‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 150 sur 228 · DIEU, BONNE FORTUNE · texte numérisé non relu

DIEU, BONNE FORTUNE

Ctéo fut enceinte pendant cinfi ans. Celle femme, après cinq aus de grossesse, vint en suppliante vers le dieu et s'endormit dans VAbaton (dortoir des malades). Dès qu'elle en fut sortie et eut ffiiDchi les limites de l'eaceinte sacrée (qu'un accouchement aurait souillé), eltemiiau monde un garçon, qui, dès sa naissance, se lava lui-même à In fontaine et marcha a côté de sa mère. Ayant obtenu celle faveur, elle écrivit sur l'oiïrande (sans doute un labteau qu'elle consacra au dieu): c Ce n'est pas ta grandeur de ce tableau qui est digue d'admiration, mais la divinité. Cléo u été enceinte pendant cinq'^ans jusqu'à ce qu'elle a'ondormlt dans le temple et que le dieu la guérit. >

Il y a ensuite le cas d'une petite fille de trois ans, lasse sans doute des poupées, qui demande au dieu la grâce de concevoir une enfant du sexe féminin. Elle devint en ofTet enceinte. Ce n'est pas le tout d'être grosso : il faut accoucher. Au boiU de trois ans, elle revient vers le dieu. Celui-ci lui fait judicieusement observer qu'elle n'avait sollicité qu'une grossesse et qu'elle l'a eue.ïtéanmoînsj>uisqu'elle se fait de nouveau suppliante, elle accouchera. Et elle accoucha en effet au sortir de l'enceinte sacrée.

Un enfant muet désire vivement parler; c'était peut-être une fille. < Consentiras -tu, dit le meu, à offrir un sacrifice pour prix de ta guérison? — J'y consens!» Il était déjà guéri 1

(jénéralement les guérisons, dont les prix n'étaient pas taxés (les tarifs d'honoraires n'existaient pas encore), étuent néanmoins d'un asses bon rapport; mais le dieu n était pm exigeant et il était quelquefois désarmé de toute prétention^ quand il avait ri. Un enfant d'Ëpidaure, Kupliaaès, souKî^it~^

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HË^EGINE ET DE CHIRURGIE li Septembre m

eelte action, ce n'est êertainement pas au même degré et de la même façon que Tacide phénique ou l'alcool, lesquels sont coagulants par eux-mêmes et sans décomposition préalable de leur substance. Eu effet, si nous mettons un peu de sous-nitrate de bismuth en poudre dans un verre de montre contenant de la sérosité d'hydrocèle ou de la solution de blanc d'œuf, nous ne voyons pas antre chose que la chute du sel au fond du vase, mais rien qui ressemble à un précipité albumineux. Si nous laissons tomber une goutte d'un mélange d*eaa et de sous-nitrate de bismuth au 100*, nous ne voyons encore que la précipitation du sel au fond du verre de montre. C'est à peine si, après avoir filtré un mélange au 10", de manière à le rendre presq^ue transparent, nous avons TU se produire un petit nuage gnsfttre qui pouvait être considéré comme de l'albumine coagulée. Mais était-ce le sel dans son intégrité qui donnait ce résultat, et ne fallaît-il pas l'expliquer par une condition spéciale ?

Nous touchons ici un point délicat qui a été effleuré, mais n'a pas été approfondi par les palhologistes. M. le proresseur Regnauld, en étudiant les effets produits par le sous-nitrate de bismuth dans Tintestîn, a bien vu que 1 hytirogène sulfuré s'y emparait de l'oxyde de bismuth et mettait en liberté Tacide nitrique ; mais, en dehors de l'action décomposante de rhvdrogëne sulfuré, le sous-nitrate de bismuth, pour peu aji iï soit mélangé avec de l'eau, laisse encore dégager de

I acide. C'est un fait qui est adm^s par les chimistes et dont ne paraissent pas douter les médecins, et noiamment MH. Béchamp {Montpellier médical, 18tiO, t. IV), Fonssagrives (Art. Bismuth du ûict. encydop. des sciences médicales), el H. Gintrac (Art. B[shi]TH du Dict. de médecine et de ehiiurgie pratiques) qui, dans ces derniers temps, ont écrit surl'action thérapeutique de ce mystérieux médicament.

