‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 123 sur 228 · L. LCKMHILLET, PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. LCKMHILLET, PAUL RECLUS

AdTMMT tont n (pli eoncme h tHacOm m liige 4u ComàU, ehex M. Dicudsk. 9(, rue de LxUe (avant la mardi de prèlézw).

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( Thèses, ezameiu, cours, ete.) et

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SOHMAIHK.— fAHls. AcMUmle de DtéU«daé : Ut mdmtlMM •ntkboWrtqoN. — U rapport da H. Brouardel. — Le botliriocéphale. — Travaux ohidikaux. PbTtlohvie ptlbologlque : Dn UTtad^ma et de m* modîBcallon* cbet lei cbolér^Mt. — CoanuNHBAKCB. Oam oke«mlioat éa uoBBpMgi* couadcallro a un immûiW. — SoeiSrte UVjURH. Acadteia dsa adeneet. — Actdtfuio da mààênm. — SœUU de chfanir^e. — B»limiiap>». Tnitd de patboloffie nianw. — VABlÉrét. Bafaaia mmwéê «t déUiaada. — faoïtLlfOli. Ullraa bIm.

Paris, 9 juillet 1885.

LES VACGINÀTIONS ANTICHOLÉRIQUES. — LE RAPPORT DB M. BROOARDEL. — LE BOTHRIOGÊPHALE.

L'Académie a écouté avec la plus sympathique attention et accueilli par d'unanimes applaudissements le report si clair, si moidéré dans la forme, et cependant si concluant, que H. Brouardel vient d'adresser au ministre du commerce. Il était difficile de mieux dire ressortir ce qu'ont d'étrange les agissements d'un médecin que Ton s'efforçait en vain, jusqu'à ce jour, de considérer, sinon comme un savant, du moins comme un chercheur consciencieux, et exclusivement préoccupé d'intérêts scientifiques. 11 était impossible de mieuK jastiftér les réserves avec lesquelles la plupart des

médecins fradf^is avaient accueilli les assertions de M. Fer-'' ran. Chacun tiendra à lire, soit au compte rendu, soit au Bulletin de l'Académie de mMeetne, ce rapport qui oppose, avec une grande dignité de langage, les hi^ludes du m<mde scientifique aux procédés des entrepreneurs de remèdes secrets. La lettre que H. Pasteur avait confiée à la mission française rend plus singulière encore la fin de non-recevoir opposée par le médecin espagnol à toutes les demandes qu'étaient en droit de lui adresser nos coAfrèresi Chacun sait, et M. Femn lui-même, qui proteste de son respect envers notre illustre compatriote, ne doit pas l'ignorer, que M. Pasteur, lorsqu'il a publié ses recherches sur les procédés de conservation de la bière et des vins, ou ses travaux sur tes maladies des vers à soie, n'était pas encore parvenu à la haute situation qu'il occupe at^oord'hai. M. Ferran lui ferait injure en ayant l'air d'insinuer qu'il comptait dès ce moment sur la reconnaissance de ses concitoyens et les récompenses nationales qui depuis ont si justement consacré sa renommée universelle. En publiant ses premiers travaux^ H. Pasteur n'avait en vue que les services qu'il pensait devoir rendre & son pays. Du jour où il est arrivé à pouvoir afArmer quelques résultats positifs, il les a publiés, et toujours il a largement et libéralement ouvert son laboratoire à tous ceux qui lui paraissaient capables de venir étudier, sous sa direction, les méthodes de recherche qu'il avait été le premier à faire connaître. Aqjourd^hui, donc, que M. Pasteur demande à

FEUILLETON

Veiiwmm MiMlealcB.

Vous avex sa, cher coufrère, que par une diaiKisition testameutaire formelle, Noël Gueneau de Miissy avait refusé les honneurs auxquels lui donnaient droit ses titres scientiliques et. la position éminente qu'il avait su prendre à la tète du Corps médical parisien. Chacun a compris et respecté la volonté dernière & cet homme si distingue à tous égards et, en même temps, si modeste et si courtois. Mais, en s'oppo^ sani à ce que des harai^ues officielles pussent affirmer, au nom des corps savants, toute l'étendue de la perte que vient de faire le monde médical, notre vénéré confrère ne soof^t pas à interdire k ses collègues, ni surtout à ses disciples les plus aim^, l'expression pubUque de leurs regrets non plus que l'hommage dû à sa mémoire. L'Académie s* Stem. T. XXIL

de médecine et la Société médicale des hôpitaux l'ont bien compris. Et nous devons aiyourd'hui & MM. Féréol ét Fernet deux notices biographiques que je tiens à vous sir gnaler, en vous engageant à les lire aux bulletins officiels de ces deux compagnies. C'est avec une vive émotion que l'on a écouté et applaudi ces deux âo^es si éloquents, parce qu'ils exprimaient dans un langage élevé des sentiments vrais et sincères; c'est avec respect que vous Urezce qu'ont dit de leur éminent maître deux de nos collègues les plus dignes eux-mêmes de considéralion et d'estime. Laissez-moi doue déroger aux habitudes que le défaut de place impose d'ordi^ aaire à votre Gazette et vous rappeler, après MM. Féréol et Fernet, ce qu'a été le médecin qui vient de disparaître.

Né à Paris en 1813... H. Noël Gueneau de Mussy eut pour père Philibert Gueneau deHussy, conseiller, et on pourrait dire fondatenr,avec Cuvier, Rover-Collarde^F^tajies.der^niversilé de France. Sa mère, femme ad^ dMAfiginelttillM gr&ces de sa personne et les charmes de son esprit qi» par

