SÉANCE DD 28 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDENCE D£ H. DUPLAY
BtattsUqoa 4m ènndpUM do serrtoa dm M. X>Mvrta. — 4rtbrttM
blennorrhaglquM, rapport : X. Horteloup. — ûBtiopbjrtft aprt* amputation 8ous-p6rio8tèa : H. DumesnU (de Rouen). — Êtiologie du tètanoB : M. Largar. — PrËnentatton da malade : H. M onod.
M. Despré$ présente la statistique des érysipèles qui ont été traités pendant l'année dans son servîpe. Ils sont au nombre de 13; 5 se sont déclarés dans les salles, 6 sont venus de l'extérieur. Ces chiffres prouvent, dit-il, que les érysipèles ne sont pas plqs fréquents dans un service où l'on ne pratique pas l'antisepsie, que dans ceux où Ton observe toutes les règles de cette méthode.
— M. Horteloup lit ifn rapport sur un travail de U. Bousquet (du Vai-de-Gràce), touchant la pathogénie des arthrites blennorrhaf^iques.Deux observations lui servent de base : dans la première il s'agit d'unjeune caporal, qui, dans le cours d'une hleunorrhagie, fut atteint d'une arthrite aiguë de l'articulation sterno-claviculaire gauche et éprouva quelques jours après des douleurs violentes dans la région du pH de l'aine et qu'on jnit, ftn raison de l'intégrité manifeste de l'articulation cokq*' fcmorale, s^r le compte de i'iiiflvnm^Qn d'une fies bwrses fiériartic|ilaire^. Peu i peu |M pbénppi^.091 inO^muteires rér
trocédèrent et le malade gu^it sans laisser de trace.- La deuxième observation est relative h un jeune homtne atteint égalementdeblennorrhagiaetquifut prisd'une arthrite sternoclaviculaire subaiguë avec épanpberoent considérable, distension de la capsule et ouverture à l'extérieur. L'examen des liquidée, qui s'échappèrent par U plaie, yfit constater la présence du gOQococcos de Neisser. Le malade se rétablit aprè4
Quelques semaines, mais conserva un goaQement assezconsiT érable de l'extrémité interne de la clavicule. Cette dernière observation est un exemple d'une terminaison deTarthrite blennorrhagiqne naguère encore niée par un grand nombre d'auteurs et qui ne saurait faire de doute pour personne aujourd'hui. Toutes les deux montrent des types de l'inflammation aiguë des articulations dans la blennorrhagie et viennent à l'appui des opinions émises à ce sujet par H. Duplay et son élève, M. Brun, qui les a brillamment exposées dans sa thèse. L'interprétation des manifestations articulaires de la chaudepisse ne pouvait soulever il y a quelques années que des hypothèses ; mais la découverte du gonococcus permet actuellement d'appuyer sur une base solide la pathogeuie de ces accidents; la constatation du microbe. dans les lic|uides inflammatoires issus de l'articulation slerno-claviculaire dn deuxième malade de M, Bousquet est une démonstration évidente de l'exactitude de cette interprétation. La blennorrhagie crée donc une maladie infectieuse susceptible, (:omme tant d'autres, de manifester ses effets du cété des articulations.
H. Després fait remarquer qu'il y a longtemps que M. Cullerier a dit que la Uennorrhagie développait un état constitutionnel capable de détermination sur l'iris, la conjonctive, les articulations.
H, Terrier rappelle que l'on a observé des arthrites chei des malades cbe; lesquels on avait artificiellement provoqué une coB|oncf iv ite blennorrbagîque d^ins le but de guérir des granulations.
