ASSOCUTION GÉNÉHALB DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS MUTUELS
DES MÉDECINS DE FRANCE. — Bienfaiteurs de l'Association des médecins de France. M. Brun, trésorier de l'.Xssociation, a reçu les dons suivants: MH. le docteur Miltard, 1000 francs; le docteur Péan, 200 francs; le docteur Descroizilles, 100 francs ; le docteur Hartineau, 500 francs ; le docteur N., 20 francs ; le docteur Balier (reliquat du banquet des élèves de H. le profKseiv Grancher), 285 fraocs. — Total : 2105 francs.
Société protectrice de l'enfance. - QmvUwn de prix pour Cannée 1885 (le prix sera de 500 francs). — ^pAser, en se fondant sur des observations personnelles et en indiquant les étsiblissemenls, ainsi que la nature de l'industrie qu'on y explmte,
Î[uelle influence ont pu avoir sur la santé des mères et des eaants : l' le repos auquel, dans quelques fabriques, sont astreintes les ouvrières pendant la ouinsaine qui précède et celle qui suit l'accouchement; 2" l'établissement d'une crèche i proximité de la fabrit^ue.
Questwn de prix pour Tannée 1886 (le prix sera de 500 fraocst. — Exposer dan des observations personnelles les causes de l'ophthalmîe puroleole chez les nouveau'oés, ses svmplAmes, soa traitement et les précautions à prendre pour prévenir la contagion.
Les mémoires, écrits en français, doivent être adressés, fraucs de port, avant le l"* novembre 1^ pour la première question, et avant le 1"* novembre 1886 pour la deuxième question, ~au secrétaire générai de la Société, H. le docteur Blacne, rue des Beaux-Arts, 4.
Les travaux admis au concours ne seront pas rendus i leurs auteurs, ils pourront seulement en faire prendre copie à leurs frais. Les membres du conseil d'administration sont seuls exclus du concours.
Les concurrents ne devront pas se faire connaître; ils joindront à leur envoi un pli cacheté contenant leur nom et leur adresse, avec une devise répétée en tète de leur travail.
Hôtel-Dieu de Lyon. — Un concoui-s public s'ouvrira i l'Hô tel- Dieu de Lyon, le lundi 7 décembre 1885, à huit heures du malin, pour une place de chirurgien-major de la Charité de cette ville. Les candidats devront se faire inscrire au bureau du secrétariat
Sénéral de Padministralioo centrale des hospices. 1^ registre 'inscription sera clos le mardi 25 novembre, à quatre heures da soir. Le candidat nommé sera appelé & entrer en fonctions comme cbtrurgien-m^or, au plus tard, le i" janvier 1893.
Mortalité a Paris (25* semaine, du 14 au 30 juin 1885). — Fièvre typhoïde, 16. — Variole, 1. — Rougeole, 40. — Scariatine, 6. — GoquelurJie, 2. — Dipfathérie, croup, 18. — Choléra, 0. — Dyseulérie, 0. — Erysipéle, 1. - InfeOions puerpérales, 4. — Autres affections épidémiques, 0. — Hénin-
f;ile, 47. — Pbthisie pulmonaire, 161. — Autres lubercnoses, 29. — Autres aflecttous générales, 62. — Malformations et débilité des âges extrêmes, 42. — Bronchite aiguë, 13. — Pneumonie, 59. — Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberon et autrement, 50 ; au sein et mixte, ^ ; incounu, 4. — Autres maladies de l'uppareil cérébro^pinal, 77; de l'appareil circulatoire, 59; de rappareil respiratoire, 52; de l'appareit digestif, 48; de l'apparèu génito-nrinaire, S4; de la peitD et du tissu lamineux, 1; des os, articulations et nmsclss. 12.— Horu violentes, 30. — Causes non classées. 10. — Total : 896.
OUVRUES DÉPOSÉS AU BUREAU DU JWMAL
MaladitM de la moeUe épinUrê, patheiagié, itfo^l&ma, diétnaêtù, trmiUmttU.
par If. le doclenr 1. AUImui, Induit de faiigtwt par M. te doet«ar J. Mon!.
pr^c4dë d'an* préfkce par 1« protoinr CfeaKol. I fohm |nâd ln-8. Pvii.
F. Skfy. 40 tt.
D« rueotMhOTteni comparé ia»t Its rata kumaùug, par M. U dtactow Bi^-
raann, traduit de l'anglai* par le doelaur Verrier. In-S do 11 pi^ avaelfaras.
Paris, F. SaTj, ] ^
ConlributiiM d l'élude de la sMroit nuMaeuiairê eJtec Ua etifatOê, |nr H. k docteur Uoucorvo (de Rlo-do-Janetre}. Parle, 0. Bcrlbier. S fr.
TRBNTB-DEiniftHB AMIfte
3 JOILLET 1885
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
COMITÉ DE RÉDACTJOy
Président : M. le docteur A. DECHAHBRE
Nbmbrbs : HH. les docteurs BLUHEZ, UOitGES DIEUUFOT. ORETFUS BIIISU. FiURCOIS.FMNCK. XLBEitT HCNOCQUE
L LEREBOULLET, PAUL RECLUS
Adrwnr toot e« qtù eoneflrne U rMwftoii u it^ d« ComlM, ehet M. Dioumbu, 91»rwtfc £iU< [avuit la maidl de préCénMO).
(Thèses, examens, cours, etc.) e« «mm ■■iwiimIb fifirnwi le pahua Médiwa.
SOmUIM.— Paris. AodteiedMMÏeneet : PrixUanMl.— Hycroou d'orisîne tidtemriMM. — La ehoUra en Espapiect les vaccioatioai antichol^rique». — Ooelquei eonfid^rationi sur l'aDëvrysrao ■orllqne. — Erjsîpèle et MtÎMpsici. — ContHbaiions pbamuuuliqnei.— Travaux ouoihaux. Palbologie iniwaa : Con- IfibuUoo 1 l'ébide doi iccidenta léUniformcf dans la dilaUticm du l'estooMC, — Cliniqufl médicale : laoculalion tuberculeuse localisée aux doifis. — Sociétés SAVAIITS8. Acadtei* des scienees. — AcatMoile de médecine. — Sociôld médioO* dai U^lau. — SocUhf dn Uologie.— Sodéltf de tbfrapeullqiM.— Rivui DBS WURHAUX. — BiSLlosiuraH. — VARliTis. — FiDiLLiTOH. Chrooi>|ue de l'étru^er.
Paru, 25 juin 1885.
ACADÉMIE DES SCIENCES : PRIX BIENNAL. — HYGROHA d'ORI- GIHE TDBERCULEDSE. — LE CHOLÉRA EN ESPAGNE ET LES VACCINATIONS ANTICHOLÉRIQUES. — QUELQUES CONSIDÉRA- TIONS SUR L'ANftVRTSIlE AORTIQDE. — ËRYSlPfiLE ET ANTISEPSIE. — CONTRIBUTIONS PHARMAGEUTIQUBS.
AcadéHle de* mtimmmm : BmvH-Séqnrd : Prix hlensMl. — Acad^le de mMeelae : H. NI«miImi ■ygTMM d'oriflM ««beve«lesuie. — Le eh«lér« «n
Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que le prix biennal de 20 000 francs, destiné à récompenser l'œuvre ou la découTerle la plus propre à honorer ou à servir le pays, vient d'être décerné à notre éminent confrère le docteur Brown-
FEDILLETOK
ChMAlqne da l'ëtraager.
Le* èlfrrM dM Eoolm d'Amstordam ma oolonlM de TaesBoai. — Tingt-cinqnièma umlTeruiro de l'Ziutltat(^plitlialinologl([a« d'Utreoht. — Juriapradenm des trlbananx taoUandala A pn^oa da utra da dootanr. — La BoolMè pour la rApraaaIon du ebarlataniame at la ayndleat da la prsaaa.
Une institution encore peu répandue en France, est prospère en Hollande et en Allemagne : celle des colonies de vacances. Tous les ans un certain nombre d'enfants des écoles populaires sont envoyés dans des établissements situés au bord de la mer ou dans les montagnes. Leur entretien est supporté partie parles municipalités, partie perdes sociétés libres. Ce séjour dure de trois à six semaines : le coût est nul ou minime suivant la situation des parents.
Les colonies de vacances ne sont comparables à aucun
S* StalE. T. XXil.
Séquard. L'Académie des sciences, par 40 voix contre 15 données à M. de firaiza, a désigné le savant professeur du Collège de France aux suffrages de Tlnstitut, qui a ratifié ce vote (par 74 voix contre 7 & M. de Brazza), et affirmé ainsi la distinction et la valeur des travaux de physiologie que H. Brown-Séquard a poursuivis depuis près de cinquante ans avec une si inCitigable persévérance.
— A l'Académie de médecine, nous ne ferons que signaler à l'attention des histologistes et des chirurgiens la très intéressante communication faite par H. le docteur Ni> caise sur la nature tuberculeuse des bygromas et des synovites à grains fibrineux. Il importe d'avoir sous les yeux le texte même de ce mémoire et celui des recherches anatomopathologique dues & UH. Poulet et Vaillard pour pouvoir en discuter sérieusement les conclusions. La question des tuberculoses locales, nous voulons dire des maladies localisées à certains organes ou & certains tissus, survenant dans des conditions de santé en apparence favorables et ne se généralisant que rarement ou tardivement, est en effet de celles dont l'étude pathologique est à peine commencée. En démontrant l'analogie sinon l'identité que présentent au point de vue histologique et microbiologique diverses formes d'hygromas et quelques synovites à grains riziformes avec certaines tumeurs manifestement liées à la diathèse tuberculeuse, H. Nicaise et avec lui HH4 Poulet et Vaillvd ont
. point de vue aux hospices marins. Elles ne reçoivent point de malades, mais des enfants faibles, dont la nutrition laisse à désirer; le séjour à la campagne, les promenades au grand air, les exercices et une alimentation sagement réglée sont tes seules mesures auxquelles on ait recours. La Société fondée pour la création de ces colonies à Amsterdam a pu donner l'hospitalité, du 1" juillet au 11 septembre 1884, à 177 enfants. Une première présentation de 380 avait été faîte par l'adrainistration ; le choix définitif a eu lieu d'après le conseil des médecins de la Soçiété. Elle possède actuellement deux stations, Tune dans les montagnes à Âusterlitz (Voudenberg), l'autre à Wijk-sur-mer; la première a reçu 77 enfants des deux sexes, la seconde 100. Les résultats, an point de vue physique et moral ont été extrêmement salisrai sants.
