L. LlREBOULLET
Pwal7»le brachiale mmmmétman mmx «miUhUom de réfmde.
Le dernier numéro de la Gazette Hebdomadaire renferme une observation de Monoplégie brachiale iurvenue après une chute sur l'épaule, publiée par M. le docteur Catrin (de Compîègne), qui la rapproche d'une observation analogue, publiée par H.Troisier.dansle 14 de la Gazette (3 avril). L'explication de ces faits a paru difficile anx deux observateurs, et il en a été de même pour les membres de la Société médicale des hôpitaux, lorsque l'observation de M. Troisier leur fut communiquée le 27 mars dernier.
M. Joffroy aurait assez volontiers admis une paralysie hystérique et H. Rendu une paralysie traumatîque des nerfs périphériques. Des faits analogues ou semblables ont depuis longtemps attiré mon attention et je crois qu'ils sont susceptibles d'une autre interprétation.
Je disais à la Société de chirurgie, le 22 mars 1876, en
donnant lecture d'une note Sur des paralysies avec atrophie aiguë de qwlgues groupes de muscles dans certaines affeetions articulaires, au moment où mon interne, M. Taltat, préparait sous mon inspiration une thèse sur ce même sujet : c Dans les cas assez fréquents où une paralysie avec atrophie des muscles du membre supérieur succède à une luxation de l'épaule, on attribue la lésion musculaire à une contusion des nerfs du plexus brachial. Je ne nie pas que telle puisse être asses souvent la cause de cette atrophie, bien que je fasse des réserves sur la légitimité de cette interprétation, mais comment invoquer cette contusion quand il n'y a pas eu de luxation? C'est à la lésion articulaire, à l'arthrite tranmatique, qu'il faut attribuer l'apparition de la paralysie. » C'est ce que je vais chercher à démontrer.
Je pourrais rapprocher de ces deux faits, deux autres qui me sont personnels. Le premier en date remonte à sept ou huit ans : il s'agit d'une femme qui me fut adressée à l'bêpital Beaujon par un confrère qui croyait sa malade atteinte d'une luxation de t'épaule datant de huit jours. A la rigueur, l'erreur était admissible, le moignon de l'épaule était aplati et les mouvements du bras et de l'avant-bras impossibles. Les mouvements des doigts étaient conservés. Ces phénomènes étaient consécutifs à une chute sur le moignon de l'épaule. Or, il n'y avait aucune luxation, mais déjà une atrophie des plus marquée du deltoïde paral^. Les courants continus et la faradisatîon amenèrent une amélioration rapide.
Le deuxième fait date de quelques mois. Une femme, à la suite d'une chute sur le moignon de l'épaule, s'aperçut le lendemain d'un paralysie du bras gauche. Le troisième jour, 4 mars, elle entra à Thêpilal Necker, avec une paralysie complète de la molililé de tout le membre. La sensibilité était intacte. Or, il n'y avait en aucune luxation. La paralysie céda àlafaradisation; mais la malade ne voulut pas attendre la guérison complète, et elle quitta l'hApilal le 30 avril. Le deltoïde seul était encore parésié.
Dans tous ces cas, l'hypothèse d'une contusion du plexus brachial est inadmissible. Du moment où la tête humérale reste dans la capsule, le plexus brachial échappe à toute contusion. D'ailleurs, dans celte hypothèse, il devrait y avoir paralysie de la motilité et de la sensibilité, puisqu'il s'agit des nerfs mixtes, et le plus ordinairement la motilité seule est atteinte.
Peut-on admettre la commotion du plexus? pas davantage. Dans cette hypothèse la paralysie devrait être immédiate ; or, dans le cas de H. Troisier, la paralysie ne survint que le sixième jour et dans ma dernière observation le lendemain. Ce qu'il y eut certainement, c'est dans tous ces cas une contusion violente de l'articulation et une arthrite légère, qui se traduisit (sauf dans le cas de H. Troisier) par nne donleur persistante.
Si la démonstration de ces paralysies réflexes est difficile à fairedirectement pour l'épaule, elleestfacile pour d'autres articulations où elle est fréquente, et si la démonstration, pour l'épaule, n'est qu'indirecte, elle n'en est pas moins admissible.
