L. LEREBOULLET. PAUL RECLUS
Adrattar tant ce qui coDcene U rMwfteit n «égt du ComtU, eb«s N. Daouux, 91, nie de LiUe {tmot le ourdi de prififieBee).
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( Thèses, eiament, conrs, etc.) et divan émammemm iMiére— —« to pMU aiéWHwM.
SOMMAIRE, — Pakis. VaecîrutioR antirabique. — L'aMainiMetnenl des maisons de Paris. — Les mddlcamenls hypnotiques ou somniftres. — L'inoculation anticliolérique. — Injections intra-tracbéilei. — Le bacille de la syphllla. — ConbutioDS pharmaceutique*.— Travaux OluaiNAOX. Clinique médicale : Elude sur un cas de pied Ubëtique — SocitTÉs 8AVA!(Tia. Académie des sciences. — Aeadénie danMeeine. — SocWltf de ehirairie- - SacUté do biolotne.— Socidtd de thérapeutique.— Rivn lits JOimilAUX> Cbondromo kjrillque du calcanèum. — Cas d'aninnroie double conipiftie dans le cours d'une aaëinie légère. — Dca Iranformations que sublisentlescompaadsmwmrielidiairorgaRifme.— BiBLlO- •KAPHII. Las an(»nalies muscnlairea chez l'homme expliquées par l'anatomle comparée et leur impurtance en aathropolo^ie. — VAHitT^S. Banquet Prausl.
BULLETin
Un public nombreux se pressait mardi à rAcadémie de médecine, s'attendant à une discussion sur la rage. H. Colin (d'ÂIfort) était inscrit; mais en Tabsence de H. Pasteur, à qui il voulait poser cerlainesquestions, il a refusé de prendre la parole. Comme- les commenlaires n'ont pas fait défaut dans ta presse, surtout dans la presse politique, on nous permettra de dire un mot pour établir l'état actuel de la question.
Nous comprenons à merveille qu'on se montre exig:eant dans l'interprétation du fait de vaccinalion antirabique relaté par M. Pasteur; qu'on demande, par exemple, si le cbien était réellement atteint de la rage des rues; si même, dans cette hypothèse, Joseph Meisler était fatalement condamné à la ri^e; si le temps écoulé depuis sa vaccination est suffisant pour attester l'immunité définitive; si, en cas d'immunité acquise, on ne pourrait pas en faire honneur à la cautérisation subie par le blessé. Ce sont là des questions légitimes et dont quelques-unes ont été posées au congrès des médecins vétérinaires. Ce qui serait k regretter, ce serait une sorte d'opposition systématique qui, au lieu d'accueillir avec empressement, avec joie, au nom de rhumanilé, un résultai déjà si remarquable, et, de plus, conforme à une longue série de données expérimentales indiscutables, tendrait à ne faire entrevoir dans d'aussi magnifiques promesses qu'une déception.
Le chien qui a mordu Joseph Heister était-il enragé? On ne songerait guère à faire cette question dans les circontances ordinaires. Ce chien s'était jeté écumantsur son propre maître et sur plusieurs autres personnes,dont il avait labouré les chairs; son estomac était rempli de paille et de fragments S* Stan. T. XXII.
de bois. Or ce dernier fait, sur la fréquence duquel oh a disserté, ce fait, quand il existe, dit M. H. Bouley avec bien d'autres vétérinaires de ta plus haute compétence, permet d'afîGrnwr, c sans crainte d'erreur, que le chien était enragé > (art. Rage du Dù^nnaire encyclopédique).
Joseph Meister, même mordu par un chien enragé, ne pouvait-il néanmoins, et sans moyens prophylactiques, échapper à la rage? La moitié environ des personnes ainsi mordues échappent à la contagion, soit; mais l'enfant avait été mordu & la main; or les morsures à la main sont avec les morsures au visage les plus dangereuses de toutes : la rage s'ensuit dans plus d'un tiers des cas ; et à cette source de contagion s'ajoutent trois ou quatre autres morsures en diverses parties du corps, qui à elles seules donnent une chance de contagion de près de 50 pour 100.
Joseph Heister, après le temps écoulé depuis la dernière inoculation, peut-il être considéré comme désormais fa l'abri de la rage? La statistique établit que la rage se déclare 4 fois sur 5 dans les trois mois qui suivent la morsure. Or la dernière inoculation, celle du virus le plus virulent, a été faite le 16 juillet, et nous voilà au commencement de novembre. Ajoutons que Tineubation est généralement plus courte chez l'enfant que chez l'adulte.
Enfin, en cas de préservation confirmée, devrait-on l'attribuer aux cautérisations pratiquées sur le blessé? D'abord toutes les plaies ne paraissent pas^ d'après le récit de M. Pasteur, avoir été cautérisées. Or une seule plaie non cautérisée suffit très bien à faire nattre la rage. Secondement, la cautérisation a eu lieu dûuze heures seulement après l'accident, c'est-à-dire longtemps après te moment où toute cautérisation cesse d'être efficace. Et avec quoi l'opération a-t-ellc été exécutée? Non avec le fer rouge, mais avec l'acide phénique, qui ne vaut gnère mieux que l'ammoniaque.
Tels sont, dans le cas particulier, les termes de la question clinique. On peut voir à quel point ils sont favorables à la thèse de M. Pasteur. Mais un fait essentiel los domine, qni les rend en grande partie oiseux. Qu'importe, en effet, que le chien ait été ou non enragé? Qu'importe que le blessé ait été bien ou mal cautérisé? Joseph Meister a reçu par inoculation un virus rabique plus énergique que celui de la rage des rues; si la méthode de vaccinalion est illusoire, l'opérateur lui-même, à défaut du chien, lui a donné la rage; et, des questions réservées indiquées ^i^Çi^fx il n'en reste plus que deux, à sav<^git>|»éi^fmlM^{ÀClb*
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rage n'a peut-être pas eu le temps de se développer chez rinoculé^ ce que Taveoir décidera; secondement, que cet enfant, par privilège spécial, était réfractaire de naissance à tout virus rabique, et pourrait être, sans autre crainte que celle d'accidents traumatiques, enfermé dans les niches de chiens enragés ; ce qui est un argument absolument négligeable.
Dans de telles conditions, un motif de réserve reste encore à ceux que ne satisfont pas les expériences de M. Pasteur, et celui-ci serait le plus sérieux detous s'il était fondé. Ce serait que la rage du lapin, même par inoculation du lissu médullaire de l'animal, ne fût pas transmissible à l'homme. À quoi l'on peut répondre qu'on avait nié aussi la transmissibilité de la rage du lapin et des herbivores en général à l'espèce canine; que les expériences de M. Pasteur sont une protestation décisive contre cette opinion, et qu'il existe d'aiUeurs des exemples formels de transmission, par morsures, des espèces herbivores à l'espèce animale.
Au reste, il est vraisemblable que les exemples d'inoculation sur l'homme vont se multiplier. Plusieurs blessés sont déjà entre les mains de M. Pasteur. Les cas de rage canine ne sont pas rares, et H. Dujardin-Beaumetz a donné avis au Conseil d'hygiène et de salubrité qu'on en avait constaté un certain nombre à Paris dans ces dernières semaines. Quelques personnes ont été mordues. Or il ne se peut guère, après le bruit de celte première expérience, que le secoars de l'inoculation ne fût pas invoqué par la plupart des blessés, présents ou futurs, et c'est alors, mais alors seulement, qu'on sera autorisé à porter sur la valeur de la méthode un jugement éclairé et définitif.
L*aasalnlu«meN( des bhiImibjs éc fmtim.
Le brillant tableau, présenté à l'Académie par M. A. Durand-Claje, des améliorations qu'il projette d'apporter dans la salubrité des maisons de Paris, a été fort goûté de ses auditeurs, non pas seulement en raison de la clarté de l'exposition et de la netteté des aperçus, mais aussi parce que l'Académie ne pouvait manquer de se trouver flattée de l'appel qui lui était adressé avec tant de convenance. Elle a conscience en effet du rôle qu'elle doit jouer dans cette campagne en faveur de l'hygiène publique, sur laquelle elle a insisté à maintes reprises depuis si longtemps, qu'elle a elle-même engagée, pour ainsi dire, à une certaine époque et pour le succès de laquelle elle possède une autorité et une indépendance particulières. L'attention que lui marquait ainsi le nouvel ingénieur en chef du service de l'assainissement de Paris et de la Seine, en venant, dès le premier jour de son entrée en fonctions, lui soumelire ses idées et ses projets, était bien faite pour lui gagner la faveur de son auditoire ; que les médecins et les ingénieurs s'unissent, a-t-il déclaré avec une juste raison, pour assurer en commun la salubrité des habitations et cette importante réforme sera assurée pour le plus grand profit de la santé publique.
