A HONSIEUR LE PRÉSIDENT DU COMITÉ DB RÉDACTION
Monsieur et très honoré confrère,
Dans nn article empreint d'un excellent esprit médical, le docteur Pécholier rappelle la «Iti/fe/ac^ion éprouvée par Itii el par d'autres en entendant, au Congrès d'Alger, H. le professeur Verneati parler du paludisme héréditaire, et cette stupéfaction nr semble pas encore dissipée {Gaz. hebd., 30 janvier 1885).
Certes je n'oserais pas encore me déclarer convaincu; mais je crois pouvoir profiter de cette occasion pour ûiire connaître une observation prolongée pendant de longues années, qui m'a toujours fortement inirifue> et in'a fait plus d'une fois me çoser in petto cette question de l'hérédité de t'iinpaludisme, que je n'au' rais pas osé énoncer tout haut, dans la crainte légitime d'être traite de paradoxal. Je me consolerai maintenant aencourir les mêmes reproches en aussi bonne compagnie.
Un de mes clients, que je suis de très près, contracta en tStil , sur les bords de la Gironde, une fièvre iatermittente^ qui, ^r&ce à ses imprudences et au puissant soleil d'août, fut très intense, avec accès quotidiens de douse heures, mais rapidement coupés par la quinine.
L'imprégnation avait été puissante, mais rapide, car c'est à Paris seulement qu'au bout de quelques jours fa fièvre apparut, et depuis ce temps il n'a jamais habité un pays suspect sous ce rapport.
L année suivante, plusieurs accès se moniréretit du printemps i l'autOinne, pois ue se renouvelèrent plus sous cette forme.
Jusqu'à ces dernières années, et sous toute influence vulgaire, reparaissaient des accidents intermittents, surtout névralgiques, dont la quinine seule pouvait avoir raison.
Ce client s'est marie en 1869 et a eu trois entants, qui n'ont jamais quitté notre sone, où la fièvre intermittente est aussi rare que possible.
Ces enfants n'ont jamais contracté de fièvre paludéenne, mais sont sujets à des affections catarrhales fébriles, répétées plusieurs fois pour chacun d'eux ; les choses se sontpassées invariablement de la même façon : une angine catarrhale, parfois à forme pultacée, disparaissait assez facilement; mais la fièvre revenait tous les jours, dans la deuxième moitié de la journée, sans avoir aucune tendance à diminuer, jusqu'au moment où la quinine la supprimait à coup sûr après un seul accès déjà diminué. Le fait s'est passé plusieurs fois pour chacun des enfants, ce n'est qu'à
Eartir de l'&ge de dix à douze ans au plus lAt que j'ai ru l'accès abituel diminuer spontanément pour disparaître au bout do quelques jours.
Plusieurs fois, dans la période dont j'ai parlé, j'ai essayé de laisser agir la nature, et au bout de trois ou quatre jours d'attente j'étais obligé de recourir, et toujours avec succès, au fébrifuge.
La première fois je fus assez inquiet de voir cette laryngite, si bénigne en apparence, se prolonger ainsi et chaque matin, aprt*s une mauvaise nuit, je craignais de voir apparidtre une vruie diphlhérie.
Le succès péniblement cherché m'indiqua la marche & suÏYre dorénavant pour tous les membres de cette famille. Mais ce n'est que bien lentement que se forma dans mon esprit c stupéfié > aussi, cette idée théorique du paludisme héréditaire.
La mère de ces enfants, qui ne les a jamais quittés, n'a jamais rien prouvé qui piit &t rapporter au paludisme, et la seule affection fébrile dont elle ait été atteinte depuis seiie ans fiil une légère dothiénentérie.
Je vons prie d'agréer, etc.
JJ* BCartel,
Sainl-Mde, 31 janvier ISS6.
DigitizeoDy
6 FÉVBiin 1«85
SOCIÉTÉS SAVANTES
âmMwle 4mm Mlmow.
SÉANCE DU 2 FAVHIBR 4885. — PBiSIOENGE DE M. BOULBY.
Aussitôt après Tadoptioa du procès-verbal, le président propose à l'Académie de lever la séance, aQn de rendre un solennel hommage à la mémoire de M. Dupuy de Lôme, le célèbre ingénieur, membre de la section ae géographie et navigation, décédé hier, 1" révrier 1885, à l'ftgede soixantequatre ans.
Mmmàémim 4» mtàwitâmm.
aAjMCB DO 3 FÉVRIER 1885. — FBftSIDENCE DE M. BEBGERON.