Le premier fait que j'ai observé est rapporté dans mon travail de 1872, sur l'emploi des courants faibles et per~ mane^. Il s'agit d'un jeune homme de dix-huit ans qui, dans un mouvement exagéré de torsion du poignet en soiUevant un meuble, ressentit dans l'articulation un oraqnement, accompagné d'une vive douleur. Quinze jours après, je constatai une paralysie avec atrophie des musdes de l'avantbras. La guérison ne fut obtenue qu'après «a mois deMi^ ment par les connmts continus foibles et permanentsP
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Les faits concernant le genou sont très fréquents. Après une contusion du genou, ayant amené de Thydarthrose, ta paralysie du triceps de la caisse est la règle et elle se retrouve également dans rhydarihrose rhumatismale roono>articulaire consécutive au froid et à l'iiumidité. Nombre de fois j*ai vu cette parésie survenir le lendemain de la contusion.
Par quel mécanisme se produit-elle? Pourquoi ce singulier effet réflexe? Je ne hasarde pas d'explication. Je me borne à constater la relation incontestable de l'effet et de la cause, et, ce qui est plus important, d'indiquer le traitement.
Si l'accident est récent, la faradisation vient asses rapidement à bout de la paralysie, c'est ce qui est arrivé pour le malade de H. Calrin. Quelquefois cependant la faradisation reste quelques jours impuissante à réveiller la contractitité musculaire; dans ce cas, le plus souvent les courants continua énergiques, les courants de Remak, amènent la contraction.
Si on est appelé plus tardivement, si l'atrophie est déjà marquée, les courants faibles et permanents que j'ai employés et proposés en 1872 et dont on commença par nier, à priori, l'action possible, sont absolument indiqués, concurremment avec la faradisation.
Hais quand un temps très long s'est écouté depuis l'accident, la guérison devient fort douteuse, et dans ces cas le membre pend inerte, et la tête humérale s'abaisse en s'éloignant de l'acromion. J'en retrouve dans mes notes un curieux exemple observé dans le service de Halgaigne, à la Charité, en 1861. La malade, ftgée de vingt-trois ans, avait fait quatorze mois auparavant une chute dans un escalier, l'épaule porta, elle y ressentit une vive douleur et elle constata immédiatement une impossibilité absolue des mouvements du membre. On se borna 6 l'application de pommades et onguents divers et elle fut adressée à Halgaigne comme un cas de luxation non réduite. Mais il n'y avait aucune luxation, seulement l'atrophie et la paralysie des muscles de l'épaule avaient permis à la tète humérale, non soutenue, de s'abaisser d'un centimètre et demi. On put constater également l'existence d'une hydarthrose scapulo-humérale. Le traitement consista dans l'application successive de trois vésicatoires volants, qui n*unenèrent qu'une légère amélioration.
En résumé, je crois que cet accident singulier est dû à une paralysie réflexe, dont le point de départ est l'articulation. L'immobilisation de l'épaule pendant quelques jours, puis les mouvements communiqués faits avec précaution dans le but d'empêcher les raideurs ; la faradisation dans les cas récents sans atrophie, aidée de l'emploi des courants faibles et permanents dans les cas plus anciens ou accompagnés d'atrophie, constituent le traitement dont l'efficacité est si fréquemment démontrée pour la cuisse et le genou. Lèok Le Fort.
TRAVAUX ORIGIKADX
Observation de pneumonie massive (lue à la Société de médecine d'Angers, le 6 mai 1885, par H. le docteur H. Gripat, professeur suppléant à l'Ecole de médecine d'Angers, ancien interne des hôpitaux de Paris).
Obs. — Le vendredi 17 avril dernier, je suis appelé auprès de Mlle B...^ âgée de cinquante-trois ans, qu'on a ramenée le jour même de Paris où elle s'est trouvée malade.
Le dimanche précédent, ii avril, elle a éprouvé un léger refroidissement. Le mardi H, nouveau refroidiasemmt. m mercredi 15, après une journée de fatigues, frisson violent dans
l'après-midi, avec point de cdté à droite. Le jeudi maUn, sans avoir consulté un médecin, la malade prend 1 gramme de sulfôte de quinine, et le vendredi elle monte en wagon pour rentrer chex elle. ^
A son arrivée, je trouve une forte fièvre avec oppremoa et point de côté i droite. Il y a du loussotlement, mais ancone expectoration. La langue est humide. 11 n'y a pas la moindre prostration. Je constate une malité absolue à la base du poumon, remontant presque jusqu'au mi lieu de sa hauteur, sans aucune vibration thoracique h gaaché, pas de vibrationi, ce qui peut 6lr« atlribué à la persistance des adhérences d'une anaenue pleurésie). A l'auscultation, souflle bronchique de moyenne intemité, sans râles, voilé par une légère égophonie.