— M. DumesnU (de Rouen) présente un volumineux osléophyte développé sur le fémur d'un homme de plus de cinquante ans, qu'il avait amputé de la cuisse par la méthode sons- péri ostée. Cet individu non diabétique, mais athéromateux, avait une gangrène du pied et de la moitié de la jambe survenue k la suite d'un léger traumatisme. La gangrène étant bien limitée, H. Dumesnil fit l'amputation de la cuisse au lieu d'éleclion en taillant un lambeau antMur et en appliquant sur la surface de section de l'os le périoste préalablement disséqué en manchette. Tout alla bien pendant les premiers jours, lorsque surrint subitement une première hémorrhagie, Lientôt suivie d'un certain nombre o'autrMt qui conduisirent à pratiquer la ligature de la fémo* raie. Le malade n'en succombait pas moins quelques jours après, non à la suite de nouvelles hémorrhagies, mais à la suite de l'anémie profonde dans laquelle il se trouvait. L'autopsie a montré la non -oblitération osseuse du oanal médullaire, mais l'existenoe d'un volumineux ostéophjrle situé sur la ligne âpre et mesurant une hauteur de S centimètres. M. Dumesnil s'est demandé si la production de cet ostéophyte ne doit pas être mise sur le compte de l'amputation sous-périostée. II n'hésite pas à répondfe par l'affirmative; jamais dans les nombreuses amputations qu'il a faites sans conserver le périoste, il n'a constaté pareille production : la possibilité de cet accident est doue à mettre au passif de la, méthode sous-périostée.
M. LeDentu dit que, pour lui, on ne doit jamais pratiquer d'amputations sous-périostées chez les enfants, à cause de la
fmissance ostéogénique de cette membrane k cet âge. Il l'a ait une fois et a été obligé de réamputer le petit malade quelque temps après. Chez les adultes il a mis en pratique un très grand nombre de fois le procédé ^^4^tWV^)/> n'en a jamats-éprouvé d'inconvénim'^^^^ V:>OOy LC
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M. TrAlat fait depuis quelque temps Tamputation sous-
Sèriostée, il s'ea est toujours très bien trouvé. La pièce de i. Dumesnil ne plaide pas contre cette manière de faire, car on voit que l'osléophyte siège justement sur In ligne âpre en un {)oint où le périoste n'a pu être rcappUqué, car il est impossible de le décoller à ce niveau ; dans tout te reste de la section osseuse où le périoste a été appliqué il n'existe aucune trace de végétation.
M. Vemeuil n'a jamais pratiqué d'amputation en conservant le périoste; il n'a jamais observé d'ostéophytes; il servît donc assez disposé à incriminer, dans le cas de M. Dumesnil, le nouveau procédé. H. Verneuil ajoute que l'observation
Srécédenle est une nouvelle preuve de l'influence fâcheuse u paludisme sur la marche des blessures.
— H. Larger Ut un travail intitulé : Considérations sur l'étiotogie du tétanos. Il a été inspiré par l'observation des faits suivants. It y a quelque temps, H. Larger fut appelé en consultation par sou confrère le docteur Labarrière (de Poissy) près d'une femme d'Achères offrant tous les symptômes uu tétanos te plus franc, sans traumatisme capable d'abord de l'expliquer. Cependant, en se<lîvrantà une enquête sérieuse, on apprit que le D octobre, c'est-à-dire près de trois mois avant, la malade était tombée sur le coude dans la cour de sa ferme, et s'était fait une petite plaie contuse rapidement guérie. Gr&ce à l'administration de fortes doses de chloral, la malade se rétablit en quelques semaines. De mémoire d'homme on n'a vu à Achères le tétanos atteindre l'espèce humaine ; par contre il est assez fréquent chez les chevaux et notamment dans la ferme habitée par la malade il a sévi avec intensité il y a dix ans. M. Larger se croyait donc déjà en droit de voir dans le traumatisme antérieur de sa malade ta porte d'entrée des germes du tétanos, lorsque d'autres faits d'une petite ëpidéniie observée à Thèpital de Poissy sont venus le confirmer dans cette opinion. Il s'agit d'un homme qui, blessé à Carrière-sous-Poissy, où de nombreux cas de tétanos sur les chevaux ont été observés, fut transporté à l'hôpital de Poissy et devînt le point de départ d'une série de quatre cas de tétanos développés dans cet établissement, depuis un temps immémorial indemne de cette affection.
De tout cela H. Larger conclut que le tétanos est épidémique, qu'il peut à un moment donné devenir endémique dans une localité, que l'agent de la contagion séjourne dans le sol et qu'il ne semble pas transmissible par l'air.
