SÉANCE DU 17 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BORTELODP
Spondylolisthèsls : X. Farabeal. — Rapture de l'uTèthra. rapport : M. Trtlat (DtMOMlon : HM, TUUinz, X« Fort, Boomy, Luoao- Cluunplonnlère, OUMta, HorMloap). — BéMoUon du •tamnm : H. Zis Fort. — Corp* èferaitgar d« 1« du Jamblar antAxtour i
K. Tr61at. — DACarmatlon daa proJeoUlM sur le iqualatta : K. Bonsqaot.
M. Farafrfiu/' montre quelques colonnes vertébrales offrant des exemples de spondylotisthésis. Il insiste sur la pathogéoie de ce vice de conformation, indique les moyens de le reconnaître durant la vie même des sujets et cherche à le différencier, au point de vue de ses symptômes, de la luxation congénitale des fémurs.
H. Hergott (de Nancy), qui un des premiers après Peeling (de Bône) s'est occupé de ce vice de conformation, donne
quelques détails complémentaires.
— H. Terrier lit un rapport sur une observation adressée ft la Société par H. Gabadé (de Valence d'Agen). Il s'agit d'un enfant qui, ayant fait une chute à califourchon sur le rebord d'un tonneau défoncé, eut une rupture de l'urèthre, bientôt suivie do son accident ordinaire, rinfitlralion d'urine. M. Cabadé appelé & ce moment voulut inciser la tumeur, mais les parents s'y refusèrent obstinément; cependant, deux jours après, en présence dea accidents généraux qui se déclarèrent, ils y consentirent. Une grande quantité d'urine, de sang et de pus mélangés s'écoula par la plaie, et il fut impossible de trouver le bout postérieur de l'urèthre pour placer séance tenante une sonde à demeure; le malade dut donc uriner par le périnée. Toutefois, le huitième jour on parvient à découvrir ce bout postérieur et à fixer la sonde à demeure dans la vessie. Elle ne tarde pas sortir spontanément et cette fois on est obligé de la réintroduire en deux temps par la plaie même (lu périnée. A partir de ce moment, la plaie bourgeonne vigoureusement et est bientôt complètement cicatrisée; la sonde est supprimée, mais le petit malade, refusant de laisser pratiquer tout cathélérisme, est pris au bout de quelques mois de rétention complète d'urine et de nouveaux accidents d'infiltration, qui robligent de recourir à une seconde incision du périnée et à l'établissement de la sonde à demeure. Le blessé était convalescent de cette seconde opération, lorsqu'il fUt pris de fièvre typhoïde et presque aussitôt après d'une tuberculose aigu6 à laauelle il succomba. M. Gabadé se demande quel aurait été l'avenir du malade, s'il eût vécu. Avec une perte de substance de l'urèthre de plus de i centimètre causée par le retard apporté à l'intervention, retard pendant lequel les parois du canal se sont sphacélées, la oerniéabililé de l'urèthre aurait-elle pu se maintenir rétablie? L'aurait-elle pu surtout en présence du refus absolu du malade à se laisser sonder? Le malade n'était-il pas condamné à conserver sa fistule périnéale? Ce sont là des questions auxquelles les faits seuls peuvent répondre.
M. filiaux a été appelé à donner ses soins à un enfant se trouvant dans des conditions analogues à celles du malade de H. Cabadé. Après la fermeture de la plaie périnéale, il eut le soin de faire pratiquer le cathétérisme du canal, ' d'aîmrd joutnellement pendant plusieurs mois, de moina^
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moins souvent ensuite; la pcrmêabiliié de l'urèlhre s'est maintenue et aujourd'hui ce malade, qui est devenu un homme, jouit de l'intégrité de son urëlhre.
M. Le Fort a traité un petit garçon pour une rupture de Turèthre, chez lequel, pour maintenir le calibre du canal, il dut faire deux ui'étbrotomies à quelques mois de distance.
H. Bouilty fait remarquer qu'au point de vue du résultat définitif du traitement des ruptures de l'urèlhre, il faut distinguer les cas où il y a simple rupture du canal et ceux où cette rupture se complique de perle de substance par gan-
f;rène;il est incontestable que dans cette dernière occurrence 'avenir du canal reconstitué est moins certain que dans la première.
