‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 145 sur 228 · SÉANCE DU 1" SEPTEMBRE 4885. — PRÉSIDENCE DE M. BERGERON · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 1" SEPTEMBRE 4885. — PRÉSIDENCE DE M. BERGERON

11. I* doetmv Ê. Qulnqiutui MToic 4mi m^moIrM tat U chimie biolosiqus, pour le concoars du prix Baifoot de 1885. (Inscrits sous la n* 5.)

H. Bujariùi-Beùimets dépota un nrim^ de H. le docteur IfmeorM (de Hio-de-Janeiro) sw la ea^tteluohê et <om traitement par te réemiiu,

H. Larrey pnSseate un treimil de U. le docteur Vailin (d'Aoters), sur U procédé de perfeeUonnemait 4e U détartioutation du senmt.

, "DÉCÈS DE H. Magne. — H. le Président fait part du décès de M. Magne, membre titulaire dans la section de médecine vétérinaire, et rappelle ses titres aux regrets de l'Académie.

Choléra a Todloh. — M. Rochard, arrivé de Toulon la veille au soir, fait part de la situation cholérique à Toulon. C'est le 7 août que s'y produbit le premier cas, rapidement mortel ; on a constaté les jours suivants plusieurs cas mortels et le 20 août deux cas sont survenus ; depuis, l'épidémie n'a cessé de s'accroître, sauf dans ces derniers |ours où elle paraît stationnaire. L'an denier le choléra avait presque excluûvement sévi sur les classes pauvres et en particauer sur la population des ûiubourgs; cette année, au eontaire, les cas

sont disséminés dans toute la ville et beaucoup de personnes connues ont déjà succombé ; le choléra s'attaque même de préférence aux militaires et aux marins revenant des colonies avec une santé épuisée. D'ailleurs tout le monde y ressent plus ou moins l'influence cholériijue et chacun la subit i sa façon. Comme Tan dernier, la diarrhée prémonitoire est la règle, mais on observe aussi des cas dans lesquels l'invasion est brusque. La maladie affecte même un caractère inndiein qu'elle ne présentait pas l'an dernier; dans plusieurs cas, semblant bénins au début, la mort survient en qnelqaes heures, sans que rien ait pu la faire prévoir ; dans des cas très graves, le malade meurt sans réaction, sans lutte, et la guérison est loin d'être assurée, même lorsque la réactioa s'établit.

M. Rochard signale ensuite les succès obtenus cinq fois sur iA cas très graves par M* le professeur Rouvier, i l'aide des injections intraveineuses de chlorure de sodiua suivant la méthode indiquée par M. Hayem.

M. Peter objecte que H. Trostuor, l'an dernier, à l'hftpital du Pharo à Marseille, a subi 6 insuccès sur 6 cas où il i essayé ces mêmes injections ; de même, un autre médecinde Marseille a échoué 4 fois dans les mêmes conditions.

H. Rochard réplique que iO insuccès ne sauraieiU^ valoir contre les 5 succès qu'il a constatés de visu.

Choléra en Frange en 1884. — Au nom d'une Commission spéciale, M. Marey donne lecture du rapport qu'il a été charjgé de faire sur l'enquête faite par divers médecins sur l'épidémie cholérique en France en 1884. En réponse au questionnaire envoyé par l'Académie, celle-ci a reçu 183 dossiers contenant les renseignements fournis parles

médecins de pays atteints par l'épidémie; 78 ont dû ^ éliminés comme insuffisants ou comme faisant double emploi; 23 sont accompagnés de cartes ou de plans cadastraux. A l'aide de ces documents, M. Marey, aide de M. Toinot, interne des hôpitaux, a dressé un tableau synoptique oa'il

{ilace sous les yeux de ses collègues et qui sera publié oun e Bulletin,

Dans les 105 dossiers examinés, on trouve oue l'épidémie a débuté de plusieurs manières différentes. Elle aété im-

Çortée : par des personnes venant de localités contaminées, 2 fois; par des vèlemenls souillés de déjections cholériques envoyés dans une localité jusqu'aloi'S indemne, 2 fois; par de l'eau d'une rivière venant d'une région contaminéeet bue dans un pays jusqu'alors indemne par des personnes qui ont été les premières atteintes du cnoléra, S fois; et par causes inconnues, 25 fois. Quant À la propagation de li maladie, des vêtements souillés de déjectmns cholériques ont transmis 5 fois le choléra k des personnes qui les ont re^us; la transmission de malades à des genssainsquilesoot approchés et ont généralement vécu dans la même maison a été notée 93 fois; si l'on tient compte de ce fait que dans

filusienrs localités on a signidé des transmissions multiples, e nombre des pays où cette transmission se serait produite est de 45 ; les cas de choléra se sont montrés 29 fois disséminés dans la localité sans relations connues etitre les pe^ sonnes successivement frappées; enfin, certains pays ont présenté des foyers épidémîques, soit autour d'une première maison atteinte, soit le long d'un cours d'eau ou autour d'un puits contaminé ; on a constaté 16 fois ces cas. — Daj^ 14 des pays examinés les coutumes des habitants à Vis*^ du déversement des matières fécales ont été conformes lois de l'hygiène ; dans les 91 autres la malpropreté^ élail

f générale et partout les matières fécales étaient répandues i 'air libre. — 41 pays avaient des eaux potables impares,

17 des eanx suspectes et 47 de bonnes eaux. — 1^ fection des habitations contaminées^a été P][^1''^^f ^

18 ^S)nne8^qui*OTÎliî^ ^

4 âmNBRB i885 GAZETTE HEBDOBUDAIRB DB HÊDEGINB ET DE GHIRURGIS

eUes-mémes attointes. en i3 localités difiéreoles. Dans 23 dossiers a été signalée l'influence des orages et des pluies sur l'accroissement de l'intensité du choléra; on a noté 17 fois l'augmentation de Tintensité de l'épidémie; le nombre des atteintes n'a pas été accru après l'orage^ 6 fois ; la pluie a été suivie d'aggravation de l'épidémie, 4 fois ; elle a été sans effet, 1 fois, et elle fut suivie du décroissement de l'épidémie, i fois. Les antres influences météorologiques n'ont pas eu d*tction appréctable sur la marche du choléra en iSU.

Les localités dans lesquelles des épidémies antérieures de chol^ s'étaient déjà produites sont au nombre de 75; d'ailleurs l'influence des invasions du choléra dans les divers pays a beaucoup varié et 16 pays n'avaient pas été atteints par les épidémies antérieures. Dans 40 pays on a observé, avant l'apparition du choléra, des affections intestinales diarrhéiques et dans les 65 antres aucune affection intestinale ne semble avoir précédé l'invasion de la maladie. La diarrhée prémonitoire chez les individus atteints a été constatée dans 53 localités, mais la proportion des sujets qui en ont été atteints est difficile à établir ; dans les dos* siers envoyés^ on trouve que 2347 sujets ont eu de la diarrhée prémonitoire et 1308 n'en auraient pas eu (?^.