H. la 4inclMr in Iman ds pMïa aorcia plulaws csMifiUm i'aa Rapport général ds ta CMaiIaiiM daa loftaenu tnMtebm ét la Villa de Paris pttndoai Jbs «iw<ei iSn i 1883, rédigé pir M. le doetaar 0. Du Homil.
11. le duetear DcUril envole un PU cacheté, dont le dépAI est iccepld, et qui iwifomo m mdnwlre aur l'écmmiUênnagc antUeptique ic ta taviU utérine.
H. la doeleur XoximidNM (marguia d« CarvalM) (da Rî»-de-Janeîn)) adraau unu lettre ral>li*e A la preiueliM ic toxone et à i«» tHjïiMAca Mur le» ipidéfniti.
H. la Joctenr Mtrtt (da Bi|iio»-inrabeaa, Loiret) etrtoia une leltrc lur le (niitewient d< la dipAlUrte. pour le «oMaura da Prii Saial-Paid eo 1886.
H. le PriMtnt bit bonuMga d'«a anmoira da V. la doctepr /tacM aor le ekol/ra dtfiM r renne.
H. le Secrétaire pêrpétuel déposa : 1" an nom da M. la doclanr Henri Cueneau de Ifttftv. nna braelMre ayant pour titre : CmUr^Hm A tituie de i'hlelerigtte de la fièvre twpMtde: 9* da la part HM. le* dwtaan Ae«iMi« et Boaekard. la qaitrièHM édition de leun Sowtetux ilémenti à'anatomie descriptive et d'emirt/Dlofie; 3° au nom da H. Ic docteur OfJot (de Bordeans). no radmoira imprimé ■ar ie iiige et ta direeliofl dea irraii^oiu eapêulairet cfMr$ée» de frontmeUre la parole; ¥ do la part do H. le docteur Jtaphaei (de Proviaa), un Suai iur le titatimu et lur {«aideaiiiame de lë «le; S* au nmn de V. fenderiitiden, une jrptiee Mefertf ne («r riTiilverefld de BrustUe» ie 18S4 i IBSt : 0> de la part de H. Seklgen, leCanvle rends deKPMWUCl de la filiMUim de la 5oeldld nMfdico-cAiriirficale de ti^e en 1881 ; 7* au uora de M. la doeleur Ar«rlen (de New-York), un nidmoîra imprind, ajani pour titre : The eye at an atent in eauaing herdocAei and «Mer neraoïM die hirtaneee.
H. le SeeréuUra uimuH prdaonic : 1* an mm da H. le doetsur renirdîni (da B«4oeae), nn nénaire imprimé, en langue italienne, aur l'emploi de l'ipicacuanha à hauiet éotu dont la pneumonie froHctie i° de ta part de H. le docteui Fober, an mdmoîronuauacril, ea langue espagnole, reUtlt à rin/lueiice du climat de Quito »ur la phlhitie puiiiionafre.
H. jlrmand Gautier fait homoMce, de la part de If. H. Féry, d^in mémoire imprimé aur la eenv***'**» comparative de* laiM de femme, idneue, de vaektet lté chivre.
H. itrondrd^t prétonle lo Compte rendu du Congrit d'hygiinc induelrtelle UHU à Amen le» 36 et S7 >willet 1880.
M. Jfatirice i>errln oOire, an aern do MM. lea doctaart Pouiei et Bâtututt» agrûséa de l'Ecolo da Val-de Crfce. lea deni premien Tolaawa de laur TraiU de palfiolegie eMrvrgiei^.
H Uon CMh dépeee. de la part do M. le docteur WeU, laédecio-nuyor, la Jlelatimt étiolagiiae. uuanaerite. d'une ipiUme Ae fté»r» tgpMdt Ofanj advl à Gap en jtitUet 1880. — (CamMiaiion dte épUJmiei.)
H. LionlAbhi pnîacoie an ai)pareîl destiné à facililer les Injoctioa* uléro^a|;înalca, appareil eoaatnùt par M. Maiiaad, tar les iadicatkma do M. \f doclcar r»anfieaM (do Hob), et dépoae aae Noie de M. la doelaur Chdran, aar ta reefcarfe de* occHmalafeara dHfalfMMaiildre.
Prix Capuron. — H. GrUniol lit un Rapport sur le concours pour le Prix Capuron en 188i, dont le sujet était : TravmaHme a groume^ leur influence réciproque.