Me basant sur les résultats de Pexamen local, sur l'état général qui ne présente rien d'inquiétant, sur les antécéduts rnomatismaux de la malade qui, en février dernier, a eu une pleurésie gauche rapidement enragée, et en juillet 1884 un rhumatisme articulaire aigu sans accidents cardiaques, j'admets l'existence d'une pleurésie au début, avec épanchement inoyea, et applique un large vésieatoire. Toutefois, soupçonnant une asseï forte congestion du parenchyme pulmonaire, je prescris une potion à l'ergotine et a l'acétate d'ammoniaaue.
Le lendemain 18, l'oppression a noiablement augmenté; le pouls est petit et rapide, le point de cété persiste. Dans le mouchoir, deux crachats, moitié vitreux, moitié formés de stries sanglantes brun&tres, presque de couleur jus de pruneau. En plus, teinte subictérique des sclérotiques et urines fortement tnlieuses. La matité est plus marquée, un peu plus élevée, s'arrêtent à la limite supérieure du lohe inférieur du poumon. Absence de vibrations et de r&les, souffle bronchique peu intense, sans ^|0|diooi«.
Je modifie mon diagnostic, Omettant l'existence d'une pneumonie de la base masquée d'ahord par un léger épanchement pleural dont les caractères symptomatiques sont en train de céder la place A œnx de rindwaiion parenchymaleuse. ie continue la même potion, y ajoutant 40 centi|[rammes de brombydrate de quinine, du vin de Madère et du vm de Bordeaux.
Dans la nuit du samedi au dimanche, à trois heures, on vient me chercher parce que, depuis une heure de temps, l'état s'est aggravé considérablement. La crise a commencé par une dyspnée progressive, avec pouls filiforme, perte rapide de connaissance , cyanose des lèvres, pâleur de la face, sueurs profuses. Il est désormais impossible d'ausculter en arrière, dans la crainte de syncope mortelle. En avant, nombreux râles trachéaux masquant tout autre signe d'auscultation. L^s bmits cardiaques sont faibles, mais normaux. Devant une fureille menace d'asphyxie, il semble urgent d'obtenir une déplélion rapide du système circulatoire. J'essaye de saigner aux deux bras, mais les veines sont imperceptibles, enfouies dans un tissu graisseux abondant et mou. J'obtiens seulement deux cuillerées de sang ncnr, malgré de larges ioaaiona avec la lancette et une dissection des veines. J'appliaua alors 10 sangsues au-dessous des oreilles et obtiens un asset fort écoulement de sang. L'amélioration se fait vile, le pouls se relève, la eireulatîon et la respiration deviennent plus faciles, plus calmes, et la cyanose diminue. Les téguments sont congestionnés pendant ce temps par de larges sînapismn.
Désirant administrer la quinine à plus hautes doses comme antixymotique et tonique du cœur, je commence par donner à quatre heures et demie 50 centigrammes d'antipyrine pour fitire d abord tomber rapidement la chaleur et la fièvre. En même temps je prescris une potion avec 1<',50 deteinture de digitale, choisissant cette préparation parce qu'elle est facile à obtenir iHomutement pendant la nuit. Cette potion, administrée plus vile que t'ordonnance ne le comporte, est prise entre cinq heures et demie et neuf heures du matin ; â six heures et demie on a encore donné 50 centigrammes d'antipyrine.
Le même jour (dimanche 19^, & neuf heures du matin, amélioration notable : la cyanose a beaucoup dimioné, la dyspnée est moindre, la respiration plus facile, le pouls plus fort, luttant 120, la température a 38 degrés. Mais les sueurs persistent avec l'abattement. Absence complète de crachats et d'urine. Toniques à hautes doses, vin, café, bouillon; deux iujeclions soiit<<tttaaées d'éther.
A uue heure et demie de l'après-midi, la cyanose a presque disparu. La malade a repris connaissance et cause avec nous. Elle n'a pas le moindre souvenir de ce qui s'est passé. Le pouls est à 116, régulier; la température à 38*,^; la rmration aaaei
26 Juin 1885
couler. Preseription: via, café, 40 ceniigrammes de bromliydrate
de qaioÎDe et deux injectioiu d'éthor.
^ Notons ici ^ue le retour de la coneaissance a coïncidé avec l'odeur éthérée de l'haleine expirée, deux heures environ après les injections de la précédente visite.