M. Lttcas-Championnière pense que les conditions qui font (|ue tel canal rompu se rétrécit rapidement après sa cicatrisation, tandis que tel autre reste perméable, échappent encore à la connaissance des chirurgiens. Il y a déjà
rilusieurs années, il a soigné un concierge qui s'était rompu 'urètbre dans une chute sur une barre de fer; dès sa première visite, il a incisé la tumeur urineuse et mis une sonde à demeure. Le malade a promptement guéri ; depuis cette époque, voilà six ans, le canal n'a jamais pu admettre une sonde d'un numéro supérieur à IG, mais jamais non plus il n'a forcé le chirurgien à descendre à un numéro inférieur à 14. Cet heureux résultat est peut-èire dû à la précocité de l'intervention.
H. Gillette est d'avis qu'il n'est pas utile de se hâter de mettre une sonde à demeure lorsque, la tumeur urineuse ayant été incisée, on a créé une large voie de sortie & l'urine.
H. Lueas-Championnière ne saurait laisser passer sans protester l'opinion que vient d'émettre M. Gillette, et qui est contraire à celle émise par M. Guyon tors de son rapport sur le travail présenté, il y a quelques années, par H. Gras, opinion qui ralliait, d'ailleurs, la majorité des membres de la Société. La sonde à demeure, indépendamment de toutes autres considérations, est d'autant plus utile qu'il arrive
fiarfois, ainsi que l'a fait remarquer M. Guvon, que ces maades, alors même qu'ils ont eu le périnée largement incisé, n'urinent pas et que, chez eux, on est obligé, à défaut de la possibilité de catoétériser le bout postérieur, de faire la ponction de la vessie.
H. Horteloup pratique très fréquemment l'uréthrotomie externe^ qu'il considère comme une excellente opération; de parti pris, il ne met pas de sonde à demeure et ne commence à sonder Topérë que vers le douzième jour. Il n'a, dit-il, jamais eu à se repentir d'une pareille pratique.
H. Terrier est heureux d'avoir provoqué cette discussion par sa lectiire; il en résulte que I opinion sur la conduite à tenir dans les cas de rupture de l'urèlhre n'est pas aussi unanime qu'on aurait pu le croire; sans doute, la divergence tient à la dissemblance des cas, et il n'est guère possible d'établir de règle fixe en présence de la diversité des faits cliniques.
— H. Le Fort communique une observation de résection du sternum dans presque toute sa totalité. Un homme de cinquante-quatre ans était atteint, depuis l'année 1881, de suppuration du sternum, ayant donné lieu à la formation d'abcès et de fistules multiples, contre lesquels divers traitements avaient été en vain dirigés, dans plusieurs hôpitaux. A son entrée à l'bôpital Necker, au mois de mars dernier, le malade, quoi|]ue suppurant par de nombreux trajets présternaux et quoique un peu amaigri, jouissait cependant des apparences n une bonne santé; ses poumons, explorés avec le plus grand soin, paraissaient sains. Après avoir pris connaissance des travaux de Gûnter, de Rizzoli, de Kœnig, qui ont réséqué, non en totalité, mais en partie, le stemam,
après avoir mis en balance les chances de succès et d'insuccès de l'opération, M. Le Fort proposa à son malade l'extirpation de l'os malade. Ce dernier y consentit avec un empressement qui ne laissa pas que de surprendre. U 30 avril, le patient fut anesihésié à l'aide du chlorure de méthylène ; une incision verticale, pratiquée sur le milieu du sternum, dans toute sa hauteur et tombant perpendiculairement sur deux incisions horiionlales, pratiquées à chacune de ses extrémités, permit de disséquer deux lambeaux, audessous desquels le sternum se trouva à découvert; te sternum fut alors fendu sur la ligne médiane, et chacune de ses moitiés latérales soulevées fat détachée à l'aide de asailles des cartilages costaux et des articulations daviculaires. Aucun incident ne compliaua celte rteection ; l'épaisseur considérable du périoste enflammé protégea les artères mammaires et prévint l'ouverture du péricarde et du médiaslin. Suture des lambeaux, pansement avec des compresses imbibées d'une solution de sublimé. Le malade, rapporté dans son lit, n'éprouva aucune gène de la respiration, il n'eut aucun phénomène réactiounel inquiétant, mais il refusa de s'alimenter, essaya à diverses reprises de déraira son pansement et d'ouvrir sa plaie, et on eut alors l'eiptication de l'empressement au'il avait mis à accepter une opération aussi périlleuse : ÎI n'y avait, en effet, consenti que parce qu'il la regardait comme un moyen sûr de mettre fin à ses jours. Malgré tout ce qu'on put mettre en œuvre, il fut impossible d'aluncuter le in^ade, ni par raisoD, ni ^ force, et il mourut le troisième jour. Tout porte à croire que le patient, s'il eût été docile, aurait guéri de cette résection si étendue, et ce résultat doit enc<inrager les chirui^iens à répéter cette opération le cas échéant.