H. Terrier rappelle qu'on a fait un très grand nombre d'expériences pour démontrer l'inoculabilité du tétanos, et que toutes sont demeurées négatives. H.Nocarta publié dans les Archives de médecine oétirinaire le résultat d'expériences faites d'après les procédés de Pasteur pour la rage : hnocolalion du nquide céphalo-rachidien et de la substance des diverses portions des centres nerveux n'a fourni aucun résultat. Pas plus en médecine vétérinaire qu'en médecine humaine on n admet aujourd'hui rînoculabililé du tétanos, malgré les opinions contraires de Roser, de Biliroth et autres.
H. Polaillon a vu trois cas de tétanos se succéder dans son service au printemps dernier. Sur un des cadavres encore chaud, il prit uu morceau de nerf médian et en inocula un lapin sans résultat; il ne fut pas plus heureux avec des fragments du bulbe et des autres parties des centres nerveux.
H. Terrier (aii remarquer que le lapin n'étant pas susceptible d'avoir jamais le tétanos ne convient pas comme réactif.
H. Després proleste contre cette nouvelle théorie microbienue de la contagion d'une maladie qui relève simplement du froid, ainsi que tous tes faits cliniques t'attestent.
M. Tréiat ne trouve qu'une hypothèse dans l'explication des faits intéressants rapportés par H. Larger: il voudrait
qu'on lui montrât le microbe incriminé ou iHen desiHcij. tions positives.
— H. Monod présente le petit malade atteint iiiMn^ pour lequel il a sollicité les conseils de ta Soâélé il i quelques mois. Il l'a opéré, et le résultat est eicelleni. '
Alfred Poussoir.
SÉANCE DD 31 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDEHCE DE I. ii5at VICE-PRÉSIDENT.
HouTamaitta des mnwdM «m rigidité ouUtTèriqiw : M. ton*. quard. — InhlUtlon et dynamogénle dm nraadn nqMM par Irritation unUatérale dt la protubêranoe : K. Brown-ttqut
— Pmrlt nerrsux par abns dn oaîé : M. Brown-SèqiMri-lw floatlon du RooUng-lUorotoiiw : MK- Hannagur M VI^hL gresalon deatoUlonla OTaitoiu : K. lAoIanlé.— OnBm tndtaan MM. Fu^n et Assafcy. — TroaMoa de looomotionputtÉHH veusea ohes 1m Inasotea : M. R. Dnbola. — MooTaïamitM» tu* : M. Arlolng. — Faits oontraJru aux looaUMUMMiM M^ Dnpuy. ~- Ol^eotioiia A la ttated* dm kraUiiMlin M. MalasMz. — Rapports da la tailla «t dn njaa dimtatli la oornèe : M. Javal.
H. Brown- Séquardf poursuivant son étude sd lt> mouvements des muscles en état de rigidité dite odsirique, i^oute aux résultats qu'il a déjà signalés, \u n mouvements rythmiques décrits par lui (allongeiuil-f: raccourcissements alternatifs) s'observent sur des ai^ absolument rigides. Ces changements d'état exclaent [vit' autres raisons) l'hypothèse déjà vieillie de U coagulitioo 3c la myosine.
— H. Bromn-Séquard signale le fait iatéreswlfc arrêt complet des mouvements du diaphragme, coIiKiiItt; avec un énei|;ique fonctionnement des muscles ialer«Kl»i (rotation complète des côtes autour de leur axe loit{itDdinl': ces phénomènes d'inhibition et de dynamogénie sinultur ont été produits par la galvanisation de la moitié gauche de pont de Varole.
— M. Brown-Séquard rappelle deux cas depnmiwveux, l'un vulvaire, l'autre anal, dus â l'usée da café elfL ont cédé à ta suppression de ce stimulant.
— HM. Ueanemy et Vignal ont fait subir au t hàÎH- Microtome » de fa Société de Cambridge, une modifif^^ avantageuse, qui consiste à régler d'avaace lenoinbR'W dents qui doivent être saisies par l'encliquetage pour une épaisseur de coupe déterminée.
