épiphysaire. Mais le plus souvent on ne peut invoquer cette cause, car, à l’âge où l’on observe les malades, l’ossification des cartilages épi— physaires commence à être complète. Nous pouvons même citer une observation où le malade atteint de périostite avec déformation épiphysaire, était âgé de quarante ans. Ces altérations de l’épiphyse articulaire peuvent entraîner une gêne notable dans les mouvements de l’article. C’est ainsi qu’au genou l’extrémité inférieure du fémur est souvent déformée ; un des condyles devient plus gros. L’épaississement siège parfois sur la partie antérieure dans l’espace intercondylien et repousse en avant le cul-de-sac synovial; le genou prend alors une forme spéciale ; il est bombé en avant.

Ces altérations sont dues simplement au retentissement du processus irritatif sur les organes voisins, mais non pas à l’extension de la périostite de ce côté. L’affection est le plus souvent juxta-épiphysaire, son point de départ se trouvant à l’extrémité épiphysaire de l’os, mais en évoluant elle s’étend toujours vers la diaphyse; on peut en donner l’explication suivante basée sur la structure anatomique des parties : Du côté de l’épiphyse articulaire le périoste s’amincit et se réduit presque à rien. 11 est remplacé parles insertions tendineuses, les tissus fibreux ligamenteux et les replis synoviaux. Aussi les altérations des épiphyses consistent plutôt dans des ostéites. Du côté de la diaphyse, au contraire, le périoste est épais, gorgé de vaisseaux sanguins. Il est donc éminemment propre à s’enflammer et il n’est pas étonnant que la périostite chronique progresse de ce côté.

(A suivre.)

Pathologie Interne.

Note sur un cas d’épithélioma pavimenteux développé sur la cicatrice d’un moignon, à l’occasion de la communication faite par M. le docteur Burdel, à l’Académie de médecine, le 22 avril 1879, par M. le docteur Petitfils, médecin de l’hôpital de Vierzon.

Cette observation a été résumée et présentée, avec moulage en plâtre et pièces à l’appui, à la Société anatomique, le 27 juin dernier. Ce retard est dû à des circonstances indépendantes de ma vplonté.

L’homine qui fait le sujet de mon observation est le même

leuse Leçon d'anatomie de Rembrandt, dont notre Académie possède une assez bonne copie. Déjà, à Amsterdam, nous avions vu la fameuse Bonde de nuit et les Syndics des-drapiers. Ici, outre la Leçon d’anatomie, nous trouvons encore le Simeon au temple, la Suzanne au bain. Dans un salon voisin, le Taureau de Paul Potter. Puis les maîtres de l’école flamande représentés par leurs meilleures toiles. Un entassement de chefs-d’œuvre qui fait du musée de la Haye une des plus célèbres collections du monde.

Il était difficile de mieux terminer notre voyage. La plupart d’entre nous ne s’étaient pas contentés de ces excursions officielles, d’ailleurs si intelligemment choisies. — Harlem, Leyde, Utrecht, avaient attiré de nombreux visiteurs. — Le grand nom de Boerhaave m’avait dirigé vers Leyde, où j’ai passé une agréable après-midi. La statue de l’illustre médecin est placée à l’entrée de la ville, presque à la sortie du chemin de fer. Bien que Leyde soit le siège d’un commerce important et compte près de 40 000 habitants, c’est la

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individu dont le docteur Burdel, membre correspondant de l’Académie, a retracé l’histoire, d’une façon fort inexacte d’ailleurs^ le 22 avril dernier, à l’Académie. J’ai souligné les passages ou je rétablis les faits, afin de permettre de comparer plus facilement avec le compte rendu in extenso de la séance.

Obs. — Le nommé Feuille, exerçant à Vierzon la profession de facteur, vint me consulter en avril 1876 pour une tumeur du poignet. Cet homme me présente alors un moignon en forme de massue dont le squelette est constitué par les métacarpiens. 11 n’existe aucune phalange du pouce ou des doigts. Ce moignon n’est pas congénital, car cct homme me raconte qu’étant âgé de quinze mois il tomba dans le feu et se brûla grièvement la main gauche, dont toutes les phalanges furent éliminées par la suppuration au niveau des métacarpiens. 11 en résulta une sorte de massue, couverte de cicatrices sur les parties dorsale et externe, qui permit cependant à cet homme d’entreprendre certains travaux manuels, tels que la culture de son jardin.

Comme antécédents : la mère est morte d’un cancer de la face à soixante-dix-huit ans.

Cet homme n’a jamais perdu d'enfants; les deux filles de son second mariage ont actuellement, l’une sept ans et l’autre neuf ans, et se portent fort bien au moment où j’écris. Il a perdu une sœur; sa nièce, que j’ai soignée dans sa dernière maladie, est morte d’une fièvre typhoïde, accompagnée, dès le début, d’un avortement au troisième mois environ, et compliquée à la fin d’une pneumonie double.

Cet individu, d’ailleurs robuste, sanguin, avait une santé parfaite, lorsqu’en février 1876, à l’âge de cinquante et un ans, une des cicatrices, située au niveau de l’articulation carpo-métacarpienne, sur le bord externe de l’avant-bras, s’entr’ouvrit légèrement, et quelques jours après livra passage à une petite masse rouge, charnue, du volume d’une lenLille. Peu à peu ce bourgeon s’accrut et finit par inquiéter le malade, qui, en mai, se mit entre les mains d’un pharmacien. Après un mois de traitement, les choses allant de mal en pis, le malade vint me consulter. A ce moment, le 10 juin 1876, la tumeur avait le volume d’une noix coupée par la moitié, saignant au moindre contact, toujours recouverte d’un suintement purulent et causant au malade, dans tout le bras et l’épaule, des douleurs considérables qui lui enlevaient complètement le sommeil. Pas de ganglions axillaire ni épitrochléen. Du [16 juin au 1" juillet je traversai la tumeur avec des flèches en pâte de Canquoin, et après quatre cautérisations successives la masse était un peu moins volumineuse. Mais bientôt l’accroissement fut si rapide qu’il devint évident que rien ne pouvait faire obstacle à l’envahissement des tissus sains. Je proposai l’amputation au malade, qui, trouvant le moyen trop héroïque, ne revint plus me voir. Ce ne fut qu’à la fin du mois de juillet, après avoir essayé de tous les moyens extra-médicaux, qu’il revint à la médecine et consulta, à Bourges, M. Ch. Sarazin. Ce savant confrère lui indiqua l’amputation comme le seul moyen de guérison. Il revint me voir pour ce motif et entra dans mon service à l’hôpital de Vierzon, où je lui pratiquai l’amputation, le 28 juillet 1876, au tiers inférieur de l’avant-bras, par la méthode à deux lambeaux. Le docteur Burdel, médecin de l’hôpital à cette époque, voulut bien me prêter son concours.