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H. Ferraa, en termes d'une courtoisie et d'une bienveillance qui auraient dû toucher un liomme vraiment convaincu d*aToir fait une découverte utile, de fournir aux membres de la mission française et lui adresser quelques échantillons de bouillonsde culture, le refus opposéàcettelégitimerequAte équivaut à un aveu d'impuissance. Ce n'est pas seulement parce qu'il conserve l'espoir d'exploiter seul, & son profit exclusif, un prétendu secret, c'est parce qu'il redoute le contrôle d'un savant autorisé et la condamnation de pratiques malsaines que M. Ferran persiste dans ses réserves. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire le résumé du rapport de M. Brouardel et l'exposé des conditions dans lesquelles il a trouvé le laboratoire oà travaillent, avec M. Ferran, un ingénieur, un avocat, un accoucheur et un jeune médecin. L'outilla^ scientifique de U. Ferran est tel qu'il a dû lui être impuaaible d'étudier sérieusemeot tes conditions de genèae et d'évolution des bacilles (i). Les réponses du médecin espagnol aux questions qui lui étaient posées par des savants habitués aux recherches d'histoire patbetogique ont été ausu coDl^icloireé' que peu' conformes à ee qu'il avait annoncé précédemment. Ses procédés d'inoculation sont des plua rodimentaires. Les statistiques, si incomplètes et si inexactes qu'elles soient, prouvent que deux inoculations ne mettent  l'abri ni de l'infection cholérique ni de la mort après une atiaqne de choléra. Il faut donc «draettre que H. Ferran se dérobe parce qu'il est loin d'être certain des résultats qu'il annonce. Or, eonune le dit fort bien H. Brouardel, c pour entreprendre de semblables travaux, il faut que l'honnêteté complète, absolue de l'homine ne puisse être discutée, et ici l'honnêteté est plits rigoureuse qu'en tonte antre occasion ; elle consiste à ne rien ign<»rer de tout ce qui peut compromettre la vie de son. Miphlable, i posséder une instruction technique complète, k ne rien avancer sans l'avoir soumis au contrôle de tous. Plus les problèmes tou> cheot de près à la vie humaine, plus la méthode scientifique doit être parfaite, plus le savant doit être armé ».. M. Ferran ne Ta pas compris. Il prétend profiter jusqu'à la fin de l'épidémie régnante de la confiance aveugle de ses compatriotes. Or dès l'instant ou .il s'agit d'une entreprise dont il ne nous convient pas de discuter la valeur commerciale, et non plus, comme ii était permis de rei|>érer, d'un si^et scientifique, il ne doit plua en être question lorsqu'on s'adresse à des méde-

(i) Htat a|ip«l»«« «ptfciilMMal, k ee niet, l'aUMtton wr «m mU ào II. Gul- %tmi, qsi est nentivante en Conple raïulv de l'Acaddiuie et qui M» publiée

son caractère et ses hantes vertus, était la fille du professeur lÛlé. Son oncle, François Gueneau de Hussy, était médecin de rHêtei-Dieu et membre de l'Académie de médecine. Il Uit directeur de l'Ecole normale supérieure. Parmi ses ascendants nous trouvons encore Lorn^ l'un des médecins de Louis XV, et dans un antre ordre «rillustralions un certain nombre des grands peintres de l'époque, tons les Hallé, Largillière, Restout, Jonvenel, Fremin, Delafosse. c Nous verrons à ce propos, ajoute 51. Féréol, que les lois de l'atavisme n'ont pas menti. Notre collègue ne fut pas seulement un savant, il veut eu lui un artiste. » Enfin Gueneau de Hussy descendiait de Voltaire et de Bufibn. c Toute cette hérédité était pleine de promesses; l'avenir devait les réaliser. > L'éducation première qu'il avait reçue non moins que les fortes études scolaires qu'il poursuivit sous la direction de maîtres distingués ne pouvaient, en effet, manquer de contribuer à assurer plus tard ses succès comme médecin. On se demande parfois, même parmi nos confrères, ponrqooi ai

ttÉDÉCiNE Et DE GâtRtiRGlE iû ivtuxj 1885

cins qui savent se méfier des médicaments secrets et de leurs inventeurs.

— Au début de la séance, l'Académie avait élu, k U presqu'unanimité, comme membre titulaire dans la section d'hymne et de médecine légale, notre distingué c<Mifrère et ancien colhiborateur H. Vatlin.

— On a entendu ensuite la lecture de diverses communications faites par NH. Polaillon, Durozier et Doyen (Voy. p. 459 et 461).

L« k««hrteeéplMl«, mmm MwetopfflMM, m ■rtgwrtl— i. mm MstrIWUM gé*gr«phHi»e et m praphytasls.

Pendant de longues années, la pins grande confusion a régné dans la science au sujet des cestoldes parasites chez rhoffime ; les diverses espèces étaient confondues, et depuis peu d'uinées seulement la lumière a commencé k se faire; ainsi ce n'est qu'en 1855 que, grftce aux recherches de Kfu^heneister, te ténia soUum et le ténia iueme ont été reconnus comme deux espèces di^nctes. Le bothrioc^ile, déjà connu de Plater et de Spigel cqrome un ver dilTénnt du lénia, n'a cependant été bien étudié que depuis «ne vingtaine d'années; sous le nom de bothriocéphale on confondait d'ailleurs deux espèces, celle qoe Breouer a apt^lèe Bolhrioeephalus latus et une autre à laquelle Davaiee s donné le nom de Bothriocephatus cristatus. Cest en effet notre regretté Davaine, ce savant laborieux et modeste, qui a découvert et décrit cette dernière espèce.

Les phases par lesquelles passent les cestoldes sont hien connues pour un grand nombre d'entre eux; pour ne parler que des ténias, on constate ré^iiii^ment ches eux une phase agame pendant laquelle ils vivent enkystés dans les cavités séreuses ou le parenchyme des oignes et une phase sexuée pendant laquelle ils vivent dans l'intestin, c'est-idira dans une cavité tapissée par une muqueuse. On pouvait donc à priori accepter qu'il àùl en être de même pour le bothriocéphale; cependant quelques auteurs^ en particulier Knooh, de Saint-Pétershourfr, «Imirent, aur la foi d'espériences peu concluantes, que ce ver était susceptible de se développer directement. Ainsi le savant russe faisait avala k des chiens et à d'antres mammifères des œnb et des embryons de bothriocéphale, et il trouvait, en sacrifiant ces animaux, des bothriocéphales adultes dans leur intestia. Ces expériences, reprises en Allemagne par Leockart et autres, ne donnèrent aucun résultat. Leuckart aiala lui-même des

rapide et si brillante est la carrière de quelqnes-ans — je ne parle ici que de ceux qui restent scrupuleusement honnêtes — alors que d'autres, parfois plus savants, souvent plus dévoués à leurs malades, aussi cooscienweux, aussi attentifs, attendent de longues années la prospérité matérielle siuon la fortune. Qu'on y regarde de pna et souvent Ton verra que les qualités personnelles de l'hemme ont, A eet égard, autant d'influence que la science médicale ou lesvertns professionnelles. Noël Gueneau de Hussy était bien doné, à tous les points de vue. Artiste, il savait goûter et aj^écier les œuvres qui élèvent r&me et en parier de manière à intéresser tous ceux oui l'écoutaient; littérateur et poète, il donnait un tour cnarmant à ses conversations aussi bien qu'à ses écrits; homme du monde, il parvenait mieux que personne à imposer à tous, même à ceux qui ne jugent des gens qne sur 1 apparence, le respect de la profession médicale. H. Féréol a su tracer de ce médecin émineot un i)ortrait frappant de ressemblance et que je tiens àVeproduire.

