L. LEREBOULLET, PAUL RECLUS
Adrewr ton! ce qui coneame la rsdMttm ao tiègt du Comtfé, ehea M. Dicunu, M, nu dt Ittte {avaat la manU de préMreaea).
(Thèses, examens, cours, etc.) «a étnr» dMMMaaa mUrtummt le pniia m*<u««l
SOUHAinB. — BDLttTtH. La* mddicvinanU hypnotiqoes on •omnïfLTCt. — Audémia de mMecine. — Viceination ■ntirabiqiM. — Ou rayccniB fongoïde. — L> ([islriie tivMse. — GroH^ de priu do (renouille wr I> peau de rhomme ; sreiïea lendîneuwi. — De VêrtMta tjrpboïdiquo. — Ordre An nédeclu; lervico médical. — Lei Uliamberlon et le forcepi. — Tn&VADX amoiliAUX. Cbinrgio : CAlnique de l> Pitié (leton d'an icr turc). — Thérapeutique i Nota sur le> propHutci hypnoiiquM de la phénjl-niéthjl-acëlone ou acéto-phunone. — Socitrés sa- VARTII. Acaddmii «toi ■doncfa. — AcHUanîe de ÙMeelM. — SoelM de chU niffie. — Socidl^ de UolOBie. — Clinkal Soeiely of London. — Rivui PIB JOURNAUX. — Travaux à conwilter. — Bibliooraprib. Recherches mr lea propriétés phjsfque* el la conRtitutioR chimique des dsnla. — Les médeclas grere depuis la mort de Galieo ja»qn*àla cbele de i'enpîra d'Orient. — VAXiéréi. De J'tfpoqne del'ennée k laqnelle Im laterflea «t «lUnwad^Tententnr on foBiïtiei»- Fiiriu.BioH ■ Leitra oMtealei.
BULLETIN
Le* MaédleaaBeMts h^^stHiBC* *■ MMiilCèrca.
(Suite. — Voy. les n** H et 45.)
A côté du bromure de potassium, nous pourrions citer un grand nombre de médicaments antispasmodiques, en particulier la valériane et les valérianates^ le bromure de camphre, le musc, l'asa tetida, l'eau de laurier-cerise, etc., parfois mentionnés comme hypnotiques par divers auteurs. Mais, si l'on ne peut nier l'action qu'exercent sur le système nerveux ces divers agents thérapeutiques, on ne saurait les considérer comme de vrais somnifères. Il en est de même, quoique à un autre point de vue, de la digitale et des antipyrétiques de même espèce, des sels de quinine ou des pré-
parations de quinquina. Toutefois l'iniluence favorable qu'ont ces derniers médicaments, lorsqu'il s'agit de combattre certaines formes d'insomnie, nous engage & en parler un peu plus longuement que nous ne pouvons le faire pour les anti-
spaiimodiques.
La poudre de feuilles de digitale ailministrée soit en paquets, soit en pilules, mieux encore en infusion, rend de grands services contre l'insomnie qui s'observe dans les maladies fébriles, c soit, dit M. Marvaud, que ce désordre, comme les autres troubles du système nerveux, dépendede l'hyperhémie cérébrale, qui, suivant Griesinger, se manifesterait dans l'état fébrile, soil qu'on doive le rattacher, comme l'admettent Traabe et Liebermeister, & la chaleur morbide et au sang surchauffé qui viennent impressionner les éléments nerveux >. C'est surtout en abaissant la température, en diminuant la combustion interstitielle, qu'agit alors la digitale. D'autres fois c'est en uniformisant la circulation qu'elle parvient à diminuer la surexcitabilité du tissu nerveux. Dans tes maladies du cœur, avec ou sans lésions d'oriHces, l'insomnie est l'un des symptômes les plus fréquents, les plus pénibles que l'on ail à observer. Si donc on parvient à modérer les troubles circulatoires de l'encéphale, ce qui arrive lorsque la digitale vient h régulariser, h ralentir et à rendre plus puissants les battements du cœur, on permettra le sommeil. Enfin il est des circonstances où il reste difficile d'interpréter l'action de la digitale, et où cependant, au point de vue cli-
FEUILLETON
lettrée médiealea.
Projat d'une Soolttè da déontologie. — Servioa mèdloal de nnlt. — Un nouTeea loomal.
Cher confrère, la pensée d'organiser au sein du corps méilical une action disciplinaire qui permette de frapper, ;ous une forme quelconque, les intVaclioiis à l'honneur et à a tlignité de la profession s'étend de jour en jour. On ;n trouve souvent l'expression ilans la presse, dans les 50ci(H»^s confraternelles. Et voici qu'une de nos Sociétés l'arrondissement, la Société médicale du Louvre, s'einpa- 'ant à son tour de la question, propose de la faire entrer 'ésoluinent dans la voie pratique par Tinstitufion d'une Société centrale de déontologie. Ce projet est actuellement loumis, par les soins du président de la Société du Louvre,
&- StRiE. T. IXU.
I H. Ladreit de la Charrière, aux présidnnts des autres Sociétés médicales de Paris, c Nous ne doutons pas, dit la lettre de notre confrère, des efforts salutaires de chacune de ces honorables Sociétés; mais vous reconnaîtrez certainement que l'influence d'une Société centrale sera d'autant plus considérable qu'elle représenlera tous les membres honorables du corps médical. Celle Société deviendrait, en quelque j S'Tle, lu conseil de l'Ordre de la médecine, et elle confierait I des mandats à son président jusqu'au jour où elle pourrait ' devenir une personne légale par la reconnaissance d'utilité ! publique. Elle aurait pour mission de veiller sur les droits I et les devoirs des médecins, et elle pourrait, dans toutes les questions de législation, devenir un intermédiaire utile auprès des membres des assemblées délibérantes. >
Un projet qui a pour but tout à la fois de relever la considération du corps médical et de protéger se^ntéréts n^ peut éveiller que des sympathies, et La Sqcié^tIir>Louvre > s'honore en en prenant 1 ^nitiali^VJ3yt[â§â% weW qt^ ~
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nique, on se voit obligé de Taflirmer. Il y a bien des années déjà que Tardien et H. Decharabre ont constaté qu'une pilule de 5 DU 10 centigrammes de poudre de digitale prise au dernier repas pouvait, chez certains sujets, agir comme hypnotique. A ces doses le médicament ne peut être ni antithermique^ni cardiaque. L'expérience prouve qu'il est cependant efficace. Peut-être, chez les sujets très sensibles à son action, cette dose surfit-elle à exciter les nerfs modérateurs du cœur, et, par conséquent encore, à régulariser la circulation. Il n'en reste pas moins établi que, lorsque tous les autres médicaments auront échoué, on pourra, surtout chez les sujets émotifs ou habituellement congestionnés, essayer l'action de la digitale.
Le sulfate de quinine, à doses assez faibles également et pris au dernier repas, parait avoir une double action. Il peut 6tre considéré tout à la fois et comme tonique digestif et comme déterminant un certain degré d'anémie cérébrale. On connaît les succès que donne parfois le sulfate de quinine lorsqu'il s'agit de combattre les névralgies congeslives ou la migraine; Woillez (cité parHarraud) aurait reconnu que 10 centigrammes de sulfate de quinine guérissent presque ft coup sûrriusomnie déterminée par l'éréthisme nerveux, les excès de travail, etc. Nous n'avons pas d'observations nous permettant d'affirmer qn'il en sera toujours ainsi, mais il nous est arrivé souvent d'associer la digitale à la quinine et à de petites doses d'opium ponr combattre la migraine, et nous avons presque toujours constaté que l'association de ces médicaments détermine alors non seulement la sédalion de la douleur mais encore un sommeil calme, profond et prolongé. Chez les malades et en particulier chez les arthritiques qui supportent mal les préparations opiacées, on pourra donc essayer l'association de très petites doses de bisulfate ou de bromhydrate de quinine et de poudre de digitale, et l'on parviendra souvent ainsi non seulement à calmer les douleurs névralgiques liées à l'arthristisme, mais encore à provoquer le sommeil.