— En 1883, l'hôpital néerlandais d'Utrecht pour les per-* sonnes atteintes de maladies des yeux entrait aans sa ïipgt-
434 27 ^ GAZETTE HEBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 3 iniLLBT 1885
certainement enrichi la science médicale d'une observation très digne d'attention. Il reste à rechercher quelles peuvent être les relations pathogéniques entre les tumeurs de ce genre et les tuberculisations généralisées et à démontrer qne les bacilles retrouvés dans les grains riziformes et la paroi des kystes sont aptes à transmettre à tout l'organisme la maladie générale dont ils sont considérés comme la caractéristique anatomique. Nous ne pouvons d'ailleurs insister ici sur des considérations de pathologie générale qui mériteraient de sérieux développements.
La séance a été complétée par la lecture de deux rapports très consciencieux dus à H. Constantin Paul et dont on trouf era le texte au Bulletin.
— Le choléra parait s'étendre et s'aggraver en Espagne, non seulement dans les provinces où il s'était précédemment déclaré, mais encore et surtout ft Madrid et à Valence. U est d'ailleurs impossible d'obtenir des chiffres précis au sujet de la morbidité ou de la mortalité de l'épidémie. Le gouvernement espagnol arrête les dépêches et ne donne aux journaux officieux que des renseignements fort incomplets. De son c^té^ le docteur Ferran, malgré les critiques qu'on lai adresse, malgré les oppositions qu'il rencontra de la part du gouvernement, qui assimile ses liquides de culture & des médicaments secrets, et de la part des savants étrangers, continue c clandestinement » — le mot est de Ini — ses opérations préventives. La commission nommée par le mii^stère espagnol a affirmé, dit-il, que ses inoculations étaient inoffensives; elle a ajouté, ce qui nous parait difficile à admettre, après ce que nous en avons dit récemment, que les liquides de culture du docteur Ferran sont des cultures pures de bacilles-virgules, enfin elle a demandé que son rapport fût soumis à l'Académie de médecine de Madrid. A ces conclunons nous préférerions un seul mot vraiment autorisé, c'esti-dire dû k un savant habitué aux recherches de microbiologie. Nous attendrons donc patiemment que les résultats obtenus par H. Ferran aient pu être contrôlés, soit par la délégation française, composée de MM. Brouardel, Charrin et Albarran, soit par un savant étranger, pourvu que celui-ci présente, au point de vue de la compétence scientifique, des garanties qu'on est en droit d'exiger en pareille matière. Ce qu'on reproche, en effet, au docteur Ferran, c'est de ne point avoir jinwué qu'il se servait, pour ses inoculations, de cultures de bacilles cholériques, obtenues et conservées avec toutes les précautions que demande l'atténuation des virus.
cinquième année d'existence. A cette occasion, le professeur Donders a retracé l'histoire de rétablissement à la fondation duquel il a contribué plus que personne. Lors de son arrivée à l'Université, ce savant songeait peu à l'ophthalmologie ; il débutait comme professeur libre de physiologie. L'oculistique subissait une transformation radicale : depuis le commencement du siècle les méthodes chirurgicales avaient fait des progrès merveilleux; le traitement des affections externes n'était point resté en arrière, en revanche on ne s'était guère occupé des phénomènes dioptriques. A l'époque de ses débuts. Cramer venait de démontrer le véritable mécanisme de l'accommodation, Helmhoitz avait découvert l'opbthalmoscope, enfin l'enseignement d'Albert de Gr&fe à Berlin avait nn ^rand retentissement dans le monde savant. Le jeune pb][8iologisle fut amené insensiblement à l'étude pratique de rceil. U eut l'avantage de trouver dans cette voie des encouragements de toute sorte. Ses confrères l'applaudirent ; les élèves se pressaient & ses leçons ; il n'y avait pas de salle à
II suffirait au médecin espagnol, pour faire taire ses contradicteurs, de soumettre quelques échantillons de ses cultures à l'examen de H. Pasteur ou de M. Koch. Il a préféré, dans une lettre que publie le Temps, déclarer qu'il lui était impossible de répondre à tous les confrères qui veulent contrêler ses travaux, et il a proposé ce qui suit :
« Ceux qui voudront vérifier les effets de mes vaccinations commenceront par faire eux-mêmes, avec des bacilles-virgules qu'ils auront recueillis dans des déjections de cholériques, une culture pure dans un bouillon parfaitement stérilisé. Quand ils me présenteront la culture pure, nous U mettrons dans une caisse scellée. Cette caisse restera en mon pouvoir le temps suffisant pour convertir le microbe en vaccine. Cela bit, on ouvrira la caisse et on procédera aux inoculations et à l'étude de leurs effets, et voilà tout.
» Ceux qui voudront vérifier la morphologie pourront le foire eux-mêmes; je me bornerai seulement à leur donner les instructions qu'ils me demanderont.
> Pour éviter la plus grande partie des objections qm* poarràient m'être faites, les expérimentateurs se senironl toujours de bouillons et de gélatines préparés par eux-mêmes, et de bacilles cholériques recueillis par eux-mêmes dans les déjections des malades. La constatation de la pureté sera faite en ayant recours aux procédés les plus rigoureux conseillés par la science et adoptés d'un commun accord. >
Encore une fois, il convient d'attendre I
QuUiaMi eouMérallMB mmr Vmmémrjmm» ■■rtl^we.
A PROPOS d'un HAUDB DE HON URVICI, K L'HêPÎTAL S&INT-AMTOINE.
D'après l'analyse des symptômes étudiés dans deux précédents articles, nous avons été amenés à localiser l'anévrysme de l'aorte de notre malade dans la portion qui confine à l'anse du nerf récurrent gauche. A ce niveau, l'aorlp, ayant dépassé la bifurcation de l'artère pulmonaire, se place au-devant et un peu à gauche de la trichée, et elle se dirige de là vers la bronche gauche, qu'elle contourne d'avant en arrière et de droite à gauche. En ce point, l'aorte, qui va devenir aorte descendante, est donc en rapport immédiat avec la partie inférieure de la trachée et avec la naissance de la bronche gauche; elle confine à ces conduits aériens par sa concavité et par son segment antérieur. Eh bien, au point
rUniversilé pour installer une policlinique, les magistrats de la ville y pourvurent et mirent à sa aisposition un bâtiment destine auparavant à servir d'ambulance aux cholériques; enfin l'hôpital communal se chargea de recevoir moyennant une rétribution modeste, tous ceux qui auraient besoin d'être opérés; c'était beaucoup, M. Donders ne fut cependant pas satisfait, il avait vu en Angleterre les hôpitaux spéciaux, s'était rendu compte de leurs avantages ; il voulut en créer un semblable en Hollande. Si jamais un savant français eût en cette idée, il aurait commencé par s'adresser au ministre de l'Intérieur, qui l'aurait renvoyé à l'Assistance publique, laquelle l'aurait adressé aux bureaux du ministère, oû l'on aurait probablement répondu que l'idée était irréalisable faute de fonds; il en serait reste comme de beaucoup d'antres choses, un souvenir et une bonne intention. Si cette personne, mieux inspirée, s'était défiée des traditions administratives et adressée à l'initiative privée, elle n'eût rencontré, du côté de l'autoôté, ni assis-
3 JvihhET 1885
de vnedu ^onottie, les anévryanes qnise déreloppent à ce niveau, et c'est le cas pour notre malade, sont des anévrjsmes redoutables, môme quand ils ont de petites dimensions, parce que Texpérience prouve que c'est dans celte région que se font le plus habituellement les perforations des conduits aériens, l'ouverture de l'anévrysme et les béniorrhagies terribles qui en sont la conséquence. Il sunit de consulter las observations et les autopsies pour reconnaître la vérité da cette assertion. C'est un fait sur lequel M. le docteur Ordpnneau a fort judicieusement insisté (1 ).
Ainsi qua le fait observer M. Ordonneau, les anévrysmes qui se développent à la partie convexe de la crosse de Taorte et ceux qui se développent à sa partie antérieure peuvent atteindre de très fortes dimensions sans provoquer l'ulcération et la perforation de la trachée, avec laquelle ils n'ont jpas de rapfiort immédiat. Ces anévrjsmes se portent en avavt et en haut, vers le stornum et les cAtes, qui disparaissent au contact de la tumeur anévrysmale, par un processus d'ostéite raréfiante aujourd'hui bien connu. Ils se révèlent, entre autres signes, par des pulsations et par des battements expaiwils dont le maximum siège au niveau de la tumeur, et dont l'intensité est en rapport avec la saillie de Tanévrysme et avec la disparition plus ou moins complète des parois thoraciques. Mais Touverlure de ces anévrysmes dans la Iracbée n'est pas à craindre, à moins toutefois que la tumeur n'occupe tout le calibre do l'artère, j compris sa paroi postérieure, et ne proToqae vers la trachée le même travùl ulcératif.
Toutefois ces faits sont relativement rares, tandis que Iji perforation de la bronche gauche et de la trachée dans le point que nous avons indiqué, c'est-à-dire dans le territoire avoianant l'anse du nerf récurrent gauche, se rencontrent assex fréquemment. Voici quelques observations qui viennent à Tappui de cette assertion.
Obs. I (RÉsniiÉ) (2). — Hn homme Agé de quarante-six ans et qui était entré à l'hApital Saint-Antoine pour de prétendus accès d'asthme, a plusieurs accès d'oppression très violents; sa voix est habituellement rauque et il accuse de la douleur rétro-stemale. L'auscultation fait entendre an niveau de la bifurcation de la trachée, en arrière, un sounie intense, et ce souffle est également perçu en avant, mais il est difûcile de percevoir son maximum d'intensité.