10 Juillet 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDEGIME ET DE GHIRUR^E

œufs sans résalut; de même l'helmiathologiste italien Grassi. Du reste» une objection capitale am expériences de Knoch, c'est qu'il n'a pris aucune précaution pour soustraire les animaux en expérience aux chances d'infection par toute antre Toie; et comment aw«U-il pu les y soustraire, puisqu'il ne connaissait pas l'hAte intermédiaire qui loge la larve du bothriocéphale ? N'oublions pas cependant que c'est i Knoch que revient l'honneur d'avoir reconnu la première phase du développement du bothriocéphale; les ceufe placte dans de l'ean pare se transforment au bont d'un certain temps en un embryon cilié sphériqne, hexa^ canthe, qui perd finalement son revêtement ciliaire. Knoch chercha dans les animaux les plus variés la phase corres* pendante au cjsticerque des ténias sans réussir k rien découvrir. C'est alors qu'il supposa que le développement du bothriocéphale pouvait Ôtre direct.

Certes les moyens employés par la nature pour propager les espèces sont infiniment variés^ et l'idée de Knoch n'offrait rien d'ibsnrde. Il était peu logique, cependant, de penser que seni le bothriocéphale, parmi les cestoldes, fit exception à la règle générale. C'est ce que pensèrent Lenckart et beaucoup d'autres. L'opinion la plus générale était que l'hête intermédiaire devait être nn poisson. D'auh^ le niaient, et les idées étaient loin d'être fixées il y a peu d'années. Voici ce que disait i ce sujet Ch. Vogt dans une conférence lue au Congrès international des sciences médicales de Genève en 1877 : c Tont ce que nous pouvons dire jusqu'à présent, c'est qu'on ne peut se donner le bothriocéphale en maniant du poisson, comme on le croit vulgairement. > C'était catégorique, comme on le voit. Il ajoutait : < Il est vrai que nos truites, nos féras, ont én général leurs intestins farcis de bothriocéphales ; dans chaque appendice pylorique se trouve fixée une tête, tandis que le corps s'allonge dans l'intestin grêle du poisson \ mais ce sont des bothriocéphales adultes d'une espèce fort différente et nous savons bien qu'un ver adulte de ce genre ne peut passer tel quel dans l'intestin d'un autre adimal. L'histoire du bothriocéphale est donc entièrement Clragmenlaire à l'heure qu'il est; il est probable que ce sera un heureux hasard qui conduira un jour an expérimentateur sur la piste vainement cherchée jnsqn'i présent »

Cette piste, c'est Braun, de Dorpat, qui l'a sinon découverte, du moins suivie avec persévérance jusqu'au jour où le succès a couronné ses efforts Partant de cette donnée (pie Cous les animaux susceptibles d'être atteints de bothrio-

céphale sont iehlyopbages et de ce fait bien connu que de formes jeunes ou des larves de diverses espèces de bothriocépbales se rencontrent fréquemment dans les poissons, il eut ridée d'examiner les poisson» qui arrivent sur les marchés de Dorpat et constata qu'effectivement le brochet et la lote sont hantés par des bothriocéphales agames. Ces larves étaient engagées dans la paroi de l'inlestin et souvent leur extrémité postérieure pendait librement dans, le tube digestif; elles se trouvaient en outre dans tes muscles et les organes génitaux, le foie, la rate, etc., pù \*oa retrouvait même des traces de leur passage ; elles se présentaient toujours sans enveloppe on capsule advenlivei et avec leur tête invaginée. On trouvait dans un même brochet de dix k cinquante de ces larves, longues de 3 à 3 «entimètres. La lote parait héberger même un plus grand nombre de cee vers. Or la consommation du brochet, qu'on mange généralement mal fumé, est très grande à Dorpat, et celle de la lote plus grande encore à cause de la modicité de son prix. Il paraissait donc naturel de supposer- que c'était >Ià4>'orîginedu JMthriooéphale ai fr«]uent è Dorpat; Saydlowskt (Diss. Dorpat, 1879, p. 51) a trouvé en effet des œufe de bothriocéphale dans 10 pour 100 des selles examinées.

Restmt à démontrer que les larves trouvées dans les mus* des «lies organes du brochet et de la lote conslitoaieut réellement l'une des phases du Botkrioeephalw iatu$t en d'autres termes, que portées dans le tube digestif d'un mammifère, elles prennent la forme sexuée. Braun opéra sur des chiens et des chats, qu'il débarrassa préalablement au moyen de kamala, de kouseo ou d'nn antre vermifuge énergique, de tont parasite intestinal. Après les avoir infectés avec des embryons de bothriocéphale, il les soumit k une alimentation d'où toute chance d'infection par ce parasite était exclue daos la mesure du possible, et constata le développement dans leur intestin d'exemplaires adultes d'un ver présentant tous les caractères du Bothrioc^kalus kUwtt mais de taille nn peu plus petite. Il est extrêmement pro' hable qu'il ne s'agit là que d'une variété plus petite dn bothriocéphale de l'homme : simple question de milieu !

Bollinger a retrouvé depuis la larve du bothriocéphale dans le lavaret. U est très probable qu'on la découvrira encore dans d'autres poissons.

