‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 121 sur 228 · SÉANCE DD 13 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE V. VIDAL · texte numérisé non relu

SÉANCE DD 13 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE V. VIDAL

UloAratlou do la voûta palatins : M. Fèrèol. — Blsnnorrhagla ohat la tetnme : M. Hartinaau. — Eloge de HoBl Gneneau de Muasy : K. Femet. — Inoculation tuberouleuM aux doigta; lèslona aaooadalTM d* l'ordra dn tobvroato anatomlqna ; Ijrmpliaiigitetnbaroalo* pommanaa : M. Marklan.

A l'occasion du procès-verbal de la précédente séance, M. Féréol complète l'observation de la malade atteinte d'ulcération de la voûte palatine, qu'il a présentée à la Société. Pendant huit jours il l'a soumise au traitement exclusivement ioduré, e( il a remarqué une légère tendance à l'amélioration. Il a d'ailleura prie M. Cornil de pratiquer l'examen histologique des liqi^des recueillis à la surface des bords de l'ulcère; cet examen a été négatif quant à la présence de bacilles, et H. Cornil n'a pu relever aucun caractère autorisant & admettre la nature «rphilitique de la lésion plutôt que son origine serofnleuse. Il est vrai qu'il s'était prudemment abstenu de tout grattage un peu protbnd, et que, par suite, les résultats de celte recherche microscopique perdent une partie de leur valeur. Trouvant la lésion stationnaire depuis huit jours, M. Féréol a soumis la malade au traitement mixte : 6 grammes d'iodure de potassium et frictions quotidiennes avec 4 grammes d'onguent mercuriel. Ce traitement est bien supporté, mais ne parait pas' jusqu'ici donner de résultat appréciable; il semble, au contraire, que l'ulcération montre quelque tendance à s'étendre, surtout par sa partie inférieure. D'autre part, l'enfant qui est nourri au sein, et qui était jusqu'alors fort bien portant, a été pris de diarrhée et est devenu p≤ il semble qu'il y ait des indications contradictoires, au point de vue thérapeutique, fournies par la santé de la mère et celle de l'enfant. Cependant, comme ee dernier semble mieux portant depuis deux à trois jours, le traitement spécifique a été maintenu pour la mère.

M. Vidal pense que l'extension menaçante de l'ulcération est due sans doute à la persistance de la nécrose osseuse et au travail d'élimination de quelque petit séquestre. Peut-être pourrait-on, à cause de l'enfant, recourir à un traitement moins énergitiue, et se borner à l'usage des seules préparations mercurielles.

H. Féréol fait remarquer que la santé de l'enfant est restée parfaite tant que la mère n'a pris que de l'iodure de potassium à la dose de 4 grammes; il semble donc que le mercure puisse être plus particulièrement incriminé à l'égard des accidents observés cnez le nourrisson. Quant à l'extension de la lésion, elle ne paraît pas due à une nécrose osseuse, car elle se fait exclusivement aux dépens des couches super^ ficielles de la muqueuse.

— H. Martineau fait hommage à la Société de ses leçons cliniques sur la blennorrkagie chez la femme. ^Voy. le Compte rendu de la Société de thérapeutique, p. 445.)

— H. Femet prononce l'éloge de H. Noël Queneau de Mussy. Il retrace en termes émus la vie de ce maître regretté, et analyse à grands traits l'œuvre scientifique considérable qu'il laisse après lui. Ce dîscoura est accueilli par d'unanimes applaudissements. ^

H. Vidal se joint k M. Femet, comme président de la? Société des hApitanx^ pour exprimer les regrets profends

3 JuiLUT 1885

inspirés par la mort de H. N. Gueneau de Mussy à tous ses collAfnies et an corps médical tout entier. Il fait savoir qu'un comité composé de MH. Péréol, Fernet et Huchard a été constitué pour recueillir les souscriptions destinées à offrir à l'Hôtel-Dieu le buste de N. Gueneau de Mussy. La Société des hôpitaux s'est inscrite pour une somme de 100 francs. (Voy. aux Variétés, p. 448).

— ^ M. Merklen donne lecture d'une intéressante note intitulée : Inoculation tuberculeuse localûée aux doigts; lésions secondaires de l'ordre du tubercule anatomique; lymphangite tuberculogommettse consécutive. (Voj. p. 441 .)