Parmi les autres hypnotiques, nous mentionnerons encore l'hopéine, principe actif du houblon, sur laquelle M. Grasset a récemment appelé l'attention en résumant dans une intéressante revue thérapeutique les expériences de Willamson et Smith (de Londres). L'hopéine ou alcaloïde narcotique du houblon se présente sous la forme d'une poudre cristalline d'an bleu éblouissant et en aiguilles longues de plus de 1 centimètre; elle est difficilement soluble dans Teau, facilement soluble dans l'alcool ; elle a un goût très amer et
I une odeur caractéristique de houblon. D'après ceux qui I'cdI expérimentée, elle produirait le narcotisme sans détermina ' les eflcts irritants ou convulsivants de la morphine. Chu I Thomme, à la dose de 5 milligrammes, elle provoque une . légère dilatation pupillaire, une sensation de chaleur et. ! après vingt minutes, une forte tendance au sommeil. C<: I sommeil est tranquille, réparateur, sans réveil pénible, l'n I sommeil profond survient, chez l'enfant, avec cette dos< légère; chez l'adulte, il faut pour le déterminer prescrin I 1 à 3 centigrammes d'hopéine.
I c Après l'absorption de 2 centigrammes, dit H. Grasset.
Smith observait sur lui-même une augmentation de la teni- I pérature, une accélération, puis un ralentissement du poul«,
un goût très amer et persistant dans la bouche, maïs aus^ ' une sensation de bien-être dans tout le corps, aucune démani geaison, et, dix à quinze minutes après, une invincible teo- < dance au sommeil. Le sommeil durait cinq à six heures et ' pouvait être appelé réparateur.
i * Dans les rêves de ce sommeil de l'hopéine, i\y » une I série d'hallucinations particulières, souventconscieotes.vues : non distinctement, mais comme à travers un voile (ceci tout 1 particulièrement dans cet étal de demi-veille qui marque le
début et la fm du sommeil).
' > Aucun effet consécutif désagréable, aucune conslipatîor I après 25 milligrammes et mêmé 3 centigrammes (dose qui : avait produit un sommeil de huit heures avec un trouble i I peine sensible des fonctions digestives). »
11 faut arriver aux doses de 35 à 40 milligrammes pour amener des nausées et une légère céphalalgie, qui disparaissent d'ailleurs au réveil. A ces doses le myosis estcoB* stant, ainsi que le ralentissement notable du pouls.
f La différence la plus remarquable de cette action et de l'action de la morphine à la même dose, dit encore M. Grasset, est l'absence de démangeaisons, de troubles digestifs il^ constipation et de bourdonnements d'oreilles. Hais il est mtain que de hautes doses d'hopéine produisent aussi des Misées et des symptômes gastriques, quoique toujours am moins d'intensité que la morphine.
» L'appétit est notablement augmenté par les petites d<^ d'hopéine comme par toutes les préparations de houbloo
» Avec les hautes doses, le sommeil passe rapidement i l'état comateux pour faire de nouveau place à un somint-jJ tranquille et profond. Après le réveil, les effets désagréabJe< sont très réduits. La constipation est relalivement ins^rmfiante et facilement supprimée par l'aloès; il n'y t pnf tir
puisse dire en sa faveur est qu'il mérite un sérieux examen. Son défaut est peut-être là ou l'on pourrait voir tout d'abord une qualité; il est trop arrêté, trop défini, et ne parait pas tenir assez compte des conditions auxquelles pourrait s'implanter dans le corps médical quelque chose d'analogue à rOrdre des avocats, non plus que du mode d'organisation qui conviendrait à la nouvelle institution. Tout cela me semble un peu trop préjugé par la lettre de M. Ladreit de la Charriëre. Cette lettre le dit expressément : il s'agit de former une Société centrale de déontologie, qui serait une sorte de conseil de l'Ordre, ayant à sa tête un président, qui seriit une sorte de bâtonnier. Vous avez lu, je pense, cher roafrère, les articles dans lesquels la Gazette hebdomadaire a exposé en détail l'organisation de l'Ordre des avocats, et marqué les points sur lesquels Userait impossible de l'appliquerà l'Ordre éventuel des médecins elles points qui pourraient prêter une imitation (1885, n** 33 et 34). Vous savez qu'il n'existe pas, à proprement parler, un Ordre na-
tional des avocats, soumis à un seul et même statut, mais bien un certain nombre d'Ordres particuliers aux barreau des différentes Cours; qu'ils ne se soumettent pas tous, dans la pratique, aux mêmes règles et aux mêmes usages, mais qu'ils sont tous régis par des décrets et des ordonnance^ les rattachant à l'organisation judiciaire. Or il semblerait ré sulter des termes de la lettre rappelée tout à l'heure que i Société centrale « composée de tous les médecins honorable^^ • deviendrait, dès qu'elle serait reconnue d'utilité publique, conseil (central comme elle) non de l'Ordre particulier • Paris ou du département, mais d'un Ordre unique des n;«decins, d'un Ordre de la médecine^ comme s exprime lettre. Dans cette hypothèse, la Société dedéontologie aur à faire exactement le même travail auquel se livre actuel! ment l'Association générale des médecins de Franrr. laquelle cette question est actuellement soumise, c''e>t dire à rechercher quelles, devraient i\xs.inS(^a^aA(s^n*•^.^ del-institution; et^'il TOl^f %uM$?\iîgïï^ ,i
i3 NoTEXBRE 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
(iysiirie (presque constante avec ces mêmes doses de morphine) ; mais il y a de l'engourdissement de la tête el du vertige encore plusieurs heures après l'ingeslion de 55 milligrammes, surtout chez la femme. Le myosis est constant, même après le réveil.
» Smilh estime que la dose toxique est à 10 centigrammes pour l'adulte et 6 pour l'enfant; les personnes habituées aux iiautes doses de narcotiques en supporteraient davantage, quoiqu'il n'y ait pas d'assuélude avec l'hopéine. »
Ces résultats, s'ils se confirment, seraient des plus importants. Nous aurions, en effet, sous la main un narcotique plus puissant encore que la morphine et surtout plus inofTensif. €e qui permet d'ailleurs d'espérer que Willamson et Smith n'ont pas exagéré l'action favorable exercée par l'hopéine, c'est ce que nous savons, el ce que H. Grasset a pris soin de rappeler, au sujet des effets que produisent les préparations de houblon et surtout le lupiilin. Trousseau et Ptdoux, Fonssagrives, Debout, Nothnagelet Rossbach, etc., cités par notre savant confrère, reconnaissent au lupulin une action somnifère, el si d'autres médecins l'ont contestée, il parait cepen- ^ ilant démontré qu'elle s'exerce dans un assez grand nombre de circonstances. Comment nier d'ailleurs que certaines préparations de houblon soient hypnotiques, alors qu'il est si aisé d'obtenir, chez certains sujets, un sommeil calme et relativement assez long en leur conseillant de boire le soir, trois on quatre heures après leur dernier repas, un ou deux verres de bière légère? Ce n'est évidemment pas la proportion d'alcool qu'elle renferme qui agit dans ces circonstances. Il faut donc admettre que la bière est somnifère tout à la fois par ses propriétés hypnotiques spéciales et par l'influence <]u*e11e exerce sur la digestion. L'essentiel pour qu'elle produise les effets qu'on en veut obtenir est de la faire boire lentement, froide et en quantité relativement faible.
Après ce nouvel hypnotique, nous devrions citer ici le médicament que H. Dujardin-BeaumeU vient d'étudier sous le nom d'kypnone. Mais, comme on trouvera plus loin (p. 745) la note qu'il a présentée mardi dernier à l'Académie de médecine, nous nous bornerons à dire que l'hypnone parait agir favorablement, chez l'homme, à des doses de 5 à 15 centigrammes sans déterminer aucune intolérance, mais que le médicament, insoluble dans l'eau, doit être administré dans de la glycérine englobée dans des capsules de gélatine, et qu'il exhale une odeur fort désagréable (celle du foin pourri), odeur que J'haleine conserve assez longtemps. Ajoutons cependant que
M. Dnjardin-Beaumetz, à qui la thérapeutique physiologique doit un si grand nombre de travaux utiles, recommande particulièrement ce nouvel hypnotique en raison de la rapidité avec laquelle il agit et de son innocuité.