Notons ici une particvlarité remarquable, c'est que Braun n'a jamais trouvé, chez les poissons qu'il a examinés, de jeunes bothriocéphales aiHlessous d'une certaine taille (20 millimètres), même à la loupe et an microscope

v Sa personne, dit>il, attirait et retenait les regards. Grand, d'allnre aristocratique, le front haot et d^^i, b figure us peu triste et méditative, l'œil d'na bien clair singulier, très enfoncé sons nn sourcil inséminent, il avait dans ses dernières années laissé pousser toute sa barbe, à l'aHiéricaioe d'abord (quelque peu par suite d'un enthousiasme tout théorique pour frère Jonathan^ qu'il n'avait jamais connu que de loin, et qui, j'imagine, l'aurait quelque peu désenchanté, de plus près), puis ensuite à l'italienne, ce qui lui donnait quelque ressemblance avec Hichel-Ange ; raaalogie était augmentée par une coiffure qu'il avait adoptée contre les courants d'air qui hantent beauconu trop la salle de nos séances, coiffure très confortable d ailleurs, et en même temps artistique, car elle était calquée sur celle qu'on voit souvent dans les peintures italiennes de la grande époque, et notamment dans les portraits de Dante. »

Rapprochons immeoialement de ces paroles ce oue H. Feniet dit de son maître an point de vue moral : c L é-

lévatimi du caractère de H. Queneau de Mus^ iropoMit k tous ceux qui l'ont approché un profond respect. On ne smi* rait porter plus haut qu'il n'a fait le sentiment de la diçnilr de l^omme et de celle du médecin, et ce qui rehaussait en hii le mérite de celte qualité, c'est au'elle était associée à une affabilité exquise. Son esprit si cultivé et ouvert à tout ce qui est grand et oeau, donnait à sa conversation un chume infini et la passion qu'il y apportait donnait à sa parole une chaleur communicattve. Quand son cœur laq^e et bon s'était une fois donné, il ne ménageait plus les preuves de la fidélité de son attachement; on pouvait toujours faire appel à sa bienveillance, et il se montrait en toute circonstance empressé à se donner généreusement.

* Avec de pareilles qualités, la carrière professionnelle de H. Gueneau de Hussy ne pouvait manquer^'être belle ; elle fut brillante La distinction de. ses muièmeHfHjiCf lï^ de son caractère, jointes k sa ré^iiiili^WMfa^t^ médecin, lui .avaient acquis de bonne heure une clientèle

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en d'autres termes il n'a tu aucune forme intermédiaire entre l'embryon et la larve arrivée aux dimensions indi^ quées. Il a été amené par là à supposer que les poissons eux-mêmes ne s'infectent pas directement avec les œufs du bothriocépbale, mais avec des larves renfermées dans un premier h6te encore inconnu. La difficulté se trouve ainsi reculée, mais non tranchée. L'avenir nous apprendra sans doute ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette opinion. En tout cas l'intercalation d'un troisième h6te est une complication qui n'a pas encore été observée jusqu'à présent dans le groupé des cestoldes.

Les recherches de Braun éclairent d'une nouvelle lumière ce qui pouvait paraître bizarre dans la distribution géographiqoe du bothriocéphale. Ce parasite se trouve généralement cantonné autour de certains laes, sur le bcnni de certaines mers comme la Baltique, etc.

Sa patrie classique est la Suisse française, la région des lacs de Genève, de Neufch&tel, de Morat et de Sienne ; jadis, à Genèvci 25 pour 100 des habitants en étaient atteints ; au^ jonrd'hui, d'après Z&slein, les habitants des bords immé^ diats des lacs sont porteurs du bothriocéphale dans la proportion de 10 à 20 pour 100; sa fréquence diminue graduellement lorsqu'on s'éloigne des lacs, et à une distance de plus de cinq lieues il est très rare; on n'en observe plus que des cas sporadiques, comme du reste dans les départements français limitrophes; sur les bords des lacs de Luceme. de Zurich, de Constance, il est également rare. En revanche, de l'autre côté des Alpes, près des grands lacs du nord de l'Italie, il parait se rencontrer quelquefois (Perroncito).

Le second foyer important est constitué par les bords de l:i Baltique, particulièrement du golfe de Bothnie ; la Finlande et la Suède sont particulièrement hantées par ce parasite; dans la province de Norrbulten la moitié de la population en est atteinte, à Haparanda il n'est pas un toit sous lequel ne demeure quelque porteur de bothriocéphale. La fréquence de ce ver est bien moindre déjà à Pétersboui^ où elle est évaluée à 15 pour 100 de la population, à Dorpat oû elle est de 6 à 10 pour 100 et à Riga où ce parasite se présente à peu près dans la même proportion. Le bothriocéphale diminue notablement en Pologne, dans la Prusse orientale, en Poméranie et en Danemark; dans ce dernier pays, d'après Krabbe, il ne constitue qu'environ 9 pour 100 de tous les cestoldes observés. Quelques cas paraissent avoir été observés en Hollande et en Belgique; mais Van Beneden n'en dit rien, Wallher van Dceveren, au

étendoe où il comptait autant d'amis que de clients. Il portait la générosité jusqu'au désintéressement le plus absolu et trouvait dans le service rendu sa principale récompense. Très recherché comme médecin eonsnitant, il considérait comme nn grand honneur d'être appelé par ses confrères, et tout en leur apportant le précieux concours de ses lumières, il se montrait très soucieux de sauvegarder leur situation et de ménager leur susceptibilité, i

Un mot encore à ce sujet. Gueneau de Hussy ne se contentai! pas de sauvegarder la sitnation et de ménager la susceptibilité des médecins qui l'appelaient en consultation ; il s'appliquait encore à toujours être juste et même bienveillant envers tous ceux qu'il tenait pour dignes de remplir consciencieusement leur devoir professionnel, c Un des plus beaux traits de son caractère, a dit H. Féréol, était la passion de la justice ; il poussait jusqu'à l'extrême les scrupules de sa conscience. * A mon tour je pourrais citer des exemples de cette scrupuleuse justice. Qu'il me suffise d'in-

siècle dernier, disait simplement qu'il a plus souvent observé le ténia à segments allongés, mais il n'a affirmé nulle pari avoir vu le bothriocéphale (Huber). Il n'y a rien d'extraordinaire du reste à ce qu'on y ait observé quelques cas isolés tout comme en Allemagne, en Autriche, en France, en Aagleterre et en Irlande.

