SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1885.— PRÉSIDENCE DEM. BERGERON
M. le docteur Levieux mtoIo une 6tud€ relative A guelquei manifetUUton» ctitUriquei qui te nnt proiuiU» à Bordeaux pentant le moii de ieptembre 1885
H. le Secrétaire perpétuel dëpoM : I* an nom de H. la docteur Blanchard Bapkael. diven ouvrages et Dotei de MolOfU médicale, htitairt nttvrfllf et anthropologie; 2* un voliiiM d« podsiei de H. la doeleur PonlMeu-Btiraduc {-li! CIcrniunt-FRi-ranil).
H. Glraud'Teulon fait horamase de ton article Echelles oPTOiidTiiiaVEB, élirait du DUHonnatre eneifclapidique det tcUnctt vtiéieaXet.
U.De Viiiim priiente uns Note de M. le dooU>urne«ri(<>* Sairt-EiiMioe)«
une caïue d'intoxication latumiMs (eoliquei de ptomb) ehn dct emploi^ da k- Ugraphe. (Renvoi à une CoinmiMion compotée de HU. Armaad Ccutier, f^ontin
YaltiH.) . , ^ . -
M. UOovUitu dépose, an nom de H- A. RaiUet, iwofaiteur i l Ecole Té««nMj>
d'Alfopi, le 1" Tolome de tes ÈUmenU 4e%o^e mé^ealeet a§neùU-
H. Tamier prëaonte, de la part do M. Is dœlaur Buiin, aa ralwae ayant pm
tftro : ObtUtrigue et tsn^eotogie.
H. Laneereoix aSn 1» i" partie du lome TU de son TrmUé emmalaatu kp-
graphique; ce «JimiB SM consacré k l'Miatonde palholosliiuo 4» sjratime tem
et de l'appareil de l'inné rrat ion.
Concours Vulfranc-Gerdy. — Le concours VuIfraDC- Gerdy pour deux places de stagiaires des eaux minér»!^ aura lieu au mois de décembre 1885 au siège de l'Académie; les candidats nommés entreront en fonctions le 1"' mai iM). Pour toutes les conditions de ce concours, on peut s'adresse: au secrétariat de l'Académie ainsi qu'au secrétariat de chaqe- Faculté ou Ecole de médecine.
Déclaratoin de vacance. — L'Académie déclare la ïjcance d'une place d'associé libre, en remplacement f.r M. Chéreau, décédé.
Élection. — Par 50 voix sur 61 votants, M. le doeleur De Batue (de Néris) est élu correspondant national dans la première division {médecine)] M. Ficot (de Bordeaux) obtient 7 voix ; H. Mandon (de Limoges), 2 et M. Barrallier (o Rocbefort), 2.
Hypnotique. — M. Dujardin-Beaumetz présente l'ècha: tillon d'un nouvel hypnotique qu'il vient de découvrir M. le docteur Bardet^ son chef de laboratoire à Th^pii. Cochin. (Voy. aux Travaux originauXt p. 745.)
Eaux minérales. — L'Académie, sur les rapports M. Gustave Bouchardat^ émet des avis favorables relativ-ment aux demandes en autorisation pour les sources d'ea^ minérales, dites l'Excellente, à Saint-Sauveur-de-Mont;?^' (Ardèche); Emilie, à Vais (Ardèclie) et du Cé, àVeiava (Haute-Loire).
Rapports de prix.— M. iloc&ord aRalyse les ouvrapf*' mémoires envoyés pour te concours du prix Godard, en ces ouvrages et mémoires, oui ont trait à la chirn^îe, r. été appréciés en bibliographie au fur et à mesure de l«> publication.
H. Maurice Perrin lit un rapport sur ie concours da pri de l'Académie en 1885 ; le sujet de ce concours était reiai aux corps étrangers dans les articulations. L'un des tr:-^ mémoires envoyés est rempli de faits nombreux au sujt^t > Texistence encore contestée des arihrophytes traumatiq i s et soumet à une critique apiirofondie les diverses ibêori'T émises sur la formation et I évolution des corps élrao^i^ i osté^cartilagîneux.
•Mlélé de cUraisl*.
SÉANCE DU 4 NOVEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE M. Dr PL I
ÉryBlpèU A reohntw : M. VèdnBaM.— Pathogtola il» rawtto IM tomonra da l'ovalra «t ds Tuttens. Rapport : M. T«n4m CI ooaalon : MM. Teirmon, Daplay, Luosis-ChaniplOBnière. nmUI. PoBsi. Le Dantn. — HyaÙreotomla ▼aginsle : KM. Offirl «t I.» Dantn. — Prtaantatlon da malad* : M. Pool.
M. Védrennes adresse à la Société une observation à'-l
sipèle à rechutes, dont les poussées ont été défînilivr i
arrêtées par l'emploi de la balnéalion sulfureuse. Il il*, i
se ranger complètement à l'opinion de M. Vemeuil lou i la pathogénie ae ces érysipèles à rechutes.