M. Vidal a examiné la malade de M. Merklen et a confirmé le diagnostic de tuberculose. Les tumeurs cutanées que présente celte femme peuvent être rapprochées de celles qui existaient, à l'épaule et au bras, chez un malade atteint de tuberculose au troisième degré, que M. Vidal a monti^ à ses collègues lors de la discussion sur la scrofule et la tuberculose; le cas actuel ne diffère que par le si^e des tumeurs et leur distribution sur le trajet des lymphatiques du membre. Chez le malade de H. Vidalj on a pu observer la caséification des nodules, çuis la. formation de gommes qui se sont abcédées et ont laissé des cicatrices multiples. En joignant à ces faits ceux de Chiari, de Jarish et d'Hanot^ on peut réunir les éléments d'une étude sur la tuberculose de la peau, dont l'existence est aujourd'hui incontestable, et qui parait suivre une marche identique à celle qu'elle présente dans les autres oi^anes.

— La séance est levée à eiuq heures.

André Prtit.

BofMM ëm Mototto.

SA&NCB DU 27 JDIM 1885. — PRÉSIDENCE DE M. P. BEBT,

PRÉSIDENT

Rsoherohw d3aiamograplil(|aM sar les MiiBaUoiw : H. F6ré. — Z.a toziolt6 da rnrto : MM. OrAbant et Qtdnquaiid. ~ I<a ooarant nerveux axial : M. HendelMOlin. — De l'aoUon du venin de l'abeille sur les Uuus vAgUaux : MM. BoTler-Lapierre et PoootMt. — Rapport entre la olreulatton Telnenee et la olroulatlon arUriella enoApha- Uqoas ; M. R«iiQola-Franak. — 8nr l'IatoslflKtlon ohronîqne par le ohlorotorme : M. R. DabolB. - Un nouTel appareil galvaao-oau- Uqae . MM. l^aroobeUe et Wlet. — Sur ooltorea dee baoUlea du ohoUra ■ M. Doyen.

H. Féré, continuant ses recherches sur les effets mécaniques des phénomènes psychiques, présente des tracés qui montrent l'augmentation de l'enort musculaire, enregistré au moyen d'un d^namographe, sous l'influence de diverses excitations sensorielles proionc^es, comme l'audition d'un air de musique.

— M. Quinquaud a poursuivi les expériences qu'il a entreprises avec N. Grékant. et dont il a déjà entretenu la

Société, sur la toxicité de l'urée. D'une façon générale, la dose toxique est de 3 grammes par kilogramme d'animal en injection intraveineuse. C'est tout le mouvement nutrîtif qui se ralentit, ainsi que leurs précédentes expériences l'avaient montré aux auteurs; l'exhalation d'acide carbonique diminue; la température s'abaisse. Quant à la recherche de la substance, c'est toujours dans les tissus où normalement il en existe le moins qu'on en trouve le moins après les injections. A cet égard, il importe de remarquer que les veines spléniques en contienuent la plus grande quantité. C'est qu U y a bien au niveau de la rate un lieu de iormation de l'urée.

— M. I^endelssohn expose ses recherches sur le courant nerveux axial ou courant qui résulte de la différence du potentiel élecirique de deux surfaces de section transversale d'un nerf. Aurès avoir déterminé la force électro-motrice de ce courant, H. Mcndelssohn, en étudiant sa direction dans les différents nerfs, a vu qu'il existe un rapport constant

entre cette direction et le seus (centrifuge ou ceotripète) de la fonction physiologique d'un nerf. Or, la direction dn eoarant axial est ascendante dans les nerfs moteurs el desceadante dans les nerfs sensibles. Par conséquent, la direction du courant axial d'un nerf est opposée au sens de sa fonction physiologique : telle est la loi formulée par l'auteur.

M. d'Arsonval fait remarquer l'importance du phénomène découvert par M. Hendelssohn. Jusqu'à présent, on n'aviit aucun moyen de distinguer le bout périphérique du bout central d'un nerf. Ces recherches montrent aussi que, contrairement à une opinion assez répandue, les nerfs ne conduisent pas indifféremment dans les deux sens, centrifuge et centripète.

— H. Pouchet a étudié avec M. Bovier-Lapierre l'aclioD du venin des abeilles sur les tissus végétaux. Eu piquant des feuilles avec des aiguilles chargées de venin, ils ont constaté divers phénomènes qui consistent essentiellement en ce que la feuille piquée se subériOe toujours.