Depuis une dizaine d'années, le bothriocéphale a fait son apparition dans la Haute-Bavière; les premiers cas entêté observés par Ziemssen (1876) et par Bino (1878) sur ileai personnes qui n'avaient jamais quitté la ^le de Hnnicli, sauf l'une d'elles qui avait fait un court séjour sur les bords du lac de Starnberg; Bollinger, qui a publié la relation de ces deux cas en 1879, en rapporte aujourd'hui six aatres, dont le dernier observé en 1880. U s'agissait toujours de personnes qui n'avaient quitté Munich oa ses «virons qie depuis un temps plus ou moins long et dont qudques-nan, cinq sur huit, avaient fait des séjours auparavant sar les bords du lac de Starnbei^; mais à Munich on minge les poissons péçhés danç.ce l%c, brochets etlavarels; Ipiff porte a croire que ce lac a été infecte, souillé probablem^ p»r les déjections de voyageurs porteurs de bothriocéphale. Or on sait que les selles des personnes atteintes de ce parasite sont très riches en œufs, contrairement à ce qui arrive pour le ténia solium et le ténia inerme. Quoi d'étoanant après cela, que les poissons du lac soient infectés de larres de bothriocéphale et que les personnes qui en nangeot à Munich prennent ce parasite ?

n y a donc actuellement, dans la haute Bavière, un foyer d'infection par le bothriocéphale en voie de formation, et ce parasite peut y être considéré dès maintenaal comme autochtone. On peut prévoir qu'il en sera ponr Munich des brochets et des lavarets du lac de Stamî)^ comme il en est pour Dorpat des brochets et des lotes des lacs Peipous, Virzjerv et Embach.

Là ne se bornent pas les prévisions qu'on est antorisé à faire; les poissons frais des grands lacs sont transportés à de grandes distances ; ceux des lacs de la Suisse vienoentà Francfort et dans diverses grandes villes de rAliemagnc; ceux des lacs de la Lîvonie sont probablement transportés à Moscou, où l'on obsMYe le bothriocéphale. D est pwsible du reste que des poissons des eaux saumàtres on même des poissons de mer soient infestés de larves de bothriocéphale ; ainsi le lavaret du lac de Starnberg qui est certainement le Coregmut fera Jnr., le férm des Genevois, est voisin du CoregMUi murœita Bloeh du lac Peipow; celui-ci a été

dlquer qu'à plusieurs reprises, consulté sur le choix d'oi médecin par diverses personnes dont la clientèle pouvait paraître enviable, il n'hésitait pas à taire ses préférences personnelles pmir dire du bien oe cortains de ses jeunes coO' frères, à qui il ne devait rien, qui longtemps ont ijpuné ce qu'il avait fait pour eux, et qui n ont dù qu'à son estime cette marque de bienveillante justice.

Je n'ignore pas, cher confrère, oue ces traditions de bienveillance même envers des médecins étran^rs, a» moins par leurs études premières, à l'Ëcole de Pans, existent depuis de longues années et que parmi nos maîtres, parmi ces médecins éroinents dont la légitime autorité s'impose un peu partout, je n'en connais pas qui ne se montrent généreux et courtois lorsqu'on les sollicite d'apprécier U valeur morale ou professionnelle d'un confrèn nonnète et laborieux. Il n'en est pas moins vrar^te-UJ^lBf^}*'^^ ^ Gueneau de Hussy éUit c g&a«^, NmTMfelm w>l ea ne composant jamais avec le mal quand il Pavai tïonstalé. < On

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GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MtDECINB ET DE CHIRURGIE

trouvé porteur de larves ebkfsiées d'autres espèces de bothriocApbales; rien ne prouve qu'il n'est pas susceptible d'héberger la larve de notre bothriocéphale, et pourquoi n'en spniil-il pas de même du Coregonus lavaretus L. {sensu strieto)f si voisin de ces deux espèces, quoique marin. Or il est prouvé que dans la province de Norrbollen, en Suède, les habitants des bords immédiats de la mer sont seuls ateints du bothriocéphale et dès lors il faut bien supposer que ce sont des poissons marins, lavarets ou autres, qui leur apportent ce parasite.

Quoi qu'il en soit, l'ère géographique du bothriocéphale est destinée à s'étendre grftee aux transports par voies rapides ; d'une part, parce que les poissons infestés sont transportés au loin, d'autre part, parce que les personnes porteurs de bothriocéphale peuvent par leurs déjections aller souiller des localités indemnes jusqu'alors. C'est précisément ce qui est arrivé pour le lac de Starnberg, en Bavière, dont la situation |ùttoresque attire les touristes depuis un certain nombre d'années et les engage à un séjour prolongé sur ses rives.

Ndus terminerons par la relation do cas suivant mentionné par Stein: il s'agit d'un juif de Francfort qui souffrait de ténia depuis des années ; comme le malade suivait strictement les principes de sa religion et ne mangeait ni porc, ni chair saignante, le cas parut embarrassant jusqu'au jour où il fut démontré que le parasite qu'il hébergeait était un bothriocéphale. Pressé de questions, ce malade finit par se rappeler qu'il avait passé, quinze ans auparavant, deux ou tnus jours dans la Suisse françaûe à l'occasion du mariage d'un de ses parents. D'après Stein, c'est è ce moment qu'il aurait contracté le bothriocéphale. Ne serait-ce pas plutôt & Francfort même ? On sait combien les juifs sont friands de poissons ; or, comme nous l'avons dit, des poissons venus de la Suisse arrivent couramment sur les marchés de cette ville, particulièrement le féra. Qooi d'étonnant alors que par-ci, par-là il y ait un poisson infesté et qu'il communique son parasite à rhoromc qui le dévore?

La prophylaxie du bothriocéphale, d'après ce qui précède, se réduit à peu de chose ; mais ce peu de chose suffira pour enrayer sa marche envahissante. Puisqu'il est démontré que ce n'est pas par Teau ou par les plantes aquatiques, cresson, etc., qu'on acquiert le bothriocéphale, mais que c'est par les poissons, il suffira de prendre la précaution de ne servir ceux-ci que bien cuits et surtout d'éviter de manger, k l'exemple des gens de Dorpat, des brochets mal fumés.

Gomme on le voit, les résultats acquis, gr&ce à la découverte de Braun, sont importants. Hais il reste encore beaucoup à faire tant pour compléter l'histoire du développement du bothriocéphale que pour reconnaître toutes les espèces de poissons soit des grands lacs, soit marins, qui peuvent héberger la larve de ce parasite. Alors seulement la prophylaxie sera réellement efficace pour combattre cette affection vermineuse qui constitue un vrai fléau pour les Finlandais et les Suédois riverains du golfe de Bothnie.