A six heures du soir, la température est plus élevée, à SQ'.S, le pouls à 1 18, la respiration à i8 degrés. La dyspnée est moindre, la cyanose peu prononcée, bien que Ta malade, qui a recouvré sa pleine connaissance, se plai{riie encore d'étouffer ; il n'y a pas cependant d'orlhopnée. L'auscultation n'est encore possible qu'en avant, en raison de la gfrande faiblesse. L'air pénètre bien ;' les râles sont très humides, et des crachats semblent prés de se déla cher, il y a eu deux émissions d'une urine peu bilieuse et peu trouble. Les sclérotiques sont encore légèrement jaunes. Pour prescription, 40 centigrammes de bromhydrate de quinine et reprise de la potion à l ergotine. Il faut noter que la quinine précédemment administrée a procuré uue surdité complète, la malade élam remu^iuablement sensible à ce médicament, même à doses malérées.
A neuf heures et demie du adr, l'oppression a reparu, avec la cyanose. H yade l'agitMion, des râles humides, une circulation rapide, à 1z8, et faible. Imectioo de 5 milligrammes de chlorhydrate de morphine, dont I effet est de procurer promptement le sommeil et le eahne.
A trais heures de la nuit, après une période de calme trompeur, l'oppression reparaît ; la malade est en perte absolue de connaissance, pâte avec les lèvres cyanosées; injection de 4 seringues d'élber.
A cinq heures, la mort arrive sans crise.
Malgré le retour de deux violentes crises survenues à la même heure, ileux nuits de suite, il ne semble pas que la mort soit due k une pneumonie pernicieuse. Habituellement les accès pernicieux succèdent à d'autres accès plus ou moins régies, moins violents, survenus au début de la pneumonie, accès entre lesquels les symptômes locaux semblent considérablement améliorés. Ici nous n'avons eu aucune rémission dans la marche de la maladie qui a eu seulement deux périodes distinctes, l'une de gravité modérée, l'autre de gravité extrême à partir du début de l'oppression. Jamais ni le vendredi, ni le samedi, on n'a constaté la presque disparition des symptômes stéthoscopiques, calme trompeur qu'on note presque toujours dans les pneumonies intermittentes.
Aurais-je eu alTaire à une embolie survenue brusquement dans le cours d'une pneumonie? 11 est vrai que je n'ai pu, depuis le commencement de la crise fatale, ausculter les poumons et par conséquent constater de modifierons brusques dans les symptômes stéthoscopiques. Hais, en l'absence d'une autopsie qui eAl été probante, i) me semble plus rationnel de laisser de côté cette hypothèse d'embolie dont la cause ne se serait manifestée auparavant par aucun signe, et de rapporter tous les symptômes à la pneumonie seule, en admettant l'existence de celte forme infectieuse qui s'accompagne d'obstruction complète des bronches et qu'on nomme ta pneumonie massive.
Vaguement soupçonnée jusqu'à ces dernières années, décrite par B»nnt{BuUetin de ta Société médic-ale de Reims, i876) 80BS le nom de Bronchite pseudo-membraneaseï cette affection rare a été défmitivement acceptée comme un type piriiculier depuis le mémoire du professeur Grancher (Gazette médicale de Paris, 1877-1878). Ënl879, Berne en publie une belle observation dans les Bulletin» delà Société anatomique; en 1881, de Beurmann et Brissaud rapportent trois cas nouveaux dans les Archives de médecine; et, ia même année, trois thèses sont consacrées k ce sujet par Leroux, Petit et Anglade. Enfin, dans le livre récent du professeur G. Sée {Maladies spécifiques non tuberculeuses du poumon, 1885) on trouve, outre une description courte et nette, quelques indications bibliographiques, entre autres relie d'une observation présentée par BlacneE, en 1878, à ta Société médicale des hôpitaux.
Il me semble que ma malade a succombé à cette affection
rare et trompeuse, toujours prise jusqu'ici pour une pleurésie, ou tout au moins pour une pl euro-pneumonie, si bien que la plupart du temps (Grancher, Berne, Leroux, Petit) on a tenté la ihoracentèse, comptant enlever une grande quantité de liquide, cause de la matilé totale et de la dyspnée k marche rapide. Dans tous tes cas la thoracentèse a été blanche et sans résultat. Il ne pouvait en être autrement puisque la pleurésie n'existe là qu'à titre d'épiphénomène, et sans épanchement liquide notanle.