— H. François-Franckj étudiant le rapport de la circulation encéphalique avec la respiration, a recherché ce qui se passe au moment de l'inspiration, étant donné ce (ait incontestable, que le contenu liquide intra-crànien ne peut pas varier. Si donc la quantité de l'un des trois liquides, sang artériel, sang veineux ou liquide sous-araehnoldien, vient à changer, il faut qu'il s'établisse une compensation par l'intermédiaire des deux autres. Telle est la condition réalisée par l'inspiration, qui détermine dans la cavité thoraciqiw aa appel du sang veinenx. Hais quel est le liipiide qai lisst combler la place laissée vide par le sang veineux? Ce n'est pas le sang veineux du rachis, puisque raspiration s'exerce aussi bien sur la partie supérieuredu rachis que sur le crâne. On admet généralement que le sang veineux est remplacé par le liquide sous-arachnoldien. On connaît, en effet, la théorie classique, depuis le professeur Rïchet : l'iospiration, en même temps qu'elle dilato le thorax, augmente la pression abdominale; par suite, le sang veineux tomb^^acri refoule le liquide céphalo-rachidien, qui est tout naLureltenicnt porté vers le cerveau, et qui peut prendre la place du sang veineux cérébral précipité vers le thorax par l'aclion in&piraioire. Cette théorie ne lient pas compte de ce fait que, dans toute la région cervicale et dorsale de la moelle, aussi bien que dans le cerveau, le cours du sang est très accéléré au moment de l'inspiration, et cette accélération doit èiiffire à compenser l'obstacle qui agit sur le sauf veineux de U région lombo-sacrée pour faire remonter le liquide céphalorachidien. De plus, on peut invoquer une expérience décisive contre l'opinion classique : si l'on ouvre sur un chien le canal vertébral à la réi^ion dorsale, et qu'on lie la moelle avec ses enveloppes, quoiqu'on retienne ainsi le liquide céphalorachidien dans la portion inférieure de la moelle, la circulation veineuse, explorée au conlluent des sinus, n'en présente pas moins les mêmes variations de pression au moment de l'inspiration.

Il reste donc que la place laissée vide par le sang veineux cérébral ne peut être remplie que par au sang artériel. En effet, dans de bonnes eonaitions de circulation, tandis que, au moment de l'inspiration, la pression baisse dans les veines pour se relever pendant l'expiration, la pression artérielle s'élève pour s'abaisser pendant l'expiration. Etant donnée la pression veineuse très basse et la pression artérielle qui s'élève, le sang artériel trouve une voie laidement ouverte pour pénétrer dans l'encéphale. Ainsi le fait capital pour expliquer le phénomène de compensation dont il s'agit, c'est moins l'élévation ou h diminution dr la pression en elle-même que la rapidité plus ou moins grande du courant sanguin d'artère à veine, qui résulte des variations de pression, que le degré de perméabilité des vaisseaux.

Mais on n'observe pas toujours ces rapports entre l'inspiration el la pression sanguine, sur lesqueisJH. François-

3 JpiLLET 1885 GAZETTE HEBBOHADAIAE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N» 27 445

Franck fonde sa théorie. Au contraire, on voit quelquefois des rapports inverses, c'est-à-dire nne diminution de pression artérielle pendant Tinspiration, une élévation pendant l'expiration. Gela s'oluerve sur des chiens, à basse pression. M. François-Franck attribue ce phénomène à ce que, dans ces conditions de circulation peu vigoureuse, l'aorte étant tendue, les variations extérieures aux vaisseaux ne se font

fuère sentir à l'intérieur de ces vaisseaux; les parois de aorte ne cèdent pas à l'aspiration Ihoracique. Mais si, par une hémorrbagie on fait baisser la pression, l'aorte devenant flasque, l'aspiration thoracique pén-artérielle aura lieu.

— M. R. 2HMt signale les accidents qui se sont produits chez lui par suite du séjour prolongé dans un laboratoire contenant des vapeurs de chloroforme. Il s'agit ià d'une véritable intoxication chronique. Les principaux symptômes du début sont l'insomnie et des douleurs à forme névralgique ou rhumatoldes; puis viennent des douleurs en ceinture, de la cardialgie, une grande paresse physique et intellectuelle.

— M. Wiêt présente, au nom de M. Ijarochelle et au sien, un neuve] appareil galvano-caustique à piles portatives, dont le courant est d'une très grande constance.