M. Durand-Claye s'est uniquement attaché, en raison du temps limité dont il pouvait disposer, à définir les conditions que doit remplir l'évacuation de ce qu'il a appelé les < immondices usées de la maison * , laissant par conséquent de côté aussi bien la nature de la construction, ses dispositions intérieures, que le chauffage, la ventilation, réclairage.
toutes conditions également importantes pour l'assaini'îrmentdes habitations. Il faut, il est vrai, reconnaître que Viuf.i,: ainsi la question, c'était en présenter le côté le moins du cile ; car il est, en somme, bien plus aisé de rejeter tOD> les immondices d'un local habité et même d'empêcher tui. refoulement de gaz infecté par celles-ci, que d'établir, \iexemple, un chauffage et une ventilation efficaces et saliibres à la fois. Les Anglais sont parvenus à débarrasàr les maisons de toutes les immondices avec une t^le pen?:tion, que les autres peuples n'ont eu et n'ont encore qn'i imiter leurs procédés, tandisque leurs méthodes dechauffL.-et de ventilation laissent encore, en général, beaucoup à etsirer au point de vue de l'hygiène. Quoi qu'il en H. Durand-Claye a pu montrer à ses auditeurs combicb i. était relativement facile d'obtenir un enlèvement rapiiir<:t toutes les matières de vidange à l'aide d'eau projetée pardr< réservoirs de chasse automatiques et intermittents, de ïap|inmer les fosses fixes ou les tinettes soi-disant filtraote-^ (3 faisant écouler immédiatement les matières dans iV^ML d'établir des cabinets bien ventilés avec effets d'eu, d'iatu* poser des siphons sous tous les sièges et dans tous les «bduits d'évacuation des eaux ménagères, pluTÏales et vx\t^et enfin rie placer à l'extrémité de la canalisation, âU5>>n.' de la maison, un dernier siphon empêchant toute odeur v remonter de l'égout dans les locaux habités. Il a ea f ■ également d'indiquer que tout cet ensemble de dispositi-At sanitaires pouvait être établi sans aucun mécanisme déli>- . et compliqué dans les appareils, de façon que l'assainie ment s'opère en quelque sorte de lui-même.
C'est ce que le projet de règlement relatif k l'assainisse ment de Paris, en ce moment soumis à l'examen du Con?' municipal, prescrit dans une sériede dispositions que M- Joordan, dans une étude récente (1), des plus intéressantes, résume en ces termes : Dans toute construction noaTelle. t' y aura un cabinet d'aisances par logement ou par série d» trois chambres louées séparément, et chaqne eabinet sera pourvu de réservoirs permettant de verser dans la curette, sous forme de chasse, une quantité d'eau de 10 litres fi minimum par personne et par jour. En outre, un apparu:! formant fermeture hydraulique et permanente est rxi^au-dessous de chaque siège, afin d'éviter le retour des mauvaises odeurs dans l'habitation. Enfin les tuyaux d'érent supprimés, mais les tuyaux de chute sont prolongés jusqu'u faîtage des maisons et librement ouverts à leur partie supt^ rieure, de manière à assurer le renouvellement de l'air.
Les tuyaux d'eaux pluviales et ménagères, pour lKqnrt« ou demande également une fermeture hydranliqae, et les Invac* de chute des cabinets d'aisances sont prolongés jusqu'à . conduite générale d'évacuation, qui réunit les eaux impuret les déjections de la maison, pour les déverser, soit dire.-tement dans l'égout, soit dans une canalisation spécialsuivant les cas. Chaque conduite d'évacuation est mun <*. avant sa sortie de la maison, d'un siphon destiné ât assur l'occlusion hermétique et permanente entre la canalisatiintérieure et l'égout public. Le branchement pailiculier. lieu d'être fermé, comme maintenant, à l'aplomb du mur face de la maison, sera désormais fermé par un mur-pi^ -■' au droit même de l'égout public, de manière à empêcher I eaux d'égout de refluer dans le branchement et d'y laisserse retirant des dépôts plus ou moins infects, que le »n du curage a beaucoup de peine à enlever.
(1) L'MninUHment 4e Pw1iPfiil1^a6li^D\.:Bi^Qâli^n^
6 ÏToTRlteRE 1885 6A2Ëm HEBDOMADAIRE DS flÉDBCINB ET Dfi CUIRUA6IE
Ajoutons que !a quantité d'eau mise à la disposition des habitants de Paris est déjà de pï ès de 200 litres en moyenne par tête et par jour, et qu'elle sera même bientôt augmentée. En même temps, la suppression des fosses fixes ne permettra plos aux propriétaires de faire cette dangereuse f guerre à Teau », que la cherté de la vidange imposait à leurs intérêts, au préjudice de la salubrité de leurs immeubles. De celle façon, le sous-sd de la capitafe cessera d'être souillé pur les 65500 fosses fixes, plus on moins ëtanches, qui j formentdesréceptjteles d^'immondiees, dont les exhalaisons fétides se répandent par les loyaux d'évettt, soit à l'extérieur, soit dans rinférienr même des habitations, etc., etc.
Tout cela est, on le voit, l'application à la maison du principe remis en honneur par les hygiénistes anglais depuis eiaqnaole ans, ft savoir ; parfont la circulation immédiate des matières salines, nnfle part leur stagnation. H. Durand- Claye a cité quelques-nnes des habitations oà cette réforme est réalisée ou en conrs d'exécnlion à Paris : un hôtel parti- Gulier, les cabinets publics de la place de la République ; il eût pu indiquer la caserne Schombei^, qoelques écoles, les maisons ouvrières d'Aufenil et en ce moment même tous les cabinets de l'un des pavillons d'angle de l'École centrale des arts et manufoctares. Ces diverses installations sanitaires fonctionnent avec une parfaite régularité ; bien qu'elles soient fréquentées par un très grand nombre de personnes, on n*y ressent aucune odeur, l'atmosphère ambiante n'en reçoit aucune cause de pollution et la propreté n'y laisse rien à désirer. Au point de vue pratique, ce grave problème sanitaire est uctuellement résolu en France ; il reste à en généraliser l'application dans toutes les maisons. Aussi bien, comme le déclarait récemment M. le professeur Fodor (de Buda-Pesth), Itia suite d'une enquête retalWe à rinfloence de la salubrité de l'habitation sur la fréquence du choléra et de la fièvre typhoïde, < les épidémies des villes et des maisons sont en raison inverse des balais qu'on y dépense ; le plus puissant auxiliaire de la santé publique, c'est la propreté publique ».
A défaut de discussion sur la rage, la séance de l'Académie a été bien remplie : d'abord par une présentation de M. i. Gdérin concernant une famille où s'observe une anomalie héréditaire des doigts, et qu'il se propose de ramener guérie detantrAcadémie;pUl5pardesobservationsde M.Dujardln-Beaumeti! sur rantipjrine et la thalline, contraires aux assertions de M. Jaccoud; troisièmement, par une communication de M. Durand-Glaye (voyez ct-^essus); quatrièmement, par on rapport de M. Blot sur les vaccinations et revaccinailons ponr l'exercice de 1884. L'Académie s'est montrée émue au récit que le rapporteur a fait d'nn acte d'humanité et de courage, et malheureusement aussi de l'infortune, d'un instituteur de la Gorse^ qui s'est donné pour mis&ion d*as8urer le service de la vaccine dans sa localité, et qui a voulu rester à son poste pendant une violente épidémie de variole, dont son enfant a été victime»
(Suite. — Toy. len'W.)
Après Topium et ses alcaloïdes, le médicament hypnotique le plus souvent recommandé est l'hydrate de chloral(l). Ses avantages sont réels. Le sommeil déterminé par le chloral se rapproche beaucoup du sommeil normal. Il est rarement troublé par des rêvasseries et des hallucinations. Il ne laisse pas à sa suite les désordres digestifs et la fatigue cérébrale que si souvent déterminent les préparations opiacées ; enfin, il échoue moins souvent que les autres somnifères. L'hydrate de chloral convient donc mieux que l'opium, alors qu'il s'agit de combattre une insomnio. rebelle. Ou peut le prescrire à l'intérienr à la dose de 1 à 3 grammes chez les adultes, de 0^,50 à 1 gramme chez les enfants dans du sirop de groseille ou de framboise. Ou peut le donner en lavements, émulsionné dans du lait (2 à 4 grammes d'hydrate de chloral, émulsionnés à l'aide d'un jaune d'œuf dans 150 grammes de lait pour un lavement) ou même l'administrer sous forme de suppositoires, bien que ceux-ci soient bien moins efficaces el plus irritants que les lavements.
Mais il ne faut pas oublier que le chloral, à doses un peu élevées, peut devenir toxique; que son action s'exerce principalement sur le cœur qu'il arrête en diastole après avoir déterminé pendant quelque temps des accès de dyspnée, avec palpitations, ralentissement de la respiration, angoisse et état syncopal ; qu'il irrite la muqueuse de l'estomac et peut provoquer des gastralgies rebelles ; enfin qu'il donne parfois naissance au bout de quelques semainesàdesphénomënesd'intoxicalion chronique caractérisés par la fréquence du pouls, la dyspnée, l'affaiblissemenl des contractions cardiaques, l'albuminurie et l'ensemble des troubles intellectuels qui l'accompagnent, etc. Il faut donc se méfier de ce médicament chez les sujets qui souffrent d'une affection cardiaque ancienne, principalement chez ceux dont le cœur est atteint de stéatose parenchymateuse, chex les alcooliques, les malades dont l'estomac ou le système nerveux sont gravement lésés, enfin, chez les alburainuriques. Comme pour tous les agents thérapeutiques un peu actifs, il convient aussi de tenir compte des susceptibilités individuelles. On verra parfois des malades que le chloral tiendra éveillés comme il arrive si souvent ponr l'opium ; ou chez lesquels il est prescrit & hautes doses, il provoquera des phénomènes d'excitation générale. Il importe cependant de savoir que ces idiosyncrasies sont relativement rares et que, bien au contraire, il est des sujets qui supportent impunément des doses très considérables de chloral. C'est ce qui arrive fréquemment chez les aliénés et en particulier chez les maniaques. Je puis citer à cet égard comme exemple de grande tolérance le faitsuivant En 1869, je rece- ' vais dans mon service à l'hôpital de Strasbourg un jeune soldat, atteint de manie aiguë, dont l'excitation était extrême et résistait àtoutesles médications mises en usage. En attendant qu'il pût être transféré à l'asile de Stéphaasfeld, il fallait le
(1) Cri àrUd» Huit imprimé quand noos «tors pu lire dao* 1« Bulletin ie thérapeutique la savante leçon de noire dmîncnt confrère, M. Oajanlin-BeaunaU. Nous aurons l'occasion, en [labliiiit la fin do cette dinde, de fairo connallre aes idées sar l'opiun M les oouraans hjpnoliqwa. Nous nom bornerons, i propos du Mmi, à ladifHr «m H. Dnjardin-BcnineU, Insist* lanlisWla MwstfW de dUner le Bjdieammt dana une grande qaaoUlé da-liquÏAf. (^wt ii condui^twn fomtlle de loalM les eapstdes, de toulea les perim 1 l'hydrate de chloral .