~ H. Laulanié adresse uine note sur les procédés régression des follicules ovariens chez quelques fenieltr<« mammifères. Il a constaté Tabsorption du vitellus cellules migratrices qui percent la zone vitellîne et sej'*' stituent momentanément au contenu vitellin. ^J^^ les disparaissent à leur tour, ou bien, par une «•^''JÎJJ* de substance conjonctive, elles forment un noyM étroitement embrassé par la membrane vitelline.
— MM. Fargin et Assaky ont fait deux séries dsr riences sur la greffe tendineuse. Dans la première sent ont eu recours à la méthode des IransplanUtionsenireiv; maux de même espèce : les animaux (lapins et ^^'^^A subi la résection de 3 centimètres du tendon ; perte de substance a été comblée par une portion de w de même longueur empruntée à des animaux de la espèce. La réunion par première intention a at toujours obtenue, grâce à une méthode antjseplHIii* ^ reuse, et la réparation s'est faite d'une **|.-:. santé. Dans la seconde série on a transplaalé àd»' ij. des fragments de tendons de chjens ou de ipfutoiiSi,* chiens des morceaulii^jt«idlopi
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6 NovsxBBB mb GAZETTE HBBDOHADAIR£ DE MËDBGINB ET DE CHIRURGIE — N* 45 - 733
tendooi d'oiseaux et réciproquement. Blêmes résultats favorables.
Les auteurs ont vu en outre que, sans remplacer une portion de tendoa réséquée par un fragment tendineux, mais en établissant entre les deux surfaces sectionnées un trait d'union avec des &ls de catgut (ainsi que Glûck Ta tenté sur riionime),on obtient une régénération beaucoup plus rapide et complète qu'en abandonnant la réparation à la nature. Hais, ajoutent-ils, les avantages que l'on peut tirer de ce dernier procédé, seront toujours moindres que ceux d'une greffe animale produisant en quelques jours un tendon normal.
— M. Dukoù a étudié, au moyen des traces laissées par les pattes des animaux sur le papier enfumé, les troubles de la locomotion qui résultent de la lésion des divers points do système nerveux central des insectes. Un fait assez remarquable, au point de vue de la physiologie générale, c'est que
?uand un trouble de locomotion déterminé a été provoqué par exemple la marche en cercle), ce trouble persiste quand l'animal vient à être décapité. La même observation a été faite sur des anguilles; il semble donc que les parties du système derveux central, qui sufasifttent après décapitation, continuent k subir l'influence d'une impulsion anormale, reçue précédemment de la part des centres supérieurs lésés.
— H. Arhing dépose une note sur une d>servation de « dissociation et association nouvelle des mouvements instinctifs sous l'influence de la volonté ». De cette étude ressortent les conclusions suivantes : 1" les mouvements des animaux sont d'une seule et même espèce ; â" les mouvements instinctifs sont une simple variété de mouvements volontaires, devenus automatiques ou héréditaires ; 3" les mouvements instinctifs sont susceptibles d'être déterminés par une sensation simple, c'est-àKlire par une excitation qui ne met point en jeu les centres nerveux de ratlenlion.
— H. Dupuy ayant détruit par la cautérisation toute la surface du cerveau sur un singe, sauf le point cortical dont l'excitation électrique déterminait des mouvements dans le membre antérieur, aurait vu la paralysie se produire dans les régions où elle aurait dû faire défaut, d'après les théories localisatrices; l'animal présentait de l'anesthésie générale et avait perdu le sens musculaire.
— H. Maleutex développe les objections que lui ont suggérées ses études histologiques, à la théorie die Broca sur les kystes alvéoliures.
— H. Javal, dressant une statistique des mesures des rayons de courbure cornéens, a constaté, contrairement aux prévisions, que les yeux myopes ne sont pas forcément ceux dont la cornée présente la plus faible courbure. Il y a plutôt un rapport entre la taille des siyets et le rayon de courbure de leurs cornées.
SÉANCE DU 28 OCTOBBE 1885. — PBfiSinERCE DE H. DUROMME.
t>oaag» ds U papstn* ; vin phosphaté; Mdatioiia da tarpdiw : M. P. Violer. (DlsooMion : MM. C Panl, CUiUUob. Datardln-BMamata,
BlondMin, Dabomine.)
