‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 38 sur 249 · SUR LE MÉCANISME DE LA FORMATION DES SYSTÈMES DE HAVERS · texte numérisé non relu

SUR LE MÉCANISME DE LA FORMATION DES SYSTÈMES DE HAVERS

dans l’os périostique. Note de M. Laulaniè. — Suivant l’auteur, quand on examine des coupes transversales pratiquées sur les os longs de fœtus de mammifères (ses observations ont eu principalement pour objet le radius des ruminants domestiques, le métacarpien et la première phalange du cheval), il semble que les images très-saisissantes et souvent très-régulières que l’on a sous les yeux peuvent s’expliquer en admettant la formule suivanle : le périoste abandonne alternativement des bandes circulaires et continues de moelle, et des bandes circulaires et interrompues de substance osseuse. Cette expression conduit à comprendre l’origine des cavités primitives qui doivent plus tard être remplies par les systèmes de Havers. Pour cela, il importe de rappeler que les bandes osseuses sont d’autant plus épaisses qu’elles sont plus centrales, c’est-à-dire plus anciennes, tandis que les bandes médullaires diminuent et rétrogradent devant le tissu osseux qui se développe à leurs dépens. Mais le fait le plus intéressant est la présence de commissures radiées, rattachant les bandes osseuses voisines. L’auteur entre dans une description minutieuse, qu’il termine par le résumé suivant :

A l’origine, une bande médullaire est continue à elle-même et adossée au périoste. Elle s’en éloigne peu à peu, par suite des formations nouvelles, tout en restant rattachée au périoste par des tractus qui établissent la continuité de toute la moelle. Son activité se traduit peu à peu par l’épaississement des bandes osseuses qui l’avoisinent, et aussi et surtout par sa segmentation spontanée et la formation concomitante des commissures radiées.

(t) Le sulfométhylalo qui a servi à ces recherches a été' prépare' suivant le procédé de MM. Dumas et Peligot, en traitant I partie d’alcool méthylique par 2 parties d’acide

Académie de médecine.

Élection. — L’Académie procède, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre titulaire dans la section d’hygiène et de médecine légale.

La commission classe les candidats dans l’ordre suivant : En première ligne, M. Lagneau; en deuxième ligne, M. Proust; en troisième ligne, M. Gallard; en quatrième ligne, M. Lunier; en cinquième ligne, M. Léon Colin; en sixième ligne, M. Ernest Besnier; candidat adjoint: M. Vallin.

Le nombre des votants étant dé 79, majorité 40, M. Lagneau obtient 40 suffrages, M. Proust 18, M. Lunier 10, M. Gallard 6, M. Léon Colin 4, bulletin blanc 1. En conséquence, M. Lagneau, ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre titulaire dans la section d’hygiène et de médecine légale.

Septicémie. — M. Davaine donne lecture d’un mémoire destiné à faire suite à la discussion pendante et intitulé : Recherches sur quelques-unes des conditions qui favorisent ou qui empêchent le développement de la septicémie. L’auteur appelle d’abord l’attention sur ce fait, que les animaux ont, suivant leur espèce, des aptitudes différentes à contracter la septicémie. Il ne suffit donc pas, pour élucider la question, d’accumuler des faits : il faut surtout s’attacher à trouver dans quelles conditions ils se produisent.

M. Davaine a cherché à savoir si la température exerce une certaine influence sur le développement de la septicémie, et il est arrivé à conclure, après de nombreuses expériences, que la température de l’atmosphère où vivent ces animaux les rend plus ou moins aptes à contracter la septicémie.

Parmi les nombreuses maladies qui attaquent l’homme, il en est une où l’action de la température atmosphérique est particulièrement remarquable, c’est la fièvre jaune, dont nos confrères de la marine française viennent de subir la cruelle et glorieuse expérience.

Quant à l’action d’une basse température considérée dans la septicémie et le charbon, elle diffère dans les deux maladies. Si la septicémie devient moins active et s’éteint, comme la putréfaction, par une température voisine de zéro, le charbon ne s’en développe pas moins en toute saison.

Il s’est assuré de ce fait à diverses reprises. Il résulte de ses expériences, que toutes les maladies de nature septique ne sont pas influencées de la même manière par la température atmosphérique, bien que, sans doute, sous ce rapport, le plus grand nombre de ces affections se rapprochent de la septicémie.