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garder dans un pavillon mal isolé et d'où ses cris furieux éveillaient tout l'hôpital. Après avoir essayé en vain les bains prolongés, les afTusions froides, les injections hypoilermiques de morphine, les lavements antispasmodiques et narcotiques, etc., je voulus chez ce malade, qui se refusait à avaler tout médicament, avoir recours au chloral, alors asses peu connu. A trois reprises différentes, j'introduisis dans son estomac, à l'aide d'une sonde œsophagienne, un detni-litre de lait, contenant d'abord 6 grammes, puis 8 grammes , enfîn 10 grammes d'hydrate de chloral parfaitement pur. La première fois, la durée du sommeil fut de dix heures ; ta deuxième fois, après trente-six heures d'agitation nouvelle, 8 grammes de chloral ne déterminèrent que six heures de sommeil profond ; deux jours plus tard, j'injectai 10 grammes de chloral et pratiquai aussitôt après une injection souscutanée de 15 milligrammes de chlorhydrate de morphine. Le malade dormit treize heures conséeutives et c'est dans un état relativement calme qu'il fut évacué sur l'asile des aliénés. A la suite de cet essai, j'ai à plusieurs reprises prescrit, sans jamais constater aucun accident sérieux, des doses assez élevées d'hydrate de chloral pour combattre l'insomnie entretenue par les douleurs vives déterminées, soit par la diathèse cancéreuse, soit par les névralgies rebelles, les céphalées syphilitiques, ou bien encore par des inflammations des voies urinaîres. Il serait donc inexact d'affirmer, d'après Nothnagel et Rossbach, que les doses de 5 à 10 grammes sont mortelles. Mais il convient d'ajouter qu'elles pourraient le devenir et qu'il ne faut jamais débuter, surtout dans les maladies fébriles, par une dose supérieure à l7'',50 ou 2 grammes chez l'adulte. Quant aux enfants chez qui le chloral, bien préférable à tous les sirops narcotiques, trop souvent prescrits, donne d'excellents résultats, la dose de 25 à 30 centigrammes, qui suffit parfois comme hypnotique, ne doit jamais ôtre dépassée au début.
En prenant cette précaution de commencer par des doses assez faibles cl de ne les augmenter que progressivement si le médicament est bien toléré, on pourra obtenir avec le chloral des résultats très avantageux dans l'insomnie. Ce médicament devra être préféré à l'opinm dans toutes lés maladies fébriles, dans la plupart des maladies nerveuses, et d'une façon générale dans toutes les affections où il convient d'agir directement sur la surexcitabililé cérébrale et où la sédalion de la douleur doit moins préoccuper le médecin. Encore faut-il convenir que le chloral est analgésique à un certain degré, et que les douleurs les plus vives ne réveillent que difiicilement les malades qui en ont pris des doses hypnotiques. Nous verrons plus loin d'ailleurs que, dans les maladies douloureuses, le chloral peut être associé aux préparations opiacées, et même à petites doses donner alors 1er résultats les plus avantageux.
A côté du chloral, il nous faut citer la paraldéhyde, dont les propriétés hypnotiques déjà signalées par Cervelle, Morselli, Berger, Ôujardin-Beaumetz, elc, viennent d'être étudiées avec soin par M. Desnos. La paraldéhyde parait avoir, comme lecjiloral, l'avantage de procurer un sommeil calme, sans hallucinations ni cauchemars, fréquemment, mais non toujours, (M. Desnos fait à cet égard les plus sages réserves) suivi d'un réveil exempt de troubles nerveux et gastriques. De plus, alors que le chloral peut, à doses assez élevées, il est vrai , donner naissance à des désordres cardiaques toujours pénibles, parfois dangereux, la paraldéhyde n'influence pas le cœur, de sorte que, comme le fait encore I
remarquer M. Desnos, cette immunité relative de la fondie!: circulatoire constitue pour la paraldéhyde une supériorité sur d'autres hypnotiques. Par contre, la paraldéhyde est ui somnifère plus infidèle que le chloral. Les insuccès sont notés par tous les observateurs. Le nouveau médicameot n'api pas dans les maladies douloureuses; il est moins elBcaceqse le chloral dans les maladies fébriles. Il est d'un goàt très désagréable, que masquent, il est vrai, les correctifs qu'ai ; peut lui associer; enfin il agit quelquefois d'une façon très i pénible sur l'estomac, donnant naissance à de la gastral^, parfois à des vomissements, plus souvent à un goàt tm désagréable dû & son élimination par les voies respiratoire!. ' Si la paraldéhyde peut être employée avec avantage chez ki i malados atteints de cardiopathie et surtout de surcharge | graisseuse du cœur lorsqu'une maladie fébrile iolercontaie vient aggraver leur situation, s'il est bon de la conseiller m j morpbiomanes pour essayer, comme le recommande Jf.CoD* stantin Paul, de les déshabituer de leur dangereuse pissiod, il parait démontré cependant que la paraldéhyde wpeant prendre la place ni de l'opium ni du chloral, et qu'elle a wtrera que difficilement dans la thérapeutique usuelle de H»somnie. Bornons-nous donc à dire que son mode de prè^ ration le plus avantageux consiste à la faire dissoudre àm l'alcool ou l'eau de menthe et k l'aromatiser avec la leiotBit \ de vanille. H. Yvon a proposé, dans ce but, la formule sauvante :
Paraldéhyde 10 grammes i
AlcooU90« 48 —
Sirop simple 60 —
Teinture de vanille. i —
Eau distillée 30 —
Une cuillerée à bouche de cet élixir contient 1 gramme dr paraldéhyde. On peut en prescrire jusqu'à quatre cuillerées à soupe, dose qu'il convient de ne pas dépas8er(l).
Les médicaments dont nous venons de parler agissent » diminuant la surexcitabilité da système nerveux, qu'elle sdt primitive ou secondaire, et souvent ils modèrent et arrétenl en même temps les excitations d'origine périphérique. Ils déterminent, quand ils sont employés à doses surfîsantes, up sommeil en quelque sorte irrésistible, durant lequel tonte perception se trouve abolie. Le bromure de potassium, qui n'est pas un hypnotique, dans le sens exact de ce mot, afil surtout en diminuant l'impressionnabilité réflexe. Gomme l'a dit Krosz, cité par Nothnagelet Rossbag, il produit on sentiment de repos qui invite au sommeil ; il calme la sorexatation nerveuse que détermine un travail exagéré. C'est ifamc le somnifère par excellence de ceux qu'ont rendus névropathiques les efforts intellectuels; c'est le médicament aimé des liltérateurs, des politiciens, des artistes. Le repos d'espHu le sommeil calme et réparateur qui peut être obtenu aprèf son absorption, diminue pendant parfois assez longtemp*
(I) Dan* la leçon qae noua avons lijpialëe plu* baiil, H. DnjanUn-Beaamfti. fi a du l'un des preinion k éladier It paratdAjdo, donne «w aair» bmvie. O rmmmande de Gdra iHvndn le BMlouniit deiis m fref u kïnek oa aa thmm m »langeant à co gng noo caillode h boneha de b scJbUod ailnale :
Panldéhjde. K |i ainieni
Ban distilMo KO —
De plus, H. Duiardla-Baauiiialx condamne abidument 1m ii^ectiou aoM-eaAiaM* de paralddi^de; enfin noire eavent coaMre conieiUe^ miMiraiTn). ^il dèra comme aupdrieur au chloral, dans les iniomnîei nerveuea des «Icflali^aes des malade* alteinti de lisions cérébrales, dans les n^Trosea conmUsim -«t ém» h* Hianiret tationa mollira de l'hystérie auni bien que ebm lea noIflltnBaM*.