— M. Terrier lit un rapport sur un travail de M. Q. i
intitulé : Tumeur fibro-^gétante des deux oraiV**.^ |
l'utérus avec ascite concomitante ;^extirpation^ n-fi»- i
sur la pathogénie de l'asdte dans les tumeurs de l • \ et de Vutirus. Il s'agit d'une femme d'u^iç bonne
13 NOTEHBRE 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — fl- 46 — 747
habituelle, qui vit son ventre se déTelopper peu à peu et acquérir bientôt un votume considéraole. Un premier examen de la malade, pratiqué en mai 1884, révèle l'existence d'une ascite et d'une tumeur utérine ; H. Qiiénu pratique une ponction et nxtraitle liquide ascitique, qui huit jours après s'est reproduit aussi abondant et nécessite une nouvelle ponction. Aucune contre-indication ne s'opposant à l'opération, celle-ci est pratiquée au commencement de juin. L'abdomen ouvert, on se trouve en face d'une énorme tumeur kystiquede l'utérus, sur laquelle s'appliquent de chaque cAté les deux ovaires dégénères ; le tout est enlevé saus grande difficulté : ligature sur chacun des pédicules ovariens, 12 sutures perdues sur le moignon utérin; fermeture de la cavité abdominale. La malade supporte bien l'opéra^ tion, aucna incident pendant les premiers jours qui suivirent; environ deux semaines après on constate un léger écoulement séro-purulent par le vagin et bientôt se forme un abcès danslefona de ce conduit; cependant la malade gnérit parfaitement et sort de l'hôpital. Au bout de quelques mois elle se plaint de gène el de suppuration dans le vagin et rend alors plusieurs fils, provenant des sutures utérines; depuis rien n'est survenu dans l'état de la malade, qui jouit de la meilleure santé.
H. Quénu attribue cette suppuration à l'asepsie imparfaite des fils dont il s'est servi Le rapporteur, tout en acceptant cette supposition, se demande si toutes les mesures antiseptiques ont été prises relativement au conduit vaginal avant 1 opération ; it croit de plus que dans ces cas la suture de la muqueuse du vagin est nne bonne chose; enfin, pour expliquer cette suppuration, il convient de se rappelerque la m.ilade était syphilitique.
La pathogénie de Tasàte dans son cas est le point sur lequel insiste plus particulièrement M. Quénu. Cette complication est rare dans les fibromes et les cysto-fî bromes de l'utérus; Cruveilhicr et plus récemment Le Bec, dans sa thèse inaugurale, ont établi ce fait. L'ascite est plus fréquemment observée dans les tumeurs de l'ovaire, mais elle est encore exceptionnelle. A quoi donc l'attribuer? Faut-il, ainsi que le faisait M. Territion dans une leçon publiée dernièrement, accuser une irritation particulière du péritoine ou bien la compression des veines par la tumeur et partant une géne de la circulation ? La première explication est bien vague et. la seconde est dans un très grand nombre de cas condamnée par l'observation des dits, car souvent TascitA accompagne de petits kvstes incapables de déterminer des comfiressions veineuses, line explication plus juste est celle qui fait joueri l'absence du péritoine k la sur* face de certains kystes et surtout à Texistence de végétations épithéliates saillantes dans la cavité péritonéale, le principal rôle dans la production de l'ascite. C'est l'opinion que H. Terrier a émise et soutenue déjà depuis longtemps et à laquelle se rallie M. Quénu. Ce chirurgien pense que les végétations papilloinateuses de la surface externe du kyste sécrètent un liquide qui se déverse dans la cavité du péritoine; ce qui, outre les faits cliniques,viendrait confirmer cette idée, ce sont les résultats de l'examen clinique et histologiqne du liquide de cette ascite.
M. Terrillon ne croit pas que toutes les fois que l'ascite accompagne les kystes de l'ovaire, on trouve des végétations fc la surtàce de la' tumeur. Il a vu trois malades ayant une ascite concomitante de leur kyste ovarique; il ne se rap-
f telle pas pour le moment les particularités que présentait a surface de deux de ces kystes, mais le troisième est bien présent à sa mémoire, car it s'agit d'une malade qu'il a opérée hier matin. Cette femme portait une tumeur de l'ovaire s'accompagnant d'une ascite formée d'un liituide vert renfermant de la cholestérine, de l'albumine et un peu de paralbumine. L'opération, faite sans incident digne d'être noté, permit de reconnaître que la tumeur ovarienne était
bien régulière dans toute l'étendue de sa face externe, sauf en un seul point, où il existait un léger soulèvement papillaire sans aucune végélation à sa surface ; d'ailleurs la paroi du kyste était fort épaisse et présentait à sa face interne des bourgeons épithéliaux volumineux ayant subi la dégénérescence graisseuse. Peut-on véritablement accuser cette petite tumeur régulière d'avoir produit l'ascite?