II est vrai que si les uns et les autres ont énoncé le fait, ils ne nous ont pas dit comment ils le démontraient ; sans doute c'est parce que la chose leur a paru trop simple; mais nous qui nous adressons plus spécialement aux chirurgiens, nous croyons devoir leur donner cette démonstration pour ne laisser aucun doute dans leurs esprits.

D'abord H. Regnauld nous a fait voir et nous avons plusieurs fois répété avec lui cette petite expérience, que, si l'on met sur un papier bleu de tournesol bien sec un peu de sous-nitrale de bismuth, le papier ne rougit pas ; mais si on laisse tomber avec une baguette de verre la moindre goutte d'eau, on voit bientôt la coloration rouge se produire.

Ensuite nous avons essayé, avec le même papier de tournesol bleu , les mélanges aqueux au iO* el au 100* dont nous nous sommes servis dans nos pansements pour arrosement ; toujours nous avons trouvé ces mélanges acides, tandis que les mélanges d'eau et d'hydrate de bismuth restaient neutres.

de la pierre. Le dieu lui demande ce qu'il lui donnera s'il le guérit, f Dix osselets, > répond l'enfant. Le dieu se met à rire et promet la guérison, qui eut lieu au jour dit.

Mais en voilà assez de cette clinique, et je ne vous raconterai même pas le cas d'une femme qui, endormie, avait cru sentir le dieu la toucher quelque part et qui eut un fils de son mari. Vous remarquerez seulement, cher confrère, que s'il est parfois question, dans ces cas, d'opérations sanglantes, Ja matière médicale n'intervient pour personne. C'est la guérison miraculeuse dans toute sa simplicité, qu'il ne faut pas confondre avec l'ingénuité. Le fait est un peu surprenant vu la date assignée au texte. Car il me semble que non seulement dans les temples consacrés à Ksculape et à Apollon, mais en d'autres sanctuaires ouverts également aux malades, les prêtres indiquaient des remèdes antérieurement au quatrième siècle avant l'ère chétienne. Hais ce n'est pas l'affaire de votre humble correspondant.

Enfin, toutes les fois que nous avons fait, pour étudier l'action germicide, des bouillies avec le sous-nitrate de bismuth et le sang ou le bouillon de bœuf, et que noos avons placé sur ces mélanges le papier de tournesol, um l'avons vu rougir.

Tous ces résultats ne peuvent pas s'expliquer aotremenl que par le dégagement de l'acide nitrique ; d'où il résulta que le sous-nitrate de bismuth, sans être coagulant pu Isiinême, le devient par l'acide nitrique qui l'abandoiiie, el nous pouvons admettre que, mis en contact avec des »irfaces traumatiques, toujours humides, il laisse dégager ctl acide sur ces surfaces et par conséquent sur rembouehurt des capillaires qui y sont ouverts. Sans doute, le démt. ment doit être peu abondant, car nous avons calculé 1 |;ramme de sel dans 100 grammes d'eau distillée die i peine Of%063 d'acide, et il n'est pas probable que celle quantité-là se sépare à ta surface d'une pUie ; mais, si laitile que soit la quantité, ne suffit-elle pas, puisque l'acide nitrique est par lui-même très coagulant, pourcoagnlerlesin; à l'entrée d'un certain nombre de capillaires et les oblilérer; d'où une explication de l'hémostase plus ou moins iDjarfaite, qui suit Tapplication du sous-nitratede bisoiutlifiirlN plaies.