BiettoARAPHiE. — Braun (Max), Ueber die Herktmft vo» Boikriûcephalut lotus, in Virchow's Arckiv, Ikl mXVHI, p. 119, 1882. — Du même, 2ur EtUwiekelHmgsgtsclùehte der brsUen Bandwumus {Bothrioetphahu laiui hnma.). Wbriburg, 1^83, in-8>. — Stein (5.-T.), Die paroMitàrm KraMsitm de» MenscAm. I. EnUcickel. h. ParasUismus der fuentcM. Cestodem, etc. Labr, 188S, in^«, fig. et pl. — Bollinger, Usher das maocktmu Vorkommen des Botkrioeephatiu in Mtneken, in Deuiàches Arehiv. f. klin. Siedicm, Bd XXXVI, p. «77, 1885. — Hiiber, HetmitUkoîogiêChe Notizm, in ^rztl. IntelligsnzMatt,

iMS,p:'7«. ■ •' ■

' L. HARir.

TRATA1IX ORIGINAUX

Dd HVŒD&HK et de SBS HODIPICATIOHS chez les CUOLÊiUQDIÏS,

par HH. E. Jkanselmb et H. Lehmoybz.

On connaît l'espèce de crête ou bourrelet que Ton provoque en pinçant le biceps entre deux doigts ou en le percutant transversalement avec le dos d'un couteau ou le talon d'une cuillère. On sait également aujourd'hui que ce phénomène, regardé autrefois comme morbide, peut être reproduit sur tout individu sain, et que s'il est parfois impossible d'obtenir un bourrelet visible, il est toujours facile d'amener la formation d'une légère saillie sensible au doigt.

Cette contraction locale est donc, contrairement à l'opinion ancienne, un phénomène constant, observable sur l'homme sain comme sur l'homme malade, mais son degré d'intensité est susceptible de nombreuses variations, et l'on peut dire, sans être taxé d'exagération, qu'il existe presque tous les intermédiaires entre le m;rœdème normal et le bourrelet colossal de quelques maladies. Le phénomène en question s'exagère surtout dans certaines affections qui toutes ont pour caractère commun d'amener un aCTaiblissement rapide et très prononcé des forces : aussi e8^ce dans les

était surpris alors de rencontrer chex cet homme, d'une politesse exquise, des mideors qui allaient jusqu'à la brutalité. >

Je ne vous parle point, cher confrère, des œuvres scientifiques de ce professeur — on peut lui donner ce nom bien qu'il D'en ait pas obtenu le titre officiel — qui a laissé tant de bonnes leQons cliniques sur une série de sqjets qu'il avait étudiés avec une attention toute spéciale cl qui les a réunis en oualre volumes d'ua.si réel intérêt. La GaxeUt, on vous l'a dit, a rendu compte, avec la plus sympathique déférence, de ces œuvres d'un vrai clinicien. Lises d'ailleurs la notice de U. Femet. Vous y verres comment un médecin laborieux sait concilier les exigences de la pratique la plus étendue avec les travaux qui nécessitent de longues méditations et les publications utiles. Je n'ai pas voulu écrire ici une nouvelle notice. Je ne tenais qu'à vous dire combien était digne des louantes que sa mort a inspirées < l'homme èminent et

bon, le médecin distingué et supérieurement honnête que nous venons de perdre a. :

— Vous souvenex-vous encore, cher confrère, des nouvelles désolantes qne l'on prétendait avoir reçues, il y a quelques mois, du Tonkin et de Formose? Je n'y avais pas ajouté foi, et c'est à peine si la Gazette vous asignaté quelques articles médicaux publiés par un journal sérieux, et qui seuls méritaient l'attention. Encore, vous aHea en juger, étaient-iU eux-mêmes trop pessimistes. Je me siiis gardé de vous dire que le choléra était à Fbrmoae. Combien, de jours notre petite armée lui eât-elle résisté? Je ne vous ai pas dit non plus que le typhus décimait nos troupes. U.'aurait fallu admettre qu'il avait été créé volontairement et de tontes pièces, j'ai donc laissé certains journaux politiques — qui continuent d'ailleurs à accueillir ces nouvelles — faire (^e belles phrases sur des maladies imaginaires, et je me suis adressé à un de nos collèguos les mieux à même de vous dirè la- vérité» La

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états adynainiques, dans la Bèvre typhoïde en particulier, que le myœdérae a été le plus recherché et le mieux décrit, mais nous verrons plus loin que le résultat est absolument le même quand la cause de la prostration des forces est une affection locale au. lieu d'une maladie gén^r&le.

C'est dans la période alinde du ctoférii qaé le myœdëme nous a paru le plds Tolumineux, il prend dans ce cas des proportions véritaolément colossales et peut être quelquefois retrouvé sur presque tous les muscles superficiels (t). C'est qu'ici en effet totit concourt é l'exagération du phénomène : la peau flasque, sans élasticité, très amincie par la perte «onsidérable des liquides interstitiels, se. moule exactement sur le muscle sous-jaceut, qui n'est plus séparé d'elle par une épaisse couche celluleuse. Le muscle lui-même se trouve aussi dans les conditions les plus propices à l'amplification du mvœdème, car dans nulle affection peut-être la prostration n est aussi profonde que dans le choléra. Enfin il est naturel d'admettre que les muscles des cholériques étant spontanément agités par des crampes, une cause provocatrice quelconque aura pour effet de réveiller cette tendance à la contracture. L'état asphyxique, le refroidisBeneQt péri-^ phérique intense, la soustraction des liquides, ne doivent pas être étrangeirs aux modiflcalions dn myœdème.

Quoi qu'il en soit de ces explications, passons mainlemant à l'étude du phénomène ; mais pour bien saisir en quoi consistent les différences imputables au choléra, il importe d'avoir auparavant un terme de oompandson; aussi déerirons-nous d'abord avec quelques détails le phénomène tel qu'il se manifeste chez 1 individu sain, et chez l'individu malade.

I. Voici comment les choses se passent chez un individu en pleine santé, vigoureux, bien musclé, dépourvu dégraisse sous-çulanée, quand on choisit le bicefu, muscle que nous prendrons comme type dans toutes nos descriptions (2).