L’opération ne présenta rien de remarquable, si ce n’est une anomalie de l’interosseux, qui fut introuvable, quelque attention qu’on mît à sa recherche. Grâce à l’appareil d’Esmareh, le patient ne perdit que très-peu de sang. Je tentai la réunion immédiate en affrontant les bords de la plaie au moyen de sutures entortillées el j’appliquai le pansement ouaté de M. Guérin, avec les badigeonnages de goudron introduits par M. Ch. Sarazin.

Le moignon n’a pas ete examine immédiatement, je le conservai dans le liquide de Müller.

Le second pansement eut lieu le 1er août, quatre jours après l’opération, sur les instances du malade. Le 3 août, dans l’aprèsmidi, douleurs névralgiques du inoignon, s’irradiant jusqu’à l’épaule, qui persistent jusqu’au milieu de la nuit. Le 4, nouvel accès que j’empêchai de reparaître, comme l’a, du reste, indiqué le professeur Verneuil, par l’emploi du sulfate de quinine. Les trois autres pansements furent faits de huit en huit jours, et le 30 août le malade quittait l’hôpital, complètement guéri, pour reprendre son service de facteur.

L’année suivante, en août 1877, cet homme, dont la santé n’avait subi aucune atteinte jusqu’alors, vint me consulter pour une toux opiniâtre, sèche, quinteuse, causée, disait-il, par un picotement très-douloureux et très-tenace au côté gauche du larynx. Je le trouvai amaigri el fort inquiet de son état. 11 fut convenu qu’il appliquerait loco dolenli un vésicatoire de petite dimension. Je lui conseillai de se reposer un peu, et tout en le prévenant de ne pas s’inquiéter, je craignis une terminaison funeste. 11 ne revint plus me voir, mais j’appris par la suite qu’il était mort vers le mois d’octobre de la même année d’une complication pulmonaire, soigné par le docteur Burdel.

Examen anatomique du moignon. — La pièce a séjourné dans le liquide de Müller depuis le 28 juillet 1876. L’examen du moignon démontre l’existence de cicatrices sur la partie dorsale; quant aux cicatrices du bord externe, elles ont disparu par l'envahissement du néoplasme. Ce moignon n’est donc pas congénital, comme je l’ai dit plus haut, et la peau de la partie antérieure de la main a été entraînée en arrière, sur la partie dorsale ou postérieure, par la rétraction du tissu cicatriciel. La tumeur, dont le volume était plus considérable avant son durcissement, offre encore 7 centimètres de diamètre dans l’axe du bras, 9 centimètres transversalement d’avant en arrière, et 35 millimètres environ d’épaisseur. Son accroissement en cinq mois a donc été considérable, surtout si l’on y joint la quantité de tissus enlevée par la cautérisation en flèche.

Je fais mouler le moignon avant, d’inciser la tumeur.

Au microscope, une coupe de celte tumeur, colorée par la solution ammoniacale de carmin, montée dans la glycérine, montre à 140 diamètres (oculaire 4, objectif 4, Hartnock) un stroma de tissu conjonctif fibrillaire parsemé d’îlots dont les dimensions sont variables. Ces groupes cellulaires sont plus ou moins nombreux, suivant le point de la préparation, et l’aire n’est pas toujours remplie par les cellules. Autour de ces masses agglomérées on trouve dans le stroma de petites cellules rondes très-nombreuses colorées fortement par le carmin.

A 300 et 450 diamètres (oculaire 3, objectif 7 ; oculaire 4, objectif 7), on distingue nettement la nature épithéliale des cellules dont le protoplasma amorphe, légèrement grenu, entoure le noyau

ville du silence et du calme. Ses nombreux canaux bordés de platanes longent des maisons élégantes et riches où le mouvement semble inconnu. À travers les fenêtres entr’ouverles, l’œil se repose avec plaisir sur de larges pièces meublées avec luxe, et généralement ornées de fleurs rares. Une des curiosités de la ville est le Rhin, qui se divise en deux bras pour la parcourir. Rien n’égale la surprise du voyageur en voyant le grand fleuve, à quelques lieues de son embouchure, réduit aux proportions d’un simple canal, de la plus modeste rivière.

Une visite à l’Université était de rigueur. Elle est située dans les bâtiments d’un ancien couvent. Les Facultés de droit, de sciences et lettres, de théologie, y sont réunies. La Faculté de médecine siège dans les bâtiments de l’hôpital. Tout est simple et un peu froid. La salle des thèses est décorée de haut en bas des portraits des professeurs de l’Université depuis sa fondation. Plusieurs de ces portraits sont de remarquables peintures. C’est dans l’escalier que se trouve la note gaie, la trace du passage de la jeunesse. Sur le mur

blanchi à la chaux, un jeune homme a lestement esquissé, avec un cigare éteint, dit-on, les principales phases de la vie de l’étudiant hollandais. C’est une série de scènes très-vivement enlevées, et figurant en charge les principaux épisodes de la carrière universitaire. L’étudiant quitte sa famille en emportant la bénédiction paternelle. 11 arrive à l’école ; un ours l’accompagne. L’ours, par un jeu de mots hollandais, figure la dette; c’est le créancier qui talonne le jeune homme jusqu'à l’épreuve finale. Voici l’étudiant entre Vénus et Minerve. Minerve est armée de pied en cap. Vénus, probablement gênée par la chaleur, a envoyé sa cnlamyde à quelque moulin du voisinage. On sait qu’ils ne sont pas rares dans le pays. Naturellement l’étudiant suit Minerve, sans toutefois désespérer de ses rigueurs Vénus, qui l’accompagne d’un peu loin. L’ours ne le quitte pas; il paraît même notablement engraissé. En suivant l'escalier, nous arrivons à la salle des examens. L’inscription de l'Enfer du 'Dante : Lasciale ogni speranza, la surmonte. A droite est le candidat heureux ; à