Haïs comme nous ne pouvons pas démontrer de rûut^e coagulation, ta présence de l'acide nitrique naissant qods permet de hasarder une autre explication. Plus abondant, il brûlerait; en si faible quantité, n'est-il pas astringent et ne peut-il pas resserrer les capillaires au |>oint de les fenur et d'empêcher la sortie du sang? nous aurions linsi den explications de rhémostase : l'action coagulante et l'utioB astringente de l'acide mis en liberté.

Et il y a place encore pour une troisième. L'hydrate dt bismuth, qui n'est pas coagulant, parait diminuer susa l'écoulement sanguin post-opératoire; ne serait-ce pas parce que cet oxyde est lui-même astringent et susceptible de r«serrer les capillaires dans une certaine mesure, auquel m l'action hémostatique complémentaire du sous^nîtrate de bismuth serait due, tout à la fois, et à l'acide nitrique el i l'oxyde de bismuth combiné avec lui?

m. Action antiphlo^istique. — En dehors de son utin hémostatique, le sous-nitrate de bismuth a, comme les autres antiseptiques, la propriété de modérer i'état inflammatoire et de donner aux plaies la frigidité. A quoi cela esl-îl dû? Et d'abord le sous-nitrate de bismuth est-il germicide? Car tainement il ne t'est pas à dislance, puisqu'il n'est pas volatil; et, comme, d'autre part, il est insoluble, on ne pe«i espérer qu'il détruirait tous les germes d'un liquide aans lequel on le ploDgeratt. C'est en vain <)u'après avoir vrfp*^ du bouillon de bœuf suivant les indications du docteur Hmu») nous en avons mélangé 100 grammes avec 10, 15, w ^

Ecole db médecine de G&bn. — Un concours pour uo de chef des travaux aaatomiques s'ouvrira lo 8 mars 1866, il'»'" préparatoire de médecine et de pharmacie de Caeu. Le regi^ d'inscription sera clos un moi§ avaut l'ouverture dudil concoi"^*

Ecole de hédecinb d'Alger. — Uo concours pour un «mplj" de suppléant des chaires d'aoatomie et de physiologie * ' ^" f de médecine et pharmacie d'Alger s'ouvrira le 3 février la Faculté de médecine de HontpelUer. La registre d'inscnp»(H> sera clos un mois avant l'ouverture dadit concourt.

Hôpitaux du Havre. — Le concours pour une place ^« f^J"^! gien-adjoint des hôpitaux du Havre, qui à eu lieu le t'^" courant, s'est terminé par la nomination de M." le doetear Leprc* vost, ancien interne des hôpitaux de Paris.

11 Septembre 1885 GAZIOTB HBBDOHA0A1RS DB HÊDBGIfW ET DE CHIRURGIE

30 grammes de soiis-nitrate de bismuth; nous avons trouvé ce bouillon rempli de microccoci, de vibrions annelés cl filamenteux, dés le deuxième et le troisième jour. Le sel s'était déposé au fond du vase, et, par conséfjuent, n'était pas resté dans un rapport assez étroit avec le liquide pour y détruire tous les germes de la putréfaction, s'il avait le pouvoir de le faire. Même expérience et même résultat avec le sang.

Hais nous avons réussi & empêcher la putréfaction, et, nous le croyons, à démontrer le pouvoir germicide par un autre procédé, qui a consisté à laire des bouillies, modérément consistantes, en mélangeant, au moyen d'une spatule, le sel, soit avec du bouillon, soit avec du sang. Nous mettions ainsi les deux substances dans un contact permanent; seulement il fallait empêcher la dessiccation, qui eût été prompte, si les bouillies étaient restées simplement à Tair ; pour cela, nous avons placé les petites cupules contenant nos mélanges (qui étaient gros comme des noix) dans une capsule plus grande, au fond de laquelle nous avions mis de l'eau, et nous avops recouvert le tout d'une cloche en verre, que nous enlevions tous les jours. La dessiccalion a été empêchée par l'évaporation incessante de l'eau, et nos bouillies ont conservé assçz de mollesse pour que nous ayons pu eo faire un examen quotidien au microscope. Or, tandis que le bouillon et le sang témoins, de même que d'autres mélanges faits avec les poudres de silice et de talc, nous ont offert des micrococci et des bactéries mobiles le troisième et le quatrième jour, les bouillies bismutliées n'ont eu aucune altération jusqu'au vingtième jour, époque à latiuelle nous avons cessé les explorations.