YI
Après avoir rapidement passé en revue les principaux agents de la médication hypnotique ou somnifère, et rappelé les doses auxquelles on peut les prescrire, ainsi que leur mode d'administration, il nous reste à indiquer comment il devient possible, à l'aide de ces divers médicaments, de combattre l'insomnie, quelle qu'en soit d'ailleurs lacause déterminante. Or en se plaçant, comme nous l'avons fait dès le début de cette étude, à un point de vue exclusivement pratique, c'està-dire eu tenant compte des observations cliniques bien plutôt encore que des considérations physiologiques qui ont eu pour objet de déterminer les causes de l'insomnie, on se trouve amené à reconnaître que, si l'opium, le chtoral, le bromure de potassium, les antipyrétiques ou les antispasmodiques peuvent toujours faire dormir, tous ces médicaments ne conviennent pas indistinctement k toutes les formes d'insomnie. On verra surtout que les doses exagérées, c'est-à-dire presque toxiques de ces médicament^, ne sont jamais nécessaires, et que l'on peut dans bien des circonstances, en les associant les unes aux autres, arriver à un résultat favorable.
Si l'on se trouve en présence d'un malade chez lequel une lésion de l'encéphale ou bien un état congestif du cerveau provoquent l'insomnie, les antiphlogistiques, les révulsifs intestinaux, les applications de compresses froides sur le front, etc., etc., agiront sinon plus vite, du moins d'une manière beaucoup plus favorable que les médicaments somnifères. De même chez les fébricitants, qu'il s'agisse d'une fièvre typhoïde ou d'une pneumonie, les antipyrétiques, en abaissant la température, et certains antispasmodiques, en calmant l'éréthisrae nerveux, seront toujours préférables aux narcotiques. Nous n'avons donc pas k rappeler ici que l'insomnie cédera souvent aux médications qui seront dirigées contre d'autres symptômes d'une maladie déterminée et qu'il faut se garder d'abuser des somnifères, et en particulier de l'opium, chez les sujets dont l'encéphale est congestionné ou dont les reins fonctionnent mal.
Mais après que la maladie a traversé ses phases les plus aiguës, alors que la température s'abaisse, que la convalescence tend à s'établir, on se trouve souvent appelé à combattre rinsomnie. Celle-ci se trouve entretenue tout à la fois
-côté, un Ordre unique avec conseil central, et, de l'autre, des Ordres multiples nartagés en circonscriptions; ou si, jivec les mêmes bases fondamentales, on n'était j|)aâ d'accord sur les dispositions organiques et sur le mécanisme de l'institution, on serait exposé à troubler la bonne harmonie sur le terrain où il est le plus désirable de la conserver. He trompé-je? La Société du Louvre ne ¥180-1*0116 qu'à la création d'un Ordre local? L'inconvénient serait moindre, mais encore assez fïcheux. Cet Ordre ne sera pas constitué par cela seul que la Société centrale sera déclarée d'utilité publique : on aura le personnel d'un conseil, mais point t'Ordre constitué, même local. L'Ordre n'existe qu'à la condition d'une détermination précise de ses attributions, d'un certain mécanisme et de certaines régies de fonctionnement. En conséquence, les statuts que la Société est appelée à rédiger devront être conçus de telle manière qu ils puissent â'adapter à l'oi^anisation générale des Ordres divers qui pourront s'établir en France, si l'on veut conserver ce'ie
unité fondamentale de l'œuvre et cette solidarité morale des membres d'un même corps, oui distinguent l'institution dont on recherche les bienfaits. Là encore il serait prudent peut-être d'attendre les résolutions de l'Association générale.
Je vois, il est vrai, par la lettre de M. Ladreit de la Charrière, que le motif ae l'initiative prise par la Société du Louvre est tiré de l'arrêt de la Cour de cassation déclarant que la corporation des médecins n'est pas comprise parmi celles que la loi autorise à se former en syndicats pour U défense de leurs intérêts professionnels. D'où il suivrait que toute action commune pour la défense de leurs intérêts moraux est interdite aux médecins. Hais la loi du 21 mai 1884, à supposer que, sur la demande projetée de quelques membres ou parlement, elle ne soit pas bientôt modifiée, est-elle réellement de nature à çêner beaucoup le corps médical^ dans une œuvre de moralisation, et le droit au syndicat 1'/ aiderait-il bien sérieusement? S'il était, conformément au
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CUIRURGIE 13 Novembre m
et par le désordre des voies digestives et par l'anémie cérébrale. Si l'on s'en rapportait exclusivement aux conclusions que peut dicter la physiologie du sommeil, on conseillerait les préparations opiacées. La clinique nous apprend, au contraire, que souvent alors la morphine est mal tolérée quand elle est administrée en potion et qu'elle excite au lieu de calmer quand on la donne en injections hypodermiques. Dans ces états de snrexcilabilité cérébrale liés à la convalescence des maladies aiguës où les toniques et en particulier les préparations de quinquina aussi bien que les alcooliques sont si utiles, le sommeil peut être obtenu soit à l'aide de bains tièdes, et principalement de bains de tilleul, pris avant le dernier repas et peu prolongés, soit par les lavements de chloral. Hais, nous le répétons, dans tons les cas de ce genre, Tinsomnie n'est qu'un épiphénomène qui disparaîtra avec la maladie qui lui a donné naissance.
Il en est tout autrement lorsqu'il s'agit, chez un sujet bien portant en apparence, d'une insomnie rebelle due k la surexcitation du cerveau. Alors il importe surtout de rechercher si celte insomnie est due à des malaises digestifs, ce qui est très fréquent, ou bien à un trouble cardio-pulmonaire déterminant des irrégularités dans l.i circulation întracràoienne, ou simplement à Téréthisme nerveux, ou bien enfin à plusieurs de ces causes 98sociée8 pour entretenir le manque de sommeil.
Très fréquemment une médication des plus simples arrivera à combattre Tinsomnie liée à la dyspepsie des névropathes. C'est chez ceux-ci que l'ingestion d'un verre d'eau fraîche fortement sucrée, d'un verre de bière légère, d'un grog additionné d'une très faible quantité (50 centigrammes à i gramme) de bromure de sodiam, amènera un sommeil calme alors que des doses faibles de morphine ou d'extrait d'opium détermineraient une aggravation de la dyspepsie et que des doses plus élevées provoqueraient un sommeil agité, plus pénible et plus fatigant que rinsomnia elle-même. A ces formes d'agrypnie conviennent aussi le chloral prescrit en lavements mais non en potions, car son ingestion, presque toujours désagréable à ces sujets, exagérerait encore les troubles digestifs.
Chez les dyspeptiques atteints d'insomnie, nous conseillerons donc de commencer par l'administration au dernier repas des amers, des eupeptiques, et, au moment du coucher, d'un demi-verre d'eau froide très fortement sucrée, bue à petites gorgées et additionnée d'un gramme de bromure de sodium.
Chez les sujets dont le cœur fonctionne mal et qni a. frent tout à la fois et de troubles digestifs et de palpiutioi. la même médication pourra convenir. Si elle ne suffit pi. on fera prendre au dernier repas, en cachet ou en pi|u|.. comme nous l'avons déjà indiqué plus haut, UQepe(ileii4<' de poudre de digitale et de sulfate de quinine ;od pour également y associer un peu de poudre de Dover on ichlorhydrate de morphine. Chez ces malades le chloral pea être dangereux, Topium seul est ineflicace lorsqu'il est prKcr; k petites doses, indigeste et laissant k sa suite des troobir digestifs lorsqu'on le donne à dose narcotique. Associé), bromure de potassium il réussit au contraire asset frêqDKment. Si donc la médication essayée d'abord a écbnt,»: se trouvera très bien chez ces malades d'uue polion umtnant à la fois un peu de morphine et un peu de Inoiirt, potion que l'on pourra formuler comme il suit:
Bromure de sodium 5 pum
Chlorhydrate de morphine OVtlfi.
Sirop de fleur d'oranger j fift 60
Sirop d'écoree d'oranges amères. . {
Une cuillerée à soupe de ce sirop à prendre dm kdr^ après le dernier repas dans an demi-verre à boire ùi. pure.
Enfîn dans les cas où l'éréthisme nerveux, dû à des tiÀde travail intellectuel ou bien à des causes morales, h lie à aucun désordre de l'appareil circulatoire, le chlon associé au bromure de potassium ou de sodium donne itl^ doses relativement faibles et par conséquent toujours iuffensives des résultats souvent très avantageux. Pourqaelf goût du médicament ne soit pas insupportable, il est bn. nous l'avons déjà dit, de le mélanger à du sirop de groseM' ou de framboise. On prendra donc dans ces cas U poli» suivante à la dosetl*une à deux cuillerées i soupe dien demi verre d'eau pure :
Bromure de sodium j u smmiua.