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brillant et son nucléole. Certaines cellules ont plusieurs noyaux. La périphérie de l’îlot est constituée par une rangée de cellules épithéliales, pavirnenleuses, polyédriques, se touchant par leurs bords; une seconde rangée tapisse la première et ainsi jusqu’à ce que l’alvéole soit comblé. Ce n’est pas que les cellules remplissent toujours aussi régulièrement l’alvéole, car les manipulations subies par la coupe amènent souvent la disparition d’un certain nombre d’entre elles, sans compter la régression dont elles sont souvent le siège. On trouve encore des globes épidermiques dont la coupe ressemble au diagramme d’une fleur. Ces globes se rencontrent dans tous les points de la préparation, aussi bien au milieu du stroma que dans un îlot de cellules. On trouve enfin un grand nombre de cellules rondes, éparses dans le stroma, mais surtout plus abondantes autour des masses cellulaires, qu’elles augmentent en certains points par apposition. Il existe aussi un certain nombre de vaisseaux. Le stroma est plus ou moins considérable, suivant la disposition plus ou moins rapprochée des îlots de cellules. Gouttelettes graisseuses très-abondantes parfois.

L'examen microscopique de cette tumeur n’a été fait pour la première fois que le 9 mai 1879.

En examinant l’ensemble de la préparation, les rapports des îlots avec la forme alvéolaire du stroma qui les entoure, on est conduit à comparer cette tumeur au carcinome; mais le contenu épithélial de l’alvéole et les globules épidermiques en font un épitbélioma pavimenteux. Les Allemands rappellent, du reste, carcinome épithélial.

En résumé, cet homme, fils d’une cancéreuse, est atteint à son tour de la même diathèse, qui se localise sur un point déjà altéré, et meurt par le poumon.

Quelle est cette affection pulmonaire? Il eût été bien intéressant de pouvoir faire l’examen anatomique des poumons de mon opéré, et de déterminer bien nettement s’il est mort cancéreux ou tuberculeux. Pour moi, je suis d’avis que cet homme a dû mourir d’une infiltration épithéliale du poumon, car le fait est assez fréquent, autant que la coïncidence du cancer et de la tuberculose. Malheureusement, dans l’espèce, la question est insoluble, puisque Yautopsie du nommé Feuille n’a pas été faite.

Cette observation m’a paru avoir une certaine importance théorique et démontre une fois de plus la valeur de l’opinion que M. le professeur Verneuil a émise sur les manifestations des diathèses aux points faibles de l’écouomie, locis minoris vesistentiæ.

Elle démontre encore que les névralgies douloureuses des moignons sont justiciables du sulfate de quinine, comme l’avait également démontré M. Verneuil. Cette médication est d’ailleurs largement employée dans notre contrée, où les accidents palustres prennent les formes les plus variées.

gauche, un flot de larmes coule des yeux d’un condisciple moins favorisé. L’ours se voit à l’horizon. Enfin la grande épreuve a eu lieu. Le candidat est reçu. Le nouveau docteur s’élance vers la maison paternelle. L’ours, démesurément engraissé, peut à peine le suivre, tandis que ses camarades lancés à ses trousses enfoncent sur sa tête, à grand coups de poing, le chapeau qui, suivant un vieil usage, ne doit pas survivre à cette dernière étape. Voici notre docteur rendu à sa famille fière de son succès. L’ours est à la porte, attendant son heure. Le père met déjà la main à la poche pour congédier cet éternel compagnon. Le bonhomme ne se fera pas trop tirer l’oreille, et monsieur le docteur pourra marcher tête levée. — Cette amusant esquisse date de plusieurs années. On n’est pas ennemi à Leyde d’un peu de gaieté. Les docteurs professeurs ont passé en souriant, et le concierge de l’établissement, homme de goût, s’est chargé d’entretenir Y illustration de son escalier. 11 en rafraîchit dans ses moments perdus les contours un peu fatigués.

SOCIÉTÉS SAVANTES

Académie des sciences.

Études sur les effets et le mode d’action des substances EMPLOYÉES DANS LES PANSEMENTS ANTISEPTIQUES. Note de

MM. Gosselin et Albert Bergeron.

Effets des antiseptiques sur le sanq. — I. Une première série d’expériences a consisté à mettre dans sept tubes en verre un peu plus d’un gramme de sang frais venant soit du cochon d’Inde, soit du chien, soit de l’homme. Dans l’un de ces tubes nous n’avons rien ajouté; dans les autres nous avons ajouté, avec un comptegouttes, six gouttes de l’un des antiseptiques. Nous avons laissé tous nos tubes ouverts et nous avons examiné chaque jour l’état du sang (1)...

Nous voyons que, dans cette première série, la putridité a été retardée, mais très-peu, dans le tube qui contenait l’acide phénique au centième; qu’elle l’a été un peu plus dans les deux suivants, qui contenaient l’acide phénique au cinquantième et l’eaude-vie camphrée; plus encore et à peu près le môme temps dans ceux qui contenaient l’alcool pur et l’alcool camphré; et qu’enfin elle a paru tout à fait supprimée dans celui qui contenait l’acide phénique au vingtième.

II. Dans une deuxième série, nous avons pris de la sérosité de sang humain provenant d’une saignée; nous en avons versé ly.SO à 2 grammes dans sept tubes, et nous avons mis dans chacun d’eux six gouttes de nos agents antiseptiques; puis nous avons pris soin d’ajouter tous les matins une nouvelle goutte.