M. C. Paul donne lecture de son éloge de Noël Queneau de Mussy, envisagé comme thérapeutiste et fondateur de la Société.
— H. Firiot annonce & la Société que le buste en bronze de Noei Gueneau de Hussy a été exécuté avec le produit de la souscription, et qu'il va être placé prochainement dans l'aaiphithé&tre Ghomel à l'Hêtel-Dieu. Le total de la souscription ayant d'ailleurs dépassé la somme nécessaire pour l'exécution de ce buste, une réduction en pl&tre sera prochainement adrefôée à tous les souscripteurs.
— M. P. Vigier insiste sur diverses recherches pharmacologiques qu'il a déjà publiées dans la Gazette hebdomadaire. Il s'agit : 1<* du dosage du pouvoir digestif de la pep* sine, çiui diminue de 50 pour 100 en présence des liquides alcooliques même faibles (voy. le n" 19, 1884); 2* de la préparation du vin de quina phosphaté, rendu limpide au moyen de l'addition d'une petite quantité d'acide pnosphorlque (voy. le n" 36, 1885); 3* enfin, des solutions officinales de terpine dans la glycérine, l'alcool on les élixirs (voy. le n" 44).
U. C. Paul pense qu'il serait surtout intéressant de savoir quel est le titre limite du liquide alcoolique qui ne détruit pas le pouvoir digestif de la pepsine. Autre part, au point de vue de la clinique jounialiere, on voit des individus qui ne peuvent digérer leurs aliments qu'en prenant après le repas une petite quantité d'alcool, comme si l'alcool, à faible dose, venait en aide à l'action de la pepsine du suc gastrique.
M. P. Vigier fait savoir que, au sein de la commission du Codex, M. Vulpian avait d'abord formellement déclaré ne vouloir pas accepter l'union de la pepsine à un liquide alcoolique quelconque; il s'est rendu cependant aux arguments de H. P. vigier, qui a démontré expérimentalement qu'au-dessous de 15 pour 100 d'alcool la liqueur renfermant la pepsine conservait un réel pouvoir digestif, avec perte de 50 pour 100, et se montrait moins altérable. D'ailleurs, si l'on porte le titre de l'alcool jusqu'à 25 pour 100, la pepsine perd de plus en plus de sa puissance aigestive : le pharmacien est, par suite, obligé d'en augmenter proportionnellement la dose.
M. Catillon rappelle qu'il a publié une note il y a plusieurs années sur ce sujet, et qu il signalait la diminution du pouvoir digestif de la pepsine mise en présence d'un liquide alcoolisé à 10 pour 100. Il est évident d'ailleurs qu'on peut compenser cette perte en augmentant la dose de pepsine.
H. Ihàardin'Beawnetg considère la question pharmaco- If^que des vins et élixirs de pepsine comme jugée par les expérimentations de M. Vigier; mais il est une autre Question soulevée par H. G. Paul qui offre un grand intérêt : pourquoi Talcool semble-t-il favoriser la digestion chez cer^ tains individus et Tentraver chez d'autres, ou même déterminer, chez eux, de l'irritation gastrique? Les expériences de Richet ont démontré que l'in^stion d'alcool augmente l'acidité du suc gastrique ; par suite, elle peut venir en aide à la digestion chez les sujets dont le suc gastrique présente un défaut d'acidité, mais elle devient nuisible dans le cas contraire. Tout dépend donc de la forme particulière de la dyspepsie.
M. C. Pattl ajoute qu'il est remarquable de voir certains peuples, les Français par exemple, ingérer l'alcool à la tin du repas, tandis que d'autres, comme les Russes, le prennent avant démanger; ces différentes manières de faire doivent entraîner des différences d'action qui sont encore mal déterminées.
M. Dujardinr-Beautnetz fait observer qu'en Normandie on ingère l'alcool au milieu du repas; c'est ce qu'on appelle le trou du milieu. Gette manière de foire a pour résultat d'exciter à nouveau la sécrétion du suc gastrique et d'augmenter son acidité, ce qui procure un nouvel appétit : nous obtenons un résultat analogue avec le sorbet pris au milieu du repas.