Donc le sous-nitrate de bismuth est germicide au contact, et comme, dans nos pansements, nous le mettons en rapport intime avec la surface traumatique, il doit empêcher le développement des germes qui pourraient avoir été déposés k l'avance, ou être amenés plus tard sur la plaie. Or, celle-ci ne devenant pas putride, c'est déjà une raison pour que t'inflammalion ne se développe pas, ou, si elle se développe, ne prenne pas un mauvais caractère ; mais cette raison ne suffit pas à elle seule pour expliquer l'absence de suppuration et la réunion immédiate. Elle n'explique pas non plus cet autre effet remarqué du sous-nitrate de bismuth, de diminuer la sécrétion séreuse et séro-sanguinolente consécutive. Sans aucun doute, celte dimitiulinn est liée étroitement au peu d'intensité des phénomènes inflammatoires. Mais pourquoi est-elle plus prononcée qu'avec l'acide phénique et l'alcool? Probabipment par suite d'une modification physiologique, que nous avons admise déjà pour les autres antiseptiques et à laquelle nous sommes amenés par voie indirecte.

Les médecins qui ont parlé des effets du sous-nitrale de bismuth dans les gastralgies et les maladies de l'intestin, n'ont pas hésilé à les attribuer ft une action sédative spéciale et toute locale sur les nerfs des organes douloureux ', ne nous est-il pas permis d'admettre une action sédative analogue snr les nerfs des plaies, et de croire que le sous-nitrate de bismuth et aussi 1 hydrate modifient ces nerfs dune façon mystérieuse, en vertu de laquelle la douleur s'atténue, les sécrétions consécutives s'amoindrissent, et les phénomènes inflammatoires se modèrent?

Nous aurions donc, comme explication complexe des phénomènes consécutifs à l'emploi du sous-nitrale de bismuth, une action coagulante, due à l'acide azotique naissant; une action astringente, due tout à la fois à cet acide et à l'oxyde de bismuth ; une action germicide et une action sédative toute spéciale, dues à l'ensemble du composé salin.

lY. Quoic|ue notre travail soil surtout physiologique, nous avons mciilemment soulevé quel(|ues questions pratiques sur lesquelles nous demandons à dire un mot.

1" Peut-on indifféremment choisir, pour les pansements, rhydrate ou le sous-nitrate de bismuth? Nous ne conseillons pas le premier, parce qu'il n'a guère été employé chez l'homme, et qu'il n'apporte pas aux plaies l'action coagu-

lante et constrictive que donne au sflus-nilrate te dégagement

de son acide.

2" Vaut-il mieux employer le sel en poudre, comme le fait H. Marc Sèe, ou préférer 1 arrosement adopté par H. Kocher? En poudre^ il a l'avantage de donner plus sûrement tous ses effets ; mais il a l'inconvénient de oe pas se résorber et de rester, à l'état de corps étranger, intimement combiné avec les tissus. Il est vrai que, dans aucune des disse^ons plus ou moins tardives que nous avons faites sur nos animaux, nous n'avons trouvé de suppuration concomitante, et nous ne connaissons pas de fait dan.s lequel cela ait eu lieu chez l'homme. Somme toute, le choix est à peu près indifférent, ^ la condition, si l'on emploie l'arrosement, de le faire très abondant, et avec un mélange au 50* plutôt qu'au 100*.