Ici la putréfaction a encore été retardée dans les premiers tubes; elle nous paraît môme y avoir été amoindrie, puisque nous n’avons trouvé que des bactéries annelées peu nombreuses, et aucun des vibrions filamenteux mobiles qui sont les indices de la putréfaction complète. Ces bactéries ont apparu à l’époque oii le nombre de gouttes ajoutées n’avait pas été assez considérable pour donner l’imputrescence. Elles n’ont plus augmenté, et la putréfaction s’est arrêtée lorsque, par l’addition quotidienne, la dose de l’antiseptique est devenue sensiblement plus forte.

III. Jusqu’ici il s’agissait du contact et de l’incorporation des liquides conservateurs avec le sang. Nous avons voulu savoir ce que feraient les mêmes agents à distance, c’est-à-dire par évaporation. Tel a été le but de notre troisième série de recherches. Nous avons versé dans huit cupules, hautes de 4 centimètres et ayant 10 à 12 centimètres de diamètre, une quantité suffisante de sang frais de chien pour donner une couche de 1 centimètre de hauteur, ayant au-dessus d’elle un espace libre et rempli d’air de 3 centimètres; nous avons placé sur l’ouverture de chacune de ces cupides un morceau de tarlatane à mailles larges, plié en quatre ou cinq. I/air passait facilement tant à travers les mailles que sur le contour de la préparation; la cupule était d’ailleurs

(I) Nos examens microscopiques ont été faits avec la lentille à immersion (oculaire

Il fallut enfin quitter et abandonner ce pays si hospitalier. Parmi les médecins français, il en est bien peu qui se dirigèrent droit sur Paris. La plupart firent l’école buissonnière en s’attardant dans les principales villes de la Belgique si- • tuées sur leur passage. Comment traverser Anvers sans y admirer la cathédrale et ses précieux Rubens, son musée de tableaux si riche en chefs-d’œuvre, le musée Plantin Moretus rempli des collections les plus curieuses relatives à l’imprimerie, aux manuscrits anciens? Anvers, grâce à son admirable position sur l’Escaut, au mouvement prodigieux de son port, est certainement la ville la plus gaie de la Belgique. Bruxelles défie toute concurrence par son aspect de grande ville, ses boulevards bordés de constructions luxueuses, scs monuments splendides, l’animation de ses rues, l’apparence de vie qui déborde de tous côtés. La ville parait être en voie d’agrandissement continu. Nous y avons admiré le nouveau palais de justice, encore en voie de construction. Ses proportions ; grandioses, sa riche architecture, en font dès à présent un

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largement ouverte tous les jours, soit pour l’examen du sang, soit pour le renouvellement des linges antiseptiques. L’une des cupules a été recouverte d’une tarlatane sèche, sans aucun mouillage; une autre, de la gaze phéniquée sèche de Lister; les cinq autres, d’une tarlatane mouillée de nos liquides antiseptiques (à part l’eau-de-vie camphrée, qui n’a pas été employée cette fois). Les linges imbibés et la gaze sèche ont été renouvelés tous les deux jours, en prenant soin, pour ceux qui étaient mouillés, de bien les exprimer, afin qu’il ne tombât pas de liquide dans la cupule. Les résultats de celte action à distance ont dépassé de beaucoup toutes nos prévisions.

I" Dans la cupule sans addition, la putréfaction était complète, avec vibrions filamenteux et mobiles le quatrième jour. 2° Dans la cupule recouverte de la gaze de Lister, elle s’est montrée du huitième au dixième jour. 3° Dans la cupule recouverte de gaze phéniquée au centième, putréfaction franche le huitième jour. 4" Dans la cupule recouverte de gaze phéniquée au cinquantième, quelques bactéries annelées le dix-septième jour, rien de plus jusqu’au trente-sixième. Aucune altération, ni mauvaise odeur, ni bactéries, ni vibrions, jusqu’au trente-sixième jour dans 5° la cupule recouverte de gazé alcoolisée (à 86 degrés); 6° dans la cupule recouverte de gaze avec alcool camphré; 7° dans la cupule recouverte de gaze phéniquée au vingtième. (L’expérience continue.)

IV. Notre quatrième série a eu pour objet la recherche des effets produits par la pulvérisation, moyen qu’emploie beaucoup M. Lister et sur la valeur duquel les opinions sont très-divergentes en France. Deux cupules contenant environ 20 grammes de sang humain tiré par des ventouses ont été soumises chaque matin, pendant un quart d’heure, à une pulvérisation avec l’alcool à 86 degrés, au moyen de l’appareil très-commode de MM. Lucas-Championnière et Colin. La putréfaction a bien été retardée jusqu’au neuvième jour; mais à partir de ce moment elle s’est accusée aussi nettement que possible par la fétidité et la présence de nombreux vibrions filamenteux et très-mobiles, et ils se sont accentués de plus en plus ; si bien que nous avons cessé la pulvérisation le treizième jour. Trois autres cupules contenant la même quantité du môme sang humain ont été soumises à la pulvérisation avec la solution phéniquée au vingtième ; nous en sommes au trentième jour : nous n’avons aucune altération putride, et nous croyons qu’il n’en viendra pas, attendu que le sang de ces cupules présente à sa surface la coloration jaunâtre et, dans toute son épaisseur, l’absence des globules et les masses granuleuses qui, pour nous, sont les indices de l’imputrescence.

Sur la présence de l’alcool dans les tissus animaux

PENDANT LA VIE ET APRÈS LA MORT, DANS LES CAS DE PUTRɬ FACTION, AU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE ET TOXICOLOGIQUE.