— M. Doyen revient sur des faits qu'il a déjà signalés à la Société, et relatifs à la présence dans le foie et dans le rein des bacilles du choléra. Ua paiement étudié sur des cultures de bacilles les formes récemment décrites par H. Ferran, et considérées par celui-ci comme des phases uu développement de ce micro-organisme. D'aj^rès M. Doyen, il n'y a la qu'un stade d'iovolution des bacilles, que des phénomènes de destruction.

SÉANCE DD 24 JDIN 1885. — PHtSIDlNGE DE IT. DUHOKHE.

£l€ig* de as. Nott ChMOMui da MoMy. — D* 1« Meonorrbagie ohu la lanun» : K Kartlnean. (Dlaoaaston : MK. BKoatard-Hartin, C. Pau], FAriol, Hallopeau.) — Emploi du orln da Floranoe ooouna tU ehJnirgtoal : K- OaarmonpraE (de XJUe). — Dae ponoUona ma. ni- Tan dae mwabcaa InUrtewn daaa rcMMnaprAoooa daaoanUaqnaa: M. HMaalotago (da Tèxoiia).

M. C. Paul fait savoir à la Société qu'il a l'intention, dans son compte rendu annuel des travaux de la Société, de donner un résumé de l'ensemble des ^avaux relatifs à la thérapeutique dus à H. N. Queneau de Mussy. Il propose en outre de voter l'insertion, dans les Bulletins de ta Société^ de t'éloge de ce regretté collègue prononcé à l'Académie de médecine par M. Feréol. — (Adopté à Tunanîmité.)

— M. Martiueau fait hommage à la Société de ses Leçons cUnifues sur la blennorrha^ie de la femme. Dans ses leçons faites à l'hôpital de Lourcine, H. Blartîneau établit la nature parasitaire de la blennorrhagie et l'existence du gonococcus de Neisser et Bouchard ; il montre que, contrairement à l'opinion émise par Ricord et adoptée par un grand nombre de médecins, on ne peut contracter la blennorrhagie qu'avec une femme atteinte de cette affection ; l'écoulement menstruel, la leucorrhée simple ou aymptomatique d'une métrite, d'un cancer utérin ne peuvent jamais faire naître chez Thcmime la blennorrhagie. Les observations contradictoires sont entachées d'une erreur d'interprétation qui résulte de ce fait que la blennorrhagie, ou du moins son agent de contage se cantonne, chez la femme, dans les fullicules vutvaires, y persiste parfois durant des années et qu'il suffit d'une excitation un peu vive pour amener la rupture de ces follicules et, par suite, la contamination. Ces follicules peuvent s'abcéder et donner naissance à des fistules boivnes ou complètes, dans quelques cas ano-vulvaires, signalées par Aslruc, mais laissées depuis lors dans l'oubli; il en est de même pour, les foilicoles péri-uréthraux, dont les

truets fisluleux peuvent fuser vers le petit bassin. Quant à la blennorrhagie utérine, M. Martiueau la regarde comme excessivement rare, il n'en a observé que 10 cas sur 4000 malades blennorrhagiques; elle ne peut, d'ailleurs, être contractée que directement, la plupart des femmes atteintes de blennorrhagie ayant également de la métrite, et le bouchon de mucus alcalin qui remplit le col s'opposant à la progression du gonococcus, qui a besoin d'un milieu de culture acide tel que les sécrétions du vagin. Par suite la blennorrhagie des trompes, de l'ovaire et du péritoine n'existe pas ; les faits de ce ^nre ont été confondus avec les accidents d'adénolymphite péri-utérine. Dans les chapitres qu'il consacre aux complications de la blennorrhagie H. Hartinean montre que l'arthropalhie blennorrtiagîque est absolument rare chez la femme, du moins à Lourcine, puisqu'il n'en a vu qu'un seul cas chez les 4000 malades qu'il a observées. L'ophthalmie blennorrhagique n'existe pas à Lourcine ; les mé(^cins qui ont eu un service dans cet hôpital, M. Gnérin entre autres, ont tous signalé ce fait. L'existence du gonococcus établissant la nature infectieuse de la blennorrhagie, il semble que l'on doive se rattacher à la théorie de l'infection générale pour expliquer la patàogénie de l'arthrite blennorrhagique-: on aurait même constate dans quelques cas la présence du gonococcus dans le sang. Quant au traitement (cautérisation des follicules au thermocautère, applications locales de sublimé), M. Martineou, depuis qu'il l a fait connaître à la Société, n'a cessé d'en retirer de précieux avantages.