(1) Rupture du mAnvimci i it l'aartê Ami te traehit *l Ara lu bnnuKu. TkèiedsPifii, 1875. (il ChnMl, BuIUhm it te SMWM«mtMrffM. I" Mi 4S7» \
tance ni encouragement. En Hollande les choses se pas- .sërent autrement : la circulaire faisant appel aux souscriptions était signée de hauts fonctionnaires: du Recteur de la Faculté de médecine l'Utrecht, le docteur Suerroann ; le roi fut le premier soustTipteur. Il était bien entendu que l'établissement devrait servir au traitement des indigents et à l'instruction des élèves ; que c'était à la fois un hôpital et an Institut clinique. Ouvert le 16 décembre 1858, il eut un succès complet. Dans le cours de qaalone mois. 873 malades forent traités à la policlinique et 192 dans l'établissement. Il a eu pour professeurs Donders, son fondateur, le phrsio- If^iste SchrOder van der Kolk et Snellen; on s'exphqae qu'avec de tels maîtres sa réputation fut vite devenue universelle.
On rencontre toujours dans les pays qui modifient leur législation une période d'incertitude et de transition pendant laquelle les tribunaux adoptent une jurisprudence parfois singulière. La loi du i" juin 1865,
Cet homme meurt &la suite d'une hémoptysie foudroyante; un petit caillot est expulsé d'abord, puis le sang est expulsé en abondance et la mort survient avant que l'infirmier ait eu le temps d'aller chercher l'interne de garde.
A VautopsiSt 1^ poumon gauche présente des lésions dé pneumonie chronique, et la trachée présente à sa partie inférieure el dn cété gauche une perforation laissant passer facilement une sonde cannelée. L'anévrysme qui existe entre l'aorte et la trachée n'a que le volume d'une pomme d'api, dimension relativement petite. Le nerî récurrent du cdM gauche est comprimé et en partie atrophié par la tumeur.
Des. II (Résumé) (1). — Un homme figé de quarante-quatre ans, ayant eu autrefois la syphilis, entre à Thftpital Beaqjon le 8 avril. II avait toujours eu une excellente santé, mais depuis trois mois sa voix n'a plus le même timbre, elle est devenue voilée et la respiration est par moments fort gênée. Ces symptômes s'accentuent, et de temps à autre, le malade a des accès de suffocation.
Le 10 avril, l'oppression est toujours aussi marquée et le soir survient un violent accès de suffocation. Le 12 avril, & neuf heures du soir, cet homme est pris tout à coup d'une hémoptysie foudroyante et succombe en moins d'une minute.
A l'autopsie, on aperçoit juste au niveau de la naissance de la bronche gauche une ulcération n'ayant pas plus de 2 millimètres de diamètre. Un stylet introduit par cette petite ouverture pénétre dans un anévrysme aortique dont le volume ne dépasse pas la dimension d'une grosse noix.
Obs. III (Réscmé) (2). — Un homme de cinquante-huit ans, d'une santé vigoureuse, entre à l'hôtel-Dieu le 9 avril 1875, souffrant depuis plus d'un mois de douleurs à la partie inférieura du cou et A la partie supérieure et médiane de la poitrine. La respiration est gênée, la voix est enrouée et dissonante, la déglutition se fait difficilement et avec douleur. L'auscultation de la poitrine ne donne que des phénomènes normaux.
Le malade, amélioré sous l'influence d'nn vésicatoire, quitte l'hôpital, maïs revient le 25 avril, avec des symptômes plus accusés : la voix est presque éteinte, la dyspnée est beaucoup plus considérable, la dysphagie est plus marquée.
Le lendemain, les symptômes dyspnéiques augmentent d'intensité, la trachéotomie pratiquée n'amène aucun soulagement et le malade meurt le 27 au matin.
(1) Banrd, BulUtin it te StùiéU stutomlfu, 1819, 1" faideak, p. 387. ! Ht Bmim, Mm dlMMiiewi, p. la
aujourd'hui en vigueur en Hollande, accorde le droit à la pratique de la médecine à ceux-là seuls qui ont obtenu le titre de médecin {arts) devant un jury d'état : elle fixe les conditions de réception et les di^ositions pénales destinées à r^rimer l'exercice illégal. Un texte précis ne paraît donner lieu qu'à une interprétation. La jurisprudence et les déductions qu'on en a tirées ont pourtant conduit à des résultats bizarres. Le doctorat est un simple grade universitaire, sans rapport avec la uratiqae ; il démontre que celui qui le possède a fait des études scienlifiquei un peu plus approfondies que les autres ; c'est une recom mandation aont la valeur varie avec le presMge des universités graduantes. Tout honorifique qu'il est, ce titre n'en est pas moins une
fropriélé ; il faut, pour l'obtenir, une scolarité, des examens. I est peu probable que les jeunes gens songeassent à s'y astreindre, si tous leurs confrères pouvaient prendre de fait le même titre qu'eux. Geg^jfi^gçprétalion du texte ou . plutôt du silence oe la loi T'emporte ai^ourd'hui^on Hol-
3 Juillet 1885
A Vautopsie, on trouve un petit anévrysrae de l'aorte de la dimension d'une noix. Cet anévrysme est longé sur sa face latérale gauche par le nerf récurrent, qui en suit les parois, s'aplatit et disparaît à la partie ioférieure. La tumeur anévrysmale fait saillie sur la face antéro-latérale gauche de la partie inférieure de la trachée, et à ce niveau, la muqueuse de la trachée présente une ulcération de la muqueuse, de 5 à 6 millimètres de diamètre. La trachée est donc perforée» et le sac de Tanévrysme qui fait saillie dans la trachée est si aminci que tout indique que la tumeur n'aurait pas tardé à s'ouvrir dans la trachée.
Si on compare ces observations avec la mienne, on sera frappé de la similitude des symptômes, et on remarquera qu'il s'agit dans ces différents cas de petits anévrysmes. La mort en a é[é la conséquence. Voilà pourquoi je disais et je répète que la gravité du pronostic dans les anévrysmes de l'aorte ne dépend pas seulement du grand développement de la tumeur, mais peut-être plus encore du siège de cette tumeur.
Les anévrysmes aorliques provoquent la mort de diverses manières. Si l'on consulte les statistiques qui ont été dressées à ce sujet, on voit que, dans la moitié des cas environ, la mort survient sans qu'il y ait eu rupture de Tanévrysme. Le malade meurt à la suite de pneumonie, car la pneumonie suppurée est fréquente dans le cours de l'anévrysme aortique, & la suite de pleurésie, de phthisie pulmonaire, de dyspnée, de compression de la trachée et des bronches, de compression des vaisseaux pulmonaires ou de la veine cave, d'accès d'angine de poitrine. Quand la mort est la conséquence de la rupture de l'anévrysme, la rupture se fait par ordre de fréquence dans la trachée et les bronches, dans la plèvre, dans le péricarde, dans les poumons, dans l'œsophage, et très rarement en dehors vers la peau (1). J'ai eu l'occasion de faire trois autopsies concernant des anévrysmes de la crosse aortique; dans le premier cas la mort était survenue sans rupture, mais dans les deux autres cas publiés par mes élèves, H. le docteur Jean (2) et M. le docteur Verdié(3), la rupture de l'anévrysme s'était faite dans la trachée.
La fréquence de l'ouverture de l'anévrysme aortique dans les conduits aériens vient donc confirmer cette phrase de Laennec : c Souvent ranévrysme de l'aorte ascendante ou
(1] Voy. le* lUlistiques de UM. Charcol «t Bal), Ùietimt. tUt «e. méMc, t. V, p. 540. OntoniMwi, loc. cil., p. 8.
(S) JwD, 5tiU«ttii de la SoeUlé mnalomique, 1871.
(8) V«rdM, Anévr^mei <f« Vûorte f «i-fflne «ypAflilIfiitf, IM>« de^i, 1884.
de la crosse comprime la trachée-art^ ou l'un des deux troncs bronchiques, les aplatit, use leurs cerceaux cartilagineux et finit, en s'ouvrant, par {H'odaire une hémoptysie subitement mortelle (1). >
Pour toutes les raisons précédemment exposées, je crois donc que chez notre malade, à moins de modifications heureuses apportées par le traitement, le pronostic est des frius graves. Le calme relatif dont jouit cet homme en dehors de ses accès n'a qu'une bénégnité apparente, et on aurait le plus grand tort de se lier aux petites dimensions que paraK avoir son anévrysme. Non seulement le pronostic est grave, mais il peut devenir fatal d'un instant à l'autre.
Nous ignorons depuis combien de temps cetanévrysme est en formation, mais nous savons que le malade en a ressenti les premiers effets il y a huit mois, et dans les observations que je citais il y a un instant, la mort a suivi les prenaiers symptômes à la distance de trois mois et demi (obsemllon de Savard), à la distance de deux mois (observation de Rouxeau), à la distance d'un mois (observation de CheneC). Ainsi, voilà de petits anévrysmes à peine reeonnûsssbtes à la percussion et à l'anscullation, et qui enlèvent les malades, quelques semaines ou quelques mois après l'apparition des premiers symptômes.
A côté de ces cas, nous en voyons d'autres, où les malades, ayant un anévrysme volumineux et faisant saillie à la paroi thoracique, vivent pendant des années, sans doute parce que leur anévrysme peut se développer librement sans être en contact avec des organes importants. Je viens d'observer un cas de ce genre chez un malade de mon service, au n" 14 de la salle Andral ; l'anévrysme aortique a été constaté chez lai il y a sept ans, et malgré les dimensions énormes de cet anévrysme qui parait siéger dans le segment antérieur de la crosse, la situation, au dire du malade, n'a pas empiré depuis longtemps.
En parlant de la gravité exceptionnelle de l'anévrysme de notre malade, je fais allusion à la possibilité de l'ouverture de cet anévrysme dans la bronche ^uche on dans la trachée. Une hémoptysie mortelle en serait la conséquence, mais il faut bien connaître les diflérentes allures que peut prendre en pareil cas l'hémoptysie. C'est encore un des côtés curieux et intéressants des anévrysmes aortiques.