Âu point excité par le piocemrat ou la percussion, surgit

<1) Ces ModiScstioiia n'ont pat été sIcMltfesJosqi'icf, <|ua non» MohUot; mw na las iww imrrfes iMDtloii»<M al dans. 1m tnïlH ebatfqali de phjrifllosi* (UxVBt, hMtrd, Betinif, U. ihinl), ei 4m Us 4mk «UabouMimà r.rticta

CkolAra oa 11 chapitre da physiologio noriBale ou paltudvgîque des muicles, ni dans le Irait)! do Griasinter, dÎ dans la Revue det tcieneet midieaUM.

(3) Afin d'éTitcr oa tout au noins d'atUnoer la deulanr praJnîte par la )^ce> nMBt Gutand, il est *lila d'eadnire. la, région sur laquelle dok porter TaxcUation, d'an peu d'huile, d'eau de savon ou d'eau pure. Cette précaution est même nécessaire pour provenir les Bxcwiatioua quand plusieurs exeltatlont doivent porter enetoment an mAme niveau, quand, pur nemple, on te prapute de rcebenjber la marche da In htlgne dans un sepnenl uinscnUln. Il faut Mlar en outra do plucer les tronc* nerveux, Tuislas du bicepe, tels que le JuéiUan on le radial, et s'aaturer toujours, avant d'exciter lo muscle, que lui seul est compris entre les dolf U, sinon on s'exposa k produire des irradiattoas dooloDrausèi dans lu «h al las doltta. Quand «as paécautlon* na sont pas prises, wi saaiamantlet snjett se piiâLeat fnal aux expériaqeel,. Mai* en ouin leur nen&re lupdrlour ont agité par dea oionveineats réOexes qui déftsureni les résultais. Enfla cette donleur matqno complfeteineni la lenaalloo pénible et vague qol dans certains cas se prodnil dan* la prufondeur du muscle.

lettre que je reçois de lui est ancienne déjà. Elle date du 4mai.Cen estpas ma faute — c'est celle de la poste ou mieux encore celle du chemin qu'elle a eu à parcourir — si j'ai tardé à vous en communiquer les eonclosuMis. Celles-ci, j'ai hâte de le dire, sont des plus rassarantes. La seule maladie grave, celle que les reporters de journaux, mais non pas les médecins, ont successivement oualifiée d'empoisonnement par les eaux potables ou de choiera, est la fièvre tc^urique, la fièvre pernicieuse des pays chaiids, . déterminant parfois des accès suraigus rapidement mortels^ conduisant pies souvent encore à l'anénue palnstre. Ceux qui en sont atteints sont perdus en taat que fu»ls, mais ils restent saufs ou à pea près en tant que fusiliers, et, restaurés date dos hôpitaux on renvoyés en congé de ceavalescenee, ils peuiieot eaoora rendra fc lenrpays de signalés services. L'hnpuudisme, voilfc donc le fléau que nos confrères militaires ont eu surloat à combattre. Pouvaienl-ils y échapper alors que le Tonkin, foyer très actif d'irapaludisnse ea tei^a ordinaire, a vu» par

tO JinuAT 1885

immédiatement une crête peu volumineuse mais parfaitement visible; cette crête semble d'abord cheminer, pendant un temps à peine appréciable, suivant la longueur du muscle, elle atteint presque aussitôt son maximum de développement et s'arrête alors brusquement. Les périodes d'état et de déclin qui font suite à la période d'augment sont également très brèves. Dans ces conditions absolument normales, la durée totale du phénomène ne dépasse pas deux k qaatn secondes.

Kerenotts à présent sur certains détails qai n*ont pa tramr place dans la description sommaire que aou vouas de tracer : la crête, avons-nous dit, pendant sa très cetrte période d'accroissement, parait progresser à la manière d'une onde, elle semble naître non au lieu même de l'esdtation, mais à quelque distance au-dessus ou an-dessous de lui. Partie de ce point, la vague s'avance avec une rapidité progressive et en grossissant vers le siège de l'excitatioii, elle s'arrête alors brusquement et s'immobilise soQsformp de crête.

Cette promaîon dv nmBdèroe n'est ou'une illusion; en réalité oe n^t pas lui qai se lUplace, c'est le mniele lonl entier qui se transporte vers l'une on l'autre de tes insertions. En effet, comme Vi montré Auisrbadi, tout mude excité répond immédiatement par. une secousse muacnUin très brève ('Zuckung), et dans le cas où U y a prodnctin d'un myœdeme venant s'ajouter h la secousse musculaire, ce myœdème est entraîné par la secousse. Il suffît de miialenir solidement l'avant-bras en extension sur le bra» pour que la crête naisse, se développe et meure sur place.

Mais dans quel sens et vers quelle insertion se fera 1p cheminement? De nos expériences faites sur le tiers iafér rieur du biceps il résulte que le plus ordinairement la crête semble se porter vers l'insertion mobile. Voici quelle en est Texplication suivant nous : pendant le premier temps de U secousse musculaire, c'est-à-dire pendant la période de contraction qui succède immédiatement à Texcitalion, la crête n'apparaît pas encore ou du moins est encore trop faiblp pour être appréciable le plus souvent; pendant le seeonil temps de ta secousse, qui corrospend au retâchenteal du muscle, la crête s'est aecrtie safAsammentponr être visihu, et Tœil peut la suivre descendant vers riosertion mobile. Afin de rendre plus manifeste le phénomène, il suffit de provoquer une première crête (|ui servira de point de repère, puis de faire une seconde excitation i une distance coav^ nable de la première(l). Pendant le .premier temps de U

|1) C'est-à-dire à quelques centimUm da la preiMn. Si le* deux trêiN éUient trop npproehées l'une de l'aiilM, te forauthMi da la seconde amiaenii l> disparition ou tout au moins raawiiidriasoment de la pramlère ; si ha deux crrM étaient trop éloignée*, le regard ne pourrait pas aisément les embraisOT u iu'b^ temps.