3° Doit-on compléter les sutures, c'est-â-dire fermer 1» plaie le jour même de l'opération ou remettre au lendemain (suture secondaire de H. Kocher)? Tout dépend, selon nous, de la quantité de, sang qui coule encore après l'opération* Si le sujet est de ceux chez lesquels, après 1 application du sel, celte quantité est assez grande pour qu'on puisse craindre une accumulation derrière la suture, il vaudrait mieux placer les fils, mais ajourner la suture au lendemain, en recouvrant la plaie d'une mousseline imbibée du mélange d'eau et de bismuth au 100*, avec un pansement compresssif par-dessus. Si, au contraire, le siyet est de ceux, chez lesquels l'hèmoslase est suffisante, on doit compléter la suture le jour même, quelques minutes ou quelques heures après l'opération. En un mot, nous ne voyons pas aujouro'hui d'autre règle à poser que celle-ci : fermer la plaie aussitôt qu'elle saigne assez peu pour qu'on paisse, en toute sécurité, se passer du drainage.

CONGRÈS SCIENTIFIQUE

(mmIvr de Grcaoltle).

(Pio. — Voyez les numéros 84. 85, 36 et 37.)

Traitement de la gangrène pulmonaire par les inspirations j)héniquée$. — U. Constantin Paul rapporte sept observations suivii:s de succès. Les inspirations sont pratiquées à l'aide d'un fiacon de construction très simple, grâce à une disposition ingénieuse dans la disposition aes tubes et des soupapes, qui assurent l'aspiration des vapeurs, sans permettre l atHux du liquide (solution phéuiqtiee à la proportion de 100 grammes d'acide phénique dans 700 grammes d'eau). Le premier efTet est l'arrêt de la putréfaction des tissus; après l'élimination des parties sphacelées. les crachats diminuent, la fétidité cesse, 1 ap^tit renaît, et la guérison peut survenir en moins de deux mois.

— H. Landowsky a étudié l'action caustique et destructive produite par le suc de VEuphorbia icterodoxa, plante qui croit aux environs de Pernanibuco, et dont le nom vulgaire est c alveloz >. L'action du suc de l'alveloz est celle d'un caustique énei^ique, mais produisant en même temps une analgésie comparable à celle de la cocaïne. Jusiju'à présent H. Landowsky a obtenu In destruction d'un épilbélioma du col, mais il a échoué dans un cas de cancrolde. Ainsi que l'a dit H. Daptûup, le suc de l'alveloz serait un escharotique, doué en outre d^in pouvoir digestif analogue k celui de la papalne.

— Dans le traitement de la syphilis, il faut souvent se conformer à l'adage énergique : c Aux grands maux les grands remèdes ». C'est pourquoi H. 5pt7/mann, dans le traitement du chancre phagédénique et des syphilides ulcéreuset, préconise le raclage avec la curette tranchante^Texcisua des bords décollés, la cautérisation au therroocamSi^&^p«i«r ment avec la liqueur de Van Sil^^sâ^ttak>^-^ I^

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 11 Sbptbnbre m

— M. Luton cherche dans l'applicatioD de sa méthode des injections intraparenchymateuses le moyen de faire pénétrer le mercure à l'état métallique, et pour cela il injecte le médicament dans les muscles eux-mêmes ; quinze observations démontrent l'edicacité de ce mode d'administration du mercure» qui convient surtout dans les cas graves de syphilis.

— H. Deithil poursuit avec persévérance la vulgarisation du traitement de la diphthérie par les hydrocarbures, et il apporte de nouvelles observations à l'appui de sa méthode.

— H. Arduin ex|)ose les propriétés physiologiques et thérapeutiques de Vantipyrine (voy. Gazette hebdomadaire).

— M. Boucheron appelle avec juste raison Tattention sur le traitement diététique dans les affections arthritiques des organes des sens.