Des foyers épidémiques se sont formés 19 fois dans le voisinage de cours d'eau, canaux ou rivières; enfin, les pays sur lesquels portent les observations sont alimentés en eau potable de la manière suivante : emploi exdasif d'eau de source, 18 localités; de puits, 24; de nvîère,23; de canal, 5; emploi complexe d'eau de rivière et de source, 8 localités; de rivière et de puits, 5; de puits, de rivière et de canal, 3; de source et de puits, 3; de nvièreetdecanal, l;de rivière, de source et de puits, 1 ; de canal et de source, 1 ; de puits artésien, 1.

Le nombre des atteintes cholériques exprimées dans le tableau est de 3710, sur une population totale de 510546 habitants; le nombre des décès a été de 1580, celui des guérisons de 2130, soit une proportion de 5 décès par 12 cholériques.

Passant ensuite à la discussion et à la comparaison des données statistiques qu'il vient de signaler, ainsi qu'à l'interprétation critique des faits qui en découlent, M. Marey conclut ainsi qu'il suit :

1* Dans les régions de France d'oà sont parvenues les réponses des médecins, le choléra n'est apparu, en général, que provenant d'un pays contaminé antérieurement, car, dans les trois quarts des cas, celte importation a été reconnue, et pour l'autre quart l'importation est plus que probable ;

z* Si l'on s'en rapporte exdusivement aux conclusions contenues dans le rapport, le choléra se développe avec moins d'intensité dans les centres populeux que dans les petites localités; c'est donc une fâcheuse erreur oui, en temps d'épidémie, pousse les habitants des villes à s enfuir dans les campagnes ;

3° La malpropreté, en général, et surtout la mauvaise habitude de projeter partout les déjections humaines, est la cause dominante de la propagation de la maladie; car, en temps de choléra, les déjections d'un malade qui ne présente qu'une diarrhée l^ëre peuvent renfermer les principes du choléra le pins grave;

4" Le principe dn choléra est souvent transporté par les eaux somllées des déjections d'un malade, et c'est d'ordinaire en buvant ces eaux qu'on prend la maladie;

5' Les orages, qu'on voit si souvent précéder ou aggraver les épidémies de choléra, agissent en souillant les eaux potables, dans lesquelles sont entraînées les immondices répandues sur le sol;

6* C'est parce que les eaux potables y sont ordinairement bien captées et préservées de souillure que les villes offrent moins de prise à l'expansion du chotora; quelques villes

toutefois, alimentées d'eau de rivière, perdent h cet égard leur privilège ;

7" Pour toute localité, les quartiers les plus dangereux à habiter, en temps de choléra, sont ceux qui occupent les parties basses, voisines des rivières, et ceux oà 1 on consomme de l'eau dont la pureté est certaine;

8** La désinfection des maisons habitées par des cholériques, celle de leurs déjections, des linges ou objets souillés, pratiquée conformément aux prescriptions du comité consultatif d'hygiène, est une mesure préventive indispensable; elle semble avoir plusieurs fois éteint Tépidéroie A son début. Hais, pour être entièrement efficace, cette désinfection exige de la part des médecins une grande vigilance, car la méconnaissance des premiers cas de choléra et même celle d'affections cholériques fort légères laisse souvent se produire la contamination des eaux et la propagation de la maladie;

9* Les chances de contracter le choléra semblent accrues par la vieillesse, l'épuisement, la première enfance; mais elles le sont aussi par l'alcoolisme, la malpropreté générale et la n^Iigence des soins corporels;

10<* Une première atteinte de choléra ne semble pas conférer d'immunité, môme pour un tpmps fort court, puisque des récidives assez nombreuses se sont produites penoiant la courte durée d'une épidémie.

REYUE DES JOURNAUX

Bm traitement ap^rat«ire d« (oitre, par H. S. ROTTER.

— L'extirpation du goitre, rejetée par un grand nombre de chirui^iens, à cause des complications qu'elle entraînait, n'offre plus les mômes dangers depuis l'introduction dans la pratique de la méthode antiseptiaue. Lorsqu'il s'agit de tumeurs malignes du corps thyroïde, la mortalité est beaucoup plus élevée (60 pour 100) que pour les tumeurs bénignes (10 pour 100). Encore les récidives viennent-elles diminuer .le nombre de cas de guérison lorsqu'il s'agit de tumeurs malignes, de sorte que ceux-^i ne se chiffrent guère que par 8 pour 100. Ce chiffre, quelque faible qu'il soit, autorise, cependant l'intervention opératoire. D'une manière générale voici les indications de l'opération :

1" Lorsque le goitre menace de provoquer l'asphyxie, l'opération immédiate est nécessaire.

S" Si le goitre détermine une gène respiratoire assez grande pour empêcher tout exercice musculaire, l'opération est formellement indiquée.

3* Il en est de même si le développement de la tumeur est très rapideet ne cède pas à un traitement par l'iode ; différer, ce serait permettre du cèlé de la trachée la production de lésions qui pourraient compliquer la guérison ultérieure.

4' La gêne grave de la déglutition est une indication non moins sérieuse.

5** Il est des cas où l'on peut opérer sans que la vie soit menacée par le goitre ; ce sont ceux où il existe des fistules intarissables ou bien ceux où le goitre est extrêmement volumineux et empêche le malade de vaquer à ses occupations.

JiC grand âge ne constitue pas une contre-indication, pas plus que la cachexia strumipara; le crétinisme dépend, en effet, de conditions générales qui persistent après ropération; le crétin opéré est simplement débarrassé d'une tumeur gênante ou même dangereuse pour la vie, mais il n'en reste pas moins crétin. {Archiv fUr klinische Chirurgie, 1885, Bd XXXI, U. 4.)

mm traltaMMt ê» la «atida raeto-véïriMle «hcH l^homiM, par H. J. RoTTER. — Le seul traitement capable d'amener la cure radicale consiste dans l'avivement des bords et la suture pratiquée du cêté du rectum. Halheurausemcn tle ré^iltat n'est pas toujoura favorable. Dittel explique les insuccè» par : 1* l'impossibilité de protéger la plaie contre l'j^feo-

MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 4 Septembre 4885

lion; S" la structure anatomique et les fonctions du rectum, cet oi^ane diminuant de calibre par la contraction des fibres circulaires dans l'état normal, mais se dilatant avec force, au contraire, s'il est divisé longiludinalement, d*où résulte un écartement des lèvres de la plaie ; 3° l'accumulation de matières stercorales et de gaz.

L'auteur propose une autre explication : d'après lui, par suite de sa séparation de l'urètbre, la paroi antérieure du rectum est privée de soutien et est exposée à des déplaceftients et à des tiraillements, soit en avant par l'introduction tle la sonde dans l'urèthre, soit en arrière par raccumulalton des fèces. {Archiv fUr klin. Chirurgie, 1885, Bd XXXI, «. 4.)

Caittt ifmm ■■fl»rj«mn de Vmorim MMomlnale par I» !»• ^fAMMNile «« rintrvdHcHon d« Bl d'argent dena le Ba«.

