X. Arnozan
REVUE DES JOURNAUX
Observation «le grossesse extra-utérine avec issue «les
o.«du fœtus par la vessie, par le docteur James White.
L’observation rapportée par l’auteur est intéressante à plusieurs points de vue :
1° Le siège de' la tumeur fœtale était extrêmement rare. Celte tumeur était située entre la face antérieure de l’utérus et le sommet de la vessie;
2° L’élimination spontanée du produit de la conception extra-utérine par la vessie constitue un mode de terminaison qui n’a pas encore été signalé.
L’auteur émet ensuite une opinion en ce qui concerne l’intervention chirurgicale. Il pense que, dans les cas de ce genre, il est préférable de s’en rapporter à la nature pour l’élimination des produits de la conception anormale. [New- York medical Record, 18 octobre 1878.)
Sur une nouvelle cause «le leucémie,
par le docteur Naumann.
Naumann, dans un article sur la cause de la leucémie, attribue cette maladie à un trouble des fonctions du foie. Il y aurait une surcharge du foie par le sang, les matières albuminoïdes et leurs dérivées, qui alors ne subiraient plus dans cet organe leur transformation en matières grasses. Partant de cette idée théorique et de l’action bien connue du phosphore sur les fonctions hépatiques, il rapporte qu’il est possible d’arriver, au moyen de ce médicament, à guérir la leucémie. ( Deutscli . Arch. fur klin. Med.-, et Lyon médical, 1er décembre 1878.)
BIBLIOGRAPHIE
Levons sur ia ayphiiis, faites à l’hôpital de Lourcine, par V. Cornil, ouvrage accompagné de neuf planches lithographiées et de figures intercalées dans le texte. — Paris, J.-B. Baillière, 1879.
« Lorsque les élèves veulent s’assimiler la symptomatologie sans connaître tout d’abord l’anatomie pathologique dans ses détails, sans la relier à son substratum matériel, ils sont désorientés et troublés. La mémoire les sert plus que le jugement. Exposer l’anatomie pathologique éclairée par l’histologie, donner l’évolution complète des lésions, l éclairer,
U Mars 1879
GAfcËTÎE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE - N» Il - 177
lorsque cela se peut, par la physiologie expérimentale, ce n’est pas compliquer la pathologie, c’est au contraire la simplifier. On gagne du temps en se faisant mieux comprendre. En somme l’anatomie pathologique est la science fondamentale de la nosologie et de la médecine scientifique. » Ces paroles que nous avons tenu à citer textuellement résument la pensée et permettent de comprendre la méthode de l’auteur. Si nous y effaçons un seul mot, celui de nosologie, nous serons pleinement d’accord avec lui et nous pourrons, sans réserves, approuver les tendances de l’œuvre remarquable dont nous venons de parcourir les principaux chapitres. La réserve que nous devons faire, au nom de la pathologie générale, ne s’applique d’ailleurs que très-indirectement à ces leçons sur la syphilis. Lorsqu’il s’agit, en effet, non point de classer une maladie ou une série d’états morbides, mais bien d’étudier cliniquement les manifestations extérieures d’une diathèse, les questions nosologiques n’interviennent point et dans cette étude clinique l’importance des notions anatomo-pathologiques est indéniable. Aussi ne voulons-nous que louer M. Cornil de ne pas s’être borné à écrire un mémoire d’anatomie histologique, qui eût eu pour seul but de faire connaître ses recherches sur les lésions auxquelles donnent naissance les diverses manifestations de la syphilis. Nous sommes tout à fait de son avis lorsqu’il déclare qu’après avoir étudié les descriptions qu’il trace avec une si grande clarté, on lit à travers l’épidermece qui së trouve en réalité dans toutes les couches de la peau. Sans doute l’étude des symptômes de la syphilis ne se résume pas dans l’examen anatomique de ces diverses lésions. Le médecin veut savoir dans quel ordre celles-ci se manifestent, comment elles se succèdent, à quel moment elles apparaissent, quelle influence le traitement peut exercer sur leur évolution. Mais il n’en est pas moins vrai que si la pathologie de la syphilis ne se résume pas dans l’étude histologique du chancre ou des plaques muqueuses, cette étude elle-même offre un intérêt scientifique de premier ordre. Les leçons cliniques de M. Cornil ont donc un mérite d’originalité incontestable et le talent d’exposition du savant médecin de Lourcine leur a donné un intérêt des plus saisissants.
Toutefois, il faut l’avouer ici, par cela même que les chapitres qui traitent de l’anatomie pathologique des lésions que détermine la syphilis sont les plus neufs et les plus remarquables de cet ouvrage, son analyse est plus difficile. Il faudrait énumérer les nombreuses et minutieuses études d’un histologiste déjà célèbre pour en rendre un compte à la fois exact et suffisant. Nous préférons nous attacher à faire ressortir l’utilité de semblables publications.
Les livres publiés sous forme de leçons cliniques sont chaque jour plus nombreux. Il en est qui sont devenus classiques, que l’on ne saurait trop souvent relire quand on se trouve appelé à lutter contre les accidents imprévus de la pratique journalière. Et, nous n’hésitons point à l’affirmer, les leçons de nos maîtres français sont à ce point de vue toujours profitables. Trousseau aimait à dire que fa clinique de Graves ne quittait point sa table de travail. Les leçons du célèbre clinicien de l’Hôtel-Dieu et celles de ses successeurs ou de ses élèves pourraient à divers points de vue mériter le même hommage. Mais il devient plus difficile, chaque jour, en raison même de la multiplicité de ces ouvrages, de les étudier tous avec le même soin. La spécialisation scientifique, la nécessité de n’exposer avec détails que les sujets que l’on possède complètement ou au sujet desquels on peut émettre quelques idées nouvelles, s’impose donc plus instamment d’année en année aux professeurs de clinique. C’est à ce point de vue spécial que nous recommandons le livre de M. Cornil. Il est certain que l’on n’y cherchera point des notions complètes ou des indications méthodiquement détaillées sur la séméiologie générale ni surtout sur le traitement de la syphilis. Les chapitres qui traitent de l’action du mercure et de l’iodure de potassium, ceux qui sont consacrés à l’appréciation critique des diverses médications que l’on
peut mettre eu usage pour combattre les accidents syphilitiques ne sont qu’ébauchés. Encore semble-t-il malaisé de contredire les assertions de l’auteur qui sont toutes aussi logiquement déduites que savamment exposées. Mais il est toute une série de recherches que le médecin d’hôpital, que le pathologiste désireux de bien connaître les faits qu’il cherche à recueillir pour faire progresser la science, ne sauraient ignorer. Ce sont ces faits d’observation minutieuse, ces recherches délicates, mais toujours profitables, que le livre de M. Cornil s’applique surtout à vulgariser. On ne le lira point dans le but d’arriver à mieux reconnaître ou à mieux traiter les manifestations cliniques de la syphilis. On l’étudiera pour apprendre à la bien connaître dans tous ses détails. Et l’on comprendra bientôt, après avoir suivi la méthode préconisée par 1 auteur, qu’il faut étudier une à une les lésions d’une maladie à manifestations aussi variées pour arriver à envisager dans leur ensemble tous les symptômes qu’elle présente. Les planches ajoutées parM. Cornil à ce recueil de leçons éclairent le texte en prouvant une fois de plus que la clinique n’est autre chose que la pathologie illustrée.