C'est qu'en pareil cas la matité at»(olue est due à l'hépatisation de tout un poumon ou de tout un lobe, jointe & t'obstnidion des bronches par un exsudât fibrioeux et sanguin oui les bouche complètement et y empêche tout accès de 1 air, d'oà, à la fois, matité complète, absence de respiration, de ràle et de soufDe quand le bouchon est tout formé, ou bien souffle modéré, parfois légèrement êgophonique, sans doute quand l'exsudat n'a pas encore complètement oblitéré le calibre des bronches.
Evidemment j'ai dû observer ma malade dans deux périodes distinctes de sa maladie, la première période précédant l'obstruction des bronches, et ia crise ae la première nuit coïncidant sans doute avec une diminution rapide du champ respiratoire,
La pneumonie massive, encore trop rarement observée pour être toujours présente à l'esprit de l'observateur, a été, dans presque tous les cas, l'occasion d'erreurs de diagnostic que seuls l'incohérence des symptômes, l'insucrës d'une thoracentèse, la mort imprévue et Tautopsie ont permis de rectifier.
Toutefois le diagnostic est pins facile quand la lésion atteint le sommet du poumon (Anglade), car alors, en l'absence de tout épanchement à la base, et de tout symptôme d'adhérences en voie de formation, il est diffîcite de songer à un épanchement aigu et limité du sommet de la cavité thoracique avec matité aussi marf^uée.
Quoi qu'il en soit, la pneumonie massive est une afi'ection des plus graves, toujours rapidement mortelle quand le bouchon fibrineux n'est pas promptement expulsé des bronches. Notre cas n'a pas fait exception k la règle.
CORRESPONDANCE
A'mn érjmipétm.
A HONSIEUB LE PAÉSIDKNT DU COMITÉ DEItÉDACTION DEIA C GAZETTE HBBDOHADAIRE >.
Je viens d'être témoin d'un cas pathologique dont il n'est pas à ma connaissance d'autre exemple dans la science, et qui, i ce titre, mérite peut-être de ne pas tomber dans l'oubli. 11 s'agit de la disparition presque instantanée de lymphomes multiples au cours d'une leucocythémie lymphatique, par suite de l'apparition intercurrente d'un érysipèle de la face. Malheureusement cette disparition n'a été que de quelques semaines.
Au reste, voici une relation ahr^ée du cas :
H'" P..., du Beugnon, canton de Coulonges (Deux-Sèvres), cinquante-cinq ans, tempérament lymphalico-sanguin, mère de cinq enfants, s'est toujours bien portée juscpi'en janvier 188i. A partir de cette époque, les ganglions cervicaux vont se développant de plus en plus, lieurs masses agglomérées débordent en arrière jusqu'au rachis; en avant, rejettent sur les joues les lobules des oreilles, et se rejoignent sous la m&choire par un chapelet moins volumineux. Les amygdales sont énormes. Les follicules glanduleux du pharynx forment une véritable lonsille pharyngienne, qui abaisse le voile du palais et obstrue presque complètement l'isthme du gosier. La déglutition est très difficile. Ecoulement de mucosités par te nez; cornage nasal; audition altérée par l'obstruction aes trompes d'Eustache. Dans l'aine droite, tumeur ganglionnaire du volume du poing. Rien ailleurs. ^
Malgré ces lésions, l'état de la malade reste asni bon. En oc- . tobre dernier, Térysipèle apparaît, né probablement de quelque
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDBGiNE ET DE CHIRURGIE
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excoriation nasale, et bienlâl s'étend aux deux côtés de la face, sans les dépasser. 11 n'oflFre, au reste, rien de particulier. La température ne s'élève pas au-dessus de 40 degrés. Mais, d*8 l'apparition de rérjrsipèle, les masses ganglionnaires subissent une nS^ression évidente. An sixième j[our le cou est dégagé et le pharynx libre. La déglutition redeTient facile, l'ouïe de môme. On sent bien encore les ganglions au con et à l'aine, mais si peu que la famille considère la guérison comme complète, du fait de ce bienEusant érysipète.
Trois semaines plus lard, l'hyperolasie ganglionnaire recommençait. Après un nouveau mois, elle avait reconduis le terrain perdu. A son niveau, la peau du cou s'était chagrinée, injectée, avait pris une teinte livide, de telle sorte qu'on eût plutôt cru, si l'on n'eût été prévenu d'avance, i quelque tumeur maligne, à un lymphosarconie. Peu à peu les janibes se sont infiltrées, puis les mains, les paupières; et fin avril le malade a succombé subitement, probablement à un épanchement intracrânien.