— Snbs easais de cure d'anévrysme par coagulation du sang mi moyen de corps étrangers introduits dans le sac ont été tentés dans maintes circonstances. Moore, en 1864, s'est servi de fil de fer ; Sewis, en 1873, a employé des crins de cheval ; Bacelli, des ressorts de montre ; ScnrOtter, dans un cas rapporté récemment, a introduit dans un sac anévrysmal de l'aorte tboracique des crins de Florence à travers une canule, son malade mourut quinze jours après la seconde opération, d'œdème pulmonaire, et l'autopsie montra que le «ac était entièrement rempli de sang coagulé. La particularité intéressante du cas que vient de publier Loreta (de Bologne) consiste non seulement dans le plein succès obtenu, mais encore dans ce fait que l'anévrysme siégeait sur Taorte abdominale et que son traitement nécessita une laparatoittie préalable. Le malade, marin, âgé de trente ans, souffrait depuis deux ans. Un jour, en hissant les voiles de son bateau, il avait ressenti une violente douleur à l'épigaslre; dnraièiVMent it ressentit des battements dans le même endroit, bientôt il s'y ajouta des douleurs dans la région de l'estomac, s'accompagnant de troubles de la digestion, d'engourdissement et de sensations douloureuses dans les membres inférieurs. Ces phénomènes augmentant, le patient se décida à entrer à la clinique chirurgicale de Bo- U^M, L'examen révéla l'existence des symptômes suivants : homme pftie et émacié; à l'épigaslre tumeur pulsatile du volume d'une tête de fœtus à terme ; à l'auscultation, bruit de souffle prolongé se propageant dans le côté gauche du l'abdomen. En présence de ces symptômes on porta le diagnostic d'anévrysme traunwtique de l'aorte. La mort devant arriver dans un avenir procham, le professeur Loreta décida de faire la laparotomie dans le but de séparer le sac anévrysmal du courant circulatoirs. L'opération fut pratiquée te 18 décembre 1884. Une incision fut faite de I apophyse ensiforme à l'ombilic. De solides adhérences entre le péritoine, r^pipJoon et l'estomac furent détruites, le mésocdion fut ittdse, et les orçanes rencontrés furent écartés de façon h bien mettre à découvert la tumeur. Les parois de l'anévrysme étaient si minces qu'il était à craindre qu'une ligature jetée sur son pédicule n'en produisit ta rupture; alors . l'opérateur s'arrêta à l'idée d'introduire un fil métallique dans le sac pour déterminer la coagulation du sang. Avec un fin trocarl, il fit une ponction et par la canule introduisit une aussi grande quantité qu'il put de fil d'argent et de cuivre, en tout 2 mètres. L'ouverture de la poche fut touchée avec une solution concentrée d'acide phénique dans le but de faire resserrer les tissus, les organes abdominaux furent remis en place et la plaie delà paroi suturée. L'opération avait dore en tout une heure trois quarts. Le soir même, le 'malade ne se plaignit pas de plus grandes doulears qu'avant l'intervention, H put dormir très bien, ce qu'il n'avait pas fait depuis plusieurs semaines. Le 27 décembre, nen- ' vième jour, le premier pansement fut fait, la plaie était réunie par première intention. Les pulsations de la tumeur étaient à peine perceptibles, le brait de souffle très afhibli,

le sac manifestement diminué de volume ; les artères fânarales qui, avant l'opération n'offraient que de très faible battements, battaient maintenant très distinctement. VId^ jours après l'opération il ne restut aucune trace de palsition ou de soufOe, et le sac avait & peu près le volume d'nae noix. Le patient est aujourd'hui complètement guéri etpcai reprendre ses occupations. {The Bùtton MAftcal ani sur gieal Joumalj 9 avril 1885.)

■ysférolanile poar la eare radicale dm rétrétHamemm de l'erlBee im eol «Mrin (pla-hale, «a ortflee ea tm

d'^iaiie), par le docteur Robert Orhsbt. — Le mode d'opération employé par l'auteur a réussi dans les cas it dysménorrhée, mais il a toujours échoué dans la cure deli stérilité. Voici comment est décrit le manuel opératoire: c A l'aide du spéculum on reconnaît d'abord exactaneni l'artère du col. Les pulsations de cette artère sont toujours retrouvées par la palpation et quelquefois même onlescoD* State de vitn. On se sert indifieremment d'ua spécolDn 4t Sims on d'an spéculum bivalve. Il est toujours néeessiireilt redresser l'utéras et de l'attirer en bas. L'instrument doal on se sert pour faire les incisions est un bistouri Ion; étroit. L'utérus étant retenu au moyen d'un ténacolnm, te bistonri est introduit dans l'orifice externe du col, et od incise les lèvres lorsqu'on le retire. L'opération est répélN jusqu'à ce que la lame aille jusqu'à l'orifice intone. Quatre ' incisions de cette sorte sont faites dans différentes directions de façon à faire une section cruciforme. Les incisions doivent être pratiquées très profondément, car la lendaDce à Ii rétraction est très grande. Après l'opération ie col » bourré de coton styplique et un tampon est appliqué pout maintenir le coton en place. Un suppositoire awfeaaofiHi grain d'extrait d'opium est renouvelé toutes les quatre heures. La patiente doit rester dans son lit peoduit dix jours, l'orifice da col est quotidiennement dintéancaoe pince àpansement. Quand la cicatrisation est complète ei que tout danger de mébite est passé, un dilatateur atèiin est introduit et le col est dilaté jusqu'à ce que sa circooféren» atteigne trois quarts de pouce. Une seule dilatation surfit.* Le docteur Onnsby rapporte sept cas ainsi opérés. Dans ai de ces cas la température s'éleva à 101 de^s (Fahrenheii' Une petite poussée de cellulite pelvienne se manifesta cbei trois malades, mais chez toutes les trois il y avait eu qnelques années auparavant une inflammation chronique périutérine. Chez toutes d'ailleurs les phénomènes aigns s'ipaisèrent en quatre jours. (The meéical Record, 6 iuiu \>siâ, p. 628.) ^ ' ^

Traltemeat de la Tlellleaae. — Le proresseur HortM

Wood, dans une leçon professée à Philadelphia floSfHtii {Médical Reporter, avril) rappelle à ses élèves qse soarent les personnes k^èes viennent consulter pour sKm ti qu'elles ont à faire pour prolonger lear existence. K d égard il y a trois points plus spéciaux à considérer : 1* ^ personnes doivent se mettre soigneusement à l'abri d'ua' foule d'imprudences, qui trop souvent causent la mori * gens que l'on dit être décédés de vieillesse. Un maBi)f de prudence qui est sans importance pour un bonf jeune devient une cause de grand danger pour un vieillu Ces personnes doivent se garder de s'expoeer aux cliao^^ mentsde température, àl'humidité; elles doivent évitert les ébranlements du système nerveux; il leur faut passffi grand nombre d'heures au lit, etc.; 2* relativement au r gime, les aliments doivent être légers mais nutritifs ; to:' nourriture excitante doit èlre écartée; l'usage de laviai sera modéré. On recommandera à la personne de faire asi^ de préférence des aliments qu'elle consommait dans sav ordmaire. Un homme qai a comnieocé à prendre du U doit, dans les dernières années de sa vie, faire uaaçe ikt même aliment; 3** pour ce qui est des médic^f^ents, il v tni'