L'existence de cette ascite, ajoute M. Terrillon, Ta rendu fort perplexe sur la question de savoir s'il devait drainer ou fermer comme à l'oroinaire la cavité abdominale. C'est à ce dernier parti qu'il s'est arrêté.
M. Duplay dit c|u'il n'a jamais vu d'ascite accompagnant les kystes de l'ovaire que dans les cas où la surface péritonéale de la tumeur présentait des végétations.
H. Lucas-Championnière est aussi du même avis; de plus, pour lui, la présence de ces végétations indique un caractère de malignité des kystes;'aussi n'opère-t-il plus lorsque l'abondance et la reproduction rapide de l'ascite lui font soupçonner que la tumeur offre cette disposition.
H. Vemeuit rappelle que la première ovariotomïe, que fit Nélaton, fut faite pour un kyste à paroi extrêmement v^étante ; la malade se rétablit et n'en resta pas moins définiti vement guérie.
M. Poxzi a opéré à ses débuts, avec l'assistance même de H. Terrier, une malade ayant une ascite, qui réclamait la ponction tous les vingt jours ; la guérison s'est effectuée et demeure parfaite depuis bientôt dix ans.
M. Le Dentu a eu occasion d'opérer une malade qui avait en même temps qu'un kyste une ascite considérable. Il n'y avait pas de végétation à la surface de la tumeur, mais ses parois étaient extrêmement dures et adhérentes en un point à l'utérus. Il ne fil pas de drainage et la malade guérit
M. Terrier n'a pas voulu dire que, toutes les fois que l'ascite compliquait les kystes de l'ovaire, it y avait des végétations à sa surface externe, mais seulement que cela était fréquent ; une autre condition de structure de kystes s'accompagnè d'ascite ; on voit l'épanchement coïncider avec les tumeurs à parois épaisses, dures, dégénérées et dépouillées de leur épithélîum à la surface péritonéale. M. Terrier ne croit pas qu'il faille drainer la cavité péritonéscle après les opérations de ces cas particuliers ; l'ovaire une fois enlevé, l'ascite ne se reproduit plus.
— M. Gillette donne quelques détails sur une opération d'hystérectomte vaginale, qu il a pratiquée au mois d'août dernier et dont il a déjà fait mention à la Société. Cette opérée continue à bien aller. Depuis, it a opéré une autre malade, qui est morte d'faémorrhagie peu après l'intervention.
— M. Le Dentu vient aussi d'opérer dernièrement une malade d'hystérectomie vaginale. C'était une femme de trentecinq ans, portant un épithélioma du col remontant jusqu'au niveau du corps et se soustrayant par ces limites à la simple amputation ; l'utérus était d'ailleurs Irès mobile et les ligaments larges paraissaient sains; la malade était très anémiée à la suite de pertes de sang abondantes. L'opération fut faite très aisément, les manœuvres pour la ligature ayant été facilitées par l'emploi de pince porte-fils spéciale, que N. Le Dentu a fait construire dans ce but. La malade est morte quelques heures après l'intervention, probablement de ShocK, car son autopsie n'a permis de constater aucune lésion, si ce n'est l'existence d'une atrophie du foie qui, tout en ayant à la coupe son aspect m(icrosco|>i(|ne ordinaire, ne pesait que 780 grammes, M. Le Denlu insiste sur quelques détails opératoires, notamment sur les précautions à prendre pour éviter la blessure de l'iiretèro dans la disection de la face antérieure de l'utérus ; il montre une préparation arîatomique destinée à la démonstration de ce qu'il avance.
— M. Pozzi présente une malade cliez laquelle il a pratiqué une résection du coude pour ankylose recliligne, suite d'ostéo-arlhrite. La malade jouit aujourd'hui d'une grande amplitude de mouvements; elle aaussi conservé une force suffisante.
Société de biologie.
SËinCE DU 7 NOVEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. HANOT, VICE-PRÉSIDENT.
Retard du pouls radial sur la potUa oaroUdlen ; IL Bloch. — Inhlbttton st dynamogtoie méduUalre par Irritation enoApbaUque : H. Browa-S6quard. — DUatatlon paralytltiue dra vAslcnles s6mlnalea da ooohon d'Inde après seotlon des narf« èjaoulateurs : M. R&my. — Hlorobes spéciaux et surajoutés da la bronohopneumonle dl^OiArlque: M. J. Darler. — Pailatlérine dans les pairalysise motrioss de l'oall : H. Oaleiowslci. — Développement du sinus maxiUaira ; H, Iiaguesse.— Bruits gastriques rythmés aveo le ocBur : M. Françols-FranolE. — Haute pression dana le fruit de l'eobaltmn : M. Regnard.
M. Bloch expose les résultats que lui a fournis l'exploration comparée du pouls radial et du pouls carotidien, dans la position abaissée et verticale du bras, chez des sujets atteints d'alfections cardiaques diverses. lia constaté que le relard du pouls radial sur le pouls carotidien augmente notablement quand on élève le bras, et que ce retard est d'autant plus accusé que le muscle cardiaque est plus compromis.