Maintenant à quel élément causal précis faut-il rapporter la disparition momentanée de ces masses ganglionuaires? Comment le milieu organique s'est-tl trouvé tout à coup modifié, au point de ne pouvoir plus fournir d'aliment, pour un temps du moins, à la prolifération cellulaire? Faut-il, en s'inspirant des doctrinerécentes, invoquer la présence du miuobe érysipélateux, agiss sant sur les corpuscules lymphatiques, soit directement, soit par l'intervention de quel(|ue principe sécrété? Ou plus simplement a-t-il surô de l'intervention de quelques degrés de température en plus? Autant de questions auxquelles il n'est pas possible de répondre.
Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins le fait lui-mtaie. Je serais heureux qu'il servit de point de départ & des observations nouvelles, qui pourvoiraient a l'insuntsance de la sienne, et qui sait? conduiraient peut-être à des suggestions intéressantes pour le traitement de cette maladie ai^oord'hui incurable, la leococy- Ihémie,
D' RicocHON (de Champdenier).
Nota. — J'ajoute qu'au cours de l'érysipéle la malade ne fut soumise & aucune médication active. Va mois après ta disparition, un traitement arsenical rigoureusement poursuivi par la voie stomacale et en injections hypodermiques dans les tumeurs n'amena aucun résultat.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SiANCE DD 21 JUIN 1885. — PRfiSIDEMCB DE H. BOULEY.
La séance i été lerée en signe de deuil à Toccasion dn décès de M. Tresca.
Andtele «a WÊéémtÊmm.
SÉANCE DU 23 JUIN 1885. — PRESIDENCE DE H. J. BEHGEnOM.
M. OniMl eovoia u Rapport nanuKrll «w lu aWton tkermate de Dax. (CkimmiMiM 4e» mke miniraie».)
H. le docteur A. Yverl adresse one broehore vu l'Mffiwlloii 4m eorpM itnngtn 4e l'ait, mwcesux de fer on d'acier, aa mojen de l^inent, poar le concom du prix Buignet à9 t88&. (laierit eotia le n* 8.)
H. le doctf-ur C. BroUet aavtrto le relerd de aee weeiMHoM et mw«eliMMaiw k Vienne (Itèret an avril et mai 1885. {CtmMiâtiû» de wwetae.)
H. le doetenr Girmi {Fcnun^ edmee w thk>w inancurale, eoatonee k LjtM, *w Je eMtrû A VMpiM du PkùfO peniatU VtpidémU « 18U d MmtiOt. (Cemmiftion du OwUra )
II. le docteur Sune$'Viit (de Florence) en<roîa une broebura btlhilde : Shidf dtotei *tU choiera. {Gommiuion 4a ^Uémieê.)
H. le StcréUire perpéttul ddpoM : 1* aa nom de M. la doetenr A. Bounut. one brodinra iTRiit poor titra : L» erimbuUiU à ffojtfei ; I* de ta part da M. le doeienr R»MiuU, en indaHiïrB îaprimd, intitulé : I/«(eniiekiiiife» Mer die ■ iplndeVSnnifM Uete» ■ der j^mtMa^ektn md palh»U§Ueltm Augenlituen.
y. Rotiwfi prdHola an Traité é*. MoiUre mddledlé, onn* pwUinBa de
FofutatHtet.
H. Lunier offro an nëmolra imprimé nr le vina^e et Valeonliiatim du «tee.
H. Aretuirdet dépMe neaDote manoKrttede H. lafon, relalïTo à Y action de» tiUniatet el dei léUnitet tur le* aleaMdu, et noUmment i une nonvelle réaction de la coddine. (RenTol i HM. JMffUiteh al Schuttenberçtr.)
IL ContlanUn PatU prêtante, au nom da M, le docteur TiUot, une broebura sur YëdéHiU rM-ttUHue ckrM4«M.
H. Léon CMn ddpoee, da la part da E. IMMV, une Émdt tur la eaur mi- I néro-Otermatet da la aallde du «ewlier de Artaivoii (Haniea-Alpea) (Coawiieim der ums mindrolet) ei oBn, m «m aoin. l'article Pams. attrait da iNc- UonnaUrtttup^pUique itt tcUnut vUdicaleê, ainù qaTuia diade taprioida ht Vi^OmU dé ehoiira doni i'anade de Porte e» 1884.