Note de M. J. Béchamp. — MM. Schrader et Dusch ont fait voir : que la viande bien cuite pouvait se conserver, en présence de l’air filtré, pendant quelques semaines sans altération; que de la viande chauffée au bain-marie, c’est-à-dire seulement coagulée à la surface, se putréfiait, quoiqu’elle fût placée dans les mômes conditions; enfin que le lait lui-même, clans les mêmes expériences, se caillait. Quelle est la cause de ces altérations? Tel est le problème que l’auteur s’est

proposé de résoudre. Il résulte de ses expériences que la putréfaction se rapproche complètement, dans son essence, de la fermentation proprement dite; il y a surtout analogie très-grande entre elle et la fermentation butyrique. L’alcool s’y trouve^ussi, comme dans toutes les fermentations étudiées jusqu’à ce jour; on constate aussi que sa proportion augmente, jusqu’à un certain point, avec le degré d’altération.

Il résulte encore d’autres expériences de l’auteur que les tissus eux-mêmes contiennent de l’alcool, aussi bien que l’urine et le lait (voy. Sur la fermentation alcoolique et acétique spontanée du foie, et sur l'alcool physiologique de l'urine humaine, in Comptes rendus, t. LXXV, p. 1830. — Sur l'alcool et l'acide acétique normaux du lait comme produits de la fonction des microzymas, in Comptes rendus, t. LXXVI, p. 836). (Commissaires : MM. Dumas, Pasleur, Debray.)

Académie de médecine.

f L'Académie reçoit : ^1" Une lettre do M. Loir, doyen do la Faculté des sciences

docteur de Pielra-Sanla, accompagnant Convoi d’une brochure en italien, intitulée : Rapport présenté au sixième congrès des médecins communaux d'Ilalie ( septembre 1879) sur les vaccinations dans la ville de Naples en 1878.

M. Larrey présente, do la part de M. Longmorc, chirurgien général do l’armée anglaise, un ouvrage intitulé : Blessures par armes à feu.

M. Bussy présente, au nom do M. Limousin, pharmacien à Paris, un volume intitulé : Contribution à la pharmacie cl à la thérapeutique.

Nécrologie. — Dans une courte allocution, M. le Président annonce à l’Académie la mort de M. Devergie, l’un de ses anciens présidents. Il propose de lever la séance en signe de deuil.

Après la lecture du discours prononcé par M. Lagneau sur la tombe de l’illustre défunt, discours accueilli par de nombreux applaudissements, la séance est levée.

Société de chirurgie.

SÉANCE DU 1er OCTOBRE 1879.— PRÉSIDENCE DE M. TARNIER.

Après la lecture du procès-verbal de la précédente séance et le dépouillement de la correspondance, M. le Président annonce officiellement la mort de M. Cliassaignac, ancien président de la Société de chirurgie, et la séance est levée en signe de deuil.

des plus beaux monuments de l’Europe. Qui ne connaît Sainte-Gudule, le grand musée de peinture, les galeries Saint-Hubert, la Bourse, l’Hôtel de Ville (une merveille)? Il faut pourtant s’arracher à toutes ces aimables choses. Nous voici revenus à la gare du Midi, et bientôt le train file à toute vapeur vers Paris. Quelques heures après, une immense’ lueur d’un rouge sombre, tranchant à l’horizon sur l’obscurité de la nuit, nous annonce l’approche de la grande ville. Un bon souvenir à la Hollande, à la Belgique, où la vie nous a été si facile, et salut à notre vieux Paris !

Facultés de médecine des départements. — Par suite du voyage que M. le ministre de l’instruction publique vient d’accomplir, les difficultés locales depuis longtemps pendantes relativement à la création de nouveaux établissements d’instruction supérieure dans les grandes villes du Midi et à la réorganisation des Facultés qui existent déjà ont été aplanies ou sont tout près de l’étre. A Bordeaux, les bases d’un contrat ont été arrêtées et signées entre l’Etat et les délégués du conseil municipal. A Toulouse, la municipalité, qui se montrait hésitante, s’est engagée à tenir les promesses qu’elle avait faites. Il en a été de même à Marseille, à Montpellier et à Lyon.

École de médecine de Besançon. — Un concours s’ouvrira, le 4 avril 1880, à l’Ecole préparaloire de médecine et de pharmacie de Besançon, pour un emploi de suppléant pour les chaires de chipiie, pharmacie, matière médicale et histoire naturelle. Le registre d’inscription sera clos un mois avam l’ouverture du concours.

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REVUE DES JOURNAUX

lies lésions histologiques du glomérulc dans les néphrites, par M. LANGHANS.

Le glotnérule est la partie du rein qui a été le moins étudiée par les anatomo-pathologistes. D’après l’auteur, tout reste à faire ou à peu près. Cependant la transformation fibreuse de ces petits organes dans l’atrophie rénale et leur dégénérescence amyloïde nous sont suffisamment connues.

Le glotnérule se compose, comme on sait, d’un tube capillaire plusieurs fois enroulé sur lui-méme et entouré d’une capsule fibreuse. On y distingue trois éléments susceptibles d’altération (en dehors de la capsule), l’épithélium glomérulaire, l’épithélium capsulaire et le capillaire lui-même. Il n’y existe pas de tissu connectif, ou du moins Langhans n’a jamais pu le voir. Les trois éléments dont il s’agit sont étudiés séparément dans le mémoire, au point de vue purement anatomique, puis au point de vue des lésions.

Eu somme, les trois sont susceptibles de prolifération (pour le capillaire il s’agit de noyaux). Lorsque l’épithélium glomérulaire est enflammé, on observe entre la capsule et le glomérulc une quantité de cellules généralement polyédriques, comme il arrive « dans une foule de catarrhes des muqueuses avec desquamation des couches superficielles de l’épi télium ». Celle lésion est très-fréquente.

Lorsque c’est l’épithélium capsulaire qui prolifère, le résultat est à peu près le même ; mais il semble que le giornérule soit plus facilement compromis dans sa fonction. Je rencontre aussi fréquemment les deux lésions dont il s’agit, néphrite desquamative glomérulaire et prolifération de l’épithélium capsulaire; agissent- elles sur le fonctionnement du rein? c’est ce que nous ne saurions dire. Dans un cas de néphrite interstitielle classique, existait un symptôme curieux: l’urine était en même temps très-abondante et très-albumineuse. A l’autopsie, le rein ne se distinguait que par l’existence de la première altération. Dans un second cas, la néphrite capsulaire étant très-avancée, la quantité d’urine était réduite à son maximum, 2 à 300 grammes. Comme on le voit, il serait imprudent d’émettre des conclusions : ce sont là cependant des données cliniques utiles à retenir. Traube avait déjà insisté sur le rôle prépondérant du glomérule dans la pathologie rénale, mais ses idées étaient tombées dans l’oubli parce qu’elles ne s’appuyaient pas sur des faits anatomiques.