Hydrate de chloral i
Eau de laurier-cerise 50 —
Sirop de groseille 100 —
Les injections hypodermiques de morphine dont on lioï' trop souvent et qui, chez les malades atteints de n^bril'' interstitielles peuvent être si dangereuses, ne mmnnti pour déterminer le sommeil que dans les cas de douleur névralgiques, de coliques hépatiques ou néphréliqufs. "
lors pourquoi ne pas essayer, avec l'aide de l'Assotiilj|générale, d'étendre le mouvement à toute la Fran» l'^ si l'Association laissait passer encore une session m prendre un parti décisif dans une question aossi m^e-/ serais le premier à soutenir tout projet susccphbledesorpléer à son inaction.
En attendant, cher confrère, n'allez pas croire <|M ; conclusion immédiate des réflexions précédentes sou dissuader MM. les présidents des Sociétés médicalesde 'ffde répondre à l'appel de la Société du Louvre. Je i"", bon que ce sujet plus difficile, plus compliqué qu" parait au premier abord, soit débattu pubiiquemenl p^'^ confrères dont le titre seul de président est un teino'SJ^déconsidération; et je n'ai d'autre prétention aue rt^ mer et de motiver mon sentiment personnel sor la sw»"^ ' intervenir.
-J'ai lu, dans le mmmf^QQ^i^''^''''
texte de la loi, constitué en Association professionnelle, comme ayant des intérêts économiques et industriels^ il pourrait ester en justice et ce serait pour Ini on grand avantage; mais le droit d'ester trouverait peu à s'exercer dans la défense de nos intérêts moraux. Ce qui est le grand obstacle à une imitation réelle de l'Ordre des avocats, ce qui énervera toutes nos mesures disciplinaires, c'est rimpossibilité d'une sanction pénale. Nous ne pourrons jamais, ni vitupérer publiquement un de nosconfrères, ni le suspendre, ni le radier, c'est-à-dire lui interdire temporairement ou à toujours l'exercice de sa profession, comme peut faire l'Ordre des avocats. Et ce n'est pas l'état syndical qui nous conférerait ce droit. Je crains bien que tout notre pouvoir sur les membres indignes ne se borne à l'éviction de nos Sociétés savantes et de nos assemblées. Or ce pouvoir ne peut-il être organisé en famille, sans ingérence aucune de l'Etat, sans appel à aucune autorisation légale? C'est, ce me semble, à peu près ce que demande la Société du Louvre, et dès
13 NoTRMBRE 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
bien enfin lorsqu'il s'agit, dans les cas de lésions graves et en particulier de lésions cancéreuses, de procurer coûte que coûte un sommeil profond. Dans les insomnies que Ton pourrait appeler essentielles, c'est-A-dire dans les états presque toujours liés à la surexcitabilité nerveuse, l'opium est plus nuisible qu'utile. Sans le rayer définitivement, comme Ta fait M. Oujardin-Beaumefz, de la classe des hypnotiques, nous conviendrons avec notre savant confrère qu'il excite souvent plutôt qu'il ne calme; mais nous croyons avoir remarqué que, associé au bromure de potassium ou au chloral, il donne naissance à un sommeil des plus paisibles, exempt de cauchemars ou d'hallucinations et qu'il peut dès lors, à des doses qui n'influencent pas l'appareil digestif, «ombattre très avantageusement les insomnies les plus rebelles, c Ne plus souffrir, disait Gubler, c'est être à moitié guéri. » L'opium sert à calmer les douleurs les plus vives. Il est donc l'&nalgésique par excellence. Le chloral est l'hypnotique que l'on devra souvent préférer. Le bromure de potassium conviendra surtout pour calmer l'éréthisme nerveux. Avec ces trois médicaments, en les associant, en varïanl leurs doses suivant les susceptibilités individuelles, enfin et surtout en sachant faire observer aux malades qui se plaignent d'insomnie une hygiène convenable, en s'eCTor- {ant de discerner si chez eux le sommeil n'est pas entravé par des troubles digestifs ou des désordres cardiaques, on arrivera presque toujours à les soulager, souvent même à les guérir.
{A suivre.) L. Lereboullet.
AcadéBle de médecine.
Nous afioDS mal entendu, dans l'avant-dernière séance de TAcadémiede médecine, un passage du rapport de H. Blot sur le service de la vaccine en 4884. Nous avions compris que la commune d'Ersa (Corse), longtemps rendue indemne de la variole, grâce aux vaccinations pratiquées par l'inslituleur, H. F(^gi, avait été envahie une fois par te fléau, et que son enfant en avait été victime. En réalité, les vaccinations régulières, pratiquées pendant vingt-six ans par M. Foggi, ont produit et entretenu l'immunité de la commune d'Ersa, et c'est à une diphtbérîe épidémique que l'enfant de l'honorable instituteur, qui n'avait pas voulu quitter son poste, a succombé. Cette préservation si complète d'une localité par la pratique régulière des vaccinations etrevaccï-
les conclusions du rapport fait par. H. le docteur Després, nu Conseil municipal, sur le service médical de nuit. Un membre, M. Cattianx, avait proposé d'éliminer en masse de ce service les médecins des boréaux de bienfaisance. M. Després demande que ceux-ci, alors même qu'ils s'y sont fait inscrire, ne soient pas rétribués quand leurs visites de nuit concernent les malades dont ils ont la charge à titre de médecins de l'Assistance publique, c'est-à-dire qui relèvent du bureau de bienfaisance de leur circonscription. Proposition Gattiaux et proposition Després s'inspirent de la même pensée : une pensée de défiance à l'égard des membres des bureaux de bienfaisance qui spéculeraient sur les avantages
f pécuniaires attachés aux visites de nuit pour grossir un peu eurs maigres émoluments.
ien'ai pas l'honneur de connaître le praticien deBelleville; je lis seulement dans un article de H. le docteur Chevallereau {France médicale) qu'il est célèbre par un élixir antiphthisique, nn procès bruyant, un chapeau conique À laides
nations, au milieu d'une région ravagée par la variole, est un fait des plus significatifs.
La question de la vaccination antirabique défraie naturellement la presse, les sociétés savantes, les salons; et natarellement aussi la note des impressions varie de l'enthousiasme au scepticisme. Nous avons plaisir à voir que le plus sage et le plus prudent de tous ceux qui s'occupent de la décuuverie de M. Pasteur est M. Pasteur Ini-méme. Rien de plus conforme i l'appréciation que nous en avons faite dans notre dernier numéro que la manière dont le célèbre expérimentateur en a parlé au Conseil d'hygiène. En possession d'une méthode qui a réussi sur les chiens, il se croit autorisé à l'essayer sur l'homme ; mais il est le premier à attendre du temps un jugement définitif. Joseph Heister, de qui on a eu des nouvelles le 5 novembre, continuait à aller bien. Le traitement du jeune Jupille est terminé depuis le 29 octobre : sa santé est excellente.
Les malades abondent chez H. Pasleur; il en arrive plusieurs chaque jour. Il en est venu trois de IWIgérie ; malgré le temps éconlé depuis la morsure, H. Pasteur les a acceptés. Il espère que l'inoculation serait encore efficace cinq à six semaines, peut-être davantage, après l'accident; mais l'expérience seule peut en décider. Le virus est d'ailleurs en quantité suffisante au laboratoire et on l'y entretient par des expériences journalières : mais si l'empressement continue, un établissement spécial deviendrait indispensable.
Les recherches microbiennes ont>elles enrichi de nouveau la science d'une notion pathogénique certaine, d'un élément précieux de diagnostic à Tégard d'un groupe nosographique encore fort obscur en dermatologie t Noua ne pouvons dès maintenant l'affirmer, mais nous devons du moins signaler les faits auxquels l'autorité des observateurs donne une valeur indéniable.