M. C. Paul a continué ses recherches sur le gonococcus blennorrhagique et s'est confirmé davantage encore dans la conviction que le parasite se rencontre, non pas dans le pus, mais dans rintérieur des cellules épithéliales. — L'arthrite blennorrhagique de la femme ne lui semble pas aussi rare ue le dit M. Marlineau ; it en a observé cinq ou six cas epuis peu de temps. Il s'agit d'une arthropathie localisée le plus souvent au poignet, accompagnée d'œdème dilTus, de gonflement très marqué, d'une violente douleur, dont la marche se montre d'emblée chronique ou subaiguS, qui résiste à tous les moyens mis en œuvre, et nécessite un traitement long et énergique. Peut-être les malades atteintes d'arthrites semblables vont-elles réclamer des soins dans les hôpitaux généraux plus volontiers qu'à Lourcine.

M. Moutard-Martin demande à quel signe M. Martineau a pu reconnaître qu'il s'agissait d'une arthrite blennorrhagique dans le seul cas qu'il a observé. Pour sa part, il croit que cette complication de la gonorrhée chez u femme est excessivement rare.

H. Martineau rappelle que Ton a signalé, au cours de la blennorrhagie, l'apparition d'un érythème polymorphe, indiquant l'infection générale de l'économie; or. chez la midade qui a présenté une arthropathie du coude, il a relevé l'existence de cet érythème } en outre, l'arthropathie elle-même s'est établie peu à peu, sans que l'on pût soupçonner quelque draihèse ; elle s'est accompagnée de douleur continue, avec pâleur des téguments et gonflement œdémateux ; enfin le salicylate de soude est resté, comme toujours en pareil cas, complètement ineflicace.

M. Fériol rappelle que la nature infectieuse de la blennorrhagie a été soutenue par lui devant la Sodété médicale des hôpitaux il y a quelque douze ou quinze ans, c'està-dire longtemps avant la découverte du gonococcus. Il est heureux de voir les recherches actuelles venir confirmer son opinion. — Quant à la fréquence de l'arthrite blennorrhagique chez la femme, it la croit beaucoup plus grande que ue te pense M. Martineau ; il en observe plusieurs cas tous les ans à l'hôpital. S'il en rapproche les faits décrits par Lorrain sous le nom d'arthrite génitale, il peut certainement évaluer à une douzaine les observations t^KCi^i^lPlC lui est donné de recueillir chaque année. ^

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MÉDECINE ET DB CHIRURGIE

3 Juillet im

H. Hallopeau pense que l'érythëme polymorphe qu'a présenté la malade de M. Harlineau pouvait bien être une simple éruption érythémateuse de nature arthritique.

H. Martineau a observé chez cette femme l'cxlrême variété de forme anatomique de l'éruption permettant de distinguer l'érythème infectieux de Térythème arthritique.

M. C. Paul a vu tant de fois, chez des femmes atteintes de blennorrhagie, une arthropalhie du poignet se montrant avec des caractères tout spéciaux, qu'il ne peut croire À une simple coïncidence entre les deux affections.

H. Féréol partage entièrement l'avis de H. G. Paul. Il a vu quelquefois l'arthrile se manifester au niveau du coude ou même du genou.

— H. Campardon offre & la Société son rapport à ta Société de médecine pratique sur les applications nouvelles à la thérapeutique en 1884.

M. Duhomme remercie H. Campardon, et insiste sur l'intérêt qu'offre cet ouvrage dans lequel les formules et les doses de tous les médicaments nouveaux sont indiquées avec le plus grand soin.

— M. Duchenne dépose sur le bureau son Formulaire du médecin praticien.