M. Nicaise a eu à deux reprises l'occasion de réséquer la partie supérieure du sternum et, dans un de ces cas, il y a joint la resection de la portion interne de la clavicule. Il n'a eu aucun accident du cèté de la respiration, et ses malades ont parfaitement guéri. Il soigne en ce moment une dame ayant plusieurs fo^^ers de suppuration sur le sternum ; il a déjà, chez elle, ruginé plusieurs points de la surface de l'os, il est prêt à extirper le sternum, si les phénomènes ne s'amendent pas.
— H. Trélat présente une pièce pathologique provenant d'un jeune homme de vingt-huit ans, qui portait depuis longtemps une tumeur au niveau du con-de-pied ^uche. Cette tumeur avait la consistance osseuse, siégeait exactement dans la gaine du jambier antérieur, et suivait les mouvements de ce tendon. M. Trélat diagnostiqua un corps étranger de la gaine du jambier antérieur. L'opération a été des
Elus simples; le corps ne tenait au tendon que par quelques ridea celluleuses; il se compose d'une petite masse oblongue de 3 centimètres et demi sur 3 centimètres de diamètre; sa surface est lisse ; il n'est pas formé d'une seule partie, mais se compose de deux portions réunies par une véritable articulation, avec son cartilage et sa synoviale; une coupe a montré que chacune de ces parties était constituée par une lamelle de tissu compact recouvrant du tissu médullaire. M. Trélat croit que pareille lésion a été rarement observée si même elle Ta jamais été; il pense qu'on se trouve en présence d'un cas de polymélie ectopique.
— H. Bousquet lit un travail sur la déformation des projectiles sur le squelette, et les indications qu'elle fournit pour le diagnostic et le pronostic des fractures.
Alfred Poussor,
25 Juiir 1885
sAiLHCE OU 20 JUIN i885. — présidence de m. banot,
TICE-PRÉSIDENT.
TraBaloniuittoa dea globnlM da sang d'oliMU dans 1m valMMnx d« mammlfèrcB morta : M. Brown-Sèqoard. — EzpirlstlOM mr un nippUolè ; K. Wartlktlmar. — Nota sur tm noaTMui ebainplonon : M. OaUppe.— Action da marcoro nir le Mtng ohas las syphUltlqnw MdwB iM animiqoM : K. OalUard. — Sur la rapport «ntra l'teergla nwowlalre at divers état» payohlqaaa : M. FM. — Bnr l'origine éa eourant eoutlsn des Umu : M. d'Arsonral. — Infinenoe des eaonaita «iMMqaM «xUrlenni nr lea oonrants dea tlMoK : X. Onlmna. — Sur on apparail da photographie nUoroeoopiqaa : M. Vlallanae, - Raoharohea anr la bile d'an aapplloM M. de Thierry. — Piller ohama d'origine oongtaltale dans le vagin de la vaehe : X. R^plqnet.— CondlUone de la olronlaUon Telneaae enDéphaUque ; M. FnuKQOla-Franok. — But le eoturant nerraox axial H. MeniliTaanlin
H. Brown-Séquard a institué une expérience qui lui permet de répondre à une objection qu'on pourrait élever contre \es Caits qu'il a observés, faits relatifs à la transformation des globules du sang d'oiseau dans les vaisseaux de maoïmifères morts. Après avoir bien lavé les vaisseaux d'un viscère ou d'un membre avec une solution de sulfate de soude, il injecte du lait, et il constate que ce liquide n'entraîne plus de globules sanguins. Si alors il injecte un sérum quelcon(|ae, les globules reparaissent en grand nombre dans le liquide injecté. Hais on ne peut prétendre que ce fait tienne à ce qu'il 7 avait encore dans les vaisseaux beaucoup de globules, puisque Tiigection de lait n'en enti'alnait plus. M. Brown- ^équa^d croit donc qu'il faut accepter son explication, à savoir que, sous l'influence du sang d'oiseau on du sérum, il se produit des globules dans les vaisseaux des mammifères après la mort.