Qu'est-ce que le mycosis fongolde d'Alibert et de Bazin ? La réponse était jusqu'ici, et reste peut-être assez embarrassante à formuler en présence de la dïvei^ce asses complète des opinions relatives à cette curieuse maladie. Les auteurs
bords, un attelage et un domestique nègre. Quant k H. Després, il est doué d'un esprit d'indépendance un peu remuant peut-être, mais à coup sûr honnête; il n'a rien dans son costume ni dans ses modes de pansement qui annonce la recherche. Comment, sur quels faits ces deux édiles se sont-ils rencontrés dans leur appréciation? D'un cêté, on a été surpris du rapide développement du service de nuit. Le chiffre des visites, qui était de 3646 en 4876, est monté en I8~9à528î^, en 1883 à 6895, en 1884 à 8712; et, quand on s'est mis à compulser les tableaux, on s'est aperçu qu'un'> part notable de ces visites se rapportait à des maladies plus ou moins insignifiantes ouà des accouchements faciles, que les satfes-femtnes eussent pu terminer sans appeler le médecin. D'un autre r6té, et en même temps, par une coïncidence miillieureuse, le chiffre des visites de jour faites par les médecins des bureaux de bienfaisance aux nécessiteux aurait considérablement diminué, et celui dés Vi«tes^e^iit aux mêmes malades augmenté d^^^to^^Oportf^^
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français, ainsi que le rappelle M. Hallopeau, dans une fort intéressante revue critique (1), à la suite de Gillol, Landouzy, Debove et Démange, considèrent pour la plupart le mycosis fongoïde comme une manifestation au niveau des téguments de la diathëse leucémique, comme une lytnphadéniecutanéet opinion basée sur la texture des tumeurs mycosiques, composées de tissu lymphoïde réticulé; les examens pratiques par E. Besnier, Vidal, Galliard, etc., semblent laisser peu de doute à ce sujet.
Cependant, en Allemagne, des qualiûcations diverses ont été attribuées par les auteurs au mycosis fongolde : Kôbner s'est servi du terme de tumeurs papiliaires fongoldes de la peau; Geber l'a appelé tumeur fongueuse inflammatoire de la peau; Virchow, Auspitz, Neisser, en ont fait un granulome. En un mot, pour l'école allemande, il ne s'agit nullement de lympbadénie cutanée, mais bien, ainsi que Heilzmann et Kaposi ont cherché à l'établir, d'une sarcomatose cutanée. D'ailleurs, les auteurs allemands n'ont pas constamment retrouvé la structure du tissu adénoïde dans les tumeurs du mycosis, et, lorsqu'elle existe, ils ne pensent pas qu'elle puisse suERre à établir la nature lymphadénîque de l'affection.
C'est à cette dernière opinion que semblent se rattacher aujourd'hui MM. Vidal et Brocq (2), d'après l'étude d'un cas typique, dans lequel l'examen hislologique, pratiqué par Siredey, a montré que les tumeurs cutanées ressortissaient à la variété décrite par Rindfleisch, sous le nom de sarcome lympbadénique myxolde, c'est^-dire étaient composées à la fois par du tissu adénoïde et par diverses variétés de sarcome. D'après ces auteurs, le mycosis fongolde pourrait bien être une entité morbide assez voisine du sarcome. Us distinguent d'ailleurs deux formes cliniques : l'une à tumeurs petites et multiples, mobiles et fugaces, précédées d'éruptions ecxémateuses, puis lichénoldes: c'est le mycosis fongolde d'Alibert; l'autre, dépourvue de cette période éruptive première, et caractérisée par de rares tumeurs, plus volumineuses, rappelant assez bien par leur aspect le sarcome cutané.
Telles sont en résumé les opinions en présence ; mais une phase nouvelle s'est ouverte avec les recherches histoI<^ques d'Anspili et de Rindfleisch, qui ont signalé Texlstence d'un mierococcus spécial an mycosis fongolde, reproduit par
(1) HiUopaan, mgeoêit fomg9lie, la iter. 4m m. mUie.» n* H, » octobre 18». p. 7«7.
(3) Vidal et Bneq. iturft tw le mytfMtf /ïniiU, ta fhmw nUUaU, ■*■ 7D k 85. 1. 11. U8S.
procès est né du rapprochement de ces deiu ordres de faits; il repose sur une présomption.
Pour ma part, je ne vois absolument aucune induction contre la conduite de MH. les médecins des bureaux de bienfaisance, qui puisse se tirer de l'abus qui est fait des secours de nuit. Cet abus me parait évident; mais il était facile à prévoir. L'administration prenant à son compte les dix francs d'hononures médicaux pour visites simples ou les vingt francs pour accouchement, quand les malades sont reconnus incapables de les pajer, nombre de gens non inscrits au bureau de hienfaisance, mais plus ou moins nécessiteux, trouvent commode de se procurer grati$ un médecin, k la seule condition de l'appeler la nuit, pour une ophlhalmie, une bronchite simple, un accès de rhumatisme. Puis il faut compter avec les pusillanimes qu'effrayent une toux rauque, une fièvre un peu intense, et qui ont sous la main, à un prix raisonnable, un médecin quelconque, au lieu du leur, peut-être fort éloigné d'eux et sou-
la culture, et qui parait devoir être considéré comme parfaitement caractéristique. Ce mierococcus , dépourvu ijcapsule d'enveloppe et de zooglées, offre une forme et u, volume constants; il se rencontre, d'après Auspitz, dans le* cellules rondes et épithéliales et jusque dans les follicule* pileux; Rindfleisch ne l'aurait pas trouvé en dehors d<>ï vaisseaux où il forme des masses oblitérantes. Il a été vu d'* la période eczémateuse de la forme typique du mycosis.
Si les affirmations d'Auspitz et de Rindfleisch sont confirmées par les résultats de nouvelles recherches, la nature parasitaire du mycosis fongoïde sera désormais établie, et l'on devra dès lors abandonner les théories palhc^éniqoes t)^ la lymphadénie cutanée et de la sarcomatose, pour adopte, celle d'une inflammation spécifique d'origine microbieDoe.
L« |M<rlte faveaae.
Qui connaît la gattrile faveusef nous l'igaorioosqiuAra nous; et nous ne i^ésentons cette nouveauté au lertauqaf pour provoquer son attention, en laissant le soin d'ecappr^ cier la valeur. L'observation rapportée par Kundrat, i été communiquée à la Société royaie de médecine tt d*chirurgie de Vienne. Il s'agit d'un homme atteint de favos généralisé, et qui succomba à de graves accidents intestinaux, caractérisés surtout par une diarrhée incoercible. L'autopsie permet de reconnaître à ta surface de la muqueuse stomacale, ulcérée sur un grand nombre de poiots, des plaques saillantes, d'aspect dipblhéroîde, constitnrf» par le développement du favus : celui-ci présentait sa roroïc caractéristique en cupule, comme à la surface du derme, et le microscope y révélait nettement l'existence de VAcharion Schœnleinii. L'intestin renfermait une masse putridtr dont les caractères étaient difficiles à déterminer.
Cette observation, unique en son genre, semble établir la possibilité du favus gastrique; peut-être les recherche» ultérieures vîendrontrelles confirmer son existence; non» pensons qu'on ne peut actueUemeut rien affirmer à cet égard.
vent peu disposé à quitter son lit. Pour les derniers, il importe peu que le chiffre des visites soit considérable, puisquelles ne coûtent rien à l'administration; pour les premiers, c'est à elle à trouver les moyens de prévenir les abus, et les médecins de nuit n'ont rien à y voir.
Maintenant, quelle est la vraie signification de ces deux mouvements contraires des visites aux indigents, diminnanl de nombre le jour et au^entant la nuit? 11 saute aux yeœ que, normalement^ les ladigentB n'ont aucun intérêt à remplacer une visite diurne par une visite nocturne, puisqu'ils n'ont & payer ni l'une ni l'autre; pas plus qu'une sagefemme du service n'a intérêt à appeler un mèdeda pour u accouchement qui ne rembarrasse pat. On voit lagnvilé de la conséquence. A l'égard des visites simples, ou le m^ecio chercherait, par des négligences de Jour, à se ménager ôti visites de nuit, ou il serait de connivence avec les rasades: et, i l'éfiard des accouchements, il v aurait échange de petits services entre les Q^é^$i^(é^!eis^^^e>iâip^ Qui k
13 NovEXBRE 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
Crcflb im pww «e greMBllIe mmr la pewa l'h«Mme. Vreffes (ttndiBeMes.
M. Petersen vient de répéter l'expérience dont M. Allen avait fait connaître les résultats» en 1884» concernant la greffe de peau de grenouille. M. Petersen a tenté cette opération sur un malade portant un ulcère à la nuque, et qui ne consentait pas à fournir des lambeaux épitliéliaux pris sur son propre tégument. 11 y eut du 4 juin au 20 juillet six transplantations de plusieurs lambeaux chaque fois. quatrième seule ne réussit pas. Le 26 juillet, la plaie pouvait être considérée comme guérie, et le malade quitta l'hôpital. {Saint-Petersburger med. Wochensckrift.)