6 NovBHBBi 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRB DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
l'éréthisme nerveux. Au réveil, les malades sont plus calmes; ils supportent moins impatiemment les travaux de l'espnt, les chagrins ou les fatigues. Le plus souvent inefficace thez les hystériques, il agit donc, au contraire, chez les névropathes dont le sommeil est troublé par des hallucinations, des cauchemars, des accès de somnambulisme, des accidents génésiques de forme variée. Hais, pour que le bromure seul fasse dormir, il faut souvent qu'il soit prescrit à doses assez élevées. Un ou même deux grammes de bromure de potassium ou de bromure de sodium ne restent pas longtemps hypnotiques si l'on n'associe pas au médicament d'autres agents somnifères. Sans doute, lorsqu'on n'en use que rarement, lorsqu'on ne cherche que de temps à autre à remédier à l'exeiti^on cérébrale qu'a causée une tension intellectuelle trop prolongée, le bromure de potassium peut, à la dose de 1 à â grammes, combattre l'insomnie, sans laisser à sa suite aucun des inconvénienis qui suivent le sommeil dû à la morphine. Mais, au bout de peu de temps, on s'accoutume k ces doses, et si l'on vient à les augmenter, ou provoque de la céphalée, du coryxa, des éruptions acnéiques ; enÔn, si la médication est continuée quelque temps, on voit survenir, surtout chez les enfants, un état de somnolence ou mieux de torpeur intellectuelle assez durable, avec affaiblissement musculaire. Il est vrai que Télimination du médicament se fait assez rapidement après la cessatioa de son emploi, de telle sorte que les accidenta de bromisme sont en général passagers; toutefois, s'il convient pour combattre accidentellement la surexcitation cérébrale chez les névropathes, le bromure de potassium ne doit pas être considéré comme un hypnotique que l'on puisse impunément prescrire durant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
Le bromure de sodium, qui tend peu à peu à remplacer le bromure de potassium, n'a pas tous les inconvénients de ce dernier médicament. Il est inQniment mieux toléré par l'estomac, et n'agit pas sur le système musculaire pour déterminer la dépression que l'on observe après un osage quel* que peu prolongé du bromure de potassium. Si, dans les maladies nerveuses et en particulier dans i'épilepsie, le bromure de potassium reste préférable, c'est au bromure de sodium que l'on donnera la préférence comme hypnotique.
Les bromures doivent être prescrits le soir, toujours à la même heure. On peut les faire prendre en deux doses, l'une au dernier repas, la seconde trois heures environ plus tard, dans une infusion fortement sucrée ou dans du sirop d'écorces d'oranges amères. Chaque dose devra être, au début, de 50 à 75 centigrammes ; on l'augmentera suivant les besoins. Répétons cependant qu'il faut se méfier des doses trop élevées, et que le bromisme, sans être aussi dangereux que le chloralisme ou la morphiomanie, n'est pas sans présenter de sérieux inconvénients (1).
L Lbrebodu&t.
{A suivre.)
Nous avons reçu de Sévilie une brochure de 120 pages in-8, dont le titre attire l'attention : La vérité sur l'inoculatioH anticholérique du docteur Ferran. C'est le mémoire présenté à rexcellenlissime députation provinciale de Sévilie
(1) Srralum. — C'est par erreur que dans notre frécéiéat article doui «vons dit qna la cuUlorie à tovpe de airop diacode contenait 3 ceotignuniuea d'extrait d't^dun. Ottpùa le Codât de ISSS ee sirop n'en MRtiaal iqu i eentignauiie par CHlIUvde.
par le docteur Léopold Hurga qui avait été chaîné par la députation d'étudier l'épidémie et d'examiner les résultats de la méthode des inoculations. Un petit feuillet détaché, glissé sous la couverture, présente tout rédigé, avec prière d'insertion, une sorte de table des matières, et fait savoir que la brochure se vend 3 pesetas (environ 2 francs) dans toute l'Espagne. Ce sommaire, d'ailleurs très exact et dépourvu de commentaires, peut être suppléé par une indication générale. G*est l'histoire de toute la campagne de M. Ferran dans la province de Valence, faite par un confrère de l'Andalousie. C'est des inoculations de Valence, d'Atcira, de Cambrils, de Chiva, de Liria, etc., qu'il est question, ainsi que des statistiques recueillies dans ces villes, certifiées par les administrations locales, doublées d'actes notariés, accompagnées de nombreux graphiques ; en sorte qu'on ne peut s'empêcher de se demander pourquoi la brochure n'est pas signée de H. Ferran, ou pourquoi M. Ferran n'a pas fourni lui-même ies documents qu'il avait annoncés à notre Académie des sciences. Ktia surprise augmente quand on remarque qu'un quart de la brochure est employé à un exposé complet des recherches scientifiques de notre confrère; qu'une grande planche y représente les résultats de ses observations micrographiques et qu,'il n'est pas jusqu'à l'histoire des deux fameuses commissions ofGcielles qui n'y soit racontée.
Quoi qull en soit, et sans consentir k nous engager dans Teiamen de documents concernant les expériences de M. Ferran et qui n'émanent pas de M. Ferran, nous signalons très volontiers au public médical, sans pensée aucune d'hostilité, une brochure qui fournit des éléments positifs de discussion et qu'on dit être l'expression de la veridad. Des conclusions qui terminent l'ouvrage on peut dégi^er les deux propositions suivantes : 1° te bacille-virgule est pathogène ; 3° l'inoculation sous-cutanée d'un bouillon du culture pur du bacille-virgule produit une immunité suflisarament marquée, c bastante marcada >, si l'on inocule successivement des quantités de virus de plus en plus grandes.
l^|«cHoBa iHtm-trMhëales.
Depuis longtemps on ne parlait plus guère des injections iotra-trachéales, quand David Green et Horace Green s'en sont, vers 1855, disputé l'invention, et quand le second a publié sur ce sujet un long mémoire que la Gazette hebdomadaire a traduit (1855, p. 666. 851, 884). On pourra consulter, dans le n* 40 de 1882, p. 653, l'indication des travaux publiés sur ce mode de traitement à diverses périodes. De nombreuses expériences ont démontré chez les animaux l'iniiocuilé de l'injection par le larynx ou par la trachée de divers liquides, et la rapidité de l'absorption de la muqueuse bronchique ; la médecine vétérinaire a quelquefois utilisé ce mode d'ingestion des médicaments. Les recherches du docteur Pernice, faites sur des animaux, ne nous donnent pas de renseignements sur la manière dont l'homme supporterait les injections à travers In trachée. L'indication de tenter ce moyen pourrait cependant se rencontrer en plusieurs circonstances; on a autrefois trachéotomisé des noyés ou des asphyxiés, et même avec succès. Or ces résultats n'ont rien d'étonnant pour ceux qui ont pu voir l'efricacité de l'incision de la peau du cou, du larynx, de la trachée, pour rétablir la respiration, ainsi que l'a démontré si souvent H. Brown-Séquard, et c'esL poucnuoi njn^ nous semblerait pas irrationneipigitcasdéi^Wâl^Qu^^w
GAZETTE HEBDOMADAIRE D£ HÉOEGUiE ET DE CEIRURGIE 0 M«tiiimi 1885
d'aulres moyeiu, d'essayer U piqûre de la trachée, et iBènie rinjeclion d'un agent médicamenteux dans certains cas d'asphyxie et en particulier chez les noyés.
On devra consulter sur ce siyet un article du Jf «wnento, n* iâ, 1885.
D'un autre côté M. Duboué (de Pau) propose, dans un travail tout récent (1), de pratiquer chez les cholériques, pendant la période algide, des injections d'eau pure dans la trachée.
Au lien du aArum artifioiiil, préparé d'avance, qu'on a eu l'idée d'injeeter dans les veines, il injecterait l'eui pure dans la tracbée, laissant à la nature c le soin de refaire elle^ inôme son sérum dont on doit se borner à lui fournir l'élé^ ment essentiel >.
Il rappelle les laits bien connus d'absorption de grandes quantités d'eau par la trachée et insiste sur l'inuticuité de la ponction trachéale ainsi que de l'inUoduelion de l'eau dans les bronches.
Le h^dlle de ta syphlllf .
De nombreux bacilles avaient été successivement déclarés caractéristiqufs de la syphilis sans pouvoir jouir bien longtemps de la réputation imméritée qui leur était faite, lorsque Lustgarlen communiqua, le 12 novembre 1884, k la Société impériale de médecine de Vienne, la découverte qu'il venait de faire d'un nouveau bacille de la syphilis. Ce dernier venu ne fut pas regardé comme moins caractéristique que ses devanciers, et fut même accueilli avec un certain enthounasme ; d'ailleurs des recherches nouvelles ne tardèrent pas à confirmer son existence, sinon sa spécificité.
En effet, sans parler du bacille rencontré par KOniger dans les crachats de sujets atteints de pneumopathie syphilitique, et que Lustgarlen déclare n'avoir de commun avec son bacille que le fait de ne pas se colorer par la méthode d'Ehrlicb, les observations de Doutrelepont et Schfltz, en décembre 1884, les nouvelles expériences de Lustgarten,en mars 1885, les travaux de de Giacomi, la même année, enfîn les recherches de contréle entreprises par Babès et par Leloir viurent affirmer la présence du bacille dans des coupes de chancre, de plaques muqueuses, ou dans des préparuions de sécrélions syphilitiques. Seule la méthode do coloration a différé selon les observateurs; le résultat est demeuré identique.
En présence d'un nombre aussi imposant de fkiti positifs, on ne pouvait mettre en doute l'existence du bacille de Lustgarlen dans les préparations de produits syphilitiques, tout au moins dans un certain nombre de cas; mais jusqu'alors la preuve n'était pas faite de la nature pathogène de ce microorganisme; on avait réuni un grand nombre de^robabilités, mais la démonstration manquait encore, puisque, de l'aveu de Lustgarlen lui-même, toute tentative de culture avait échoué, et qu'on n'avait pu, par suite, tenter l'épreuve de l'inoculation.