Habitudiement, lorsqu'au anévrysme aortique s'outre dans la trachée ou dans une bronche, l'hémoptysie qui en est la
(1) Lmurm. t. II, tfdhhm d« 18IS, p. 11S.
lande : mieux vaudrait supprimer les grades et ne laisser aux établissements d'enseignement supérieur que les examens de passaee. Dernièrement l'Inspecteur médical de la province d'Utrecht en Gueidre fut consulté par un praticien de campagne pour savoir s'il avait le droit de
r «rendre la qualité de docteur sur les certificats qu'il signait; e haut fonctionnaire répondit affirmativement. Sa réponse imprimée dans un journal de Rotterdam,' reproduite dans la plupart des feuilles politiques du pays, n'a pas été sans exciter une certaine émotion parmi les intéresses. Il parait singulier que deux praticiens, l'un gradué de Leyde ou d'Utrecht, l'autre sans qualification scolaire, puissent également faire précéder leur nom du c D' i envié partout. Dans l'espèce il y a presque chose jugée. Lors de la promulgation de la loi de de 1865, il existait des médecins portant différents titres, entre autres ceux de maître en médecine, chirui^ie ou accouchements. Cette loi, qui n'eut pas d'effet rétroactif, ne pouvait en rien les atteindre relati-
vement à l'exercice, mais le l^slat 3ur avait oublié d'indi-
guer quelle serait désormais leur dénomination ofHcielle. ooserveraient-ils les qualifications supprimées, ou prea* draient-ils celle de médecin {art») comme les jevnes gens reçus en vertu des disposilions nouvelles? La plopart se rangèrent & cette opinion : le siear Wychgel de Wandam fut condamné par le tribunal correctionnel de Winschoten à 10 florins d'amende ou vingt*anatre heures de prison pour usurpation de titre (1" décembre 1875). Cet arrêt fut cassé peu de temps après par la haute cour. L'exposé des motifs du jugement insistait sur ce que, si la loi de 1865 indiquait les formalités à suivre pour constater la capacité ao titre de médecin, elle n'interdisait point de le porter à ceux dont la capacité aurait été constatée d'une autre manière, en vertu des aispusitions antérieurement en vigueur. Qu'un nom ou un autre ne pouvait modifier en rien (/^tuatiofi^'iin^ praticien légalement antorisê fieidmdrbtomWplj^êtô^ son
3 JoiLLBT i885 GAZETTE HKBDOHADAIRE DE MÉOBG[NB ET DE CHIRURGIE — N* 27 — 437
eonséquenee est sî TÎolente et si subite que la mort survient en quelques secondes ou en quelques minutes. Ce mode de terminaison est bien connu. Mais ce qui est moins généralement connu, et ce qu'il faut savoir» c'est que dans quelques cas, l'anéTrysme aortique, quel que soit le lieu de sa rupture, peut provoquer une série de petites hémorrhagies qui durent des semaines et des mois avant d'entraîner la mort. Ainsi le sang d'un anévrysme aorlique peut s'îuGUrer lentement dans la plèvre par un très petit pertuis, ou bien cet orifice peut être momentanément oblitéré ; on méconnaît Torigine de cet hématome pleural, on pratique une ou deux thoraceotèses, ainsi qu'on en a publié des observations (1) et lorsque le malade meurt quelques jours ou quelques semaines plus tard, on est piirfois «irpris de trouver à l'autopsie un épaachement de sang dans la plèvre, consécutif au paraage du sang d'un anévrysme aortique.
Héme chose peut se produire pour l'ouverture des anévrysmes dans la trachée et dans les bronches. On a rapporté no certain nombre d'observations dans lesquelles on voit le malade rendre poidant plusieurs jours, à plusieurs reprises, des crachats striés, des crachats hématolques, qui sont comme le prélude de la terrible hémoptysie qui doit les emporter plus tard. Dans d'autres cas, l'hémoptysie estasses abondante du premier coup, et néanmoins elle s'arrête pour se reproduire plus tard une deuxième et même une troisième fois, comme si l'orifice de l'anévrysme s'était oblitéré pour quelque temps. Quelle que soit du reste la forme de l'hémoptysie, on voit quelle est sa valeur pronostique chez un malade que Ton sait atteint d'un anévrysme de l'aorte thoraeique.
RÉsOKfi. — Il y a quelques points que j'ai essayé de mettre en relief dans cette entreprise au siqat de ranévrysme de noire malade.
1« Les symptômes d'oppression, de suffocation, de dyspnée, de strangulation, qui revêtent différentes formes, et qui simulral parfois des accès d'asthme, sont des symptAmes habituels aux anévrysmes aorlîques. La compression des brondies ou de la trachée peut être une des causes de ces symptêmes dyspnéiques, la compression de l'œsophage peut être une cause de dysphagie ^ mais lorsque ces symptOmes prennent la forme paroxystique et reparaissent sons forme d'accès, lorsqu'ils sont surtout accompagnés de troubles de
(1) Ba pUuréMUt héfHcrrkagiqMti {G**elU MétmaMre). 188$, a> 17 et
Le Tijétehrifl mor Gêneesktmâe qui ra^Kirte la chose, fait remarquer que l'assimilation du grade univer^ire et du titre professionnel n'est peut-être pas aussi conforme k l'équité qu'elle le parait : que la tolérance administrative crée un sérieux préjudice aux jennes docteurs.
Le service de la statistique municipale d'Amsterdam
Par:Ut bien conçu et poursuivi avec xèle et régularité, si OQ s'en rapporte aux tableaux qui paraissent dans les journaux hebdomadaires. Nous ne saurions dire si l'administration utilise comme chez nous la bonne volonté des médecins traitants, si elle obtient ces renseignements de leur obligeance exclusive ; nous serions tenté de le croire. H. Scheltma Bedun, le fonctionnaire chargé de la statistique, se plaignait tout récemment de la mauvaise volonté apportée dans l'exécution de leur tftche par queloues-uns de ses correspondants : il parait que beaucoup rééditant une plaisanterie passablement lugubre ne se bornent point à écrire le nom des maladies en latin de barbier, ils assignent
la voix, comme chez nofre malade, on peut dire qu'ils sont dus à une excitation du nerf récurrent.
Ces symptômes d'excitation du nerf récurrent peuvent être provoqués par n'importe quelle tameur du médiastin, c'est l'auscultation et la percussion qui, jointes à d'autres signes, permettent de diagnostiquer l'anévrysme aortique.
2° La gravité des anévrysmes aortiques ne tient pas seulement à leur volume, elle tient également à la situation de l'anévrysme. Des anévrysmes situés dans la région qui avoisine l'anse du nerf récurrent, alors même qu'ilsont de petites dimensions, sont redoutables parce qu'il faut craindre l'on* verture du sac anévrysmal dans la bronche ou dans la trachée.
3' L'hémoptysie et la mort sont le résultat de l'ouverture de l'anévrysme ; habituellement l'hémoptysie est foudroyante, mais dans quelques cas elle est lente et se &it à plusieurs reprises et à petites doses avant d'être fatale.
Je ne peux pas terminer ces articles sans dire un mot du traitement. Dans lés cas où le sac anévrysmal est abordable, l'électro-puttcture est indiquée, mais dans la circonstance actuelle il n'y a pas lieu d'y penser.
Les révulsif doivent être employés en permanence^ car il est certain que la médication révulsive, cautères suppuras, vésicatoires, pointes de feu, a une action efficace. L'îodure de potassium, à haute dose, trouve également son indication et rend de réels services. Dans quelques cas les spasmes de la glotte et les accès de suffocation revêtent une telle intensité, qu'il faut recourir è la trachéotomie.
DlEULAFOY.
Évjstpèle vt uttoepaie.
La discussion ouverte depuis plusieurs mois devant l'Académie de médecine, et dont nous avons plusieurs fois entretenu le lecteur, n'aura pas été stérile : elle vient de se terminer par le vote unanime d'une proposition qu'ont formulée NM. Verneuil et Trélal, et qui sera transmise au ministre compétent.
Il est démontré, nous est-il dit dans ce vœu, € que I érysipèle est éminemment contagieux, mais que si l'antisepsie en a certainement diminué la fréquence et la gravité, elle ne peut toutefois empêcher ni les malades venus du dehors d'infecter lu salles d'h&pital, ni les maladea sortis de. Thfr-
aux décès des causes fantsisistos. Un viellard de soixanteseize ans est mort de sclérème des nouveau-nés \ un homme de soixante^inq ans succombe à un spasme de l'estomac ; il y a des pneumonies bilieuses du cerveau et du poumon, des méningites cardiaques, et pour faire le pendant du premier, un bulletin relatif au décès d'un enfant de trois mois porté à la colonne des causes marasme iénile. Il parait qu'on a de l'esprit sur les bords du Znyderzée, nous doutons oe^dant que ces spécimens appartiennent k la qualité la plns-estimée ; il est facile d'affubler une maladie d'un nom baroque et d'exposer une administration à publier des sottises lorsque ses employés se bornent au rftle de copistes ou d'expéditionnaires. Les médecins n'ont-ils point voulu se moquer des bureaucrates entreprenants et trop convaincus de leur omnipotence? Peutpêtre.
— Le charlatanisme est à l'iieure actuelle une plaie de tous les pays civilisés. On croirait cependant qu'il existe^ntre
3 JnixR iKS
pital de reproduire au dehors des foyers d'épidémie. D'où^ chaque année, un certain nombre de décès exclusivement imputables à cette infection réciproque, et la perûstance indéfinie du ma).
« Pour remédier à cet état de choses, l'Académie de médecine croit indispensable d'établir, dans les hôpitaux, des locaux particuliers, où Tisolement des érysipélateux sera sérieusement pratiqué. Elle demande donc formellement la création de ces locaux aux pouvoirs publics, qui, dûment avertis, ne voudront pas assumer plus longtemps la responsabilité de ce qui existe aujourd'hui. »
Notre administration hospitalière voudra — et pourra — réaliser ce vœu. Aussi ne saurions-nous trop féliciter M. Verneuil d'avoir soulevé le récent débat, dont le résultat c pratique > aura été considérable. Le résultat « scientifique » en est aussi fort grand, et si la discussion n'a pas eu toute l'ampleur que la communication première, le discours d'introduction de H. Verneuil permettait de l'espérer, du moins certains faits précis ont été mis hors de doute.
II ne s'est pas trouvé, au cours de cette discussion, un seul orateur pour contester l'origine contagieuse de l'érysipèle. Tous ont admis, et les statistiques de MH. Verneuil, Polaillon, Trélatet Gosselin l'ont montré jusqu'à l'évidence, que les antiseptiques ont diminué d'une façon considérable la fréquence de l'érysipèle; tous proclament aussi que le petit nombre des opérés ou des blessés encore atteints le sont avec moins de force, et guérissent beaucoup plus souvent.