H. P. Vigier insiste sur la nécessité d'un milieu acide pour que l'action digestive de la pepsine puisse se produire. Aussi faut-il bien se garder d'associer à la pepsine, dans la formule d'une poudre digestive, quelque suDstance alcaline comme le bicaroonate de soude ou la magnésie; on neutralise ainsi l'effet du ferment. Il en est de même-slon lui ad| joint du quinquina, de la coca, ou toute substance IT^TOHC mant du tanin, qui la précipite et la rend inactive. o
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIttURGIE 6 Novcmtl! i88S
H. Blondeott fait observer que, d'après Cl. Bernard, les aU calÎDs ont pour effet d'augmenter la sécrétion du suc gastrique; il semble doue qu'ils doÎTent être utilemeaf administrés avec la pepsine.
H. P, Vigier répond que, si la quantité d'alcali est suffisante pour saturer le suc gastrique produit, le milieu pastrique demeure alcalin et que lapqmne perd toute action.
H. Di^ardin^Beaumetz fait remarquer que les expè* riences de Rîchet sont très probantes à cet égard ; les-alcalins à forte dose tuent le suc gastriaue. Ces expériences valent mieux, dans l'espèce, que celtes ae Cl. Bernard; celui-ci, en effet, n'a expérimenté que sur le chien et a conclu du chien à Phomme, tandis que Richet a étudié directement les phénomènes dans l'estomac de l'homme, sur le nommé Marcelin, atteint de fistule gastrique; il n'a pas eu besoin déraisonner par analogie.
M. Duhomme rappelle que Cl. Bernard a dit également que les alcalins â haute dose neutralisent l'action du suc gastrique.
M. Catillotit désireux de pouvoir associer, dans une même préparation, les Irois phosphates de chaux, de soude et de potasse, dont l'union parait très rationnelle an point de vue physiologique, est parvenu à éviter la réaction qui se produit ordmairement entre ces divers phosphates, et même h pouvoir les Joindre au quinquina. Il a recours à la formule suivante : phosphate de potasse, i gramme; phosphate de soude, 3 grammes; phosphate mono-calciqne, 3 grammes; vin de quinquina préparé à la glycérine, 3Ù0 grammes. Un verre à liqueur de ce vin renferme 50 centigramme de phosphates, ce qui est une dose moyenne très satisfaisante. L'artiflee de préperiUion, pour éviter le précipité, consiste surtout Ans l'enipk» du phosphate mono^leîque de chana.
M. P. Viaier fait remarquer que H. Catillon est arrivé au même résultat que lui ; il n'y a, en effet, aucune différence dans l'emploi du phosphate inono-calcique, et dans l'usage, suivant ta formule qu il a indiquée, d une petite quantité d'acide phosphorique ajoutée i la liqueur primitive. Le
fhosuhate mono-calcique est un phosphate acide rrafermant excès d'acide phosphorique nécassaire pour obtenir une préparation limpide.
— La séance est levée à cinq heures et demie.
André Petit.
RETtlS DES JOUaiUUX
Gh»B4MBM icyaii^M ém e«i«Mi«nn, par le docteur Jeanne'L. — L'affection que l'auteur a eu l'occasion d'observer au pied droit, chez un homme de cinquante-sept ans, est très rare, et le diagnostic n'en est pas facile. Ou l'avait néanmoins établi, dans ce cas, par le seul examen de lapartie et par l'étude des symj)tôme5; mais on voulut le confirmer, au moyen d'une ponction préalable,- par l'examen histologique. H. Jeanne! pratiqua, le 25 juin 1885, l'amputation sus-astragalienne selon le procédé décrit par M. Farabeuf. La guérison eut lieu sans accident : c L'opéré, dit l'auteur, a aujourd'hui (31 mat) le plus beau moignon possible; il marche sans fttigue avec une simple bottine. >
DescripUoH de la tumeur. —• La tumeur a le volume et la forme d'une poire tronquée à sa petite extrémité, par laquelle elle s'implante sur la grosse apophyse du calcanéum^ qu'elle engaine ainsi que le cubolde; elle s'étend jtraquau niveau du tiers postérieur des métatarsiens; elle s étale entre l'aponévrose plantaire d"nne part, les tendons
] et les 08 d'autre part, dans la loge plantaire mofenne. E3< ; remonte sur la face externe et sur la face interne du calr^ néum. En dehors, elle affleure les articulations astraga: calcanëennes sans les couvrir, el coiffe le cubolde san< i adhérer; en dedans, elle remonte jusqu'à un bon iraTer? «•• doigt au-dessous de la malléole *)nterne; elle est crmsée • d'une gouttière profonde, presque une gaine, dans laqnpj.f est comprise la petite apophyse du ealcanéum, el où cneon- ; naieot le paquet vasculo-nerveus et les tendons. On peut vit : que la décortication en a été complète, {^me méaicalf 4' I Touloiue du 15 septembre 1885.)