— M. Brown-Séquard montre par de nouveaux faits que l'irritation galvanique de la base ne reacéphale peut provoquer dans la moelle des changements d'activité en plus {dynamogénie) ou en moins (inhibition), quelquefois très complets. C'est ainsi qu'on peut voir se suspendre Tintluence respiratoire, cardiaque, motrice générale ou qu'au contraire les propriétés médullaires peuvent persister beaucoup plus longtemps, la contracture du diaplirayme et des muscles costaux survenir, le cœur battre avec violence. Ces deux ordres de faits se retrouvent dans les lésions médullaires, surtout de la région cervicale.
— M. Rémy présente une pièce fournie par un cochon d'Inde auquel il avait pratiqué la résection des nerfs éjaculateui's, précédemment découverts par lui ; on voit les vésicules séminales distendues au point de former une double tumeur lobulée qui emplissait la plus grande partie de la cavité abdominale et donnait k l'animal l'apparence d'un cochon d'Inde atteint d'ascile.
— M. J. Darier, étudiant les microbes de la broncho-pneumonie diphthérique, a classé ces éléments en bacilles et en microcoques ; il a fail ressortir l'analogie de forme et de dis-
Eosition que présentent les bacilles avec ceux que Klebs et 6fTler considèrent comme les véritables microbes de la diphlhérie et montré qu'on pouvait comparer les microcoques aux micro-organismes de la suppuration et en particulier au streptococcus. Cette étude a été compléiée par des cultures et des inoculations ; M. Darier est arrivé ainsi à conclure qu'on trouve dans les lobules enflammés de la broncho-pneumonie diphthérique, en outre de l'élément spécifique, des organismes variés {staphylococcus, streptococcus), ayant une action pyogène évidente et venant compliquer par leur présence la maladie primordiale qui leur prépare le terrain et leur constitue un milieu de culture favorable.
— M. Galezowski a employé avec succès le bromhydrate de pelletiérine dans les paralysies des muscles de l'œil.
— M. Laguesse, examinant de très jeunes embryons de mouton, a noté la présence d'un bourgeon épithélial creux, qui lui parait devoir être considéré comme la première ébauche du sinus maxillaire et de ses glandes. L'épithéliuin
13 NOTEXBBE 1885
ui joue le rôle principal dans la première formation dt ri iverticule, a une évolution parallèle à celui de la piluiuj^^ comme lui, il est d'abord cylindrique stratifié et formé d'éltments subissant la transformation muqueuse ; puig, aa milieu de ce premier revêtement, apparaissent,! partir de 8 centimètres, des cellules ciliées.
— M. François Franck résume Tobservalion d'un matad? qui présentait un bruit cardiaque systolique d'une grande intensité, à maximum inférieur, ayant le caractère d'un gargouillement et perceptible à grande distance. L'eiaincn de la région précordiale par la percussion et la ]»lpalioii, permit d'éliminer l'hypothèse dun épanchement liquide et gazeux péricardique; la plèvre et le poumon étaient sain^: le sujet ne présentait aucun signe local, éloigné ou général, d'affection mitrale. Il s'agissait donc vfaisemblablemeotde l'un de ces bruits gastriques déjà décrits, notamment iiu un travail.de Korezjnski (Vienne, 1879).M.Francki[MSfli assurer en pratiquant le cathétérisme de l'estomac et ta évacuant une grande quantité de liquide muoueui, vm* pagné de gaz; le bruit, sans disparaître compIète[WDt,t'ai absolument modilié, il est devenu difficile i percevoir.
M. Frmck se réserve d'insister sur le mécanlsnedetts bruits extra-cardiaques dans certains cas de dilala^nic l'estomac.
— M. Regnard a mesuré la pression du liquide dani les fruits de certaines cucurbilacées , comme Vecbaiim,^,^ projettent leur contenu à grande distance ; il a trouvé ccitr pression équivalente à 1/â atmosphère et fait remarquer qii>' cette constatation permet d'alIQrmer que dans l'intérieurd'uiie plante, la vie est compatible avec de hautes pressions.
CllalMl SoeleCy el iMnûmm.
SÉANCE DU 9 OCTOBRE 1885. j
Hématémése et mélsena otaez un nonreau^né- — Deux ca» dabcniif l ombUioale étranglée, traités par l'exoision du sae et dn omteidt cutané, avec suture de l'annean apréa rédaction. — TrtptntUoo pour une hémorrhaglo de l'artère méningée moyenne.