Quant au capillaire lui-même, ses altérations sont trèsobscures et très-difficiles à découvrir. Elles consistent essentiellement dans la prolifération des noyaux déjà paroi et la situation. (Virchow' s Archio, t. LXXYI, p. 85.)

Iles infusoires de l'expectoration , par M. IvANNENBERG.

A la clinique de Leyden, où l’on examine avec grand soin les crachats, on découvre périodiquement des faits des plus intéressants. Ainsi Kannenberg a rencontré dans cinq cas de gangrène pulmonaire (sur six) des infusoires de la famille des monades, cerco monas et nionas leus. Ce sont des petits corps arrondis, de la forme et de la grosseur d’une cellule lymphoïde, dont ils ne se distinguent que par leurs rapides mouvements et par un petit appendice en forme de queue. Ils se trouvent en grande abondance dans les petits grumeaux blanchâtres, d’apparence répugnante, qui tombent au fond du crachoir; cependant on en rencontre aussi quelquesuns dans la partie liquide du crachat. Ils ne sont jamais plus faciles à découvrir que dans l’expectoration récente, car c’est le moment où leurs mouvements sont les plus vifs. Au bout de vingt-quatre heures, il est impossible de les retrouver : ils ne se distinguent plus, étant immobiles, des formes cellulaires environnantes. Ce fait indique suffisamment que ces

petits organismes n’ont pas pénétré accidentellement dans le crachoir. L’examen des sécrétions buccales a fourni des résultats négatifs.

Il faut donc croire que ces monades provenaient bien du poumon, et plus spécialement des portions en décomposition gangréneuse. Peut-être même sont-elles la cause première de cette décomposition. Cette hypothèse a du moins le mérite d’être logique, et Kannenberg, qui l’avance un peu timidement, peut l’appuyer d’excellentes raisons, parmi lesquelles la petite découverte dont il vient d’enrichir la science. (Virchow' s Archiv, t. LXXV, p. 471.)

La méthode de Copcmnn contre les vomissements incoercibles de la grossesse, par M. ItOSENTlIAL,

Cette méthode, toute nouvelle, consiste simplement à dilater avec l’indicateur le col de l’utérus. D’après son inventeur, le résultat immédiat et constant serait la cessation des vomissements, et Rosenlhal,qui l’a employé dans deux cas, s’en montre très-satisfait. Sa découverte est due au hasard, et la première observation de Copemanest assez intéressante pour mériter d’être rappelée sommairement. En juin 1874, il fut appelée chez une femme de trente-cinq ans, enceinte de six mois environ, en danger de mort parce qu’elle vomissait tout et qu’aucun moyen n’avait pu calmer ces vomissements. Les médecins étaient tous d’avis de provoquer l’avortement. L’orifice utérin étant légèrement entr’ouvert, Copeman le dilata complètement au moyen du doigt, jusqu’à ce qu’il sentit les membranes ainsi que la tête de l’enfant. Il n’avait sous la main d’autre instrument qu’une sonde de femme pour percer les membranes, et s’en servit inutilement. Les membranes étaient lâches et la tète fœtale fuyait sous la pression. Il revint au bout d’une heure pour terminer l’opération; mais les vomissements avaient cessé, la femme avait mangé et gardé sa nourriture. La grossesse se termina sans accident. (Berl. Klin, Woch., 1879, n" 26.)

»e la sclllaïne, par M. V. Jarmersted.

L’auteur propose ce nom pour un alcaloïde nouveau, extrait de la scille maritime, dont il représenterait en grande partie la substance active. C’est une matière blanche ou jaunâtre, sans odeur, amère, peu soluble dans l’eau, l’éther et le chloroforme, très-soluble dans l’alcool. Elle réduit la liqueur de Barreswill, et se transforme par la chaleur en une masse résineuse qui se décompose avec la plus grande facilité. Elle se dissout dans l’acide chlorhydrique concentré, auquel elle donne une belle coloration rose, disparaissant par la chaleur. Elle donne à l’acide sulfurique concentré une couleur brune fluorescente, passant au rouge par l’addition de bromure de potassium.

Ce nouveau produit, qui serait le seul méritant le nom d’alcaloïde de la scille, n’a pas été jusqu’ici employé en clinique. D’après les expériences faites sur divers animaux, on peut voir qu’il provoque de la diarrhée et des vomissements à forte dose, et qu’il exerce une action toute spéciale sur le cœur. Dans une première période, on observe une élévation de la pression sanguine avec diminution de la fréquence du pouls; dans une seconde période, au contraire, diminution de la pression et augmentation de la fréquence. Ses effets physiologiques étant absolument ceux de la digitaline, il faudrait en conclure que l’action diurétique de la scille ne peut se produire que dans les cas où la difficulté de la diurèse est en rapport avec des troubles de la circulation. Ce qui nous paraît bien en opposition avec l’expérience clinique, et nous rend probable la découverte d’autres alcaloïdes dans la scille. (Archiv. fur exp. Pathol, und Phàrmak., t. XI, p. 22.)

BIBLIOGRAPHIE

Anatoiibic «les centres nerveux, par M. le professeur Huguenin (de Zurich); traduit par M. le docteur Th. Keller et annoté par M. le docteur Matiiias Du val. — Paris, 1879,

J. -B. Baillière et fils.

Me la localisation «les maladies c«1r«î!»raics, par M. David

Ferrier; traduit de l’anglais par M. G. de Varigny ; suivi d’un mémoire sur les localisations motrices dans les hémisphères du cerveau, par MM. Charcot et Pitres. — Paris, Germer Baillière.