M. Davaine s’efforce ensuite de combattre l’opinion d’après laquelle la vie ou la force vitale s’oppose au développement du virus septique dans l’économie des animaux. M. Davaine déclare qu’il n’a point pour but de soulever la question des forces vitales, et il croit que les physiologistes sont aujourd’hui d’accord sur la puissance ou plutôt sur l’impuissance qu’on doit leur attribuer. Il veut seulement examiner cette question au point de vue de la septicémie. Si, dit-il, nous injectons à Un lapin un millionième de goutte de sang septique, cet animal contracte toujours la septicémie et meurt. Cette même quantité dë Virus est absolument iiiotfêflSivë pdtlf lé Cobaye,

21 Février 1879

et même on voit que, par une température voisine de zéro, un dixième de goutte de sang septique ne suffit pas à lui donner la maladie. Il faudrait donc conclure que le cobaye a une résistance vitale de beaucoup supérieure à celle du lapin.

Si maintenant nous considérons la maladie charbonneuse, nous savons qu’un millionième de goutte de sang charbonneux tue le cobaye et ne produit aucun effet apparent sur le lapin. Dans ce cas, la même manière de voir nous amènera à conclure que la force vitale est plus développée chez le lapin que chez le cobaye. La force vitale n’a donc rien à voir dans ces maladies virulentes.

M. Davaine étudie les conditions nécessaires au développement de la maladie. La première condition, c’est l’introduction du virus dans les organes de l’animal vivant. Ce virus est une des bactéries de la putréfaction. Une deuxième condition, c’est que l’organe ou le milieu dans lequel nous introduisons le virus soit. favorable à la reproduction des bactéries.

Une troisième condition se rapporte à la quantité de bactéries introduite dans les tissus. Elle varie d’une espèce animale à une autre, et aussi dans la même espèce, comme chez le cobaye.

Une quatrième condition se trouve dans le degré de virulence de la substance inoculée, qui varie considérablement suivant la nature delà matière et suivant la température dans laquelle s’est opérée la putréfaction. Maintenant, que deviennent les bactéries introduites dans les tissus par une injection sous-cutanée? Lorsque leur nombre est suffisant pour occasionner la mort, une certaine quantité se retrouve dans le lieu de l’inoculation, et le reste est transporté dans divers organes. Elles se multiplient rapidement et bientôt infectent toute l'économie.

Dans le cas où leur nombre est insuffisant pour occasionner la mort, elles se multiplient d’abord sur place, d’autres sont tout de suite emportées au loin; elles arrivent successivement, par la circulation du sang, dans les organes excréteurs, où elles sont éliminées comme les substances toxiques. C’est par cette élimination que s’effectue la guérison de la septicémie, suivant M. Davaine. C’est elle qui est également la cause de la contagion qui s’établit parfois dans le local où se trouvent les animaux atteints de septicémie, contagion due certainement à des miasmes exhalés par les malades.

— A quatre heures et demie, l’Académie se forme en comité secret.

Société médicale des Hôpitaux.

Devant revenir, dans le prochain numéro, sur une des communications faites dans la dernière séance, nous publierons en même temps le compte rendu de la séance entière.

Société de chirurgie.

Correspondance. — Quatre amputations de membre avec le thermocautère. — Luxation ovalaire ancienne de la cuisse ; réduction.

La correspondance comprend : 1° la thèse de doctorat de M. Toussaint : L’artère pédieuse et ses anévrysmes ; 2“ Leçons sur la syphilis, par M. Cornil; 3° l’article Nez du Dictionnaire encyclopédique, par M. Spillmann.

— M. Dubrueil (de Montpellier) adresse à la Société quatre observations d’amputation de membre avec le thermocautère.

Un vieillard atteint de gangrène sèche de la jambe fut am¬

puté avec le thermocautère sur la limite de la partie saine et de la partie mortifiée. L’opéré mourut de pneumonie.

Le 1er octobre 1878, M. Dubrueil fit une amputation de cuisse à deux lambeaux (antérieur et postérieur) à la partie inférieure du membre pour une affection du genou gauche; il lia l’artère fémorale et scia le fémur. L’opération dura une heure douze minutes; on employa 200 grammes de chloroforme pour endormir la malade, qui perdit environ 200 grammes de sang. Thrombose de la veine fémorale ; infection purulente; mort à la fin du mois.