En résumé, suivantLustgarten, le bacille qu'il a découvert existe dans toutes les pièces ou sécrétions syphilitiques qu'il a examinées, et ne se rencontre dans aucun autre cas pathologique ou normal. Divera observateurs l'ont également rencontré dans des produits syphilitiques.
(1) Tr»Ui fvtykirt. tl emitifdu eluUra uiêti^ue (G. Vism, 1886).
Frappés du peu de rigueur apportée daas la détermination patbogénique de ce bacille, HH. Alvarez et Tavel oui entrepris, dans le laboratoire de M. Comil et sous son inspiratîmi, une série de recherches devinées k vérifier les assertions de Lusigarten (1). Ils ont employé tout d'abord les procédés de eolor^ion indiqués par les différents auteurs, e> ae savant des mêmes réactifs, provenant de source sflre; puis ils ont pu, après avoir pris une certaine expérience de la question, modifier ces procédés et recourir à d'autres réactifs, ea particulier & Féosine, qui leur a don«é les plus bewu résnUau.
Ils ont ainsi examiné de nttmlu'euses ceupes pratiquées dans huit cas de syphilis (cinq chancres indurés, deux plaques muqueuses, une gomme), et n'ont pu, sur aucune d'elles, retrouver le bacille de Lustgarlen. D'autre part, ils ne l'ont pas rencoatré dans toutes les préparations de sécrétÎMis»}philitiques : fi fois sur 55 le résultat de l'examen a été négatif. Enfin, dans un cerlain nombre de sécrétions normales ou pathologiques indépendantes de la syphilis (chancres mous, herpès génital, pemphigus de la cuisse), ils ont nettement constaté l'existence d'un bacille, non s^nalé jusqu'ici, ayant ses siège de prédilection au niveau des oignes génitaux externes, et qui est identique à celui de Lustgarlen par sa forme et ses réactions colorantes. Ce bacille se reocootre surtout dans le smegma génital, et c'est ce qui explique sa présence dans les sécrétû>us pathologiques diverses des organes sexuels, résultant d'heipès préputial de chancres mous ou de chantres syphilitiques.
11 est possible que le bacille décrit par Lustgarten dus les produits syphilitiques ne soit autre que ce bacîUe banal, mais son existence, diment constatée par MM. Alvnreiet Tavel dans le snegna normal, ne permet plus de lui nttribuM*, ainsi que l'avait fait ^p hâtivement Tanteur viennms, une valeur pathogénique quelconque i l'égard de la syphilis.
Il est encore un point fort iatéressant rais ea lumière par les recherches de MM. Alvarez et Tavel; c'est la grande ressemblance de forme que (vésente leur badlle avec celui de la tuberculose. D'ailleurs il offre plusieurs des rénctions colorantes considérées jusqu'ici comme spéciales au bacille de Koch et à celui de la lèpre. Il se distingue cependant du bacille tuberculeux par sa moindre épaisseur, son aspect moins granuleux, sa polymorphie, ses incurvations asses fréquentes en S, ou en virgule, et surtout par diverses particularités dans le résultat des colorations : insuccès par la méthode d'Ëhrlich au violet de méthyle; décoloration après traitement prolongé par l'acide acétique ; moindre résistance à l'alcool après coloration à la fuschine et traitefflenl par l'acide nitrique. On comprend combien ces notions sent i»:portanles à connaître pour éviter une grosse erreur dans If. diagnostic de la tuberculose, surtout lorsque la recherche du bacille de Koch portera sur des sécrétions pathologiques provenant des organes génitaux.
Jusqu'ici MH. Alvarex et Tavel n'ont pu obtenir de culture pure de leur bacille; ce desideratum perd une grande panio de son importance, on le conçoit, puisqu'ils ont montrt' qu'on le rencontre surtout dnns le smegma génit^, en dehors de tout accident pathologique.
(I) KUnrtt et TaTsl, Reehenhei $ur le bseUle de Luitiurtm {ÀreUvtM it aéi- •MAffte, SO Mplamhre 1885).
6 NoTsiim 1885 lUZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
fiLIXIR DE TEnpIHE A LA GLYCÉRINE.
Ainsi que je le faisais prévoir dans mon dernier article, la grande solubilité de la terpine dans la glycérine m'a permis d'établir un élixir deux fois plus actif qu'avec l'élixir (te Garus ; contenant par conséquent 50 centigrammes de terpine par cuillerée & bouche.
Cette proportion est, je crois, très suffisante pour une préparation magistrale, la terpine s'empiojant ordinairement à la dose de 1 à 2 grammes par jour.
Voici la formule que je propose, pour 1 cuillerée à bouche d'élixîr :
Terpine 50 centigrammes
Glycértue à SO" 6 grammes
Alcool à 95" 7 —
Sirop simple 8 —
Faites dissoudre, au moyen de la chaleur, la terpine dans la g\ycérine; ajoutez à celte solution le mélange de sirop et d'alcool ; agites ; chauffes l'élixir formé doucement jusqu'à transparence parfoite et conserrei dans un flacon bouché.
Si, à la rigueur, on voulait le filtrer, l'entonnoir devra être couvert, pour empêcher l'évaporation de l'alcool pendant cette tente opération.
Cet élixir est agréable au goât, et plaira sans doute aux malades. Dans le cas contraire, rien n'est pins facile que de lui communiquer Tarome préféré, pourvu toutefois que l'on emploie des alcools ou des essences, car la moindre goutte d'eau ferait cristalliser la terpine.
Pierre ViGilR.
TRAVAUX ORIGINAIIX
Étude sur un cas de pied tabëtique. Communication faite à la Société des hôpitaux, dans la séance du 23 octobre 1885, par M. le docteur A. Chauffard, médecin du Bureau central.
Les observations d*arthropathles tabéliques tarsiennes et tarso-métatarsiennes, sont encore assez peu nombreuses pour qu'il y ait grand intérêt à en réunir de nouveaux cas, que i on puisse comparer aux faits actuellement connus et publiés. 11 s'agit là d'un nouveau type clinique encore & l'étude, p.l qui ne constitue pas l'une des localisations les moins curieuses des lésions articulaires du labes; c'est ce qui me fait présenter à la Société un malade que j'observe actuellement à l'hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. Hutinel, et qui offre, je crois, un très beau spécimen des altérations complexes récemment individualisées par M. le professeur Charcot, sous le nom de piedtabiti^.
Nous verrons, en outre, que, par plusieurs points, l'observation actuelle diffère de celles qui ont déjà élé publiées.
Obs. — Notre malade est un homme de trente-deux ans, chez lequel, depuis bien des années, et sans cause héréditaire, névropathique ou syphilitique connue, le tabès s'est installé à petit bruit, avec les allures insidieuses et lentes qui masquent si souvent le début réel de l'affeetion.
Voilà huit ans, en effet, que cet homme s'est déjà affirmé tabéliques d'abord, en 1877, par un strabisme léger avec diplopie passagère; par des crampes douloureuses revenant par accès, pendant cinq mois,' dans les muscles des m^pibrea inférieurs; enfin par de véritables 4oul$lli^ çn ceinture.
Après ce premier assaut, répit de quatre ans. En 1881, nouveaux accidents : engourdissement, fourmillements dans la cuisse gauche; ohlusion de la sensibilité à gauche d'abord, puis à droite, et assez prononcée pour que le malade ne pût reconnaître, les yeux fermés, la nature du sol sur lequel il marche. En même temps, nouveaux troubles oculaires, mouche volante, diplopie dès que les yeux sont fatigués, cl ils se fatiguent très vile.
Un peu plus tard, plaqnes brmantes de dermalgie anx deux jambes, avec paroxysmes nocturnes ; premières douleurs fulgurantes bien caractérisées, s'irradiant dans les deux membres mférieurs, surtout le gauche.
En 1882, à l'hôpiul Lariboisière, notons pour mémoire l'ablation d'un petit flbrome du pli de l'aine du coté gauche.
Jusqu'en 1 885 état assex satisfaisant, malgré quelques crises de douleurs fulgurantes; l'incoordination motrice fait toujours défaut.
En avril, apparaissent presque simultanément, aux sommets des gros et petit orteils du côté gauche, deux maux perforants qui gagnent peu à peu en largeur et profondeur. Ce sont ces ulcé rations qui, enflammées à la suite de fatigues, décident le malade à entrer le 8 septembre à l'hépilal Saint-Antoine.
L'examen clinique montre immédiatement que l'on a affaire à un atazique confirmé, mais chez lequel les manifestations symptomatiques prédominent notablement dans le membre inférieur gauche.
De ce côté, en effet, le réflexe patellaire est totalement aboli; il existe une l^ère incoordination motrice, le malade atteint dilBcilenient avec le pied eauche un point qu'on lui désigne. De plus, les diverses sensinilites cutanées sont très affaiblies, retardées, ou perverties au niveau de la plante etde ta face dorsale du pied, ainsi que dans la moitié inférieure de la Jambe. ' Du cété droit, sensibilités intactes, réflexe rotulien très affaibli, mais cependant conservé par moments, pas d'incoordination motrice. Marche assex r^hère, sans incoordination; pas de signe de Romberg.
Pas de myosis, ni de signe d'Argyll Robertson. Pas de troubles viscéraux, sauf un érétbisme génital manifeste depuis quelques mois.
Mais le point important, et que nous devons maintenant étudier, c'est la lésion complexe du pied gauche.