— H. Poueket présente une note relatant les expériences que H. Wertheiroer a faites surun supplicié exécuté à Douai. H. Wertbeimer a constaté vingt-deux minutes après la mort l'abolition de tons les réflexes; trois minutes plus tard, l'excitation du grand sympathique à gauche a prodoit une dilatation maxiina de la pupille du c6té correspondant. M. Wertheimer a aussi excite quelques musdes, le carré pronateur, le long supinateur, le court abducteur du pouce, dont l'action a été récemment contestée, et il a pu vérifler l'exactitude des opinions de Ouchenne (de Boulogne) sur le rdle réel de ces muscles.
— H. Galippe a eu l'occasion d'observer un champignon microscopique, dont il a pu cultiver les spores, et dont il a soigneusement étudié le mode de développement; il ne l'a trouvé décrit nulle yart. Ce n'est, en tout cas, ni un Penicilhm, ni un Aspergillus. Il appartient à la famille des Monilia; et M. Gàlippe propose de l'appeler Monitia Bputicola.
— H. Gaillard a étudié dans le service de M. Hayem l'action du mercure sur le sang dans la syphilis secondaire et dans l'anémie simple. Il a constaté que le traitement de la syphilis par la protoiodure ou par le sublimé n'arrête pas immédiatement l'anémie que détermine l'alTecLîon; ce n est qu'au bout de quelques jours que le nombre des globules et la richesse hémoglobique s'accroissent & peu près parallèlemenl. Dans l'anémie simple, il a vu le nombre des globules et la richesse bémoglobi^ue augmenter progressive ment jusque vers le vingtième jour environ du traitement, puis baisser si l'on continue le traitement, mais en restant toujours auHjessus de l'état primitif. Ces expériences tendent à démontrer que le mercure ne décompose pas, comme on le croit souvent, l'hémoglobine.
— M. Féré, continuant à étudier la relation entre les états psychiques et le mouvement, a enregistré avec un dynamographe l'augmentation d'énergie musculaire qui se produit sous l'influence de la parole, des mouvements passifs, des
excitations sensorielles, etc. Les résultats de ces expériences, faites par M. Londe et par lui, concordent avec les mesures dynamométriques que M. Féré a prises antérieurement.
— M. d'Àrsonval revient sur la communication qu'il a faite dans la dernière séance à propos de l'origine du courant continu des tissus vivants, et rapporte de nouvelles expériences à l'appui de son opinion (voy. la Gazette du 19 juin).
— H. Onimus, déterminant l'influence des courants électriques extérieurs sur les courants propres des tissus, compare la combustion des substances alouminoldes dans les tissus à la combustion du métal dans la pile.
— M. Bennegity présente, de la part de H. Viallanes, ua appareil de phologr^)hie microscopique qui se compose de deux parties indépendantes, le microscope photographique et la chambre noire.
— M. Laborde rapporte, au nom de H. de Thierry, les résultats de l'analyse de la bile du supplicié Gamahut. Cette bile n'était pas verdâtre, mais brun jaunâtre; H. de Thierry n'y a pas trouvé trace de biiiverdine, mais de la bilirubine et une matière colorante qu'il croit différente des pigments ordinaires de la bile.
— H. Laborde présente une note de H. Repiquet sur uii pilier charnu d'origine congénitale siégeant au tond du vagin, chez la vache.
— H. Assaky a fait sur les animaux, avec le professeur Duplay, des expériences relatives à un nouveau procédé de suture de l'intestin après l'entéreclomie.