M. TUtaux prdaeata, aa nom da Sir Spetutr Wellt, «n eanaso ■<"* ^ diÊFffimtle et te fraUeawiit ehlmrfteal de* fimeNn de l'aMeMCtt.
U. Hoter aUtt. de la part de H. le docteur Marttiuau, ane diade clinique aar le Nennorrhâfte de la femme.
U. rentier d^oee : 1* au non da H. la doeletw Bouektùêwrt, l'arlkle Dvt- TDCii, exinit dn £Mell«iiMlre «iiqfcleyddigiie dei aeieiuta méék^e»; C* dala part da H. Jvlet 51mo», aa winma litilaM : CntféMmeM UdrapMttfwa cl tOniquei sur les maladies d€i enfÊnt$.
U. Cartel préeenie une plie dsttM* A la t^MMOaiMi^, ioHftBda pir MU. WUt el LarocAcIte.
Isolement des értsipëlateux. — Sur U proposition de M. Verneuilt TAcadéniie émet, à l'unanimité, la résolution
suivante :
La discussion qui vient d'occuper longuement l'Académie a démontré que l'érysipéle est éminemment contagieux, que l'antisepsie en a certainement diminué U fréquence et la gravité, qu'elle ne peut toutefois empêcher ni les malades venus du dehors d^nfecter les salles d'faftpital ni les malades sortis de l'hftpital de reproduire au deoors des foyers d'épidémie. D'où chaque année un ceruin nombre de décès exclusivement imputables ft cette infection réciproque et la persistance indéfinie du mal. Pour remédier & cet état de choses, l'Académie croit indispensable d'avoir dans les hôpitaux des locaux particuliers ou isolement des érysipélateux sera sérieusement pratiqué. Elle demande donc formellement la création de ces locaux aux pouvoirs publics qui, dûment avertis, ne voudront pas assumer plus longtemps la responsabilité de ce qui existe aujourd'hui.
Nomination des gohhissionb de prix. — Sur la proposition du Conseil et après un échange d'observations entre H. le Président, HH. Bouley, Léon Le Fort, Trélat et Valpian, l'Académie décide qu'A l'avenir, pour la nomination
des Gomtnissions de prix, des listes, dressées par le Conseil, seront distribuées huit jours avant la séance dans laquelle celte nomination doit être faite. Les observations auxquelles ces listes pourraient donner lieu seront soumises au Cianseil de l'Acadeinie, Le vote aura lieu par mains levées, en séance publique.
GanorAne foudroyante. — A propos d'une observation adressée par H. le docteur Paquet (de Lille) et ayant poiar titre : Plaie du coude par arracnement, septicémie aigvé à forme gangreneuse ou gangrène foudroyante, désarticulation de l'épaule, guérison, M. Polaiilont rapporteur, fait remarquer que cette observation plaide en faveur de l'am* jfiutalion du membre atteint par cette redoutable complication, au delA du point où la peau se présente avec la teinte bronzée spéciale, symptôme de la présence du microbe spécifique, découvert par MH. Chauveau et Arloing. Il existe toutefois dans la science d'autres cas, parmi lesquels ceux rapportés par M. Maurice Perrin, qui |)rouvent aussi que l'irrigation antiseptique et la désinfection locale peuvent quelquefois, surtout lorsque le mal est à son début et que ht plaie n'est pas très ^rave et que le si^et est vigoureux, permettre la conservation du membre.
Phlegmon de la fosse iuaqite. ~ M. le docteur Gretlet (de Menât, Puy-de-Déme) avait envoyé à l'Académie une observation de perforation intestinale, suivie d'iuGUralion stercorale et de tumeur plilegmono-gazeuse de la fosse iliaque droite avec symptômes d'iléus el état général très grave; incision de la paroi nbdominale, drainage, amélioration rapide, guérison. M. Polaillon, rapporteur, estime que dans les cas semblables il ne faut [las craindre de pratiquer le débridement dès que la perforation est faite, si Von peut reconnaître le moment précis oà elle s'établit ;Aiip9ut ainsi prévenir les dangers d'inâ'â'^l^ phlegmon, d'iuH^^licémie stercorale ou gangreneuse, d'une péritonite généralisée. La
26 Juin 1885
GAZETTE HEBDOHADAIRjB DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
douleur intestinale localisée, la fièvre et la constipation ne suffisent pas d'ailleurs comme symptômes pour pratiquer cette opération ; il faut attendre la tuméfaction et alors agir sans plus tarder.