Enfin, et ce fait est tout à fait nouveau, il paraît acquis que l'érysipèle grave, l'ancien êrysipèle opératoire, celui dont on mourait, dont on meurt encore dans nos salles de chirurgie, n'est pas un êrysipèle vrai, pur, légitime, mais une sorte d'hybride, une maladie complexe où le streptococcus de l'érysipèle se mêle, en proportions diverses^ avec les bactéries des septicémies et des inflammations, microorganismes autrement dangereux qui, eux, provoquent les suppurations diCTuses, les décollements étendus, les gangrènes, les phlébites, les infarctus viscéraux, dont le terme est trop souvent la mort.
Ces notions, dont nous sommes redevables surtout au professeur Cornil, légitiment les différences cliniques que tant d'observateurs sagaces avaient essayé d'établir entre l'érysipèle chirui^icalet l'érysipèle médical; elles nous expliquent la bénignité relative de celui-ci, lagraritéde celui4à; elles jettent enfin quelque clarté sur le problème soulevé par M. Verneuil au début de la discussion, et nous eommen-
la civilisation et lui incompatibilité d'humeur. Qu'un Caraïbe demande la guérison d'une plaie ou d'une maladie aigufi & son piaye, qu'un Comanche attende la délivrance de sa femme des prières du guérisseur attitré de sa tribu, c'est chose toute naturelle; ces enfants de la nature ont une théologie primitive, ils comptent sur leurs Génies et les appellent. On conçoit moins qu'un citadin sceptique, qu'un compatriote de Barnum qui connaît par expérience la valeur intrinsèque de la réclame s'y laisse prendre. Les contorsions et les gnmu^s d'un guérisseur indien l'amuseront ; mais supposez qu'un industriel d'une auUe sorte lui vante des raves on des oignons sons un nom fastueux, qu'il leur accorde des propriétés cnralives supérieures à ce que l'on oonnalt, ce sera tout waîn chose. Vous croyez peut-être que la grossièreté du procédé et l'outrecuidance du réclamant suffiront pour mettre le public en défiance : nullement; plus le boniment est audacieux, plus il a de chances de prodttire de l'effet. Cette variété de charlatanisme réussit
(ons à comprendre pourquoi les antiseptiques ont pu chasser l'infection purulente de nos services hospitaliers en y laiisant apparaître de temps à autre rérysipèle, dont le slreptococeos serait plus réfractaire à nos pansements habituais.
CsatrlMlMa phwnMMlIvM (1).
SUR LA cocaïne PÉRUVIENNE.
L'article que j'ai publié ici même, le 2 Janvier dernier, sur la cocaïne, avait tellement f^ppé les pharmaciens et les droguistes de Lima, que la spéculation sur rimporfalion de la coca avait pris rapidement des proportions extraordinaires. Se procurer quelques balles de la feuille miraculeuse était alors l'unique préoccupation des commerçants de cette capitale. Quand, par surm>tt, arrivèrent d'Europe des ordres formels d'expédier toute quantité que l'on pourrut se procurer, un véritable délire s'empara des esprits. U rkurrection du Pérou par le précieux arbrisseau ne bissit de doute pour personne.
Dès lors, tout ce qui de près ou de loin ressemblait i de la coca, fut acquis et empilé dans des vaisseaux en partuce. On ne fit aucune sélection. La feuille la plus fanée, la plus jaune, se vendit trois fois plus cher que la boune feuille verte d'autrefois. Tous les vieux fonds de magasinsy passèrent.
Il résulte de ces faits que nous devons nous mettre en garde contre la marchandise si peu soignée qui nous arrive en ce moment, et n'acheter de la feuille de coca qu'après nous être reudu compte de sa valeur en cocaïne.
Suivant son état de conservation, cette feuille donne deiéro i 4 grammes de cocaïne par kilogramme — il est probibte que le rendement en sera supérieur loraque l'eztraetioD ea sera faite sur les lieux de production. — Son analyse s'impose donc ; je la Juge aussi indispensable que celle de l'opium.
Aujourd'hui, nous devons nous contenter d'une feuille donnant 2 grammes de cocaïne par kilogramme.
L'arrivée du Tafita au Havre, avec aon chargement considérable de coca, vient de mettre un temae i la crise qne nous subissions depuis six mois. Les feuilles ont repris immédiatement leur cours habituel ; et la cocaïne ne ooas coûte plus que 10 francs le gramme, en attendant le prix de 5 à 6 francs qui me parait devoir être le prix de l'avenir.
(<) BaRATVH. — M* 85, pa^ 101. l** coImim, M< Ufit, Un: Bm ili«till<« 4 inBlim ; «h Mmi i» : Axmg», 4 griwiii
toujours partout ; on peut le regretter, il n'est pas possiUe de le contester : il faut dire que la place prise à notre époque par la publicité commerciale est favorable à cet état de choses. Peut-on fixer la ligne de démarcation qui sépare l'annonce légitime de la réclame funambulesque? C'est difficile, car cette ligne est invisible comme toutes les choses morales, elle est constituée par la bonne foi de l'industriel ou du commerçant, c'est pour cela qne les Sociétés qui ont pour but la répression du charlataniune se trouvent icbaoue matant en prâence de difficultés impiivuec ; qu'elles soulèvent des questions auxquelles personne n'avait pensé. Il eo existe une en Hollande : il y a également un cercle ou si Ton aime mieux un syndicat de la presse. La Société s'est dit que les journaux constituaient le grand moyoi d'actioa de galants qui veulent empocher les florins des naift en se moquant d'eux : que si on pouvait le leur arracher, on aurait porté la guerre en territoire ennemi et acquis dM chances sérieuses de succès. En consèquenee,4adite Société
3 JuiixBT 1S85
Dans Tarticle que je rappelais en commençant, je faisais appel aux chimistes du Pérou, les poussant à &briqiier euxmêmes la cocaïne sur les lieux d'exploitation, afin de faire rapidement baisser ici le prix de cet aleaiolde nécessaire à 1^ médecine. Cette fabrication, d'une étonnante facilité, offrait le grand avantage de supprimer le fret et de gagner beaucoup de temps.
Un kilogramme de cocaïne nous arrive À peu de frais du Callao^ en un mois, par le paquebot^poste ; tandis qu'une balle de 50 kilogrammes de coca — de même valeur thérapeutique — coûte cher de transport et met deux mois à nous parvenir.
Aussi n'ai'je point été surpris d'apprendre qu'un de nos confrères en pharmacie s'était préoccupé de préparer la cocaïne, à Lima, en perfectionnant le procédé d'extraction de l'alcaloïde. Je crois donc devoir citer ici ce nouveau mode opératoire.
Les feuilles de coca sont mises en macération pendant deux jours, dans une solution & 20 degrés de carbonate de soude ; elles sont ensuite séchées rapidement à une douce chaleur. On les met dans un appareil à déplacement et on lessive avec des huiles de pétrole Itères, qui s'emparent de la cocaïne que le carbonate de soude avait isolée.
On agite alors la colature avec de l'eau acidulée de i/10 d'acide chlorhydrique. 11 se forme du chlorhydrate de cocaïne, dont la solution se sépare du pétrole par différence de densité. Ce produit est déjà à peu près pur, puisque les matières colorantes et résineuses restent dissoutes dans les hydrocarbures.
On laisse reposer, on décante de nouveau.
Il suffit alors de précipiter la cocaïne par le carbonate de sonde, de la recueillir, la laver et la sécher. Elle se présente sous la forme d'une poudre amorphe, presque blanche, contenant de 95 à 98 pour 100 de cocaïne.
Ce produit, qui existe d'ailleurs dans le commerce, peut être obtenu par tous les pharmaciens en suivant la méthode que je viens d'indiquer. La cocaïne ainsi préparée, il conviendra d'en délayer 1 gramme dans 10 grammes d'eau distillée et d'ajouter 8 gouttes d'acide chlorhydrique pur ; la saturation est ainsi complète. Cette solution, filtrée et neutre, se conserve bien, et son effet médicamenteux est certain; tandis qu'on ne peut pas en dire autant de tous les produits fournis jusqu'à ce jour par l'industrie.
Pour le pharmacien, je regarde U cristallisation du chlor. hydrate comme inutile. Si, cependant, il veut obtenir ce sel,
il devra faire la solution aussi concentrée que possible, la passer au charbon animal et la faire cristalliser.
Du moment que la cocaïne se dissout dans les hydrocarbures, une pommade à la vaseline pour calmer les douleurs, celle de la brûlure, par exemple, est tout indiquée.
On la formulera amsi :
Vasseline iO grammes
CocalDe 1 —
Hélei soigneusement dans un morUer.
Je ne serais pas surprisque l'on pût porter la dose à 1 ponrtt. L'expérience n'en a pas été faite, parce que j'étais arrêté par le prix actuellement encore trop élevé de l'alcaloïde.
Pierre Vicibr.
TRAVAUX ORIGINAUX
Contribution a l'ëtode des accidents TÉTAHiFonHKS dans LA DILATATION DE l'bstomac, par M. U doctour L . Dretf!»- Bhisac.
Les travaux récents sur la dilatation de l'estomac, au premier rang desquels figurent ceux de H. le professeur Bouchard, ne nous ont ças seulement montré l'extrême fréquence de cet état morbide, ils témoignent aussi de la multiplicité, de la diversité des manifestations par lesquelles il se traduit. C'est ainsi que plusieurs auteurs ont appelé Tattention sur des aecidents tétaniformes analogues à ceux qui suivent parfois les diarrhées profuses. Dans une thèse récente sur cette question (Pans, 1884), Laprêvotte a pu réunir huit observations de ce genre : trois faits relatés dans le mémoire classique de Kussmaul ; deux autres dans le Traité des maladm de Vestomae de M. Leven ; l'observation d'une malade de H. le professeur Hayem, présentée au congrès de Rouen par son interne Oaillard ; une autre com> muniquée en 1883 à la Société médicale des hôoitaux par M. Dujardin-Beaumetz; enfin un cas inédit recueilli dans le service d'flanot.