— M. François-Franck, étudiant les conditions de la circulation veineuse encéphalique, a répété les expériences de Mosso sur le pouls des sinus. Le mode d'exploration de Mosso, nui consiste à trépaner le frontal pour introduire une canule dans le sinus longitudinal supérieur, est défectueux, car chez le chien ce sinus n'est pas indépendant de la pression in tra- crânien ne générale. Il est préférable d'étudier la pulsation veineuse au confluent des sinus, au pressoir d'Hérophile, où le canal est complètement osseux. Or le pouls des sinus est le résultat de l'impulsion du sang des artères encéphaliques; d'autre part, le sang veineux du cerveau se déverse par de larges voies,comme les jugulaires. La pression dans les sinus doit donc être très faible. Ce n'est pas ce qu'a vu Hosso, qui l'a trouvée égale à il centimètres de mercure. Mais M. François-Franck, par son procédé, a constaté qu'elle ne fait équilibre qu'à 7 ou 8 millimètres de mercure. On se demande, en effet, comment la circulation veineuse pourrait avoir lieu avec les hautes pressions que Mosso a cru observer. Cette pression dans les sinus varie très peu sous l'influence de la pulsation artérielle; elle est plus fortement influencée par la respiration; elle varie davantage encore sous l'influence de l'efl'ort et sous celle des changements d'attitude. H. François-Franck signale quelques conséquences cliniques qui résultent de ces faits. La condition essentielle de la circulalion veineuse étant la poussée latérale artérielle, on comprend, par exemple, que si cette expansion des artères est supprimée, comme dans l'alhérome, la circulation veineuse sera très ralentie.
— H. Mendelssohn dépose une note sur le courant nerveux axial.
RETUE DES JOURNAUX
■aptare dn relM i mort ^naranle-flepclènie Jour i
«ntopaie* par M. W. James Spence. — Un homme, âgé de trente-neuf ans, entre le S8 mai 1883 à l'hôpilal, se plaignant d'une douleur très aiguë dans la rmdh^oni^ikè^ droite. Peu avant son admission, iligàtfi$(i^iKAMM^(^
GÂZEttE HEBDOMADAttlË Dfi MÉDECINE ËT DE CHlRtRGtE
26 JciN 1885
lente cootusion dans le flanc droit. A son entrée il était dans le collapsus; il avait quelques petites blessures du crâne, mais ne présentait aucune autre plaie extérieure. Le schock passa rapidement, mais nne douleur vive persista dans le c6té atteint par le traumatisme. On applic^ua un sac de
S lace sur la région douloureuse et on administra une forte ose d'opium. Vers le milieu du jour le malade commença à accuser de très vives douleurs du c6té de Thypogasire et
fieu après il rendit une grande quantité d'urine sanguinoente. Durant les quatre jours suivants l'urine contint de grandes quantités de sang, mais peu à peu le sang diminua. Cependant le malade élait très p≤ de fortes doses de fer administrées à l'intérieur firent disparallre complètement les hématuries ; un mieux se manifesta assez rapidement et le 15 et le 16 juin sur sa demande on lui permit de se lever deux ou trois heures par jour. Hais le 17 les hémorrhagies reparurent, elles persistèrent jusqu'au 21 ; pendant deux jours le malade rendit des unnes incolores, puis le sang recrut et continua à être rendu jusqu'à la mort du malade, qui survint pai* épuisement le 14 juillet, quarante-sept jours après racciaent. A l'autopsie on trouva une rupture de la substance médullaire du rein droit; la substance corticale était indemne de toute lésion. Le foyer traumaUque était occupé par un caillot décoloré et en partie organisé. Le bassinet, l'uretère et la vessie étaient remplis de caillots sanguins. {Médical Times, p. 9, 3 janvier 1885.)
GmmTm ûmmu Im «péraClona pwwM%mM» mv l*Mlflee «•cIbai, par Clément Godson. — Ce chirurgien a employé deux fois avec un plein succès l'anesthésie locale de l'orifice vulvaire au moyen d'attouchements avec une solution de cocaïne à 20 pour 100 dans des opérations d'excision de tumeurs végétantes du méat urînaire. Les malades n'ont absolument pas senti les manœuvres opératoires. La cocaïne trouve donc encore dans l'anesthésie de l'orifice vaginal une heureuse application. {The British médical Journ^, p. 17, 3 janvier 1885.)
CoealiM Ammm In «Unircle ■■«■Mire, par H. HORGAK
Hughes. — L'anesthésie complète de la gencive et des nerfs dentaires a été obtenue par l'application pendant quelques instants d'une boulette de coton imprégnée d'une solution de chlorhydrate de cocaïne au niveau d'une grosse molaire douloureuse chez un enfant de onze ans. Au bout de quel-
3ues minutes le malade ne souffrait plus ; mais an moment e reztraction il poussa les cris habituels, preuve que la cocaïne n'agit pas très profondément ; c'est au reste ce qu'ont constaté les opbthalmologistes. {TheBritsk médical Journal, p. 17, 3 janvier 1885.)