— H. Guermonprez (de Lille) donne lecture, en son nom et au nom de H. Paul Bigo (d'Haubourdin), d'une note sur l'emploi du crin de Florence comme fd chirurgical. II indique le mode de préparation du crin de Florence et la forme sous laquelle on le trouve dans le commerce. Employé jus-

2u'ici presque exclusivement par les pécheurs à la ligne, il a lé. depuis peu, expérimenté en chirurgie par HIM. Trélat, Tillauz, LeForl, Beit^er^ Lucas-Championniëre : aussi peuton maintenant s'en procurer chez la plupart des fabricauts d'instruments de chirurgie. Pour le rendre moins cassant, il faut* après en avoir séparé les deux extrémités ordinairement défectueuses, le faire macérer dans un liquide aqueux pendant un mois au moins; on rendra, d'ailleurs, ce li(|uide antiseptique par l'addition de thymol ou d'acide phénique. La décoction du crin de Florence ne peut remplir le même but, car elle lui fait perdre sa ténacité. If. Guermonprez a étudié la tolérance des tissus à l'égard de ce fil chirurgical, chez les animaux, dans des opérations de nëphrectomie, de suture intestinale, etc. Il a aussi comparé cette tolérance des divers tissus, os, tendons, vaisseaux, avec celle qu'on observe dans les mêmes conditions à l'égard du fil d'argent, du catgut et de la soie phéniquée. De ces expériences il lire les conclusions suivantes : 1** Le crin de Florence (glande sétigère du ver à soie) est un bon ftl pour l'usage chirurgical s'il remplit deux concutions: l'élimination des deux extrémités, et la macération depuis un mois au minimum dans un liquide aqueux antiseptique. Il est, dans ces conditions, tenace, souple, aseptique et facilement supporté par les tissus, â" Le crin de Florence est le meilleur fil de suture ; son application facilite le second nœud si l'on fait bien le vrai nœud du chirurgien ; son séjour est mieux supporté que celui du fil de chanvre, de lin ou de soie, qui ulcère; son enlèvement ne saurait encourir les reproches que comporte souvent le fil d'argent. 3* Pour les ligatures à fil perdu, le crin de Florence ne doit pas remplacer le catgut pour lier les petits et moyens vaisseaux ; mais il donne, pour les gros troncs vasculaires et pour les larges pédicules de tumeurs, autant de garanties de durée que peut en donner la soie phéniquée, et, â ces garanties, il ajoute une plus complète tolérance des tissus.

— H. Massalongo (de Vérone) donne lecture d'un mémoire dans lequel il préconise lesponctions multiples au niveau des membres inférieurs lors d œdème précoce chez les cardiaques. La circulation périphérique se trouvant désobstruée, le cœur éprouve un grand soulagement, et la plupart des accidents secondaires disparaissent. Quant au oanger fré-

quemment signalé d'érysipèle, on peut le eoi^urer à coup sûr par renveloppemeat aatiseptitine du membre.

— La séance est levée à einq heures trois quarts.

André Petit.

REVUE DES JOURNAUX

Note mmr «Seta pradmito l'applIcAUM locafo de ta MMlse •mr la coHftmwilve, par M. ArGYLL K0>

DERTSON. — Dans le but de trouver une substance succédanée de la oocaine d'un prix moins élevé, l'auteur a faitdes expériences avec la caféine qui, au point de vue chimique, » rapproche beaucoup de l'alcaloïde de la coca. U s'est serri d'un liquide renfermant 16 pour 100 de caféine dissoute dans une solution de salicylate de soude, la caféine et ses sels étant très peu solubles dans l'eau. L'instillation de plusieurs gouttes de cette solution dans l'œil ne s'est accompagnée d'aucune anesthésie de la conjonctive. La dilafatioQ de la pupille n été observée; elle commence & se produire environ une demi-heure ou trois quarts d'heure après l'instillation d'une à deux gouttes; elle est modérée et disparaît après vingt heures. Le contact du liquide détermine un l^er

fiicotement dans l'œil et produit nue injection modérée de a conjonctive persistant piendant quelques heures. (Titfiritish mdieai /ottnuU, p. 17, 3 janvier 1885.)

Emploi ém eMothjdhoto At, eoealtte eoo«re la pmM oaoi, par H. Malcolm Morris. ~ Un homme d'un moyen et d'une très bonne santé éprouvait des démaogeii-

sons intolérables à l'anus, se manirestant surtout U nuit et empêchant tout sommeil. L'examen de la région anale ne révélait aucune lésion apparente. Dans ces conditions H. Mal* colm Morris eut l'idée d employer une solution de chlorhydrate de cocaïne à 20 pour 100 additionnée de cinq parties de glycérine; il prescrivit de s'en servir de la manrèresuivaule. Le patient étant couché sur le dos devait faire des erforts afin de faire sortir autant que possible ta muqueuse; celle-ci était alors soigneusement lavée avec de l'eau chaode et ensuite badigeonnée avec ta solution de cocaïne àlroisr^ prises séparées par des intervalles de dix minutes. Dès )i première application du médicament le malade dormit saos interruption pendant sent heures. Ce traitement fut continué malin et soir pendant plus d'une semaine, sans que le prurit revint ; mais les circonstances ayant obligé le malade àcesser ses applications pendant deux jours, les démangeaisons r^ vinrent avec toute leur intensité. Le traitement Tut repris et le prurit disparut immédiatement.