D'un autre côté, MM. Fargin et Assakivienneat de communiquer à la Société de biologie (séance du 31 octobre) un très intéressant mémoire sur la greffe et sur la régénération des tendons. On en trouvera l'analyse au compte rendu de la Société; mais nous croyons devoir le signaler ici comme apportant des éléments nouveaux et importants à une question importante à la fois pour la science et pour la pratique.
En dehors de la gangrène des membres, on a peu étudié les effets de l'artérite typholdique. Cette artérite, qui peut occuper différents viscères : cœur, reins, système nerveux» a une grande importance et peut déterminer soit des compli^ cations h&tives : mort subite» troubles cardiaques» aphasies; soit des effets lointains» qui se traduisent par des affections cardiaques, rénales» hépatiques» etc., dont 1 orïgine est ordinairement méconnue. Ces affections sont dues à des endartérites scléreuses, dont l'évolution peut être rapide ou lente» et qu'on attribuait jusqu'ici» surtout en ce qui concerne le cœur, à une cause arthritique, pour peu que le sujet eût présenté le moindre symptôme de rhumatisme à quelque époque antérieure.
MM. Landouzy et Sîredey ont étudié à ce point de vpe un jeune typhoïde chei lequel la maladie avait récidivé i deux ans de distance. Le malade mourut subitement» et on put constater ches lui, entre autres lésions, des altérations profondes du tisftu musculaire do cœur, dues à des artérites oblitérantes;
La lièvre typhoïde joue donc dans l'étiologie des maladies du cœur un rôle trop effacé jusqu'ici, et qu'il y aura lieu de rechercher chez les cardiopathes indemnes de tout accident rhumatismal antérieur.
Ce qui paraît incontestable pour le cœur Test probablement pour certaines affections aiguës ou chroniques du foie, des reins» du système nerveux, dont l'étiologie reste obscure» et dans lesquelles on devra examiner avec soin les voies circulatoires et rechercher l'endartérite viscérale. Le mérite particulier du travail de MM. Landouzy et Siredey est d'avoir saisi le rôle de l'artérite infectieuse servant de trait d'union entre la maladie générale et une affection locale pouvant déterminer, à diverses échéances, des accidents morteM>
Ordv« des mMcdM. — Seerei médical.
Deux importantes questions de déontologie médicale» que la Gaiette hebdomadaire a plusieurs fois traitées à cette place même comme dignes de la plus sérieuse attention du corps médical» sont en ce moment à l'ordre du jour. Une Société médicale de Paris propose la formation d'une Société centrale de déontologie qui jouerait» provisoirement au moins, un rAle analogue à celui du conseil de l'Ordre des avocats, et l'ilno^atton des médecins de la Girmde s'occupera, dans la prochaine séance» de l'Ordre des médecins. Notre Lettre médicale d'aujourd'hui est en grande partie relative à cette question.
D'un autre côté, à la séance de rentrée de la Cour et du hibnnai de Bordeaux» M. le procureur général Bnino4jacombe a pris pour texte de son discours le secret professionn^f et ce discours est 1 objet de divers commentaires de la presse médicale. Le Journal de médecine de Bordeaux y consacre même un long article par la plume de M. le docteur Barate-Dulaurier. Quant à nous, nous avons été heureux de rencontrer dans le discours de H. le procureur général, sur les points les plus délicats, des doctrines confonnes aux nôtres» et la critique qu'en fait notre confrère de Bordeaux, avec un talent que nous nous plaisons fc reconnaître, ne nous décide pas & y renoncer.
comprend que de pareilles insinuations, si elles étaient nettement formulées sans être irréfragablement établie» sconstîtueraient, à leur tour» un autre genre d'abus plus périlleux, plus nuisible que celui dont on se plaint» puisqu'il frapperait non plus les bourses, mais l'honneur des gens: te veux dire l'abus de la statistique. Au compte ae H. Chevallereau, les 750 confrères inscrits au service médical de nuit ne comprennent qne 90 médecins des bureaux de bienfaisance. Comnmit rendre une si faible minorité responsable du développement excessif du service et du renversement de proportion entre les visites de nuit et les visites de jour? Ces questions-là ne peuvent se juger que par des faits particuliers, par des dossiers ; si l'on connaît des dossiers incriminables» il faut les faire connaître. Le si honorable et si dévoué corps des médecins de l'Assistance [>ublique y est intéressé tout le premier. Jusque-là je seraisdispose à voter à leur profit la pro|K>sition la plus radicale, celle qui les évince du service de nuit. Je leur
dirais : c Vous marchez beaucoup le jour, vous gravissez beaucoup d'escaliers, vous aurez chance dorénavant de bien dormir de onze heures du soir à sept heures du matin; vos indigents» s'ils ont besoin de secours dans cet intervalle de temps, s'adresseront à la mairie» oA Ton sera bien embarrassé à cette heure de vérifier leur provenance et où les médeàns enx-mëmes, s'il v en a tonjours de garde, comme on le propose, ne demanderont pas mieux que d'aller..... gagner dix francs (1). »
(1) Dflpula que c*t article «1 iait, dinne* ftofiomtioat, tasdutt toul«> 1 modifier I« bnsUoQMBHnt dm MrTic* nédtwl de nuU, ont été déposées w le bnraiu dn CoBtril tiMBMpil, par MIL IUUmI, Ch»rta«pe al NaTarra. U. VUMmH d«- ■anda aa nmUmtmt rffOHTMUp entra lea aou dea nédeaiM iaicriia. La propoeitioD de H. Chanlenii» a btrar bat da rendre gtatoltei lei vUitet taUaa par laa médecin! du bereau de blenUaanea Imeiila ae lerrlca de uiit «t de (aire qae le» aolm aédadna iHorfla ne aoleal paa tom» à vUiier la naft dea malndee' iaeoiBbant anx nédedu dn boraea de bieaUaanee, aanf an cf»-^ eena-d M^i^nt abeanla. BnBa H. Navarrt propote qne : ■ Tont aiédeef n# «UMM reqnia pendant 11 Biilt,p«ird«noerdHir "
MÉDECINE ET DE CtitRURGlE 13 Novembre 1885
LCB Chamll«Hc« e* 1« forceps.
Nous trouvons dans le Bulletin gênéi'al de thérapeutique (30 octobre) un extrait intéressant d'un ouvrage île M. Budin, actuellement sous presse. Cet extrait est destiné à établir, d'après Aveling, que, dans la famille des Chamberlen, c'est à Peter Chamberlen quH Taut reporter l'invention du forceps, invention ne peut avoir ici qu'un sens tout relatif ; car il est certain que des instruments destinés à amener l'enfant par traction en protégeant les parties de la mère étaient déjà dans la pratique avant l'intervention de cette famille. On trouvera sur ce point d'histoire des détails instructifs dans l'article Forceps du Dictionnaire eneyclo-
TRAVAUX ORIGINAUX
CUra>cl«.
Cliniqde de la Pitié (leçon d'ouverture), par M. Verneuil (1).
Messieurs, après trois mois de vacances, nous reprenons aujourd'hui nos entretiens diniques. C'est pour moi l'occasion de vous faire connaître les principes qui guideront ma pratique chirurgicale dans le cours de la présente année. Ces principes sont, du reste, ceux que vous m'avez toujours vu appliquer jusqu'à ce jour: éire aussi conservateur que possible ; épuiser toutes les ressources que nous offrent la thérapeutique médicale, les pansements, les appareils, et n'en venir à 1 opération comme àTuitimarafto que quand tous les autres moyens utiles ont échoué. D'autre part, dès qu'une opération est indiquée, la faire aussi bAiive et aussi complète que ^ssible. En un mot, tout en étant grand partisan de la chirurgie conservatrice, je deviens résolument opérateur, dès que la nécessilé de l'opération chirurgicale m'est entièrement démontrée. SI j'insiste sur ces principes, c'est que ie désire répondre au reproche qu'on me fait aujourd'hui de condamner la plupart des opérations, et de me montrer hostile aux progrès de la ehiroi^e con-
(1) Koui appaloM* lout ip&iBlaiMnl l^lliBliw «U m* I««toan nv tM» lc«(w
d'tHnwture do M. Verneuil, qui ■ fuurai m irii ^nfoenl cliiruiYïffn rwcaiioii de s'«i|iU^riur le vériUble aei» det paoïtes qu'il a exprimëei dai» un célèbre dU cours de Grenvble (vojr. Cas. Mi., a* U), U ne «e pouvait pat qu'un booiine de pr«(ièi tel qu'il »'eit moidrë tcnle h tIc nalât hnu I» CMp du ftproetae d*
venîoir eurajer par u parole et loii «Muple lo mouvemenl ehirurcieat eonlemporaln. {La Hidaction.)
temporaine. De pareils reproches me seraient sensibles, >i toute ma carrière chirurgicale n'était là pour démontrer que, bien loin d'être hostile au progrès, je me suis toujouri efforcé de le servir.