TraBsTMloB émmm mn eu d« phlkl«le ehr*Bl^ve* par
T.-W. Garnalt Johes. — Un homme de Irentre-quatre ans, exerçant la profession de lapidaire, était atteint de phthisie depuis neuf ans. Son état général était très mauvais et il présentait nne large caverne au sommet du poumon droit et probablement aussi une autre dans le poumon gauche. Tout semblait présager une fin prochaine, lorsque H. Carmalt Jones proposa la transfusion. Le patient accepta celle proposition et sa femme s'offrit à fournir le sang. Le 15 mai on transfusa environ deux onces de sang directement d'une veine du bras de la donneuse de sang à une veine du malade. Pendant l'opération le malade s'écria : c J'ai chaud, ouvrez la porte. » Il n'éprouva d'ailleurs aucun malaise ni aucune complication et se déclara prêt à dîner comme à l'ordinaire. Le lendemain il était beaucoup mieux, son pouls était plein et battait 120. L'amélioration continua pendant près d'un mois ; le malade put se lever, faire quelques promenades à pied et en voiture *, mais au bout de re temps il fut pris de fièvre, de d]^pnée ; ses jambes s'infiltrèrent et il finit par mourir le 27 juillet de la mAme année. (TheLanceL 8 janvier 1885, p. 11.)
Trois mmm di« fc— tofwi 4s te irMlBle* «nU6n Vmmfm u anwoU mémmmUpÊB, 1mm mm*rm p«r te rnmtmn mtM- < ■Hm, ntvted» rawHim, par H. OgiEK Ward. — GiS I. Homme de quarante-quatre ans; fracture transversale de h rotule, écartement considérable, peu d'épanehement articn- { laire. Gouttière postérieure, bandage élastique en 8 At chiffre, traction sur la jambe. Ce traitement est continué m. dant six semaines ; après ce temps le membre est pUcé aus un appareil en plâtre de Paris et le malade se promène »tc des béquilles. A la fin de la dix-neuvième semaine le bandage est enlevé et le malade peut reprendre ses occapations.
Cas II. Homme de trente-trois ans, fracture transversale , de la rotule; suture métallique des fragments; gaérlsoD avec retour complet des mouvements. Le 25 ami 1884, le malade se fracture la rotule gauche et vient à l'hèpilal Irais jours après. Le genou gauche mesure deux pouces de circonférence de plusqueledroiletil existe une fracture tnnsversale de la rotule avec un écartement d'un pouce entre les fragments. On attendit quelques jouis que le gODOementeU disparu et le 5 mai on procéda k la suture métallique dei fh^ments osseux, en usant des procédés antiseptiqaa <te Lister. Suites simples ; un peu d'élévation de la teraDénIsn les premiers jours, puis tout rentre dans Tordre. Des le second pansement le drain est enlevé. Le 2 juin, exicleneitt quatre semaines après l'opération, le patient sort avec des béquilles. Pendant deux semaines il se sert encore de béquilles ou de cannes ; il sort de l'hôpital deux mois aprèt soa entrée et recommence à travailler quelques semaines après.
Cas UI. Homme de soixante ans, fracture traDSversale de la rotule ; suture des fragments; ^uérison rapide. Dans ce cas l'opération fut pratiquée le troisième jour après t'icddent ; il y avait un abondant épanchement de sai^; os enleva les caillots et on sutura les fragments. Les qiittK premiers jours le mdade eut un peu de fièvre, maisMenlM tout rentra dans Tordre et le vingt-deoxième jour tpès l'opération on commença à imprimer des mouveoeots » membre ; le malade put se lever et faire quelques pas am des béquilles. Six semaines après son entrée à l'hèpital il pouvait marcher sans canne et reprenait ses occupaliou trois semaines plus tard. L'auteur s'efforce de faire ressortir les avantages de la suture sur les autres iraitemenls et résume dans le tableau suivant la dorée du Uaiisment ^de l'impossibilité de travail :
Séjour
béquiHet et do caniin.
RapriM 4d tnna.
Tcapi
Cas I
Cas II
Cas III
6 semaines
19 semaines
2 semaines
27 seBHÎnes
{Thê Laneetf i" novembre 1884, p. 774.)