M. Sawtell Ut une observation d'hématémëse et de mélna chez un nouveau-né, et montre l'estomac sur lequel on fuil une ulcération. Un petit enfant du sexe masculin, né le 9 avril 1885, après un accouchement naturel mais un laborieux, vomit soudain du sang vingt et une heures A demie après sa naissance, el, quelques heures plus tard, il , présente du mélœna. A ce moment, il prend un peu de lait, mais sa vitalité semble compromise. La perte de saiig par l'anus continue; le sang rendu est altéré et mélangé awc ilu méconium et du mucus; l'enflant décline rapidement et meurt vingt-quatre heures après le débat de l'appariboo du sang dans les selles. L'examen microscopique fit recoonatlre dans l'estomac la cause des accidents; en elfel,il existait une ulcération petite, profonde, arrondie Eiirtap>roî postérieure, près du cardia et dans le voisini^ de la petite couriiure. M. Sawtell fait remarquer qu'après quelques recherches sur ce sujet, il n'a pu trouver nulle part quelque indication d'un fait semblable. Il cite un travail de liilinni. publié dans The British and Foreign medico-chirurgic^^ Review pour 1853, el dans lequel Rahn-Ëscher établil qa( le ramollissement de l'estomac et des intestins est quelqu^ fois rencontré chez les jeunes enfants. Un fait inléressani. observé par le docteur Richard Neale, ne s'expliquait ler aucune lésion de quelque espèce que ce fùl. Le docteur m^, dans The British médical Joumai pour 1879, parle simplement des hématémèses chez les enfants ; il en est de mèiue du docteur Thorburn. Mais les observations de vraies hètiorrhagies intestinales chez les enfants sont si rares, que le iiof*
leur West dit en n'avoir rencontr(quft4cm-£4*2^'^ ^ longue pratiqua, et pariSiliâS^My^MiMulieini>
13 JNovEHsnE 1885 GAZETTE UEDDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIAURGIE
iiou?eau-né. Rillet ne mentionne aucun cas d'ulcération. L*auteur de celte commuaication incline à penser ijue ces alcératioDs proviennent de l'obstruction de certains rameaux de la veine porte et de l'érosion de la muqueuse par le suc gastrique, et termine son travail en notant les difficultés du diagnostic et du traitement, et en faisant remarquer l'exactitude de Tobservation du docteur West, qui a écrit que les nouveau-nés supportent très mal les hémorrhagies.
— M. Clément Lucas lit un travail sur deux cas de hernie ombilicale étranglée, traités par l'excision du sac et du couvercle cutané, avec suture de l'anneau après la réduction. Il commence par dire que, depuis plusieurs années, il a pris l'habitude d'exciser le sac dans les opérations de hernie étranglée de quelque variété que ce soit, et qu'il a été conduit à agir ainsi non pas tant pour obtenir la cure radicale (quoiqueàla vérité ce soit là un avantage), que pour diminuer la mortalité de l'opération. Il regarde le sac lui-même comme un danger, en raison de la nutrition précaire de ses enveloppes, de sa tendance ii la suppuration ou à la gangrène, de sa disposition à collecter le pus et à le conduire dans la cavité péritoiiéale. Débarrasser le malade de cette membrane anormale, mal nourrie, non seulement inutile, mais absolument dangereuse, doit être le point de mire de tout chirurgien dans l'opération de la hernie étranglée. Il pense que l'opération de la hernie crurale n'est pas complète, tant que le sac n'a pas été excisé, même alors que l'intestin a pu être réduit avant l'ouverture du sac. On peut dire la même chose de la herute inguinale acquise. La hernie inguinale congénitale présente des dîFDcuUés pariiculières» car le sac ne peut être réséqué dans sa totalité sans le saoifice du testicule, ordinairement il excise la portion funiculaire et applique l'anlisepsie dans toute sa rigueur. Pour ce qui est des hernies ombilicales, on doit prendre des mesures beaucoup plus radicales que celles qu'on adopte généralement; l'auteur pense que sous ces conditions la mortalité diminuera considérablement. Suit la relation des deux faits qui ont été l'occasion de ce travail. Dans le premier, il s'agit d'une femme de quarante-huit ans, mariée, exerçant la profession de blanchisseuse, et atteinte d'ascite depuis deux ans, alTeciion pour laquelle on dut pratiquer trois ponctions à quelques mois d'intervalle. Lé 22 mai 1885, une hernie ombilicale qu'elle porte depuis quelques années s'étrangle, et M. Lucas 1 opère quelques heures après, après avoir vainement tenté de la réduire par le taxis. 11 dut ouvrir le sac, et une quantité considéraole de liquide s'échappa, eu même temps qu'une grande portion de l'intestin grêle, fortement injecté, se montra à la vue. L'orifice du collet du sac était assex large pour permettre l'introduction du doif t dans l'abdomen ; mais en raison de la pression intraabdomiuale, conséquence de l'ascite, on ne put, malgré toutes les manœuvres^ réduire l'intestin. H. Lucas fit alors asseoir la malade et, introduisant un doigt dans l'orificé herniaire, il repoussa l'intestin d'un côté et permit ainsi la sortie de trois pintes et demie de liquide ascilique ; après cela, l'intestin rentra facilement. Alors le chirurgien réséqua le sac dans toute son étendue et la peau amincie qui le recouvrait. Trois fortes sutures de catgut furent passées dans les lèvres de l'orilice ombilical, serrées et coupées court; les lèvres cutanées furent réunies avec des fils métalliques et, par-dessus le tout, on fit un pansement antiseptique. La malade alla très bien les jours suivants. Les sutures furent enlevées le sixième jour ; li y eut, à un moment donné, un peu de suppuration proveiuml d'un des fils, puis la guérison ne fut plus entravée, et la malade sortit de l'hôpital, le 25 juillet, n ayant plus aucune tendance à la hernie de l'ombilic.