Parmi les moyens diététiques les plus puissants, dit-il, il faut choisir l'alimentation peu azotée aver ou sans abstinence des boissons alcooliques selon la gravité des cas. Il cite comme exemple l'expérience séculaire qui a été pratiquée à la Grande- Chartreuse. Le régime des chartreux est le suivant : en été, deux repas composés de poisson ou d'œufs, de légumes, de fruits, de lait, de vin (3/4 de litre par jour) ; en hiver, un seul repas et une légère collation. Le sommeil est coupé en deux parties... ajoutez l'habitation à la Grande- Chartreuse, la règle monastique, et l'on évite ainsi la goutte, avec de grandes chances de (fevenir centenaire... On ne dira pas que les Chartreux se creusent une tombe par leurs excès, mais c*est là une hygiène peu facileàsuivre pour les habitants des villes; ce qui n'empêche pas que H. Boucheron ait raison de chercher des enseignements dans les résultats obtenus depuis 1804, et qui prouvent qu'une alimentation peu azotée n'est pas nuisible à la santé, et que par conséquent il y a lieu de l'utiliser chez les arthritiques.

— H. Grasset adonné lecture d'une importante Étude de thermométrie cHniquej dans laquelle il s'est appliqué à résoudre un problème qui a occupé les cliniciens pendant longtemps, à savoir l'appréciation de la quantité de chaleur émise [)ar le corps dans les divers états physiologiques ou pathologiques. Le thermomètre, tel qu'on remploie, ne nous renseigne que sur la résultante de la quantité de chaleur produite et de la quantité de chaleur perdue. Suivant H. Grasset, il y a un moyen facile et pratique d'apprécier le pouvoir émissif des corps. Il suffit pour cela d'apprécier la vitesse avec laquelle la colonne mercurielle s'élève dans le thermomètre. Tous les médecins ont remarqué que le thermomètre atteint plus ou moins rapidement le point le plus élevé de la température des malades; or cette vitesse d'ascension variable peut être facilement mesurée, et avec une précision sufflsante pour l'observation clinique. Voici comment l'on devra procéder. On se sert d'un thermomètre ordinaire, mais le réservoir doit être un peu plus fort et la

tilde {q, on place le thermomètre dans l'aisselle, en tenant la montre à la main, on lit la température après une minute ti, puis on lit la tem^téralure Anale T, comme d'habitude. Le rapport de l'ascension du thermomètre pendant ta première mmute t^ — tQ,k l'ascension totale T—tn, donne un nombre £7, ^ue M. Grasset considère comme représentant le pouvoir emissif du corps. Les résultats ainsi obtenus font constater que le pouvoir émissif n'est pas proportionnel à la température du corps, ils peuvent même être en sens précisément inverse. Ces dlfTérences n'étonneront pas les clmiciens, qui ont tous eu l'occasion de remarquer que deux sujets, ayant ihermométriquement la même tem|)éralure, présentent au toucher des sensations thermiques trèsdilTérentes : c'ost ce que les anciens appelaient les « qualités » de la chaleur; or, par le procédé de M. Grasset, nous avons le moyen d'apprécier scientifiquement et de mesurer I

ces qualités si utiles à connaître au point de vue du dit gnostic.

— M. /fay^m décrit unprocédé d'examen clinique duplatma sanguin qu'il a utilisé dans des recherches nombreuses. Le bras du malade pend durant quelques minutes, dit-il, et, par une piqûre faite au bout du doigt avec les preua. tions ordinaires, on extrait ï centimètres à i centimétrrj cubes et demi de sang, qui est recueilli dans une peti^ éprouvette à pied. Le sang est laissé au repos : en hirer,diDS un lieu simplement frais; en été, dans une petite caisse ménagée à la façon d'une glacière. Le sérum se n88<>mble bientôt à la surface du liquide, et en quantité suffisaote pour être étudié et analysé au moins dans ses propriétés phrsiques. Les diversités dans la réaction et la coloration du sérum sanguin peuvent se résumer ainsi qu'il suit, laréwtion est alcaline, elle varie très rarement; dans le choléra seulement elle est acide. La coloration à l'état nonul est d'un vert tendre, celui d'jino pomme non mûre; elle est modifiée dans les nuances de la coloration normale, sortom dans l'ictère; on trouve dans le sérum des ictériques la réution de la biliverdine, alors même qu'il s'agit de confKfiw hépatit^ues légères, et enfin dans Victère némaphéi^K.\ja colorations anormales sont constituées par la diâolnlin d'une certaine quantité de l'hémoglobine des globules roqei, c'est le « sérum laqué » des anciens auteurs.