Traite des maladies du système nerveux, par M. W. IIaMmond; traduction française par M. le docteur Labadie-Lagrave. — Paris, 1879, J. -B. Baillière et fils.

Traité clinique des maladies «le la moelle épinière, par

M. E. Leyden; traduit par)MM. les docteurs Richard et C. Yiry. — Paris, 1879, J.-B. Baillière et fils.

Il n’est peut-être point de question plus intéressante aux points de vue physiologique et pathologique que l’étude des maladies du système nerveux. 11 n’en est pas certainement qui ait fourni, dans ces dernières années, plus de travaux recommandables. Anatomie topographique du cerveau, structure histologique de la moelle, origine réelle des nerfs crâniens, rapports de continuité entre lescellules de l’écorce etles faisceaux blancs qui y aboutissent, fonctionnement des régions corticales ou des centres encéphaliques, tous ces sujets d’étude sont chaque jour l’objet de nombreuses et patientes recherches.

Nous sommes encore bien près du temps où l’on se contentait de décrire la surface extérieure de l’encéphale comme on décrit celles du poumon, du foie ou des reins. Et cependant, pour comprendre aujourd’hui le nouveau langage anatomique ou pathologique, toutes les fois qu’il est question d’une maladie quelconque du système nerveux central, il importe de connaître une anatomie plus précise et qui se perfectionne chaque jour. Cette anatomie spéciale des centres nerveux, les recherches de Burdach, Stilling, Henle, Bischoff, Reichert, en Allemagne; celles de Foville, Baillarger, Gratiolet, Charcot, Vulpian, Luys, Broca, etc., etc., en France, l’ont peu à peu perfectionnée, et chaque jour les élèves de ces maîtres éminents apportent un nouveau contingent défaits intéressants à signaler. Le livre de Huguenin (de Zurich) résume toutes les découvertes dues aux savants dont nous venons de citer les noms. Il fait plus encore ; il développe les recherches entreprises par Meynert sur la structure hisloloique des diverses régions de l’encéphale et, tout en les reliant plus complètes, il les précise et les rend plus faciles à comprendre. Il suffit d’un coup d’œil jeté sur ce volume pour en comprendre l’utilité et l’intérêt. Lorsqu’il s’agit de questions aussi obscures, il faut qu’à la patience et à l’érudition allemande s’ajoutent l’art et la précision qui caractérisent l’esprit français. Nous aimons qu’on nous présente en termes d’une clarté lumineuse les sujets les plus difficiles à exposer nettement. Et lorsque nous observons desfaits que lesdoctriues anatomiques ou physiologiques actuelles ne nous permettent pas d’expliquer, ou bien lorsque les notions anatomiques ou physiologiques que nous avons reçues nous semblent en contradiction avec ces faits, nous sommes tentés d’imaginer des schémas qui nous rendent leur interprétation plus facile. Ces schémas on ne les trouve plus dans l’ouvrage de Huguenin, mais les nombreuses figures qui en éclairent ou en expliquent le texte, montrent bien les progrès qu’a faits depuis quelques années l’étude de l’anatomie et de l’histologie du système nerveux.

Les recherches si intéressantes que les découvertes de Ilitzig et Ferrier et surtout les études cliniques de M. Char¬

cot ont rendues célèbres,. exigent une précision plus minutieuse encore. Pour arriver, au moment d’une autopsie, à déterminer la localisation exacte d’une lésion, il faut, en effet, que chacune des régions du cerveau ou de la moelle, si petite qu’elle soit, si peu importante qu’elle paraisse, ait son nom, qu’elle soit aisément retrouvable. « Qui oserait affirmer, dit M. Charcot, que telle o.u telle région qui n’a pas d’application dans la nomenclature usitée chez nous, n’a pas une importance physiologique de premier ordre? D’ailleurs, comment désigner cette région sur le protocole d’autopsie, si elle n’est pas dénommée? Est-ce qu’une bonne carte stratégique est jamais trop complète? * Il est donc indispensable d’apporter une rigoureuse précision dans la nomenclature des diverses régions du cerveau. Aussi ne saurait-on trop louer le soin pris par les traducteurs du livre de Huguenin, d’ajouter à la fin de l’ouvrage une nomenclature des termes employés par les auteurs allemands pour désigner les diverses régions de l’encéphale. En procédant ainsi, ils ont certainement rendu un signalé service, non-seulement aux médecins peu familiarisés avec le langage anatomique qu’exigent les nouvelles éludes sur la topographie pathologique du système nerveux, mais surtout à ceux qui, tout en lisant couramment la langue allemande, ne peuvent traduire aisément des mots qu’une description spéciale peut seule expliquer. Nous devons signaler aussi dans cet ouvrage un grand nombre de notes dues à M. M, Duval, et qui expliquent, avec une précision vraiment remarquable, quelques-unes des questions qui paraissent les plus difficiles à comprendre quand on lit les ouvrages classiques. Nous citerons en particulier à ce pointdevue l’exposition détaillée de l’anatomie des masses blanches et grises du bulbe et de la protubérance, description qui a pour but de montrer comment tous les noyaux des divers nerfs crâniens peuven se rattacher aux systèmes des cornes antérieures ou des cornes postérieures de la moelle. Ces notes et celles qui sont consacrées à l’élude des localisations corticales ajoutent beaucoup à l’intérêt d’un livre que recommandent déjà cependant de bien solides qualités.

Celte question des localisations cérébrales, bien que les expériences de Fritsch et Hilzig, de Ferrier , de Barlliolon, etc., etc., aient fait beaucoup de bruit, n’est entrée dans une voie vraiment scientifique que le jour où l’on s’estelforcé non plus de rechercher, par l’excitation directe du cerveau des chiens ou des singes, quels pouvaient êtreles mouvements observés, mais bien d’observer attentivement les symptômes paralytiques reconnus pendant la maladie, et de décrire ensuite rigoureusement les lésions anatomiques qui les avaient déterminés. C’est ce qu’expriment, en excellents termes, MM. Charcot et Pitres, dans un travail qu’ils publient comme complément à l’ouvrage de M. Ferrier.