4 Skptbmbre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ST DE CHIRURGIE

deux qui sont irès importants pour les personnes &gées, à savoir l'alcool et l'opium. Si votre malade, approchant de quatre-vingts ans, peut absorber une certaine quantité d'opium, vous prolongerez dans la majorité des cas sa vie de plusieurs mois et même de plusieurs années. L*opium doit être employé avec beaucoup de soin, de telle sorte que le malade ne puisse pas rapidement en augmenter la dose, et comme il n a pas toujours toutes ses facultés, il est essentiel que le médicament soit administré par une autre personne. Quant à l'alcool, chaque malade doit en boire trois ou quatre fois par jour au moment des repas ; la fornce sous laquelle on administre l'alcool importe peu, eau-de-vie, whislty ou vins; ces derniers sont plus agréables au palais; en tout il faut consalter les goûts des malades. (Anuvsé tu Médical 2ïmM, 20 juin i885, p. 830.)

VértcardlM p^raleatei MpIratlMii ■>•■«, par M. F. Ra-

VBN. — i. C..., âgé de trente ans, charpentier, a toujours joui d'une bonne santé, lorsaue le 11 juin 1884 il est subitement pris d'une violente aonleur dans le côté droit et à répigastre, sans frisson. Le médecin le voit pour la première fois le 31 juin j il esLsérieuseOA^Dt ma^dff et très faible. Il se plaint d'avoir la respiration courte ei de n'avoir pas dé sommeil; douleur dans le cAté droit. La peau des mains est froide et visqueuse : pouls, 120; température, 98'',8 (Fahrenheit). Matité à la base des deux poumons et râles crépitants. Bruits du cœur faibles et indistincts. Le choc cardiaque ne peut être perçu. Aucun bruit de frottement péricardique; pas de souftles cardiaques; la zone de matité précordiale est considérablement augmentée; le foie est abaissé. On institue un traitement à base de digitale. Le 30 juin, le malade n'allant pas mieux, on pratique une ponction exploratrice, qui donne issue à du pus de nonne nature. Amélioration immédiate^ pas de bruit de frottement péricardique. De nouvelles

Fonctions sont pratiquées le 5 et le 12 juillet. On propose incision et le drainage du péricarde; mais le malade demande qu*on retarde cette nouvelle intervention. Il meurt une semaine après la dernière opération. A l'autopsie, on trouve un péricarde épaissi contenant plus de deux pintes de pus tenant en suspension des masses floconneuses; la surface du péricarde est rugueuse; il existe une ancienne adhérence, constituée par du tissu fibrineux, entre la pointe du cœur et son sac séreux. Le cœur lui-même est sain; les deux poumons sont engorgés et œdémateux, mais non hépatisés; k la base du poumon gauche existe un petit abcès.

L'impression qui se dégage de l'élude de ce fait, suivant l'auteur, c'est l'inutilité des simples ponctions dans les su]^puralions des membranes séreuses, et la nécessité du drainage. (7Ae britùh médical /M(rna<,p. 1246,20 juin 1885.)

■■iMlBMlliii dm «Htatt BTM «mtmmmmmmmA Amm flracBMBMi ptale de la émn mièrm$ «répMMUloni

K-ériaon, par H. F.-A. Grat. — Le 2 août 1884, A. R..., âgé de cinq ans, tomba d'une hauteur de 40 à 50 pieds environ. On t'apporta peu après à l'hôpital. A son entrée il est dans le coUapsus, sans connaissance, p&le, froid; son pouls est très petit et ses pupilles contractées. Il offre sur la tète deux plaies : l'une commentant au-dessus de l'œii droit et s'étendant du c6té du sommet de la tète jusau'à une di:^lance de 4 pouces environ. Au fond de cette plaie, on peut voir deux traits de fracture du crâne courant parallèlement Tun à l'autre dans la direction de la solution de continuité des parties molles, le fragment d'os que les fractures circonscrivent est légèrement enfoncé. La seconde plaie a la forme d'un Y et est située près du sommet de la tète, un peu à gauche de la ligne médiane. A son centre existe une fracture comminutive étoUée déprimée d'environ un tiers de demi-

fiouce. Une touffe de cheveux est fortement enclavée entre les ragments et on ne peut la dégager. La première fracture ne demande aucun traitement spéâal : suture de la plaie au

ù\ d'argent et drainage. La seconde plaie est laissée ouverte. Le soir, le malade va un peu mieux, le collapsus est moins profond, les symptômes qu'il offre sont plutôt ceux d'une irritabilité cérébrale. Il est assis et a tous ses membres dans la flexion ; la respiration n*est pas stertoreuse; les pupilles sont un peu moins contractées et mobiles sous l'influence de la lumière. Le blessé est semi-conscient, mais ne parle pas; il peut être tiré de sa somnolence, mais est indifférent â tout ce qui se nasse autour de lui. Température, 99%8 (Fahrenheit); pouls, izO. Les conditions de la fracture et les symptômes qui l'accompagnent déterminent le chirurgien à pratiquer la trépanation, à relever les fragments ou à les enlever complètement. Chloroforme, agrandissement de la plaie, application de la tréphine sur la marge de l'os sain. Lorsqu on eut ainsi enleva un demi-cercle d'os, on releva le fragment enfoncé et on enleva neuf esquilles, la plus large ayant près d'un pouce de long et un demi-pouce de large. Un étnnt fragment d'une longueur d'un demi-pouce était enfoncé verticalement dans la dure-mère, et un caillot sanguin apparaissait très visible au-dessous de cette membrane. Suture des parties molles au fil d'argent et pansement antiseptique. Après l'opération, et lorsque les effets du chloroforme furent dissipés, le malade reprit sa connaissance, il se mit & parler et parut content. Température, 98%8 ; pouls, 11:2. Cinq grains de bromure de potassium. Tout dans la suite alla pour le mieux; il y eut a un moment donné un peu de suppuration et élimination d'un fragment d'os nécrose. Deux mois aprèâ l'accident, ta guérison était complète. (Tke Laneet, 11 juillet 1885, p. 64.)