— M. Pierret (de Lyon) Ut un mémoire sur la $eUm des tractus moteurs cérébro-spinaux sans atrophie nun-

laire.

Les auteurs s'accordent à déclarer que le substratum mlomique du tabès dorsatis apasmodifue ne peut être uilre qu'une sclérose simple des cmxions latéraux de la moelte épimère. Cette vue est exacte, mais incomplète. Entrevue pir Turck, cette lésion a été reconnue, pour la première fois, pir MM. Ghareot et Bouchard, chez une femme hystérique restée définitivement paralysée.

Aux observations publiées par Charcot et Bouchard, Weslphall, ûreschfeld, StolTela, l'auteur ajoute :

L'une, déjà ancienne, caractérisée cliniquement par une parésie spasmodique généralisée, sans atrophie musculaire, mais avec affaiblissement de l'intelligence ;

La seconde, communiquée par M. le docteur Bouveret, très analogue aux cas de Westphall ;

La troisième, très importante, concerne une femme inorle dans mon service de l'asile de Bron et chez laquelle j'avais, depuis trois ans, affirmé l'existence d'une sclérose svmé- Irique des tractus moteurs sans altération des cellules d» cornes antérieures, médullaires ou bulbaire. Le syndrooie clinique était, avec un grand canu:lère de généra lisatioa. celui décrit par Ërb, Charcot, Kctous, c'est-à-dire une pvésie spasmodique de tous les muscles, avec exagératim des réflexes, trépidations épileptiformes, enfin une véritable démence idéu-motrice. L autopsie a confirmé le diagnoslif-

Ea résumé, le tabès dorsal spasmodique existe an double point de vue clinique et anatomique, mais les caractères sjnplomatiques et anatomiques en fout souvent une maladie cérébro-spinale. Proche parent de la sclérose latérale aiofotrophique, il n'eu est peut-être qu'une forme lente ou incoffl* plète.

— Nous devons encore citer avec distinction les cnmmunications de H. Spillmann, Contribution à l'étude df U fièvre exanlhêmatique butbeuse; de M. Bernheim, saroe^ observations de gangrène et artérite dans la fièvre (y-

Shoide; de M. Huchard, sur Vangine de poitrine vraie; op [. Gosse qui a démontré par une série de pholo^rAphies les applications que ce mode de reproduction exacte peut avoir en médecine légale; enfin quelques éludes iuleressantes sur l'histologie et ranatîrml&'flariDj^lV:^^'^^ j M. TroUard, sur les /»iti=««iiai?^aliïIJA^A/«. df

11 Septembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

M. ReHaut, sur Yhittohgie de la couche de revêtement des extrémités articulaires des synoDÛifM, et une eompoeition remarquable de la texture du corps muqueux et des fibres unitieesdes cellules du corps muqueux de Malpighi; celte dernière a été faite à la section de loologie, et, puisque nous sommes amené à parler de eelle-d, nous ne pouvons nous dispenser de signaler les travaux suivanls: de M. Carlet, sur \e procédé opératoire de la sangeue: de M. Yung, Becherches expérimentales sur la sexualité chez les animaux^ et en particulier sur Finfiuence <f un mouvement de vague sur le développement des larves de grenouille; et, pour terminer, l'étude de H. Bermann Fol, sur la^u^ de F homme.

— Nombre des travaiix que nous n'avons fait que citer eussent mérité une analyse dans un compte rendu complet du Congrès, mais nous aurons certainement Toceasion de les retrouver dans d*autres publications.

SOCIÉTÉS SAVANTES

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