«»«Mie léfem, par MM. Littbiv et Hirschwkg. — Cas intéressant concernant une jeune fille de douze ans, aaemique, mal nourrie, qui perdit la vue gnduelieiMBi: à l'examen ophthalmescopiqne en ne pot déevavrir aobv chose qu'une tuméfaction de la papille du iwrfoBliqae,d en ne trouva d'autre cause à cette lésiou que TaBuiie dle-
: même; il n'y avait pas trace de névrite, cemme cela arme fréquemment dans les anémies pernicienses. Viaéan é potassium n'aarait pas convenu ici; la vue ae iélahlâL.ci même temps qne s'améliora l'état général, sous naiwaat des toniques et des ftrrogiBevi. (Asrtsufr Mim. Wêtktê-
\ Khrift, 1885, n» 30.)
I Bcs tnuMtovMatlwfl tipm mmhimmem» 1m «MH^Mé* mmt-
rarl«to *mmm l'awf mImw^, par M. R. FlSCHER. — La
. médicaments ne pouvant agir qu'à l'état soluble, oo a etc 1 depuis longtemps conduit à admettre que les composés insA- I luËles, tels que le ealomel, doivent nécessair^ent ae traaiformer dans l'organisme, au moia» partielleoieBt, en cooiposés solublei. M. Fischer a entrepria uns série de recherches très intéressantes sur ce sujet.
Les uns admettent qu'au contact du chlorure de sodium de l'organisme, le ealomel se transforme en sublimé qui e^t ; sotubte, les autres qne le sel soluble qui prend naîssan» est un sel double formé de l'union du ehronire de sodiam el du ealomel lui-môme. If s'agissait aussi d'expliquer l'action si irritante qu'exerce le cdlomel sur l'œil en présenre de Tiodure de potassium, toici les résultats auxquels est arrivé Fischer :
1" Le eafomel se dissout eà petite quantité dans l'eau en eréMnce du cblamre Jde sodium ; le sel formé résulte de l'union du ealomel avec le chl(H*ure de sodium, puis se trantforme dMnitivement en sublimé, comme le denootre le précipité de mercure métaUique;
2° La formation du sublimé .est favorisée par l'élivalioB de température, donc par M t#iRpéraiiire du corps;
3° La quantité de juminé fosoDée est faible, oiais facile à déceler ;
A' Le chlorure de sodium en solutian étendue (0,i5 pour 100) ne transforme en sublimé que des quantités minimes de ealomel; ptaiac4Maatrè^,époar 100) ilagit pi» énergiquement;
5° Au contact de l'iodure de potassium, le ealomel forme un sel double résultant de l'union de l'iodure de poiasûsB avec de l'iodure mercurique, et il sa dépose du mercure métallique. Ce sel se dissout dans un eteès d'iodnre de p^ lassium ; pnr, il se transforme au contact de l'eau en îodare mercurique et en iodure de potassium;
6° L'oxyde mercurique forme avec le chlorure de sodiun du sublimé et de la soude hydratée. (DeuUche me* Wochemchrift, 1885, n- 36.)