Vm «M e«rieax, par M. James-H. AvELiNG. — La malade qui fait le sujet de cette observation est une femme mariée j^ée de trente-huit ans, mère de famille. Elle est très intelligente et n*a aucun antécédent d'hystérie ou d'autres affections nerveuses. En octobre 1884, un de ses enfants lui donne un coup de téte sur l'œil gauche. Six semaines après, elle éprouve quelque douleur dans son œil ; en même temps elle accuse des bourdonnements d'oreilles, de la sensibilité du nez et des douleurs à la partie postérieure de la tête quand elle se baisse ou quand elle a les intestins en mouvement. La parole est aussi altérée; elle hésite et bégaye en parlant. Ces symptômes continuentet augmentent d'intensité de décembre 1884 à mars 1885; à cette époque, on applique trois vésicatoires à la nuque ; la douleur es<. devenue permanente et plonge la malade dans un état très pénible. Le 22 mars, la malade révèle à son médecin ordinaire, H. Robert Mathews, Texislence d'autres symptômes dont elle n'a pas parlé jusqu'ici, croyant qu'ils n avaient rien à faire avec ses douleurs de tête. Ëlle raconte qu'elle a une sensation constante de pesanteur dans le bassin, comme si quelque chose voulait sortir; elle ne peut rendre qu'une très petite quantité d'urine à la fois, et cela au prix de violents efforts. Ce récit provoque un examen de la part de M. Mathews, qui constata une antéversion très prononcée de l'utérus, avec une vessie remplie d'urine, le fond de l'utérus appuyant sur le réservoir et s'opposant à son évacuation. Le chirurgien redressa l'utérus, vida la vessie, et, à sa grande surprise, vit tous les symptômes cérébraux disparaître. L'amélioration cependant ne fut que temporaire, et les phénomènes morbides reparurent quand l'utérus reprit sa position anormale. Toutes les fois qu'elle avait le soin de se coucher sur le dos, le siège élevé sur des coussins, elle voyait les symptômes cérébraux disparaître.

M. Aveling, consulté, vénfla l'exactitude des faits observés par M. Mathevrs; il appliqua alors un pessaire maintenant l'utérus en bonne position, et dès lors tous les symptômes cessèrent et ne se sont (ma reproduits depuis. Deux mois après elle écrivait : < Je suis très bien et enti^ment débar-

rassée de toute espèce de doule^^jiH'i^^a^^tf^i^^^l^

590 * 36 — 6AZETT£ HEBDOMADAIRE DE XÉDEGINE ET DE CHIRURGIE 4 Septoibre 1885

■Mée «• ete« moMbres, par M. le docleur Atexander Hacgregor. — John F..., &gé de (quatre ans, est admis à Aberdeen HospiUl pour une volumineuse tumeur de l'œil droit. Voici les renseignements qu'on obtient sur ses antécédents : il appartient à une famille composée de cinq membres; son père est vivant et bien portant; sa mère est morte à Tàge de trenle^quatre ans d'une affection du foie et du cœur. L'œil gauche de Tatné des enfants fut énucléé alors qu'il n'avait que deux ans. La tumeur récidiva daHS le moignon et atteignit paiement l'œil droit. Quant au second enfant, Tœil gauche fut enlevé alors qu'il n'était &gé que de trois mois; neuf mois après l'œil droit se prenait, et la mort arrivait peu de mois apras. Le troisième enfontest ftgé de six ans. et jouit jusau'ici a'une bonne santé. Le dnquième a quinze mois, et il n a présenté encore aucun des symptAmes de la maladie qui a affecté les autres membres de sa malheureuse famille.

Le quatrième enfant est celui qui est venu réclamer les soins de U. Macgregor. Son œil gauche a été enlevé alors

Î|u*il n'avait que dix-sept mois. Deux ans après, Fœil droit ut affecté à son tour, il devint amaurotique, le globe devint saillante! augmenta de plus en plus de volume. A son entrée à l'hôpital, Torbile était complètement rempli par une tumeur rouge pulsatile, qui sortait de plus d'un pouce en dehors de la marge de l'orbite. Le petit malade mourut peu de jours après son admission, probablement d'épuisement. {Meaieal Timea, 11 juillet 1885, p. 45.)

•«■rr^MioB, par H. Godwin Timms. — Une femme &gée de trente-deux ans entre à l'hôpital au mois d'avril 1875. Pas de trace de strume dans ses antécédents de famille. Elle avait été admise, dans la première moitié de Tannée 1871, dans un hôpital de Londres pour une pleurésie guiche. Le côté correspondant de la poitrine fut à ce moment entouré de bandes de pl&tre qu'on enleva au bout de cinq mois. A son entrée à North London consumption Hospital, elle était incapable de se tenir debout et se plaignait de douleurs vives et constantes dans le côté gauche : toux fréquente, expectoration peu abondante. La mamelle droite est bien développée, mais il ne reste plus de trace de la mamelle gauche, qui n'est plus représentée que par l'aréole. Du milieu du sternum à la ligne des apophyses épineuses la circonférence de la poitrine au niveau du mamelon mesure 13 pouces 1/2; celle du côté gauche ne mesure que 9 pouces 1/2. La pointe du cœur bat entre la cinquième et la sixième côte, sur la ligne axillaire. La respiration est puérile ji droite, matité à la percussion, respiration très faible et très courte dans tout le poumon gauche, qui est immobile. Après des alternatives de bien et de mal, la patiente mourut en 1879. La nécropsiei limitée au thorax, vint donner un démenti au diagnostic. Les parties du poumon où Ton avait constaté de la matité et de la pecloriloquie, et que l'on avait diagnostiqué petites cavernes superficielles en empyème limité communiquant avec les bronches, n'étaient autres que des dilatations bronchiques. Les deux feuillets de la plèvre gauche étaient adhérents entre eux, épaissis, sans aucun dépôt les séparant. Le parenchyme pulmonaire était carnifié, mais flottait encore sur l'eau. Plusieurs bronches étaient dilatées, au point d'atteindre les dimensions du pouce, leurs parois étaient épaissies, et dans leur calibre se trouvait un pus à odeur infecte. Le poumon droit était sain, à cela près qu'il présentait des lésions de bronchite. Le cœur était Tolaniiiieux; ses cavités gauches étaient remplies de caillots noirs. Pas de traces de tubercules. {The British taedieal Journal, 6 juin 1885, p. 1154.)

BIBLIOGRAPHIE

A •7stome off praetieki medicUe, by american authop {Traité de médecine pratique, par des auteurs américains), édité par M. William Peppeh, professeur de médtcire à l'Université de Pennsylvanie, assisté de M. Lotl- Starr, professeur des maladies des enfants à la mém Université. Vol. I. —Philadelphie, 1885. Lea Brothers.

Cet ouvrage, dont les deux premiers volumes ont paru ds&t le cours de cette année, se range parmi les Cofnpendiun: c'est un Gompendium de médecine pratique, qui n'a <!■ commun avec les Dictionnaires que d'être rédigé par m nombre considérable de collaborateurs. L'ordre alphabéliink n'entre pour rien dans la distribution des matières, lesqaelW comportent surtout deux grandes divisions : les miuadif générales et les maladies spéciales, et, dans ces divisions, on a suivi la classification et la nomenclature adoptées par )f Royal Collège ofPhysieiansofEngland et par l'^iMnMB médical Association. Hais, préliminairement, sous le titn de Pathohgie générale et Seimice sontlatrv, plunean grands articles sont destinés k mettre le leclenr au coonvi de certaines questions dont une pratique éclairée de l'art m peut se passer. Ajoutons qu'un médecin vétérinaire tnilrn des sujets où la pathologie de l'homme se rencontre xnc b pathologie des animaux.

Les volumes sont grand in-8*, très bien imprimés papier satiné. Le premier renferme plus de 1000 pages, et l' second plus de \W0. Tons deux sont ornés de grarDre.': c assez grand nombre. L'exposé de la pathologie géeérak ei celui des maladies générales, [actuellement Kberts, /emplissent tout le premier et un quart du second.