It est encore trop têt, dit l'auteur, pour affirmer la tare définitive, l'affection pouvant reparaître si l'on cesse le traitement; mais déjà on peut dire que cet aneslhésique local rend de très précieux services, {'ne British médical Jmrnal, p. 177, 24 janvier 1885.)

Travmox A «MomUav.

Le salicylate de soude dans la pleurésie, par M. L. Gaspiri^i- — L'auteur préconise le salicylate de soude dans la pleurésie, it même eue dans toutes les inSammations exsudatives des séreuses, a cause de sa puissante action diaphorétiqoe. {Gazxtlta med. ttai.-lombardia» 1885. n« 11.)

Sdr l'aphasil par H. Lichtheih. — Travail important qui u se prête pas i 1 analyse. Nous mentiooneroos cependant comine un résultat fort ialéressant ce fait que les c conducteurs périphériques émanant de la circonvolution de Broca ne présenleni que dans une faible partie de leur parcours, la proRTi«lâ (k délerminer des désordres aphasiques par leur lésioinMDoilw. Arektt f. kli». Mediein, im, Bd XXXVl, U. 3^.) ^

3 Juillet 1085

Gkt&ttE âEBDOMADAlRE DE MÉDEGINE Et DE GfitRURtilE

B3U0GRAPHIS

I. I.MI fcMUviMi M laar rélm émmm i*MUi«Mile mt l*Uitologle yatlMlacl^aM émm mmMmU^m iafeottoMca, par

M. J. GonMiL, professeur d'anatomie pathologique à la Faculté de Paris, et M. V. Babbs, agrégé à l'Université de Buda-Pëst ^;rand in-S" avec 156 figures intercalées dans le texte, accompagoé d'un atlas de 27 planches en chromolithographie. Paris, Félix Alcan, 1885).

««• mier«-*rffMUaMa, par H. le docteur E. Klein, professeur adjoint d'analomie et de physiologie à TËcole de Saint-Bartholomew's hospital, à Londres, traduit de l'anglais d'après la seconde édition, par H. Fabre-Dohergue, avec li6 figures dans le texte (in-8*, Paris, Bernard- Tignol, 1885).

I. Ceux même qui se gardent avec soin des entraînements de la première heure ne sauraient contester que dès à présent la bactériologie a conquis une place importante dans l'éliologie, Tanatomie pathol(^ique et l'hygiène. Son rdle serait peut-être plus considérable encore si tels de ses plus ardents adeptes ne la compromettaient par une série de travaux hfttifs dont la valeur est plus que contestable, c Les manvaises herbes, les lianes et les ronces ont poussé, Gomme dans une forêt viei^e, & côté des champignons savoureux. >

Comment injourd'hui rechercher dans la littérature sdentifique les innombrables mémoires publiés depuis dix ans sur les questions de cet ordre, comment surtout en apprécier la véritable portée, pour séparer l'ivraie du bon grain? Cette besogne ingrate, MM. Cornil et Babes ont eu à cœur de l'épargner aux praticiens et aux expérimentateurs, en dressant, et cela avec une compétence et une autorité universellement reconnues, le bilan sincère de la bactériologie eni885. Ce n'est point cependant un manuel qu'ils nous apportent; car les rechercnes personnelles, originales tiennent dans leur ouvrage beaucoup plus de place que dans les œuvres de cette nature, et, d'autre part, les auteurs ont lar||[ement fait œuvre de critique en élaguant maints travaux qui ne présentaient pas, & leurs yeux, des garanties suflisantes au point de vue technique. Le savant de laboratoire trouvera dans ce volume un exp(»é eomj^let des méthodes actuellement emplojées en bactéri<dogie, le cliaicien, un aperçu des applications à la pathologie des données nouvelles.