les mmuements de twrain que néeessiteat les opérationB militaires, sa situation s'aggraver anssi rapidement? Aussi longtemps que l'on a opéré dans le beau delta que nous ont décrit les hommes de répopée tonkinoise, Ton n'a pas rencontré le» accidents graves de fimpaludisme. A partir d'Honghoa, de Kep, de Chu, on n'a plus trouvé de rixièiM fécondes, mais bien de vrais marécages. Alors est apparue la fièvre rémittente simple ou Inlieuse, quelq[nefois némaluriqw. Alors ont été observés les ace^ pernicieux, et parmi eux le fameux accès ebolérifbrme, déterminant parfois la mort subite. Les médecins militaires ne s'y sont pas trompés. La plupu't d'entre eux avaient connu en Algérie quelquesunes de ees fonaas morbides, ils avaient appris an Val-de- Gràce» par les leçons ai anterisées de leurs maîtres en épidénùologie, H; L. Galta et H. Kelsch, à ne pas coafoodre ees aceèa fébriles airec les maladies dontilsievétaiont le masque. Aussi les demandes de quinine oat-eHes immédiatement pris des proportions fantastiques. Bt, bien qo^J'aduiaislra-

iO JolUAT 48B5

GAZKm HEBDOMAdAIRK DK IIfiDlKimB ST DE ŒIRURGIB

seconde secousse fttijstiiililire, rien n'appanttt au siège de la seconde excitation, mais la premiAre erëte se porte vers l'insertion fixe d'une longueur proportionnelle au soulèveinent de l'avant-bras. Pendant le second temps de la secousse, celui du relâchement, celte première crête redescend vers riD8«rtion mobile, maiv eUe ne ohemine plus seule au retour comme i Taller, elle est accompagnée par la deuxième crôle, qui a êo la teaspa da ae foroMir «t qui daacaad-pafillètoinint à la première.

Les mêmes ;partteularUés peuvent, être étudiées sur le grand pectoral, le plus souvent l'oitde semble cheminer de l'insertion fixe vers l'insertion mobile, c'est-à-dîre vers le membre supérieur.

Dans quelques cas assez rares, qui confinent à la pathologie, on peut voir la crête partir du siège même de l'excita* tion et revenir ensuite à sa position primitive. Pour qu'il en soit ainsi, il est nécessaire que la secousse soit asse2 ralentie pour permettre l'apparition de la crête pendant sa période de contraction. ■

Mais c'est surtout sur le cadavre des sujets qui viennent de succomber qu'il convient d'étudier le phénomène, la secousse huisculAîre est tAots aufttaamment ralentie et le myoedème acquiert un volume plus considérable, deux conditions qui concourent à rendre Texameh plus facile.

Enfia il n'est pas très rare de voir la crête osciller de part et d'autre du point excité. Ces oscillations, surtout lorsqu'elles n'intéressent qu'une portion du bourrelet musculaire, reconnaissent pour cause les frémissemenls qui ac-^ compagnenl souvent les excitations un peu vives et prolongées, et en effet, c'est ordinairement après plusieurs expiations au même point qu'on observe ces oscillations. Quel-

auefois ces déplacements irréguliers-de la crête sont sous la épendance de mouvements réflexes qui viennent troubler le phénomène.

Ghec lea sujets povrvua d'embonpoint et chei ceux dont les miwclea sont atropliîéa «a seu développés, et |wr conséquent en* partîenlieir chex la femme où ces condilionB défavorables sont sonent réunies, le bourrelet devient inappréciable à l'œil et ne peut plus être constaté qu'à l'aide du doigt; cpluî-ci peut pour ainsi dire toujours sentir la crête trop faible pour soulever le tégument.

II. Voyons maintenant quelles sont les modifications apportées au myoedème par les maladies qui amènent ordinairement une grande prostration des forces. Nos recherches ont porté sur un assez grand nombre de maladies générales ou locales (1), 1^ dépouillement de nos observations nous

(1) HbamtidM irtlcyMre tign, 14 eu; tnberealoM pulmoiuiiro chnmiqiM, 14 eu; albtimilinrie, 8 cas; aiselloM canUMpiM, Se»; paanmoiile, ' 1 c» ; pleur^ile, 6 c«i; ptMro-pDflninoiiie, 1 cai ;'S&vr« typboîite, 4 eai ; embami citrique, 4 CM.

apprend, comme il était facile de le prévoir, qu'il est impossible de fixer une moyenne pour le volume et la durée dn mjcedème dans une affection donnée, ce qui revient & dire que ces modifications n'offrent rien de spècitfque. Hais il existe, an contrairev noe* relation très hette érïtre le volume et là durée du myœdëme d'affections très diverses et le degré d'épuisement des forces, à condition tonlefois que l'edynamie se soit produite assez rapidement et n'ait éas été accompa-

Snêe d'une atrophie musculaire notable. C'est chez les inividtas arrivés à la période d'état de la fièvre typhoïde, de la pleurésie ou du rhumatisme articulaire aigu prolongé, et en général chez tous les malades condamnés, pendant un certain temps, à une abstinence presque absolue ou à la diète lactée que les conditions favorables à Texagération du myœdème sont le mieux et le plus souvent réalisées, c'est dans ces affections que l'on rencontre les altérations les plus tranchées, aussi est-ce sur elles que nous copions la description que nous allons donner du phénomène.

Ici le myœdème n'apparatt pas au moment même de l'exoitatioD, entre les deux phénomènes s'éoonle an temps très court mais appréciable; la aecooase mnsenlaire, et par conséquent le coeminemanl sont plus étendus et moin» prompts; les périodes d'augment et d'état de ia crête s'effectuent avec plus de lenteur ; mais les modifications les plus remarquables portent sur le volume du myœdème, qui peut atteindre la grosseur du doigt, et sur la période de déclin, dont la durée, par rapport aux autres périodes, est con»dérablement accrue; la durée totale du phénomène atteint cinq à huit secondes en moyenne» et exceptionnellement jusqu'à vingt secondes, tandis que chez les sujets- dont les forces n'ont subi aucune atteinte, le phénomène tout entier se déroule en deux à quatre secondes (1).

En général, dans ces cas, la secousse moseuieire est assez violente pour soulever l'arant-bcas étendu air le bras d'nne vi^taine de degrés.

Parfois le sujet se plaint d'une sensation d'engourdissement profond siégeant dans le ventre musculaire; cette douleor,qne la plupart des sujets comparentàdes fourmillements et non à une crampe, ne doit pas être confondue avec la douleur cutanée et celle qui résulte de i'excitalion des troncs nerveux voisins.

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