Au moment de l'entrée du malade a l'hôpital, le 8 septembre, nous constations, aux deux piliers antérieurs de la voûte planlaire gauche, deux maux perforants mal soignés et enflammés, et au niveau de la face dorsale du même pied un empâtement diffos, rénitent et peu douloureux, que je crus d'abord pouvoir mettre sur le compte des lésions ulcéreuses que nous constations, aggravées par la marche, le défaut de soins convenables, et remploi de chaussures trop fortes.
Nais au bout de peu de jours, la situation changea; sous l'influence du repos au lit et de pansements appropriés, les deux maux perforants se détergeaienl, puis arrivaient assez vile à se cicatriser. Et cependant la tuméfaclion dorsale du pied ne faisait qu'augmenter, le bord interne s'épaississait et formait saillie ; bref, nous voyions se produire sous nos yeux, et en quelques semaines, la déformation si frappante qui caractérise le pied tabëtique. Voici aciuollement, environ un mois après son début, comment elle est constituée.
Le pied présente, dans son ensemble, une triple déformation : tuméfaction doi-sale, épaississement du bord interne, affaissement de la voùle plantaire.
Au niveau du dos du pied, dans tout l'espace compris entre In mortaise tibio -tarsienne et t'interligne larso-méutarsien, existe une large luméftietion en dos d'Ane, étalée, globuleuse, concentrée sur toute la face dorsale des os du tarse et notamment de la seconde rangée. Cette tuméfaction est uniforme, et ne laisse sentir aucun os hors rang, ni aucune saillie irrégnlière. La palpation, la pression modérée oc réveillent qu'nne sensibilité très obscure, et permettent d'apprécier, d'une part, In dureté résistante t;t osseuse de la tumeur, d'autre part, une très légère mobilité de l'avant-picd sur l'arrière-pied, sans que l'on puisse du reste percevoir de craquements articulaire ou osseux.
En second lieu, le liord interne du {>ied est très épaissi, et porte à sa partie moyenne une large saillie conoTde, qui forme un relief très accusé, et semble correspondre à l'apophyse du scaphoïde et au premier cunéiforme.
Au-devant de celle saillie osseuse, te premier métatarsien forme un large méplat, dirigé obliquement d'avant en arrière et de dcdnns t;n dehors. En arriére, autre p|^utwÔ(^l^ff'@ répondant à la face interne du calcanéum. ' o
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Le diamètre, pris au compas d'épaisseur, entre la saillie sca- (ïhoIdienDe et l'apophyse du cinquième métatarsien, est de 9 centimètres à gnucne, de 7 centimètres à droite. Le périmètre au niveau du cou-de-pied est de ^29 centimètres i gauche, de 33 centimètres à droite.
EnKn, la plante du pied gauche est affaissée, et porte tout entière sur le sol. La voAte plantaire n'existe plus, elle est remplacée par un véritable pied plaU comme le montrent très nettement les empreintes des deux pieds.
Pi«. 1. — Bvipreinte du pied (^iieba (pied tabéUqno); toute la plante du pied porto MT le Ml. — Fm. <. Enpr«int« du plod droit, aaiii.— Fis. 3. Lo plod labétique, TU par M face ïMorae. On voit h l«méfacUon dorsale du tarao, l'épaiaglaaeiuenl
du bord luteroe du pied, avec ta aailtio du (capfaoîde.
Ajoutons que les muscles antéro-latéraiu de la jambe gauche semblent légèrement atrophiés, tout en conserrant pleinement leur contractilité électrique normale.
Si nous comparons les déformations comitlexes que nous venons de décrire à celles qui ont été $i{,'nalées dans les cas déjà publiés, nous trouvons plus que des analogies, presque une idenlilé absolue. Partout, dans les observations de MM. Ghaicof, Féré, W. Page, Boyer(i), nous voyons signalées la tuméfaction dorsale du tarse, avec son irulolence reliilive; l'a Ifaisse ment de la voûte plantaire, et le pied plat qui en résulle, a élé soigneusement noté chez Lambert, un fies malades de M. Charcot; quant à la saillie du bord interne du pied, elle n'a fuit dêfaul que chez un malade, dans le cas rapporté par M. Boyer.
Sur l'ensemble des sept observalïons déjà publiées, quatre rois la lésion était bilatérale ; dans trois cas, el en comptant celui-ci dans quatre, elle n*occupait queTundes deux pieds.
Les maux perforants observés chez notre malade se sont également moniréa comme une complication fréquente, trois fois sur sept. De même, on a noté dans un cas la prédominance des phénomènes ataxiques du côté du pied tabétique.
Ainsi, par leur mode de début insidieux, par le peu de réaction douloureuse qu'ils ont provoqué, par leurs déformations complexes el si caractéristiques, les huit cas, actuellemenl publiés à ma connaissance, d'aj-lhropatliies ataxiques du pied, offrent une étroite parenlé;'et constituent une modalité cliniriue bien typique de ce que les auteurs anglais appellent à si juste litre la « maladie de Charcot >.
Il nous reste à signaler les parlicularités assez curieuses i^ui, dans cette série clinique, donnent à notre cas une physionomie un peu spéciale.
(I) Cli-Kol et Péré, Archive$ de neurologie. aoitmbrei8S3.— Cliarcul, Uùtmi d*«|c/.^ Hilloui. Milano. im. p. UO. - Féré. fleeue de vtHeeine. juin 1884. - Horr, fimu de médeeitte, juin 18R4. — W. Pan, Bril. meâ Journal nta ittS
Tout d'abord, la rapidité avec laquelle les déformationj y sont installées, puisque en moins d'un mois, et sous w. yeux, la lésion était constituée. Cela raonlre le caractère m peu artificiel et schématique de la dinsion admise, da^ révolution du pied tabétique, par certains auleuTs(l):fnmiëre période, tuméfaction dorsale du pied; seconde kriode, affaissement de la Todte plantaire et pied pUt \j& deux déformations, chez notre malade, ont élé imliiW. simultanées et non successives.
D'autre part, le pied malade élait le siège de troubles Irr phiques et vaso-moteurs très remarquables. Oulreleiluiibl» mal perforant que nous avons déjà signalé, il faut noterk chute spontanée, sans suppuration ni phénomènes \ûmmatoires, des ongles du premier et du second orteil: h autres ongles sont irr^uliers et sillonnés de cannek" transversales.
Dès que le malade met le pied par terre etTeutmu^tr la peau du pied gauche rougit et se fluxionne, lesieiprjir dilatent, une sueur abondante perle sur tout le pied. Ctti sueur locale est du reste presque continuelle; i peiuai^i essuyé la peau qu'elle redevient moite et humide. L'ruki de la réaction mâorale {% à l'aide d'injections nukbUnées très faibles de pilocarpioe (1 inilligramine), douelt! résultats suivants : à gauche, sudation au bout de qn» secondes; à droite, au bout de plusieurs minutes setikow^
Hais le trouble local le plus frappant est celui que présente la température comparée des deux pieds. Déjàl'il^itsition seule de la main permet de constater une b^jiKthermic notable du pied gauche ; celui-ci est aussi cWf s'il était le siège d'une arthrite suppurée ai^ué ou h phlegmon. La mensuration thermométriqne prise Iréis^giieusement à plusieurs reprises des deux côtés, pennft^ voir combien est grand l'écart moyen des températur?'!cales prises sur chaque pied :
Bu côté droit : partie interne de la face dorsale du 25 degrés; partie externe, 28 degrés.
Du côté gauche: partie interne, 34%5; partie eiltn 35 degrés.
Soit un écart moyen, d'un côté à l'autre, de Sdegr^trviron 1
Cette différence énorme de température est dureiUK' faitement perçue par le malade, et il affirme très nellf'^ qu'il n'a commencé à sentir cette chaleur bnilaiile puis le moment où le pied s'est mis à augmenter de C'est là un renseignement qui a une grande imporlanfeA' il nous permet de rattacher ce foyer thennogènelouli'i»* une altération nerveuse centrale ou périphérique, mù' au contraire aux lésions récentes et toujours euacti)ii<^<-' squelette du tarse.
Cette hyperthermie locale nous donne ainsi u mesure de l'inlensilé du travail inflammatoire souvi)»"^-^ si elle n'est pas signalée dans les autres obsen^"^ ^ publiées, c'est que vraisemblablement la lésion oss»'« articulaire y élan moins rapidement envahissante.
Nous sommes ainsi conduits à admettre l'eusteocf-.'^ notre malade, de lésions inflammatoires profoiHles,di>n|^ purement nerveuse et trophique, et portant à la fois^^"" arliculations du larse el surtout sur les os très vasculaitff" spongieux qui y prennent part. On pourrait dire qu'l î " dans les cas de ce genre, plus û'ostéopatkie toMXt d'arthropathie.