La première partie de cette œuvre considérable est consacrée aux généralités et aux méthodes d'observation. C'est d'abord un exposé détaillé de nos connaissances sur les schïzomycèles, au point de vue de leur structure, de leur développement et des phénomènes qui se lient à leur nutrition, tels que la fermentation, la putréfaction, etc. Puis les auteurs entrent dans des détails qu'on ne se plaindra pas de trouver minutieux sur la technique hîstologîque : microscope, verrerie, réactifs, méthodes de préparation, de coloration^ de mensuration des bactéries, etc. Dans un troisième chapitre, ils passent en revue les diverses méthodes de culture. Ils abordent ensuite la description des bactéries, et particulièrement des bactéries pathogènes, en adoptant la classification de Rabenhorst et Flûgge, malgré ses évidentes imperfections. Puis viennent plusieurs chapitres d'un haut mtérèt sur le-s méthodes expérimentales et sur l'atténuation des virus, où Cornil et Babes résument les travaux classiques de Pasteur et Koch. Enfin ces considérations générales se terminent par une description, qu'on chercherait en vain ailleurs, des lésions produites par les bactéries et, corollaire naturel, des maladies purement expérimentales d'origine microbienne, observées chez divers animaux, comme la souris ou le lapin. Ce domaine si étendu, MM. Cornil et Babes le parcourent à grands pas, en mettant en relief les faits

essentiels sans s'arrêter anx détails, ni même aux controverses quelque passionnantes qu'elles aient été, qu'elles soient encore aujourd'hui.

Après ces généralités, nous pouvons suivre sans fatigue les auteurs dans la seconde partie de l'ouvrage, de beaucoup la

Elus étendue, lorsqu'ils passent en revue toutes les maladies actériennes ou réputées telles, et notamment celles qui s'observent dans l'espèce humaine. Ici défile sous nos yeux une longue série de processus morbides, envisagés au double

S oint de vue étiofogique et anatomo-pathologique. Snr bien es points, les auteurs se bornent à enregistrer brièvement les résultats obtenus par divers histologistes ou expérimentateurs, sans se faire garants de lenr exactitude; mais ils consacrent de longs développements, où la note personnelle se dégage presque toujours, aux principales maladies bactériennes, comme le charbon, la morve, la fièvre typhoïde, la tnbwculose. A chaque page se posent, devant le lecteur, les problèmes les plus controversés de pathologie générale, auxquels HM. Cornil et Babes apportent souvent une solution formelle, fondée sur une discussion approfondie des données actuelles. Est-ce à dire, cependant, que, par ce plaidoyer si serré, si nourri de faits, en faveur des doctrines nouvelles, ils entraînent toujours la conviction? N'y aurait-il point des réserves à formuler au sujet de telle ou telle théorie qu'ils

fiatronnent, en ce qui concerne, par exemple, i'infectiosité de a pneumonie lobaire aiguC, des arthropathies rhumatismales, du lupus, des ganglions dits scrofuleux? L'influence pathogénétique des micro-organismes, trouvés partout aujourd'hui, est-elle aussi étendue, qu'ils le prétendent, alors que, bien souvent, les résultats pmtifo o'inoculation font absolument défaut ? L'avenir en décidera ; maïs, en tout état de cause, il restera à MH. Cornil et Babes l'honneur d'avoir fourni au public savant toutes les pièces d'un procès dont nul, à l'heure actuelle, ne peut se désintéresser.

Celte œuvre, qui sera bientôt dans toutes les mains, comme le bréviaire des expérimentateurs futurs, ce n'est pas seulement un bon livre, dans toute la force du terme ; c'est aussi un beau livre, car, en dehors des nombreuses figures intercalées dans le texte, il est accompagné d'un atlas de 37 planches en chromolithographie, d'une clarté et d'une netteté remarquables, qne l'on ne se lassera pas de consulter.

II. Le c guide pra^que » de H. Klein ne saurait avoir que des prétentions bien plus modestes. Si, dans ce manuel, la partie consacrée à la technique bactériologique est à peu près au courant de la science, on n'en peut pas dire autant du reste de l'ouvrage. Dans la description des bactéries, les lacunes sont nombreuses; les chapitres relatifs & l'atténuation des virus, au mode d'action des schizomycètw sont d'une extrême concision ; enfin les travaux francus sont presque systématiquement passés sous silence, et Klein n a guère trouvé à citer les recherches de Pasteur que pour les criti-

2uer et en combattre les conclusions. Cependant il est juste e reconnaître que ce manuel renferme quelques conseils pratiques, d'un réel intérêt, qui témoignent de la compétence de son auteur.

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