Dans la pathotegie générale, il est traité de deax ordm de notions assezdissemblales : premièrement, Aes^rotessns morbides généraux, tels que l'inOammatioD, la thrombose et TemboHe, les épanchements, les dégénérescences, etc., sont des états pathologiques; secondement, de l'êtiol(^r. du diagnostic et du pronostic, qui reposent sur l'interpréution des éléments des maladies. La science smitaire ei représentée par un chapitre sur l'hygiène et un autre sur li canalisation et les égouts dans leurs rapports avec la santé publique. L'éditeur ne s'était proposé, en ceci, que d'incnU quer au lecteur, en matière d'hygiène, les connaissascts nécessaires au pathologiste.

Le tableau des maladies générales comprend : la ficffî continue simple, la fièvre typnolde, le typhus, la fièvre à rechute, la vanole, la vaccine, la varicelle, la scarlatine, li rougeole, la rubéole (Rôtfaeln), les fièvres lualarieDoes, 1>

ftarotidite, l'érysipèle, la fièvre jaune, la diphthérie, h choéra, la peste, la lèpre, la méningite cérébro-spinale épidémique, la coquelucne (Pertossis), la grippe, fa den^e, b rage, lamorveetlefarcin, ta pustule maligne, la pyofaèimeA la septicémie, la fièvre puerpérale, le béribéri, le rhumatisme, la goutte, le rachitisme, le scorbut, le purpura, \t diabète sucré, la scrofule, la syphilis héréditaire.

Enfin la pathologie spéciale est représentée dans le second volume par les maladies des voies digestives.

On se demande quelle place est réservée, dans cette publication, à certains états pathologiques, tels que ranéroie, l> chlorose, la pléthore. Ils seront rangés, sans doute parmi la maladies du sang. Sur c|noi l'on peut faire remarquer qut l'ori^tne de ces maladies se rapproche fort de celles doci l'ouvrage fait le signe distinctif dim groupe de maladies géoéraies, à savoir : un point de départ dans un trouble de h nutrition. Il y a des raisons de nutrition, si on peut le dire, qui créent l'anémie ou la pléthore; la chlorose n'es! certainement pas, primitivement, une maladie du sang. On pour* rait faire la même remarque au sujet de l'albuminurie, m n'est pas indissolublement liée & une maladie^es reins,

4 Septbmbrk 4885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

la suette, où la placera-t-on? Nous ne préjugeons rien : ce ne sont que des questions adressées à Taonorabie éditeur du Système de médecine pratique.

Nous nous plaisons à reconnaître, du reste^ que le cadre de l'ouvrage est jusqu'ici bien rempli. Les sujets y sont presque toujours traités avec compétence. Quelc^ues articles seront trouvés un peu sommaires, comme ceux qui concernent le purpura et surtout la peste. La proportion n'est pas toujours gardée entre les diverses parties de l'ensemble; mais c'est le défaut inévitable des ouvrages auxquels un grand nombre d'auteurs mettent la main- £n résume, nous croyons ce noaveaa Compmdium appelé à un véritable succès.

Causeries, par M. Paul Ddbray. Paris, 188i. Alcan-Léry. — Sous un pseudonyme d'une transparence [urfaite, ce petit Tolume renferme les feuilletons de quinzaine publiés par 1 auteur dans l'Union médicale depuis la mort d'Amédée Latour. Le texte et la signature véritable sont depuis longremps déjà connus d'une grande partie du public médical, qui a pu apprécier tout l'esprit, toute la finesse d observation et tes qualités de style renfermés dans ces feuilletons, aujourd'hui transformés en causeries. Derrière le masque d'un titre nouveau et d'un nom d'emprunt, on retrouve le même visage franc et joyeux, et les quelques heures

2 se l'on consacre à relire ces pages spirituelles sont des heures ien employées. ,

Recherches ANATOMO-PATHOLOOfQDBS sur l'action du venin

DES SERPENTS. ACTION PHTSIOLOGIQUE ET TOXICO LOGIQUE. ThÉRA-

PEDTtQUE, par le docteur Ramon Urueta. Thèse de Paris, 1884. A. Delahaye et E. Lecrosnier. — Intéressante étude dans laquelle l'auteur ne s'est pas contenté de recueillir les faits épars dans la ' science, mais relaie les résultats de nombreuses expériences personnelles pratiquées au Muséum d'histoire naturelle. Dans une première partie, il étudie l'action du venin des divers ser-

J>ents sur les animaux et sur l'homme, ainsi que les lésions ocales ou à distance produites par l'inoculation ; il établit l'existence, dans le venin des serpents, de deux poisons : l'un agis- ' sant sur le sang pour détruire les globules et la matière fibrinoplastiqoe, et par suite déterminant des exlravasations sanguines, des embolies capillaires et des hémorrhagies intestinales; l'autre agissant sur le système nerveux, et produisant la paralysie du ' plancher du quatrième ventricule et l'anét des mouvements respiratoires. Dans une seconde partie, il expérimente l'eflïcacite de divers alexipharmaques, et en particulier d'une aristoloche réputée en Colombie, et de la solution de permanganate de potasse an 1/100*. en injections hypodermiques. Il n'a obtenu que des résultats tliers4)eu tiques négatifs, et conclut avec beau- . coup de sagacité que le meilleur alexitère serait la destruction des serpents vemmeux, à laquelle on devrait consacrer les sommes offertes en récompense pour la découverte d'un antidote efficace.

Des fractures du cubitus par cause indirecte et de la' FRACTURE DU RADIUS PAR TORSION, par le docteur F. BnOSSAHD, ex-interne des hôpitaux de Lyon. Paris, 1884. J.-fi. Baitlière et fils. — Des faits cliniques et des expériences instituées par l'auteur on peut conclure que la fracture du cubitus par cause indirecte est nue lésion traumalique de l'enfance et de l'adolescence, époques do la vie pendant lesquelles la constitution des os et le rapport de résistance entre leur tissu et les ligaments articulaires expliquent cette prédisposition particulière. Cette fracture reconnaît deux causes : 1° le choc vertical, lorsoue, dans l'adduction générale du membre, l'inclinaison cubitale de la main bit du cubitus l'agent de transmission des pressions qu'il reçoit; 2* la torsion, lors de supination exagérée; le contact des faces postérieures des deux os de l'avant-bras tendant alors i flécnir le cidutos d'avant en arrière. Le mécanisme de la fracture et l'ftge ' des st^ets influent sur le siège et la forme de la lolnlion de , continuité, qui est ordinairement incomplète et sous-périostique. I/absence de déformation et de mobilité des fragments expose, sur le vivant, i la confusion avec les contusions osseuses; erreur de diagnostic d'autant plus préjuJiciable, qu'il importe de soumettre le membre à l'immobilisation pour éviter le développement de graves accidents inflammatoires. L'auteur a, en outre, observé que la torsion en pronatitm détermine sur le radins une

fracture spéciale, caractérisée par une fêlure dont le trait peut revêtir une forme héliçoïde, et qui s'accompagne souvent de fracture transversale incomplète et parfois de décollement de l'épipbyse inférieure.