Ce ne sont pas là, du reste, de simples présomptions^ H deux autopsies actuellement connues (3) inontrcnur degré vraiment étonnant peuvent aller ces lésions rifs"'" arthrite. Je dois à l'obligeance de M. le professeur ChiT'' de pouvoir vous présenter ici un ma{;niHque spécimen-'
(1) Del jtde piatto, « M peit làUOM. MilioUi, RaccoalUon mtiat.t^'- ' wl. XXllI, n- H. ^ (I) Slraua, Cm. mêd. 4e Pmdt, 1880. ^ [i} Charcot «I FM, Sw. aiïsM » juillet 1883. Boyar. t^eU- '
lésions tabétiques du pied, telles que les montre une pièce du musée de la Salpêtriêre. < Les surfaces articulaires inférieures de l'astragale, les surfaces articulaires du calcanéum sont érodées, usées, avec quelques petites végétations sur leurs bords ; l'astragale est fracture transversalement au niveau de son col; le scapholde, le cubolde, sont usés, déformés, à peine reconnaissaoles. Il s'en est détaché de nombreux petits fîragmenls parmi lesquels on ne saurait qu'avec peine reconnaître le troisième cunéiforme. Le premier cunéiforme est augmenté de volume, épaissi dans le sens de la hauteur ; il en est de mÔme de la partie postérieure du premier métatarsien auquel il est soude. Le deuxième cunéiforme, déformé en arrière, est aussi sondé au deuxième métatarsien. Tous les os du tarse et du métatarse offrent un aspect spongieux, une friabilité, une légèreté inusités (IV >
En est-il de même chez notre malade ? Nous ne pouvons que le soupçonner et le craindre. Il est bien probable que, chez lui aussi, évolue cette lésion complexe d'ostéoporose inflammatoire et de destruction ou de soudure articulaire. Nous en avons malheureusement pour garants la production si rapide des déformations du pied, et surtout l'intensité dit fojer thennogène local, qui revêt ainsi l'importance d'un signe pronostique de haute valeur.
En tout cas, l'observation que je viens d'avoir l'honneur de résumer devant tous est une preuve de plus de l'autonomie clinique de ce nouveau type d'arthropathie nerveuse, le pied tabétique.
SOCIÉTÉS SAVANTES
sëahce du 2 novembre 1885. — présidence de h. boulev.
Nouvelles recherches sur l'origine des fibres nerveuses GLANDULAIRES ET DES FIBRES NERVEUSES VASO-DILA- TATRICES QUI FONT PARTIE DE LA CORDE DU TYMPAN ET VU NERF
CLOSSO-PHARYNGiEN. Noto de M. Vulpiati. — Ces nouvelles recherches font suite à celles dont le savant physiologiste a communiqué les résultats à l'Académie des sciences en 1878. En voici les conclusions :
1' Tontes les fibres, k fonction connue, de 'Oa corde du tympan proviennent, en réalité, du nerf facial; en d'autres termes, la corde du tympan n'est pas le produit d anastomoses fournies au nerf facial par d'autres troncs nerveux ; elle est véritablement une partie constituante du nerf facial lui-même et, à l'exception de quelques rares fibres anastomotiques, elle est soumise tout entière à l'influence trophique du ganglion géniculé;
2' Les fibres nerveuses glandulaires que le nerf glossopharyngien envoie à la glande parotide et les fibres nerveuses vaso-dilatatrices que ce même nerf fournit à la partie postérieure de la langue, existent dans le nerf glosso-pharyngien dès sa sortie de la moelle allongée.
Chaleur animale. Note de M. Bornai. — Il s'agit des recherches expérimentales de l'auteur sur la température qu'on observe chez la femme au moment de l'accouchement et sur celle de l'enfant au moment de sa naissance, recherches qui l'ont conduit aux conclusions suivantes :
i'Le travail de l'accouchement n*a pas pour conséquence obligée d'élever d'une façon toujours appréciable ta température de la parturiante;
3" Le degré de la température constaté après l'accoiichement n'est en rapport direct, ni avec la durée du travail, ni avec l'intensité de la souffrance, ni avec l'&ge de la femme,
(1) Clitfeot al FM, lae. eil.
ni avec le temps écoulé depuis la rupture de la poche des
eaux ;
3° La température n'est pas plus élevée chez les primipares et dans les grossesses gémellaires, non plus que dans les présentations du siège et de la face, lorsqu'il n'y a pas disproportion entre le volume de l'enfant et les ouvertures et conduits qu'il doit parcourir;
4° Comparée à celle de la mère, la température anale de l'enfant, au moment de sa naissance, lui est exceptionnellement inférieure, rarement égale, et presque toujours supérieure de 2 à 7 dixièmes de degré environ.
Sur les propriétés du sang charbonneux et septicëmi- QUB. Note de M. A. Sanson. — Dans la note de M. S.Ârloing, communiquée dans la dernière séance de l'Académie, il est établi que les micro-organismes de la septicémie gangreneuse et ceux du charbon emphysémateux du oœuf ont la propriété de faire fermenter l'amidon cuit et la dextrine et de les transformer en glycose. Or M. Sanson fait remarquer que le même fait a été constaté par lui, dès 1868, lors des recherches qu'il avait été chargé de faire en Auvei^ne, sur la maladie charbonneuse, appelée mat du montagne. 11 fut communiqué à l'Académie, dans la séance du M janvier 1869, par M. Bouley, en des termes que l'auteur reproduit.
Cette ancienne constatation a évidemment éctiappé k l'attention de M. S. Arloing, car dans le beau travail publié avec ses collaborateurs, HH.Cornevin et Thomas, sur leur découverte du charbon, appelé hAciétien, charbon symptomatique on charbon emphysémateux, l'exactitude des observations de M. Sanson, relatives aux caractères du micro- organisme du sang, contestée dans le temps par Davaine et par Toussaint, a én explicitement confirmée.
Mesure du travail mécanique effectué dans la locomotion humaine. Notes de HM. Marey et Demeny. — M. Harey a présenté successivement deux notes qui résument les longs travaux sur la locomotion humaine, qu'il fait avec son collaborateur M. Demeny. La photographie par images successives sur la même plaque a permis d'évaluer les éléments nécessaires au calcul du travail mécanique dépensé dans les différentes allures, marches ou courses.
La trajectoire du centre de gravité du corps d'un marcheur est une ligne sinueuse qui se riq>proche de la trajectoire d'un point de la téte. On étudie cette trajectoire cbronophotographique et on en déduit : i" le travail, suinnt la verticale, qui est le produit du poids du corps par les hauteurs des oscillations verticales ; 2* le travail, suivant l'horizontale, par la connaissance de la variation de vitesse pendant l'appui du pied, oui permet de calculer la variation de force vive de la masse du corps.
Un troisième élément consiste dans le travail nécessaire à roscillation du membre levé. Ce dernier est de beaucoup le plus difficile à évaluer.
La somme de ces trois travaux représente le travail total dans un pas. Les valeurs données sont des chiffres maxima. On ne peut connaître l'erreur commise tant que l'on n'a pas de données précises sur la restitution du travail mécanique emmagasiné par le muscle étiré.
Mais les valeurs relatives du travail total aux différentes allures et à toutes les cadences donnent des indications, fort intéressantes.
On ne peut acquérir de vitesse de progression qu'en accélérant le rythme ou en allongeant le pas. Mais la longueur du
ftas elle-même est une fonction du rythme. Plus le pas est ong, plus les éléments du travail augmentent, plus les réactions verticales sont grandes dans la marche, plus la variation de force vive pendant l'appui du pied s'exagère. La marche vive peut donner une somme de travail supérieure à la course lente; de là, la nécessité instinctive de courir lorsque l'allure s'accélère. Connaissant la loi de variation diL travail à toutes le-s idlures pour un même sujet, on peut^ta-
GAZETTE HBBOOHADAIRR I^E MÊPSGINB ET DE CHIRURGIE
6 NOTBMBRB iiSb
quer Us questions intéressantes, au poiot de vue militaire,
ftar exemple : Quelle est Tallure la plus Tavorable pour ranchir un espace donné avec le moins de travail possible dans un temps moyen donné? etc.
Les tableaux synthétiques qu'a présentés H. Marey, peuvent répondre à ces questions pour la marche sur route plane horizontale et dure. Il aTinlention de les étendre à la marche sur route meuble, inclinée, et en surchargeant les hommes en expérience de fardeaux additionnels. Ces études intéressent particulièrement l'armée et ont été faites sur la demande d*ofltciers généraux.
CoaRESPONDANCE. — M. Pigeoti envoie une note relative à la diarrhée de la période proaromi(]ue du choléra. Ce travail est renvoyé & la Commission du prix Bréant.
Amilémle d« mMeelnr.
SÉANCE DU 3 NOTEHSnE 1885.— PRÉSIDENCE DE U. BERGERON.
MU. lei docteuri BumeMfaiUer, Ftrrûui, Jf«UopM» at Haym ao portaal ciDditlaU ■ la place âicUaie neanto dani la lactlon do Ihérapautiquo al d'hitloirc naturelle mildlcala.
H. la dodaur Gairtel PouehH raprelle, k propoi d'un m^nwira préimi^ 1 la deraUre afenoa par H. Richa, ao nom da UU. NiMià «t Meuek, quTjk U date do 9é aodl l^, il avait d^à extrait dat boaillum d« callnre du nicroba da Koch vno ptoniaïne Tolatïle. idealiqua à celle qu'il aTait Uolée en ntivembro 1684 dai d Jec-
N. la daolMT Dtpna fwle rAcaMnia d'aeeaplarla dëpM dhia PH eaehM nn- Imiaat m nteolra ralatïf à dai aspérianefs aur le Innaport daa mduu at dei
indtalloïdet à Iraters l'orEanUme au moïen dei force* électrique*. (Accepté.)
U. le docteur Rougeot envoie U deicription d'un fauUuil-baignoire.
H. le Prinient d^poae, an nom du feepilalre général da la Sooidlé nédicopajchologique da Parla, hm brocbure aur ffimffHWlim it ta tUtH* 4t HnA, le 13 juillet 188&.