Palatorrhaphie et staphylorrhapbie. — Dans la communication ^u'il fit à la fin de l'année dernière sur les résultats fonctionnels de la palatorrhaphie et delastaphylorrhaphie, H. Viysse Trélat fit remarquer qu'il y avait certatn.es circonstances capables d'influer sur Texcellence du résultat fonctionnel, en particulier ce fait que le malade est appelé à apprendre une langue étrangère immédiatement après l'opération. A l'appui de cette opinion il présente un jeune Roumain au'il a auUvfois opéré d'une division occupant la moitié ae la voûte palatine et U totalité du voile; après l'opération, il a appris le français, et c'est dans cette
langue qu'il adresse quelques proies de remerciements, en excellents termes et sans le moindre vice de prononciation, h l'Académie et à H. Trélat. L'opéré et l'opération sont salués d'unanimes applaudissements.
Dépopulation de la Frange. — H. Xunier examine quelques-unes des causes de la diminution d'accroissement de notre population par rapport à. celui des nations voisines. Le nombre des enfants nés par ménage est descendu de 4,23 à 3, grâce surtout & l'avortement préventif qui remplace laidement en France l'avortement véritable de jour en jour plus fréquent en Angleterre et en Amérique; le commerce fournit de plus en plus des engins spéciaux dont les femmes se serrent, non plus pour se préserver de la syphilis, mais pour se |)rémunir contre la conception: on vend en grand nombre des instruments dits pessaires de ronds, qui sont utilisés pour le même usage; d*où 1 accroissement du nombre des maladies utérines. Il serait nécessaire que les médecins missent leur clientèle en garde contre les dangers de telles pratiques. — Quant à l'augmentation du nombre des mort-nés, U tient surtout à ce que l'on déclare souvent comme tels des enfants victimes d'un véritable crime d'infanticide ; et il faut attribuer ces crimes à l'abolition des tours; il faudrait, comme le demandait l'an dernier le Congrès international de la protection de l'enfance, que, dans les pays on la loi ne permet pas k la fille-mère de contraindre son séducteur ii contribuer à la dépense de l'enfant, prendre les mesures nécessaires pour lui assurer le secret en cas d'abandon de l'enfant au bureau de l'hospice dépositaire et dans ces mêmes
Jiays établir des maternités où le secret serait garanti aux ëmmes qui viendraient y faire leurs couches. — Enfin, si la mortalitéi de la première enfance est considérable en France, elle Test d'autant plus que la loi Roussel est moins bien anpliquée ; dans le Calvados elle est descendue à A pour 100 ; il faut que l'exécution de cette toi soit assurée et devienne obligatoire dans tous les départements; car, si la mortalité des nouveau-nés descendait aans chacun d'eux à lOpourlOO, chiffre moyen auquel elle tombe dans les départements où on l'applique, ce serait un bénéfice de 150000 existences pour la nation tout entière.
En conséquence des considérations qui précèdent, H. Lunier propose les conclusions suivantes : 1" demander aux pouvoirs publics d'étudier des dispositions légales ayant pour but de faciliter les mariages^ d'autoriser la recherche de la paternité, d'accorder des primes ou des dégrèvements d'impOts aux parents ayant plus de deux enfants, etc.* 2* de rétablir les tours ou tout au moins d'adopter des dispositions légales garantissant le secret à la mère qui abandonne son enfant au bureau d'un hospice dépositaire ; 3" d'appliquer plus strictement les excellentes prescriptions de la loi Roussel et d'étendre la protection de l'Etat aux enfants moralement abandonnés.
Pour M. Léon Le Fort, le tableau, ainsi qu'il le disait à la dernière séance, n'est pas tout à fait aussi sombre que les précédents orateurs l'ont fait. En effet, en 1872. la France comptait 35 728 000 habitants ; neuf ans après, elle s'élevait À 37670000, soit 1943000 en plus; les chiffires antérieurs i la giierre coirenwBdaieat i un doublement en 198 aas; les diiff^s actuels correspondent ft un doublement en 117 ans. Cette meilleure situation tient sans doute à ce que la diminution de la durée du service militaire a favorisé le mariage d'un plus grand nombre de jeunes gens. De même, depuis 1872, le nombre des enfants par ménage s'est légèrement accru de 1/10", il est ai^'ourdhui de 3,1. Par contre, le nombre des enfants illégitimes, dont la mortalité est si considérable, s'accroît de plus en plus ; la recherche de la paternité permettrait-elle d'y porter remède et d'obtenir les excellents résultats qu'on en a recueillis en Angleterre, oû i Londres, par exemple, gr&ce à 4^i^QÇ^FH>I!f^ proportion des enfants iIlégitim#iejtt^$>^9itFt0cM^jEA^
ti FÉvitiRB 188r>
r^nts légitimes, tandis que clieit; nous elle est de 30 pour 10U.; Mais çn Angleterre les enfants se marient sans dot, il n'^ a aucune raison pour en limiter le nombre; il est loin den être de même chex ilous. Peut-pn transformer à ce point nos .mœurs?