Le second cas est relatif à une femme de cinquante-deux ans, mariée et mère de quatre eufants. Elle porte depuis onze ans une hernie ombilicale ; durant cette période elle a dû être chloroformée à quatre reprises différentes, afin qu'on lui réduisit sa hernie. Le 5 septembre, à la suite d'une quinte de
toux, la hernie devint tendue et irréductible. La malade fut prise de douleurs abdominales et de vomissements, qui continuèrent jusqu'au moment de son admission à l'hôpital, le 6 septembre au soir. Elle n'avait pas eu de selles depuis le début des accidents ; la hernie était très volumineuse et les douleurs extrêmement vives. Le taxis sous le chloroforme ayant échoué, M. Lucas procède à l'opération à neuf heures du soir. Incision verticale de quatre pouces de longueur sur la partie supérieure de la tumeur, découverte dn sac, débridement de l'anneau et Iaxis également sans succès. On ouvre alors le sac et il s'en échappe une petite quantité de sérosité sanguinolente ; on trouveaans son intérieur une masse volumineuse d'épiploon adhérent, formant un sac qui étrangle l'intestin. Après le débride ment de l'étranglement, on réduit
Clusieurs pieds d'intestin offrant une coloration brun somre ; une portion du côlon transverse se montre alors, mais elle n'est pas étranglée. Deux morceaux d'épiploon sont liés avec le catgut et résénués; le sac est disséqué et excisé, excepté à sa partie inférieure, où les adhérences avec l'épi-
Eloon s'y opposent. Trois sutures au catgut réunissent les ords ds l'anneau ; puis on résèque les téguments sus-jacents et on en affronte les bords au moyen de sutures métalliques, après avoir placé un lubeàdrainage. Pansement antiseptique sur le tout. Tout va bien les cinq premiers jours; le 10 septembre on constate une élévation de température et il s'écoule de la plaie une petite quantité de sang qui y était retenu ; quelques jours après on voit sortir une petite masse de tissu sphacélé, constituée évidemment par le reste du sac et le moignon de l'épiploon. La guérison marche ensuite très vite ; le 23 septembre, on enlève le labe à drainage, et, le 27, la malade entre en convalescence.
— H. Ckarter» ^Symont^ rapportele faitsuivant: Unhomme de quarante-trois ans tombe sur la tète, d'une hauteur de six pieds. 11 est immédiatement admis k Gujfs hospitalf avec des phénomènes d'insensibilité générale, une hémipl^ie droite, un pouls battant 52 pulsations. 11 porte deux plaies avec perle de substance de la r^lon temporale gauche et un volumineux épanchement sanguin. H. Symonds pratic|ue immédiatement la trépanation en raison de l'hémiplégie et du coma profond. Après avoir enlevé un disque osseux, ou met à nu un caillot animé de battements et on I enlève. L'hémorrhagie est abondante ; on résèque alors uue lai^e pièce osseuse avec la pince de Hoffmaa et on découvre deux déchirures de l'artère méningée moyenne : l'une d'elles est obturée au moyen d'une ligature faite avec un fin catgut; pour l'autre, on complète la section du vaisseau et on en lie les deux bouts. L'écoulement de sang continuant, on sectionne les os jusqu'à la base du crftne et on arrête définitivement l'hémorrhagie en saisissant l'artère avec un fragment de.la duremère, l'attirant au dehors et la tordant à l'aide d'une pince. L'opération entière a duré deux heures et le malade a perdu beaucoup de sang. Cependant lepatient présente une amélioration immédiate ; aussitôt l'enlèvement du caillot, le jwulss'élève de 40 à ti4 pulsations et les muscles du pied droit se contractent; à la fin de l'opération le malade reraue.le bras droit et la jambe du même c6té, il peut donner son nom et son adresse. Le Jour suivant, il répend à totries les questions, parle raisonnablement et sembla avoir reoouveé tonte sa connaissance ; mais, dans l'après-midi de oe jour, il devient inquiet, il e»t pria de délire et tombe dans le coma, la température s'élève à 104%8 (F.) et la mort arrive cinquante heures après l'accident. A l'autopsie, méningite suppuréc. Ui fracture s'étend du point où a porté ropéralion, jusqu'à la grande aile du sphénoïde, etlà se divise en deuxbrancbes, l'une courant sur le plancher de l'orbite jusqu'à la lame criblée de l'elfamoide, l'autre s'étendant aussi loin après avoir traversé le trou optique et la feote sphénoidale. H. Symonds fait remarquer nue son but, en publiant cette observation, est, d'abord, d'appeler Tattention sur le peu de documents que
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l'on trouve pour résoudre la question de savoir quel est le meilleur procédé pour arrêter ces hémorrhagîes ; en second lieu, d'engager à avoir recours à la compression de la carotide lorsqu'on constate cet accident et à en pratiquer la ligature si, après la trépanation, les autres moyens échouent.