N*étais-je pas, dès 1869, partisan des doctrines antiseptiques, qui, depuis lors, ont amené dans la pratique chirurgicale une si profonde révolution? Je soutenais alor> la doctrine de Bergmann snr le poison des plaies, la si-psiae, au risque de me voir accusé de me laisser séduire par ilt pures hypothèses. N'ai-je pas, un des premiers, employé ei vulgarisé l'écraseur linéaire de Ghassaignac ? De niètne piinr le galvanocaulère ; de même encore pour le lherniocauL:>re, puisque je pratiquais à Paris la première opération qui »[ elé faite avec cet instrument. — A une époque beaucoDp
{dus reculée, lorsque Bonnet (de Lyon) nous a fait coooiitrt e véritable traitement rationnel des maladies articalure^pir la position et l'immobilisation, en 1853, je pratiquais iitc Robert et Nélaton, à l'Hôlel-Dieu, le redressemeol Jeij coxalgie, ce qui passait alors pour une pratique lémènin.
La preuve que je ne suis point opposé aux opéntimi chirurgicales, c'est qu'à une époque oiï Tovariotomie D'rUil[iu encore entrée dans le domaine de la pratique ctiirurtiult, je m'attachais à démontrer la valeur de celte opération. bans l'étranglement herniaire, je combattais le taiis forcé pour vanter la kélotomie, c'est-à-dire l'opération sanglaiite, pratiquée de bonne heure. De même encore, à un moment où les échecs réitérés de lagastrostomie l'avaient fait uuiverstllemenl repousser, je publiais, en 1876, le premier cas guérison de cette opération. Lorsque M. OUier nous adil connaître les résections sous-périostées, j'ai été des premiers à les accueillir et à les pratiquer. Loin d'être hostile aux résections, j'ai, avec mon collègue et ami M. Le Fut, fait connaître les deux premiers succès de résection iminilique du genou. Quant aux résections pathologiques, si je m les pratique plus aujourd'hui que d'une façon tout à fait sceptionnelle, c'est que l'expérience m'a démontré qo'en bit de maladies articulaires, le traitement médical, parrinoobilisation dans une bonne position et les appareils, élaitsipérieur à l'intervention chirurgicale. Que si le résultai de et traitement est insuffisant, et qu'une opération chirui^icale soit nécessaire, comme, par exefnple, dans certains cas de tuberculose articulaire, je me montre alors beaucoup plas radical que certains chirurgiens actuels. Ce n'est point es effet la résection que je préconise en pareil cas, maisbiea l'amputation du membre. Qnant à l'ouverture et au raclage des abcès froids, si je les rejette» c'est que ces procédés sobI souvent insuffisants ou même absolamentmaqvais; c'est que, d'autre part, je nuis opposer à ces affections un iwSmv^ à la fois plus efficace et moins dangereux, l'injection d'iodoforme, qui m'a déjà fourni, dans le traitement desabtts
— J*ai reçu, cher confrère, le premier numéro d'un journal qui me parait mériter tous les encouragements à un double titre. D'abord, il est présentésous les auspices de quatre noms bien connus et également sympathiques, également préparés à la t&che qu'ils entreprennent, HH. Duménil et Leudet (de Bouen),'M. Gibert(du Havre), et H. NoUa (de Lisieux); puis ils se proposent de doter leur région d'un genre de publication qui existe partiellement en tout pays, mais qui aura ici un caractère à peu près exclusif. Ce sera une Revue qui, c p1ut6t que de prétendre à la précocité des informations scientifiques i, aura pour règle « de traiter surtout les sujets qui auront subi l'épreuve du couti-Ôle et de la discussion i. faisons donc place, cher confrère, à la Normandie médi- 4X^le;' — titre trompeur, disait tout à l'heure un mauvais
lion, ne recevra aucune iademniU it le malade eo cou» de Iraîtemant a'm pei été iltilé par lui dant la joarnéo ou al, mandé avant quatre Ueuraa du aolr pour une première viaito, le mAdooln ne a'eat pal rendu dans U Mîrda anprËa du palîenl. a C'Mt la propoiition de H. Robinet qui a été volve par le Conaeil.
filaisant, pour un journal qui veut « es K contradictions >, et s'attacher a guère matière à procès.
fuir les controverses >, aux faits qui ne sont pin»
HdPmuxDBBûRnBAOx.— Les concours de rinterut et dflledn^ nat viennent de se terminer par les nominations iainntes :
Internes tilu/airu.— HH. Vincent, Biuaud, Hedoa, UaarantC Rolland et Nadier. ^.
Internes provisoir es. — HM. L&rauza, Daraignei, Viéron, »«■ dail, Audeberl, iarjavas, Barbîëre et Sudre.
Externes. — MM. Gaube, Kmmerki, Sainl-Hilaire, Birr«. Hocbou-Duvignau, Mradès, Uaulin, Foux, Rouchaud, Borde, Umarque, Noblot^ Draque-Haya, L.airargue, Soulier, S«min,r^^ Desmarlin, Héaiau, uarvetle, de Coquet, Lespinasse et Senesse-
École db Rbims. — Un concours pour l'emploi de ^^^^ travaux acatomiques et physiologiques s'ouvrira le 18 mu lo» Le registre sera clos ua mois avaal l'ouverture dudit conco^ — Un autre concours s'ouvrira à la mém^ Jà^okleJ!'^''''^ pour l'emploi de chet àea^iaai^\^ll^lui^ô»éiiuei-
13 Novembre 1885 6AZËTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
(roiils ei de quelques arthrites suppurées, d'excellents résultats.
Si l'on m*a représenté comme hostile aux opérations chirurgicales, on a, d'un autre càlé, essayé de me mettre en con- Iratliction avec moi-même, en disant que, dans certains cas, je recommandais au contraire les opérations larges et précoces. Messieurs, la contradiction n'est qu'apparente ; et il me sera bien facile de vous faire sentir l'inanité d'un pareil reproche. Oui, dans tous les cas où le traitement médical est de mise, je vousirecommande de n'en venir & lopéraiion que lorsijue tous les autres moyens utiles ont échoué. Mais là où nous ne connaissons aucun traitement efGcace en dehors de l'acte opératoire^ je vous engage, au coptraire, à opérer de bonne heure et à opérer largement ; tel est le cas ' pour les néoplasmes ou tumeurs. ■
En ce moraentraéme^nousavons dans notre service une série de faits qui démontrent, qu'à l'égard des néoplasmes, on est trop timoré. Bien souvent nous les opérons trop tard et trop parcimonieusement, parce que ces malades ne nous sont pas adressés dès le début. Au n° 1 de la salle des femmes, se; trouve une malade de vingt-trois ans, atteinte d'un adénome du sein dont le début remonte à deux ans et demi ou trois ■■ ans environ. Cette femme est actuellement enceinte de six ; mois, et, comme il arrive souvent pendant la grossesse, la tumeur mammaire prend de jour en jour des dimensions
S lus considérables. L'opérer maintenant, c'est l'exposer aux angers d'une opération sanglante entreprise pendant la grossesse ; ces dangers persistent et même s'aggravent pendant la période puerpérale, de sorte que ne pas intervenir, c'est rejeter à une époque très éloignée l'opération et exposer la malade aux conséquences funestes de la dégénérescence de sa tumeur. Un pareil embarras eût été évité, si l'on eût, dès le début, conseillé à cette malade l'ablation de son adénome, pratique qui doit être recommandée, car il ne faut pas oublier que l'adénome, bien que bénin de sa nature, est susceptible, à un moment donné, de prendre un développement considérable et de subir une dégénérescence maligne. — Un autre exemple non moins frappant, c'est celui, de cet homme de trente-deux ans que nous examinions dernièrement et qui présente une tumeur maligne du testicule dont le début remonte à trois ans. Il j a six semaines seulement iju'on a pour la première fois conseillé à cet homme line opération. Or il porte actuellement dans la fosse iliaque une tumeur ganglionnaire du volume d'un gros œuf de poule. Le moment de Tiatervention utile est passé ; il est inopérable. — Un homme fort et vigoureux a la moitié de la face rongée par un épithélioma sudori^are récidivé, qui datait de sept ans déjà, quand fut entreprise l'opération. Or, ici le retard apporté à l'acte opératoire est d'autant plus regrettable une répitliélioma sudoripare, dans saforme initiale, constitue l'une des variétés tes plus bénignes de uéoplasies épiiliéliales, et qu'une opération entreprise de bonne heure, eût permis d'espérer une guérison définitive. Je citerai enfin deux malades, toutes deux atteintes depuis dix-huit mois de cancer du rectum, lorsque Topéralion fut pratiquée. Toutes deux présentent actuellement une récidive. Or l'une d'entre elles avait été successivement considérée comme atteinte d'hémorrhoides, puis de fistule à l'anus. La' seconde nous avait été adressée comme portant des tumeurs: hémorrhoïdaires. Ce sont là de bien fâcheuses erreurs ; car; il s'agissait ici de cancers ano-rectaux dont l'extirpation au! début eût été, non seulement possible, mais facile, et eûtoITert, à cette période, des chances sérieuses de guérison.