Trop nombreux déjà pour qu'on puisse admettre une simple coïncidence, ces faits n'en sont pas moins considérés comme exceptionnels par les auteurs. Or, l'enquête à laquelle nous nous sommes livré sur ce point depuis quelques mois nous a appris que, tout au contraire, ces phénomènes sont d'observation relativement fréquente. S'ils passent souvent inaperçus, cela tient à ce qu'ils se produisent d'ordinaire sous une forme très atténuée, de sorte qu'un interrogatoire superficiel les laisse dans l'ombre. Mais, pour lègues qu'elles soient d'habitude, ces manifestations n'en offrent pas moins
s'est adressée au syndicat de la presse et a demandé à ses membres l'engagement de ne recevoir dans les feuilles qu'ils dirigeraient aucune réclame charlatanesque. Inutile d'ajouter que la démarche n'a pas abouti : que le syndicat s'est déclaré hors d'état de pouvoir entreprendre une enquête avant d'insérer une annonce. On aurait même pu ajouter qu'un tel procédé porterait même en Hollande un coup mortel à beaucoup de journaux.
D' L. Thomas.
SociÉr HtDiCALB DIS HOPITAUX (séauce do vendredi 10 juillet). — Ordre du jour : H. Dieulafoy : De la folie brightiqoe. — Communications diverses.
Société de médecine lécale. — La Société de médecine légale tiendra sa prochaine séance le Inud î 6 juillet i 885, à quatre heures très précises, an Palais de Justice (sdle des référés).
Corps db santb uilitaihe. — Par décret du 27 juin 1885, rendu sur la proposition du ministre de la guerre, ont été promus :
Ah grade de médecinprineipal dei^ cloue: {Choix.) U. Csernieki (Charles-Aoguste-Hippolyte), médecin-major de 1" classe.
Au grade de médecin-major de l'* ciaue : (Andenneté.) H. Pons (Guillaume), médecin-major de 2* classe.
Au grade d«in^dWiii-mafortf«S*c(as«e.'S* tour (ancienneté). H. Noâl (Marie-Eugéne-NiGola8),médecinaide-m^ordel'*classe. — (Choix.) H. Redon (Henri-i^istave), médecin aide-rnsgor de
1" classe.
Le BUSTE DE TnuiLUEH. — Arant-hier a eu lieu à TEcole normale supérieure l'inauguration du buste élevé à la mémoire de Thuillier. Dans une allocution dite avec une émotion communicative et une mflte éloquence, M. Pasteur a rappelé les services de son regretté disciple. H. le ministre de riiutrue|ioiipublùme a répondu en termes pleins deay9^|g§(^|)^Aie||^$Ky^fi|^
8 JmuET 1885
un réel intérêt au point de vue du diagnostic, car elles peuvent apparaître aux premières périodes de ralTeclioD, alors que, ne s'affirmant [>as encore par des troubles gastriques bien nets, la dilatation de l'estomac pourrait être méconnue au milieu d'un ensemble morbide des plus complexes. C'est ce oiii nous arrivait tout récemment chez deux malades qui, en aépit d'une ectasie très marquée du ventricule, n'accusaient, au premier examen, aucun phénomène d;spepligue.
Voici comment se comportent les choses dans les cas les plus légers, qui sont, nous le répétons, de beaucoup les plus nombreux. La crise commence par des fourmillements dans les extrémités des quatre membres ou seulement des membres supérieurs; puis se produisent des secousses plus ou moins douloureuses dans certaines masses musculaires, surtout du mollet, ou, plus habituellement, des crampes d'intensité variable. Parfois là s'arrête la scène morbide. Hais souvent aussi les accidents réellement tétaniformes apparaissent; les doigts se fléchissent et se raidissent tous ensemble ou l'un après l'autre, le pouce se repliant dans la paume de la main. Il en est d'ordinaire de même ptHir les membres inférieurs, où Ton constate l'extension des pieds avec fl«cion forcée des orteils. Généralement la contracture n'envahit ni les cuisses, ni les bras ; généralement aussi elle cède spontanément au bout de quelques instants, ou dès que le malade fait un effort pour redresser les membres conlraclurés. J'ajouterai que, dans les cas d'ailleurs peu nombreux où la crise s'est passée sous mes yeux, je n'ai pu constater aucune modification de la sensibilité cutanée au niveau des muscles en tétanie.
Le moment d'apparition de ces accès est très variable. Parfois ils surviennent plusieurs heures après les repas, et même la nuit, en dehors de tout phénomène gastrique ; mais le plus souvent ils sont précédés d*une sensation de pesanteur au niveau de l'estomac, ou d'une douleur épigastrique et de bâillements répétés. Quelquefois enfin ils apjuraissent en même temps que des éructations ou des vomissements, et s'arrêtent aussitôt que ceux-ci ont cessé. Les malades sont unanimes à déclarer que ces crises ne se produisent guère pendant les périodes où les fonctions digestives s'effectuent avec une régularité relative, tandis qu'elles se succèdent plusieurs fois par jour et sont beaucoup plus intenses dès (^ue leur estomac va mal.
La tétanie n'a dans ces cas, on le voit, qu'un domaine bien limité ; cependant elle peut envahir les muscles du cou et de l'épaule, notamment le sterno-clëido-mastoldien. Il en est de même, semble-t-il, pour les muscles du thorax; du moins une de nos malades nous disait qu'au moment de la crise elle avait la poitrine serrée et ne pouvait respirer qu'avec difficulté ; chez une autre la langue était comme c contractée * et les mouvements de la parole très pénibles.
Ces faits à généralisation ébauchée servent, en quelque sorte, de trait d'union entre les cas oik la tétanie est et demeure d'une extrême bénignité, sans s'accompagner d'aucune perturbation de l'état général, et ceux où elle n'est que la première manifestation d'un complexus morbide qui présente, au contraire, une haute gravité. A la contracture des extrémités succèdent alors, soit des crises franchement tétaniques, soit des phénomènes cholériformes. C'est à cette catégorie de faits que se rattachent tous ceux qu'on a publiés; or, sur les huit observations qu'a réunies Laprévotte, il y a eu cinq morts ; et encore, comme nous l'apprend Giraudeau, dans son excellente revue critique sur la dilatation de l'estomac {Archives générales de médecine^ mars 1885), fkut-il ajouter à ce nombre le malade de M. Hayem, qui a succombé à des accidents cholériformes deux ans après que Gaillard eut publié le commencement de son observation. La terminaison a été également fatale dans un cas de cet ordre qae nous avons jpu suivre chez un malade auprès duquel nous ayons été appelé par notre ami le docteur Gourichon. Hésu-
mons ici son histoire, d'après la note c|ue notre confrère j bien touIu nous communiquer.
Obs, — D..., clerc de notaire, trente-deux ans, buveur de vermouth et d'absinthe, mais surtout de bière. Syphilis eo août 188i. Depuis celle époque, troubles digestifs très accusés : pesanteur, torpeur intellectuelle, éructations, vomissemeols. Le régime lacté intégral le remet bienlêt sur [Hed ; le malade ne fait plus d'excès.
Nouvelle crise en avril i885, qui, soiis l'infloence des bIckIIbi, d'une h;^gièiie alimentaire sévère, de pointes de feu à la résioii épigastrigue, s'atténue et cesse rapidement. D..., eoniplètemenl guéri, fait ses treize jours du 4 au 18 mai. Pendant cotte période n se fatigue beaucoup, fait des marches forcées, a une mauTuu nourriture, mais ne consomme que fort peu de boissons alco«liques. Let troubles dyspeptiques et les vomisseateats réapparaissent le 15 mai; les vomissements deviennent, à partir du 3 juin, presque incoerribles. A cette époque, le lait n'est même plus toléré. L'état général est très mauvais : éniaciaiion très
?:rande, insomnie, vertiges, céphalalgie, soif vive, mais uas de ièvre. Pour la première fois on constate une dilatatioa de l'estomac très prononcée. En mtoie temps le malade se plaint de crampes dans les mollets et de raideur dans les membres snpérieurs.
Le 4 juin, à qualreibeures du soir, a[>rès plusieurs vomissements, apparaît le premier accès de tétanie aux quatre membres. L'inlelligence est conservée, la sensibilité intacte; le malade dit que la crise a commencé par une pesanteur d'estomac. Elle dore une heure; de cinq à sept heures, deux autres crises qui durent chacune une demi-nenre. — Lail et vin glacés.
Le 5 juin, il n'y a pas de crise : céphalalgie très vive, nibdélirinm; ou essaye en vain de pratiquer le lavage de Testomac; les vomissements sont moins fréquents, et on peut quelque peu alimenter le malade. — Poudre de viande dans du liit glicé. Injection de morphine de 1 centigramme.
Dans la nuit, crise tétaniforoie, swiout marquée aux membres supérieurs, avec agitation incessante, contraction fibrillaire de tous les muscles des membres. Délire continuel. Ventre en balenu. Dilatation de l'estomac toujours très marquée. Après cinq heures de durée, les accidents tétaniques disparaissent, mais le malade reste très abattu; il a de la ûèvre, 38%3; tes pupilles sont rétrècies; rétention d'urine, constipation. Les urines, d'aspect normal, renferment une grande quantité d'albumine.
La journée est cahne, mais le malade reste dans on étal nb* comateux.
Le 7 juin, au matin, même situation. Température, 38 degrés- Respiration irrégulière. Anesthésie absolue.
A une heure, crise tétanique avec trismus, contractare des masséters, opisthotonos. Quatre ciises analogues qui darent chacune d'une minute et demie à deaz minutes.
A cinq heures nouvelle crise, mais avec apuée ; sous l'influence des injections d'éther et de la respiration artificielle, le jeu de la poitrine reprend, mais d*nne manière irrégulière.
A dix heures du soir, le ponlt, bon jusqu'à ce oHMnenl. faiDi)! et devient irrégulier. La mort survient dans le coma a deux lieures de la nuit.
Il nous parait impossible de ne pas rattacher ft la dllaïa- ' tion de l'estomac avec phénomènes dyspeptiques intenses, ces accès tétaniformes, puis franchement létauiques, qui ont amené la mort. S'il faut faire jouer à l'alcoolisme ua certain rôle dans cette évolution morbide si rapide, bien que les excès de ce genre fussent de date ancienne, rien dans a symptomalologie n'autorisait à conclure à une crise d alcoolisme aigu; ainsi le malade ne présentait aucun des caractères du delirium tremens, et le point de départ des accès convulsifs était manifestement dans la région gastriqu*- Cette observation offre d'ailleurs une similitude absolue avei: plusieurs de celles que Laprévotte rapporte dans sa th^e- .