M. Hotoe rapporte deux cas analogues au précédent. L'un d'eux concerne un enfant de dix ans, qui fut Irépaué trois heures après une chute sur la tète, du côté gauche ; on enleva un caillot sanguin et on Ht une compression digitale de la carotide primitive; le petit malade conserva des troubles divers du côté du membre supérieur droit, mais trois mois après l'opération, il jouissait d'une excellente santé. Â ce moment il fut soustrait à l'observation médicale. La seconde a trait à un charretier de cinauatite etunans, que l'on trépana et chez lequel on essaya à ueux reprises d'arrêter une hémorrhagie en liant plusieurs ramuscules de la méningée moyenne; finalementon fit la ligature delà carotide externe. L'hémorrhs^ie s'arrêta, maïs le patient tomba dans le coma et mourut au bout de quelques heures.
REVUE DES JOURNAUX
Dm diaMte damm impfrl» avec la vie utérine, la meaatrvatteH et la gra— ewe, par M. LÉCOItCHË. —
Le diabète, chez la femme, s'observe surtout à la période qui précède la puberté et après la ménopause ; il est plus rare chez la femme réglée (le tiers des cas observés par l'auteur), mais en général beaucoup plus grave, quoique la glycosurie diminue momentanément à chaque menstruation.
Divers états morbides de l'appareil génital s'observent chez les femmes diabétiques. G est d'abord Veczima vul~ vairCy phénomène du début, qui dans certains cas est susceptible de dévoiler un diabète ignoré. Il existe une tendance à l'eczéma dans le diabète; des poussées eczémateuses ont Heu dans diverses régions; mais la localisation sur la Tolve est déterminée par le contact de l'urine. L'eczéma de la vuWe s'accompa^e d'un prurit et d'un suintement abondant, qu'explique peut-être la fermentation provoquée par le sacckartmyces eerevisia. Cet eczéma peut coexister avec d'antres manifestations <Habétiqnes, anthrax, névralgies, etc.
Une autre eompHcation, c'est la mitrite granuleute^ toujours accompagnée d'un certain degré de catairhe. Ici c'est l'état djscrasiqne du sang seul qu"l faut incriminer; il y a irritation et trouble nutritif du côté de la muqueuse, de même que du côté de la peau, où le diabète provoque des ërythèmes, des furoncles, etc. Ce n'est pas un phénomène de début, comme l'eciéma; les granulations peuvent survenir à tout moment, souvent au bout de dix ans seulement.
On voit encore coïncider avec le diabète d'autres lésions, telles que tumeurs fibreuses, kystes, métiite fongueuse, orarite à répétitions, etc.; mais il ne s'agit \k que de simples coïncidences.
Le diabète exerce une influence particulière sur la mens* truation; il détermine de la dysménorrhée, des faémorrhagies, de l'aménorrhée. La dyscrasie sanguine n'y est pour rien, l'état local de la matrice suffit & tout expliquer.
La groatme est également influencée par l'existence des granulations, des nleërations. etc., utérines; c'est ainsi que s'explique la stérilité assez fréquente chez les femmes diabétiques. V accouchement est plus pénible, les suites de eoucbes plus prolongées que normalement. La nutrition du produit de la conception est altérée ; les enfants naissent difformes (hydrocéphales), eu ont peu de vitalité.
Réciproquement la grossesse aggrave le pronostic du diabète. Ma» celui-ci n'est jamais la continuation de la glyco-
surie puerpérale. Le sucre disparaît au contraire de l'urine après l'accouchement, pour reparullre quelques mois plu> tard avec aggravation des symptômes du diabète. Du re<^, sur 81 cas observés par l'auteur, 53 fois le diabète sVtaii développé en dehors de la vie menstruelle, c'est-à-<iirr avant la puberté ou après la ménopause. {Ânnala de^i^Hicologie, octobre 1885.)