Du TRAITEMENT DU CANCER UTÉRIN. AVANTAGES DE L'AMPUTATION DU COL DE LA MATRICE PAR L'ANSB GALVANIQUE, par le doCtOUr

T. Galurd, médecin de l'Hâlel-Dieu. Paris, 1884. H. Lauwereyns. — Dans cette brochure, qui renferme le texte d'une communication fiiite par l'auteur à la Société de chirurgie, H. Gallard établit que le cancer de l'utérus doit, comme celui des autres régions accessibles A l'action ehimi^cale, être traité par l'ablation. Il se déclare partisan eouTaincu de l'applicaticm de l'anse galvanique, qui offire sur les autres procèdes opératoires de

f;rands avantages^ et permet d'obtenir une guérison défloïtive orsque toute la partie malade a pu être enlevée. Elle permet, dans des cas plus nombreux peut-être, d'arriver à des améliorations longtemps persistantes, alors que la section ne dépasse pas complètement les limites du cancer; et, parfois même, la guérison véritable est possible si l'on réussit à détruire par des cautérisations ultérieures les portions du tissu morbide qui n'cmt pas été enlevées. Elle a pour résultat, dans les cas les moins favorables, de soulager momentanément la malade, de ralentir la marche envahissante du cancer, et de supprimer, pendant un certain temps, les hémorrhagies et les antres sécrétions pathologiques qui 1 épuisent.

Des FRACTURES CHEZ LES SYPHILITIQUES, par le docteur liOttis

Gellé, ancien interne deshêpitaax. Thèse de Paris, 1884. A. Delahaye et E. Lecrosnier. — Cette étude comprend deux parties

ftrincipales : les fraaures dans le cas de syphilis héréditaire, et es fractwes dans le cas de syphilis acquise. La syphilis héréditaire peut s'observer cbei le nouveau-ne ou chez des enfants plus âgés; chex les premiers, elle entraîne deux ordres de lésions : des décollements épipbysaires et des fractures soit juxta-épiphysaires, soit au milieu même de la diapbyse. On sait que ces solutions de continuité des leviers osseux donnent lieu à des symptômes de pseudo-paralysie. Chei les seconds, elle est la cause prédisposante de fractures qui évoluent et se consolident sans traitement spécifique, comme les fractures des sujets sains. Quant & la ^fpbilis ac({uise, elle manifisste son influence presque constamment i la période tertiaire, soit qu'elle ait engendré une altération gi^rale du aystème osseux, soit gu'elle ait déterminé une lésicm locale diminnant sur un point la résistance de l'os. Dans d'autres cas, elle retarde la consolidation des fîraotures, cause l'ulcération spécifique de la plaie en voie de cicatrisation lors de fracture compliquée, ou même se manifeste par des lésions spécialos au uivean du cal on de la cicatrice qui constituent on locus mtnorts retistentiœ. L'importance pratique de ces notions est résumée par l'auteur en ces termes : c Dans tous les cas où l'on observera, soit une fracture qui ne parait pas en rapport avec l'intensité du traumatisme original, soit un retard ou un manque dans la consolidation, on devra songer à la syphilis, la chercher s'il y a lieu, la traiter, en même temps qu'on mettre en œuvre les antres moyens dont on dispose pour amener la consolidation des fractures. >

Conditions de l'intervention CBiRURnicALB dans les toc&usA- TiONS EXTERNES DE LA TUBERCULOSE, par le docteur Paul Coudray, ancien interne des hépitaux. Thèse de Paris, 1884. Asselin et C*. — Après avoir consacréquelques pages i l'historique de la tuberculose locale et plus particulièrement de la tuberculose à foyers externes, accessibles aux procédés chirurgicaux, H. Counray passe en revue les principales localisations du tubercule, et discute pour chacune d'elles les indications et contre-indications do l'intervention opératoire. D'une façon générale, il est d'avis que les tuberculoses externes n'exigent une intervention que lorsqu'elles n'ont pas de tendance spontanée à la guérison, ce qui est le cas le plus fréquent chez les malades de la population hos-

fiitalière. Se basant, d'ailleurs, sur ce fait que la formation de oyers secondaires consécutivement aux opérations est un fait rare, il préconise l'intervention à une période à laquelle la lésion tuberculeuse n'est pas encore une cause d'épuisement {lour le malade. Chaque cas particulier présente, du reste, des indications opératoires spéciales souvent diffldles à établir nettement, surtout en ce qui concerne les ostéo-artfarites tuberculeuses; cependant on peut dire qu'en général il faut se dé^r des opérations partielles, et que les contre-indicatioiDB fle lït^f'YfW'V^ chirurgicale sont fournies par la prédbtifl8u»bf «^ft^fnmillâr léaiona viscârales sur les localisations externes. ^

GAZETTB HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 4 Sbpctiibre 1885

Tiuné DB u GODTiB DE Stdbnhâii, tradiut et annoté par le doctear A. Tartenson. Paris, 1885. J.-B. Baillière et fils. — La traduction publiée par le doctear Tartenson, et qui rappelle de fort près celle de Jault revue par Baumés, présente un certain intérêt, puisqu'elle permet de lire et d'étudier dans son entier l'ouvrage de Sydenham, dont bien des médecins ne connaissent encore que des extraits ou des citations plus ou moins étendus. Ce traité, disait Trousseau dans une clinique bien connue, < est une merveilleuse niuno^phie, tout à la fois courte et complète i; on y trouve de précieux renseignements au point de vue de la thérapeutique de l'affection goutteuse, et, mieux eoeore, du traitement des goutteux. En effet, Sydenham croit moins à l'efficacité des médicaments proprement dits, pour enrayer ou {périr la maladie, qu'à la puissance incontestable d'une hygiène sévère et persévérante, dont il trace les règles avec une grande précision. Le docleur Tartenson h joint au texte de Sydenham des connnentaires et des observations dont le lecteur tirera profit.

Histoire de la protection de l'enfance a Rome depuis la

FONDATION DB LA VILLE JUSQD'A LA CHUTE DB LA RÉPOBLIQUB, par

le docteur A. Hoonsii. Thèse de Paris, 1884. A. Delahaye et £. Lecrosnier. — Tnvail plus intéressant au point de vue historique qu'au point de vae médical, et qui n'est, da reste, ainsi que l'auteur lui-même l'annonce dans son introduction, qu'un premier chapitre d'une étude projetée, plus complète, dans laquelle «era traitée la question de la protection de l'enfance en général, et du rétablissement des tours en particulier, envisagée dans ses rapports avec le mouvement de ta population de la France. A Rome, pendant la période qui précède l'empire, les enfants infirmes, difformes, furent toujours sacrifiés ; les enfants valides furent constamment élevés avec soin, depuis l'origine de la ville jusque vers les derniers temps de la republique, sans qu'il fAt nécessaire de les protéger par une loi particulière. Plus tard, la corruption et l'adultère s'étant introduits dans la civilisation romaine, l'avortement, l'abandon et l'exposition des enfants deviennent chose fréquente, et le législateur doit recourir i des lois spéciales pour réprimer ces crimes et encourager ft la reproduchon de l'espèce.