Chl«rii7«nito de émmt te ftisiiaMt
iMiteu aaMtefl, par Chàs. E. Sajods. — Ayant remvqaê
2ue, lorsqu'on applioue quelques gouttes d'une solution i pour 100 de chlornydrale de cocaïne sur la muqueuse, qui recouvre les cornets des fosses nasales, on détermine m bout de trois minutes son anémie absolue, l'auteur a eu l'idée d'employer celte substance au traitement du catarrhe aigu et chronique simple. 11 en a retiré de très bons eflUi- {Médical News, p. 678, 20 décembre 1884.)
â6 3mv 1885 GAZETTE HfiBDOMADAIAB DE HÉBEGINE ET DE CHIRURGIE — M* 26 - 431
BIBLIOGRAPHIE
TntUé de therio— étrie mMleal« coaiprenuit les Mbala- •eoMsaCS de tempéralMre, l'algldité ««■(r«l« et la
therMOBséirie imUo, par H; P. Redaad. Paris, J.-B. Bailliëre, 1885.
Ce livre n*est pas plus un résumé des traités de thermométrie médicale publiés jusqu'à ce jour qu'il n'est un ouvrage exclasiveinent original et renfermant, comme plusieurs de ceux qui ont celte prétention, des assertions prématurées ou des expériences contestables. Il tient à la fois du traité didactique et de l'ouvrage original, c'est-à-dire qu'il est complet au point de vue historique et très intéressant au point de vue (wrsonnel.
Nous n'hésiterons donc pas à louer sans réserves la manière dont l'auteur a compris le sujet qu'il voulait traiter. Lorsque M. Redard, quelles qu'aient été les précautions prises par lui pour arriver à un résultat favorable, quelque multipliées qu'aient élé ses expériences, aboutit à des conclusions qu'il paraît impossible de formuler en loi générale, U le dit trancnement et ne cherche pas à frapper l'esprit
Su des considérations aventurées. Lorsqu'il cite les travaux B ceux qui l'ont précédé, il les consulte directement et non dans des citations plus ou moins tronquées, et il les commente ou les apprécie, alors même qu'il ne les approuve pas, de manière à permettre au lecteur de se faire a lui-même une opinion précise. Enfln les observations très nombreuses qui lui sont personnelles sont suffisamment détaillées pour (qu'aucun doute ne puisse rester dans l'esprit de celui qui tiendra à les lire. Nous ne croyons pas pouvoir faire un plus ^nd éloge de ce nouveau traité ^ue de rendre ainsi pleine justice à sa sincérité et à sa consciencieuse rigueur.
Dans une première partie l'auteur étudie la température à l'état normal fia température axillaire et la température rectale), puis il aborde l'examen des causes qui peuvent l'abaisser. Ues causes sont très multiples. KUes sont examinées dans une série de chapitres distincts et leur influence est prouvée par de nombreuses observations avec courbes thermiques. Un résumé des indications diagnostiques et pronostiques fournies par les abaissements de température et l'algidilé et un chapitre consacré au traitement de Talgidité terminent cette première partie.
Dans une deuxième partie, M. Redard étudie la thermométrie locale. Il le fait avec un soin et une attention qui permettent de considérer son livre comme le plus importaut de tous ceux qui ont été écrits sur ce sujet. Après quelques indications historiques, l'auteur s'efforce de montrer quelle peut être la technique de la ihermométrie locale et décrit tous les instruments employés dans ce but. Il étudie en* suite quelles sont les variations pb3;siologique3 de la températare locale suivant les diverses parties du corps et quelles sont les modifications que leur apporte l influence des agents extérieurs. Vient ensuite la recherche des températures dans les diverses parties du corps suivant les maladies qui peuvent en modifier l'état. On remarquera l'attention avec laquelle M. Redard s'est préoccupé des examens Ihermométriques dans les maladies chirurgicales. Il termine son livre en indiquant les études faites uar plusieurs savants au sujet de la thermométrie locale dans les maladies des yeux, de l'oreille et de la peau.
Tel est, en résumé, le cadre de cet ouvrage; telles sont les études qui ont préoccupé M. Redard. En les publiant avec tous les détails nécessaires, il a contribué à montrer les difficultés de ces sortes de travaux, leur intérêt au point de vue de la physiologie pathologique, mais aussi, en raison de l'inconstance des résultats obtenus, leur peu d'utilité pratique anssi Inen qae l'inanité de certaines théories dont le moindre
défaut est de reposer sur des conceptions à priori et de n'être confinnées par aucune expérience rigoureuse.