II
Cette abstention systématique ne présente que des avantages ainsi que le prouvent nos observations. On laisse la plaie au repos, on ne contusionne pas les tissus, on n'irrite pas les nerfs, on ne déchire pas les vaisseaux, on ne détrait pas les caillots qui peuvent oblitérer déjà les artères ou les veines ouvertes, enfin et surtout des instruments malpropres n'inoculent pas la blessure avec des matières septiques.
Cette inoculation de la plaie est sans contredit l'accident le plus redoutable, et les suppurations diffuses, les décollements étendus, les gangrènes, les phlébites, les érysîpèles, les pyohémies, les hémorrhagies secondaires qui sont la terminaison trop fréquente des blessures par armes à feu, ont dans l'immense niiyorité des cas une inoculation pour origine. Or ce n'est point la balle, le lingot de plomb ou de fer qui est dangereux par lui-même; nous savons maintenant combien les tissus s'inquiètent peu d'un tel voisinage. Ils se contentent de proliférer plus abondamment et de former, autour du corps étranger, une enveloppe conjonctive, unesorte de coque fibreuse qui l'isole des parties environnantes.
Le projectile n'est responsable que des accidents immédiats; s'il ne coupe pas un gros nerf, s'il n'ouvre pas une artère ou une veine importante, s'il ne brise pas un os, le mal n'est pas bien grand d'un trou à la peau et d'un trajet contus à travers un muscle; le danger n'éclate que si les matières septiques pénètrent au milieu des tissus à la suite
du corps étranger et c'est cette distinction capitale que l'on ne trouve pas assez exprimée dans nos auteurs classiques.
Disons bien vite que le projectile lui-même ne doit (khiI entraîner avec lui des matières septiques. Un chroniqueur donnait récemment le moyen d'Ater tout danger au duel: c La cartouche sera stérilisée , la balle passée à la solution phéniquée, forte. > Nous croyons ces précaulioof inutiles; un projectile lisse et sphérique n'offre qu'us médiocre abri aux spores qui glissent sur lui sans ; séjourner ; d'ailleurs la pression, le frottement, la cbaltur auxquels il est soumis pendant l'explosion seraient snnisanb pour le rendre absolument aseptique, fût-il cootamioé loil d'abord.
Mon, les matières septiques pénètrent dans les tissus, grâce à la solution de continuité de la peau, par les ouoipolations intempestives du chirurgien, surtout par leseiplontions du trajet avec le doigt, la sonde ou le stylet. Aussi et ce sera notre conclusion formelle — conseillons-nous l'ibstention systématique dans les plaies simples parrerolHr. Ce n'est pas dans la blessure, c'est dans le diirurgieafK réside le danger.
Paul Rficirs.