De LA MENSTRUATION RT DE LA HATDRITA PRÂCOCBS; DES HÉMOA- RHAGIES GÉNITALES DES PETITES FILLES, pW le dOCteur V. GADTIEH.

Genève, 1884. Ch. Schucbardt. ~ Parmi les observations assez nombreuses d'écoulement sanguin par les voies génitales des

S otites filles, depuis le moment de la naissance jusqu'aux approches e l'ftge de la puberté normale, l'auteur a fait un choix judicieux, et, après avoir étudié les diverses circonstances relatées par les auteurs, et avoir comparé entre eux les faits les plus probants, il donne une classification rationnelle propre à jeter un jour nouveau sur cette question gynécologique. 11 divise les diverses hémorrhagies génitales des petites filles en quatre classes, d'après les caractères principaux qu elles présentent, et d'après l'état de développement des organes : i' Hemorrka§M vulvain des nouveau-nés, qui débute dans la première semaine chex des enfants normalement constitués; elle ne récidive pas et se termine par la

fiérison complète. 2* Menstruation précoce^ se montrant, de un sept ans, chez de petites (Illes dont le développement est normal, et offrant un retour mensuel régulier; elle cesse au bout d'an nombre de mois variable. L'absence de toute autopsie n'a pas permis d'établir péremptoirement l'existence de l'ovulation; mais elle semble, à l'auteur, pouvoir être mise en doute. 3" Hémorrkagie utérine avec tumeur de Vovaire dans un cas de sarcome ovarien et dans un autre de tumeur vasculaire de l'ovaire. C'est une hémorrbagie pathologique ayant apparu dans le cours de la seconde année, et dont les retours absolument irréguliers ne peuvent prêter à la confusion avec un flux calaménial. A" Maturité précoce, développement prématuré de tout le corps, et en particulier des organes génitaux internes. Ovulation incontestable démontrée par I autopsie, et menstruation régulière débutant dans les deux premières années de l'existence, et se continuant ensuite normalemenl sans altération aucune de la santé.

VARIÉTÉS

Concours d'agrégation. — Le nombre des places d'agrégés près les Facultés de médecine mises au concours est porté de quarante-huit à. quarante-neuf. Cette quarante-neuvième place

sera comprise dans la section d'anatomie et de pbyndogîe, et sera réservée à la Faculté de médecine de Paris.

Concours. — Le jury du concours pour les prix de rintenttt des hôpitaux de Pans se composera, sauf modifications, de MM. les docteurs Anger(Th.), Audhoui, BouUly, UouviUe, Monod fils, Ribemont-Dessaignes et Talamon.

Faculté de «ftoBciHB db Paris. — Sont nommés : Chefs de clinique médicale: MM. Siredey et Capitan; chefs adjoints : HH. Dupleix et Martinet. , Chef de clinique chirurgicale : H. Ménard; chef adjoint :

M. Osenne. , ». « .

Chef de clinique des maladies du système nerveux : M. Babinsky.

Choléra. — On télégraphie de Toulon, le 2 septembre, qull y a eu depuis la veille au soir 17 décès cholériques, dont 'i i l'hêpital Bon-Rencontre et 6 dans les faubouivs et la banlieue. A Marseille, le 2 septembre, on a enregistré 20 décès cholériques. Un décès a été constaté à Nîmes et un autre à Saint- Nazaire.

GUENBAC DE HUSSY BT LA UODRBODU. — SoT la projKWition de M. Lamarle, directeur de la Comp^piie des eaux nunéralesde la Bourboule^ le conseil municipal -de .cette station Uiersuli*, dans sa séance du 21 août dernier; a décidé que le nom de Ijmneau de Mussy serait donné à l'une des principales places ou met de la ville, comme témoignage de reconnaissance envers notre regretté confrère. On sait que Gueneau de Mussy est un des médecins qui ont le plus contribué à populariser cette statin thermale.

H. Pasteur et la rage.— On litdans le Journal des Débais: Un de nos collaborateurs uous communique les rensei^eBieDls suivants sur l'état d'avancement des expériences ponnuivies par H. Pasteur relativement & la rage :

c L'illustre savant, qui est en ce moment à Arims, dans le Jura, doit organiser, aussitAt après son retour à Paris, un service au moyen duquel il sera possible d'assurer aux animau l'immunité de la rage. H. Pasteur est aujourd'hui en possession d'une méthode très perfectionnée de prophylaxie de es terrible mal, méthode aussi sûre, nous dit-on, pour les hommes que pour les animaux. Avant son départ pour le Jura, M. Pasteur a été amené à traiter un petit garçon de neuf aus que sa mère lui avait amené d'Alsace, où il avait été terrassé et mordu aux deux cuisses, aux deux jambes et à la main dans de telles conditions que U rage eftt été inévitable. Sa santé est restée parfaite. C'est la première fois, croyons-nous, que M. Pasteur a fait à un être hiuaaio l'application de sa méthode. »

Correspondance. — Nous donnons avis à H. le doctear D'f dont nous ignorons la résidence actuelle, et dont nous avons en main un manuscrit, i^ue le nom de M. Théodore d'Arb... est inconnu à l'adresse indiquée, 26, rue Hontaicne, et aussi 36, avenue Montaigne.

MobtautI a Paris (35* semaine, du Î3 au S9 aoAt i88S).

— Fièvre typhoïde, 36. — Variole, 4. — Rougeole, 14. — Seai^ latine, 4. — Coqueluche, S. — Diphthérie, croup, 15. — Cho* léra, 0. — Dysentérie, 3. — Er^péle, 6. — InTectitms puerpérales, 5. — Autres affections épidemiques, 0, — Méningite, 96.

— Phthisie pulmonaire, 181. — Autres tuberculoses, 27. — Autres affections générales, 54. — Malformations et débilité des ftgef extrêmes, 34. — Bronchite aiguë, 15. — Pneumonie, 59. — Alhrepsie (gastro-eatérile) des enfants nourris au biberon et autrement, 92; au sein et mixte, 40; inconnu, 6. — Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 73; de l'appareil circulatoire, 69; de l'appareil respiratoire, 61; de I appareil digestif, 52; de l'appareil génito-urinaire, 15; de la prâu et du tissa iamineux, 5; des os, articulations et muscles, 4. — Mwrtt violentes, S8. — Causes non classées, 19. — Total : 049.

G. Hasson. Propriétaire-Gérant.

4SMt Bouaiionw. — Infrfaariw tinkn,^A, ma ViQ^ % PtiK

TRBIfTB-DEDXlftlIE AKIfiB

11 SEPTBinRE 1885

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITÉ DE RÉDACTION Prisuent : H. le docteur A. DECHAMBRE MM8RB8 : HN. les docteun BLMHEZ, aEOUES DIEUUm. DIETFUtimSAC. FRAIIQOI$.rUNCK. ALBERT HClfCOBE

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