Gomment expliquer la production de ces accidents teiani' formes, et en général des manifestations nerveuses ««a'^gues, telles que crampes (Bouchard) ou accès épiIeptiformes(Tniebaut, Bemheim)? S'agit-il de phénomènes réflexes ou d une autointoxication causée par la résorption de produits P"!"^ dus à la décomposition des matières contenues daos leswmac? Nous ne croyons pas qu'on puisse se pr^poncer a ce
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6AZBTTK HmOMADAIRE DE HftOEGINB ET DE GHimiRGIB
égard ; car, si les formes légères cadrent assez bien avec la théorie réflexe, il n'en est pas de même des cas où des phénomènes généraux très accusés, où l'albuminurie se sont pnHtuits, et qui portent le cachet d'une réelle malignité imputable à un processus d'intoxication.
Inoculation tuberculeuse localisée aux doigts. Lésions
SECONDAIRES DE l'oRDRE DU TURBRCGLE ANATOHIQUE. LYM- PHANGITE TU BERCULO-GOM MEUSE CONSÉCUTIVE. (Communication faite à la Société des hôpitaux dans la séance du 26 juin 1885, par H. le docteur P. Herkleiï, médecin du Bureau central.)
Etant donnée la facile inoculabitité du tubercule aux animaux par la voie cutanée, il semblerait que cette path(^énie dût être fréquemment réalisée dans la tuoerculose humaine. Or, cette porte d'entrée du virus, si tant est qu'elle soit comiDuoe, a échappé jusqu'à ces derniers temps aux iAvestigations de la clinique. D'ailleurs la question n'est scientifiquement posée que depuis l'importante communication laite à l'Académie de médecine par H. le professeur Vemeuil (22 janvier 1884), à propos d'un externe des hôpitaux atteint, à la suite d un tubercule anatomique, d'une série de manifestations scrofulo-tuberculeuses. Peu Ae temps après, mon maître et ami, M. Hanot, rapportait ici même {Société des hùpitauXy 22 février i884), un cas d'ulcère tuberculeux de l'avant-bras développé au niveau d'une lymphangite consécutive à Touverture a'un panaris, chez un homme atteint si' multanément de phthisie pulmonaire. L'observation clinique, maintenant prévenue, ne manquera pas de recueillir de nouveaux faits du même genre (1).
La malade que j'ai l'honneur de vous présenter me parait réaliser toutes les conditions de probabilité, sinon de certitude, en faveur d'une tuberculose inoculée. Les lésions cutanées, dont elle est atteinte, sont si remarquables par leur mode de développement et leurs caractères objectifs, que j'ai cru devoir la soumettre & votre examen, avant la mise en œuvre de tout traitement local.
Cette femme, âgée de vingt-six ans, a perdu son mari, il y a six mois, d'une tuberculose pulmonaire datant de trois années. D'une bonne santé habituelle et sans le moindre antécédent suspect ni du cêté de ses parents ni du côté de ses collatéraux, elle a été la garde-malade de son mari pendant les six derniers mois de sa vie, lavant elle-même son linge et ses crachoirs, habitant la même chambre et parla- ^nt son lit ; un travail de joar et de nuit lui permettait en même temps de subvenir aux besoins du ménage. Malgré cette hygiène défectueuse, elle se portait bien et n'avait jamais toussé, quand il y a quatre mois (deux mois par conséquent, après la mort de son mari) elle s aperçut de petits boutons rouges et douloureux, siégeant à la face dorsale du médius droit et à la racine de l'index gauche. Après avoir suppuré, ces boutons se recouvrirent de croûtes et parurent se dessécher; mais en réalité ils neguérirent pas, et à leur niveau se développèrent des placards légèrement verruqueux, saignant et devenant douloureux sous l'influence des frottements et des chocs.
La malade cependant ne s'en inquiétait pas autrement quand, un mois plus tard, se montrèrent trois nodosités saillantes, dures, de la grosseur d'un pois à la face anlé-
{i) A rapprocher de cei ttiu le eu de Tschaming (de Copenbarue) efl^ pir U. l. SWof, dani Ma Innil lur la IratumiiMUtU de la tmbmutote parla vaccine tp> 51 des BuUetini, note %f ; il s'agit d'une Mrraate qui, ■'étant piquée an doift me on débris du vorre dans lequel crachait son maître noruîrrnicnt phlhwiqn, fbt attoiote d'uoe aorte da panaris sau siig^unitiMi et trot» mois après, d'enfurganenl des (anghons cubitaux et axiUaires. La nodotiU du doigt et le* faafOm ajaat été extirpés, feaunen microscopique y révéla la prdseiwe de follicoIm tnlwmlwx «t des badllttde U Ivbmulow.
rieure du bras. Ces petites tumeurs augmentèrent de volume, se ramollirent ; la peau à leur niveau prit une teinte rouge livide^ et bientAt les deux plus élevées s'ulcérèrent et se recouvrirent de croûtes. Au bout de quelques semaines, les mêmes lésions se développèrent sur le dos de la main et à la région externe de l'avant-oras. Enfin, ces derniers jours, la malade s'est aperçue d'une petite éruption analogue à la face interne du coude droit. Jamais d'ailleurs elle n'en a souffert ; sa santé générale est restée bonne, à part de l'amaigrissement constaté par ses parents plutôt que par elle-même. C'est seulement en voyant se multiplier les nodosités cutanées de ses bras, qu'elle s'est décidée à se présenter à la consultation de H. te docteur Ërnest Besnier,que j'ai l'honneur de remplacer à l'hôpital Saint-Louis.
Je n'insisterai pas. Messieurs, sur les détails de l'observation, te moment n'étant pas encore venu de la publier intégralement. Je me contenterai, en vous présentant ces moulages très bien exécutés par H.Baretta (l),et toutà l'heure la malade elle-même, de vous donner un rapide aperçu des lésions.
Le point de départ de raffection siège à droite, comme à gauche, au niveau des doigts. Le caractère de la lésion initiale se montre avec sa plus grande netteté à la face dorsale du médius droit. On y voit un placard ovalaire, d'un rouge violacé, squameux, rugueux et légèrement saillant reproduit par le moulage. En détachant quelques squames, on découvre une surface mamelonnée, nettement papillomateuse; au palper, on sent une infiltration difl'use du derme doimant l'impression d'une tumeur étalée. En un mot, cela ressemble tout à fait à un tubercule anatomique. Même aspect à la racine de l'index gauche, où le pli digito-palmaire présente une fissure profonde à bords durs et cornes. La remarquable richesse du réseau lymphatique de cette région expliquele plus grand développement des noyaux lymphangiti^ues à gauche; c'est le bras qui a été moulé. Enfin l'auriculaire gauche présente, sur le oord interne de l'ongle, des lésions de même ordre.
A ces dermopathies succèdent des traînées de lymphangite nodulaire discrètes à droite, très développées sur le membre supérieur gauche, où je les décrirai rapidement. Les nodosités peuvent être parlaitement suivies par la vue et le palper tout le long des troncs lymphatiques superficiels qui, partant de la racine de l'index, vont constituer le groupe externe ou radial. Elles forment une sorte de chapelet dont les grains se succèdent sur une ligne étendue de l'index à la paroi antérieure de Taisselle, en passant à la face dorsale de la main et de l'avant-bras, au-devant du condeet à la face antérienre du bras.
Les pins petites nodosités ont le volume d'un grain de mil ; elles siègent dans l'hypoderme et sont mobiles sous la
fieau. On en sent un grand nombre à la région externe de 'avant-bras, près du coude. A un degré plus avancé, ces petits grains font corps avec la peau et forment une saillie appréciable k la vue. A ta face dorsale de la main et de l'avant-bras, ce sont de gros tubercules, du volume d'un pois jusqu'à celui d'un noyau de cerise, les plus petits durs, les plus grands ramollis à leur centre; ils sont indolents et la peau, à leur niveau, est violacée et amincie.
A la face antérieure du coude, un de ces tubercules, devenu plus gros, est mou et fluctuant, présentant tous les caractères d'une gomme cutanée. Disons de suite que le pus de cette gomme, examiné par H. Marfan, interne à l'hôpital Saint-Louis, contient des oacillesde la tuberculose. Il s agit donc d'une gomme tuberculeuse. Enfin plus haut, les noyaux lubercuio-gommeux sont ulcérés et recouverts de croûtes.
Toutes ces nodosités sont réunies par des cordons durs, sJi*'t.u 7"'"*" "ffi^i^ ^ (ej»^@^te
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qu'on sent nettement au coude, et qui sont évidemment des vaisseaux lymphatiques chroniquement enflammés. Enfin on trouve dans Taisselie, en arrière de sa paroi antérieure, plusieurs ganglions durs, gros et d'ailleurs indolents.
Nous avons dit déjà que la santé générale de la malade n'a pas subi d'altération notable. Son affection semblerait donc être exctusivement externe et locale. Et cependant, hialgré l'absence de toui, d'hémoptysie, de sueurs noctnmes, en dépit de la conservation des forces et de l'appétit, Taïucultation des sommets des deux poumons révèle des signes incontestables d'infiltration tuberculeuse au début, surtout à gauche. Le murmure vésiculaire s'entend très affaibli dans les deux fosses sus-épineuses; à gauche quelques crépitations fines sont perçues quand on fait tousser la malade.