Même amputation chez une autre femme pour une maladie du genou; amputation circulaire. Ligature préalable de la fémorale à la racine du membre. Guérison.

Dans la quatrième observation, traumatisme du pied; emphysème sous-cutané remontant jusqu’à la hanche; désarticulation coxo-fémorale ; hémorrhagie par la fémorale profonde; ligature en masse ; durée de l’opération, quarante-cinq minutes. Mort le lendemain.

M. Dubrueil est partisan des amputations de membre avec le thermocautère.

M. Verneuil. Il ne faut pas laisser croire que le thermocautère deviendra l’instrument usuel pour les amputations. Dans certains cas exceptionnels, quand les malades ne peuvent plus perdre de sang, on conçoit qu’on ait l’idée d’employer le thermocautère, l’écraseur, les caustiques, etc.; mais c’est l’exception. Avec les procédés antiseptiques on ôte aux amputations les dangers qu’elles avaient autrefois.

M. Dubrueil a fait la ligature préalable de la fémorale à la racine du membre ; M. Yerneuil n’approuve pas cette pratique ; il est plus simple de lier dans la plaie. Le thermocautère ne doit remplacer le bistouri dans les amputations que trèsexceptionnellement.

M. Tillaux a pratiqué une désarticulation de l’épaule et une désarticulation de la hanche avec le thermocautère. Les deux malades étaient tellement faibles qu’on ne pouvait leur laisser perdre du sang. On peut employer le thermocautère quand la bande d’Esmark n’est pas applicable, à la racine d’un membre, par exemple. L’opération est beaucoup plus longue et la guérison plus lente.

M. Le Fort. Le grand inconvénient du thermocautère est, en effet, la durée de l’opération et la lenteur de la guérison. M. Le Fort a obtenu cependant une fois la réunion par première intention après l’ablation d’une tumeur du sein avec cet instrument, mais c’est l’exception.

Dans tous les cas, il vaudrait mieux se servir de l’anse galvanique. M. Le Fort n’est pas partisan de la bande d’Esmark pour l’amputation de la cuisse, à cause du suintement sanguin considérable qui se produit après l’opération.

M. Farabeuf s’est demandé souvent s’il n’y a pas lieu d’abandonner la ligature des artères loin de l’endroit où on doit amputer; entre cette ligature et le siège de l’opération on laisse des collatérales qui peuvent former une hémorrhagie secondaire précoce.

M. Tillaux. En faisant la ligature préalable de la fémorale, M. Dubrueil a ajouté une complication inutile à une opération grave, et il s’exposait aux hémorrhagies secondaires.

M. Verneuil trouve qu’il est inutile de lier la fémorale loin du point à amputer; il est plus simple de placer une pince sur l’artère aussitôt qu’on la coupe. La cuisse est nourrie par l’artère fémorale profonde, et la fémorale n’a rien à y voir. M. Verneuil voulant éviter l’inflammation du moignon, fit la ligature préalable de la fémorale à la pointe du triangle de Scarpa. Il amputa la jambe au tiers supérieur, et cela n’empêcha point les tibiales de donner du sang au moment de la section. (Voy. thèse de doctorat de Maehenaud.)

M. Le Fort a relevé tous les faits relatifs à la ligature préalable de la carotide avant l’extirpation des tumeurs du cou ;

21 Février 1879

il a remarqué que, malgré cette ligature, l’opération était le plus souvent compliquée d’hémorrhagies graves.

; — M. Després a observé cinq luxations ovalaires cle la cuisse, dont une ancienne; c’est de celle-ci qu’il va parler aujourd’hui.

Un individu, puisatier, fut surpris au fond d’un puits par un éboulement de terre; la masse de terre se détachant sur le côté gauche de l’individu, poussa lentement et progressivement le malade sur le sol; la cuisse gauche fut maintenue longtemps dans l’abduction forcée; on délivra le blessé, qui avait une luxation ovalaire du fémur. Le membre est dans l’abduction et la rotation en dehors, le tronc étant fléchi sur le bassin. Le malade entra à l’hôpital Cochin deux mois après l’accident.