ÀNCSTHfisiQDES Duvs L'ÀHTiQtiTft.— H. Laçneau rapporte que dans an curieux manuscrit d'Abélard, récemment découvert par un membre de rinslitut, M. Hauréau, ce théologien, à propos de la création de la femme, croit devoir comparer le profond sofnmeil d*Adam, durant lequel une cAte put lui être extraite, sans le réveiller, sans lui déterminer la moindre douleur, au profond sommeil que les chirurgiens de son temps avaient coutume de déterminer chei les patients qu'ils voulaient opérer. Déjà M. Maurice Perrin a indiqué les aneslfaésiques eninirgieaax ancienneoient employés.
Ces médicaments, quoique Imn de jouir tous de propriétés également actives, étaient employés soit lopiquement sur l'endroit qu'on allait opérer, soit par ingestion, soit par olfaction. Ptme parle d'une pierre de Memphis qui, broyée et appliquée avec du vinaigre, rendait insensible la région qu'on devait brûler ou inciser. Pline, Dioscoride, Hattbéole, Desmoulins, Rembert Dodoens, de l'Escluse disent ({u'avant d'opérer un malade, oa t'endonnait en lui faisant ingérer soit du suc de feuilles, soit de la décoction de racines de mandragore, soit de la macération d'éeorees de ces racines dans du vin doux, soit une dose de la plante appelée morion dans du pain ou antre aliment. Les préparations de mandragore et de morion, comme celles d'autres narcotiques, assez fréquemment usitées par les chirurgiens jusqu'au deuxième et au quatorxième siècle, semblent ravoir été beaucoup moins au seizième siècle, au temps d'Ambroise Paré. De la mandragore ingérée, on peut également rapprocher l'opium pris en potion dans le même but, ainsi que l'in>liquent Gui de Ghaulaic au quatorzième siècle, Jean Canappe et Joubert. Il faut encore mentionner le chanvre, employé comme anesthésique chirui^cal, anciennement en Orient, particulièrement en Chine, sous le nom de Ma-yo par le médecin Hoa-Tho, rappelé par Stanislas Julien. Cfuant aux anesthésiques par olfaction, deux préparations noïypharmaques peu différentes ont été formulées au treizième siècle, l'une par le chirurgien Hugues de Lucqnes, dominicain, provincial de Rome, l'autre par le ctairurifien Théodorie, frère prêcheur, évéque de Cervia, près de Ravenne, De ces deux préparations, composées d'opium, de sucs de iusquiame, de mandragore, de cigué et de maintes autres plantes, on imbibait des éponges, qui, séchéfs au soleil, étaient humectées lorsquon voulait s'en servir, et placées sous le nez du patient jusqu'à ce qu'il s'en<1orm!t. Quoique une préparation assez analogue ait également été indiquée par Porta dans sa Magie naturellef on a peine h croire que ces prêparations peu volatiles aient pu arnri déterminer l'anesthésie par simple olfaction.
H. Maurice Perrin ajoute que dans son article Anbs- THËsiE CHiRDRGiCàLE et dans son Traité de VanestMaie, il a signalé un grand nombre de ces agents, usités dans l'antiquité, notamment une préparation, ou'îl a trouvée dans une sorte de recueil de recettes, en date ae 1561, et qui, formée par un mélange de diverses drogues comprenant è peu près tout ce qu'il faut pour faire du chloroforme, servait a insensibiliser en partie les gens soumis aux tortures de Tlnquisition.
U. Larrey fait remarquer de son côté que tous les auteurs anciens, cités avec soin par les modernes, ont indiqué un grand nombre de drogues employées pour l'anesthésie; on sait aussi que. dans VInde, l'hypnotisme était antrefois utilisé dans ce Dut.
Oreillons. — H. A. Ollivier, candidat à la place déclarée vacante dans la section d'hygiène publique, médecine lég^e et police médicale, donne lecture d'un mémoire sur
la contagiosité et le contage des oreillons^ d'après des observations qu'il a pu recueillir à l'hôpital des Enfants- Malades et des recherches faites par MH. Capitan et Charrin dans le laboratoire de M. Bouchard. La nature parasitaire de cette aCTeclion lui parait ne pouvoir être contestée ; il en Lire des conclusions prophylactiques spéciales, tendant à la nécessité de l'isolement pour les malades qui en sont atteints.
Société de Alrwsle,