« Nous pensions et nous pensons encore aujourd’hui, disent-ils, que l’étude de la physiologie du cerveau de l’homme puise ses renseignements les plus certains dans l’observation des faits directement recueillis chez l’homme, que les résultats d’expériences pratiquées sur les animaux, quel que soit l’intérêt qu’ils présentent dans l’espèce, ne sauraient être appliqués sans contrôle à la pathologie humaine, et qu’en un mot, pour entreprendre une analyse rigoureuse des réactions morbides du cerveau- de l’homme, il est indispensable de prendre pour principal fondement la comparaison des symptômes observés pendant la vie des malades avec les lésions révélées à l’autopsie. » Si l’on ne peut qu’approuver ces paroles, il faut reconnaître cependant que, dans un très-grand nombre de cas, l’appréciation des lésions observées dans les maladies nerveuses et l’étude des rapports que l’on croit pouvoir établir entre ces lésions et les symptômes observés pendant la vie est souvent d’une difficulté extrême. Aussi comprendra-t-on pourquoi tous les niédecius ne se sont pas encore ralliés à la doctrine des localisations cérébrales, telle que, dans le livre qu’il dédie à M. Charcot, M. Ferrier vient

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aujourd’hui l’exposer. Cet ouvrage, écrit avec le soin qu’apporte à ses travaux l’auteur du traité sur les Fonctions du cerveau, ne peut être analysé en quelques lignes. Il faudrait, pour pouvoir en rendre compte d’une manière vraiment utile pour le lecteur, entreprendre la discussion de la plupart des chapitres qu’il contient, c’est-à-dire exposer une fois encore les objections qui ont été faites à la doctrine des localisations cérébrales. Sans essayer ici cette appréciation de l’une des questions les plus complexes de la pathologie du système nerveux, nous tenons cependant à faire remarquer que les études cliniques deM. Charcot et de ses élèves ont une valeur infiniment plus considérable que les expériences physiologiques deM. Ferrier, dont plusieurs savants français et étrangers contestent aujourd’hui l’exactitude. En prouvant que, dans l’immense majorité des cas, à des lésions localisées dans la zone motrice corticale, correspondent des monoplégies ou des hémiplégies déterminées ; et réciproquement, en montrant que, le plus souvent, à des paralysies de la face ou des membres correspondent des lésions plus ou moins étendues de la zone motrice, on donne une grande vraisemblance à la doctrine des localisations cérébrales. Dans le mémoire qu’ils ont publié à la suite de l’ouvrage de Ferrier, MM. Charcot et Pitres insistent encore pour bien prouver que les lésions corticales que l’on peut observer en dehors de la zone motrice ne donnent lieu à aucun phénomène paralytique. La démonstration semble dès lors complète.

Elle serait irréfutable si des faits négatifs ne pouvaient lui être opposés, et si ces faits négatifs n’avaient, dans certains cas, une valeur considérable. Alors, en effet, que l’on peut montrer des cas dans lesquels, aux lésions les plus diverses paraissent correspondre les mêmes symptômes paralytiques, lorsque, d’autre part, l’expérimentation et l’observation clinique sont d’accord pour faire voir qu’une lésion siégeant au niveau de la zone corticale peut, dans certains cas, ne pas provoquer la paralysie qu’elle devrait commander si la règle établie était rigoureuse, la doctrine des localisations reçoit de ces faits négatifs une bien sensible atteinte. On ne pourrait expliquer ces dissidences que par des anomalies de structure analogues à celles que l’on observe dans l’étude des divers autres systèmes de l’organisme. Dans l’appareil musculaire, et surtout dans le système vasculaire, les anomalies sont fréquentes et se reproduisent chez un assez grand nombre d’individus avec une certaine uniformité. Telle est, par exemple, la disposition de l'artère radiale quand elle contourne le poignet, celle de l’artère humérale quand elle se divise au-dessus du pli du bras. Bien des anomalies du même ordre pourraient être citées. Or, si l’on venait à démontrer que les faisceaux blancs intracéphaliques ou médullaires ne présentent pas toujours la même disposition, et que leur distribution anomale présente, chez certains sujets, une certaine uniformité, on comprendrait aisément qu’à des excitations corticales ou à des lésions encéphaliqnes de même ordre puissent exceptionnellement, chez certains individus, correspondre des symptômes anormaux offrant entre eux cependant une certaine analogie. Mais une hypothèse de cette espèce ne saurait avoir aucune valeur aussi longtemps qu’elle ne s’appuie pas sur des notions anatomiques précises. Et, d’un autre côté, la doctrine de la suppléance des centres nerveux est la négation même de la doctrine des localisations cérébrales. Il faudrait donc : ou bien, ce qui nous paraît antiscientifique, rejeter comme incomplètes ou inexactes toutes les observations qui contredisent les faits sur lesquels est fondée la doctrine des localisations cérébrales, ou bien reconnaître que le dernier mot n’a pas été dit sur cette question. Ce qui doit être admis sans conteste, c’est l’immense progrès accompli par M. Charcot et ses élèves, progrès qui consiste, à affirmer l’existence d’une zone motrice corticale. Aussi ne saurions-nous soutenir, comme l’écrivait naguère (Gaz. hebom., 1878, p. 321), dans une revue critique très-travaillée et très-consciencieuse ce¬

pendant, un de nos distingués collaborateurs, le docteur Couty. « que les conclusions indiquées par Serres, Magendie, Bouillaud, Lallemand, etc., aujourd’hui encore, pourraient être acceptées comme suffisantes ». Mais nous ne croyons par non plus qu’il faille considérer comme parfaitement délimités et localisés tous les centres moteurs que l’on a décrits. Nous reconnaissons d’ailleurs volontiers que, dans une question aussi complexe, les observations cliniques bien prises peuvent seules être considérées comme valables, et c’est pourquoi, tout en faisant des réserves au sujet des expériences physiologiques de Ferrier et de ses généralisations jpathologiques peut-être un peu hâtives, nous sommes empressé à reconnaître l’intérêt et le mérite de son livre.

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