La mensuration donna 2 centimètres d’allongement pour le membre blessé. M. Després donna le chloroforme jusqu’à la résolution complète. Il constata alors que la flexion de la cuisse était facile; la tête du fémur était à égale distance de la racine de la verge et de l’ischion. A la place occupée normalement par le grand trochanter existe un vide manifeste; il s’agit d’une luxation ovalaire. Contre-extension avec une alèze; tractions sur la cuisse dans l’extension au moyen de moufles; on tire jusqu’à 250 kilogrammes sans résultat. Les tractions sont continuées, la cuisse étant portée en dehors; rien. Dans une troisième tentative, tractions, la cuisse étant fléchie sur le bassin ; on tire à 300 kilogrammes. Le malade fut porté dans son lit; la luxation était réduite sans avoir donné de signes particuliers de réduction. Au bout de quelques mois, le malade faisait quelques mouvements; puis il marcha avec des béquilles, et il quitta l'hôpital après deux mois de traitement.

Les observations de réduction de luxation ovalaire ancienne de la cuisse sont rares; on en trouve une dans A. Cooper; deux sont indiquées dans Malgaigne; le livre de Bigelow n’en contient pas d’exemple. En 1874, M. Notta a présenté une observation à la Société de chirurgie; la luxation datant de six semaines fut réduite après trois tentatives. Les luxations ovalaires sont susceptibles de se réduire spontanément; dans l’observation de M. Després, c’est la traction en dehors qui paraît avoir agi le plus efficacement.

M. Berger a observé une luxation récente ovalaire produite pendant la réduction d’une luxation ischiatique ancienne.

M. Le Fort trouve qu’une traction de 300 kilogrammes est énorme, même pour la cuisse; il n’oserait aller jusque-là. Il faut cependant une certaine force pour réduire une luxation ancienne, tandis qu’on ne doit pas employer la force pourune luxation récente. Toutes les fois qu’on a affaire à une luxation ancienne, il faut pratiquer des manipulations pendant plusieurs jours pour mobiliser la tête avant de tenter la réduction.

M. Tillaux. Pour la production de la luxation ovalaire, il faut admettre l’abduction forcée du membre avec flexion; l’abduction seule ne suffit pas. La transformation de la luxation ischiatique en luxation ovalaire, pendant la réduction, est un fait habituel; c’est la même portion de la capsule qui reste intacte dans les deux cas, et la différence est dans la rotation du membre. en dedans ou en dehors.

M. Le Fort. La luxation ovalaire peut se produire par l’abduction seule de la cuisse sans flexion. M. Le Fort en cite un exemple concluant chez un puisatier pris dans un éboulement.

Correspondance. — La méthode antiseptique et le pansement à l’alcool. — Observation d'ovariotomie. — Présentation de malade.

La correspondance comprend : 1° le Traité de la syphilisation, par Auzias-Turenne ; 2° la thèse de M. Kirmisson : 1

Des opérations préliminaires en général; 3° l’article Crâne, extrait du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, par M. Pozzi.

— M. Lucas-Championnière fait un rapport sur un mémoire de M. Gross (de Nancy) : La méthode antiseptique ; résultats obtenus à l'hôpital de Nancy.

M. Gross a surtout pratiqué des amputations et des désarticulations; toutes ses opérations ont été suivies de guérison. Après les résections et les ablations de tumeurs, il y eut une suppuration abondante. L’auteur termine son mémoire en disant que le pansement de Lister répond au plus grand nombre des indications du pansement des plaies. Il attribue à l’affrontement minutieux des surfaces une importance capitale, ce qui est exagéré. M. Lucas-Championnière dit que, même dans les cas de plaies contuses, on obtient la réunion avec le pansement de Lister, et l’immobilisation n’est pas nécessaire.

— M. Perrin lit un travail sur la valeur comparative de différentes méthodes de pansement. Le pansement de Lister paraît à beaucoup de chirurgiens la meilleure formule du pansement antiseptique; M. Perrin veut réagir contre cette opinion.

M. Lister a posé en principe que les germes sont la cause de la suppuration et des complications des plaies ; il n’a eu en vue que les germes; il ne s’est pas occupé du terrain, et c’est pour cela que sa méthode est défectueuse. Toute la question est de savoir si les précautions prises par M. Lister pour écarter les germes ou les détruire sont efficaces; si elles ne sont pas efficaces, son pansement ne diffère pas de ceux connus déjà, de celui de M. Azam, par exemple.