M. (a 5ecrdM^ p«rf4t*êl dépote, de la part da U. le docteur Cviman» (do Forbacti). I<i traduction lur la 4* édilion d'un ouvrage de M. le docteur Hbtlcifi (de Goatllneua] »ur Vobitité et ion traitement ; et prëienfe, au nom de 11. le doctaor GtUpjte, un mémoire hlltult! : Reeherchet fur lea propriéléi phytiquei et •HT ta cmiIMMien eUmiqui iea ëtHU dan» leur» r»noru avtc l'élti dt ianté tu it mal»4t$.
U. Hardg préaante un ouvrage do M. le docteur Joire (de Lille) lar le dépopalaiton et let principeM de Malthut,
H. larreit oSïe, au noin da U. le docteur Philippe, tnïi broehum relatives aux fracturea et à tour trailanwnt par daa apporaila brpowrtWelqHe* à •uapaaaion at ddpoie la fluUelin d'octobre de l'Aaaiitanca aps uutildi pauma.
H. Soitrdon préaenio une Note de H. le docteur Piçem (de la Nifcvrc), aw la vaccine. {Committion de vaccine. )
M. rUal bit bonmatie, au non da U. le docteur Démange (de Nanajr), da l'article Parapl^six, extrait du Diçtionnaire encitelopéiique de» aeteiMM méàicalài el troi* uiémoiret tur Ici Utian» icUreutei de» vaiiieaux tpinaux et de» altération» teiireuee» de ta moelle qui en imt la eontéqutnee.
M. Valu» préaanta «a Nota do M. la doctaor Berttn-San» (de Montpellier) aor •on wuTel «pitwpa^ pour ddjouer la aimuJaijoii de l'aniblyofio et de U adeitd nenoculairei.
H. Peter offre, au nom de U. le docteur Vauricc Coite (de Uarieille), deux mémoire* nunuicrit* aur le* mouvement» pupiUairet dan» le période algide du «JtoMr* coittlddrtfa au ptànt de vue du primottic et «m* t'an^ine cAolériftM.
M. Charpentier préfaoïe, da la part de M. la doctaor IMérit, une eonie dila-
tatrice pour injection» intra-utérine».
Déformation conoénitalb des index. — M. Jules Guérin présente une dame et ses trois enfants r^ui, tous les (quatre, portent à chacun des index des deux mains une déviation angulaire el laléraJe de la deuxième j)halange. Quelle est la cause de cette malformation héréditaire, unique dans la science ? On ne peut en trouver aucune, bien que M. Jules Guérin ait passé en revue toutes celles qui pourraient être invoquées, v compris l'impression que la vue des homards, aux pinces déviées, aurait faite à la grand'mëre des enfants pendant sa grossesse ! Quoi qu'il en soit, M. Jules Guérin se
firopose de traiter ces quatre personnes par la section des igaments latéraux, cause immédiate, suivant loi, de la difformité, et il promet de montrer ensuite à l'Académie le résultat de son intervention chirurgicale.
H. Trilat déclare qu'il n*a jamais vu l'hérédité se manifester aussi nettement dans des cas de ce genre; il v aurait tout au plus analogie avec certaines lésions qu'on 9 efforcq
d'obtenir chez des espèces animales, comme les chiens, afia de constituer des races spéciales dont le t^pe reste définilif, tels que les chiens i jambes torses et petites, ou à oreilles courtes, etc. Il croit, d'autre part, gue ta dilTormîté est plutôt de nature osseuse et que les ligaments n'y sont pas seuls inté-ressés.
M. Julet Guérin réplique que cela peut être vrai pour ni seul des enfants, mais pas pour les aeux autres et pour U
mère.
Transfusion et choléra. — A propos du rapport In kh dernière séance par M. Le Roy de Méiicourtsur le mémoirv de H. Rouvîer, M. Peffr déclare que, suivant lui, tous les phénomènes de la période algide du choléra ne sont pas jn«ticiables de l'épaississement de la masse sanguine et i\w riiijeclion intraveineuse agit surtout en excitant la paroi vfineuse el en réveillant ainsi par action réilexe la conlraeliliti: dn cœur.
M. Le Roy de Méricourtréjfétt que la transfusion agit surtout comme excitant de la circulation générale etquereitc circonstance, jointe à la dilution du sang, au spasme des vaisseaux et à beaucoup d'autres causes encore ïnconoues, peut expliquer l'amélioration incontestable que ressent \t malade à la suite de la transfusion.
Hagk. — Comme il te lui avait promis â la dernière séance, M. le Président offre à M. Colin (d'Alfort) de présenter aujourd'hui les observations qu'il avait demandai faire à la suite de la communication de M. Pasteur et<iai avaient dû être écartées en raison de l'ordre du jour.
Itf . Colin (d'Alfort) renonce à la parole. Les observalïMs qu'il voulait présenter ont été faites déjÀ dans divei^ journaux. Mais il tenait surtout à adresser diverses qnestionji H. Pasteur sur plusieurs parlicularilés de sa méthode ; l'absence de H. Pasteur ne lui permet pas de poser utilement ct< questions.
Thalline et antiptrihe. — Au cours de la deroifrv séance, M. Jaccoud avait lu un mémoire pour démontrer que si la thalline est supérieure à rantipvnne comme anlithermique, aucun de ces médicaments n exerce une art: ' thérapeutique réelle et il convient de les abandonner. M. ^jardin-Beaumetz ne souscrit pas à cette opinion.
En premier lieu, il résulte de ses recherches que l'antlp;rine est un antithermique bien supérieur à ta thalline, pm'rqu'ette est moins active, partant plus facile à maoier < qu'elle a des effets dépressifs bien moins marqués. D'ns're part, si ces médicaments n'ont, en réalité, aucune influenrr sur fa marche de la maladie, si quelques malades les su;^ | portent mat et sont affaiblis par tes sueurs ainsi pF0TO<]ut'", il n'en est pas moins vrai que l'antipyrine permet de cmbattre aisément ta lièvre ou, si l'on aime mieux, f'iirperthermie, et par suite une des causes principales de la âèpet- I dition dans un certain nombre de maladies. C'est en samwjun des agents utiles de la médication symplomatique. .
Rkvaccination. — M. Blot donne lecture du rapport vtr I le service des vaccinations en France pendant Tannée IMvi. Ajant dans ce rapport signalé divers documents relatif» »^ avantages retirés dans l'année par la pratique de la rev." cination à l'aide de vaccin pris sur des adultes déjà vacriu MM. Bucquoy, Vidal, Hardy font remarquer que ce pro» ne peut donner que des résultats incertains et qu'il donn*- \ sécurité trompeuse, puisqu'il est des cas où une nou^ . vaccination de sujets ainsi revaccinés n'en a pas mréussi. Tel paraît être l'opinion générale dans rAcadtmais chacun reconnaît qu^l est des cas où, faute de m ifin convient d'agir ainsi. D'ailleurs M. Maurice Perriu rn{<j que le Conseil supérieur de santé des armées a prescn' médecins militaires de ne se servir^ cette méthode q< cas d'absolue nécessité etde:pratiqnér.A|ti»B^^ de suite la vaccination. "'^^^ ^ vjJwvTgrv^
Incidâmineat M. Jules Guérin avait fait observer qvVpe loi sur la vaccination obligatoire est devenue inutile depuis que le certificat de vaccine est exigé à l'école, dans les administrations pul)liques et qu'on vaccine ou revaccine tous les soldats et marins. M. Btoi objecte qu'une telle loi n'en serait pas moins utile pour assurer rezécution complète de ces mêmes mesures.
AssAiNisSEMEHT MB LA HAHOw. — M. A. Duraud-Claye, ingénieur en cher des ponts et chaussées, chargé de la direction du service de l'assaipissement de Paris et de la Seine et candidat au liire d'associé libre de l'Académie, expose ses projets sur U meillfiur wade d'aaKHaiwem^Qt àiet ipaisous û» Paris, en ce qui concerne l'évacuation des < immondices usées ».
Dans une série de tableaux et de graphiques qu'il folt passer sous les yeux de l'Académie, il montre la disposition de la maison avec la fosse fue, avec la tiaelte tiltraote, et enfm la maison siUubre dans laquelle est assuré l'éloignement rapide et immédiat dè toutes les matières impures, solides et liquides, sans aucun reflux de gaz k l'intérieur. Il fait observer, en particulier, qu'avec le système de U fosse fixe, toutes les odeurs remontent dans les appartements: les cabinets ne sont pas ventilés et la guerre est faite à l'usage de l'eau, le propriétaire ayant un intérêt trop manifeste à restreindre cet usage, afîn de diminuer ses frais de vidange. U en estde même à peu près avec la tinette filtrante, installée dans des caveaux non étancbes, débordantsouvent et laissant
l'égout ou par une conduite spéciale, de disposer la maison de manière à assurer à la fois : l'enlèvement rapide des matières de v)(}4nRe par l'eau amenée en abopij^Qce ; ia suppression de la losse fixe ou de la tinette et, par suite, la suppression de leurs odeurs ; rinslallation de cabinets bien ventilés avec effets d'eau, de siphons sous tous les sièges, surtout les pierres d'évier et les tables de toilette pour empêcher le retour des mauvaises odeurs, et à l'extrémité (le la canalisation, à la sortie de la maison, un dernier siphon doit empêcher toute odeur de provenir de l'égout. Ainsi sont supprimées les causes principales d'insalubrité dans les habitations.