Comme je le disais en commençant, Messieurs, l'observation est encore incomplète ; l'examen histolngi^ue d'un des noyaux excisés, et le contrôle de l'inoculation viendront sans doute confirmer le diagnostic exclusivement clinique que je vous soumets. Je crois donc devoir réserver la discussion a{>profondie de ce cas, et je me contenterai d'émettre en terminant les quelques considérations suivantes:
Par leur évolution et leurs caractères objectifs, les nodosités lymphangiiiques de ma malade se rapprochent des gommes scrofuleuses hypodermiaues, et leur nature tuberculeuse, ou mieux bacillaire, est démontrée par l'examen histologique. Cette lymphangite tuberculo-goinmeuse s'est développée à la suite de lésions des doigts, lesquelles présentent tout à fait l'aspect du tubercule anatomique. Or, vous le savez, MM. Vidal et Ernest Besnier (et H. Yerneuil s'est rallié à leur opinion) considèrent le tubercule anatomique, communément observé chez les étudiants en médecine et les garçons d'amphithéâtre, comme la conséquence d'une inoculation tuberculeuse accidentelle au cours des autopsies. L'existence insolite de tubercules anatomiques chei une femme étrangère à ce genre d'opérations, suppose tout au moins une pathogénie analogue. Et comment ne pas incriminer pour notre malade le contact inévitable des doigts avec les vêtements et le linge souillés par des crachats tuberculeux frais on desséchés?
Je conclus donc que cette femme s'est inoculé le virus tuberculeux par des écorchures des doigts ; que ce virus, après avoir laisse les stigmates de son passage sous forme de tubercules anatomiques, a infecté les lymphatiques des membres supérieurs ; qu'actuellement les sommets des poumons sont le siège de lésions tuberculeuses commençantes, consécutives aux manifestations périphériques et externes de la maladie. Je suis heureux de déclarer que cette interprétation a été confirmée par mon savant maître, H. Ernest Besnier, qui a bien voulu examiner la malade.
De cette conclusion pathogénique découlent les indications thérapeutiques. Je me propose de détruire toutes les lésions accessibles, et tout d'abord celles des doigts, par la cautérisation ignée, procédé le plus sûr, comme l'enseigne M. Ernest Besnier, pour éviter les auto-inoculations tuberculeuses. Malheureusement le traitement ne pourra être appliqué dans toute sa rigueur, en raison de la multiplicité et de la profondeur des foyers angioleucitiques, sans parler même de l'adénopathie axillaire. La malade a d'ailleurs été soumise, dès son entrée à l'hôpital, à un régime tonique et k la médication arsenicale.
SOCIÉTite SATANTES
SÉANCE DU 29 JUIN 1885. — PaÉSIDBNCE DE X. BOULET. Du DÉVELOPPE MENT DBS GLANDES TASCULAIRES. Note (le
M. Réitérer. ~ Il s'agit d'une question sur laquelle lous les histologistes sont loin d'être d accord. Les nouvelles ol»ervations de Tauteur, poursuivies sur deux classes de vertébrés, l'ont conduit aux conclusions suivantes :
En résumé, les glandes vasculaires sanguines, chei 1rs oiseaux et les mammifères, résultent d'un enchevêtrement de deux tissus d'origine différente et primitivement séparés : l'un, mésodermique, représente la trame vasculaire; le second, ectodermique ou endodermique, est constitué par des éléments épithéliaux. L'origine de ces derniers affirme \i nature épitnéliale que H. Ch. Robin leur attribue depoii plus de vingt ans.
L'étude de leur évolution ultérieure éclaire et complèle ces données. La bourse de Fabricius s'atrophie, diei l'oiseai adulte, par la transformation du tissu lamineux «nbnfoanaire en faisceaux de tissu cellulaire dense, ce qui amène la compression et la disparition des éléments épithéliaux. Les glandes lymphatiques de l'amygdale passent, ches le mammifère adulte, par des |>ha8es en tout point andopies, ce qui explique leur diminution de volume et de nombre, ce
?[ui confirme l'observation clinique : leurs altérations p«n réquentes chez l'adulte et, en paiticulier, la rareté, à cet âge, de l'hypertrophie primitive des amygdales.
Observations calorimétriques sdr des enfa.vts. Note de M. Ch. Richet. — L'auteur décrit l'appareil grâce auquel il a pu, dans le laboratoire de M. le professeur Grancher, à l'hôpital des Enfants, appliquer aux enfants sa méthode calorimétrique.
Les petites filles soumises i ses observations étaient sans fièvre, elles étaient âgées de deux à quatre ans el pesaient entre 6 et 9 kilogrammes. Elles séjournaient dans l'appareil pendant une heure, reposant sur une petite couchette el sans vêtements. 11 ressort des études de M. Richet que, à la lem-
fiérature de 18 degrés, la production de chaleur pour les enants placés dans ces conditions, est, comme chiffre moyrn, d'environ 4500 calories par kilogramme et par heure. Ce chiffre, cependant, est extrêmement variable, ajoute l'auteur; il n'est, en réalité, qu'une moyenne, un point de repère, pour ainsi dire^ autour duquel viennent osciller les diverses variations physiologiques.
De la régénération des nerfs périphériques. Note de H. C Vanlair. ~ Des recherches de l'auteur ressort la démonstration anatomique de la possibilité d'une régénération complète par drageonnement central d'un nerf coupé ou réséqué. Il en résulte aussi qu'elle resterait imparfaite, au moins pour les nerfs d'une certaine longueur, si les oévricules séparées du centre ne venaient, à un moment donné, remplir vis-À-vis des fibres centrifiiges l'office de condueteur.
SÉANCE du 30 JUIN 4885. — PnfiSIDEKCK DB H. J. BEaODt05.
Corretponiance : Un rapporté X. la doelaur Astu^ su lu MWia 4*"' miquei qui oai r^ë m I8B4 diat l'imaiHutiMt d« GbAtlUiw-Mr-S«iH; w lettre de M. Benoit, pluroMclM, mit mi trêiUttUM mittt raliiypMliflfW « anttpUotUltqiu ie la pUhitU; plHiieun tmmgtt m Bteoim de HH. M»croUUUt, Onimtu et Dupont, destiatfe k ooaeotirir an prix de l'Acdteie.
Au commenceoient de la U^acc M. G«ve|r e ftétwné ma mmvmm <lAkNMp< snpU/lcatevr ponvut unir éfalMwat de cudjogrephe et de qdmnecrapbe^
3 Juillet 1^85 6A2ETT£ HEBDOMADAIRE DE UËDEGINfi ET DE CHIRURGIE — N« 27 — 443
Hyoromas £T svHOriTBS TUBERCULEUSES. — La plus grande partie de la séance a été remplie par la lecture d'une intéressante communication deU.ledorteurJVtcaiw sur la nature tuberculeuse des bygromas et des synovites à grains fibrineux.
H. Nicaise a rapporté trois observations d'hygromas ou de synovites à grams riziformes observés dans son service et tous les trois de nature tuberculeuse.
La première concerne une femme de vingt-quatre ans qui, à la suite d'une chute sur la cuisse, vit apparaître quelques mois après, au niveau du point contus, une tumeur indolore dont te diagnostic exact ne put être fait qu'au cours de l'opération : il s'agissait d'un kyste à grains riziformes prolondément situé au-dessous du grand fessier. La poche ne contenait aucun liquide, ni pus fluide, ni pus concret, ni matière caséeuse, mais seulement des grains fibrineux. L'examen histologique de ces grains et de la paroi kystique pratiqué par MH; les docteurs Poulet et Vaulard, professeurs agr^s au Val-de*Gràce, ont démontré l'eaistence de follicules tuberculeux à dlfTérents degrés de développement et des bacilles de Koch.
Les deux autres faits observés par M. Nicaise concernent l'un une femme manifestement tuberculeuse qui présentait une synovite fongueuse des fléchisseurs de la main gauche ; l'autre, un homme âgé de quarante-quatre ans, sans apparence de tuberculose, qui avait une synovite à grains riziformes des gaines des fléchisseurs des deux poignets. Ici encore Texamen histologic^ue a démontré la nature tuberculeuse de cette double lésion et les inoculations qui ont été pratiquées sur les animaux sont venu» confirmer le diagnostic histologique et clinique.
Sans vouloir affirmer que tous les bygromas et les synovites à grains rîaiformes sont de même nature, H. Nicaise croit que ces faits tendent à démontrer qu'il existe une inflammation tuberculeuse spéciale des membranes séreuses qui donne lieu à la formation d'une grande quantité de masse fibrineuse. Il n'y a donc pas là, d'après l'auteur, une simple prolifération des cellules ou diapédèse des globules blancs autour du tubercule-, le microbe pyogëne n'est pas venu s'ajouter au tubercule, il y a autre chose ; le tubercule s'accompagne d'une inflammation qui produit un exsudât considérable de matière fibrineuse.
A la fin de la séance H. Constantin Paui a lu deux rapports : le premier, sur un mémoire de H. Basile Féris (de Rochefort), relatif à l'emploi d'un respirateur élastique dans l'emphysème pulmonaire *, le second, sur un travail de H. le docteur Merle (de la Ferté-Alais) concwnanl Télude de la coniase biliaire et de ses symptômes.
Le respirateur imaginé par H. le docteur Féris est constitué par un bandage analogue à un bandage inguinal double dont les pelotes sont relevées vers la partie supérieure. Ce bandage est appliqué sur le thorax au niveau du deuxième espace intercostal, le ressort appuyant sur la colonne vertébrale et les pelotes sur les articulations ehondrosternales.
Cet appareil augmente l'énergie des puissances expiratrices et aiminue considérablement la dyspnée ; il a donné d'excellents résultats sur vingt-sept malades,
La coniase biliaire, qui fait l'objet du travail de M. le docteur Merle, n'est autre chose que la lithiase biliaire; Tauteur se borne à formuler quelques indications sur la façon d'extraire les poussières calcuieuses des matières fécales.
Après la lecture de ces rapports l'Académie s'est formée en comité secret pour entendre la lecture du rapport de Û. Luoier sur les titres des candidats à la place oéclarée vacante dans la section d'hygiène et de police médicales. Ont été présentés : en première lî^e : tf . Yallin ; en deuxième ligne: M. Napîas; en troisièmehgne: H. Legrand du Saulle ; en quatrième ligne : H. Laugier.
Au cours de la séance une brève discussion s'est engagée entre le président et MM. Hardy et Bonley snr la question de
savoir s'il y avait lieu de remetti'e au mercredi 15 juillet la séance qui devait avoir lieu le 14 juillet, séance dans laquelle il aurait été donné lecture du rapport relatif à l'élection d'un membre titulaire en remplacem^it de Wurtz.
L'Académie consultée a décide qu'il n'y aurait pas de séance la semaine du 14 juillet.
— La séance est levée.
Mmmté maéêiBmU des M^tMx.