6 NovEHBRE 1885 GAZETTE HEfiBOHADAlRE DE MÉDECINE ET m CHIRURGIE
BIBUOGRAPUIE
Lm •iMMMllM MMwatolpM Hkmm VMommt éxiriHiaécs par l'aaatoHile eawparéc et le«r ImporUmee «M
sDchropviosie, par U docteur Testct, professeur d'anatomie à la Faculté de Lille. Paris, G. Hassoiii 1884, in-8'' de xv-844 p.
Si une personne ayant étudié l'anatomie comme on Pétudie le plus souvent, c'est-à-dire en vue d'applications prochaines, parcourt au hasard l'ouvrage de H. Testut, il est peu pro- Dabte que sa première impression soit favorable. Malgré des qualités didactiques très réelles, il a comme tous ceux du mèiuc ordre un inconvénient, la monotonie ; il est impossible, à propos d'anomalies musculaires, de ne pas suivre un plan invariable, d'éviter les redites, de ne pas faire, en un mot, quelque chose qui ressemble à un beau catalogue. Un tel travail est une œuvre estimable, mais une œuvre que peuvent seuls apprécier ceux qui s'occupent spécialement du sujet.
Peut-être le lecteur un peu agacé répétera-t-il avec une variante légère le mot de Chassaignac, en présence d'une anomalie : Que me font quelques fibres musculaires de plus?
C'est surtout dans l'appréciation d'un ouvrage qu'il faut se défier du premier mouvement; ce n'est pas le non, tant s'en faut. La personne qui rejetterait les anomalies musculaires chez l hdmme sous Tmfluence de l'impression indiquée, commettrait quelque chose de plus qu'une injustice : une sottise. Il n'y a qu un moyen déjuger sainement : lire de la première à la dernière ligne, c'est-à-dire faire sous la direction de l'auteur le travail qu'il a fait lui-même ; on airivera de la sorte naturellement à la loi qu'il formule dés le début ; en même temps on pourra acquérir une idée approximative de l'importance de ses recherches personnelles et du classement de critique <^u'il a dû faire. Habitués aux monographies et aux petits traités, nous ne connaissons plus guère d'ouvrages analogues ; pour en trouver, il faudrait remonter au dix-septième siècle, au temps où l'anatomie humaine, débarrassée des bandelettes de la tradition, victorieuse des préjugés qui l'avaient presque réduite à l'état de science conjecturale, armée de méthodes rationnelles, avait encore l'avantage d'exciter l'enthousiasme. Le livre de M. Testut marque une évolution de cette science ; on a bien fait jusqu'à présent un certain nombre de tentatives estimables -pour sortir de la description pure ; mais à l'époque où les aifférenls traités d'anatomie philosophique ont paru, les matériaux étaient insuffisants j l'embryogénie était rudimentaire } on ne songeait même pas à chercher la parenté naturelle des espèces animales, ni à supposer que depuis l'origine du inonde elles avaient pu subir des transformations morphologiques.
H. Testut a repris et complété les recherches ébauchées par M. Pozzi, en 1874; son livre est avec celui d'anatomie comparée de M. Ghudzinski, dont il n'existe malheureusement cas d'édition française, un des meilleurs travaux sortis de l'Ecole d'anthropologie. Il est transformiste convaincu, mais transformiste à posteriori, c Comme résultat de mes recherches, dit-il, je crois pouvoir admettre que les anomalies du système musculaire observées chez l'homme ne sont que la reproduction d'un type qui est normal dans la série zoologique. > Un certain nombre de faits, considérés comme insignilfanls, rélégués dans le domaine des bizarreries de la nature, deviennent aussi explicables que beaucoup de phénomènes physiques vulgaires.
Cette assertion, formulée dans les conditions oA elle l'a été, n'est plus une hypothèse, c'est une loi ; il y a tout lieu de supposer que désormais elle serrîra de base aux recherches anatomiques et que l'édifice commencé par Vésale sera complété ou plutôt repris et fondé bot des assises Dotnrelles.
« C'est, dit H. Mathias-Dilval dans la préfkce, avec des travaux de patience et de persévérance semUabtes à celui que vient de terminer H. Testut, que les élèves de Broca rendront inébranlable rœavre du maître. »