M. Perrin a institué avec M. Marty, professeur de chimie auVal-de-Grâce, des expériences qui lui paraissent concluantes. Si les pulvérisations d’acide phénique détruisent les germes, elles doivent empêcher la fermentation. Comme liquides de culture, M. Perrin a choisi l’eau d’orge, le lait, le sang, l’urine. Il a fait deux parts de ces liquides : l’une exposée dans l’air d’une salle de chirurgie, et l’autre dans le même air phéniqué au moyen des pulvérisations.

On a vu que la décoction d’orge exposée à l’air fourmille de bactéries, dans l’air phéniqué comme dans l’air de la salle; de même pour le lait. Au bout de douze jours, les bactéries sont mortes et remplacées par des monades vivantes.

Les mêmes expériences ont été recommencées en novembre dernier avec de l’eau d’orge, du sang frais, de l’urine fraîche, exempts d’organismes vivants; les résultats ont été les mêmes. Ainsi les pulvérisations d’acide phénique n’exercent aucune influence sur la formation des bactéries et des monades ; elles n’empêchent pas la fermentation ; les pulvérisations pliéniquées ne modifient pas l’air vicié et ne rendent pas 1 atmosphère aseptique ; la méthode de Lister pèche donc par la base. Les bons résultats de la méthode sont dus à une bonne réunion immédiate, au drainage, aux pansements faits avec soin.

M. Perrin accorde toute sa confiance à une méthode qui agit sur le terrain pour le rendre stérile : c’est de l’alcool qu’il s’agit. Ce liquide n’irrite pas comme l’acide phénique et il mérite la préférence. C’est le meilleur et le plus pratique des antiseptiques.

Un des adeptes les plus fervents de M. Lister, Volkmann, déclare que le pansement de Lister ne peut bannir des salles de chirurgie l’érysipèle et il substitue le thymol à l’acide phénique. Depuis les travaux de Batailhé, Gaulejac, Chédevergne sur les pansements à l’alcool, depuis les observations recueillies dans le service de Nélaton, M. Perrin a mis en usage les pansements alcoolisés, et il n’a pas eu d’érysipèle chez ses opérés.

En 1867, M. Lister avait à Glascow 15 pour 100 de mortalité pour ses amputations; dans une autre statistique, on trouve 27 pour 100. M. Saxtorph a 27 pour 100. La statistique

21 Février 1879

la plus considérable est celle de Volkmann (de Halle) ; elle comprend les opérations faites de 1874 à 1877 ; pour les amputations, 7,7 pour 100 de morts; pour les résections, 9,4 pour 100.

M. Perrin voudrait voir venir un mouvement d’opinion en faveur des pansements à l’alcool; pour le moment, aucune statistique importante n’a été publiée. Dans son relevé personnel. comprenant 20 cas, la mortalité est de 5,2 pour 100. Les résultats obtenus dans le service de Nélaton sont remarquables (53 guérisons sur 54 opérations en 1863).

C’est la chirurgie conservatrice et surtout la chirurgie d’armée qui doit bénéficier des progrès des pansements; l’alcool est l’agent qui remplit le mieux le but, et il s’applique plus facilement que les solutions phéniquées. Pour les plaies contuses, M. Perrin fait des irrigations d'alcool étendu de moitié d’eau, jusqu’à ce que la plaie soit nettoyée et bourgeonnante. Il est prématuré de se prononcer en ce moment en faveur d’une méthode de pansement; il faut que chaque chirurgien nous donne d’abord les résultats de sa pratique.

Dans les salles de M. Perrin, les plaies chirurgicales sont toutes traitées de la même façon : alcool à 90 degrés sur la plaie, jusqu’à ce que tout écoulement de sang ait cessé; tube à drainage pour les plaies profondes, et suture si cela est indiqué. M. Perrin applique ensuite de l’ouate imprégnée d’alcool et un taffetas gommé; injections ou irrigations par le tube à drainage. Pansement chaque jour. Le drain est enlevé le huitième jour, ainsi que la suture. On n’a besoin ni de bandes, ni de charpie, ni de compresses.

Pour les plaies accidentelles, si elles sont simples, même pansement que pour les plaies chirurgicales. Dans le cas contraire, irrigations alcooliques jusqu’à l’apparition des bourgeons charnus. S’il y a une fracture, on place le membre dans une gouttière pour l’immobiliser.

— M. Pozzi lit deux observations d’ovariotomie suivies de guérison.

— M. Berger présente une femme syphilitique depuis dix ans, et portant à la langue une ulcération reposant sur une base indurée; M. Berger croit à un épilhélioma.

Page 1