Quelle est la conclusion à tirer de tous ces faits, sinon que nous devons nous efforcer de faire pour les tumeurs malignes un diagnostic précoce suivi d'une intervention aussi hâtive que possible ? On fait à cette manière de voir un certain nombre d'obiections qui peuventse réduire à trois principales, tirées de la gravité des opérations, de la difficulté de leur exécution} de la difficulté du diajgaoslic à une pé-'
riode très rapprochée du début de raffection. De pareilles objections ne sauraient vous arrêter. D'abord, en ce qui concerne la gravité de l'acte opératoire, l'introduction dans la pratique chirurgicale de la méthode antiseptique a singulièrement modifié le pronostic; les complications opératoires sont devenues exceptionnelles, et la guérison est la règle. Et d'ailleurs qui ne voit que, plus l'opération est faite de bonne heure, plus elle est minipe, et, par conséquent, moins elle présente de dangers. Le même raisonnement s'applique à la difficulté d'exécution. Par cela même que l'opération entreprise au début sera de moindre importance, elle sera aussi d'une exécution beaucoup plus facile. Plus tard, au contraire, on est trop souvent obligé d'en venir à des opérations graves et difficiles, qui n'ont plus qu'une valeur curative douteuse, ou même tout à îeit nulle. L'objection tirée de la difficulté du diagnostic ne doit pas plus vous arrêter que les deux précédentes. Sans doute il est des cas d'un diagnostic épineux; mais, en général, l'étude attentive des caractères de l'affection, et surtout celle de sa marche soigneusement suivie pendant quelque temps, vous permettront de porter le diagnostic. C'est surtout le diagnostic entre les lésions syphilitiques et les néoplasmes qu'on représente comme offrant de sérieuses difficultés. Or, Messieurs, rappelez-vous à cet égard que le traitement spécifique bien fait, reposant sur l'emploi simultané du mercure et del'iodure de potassium, doit rapidement trancher la question. Si, au bout de quelques semaines de traitement convenablement institué et fidèlement suivi par le malade, vous n'obtenez aucun résultat, laissez de côté le mercure et l'iodure de potassium, dont l'action sur les néoplasmes produit troj^ souvent un résultat funeste, et passez sans retard h l'opération.
Tels sont les principes sur lesquels je me guide dans ma pratique chirurgicale et qui font la base de mon enseignement. Vous le voyez, Messieurs, il n'y a dans ma conduite, ni parti pris, ni contradictions. Très conservateur, tant que je pense que l'opération n'est pas rigoureusement indispensable, ne recourant au bistouri qu'après avoir épuisé toutes les ressources de la thérapeutique non sanglante, je deviens au contraire opérateur décidé, dès que la nécessité de l'acte opératoire m'est nettement démontrée. A la fois très hardi dans un cas, très modéré dans l'autre, ce que je désire avant tout vous enseigner, c'est de ne faire que des opérations rigoureusement utiles. De la sorte, vous obéirez à la fois à votre conscience et aux règles de la saine chirurgie.
Note sur les propriétés hypnotiques dk l\ phénylmêthyl-acétone ou acéto-phénone, pat mm. dujahdin- Beaumetz et G. Bardet.
La pliényl-métiiyl-acétone ou acéto-phénone est une acétone mixte de la formule CHSCOjC'H, qui a déjà été étudiée par Popof (de Varsovie) et Nencki. Ces expérimentateurs ont démontré que ce produit se transformait dans l'organisme en acide carbonique et en acide benzoïque et qu'on le retrouvait finalement dans les urines à l'état (Thippurate.
Nous avons complété ces recherches et reconnu que ce corps jouissait de propriétés hypnotiques remarquables ; aussi, pour donner à cette phényl-méthyl-acétone une appellation plus courante, proposons- nous de substituer à son nom composé celui d'uypnone, qui rappelle ses propriétés et son origiue.
Employée chez l'adulte à la dose de 5 à 15 centigrammes, mélangée à un peu de glycérine, et ingérée dans une capsule de gélatine, l'hypnone détermine le sommeil, et, chez les alcooliques, elle nous a semblé se montrer^pérleure à la paraldehyde et au chloral.
Chez les neuf malades, auxquels nous l'avons admi^trée
GAZETTE HEBDOHADAïaE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 13 Notubbb 1885
depuis quinze jours, nous n'avons constalA aucun effet d'intolérance; le seul effet désagréable résulte de l'odeur désagréable de l'haleine, résultat de l'eihalation de Thypnone par le poumon. Injectée sous la peau d'un cobaye, ft l'état pur, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, l'hypnone détermine un engourdissement remarquable, qui se transforme peu à peu en un état comateux, dans lequel l'animal finit par succomber au bout de cinq à six heures.
SOCIÉTÉS SAVANTES
AeMtéaale de* aoleMes.
SÉARCE DU 9 NOVEMBRE 1885. — PRlSIDEIfCE |DE H. JURIEN
de la gratière.
Sur les propriétés hypnotiques de l'acëtophénone. Note de HH. Dajardin-Beaumetz et G, Bardet. — (Voy. aux
Travaux originaux, p. 745.)
Recherches expérimentales paraissant montrer que les muscles atteints de rigidité cadavérique restent
DODÉS DE VITALITÉ JUSQU'A l'aPPARITION DE LA PDTRÉPAC-
TioN.Note de M. Brown-Séquard. — Dans ce nouveau travail, l'auteur essaie de montrer que même pendant des semaines après la mort, une certame vitalité semble exister dans les muscles et aue la rigidité cadavérique {paraît due, en partie du moins, a la persistance de la propriété essenlielle aux tissus contractiles vivants.
Déjà, en 1881, H. Brown-Séauard avait fait des expériences établissant que, si la vitalité semble perdue dans des muscles rigides, elle peut, au moins, y revenir sous Tinfluence d'injections de sang richement oxygéné. Mais les faits qu'il rapporte aujourd'hui sont plus directs et semblent ne laisser aucun doute sur l'existence d'une vitalité assez grande dans les fibres musculaires rigides. En effet, il a trouvé que les muscles atteints de raideur post mortem^ probablement sous l'influence excitatrice des changements chimiques qui s'y produisent constamment et y préparent les putréfactions, se contractent et s'ationgentattemcUivementy nombre de fois, depuis le moment ou la rigidité 8*y rencontre jusqu'à ce qu'elle y cesse.
Ces mouvements, chez les animaux morts avec l'arrêl actif des échanges entre les tissus et le sang, peuvent encore être observés nombre de semaines après la mort. Ces contractions et ces allongements sont absolument indépendants des circonstances extérieures (température, humidité, état électrique de l'atmosphère, etc.).
En résumé. — et c'est la seule conclusion que H. Brown- Séquard veuille tirer aujourd'hui de son travail — la rigidité cadavérique n'est pas un état de mort des muscles, mais un passage de la vie à la mort, passage qui peut durer nombre de semaines.
Élection. — M. Frémy est élu membre de la Commission administrative par 40 voix sur 41 votants, en remplacement de feu H. Henn Milne-Edwards.