Utilité dca InJeelloDB d'eaeenee de CArébcatlilBe iim
les trajela flstuicax, par M. Sett. Cecchini. — Ce StTint chirurgien italien a employé avec le plus grand saccèsTessence de térébenthine dans diverses affections fistuleus^: les heureux résultats obtenus sont dus, selon lui, oi partie à l'action irritante modificatrice, cicatrisante de l'esseact et surtout k son action antiseptique^ qn'il déclare supérienrt à celle des meilleurs désinfectants connus, tels que l'icide phénique, l'acide salicylique, le thymol et même le briodure de mercure. Il injecte l essence de térébenthine, i l'iiiie d'une seringue de Pravaz, soit pure, soit mélangée d'huile d'olive ou d'huile d'amandes douces pour atténuer U douleur parfois très vive qu'elle provoque; l'action est meillean et plus rapide si l'on fait usage de l'essence pure;ciialf$ malades pusillanimes, il pratique tout d'abord daultlnitt fistuleux une injection avec une solution de chlorhTdntede morphine, ou mieux il mélange le chlorhydrate avec l'e> sence, sans que l'action de cette dernière se trouve cootnriée ; par ce moyen la douleur se trouve réduite à ud minimum. Voici les résultats obtenus par Cecchini i ce jeat: sur 7 fistules anales, la guérison a été obtenue dans 5 es, le traitement ne put être continué dans l'on d'eui cl le résultat fut négatif dans le dernier; 6 cas de cariedendifr ont été guéris, sans aucun insuccès d'autre part; ileaesl de même de 8 cas de fistule dentaire compliquée d'une carie plus ou moins étendue du maxillaire ; la méthode ne réussi! que dans 1 seul cas de fistule du canal de Sténon; elle fat suivie d'un plein succès dans 15 éas de fistules atoniques, c'est-À-dire dans tous les cas où elle fut employée, (iflult tmtt;. di medicina, t. GGLXXIV, p. 101, 1885.)
Aperça sar le» prlaelpelca eanaea de la pklhlile
pulmonaire, par le docteur Alison. — Les statistiques consciencieusement établies par l'auteur pour les cas de tuberculose pulmonaire développée dans toutes les coin* munes de sa circonscription médicale pendant t^ui axe années successives, de 1870 à 1885 exclusivement, lui ont i>emis d'étudier la propagation de la maladie et le mode soiviil lequel elle s'opère. Il relate 58 observations : dans 14 d'eatR elfes la contagion est restée indéterminée: dans 31 antm elle s'est montrée probable; enfin elle a été évidents (bu 7 cas. Les localités dans lesquelles le ddcteur Alison a recueilli ses observations de tuberculose pulmonaire oniw divisées par lui en trois groupes: celles, ordinairement très petites, dans lesquelles fa phthisie n*a fait qu'une, oa que quelques rares apparitions; celles dans lesquelles la tuberculose, quoique ayant sévi presque sans ïnterrupri(nnicp''t* quinze ans, a pu. cependant, être suivie pas à pas dans sn mode de transmission; enfin celles dans lesquelles la nuidie, en raison de sa fréquence et de renchevétremeot d« cas de phthisie, n'a pu être précisée dans son origine. H impossible, on le comprend aisément, d'analyser (e> observations; qui ne valent que par le détail précis des a^: «mstances qui ont présidé & la transmission bacillaire; aussi devons nous seulement résumer les enseignements m res* sortent de l'étude minutieuse des hiXa. Geux-d conurm»! tout d'abord la réalité de la contagiosité de la tobeicnlM la maladie paraissant se transmettre principalement «ii sonnes de la famille on du voisinage ayant eu des relaw* avec le sujet tuberculeux. Sur 35 observations de phtnisi# mariés, la transmission d'un conjoint à l'autre s'est produis une seule fols de focBi^ii^»ç,^«bdidO^I@^''"'
13 NovEcuDRB 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — R* 46 — 751
teuse. Le développement du mal se fait par petits foyers ou grouues, composés généralement d'un petit nombre de cas de phtliisie reliés entre eux, ou avec le premier malade, et absolument comparables, sous ce rapport, à ceux, qui se forment dans les maladies classées parmi les affections contagieuses. Quant à l'intervalle qui s est écoulé entre la mort du contagion tiant et du contagionné, on trouve qu'il a été de moins d'un an, dans 16 cas ; de un à deux ans, dans 11 cas ; de deux à trois ans, dans 4 cas; de trois à quatre ans, dans C) cas; enfin de quatre à cinq ans, de cinq à six ans, et de six à dix ans, chacun dans â cas; de plus, 6 fois le tuberculeux contagionné est mort avant celui de qui il tenait la maladie.
Parmi les causes prédisposantes relevées par l'auteur dans ses recherches, il convient de citer les antécédents tuberculeux et les manifestations scrofuleuses ; l'inflammaUon des voies aériennes, essentielle ou symptomatique, et, d'une façon générale, une effraction quelconque delà peau et surtout de la muqueuse des bronches par laquelle le bacille pénètre dans l'organisme. D'autre part, on peut incriminer tout affaiblissement de l'individu, ^u'il soit déterminé par rinsufûsance de l'alimentation, la viciation de l'air, les fatigues, les maladies chroniques consomplives, et plus particulièrement certaines maladies générales telles que le diabète, l'alcoolisme, ou des affections locales ayant pour résultat probable de diminuer le champ de l'hématose, comme dans le cas de rétrécissement de l'artère pulmonaire. {Archives générales de médecine^ septembre 1885.)
lm|MrmecdlagrB*"*l4i>* ■tlevoeoeeas de la pnev-
■Monie, par Sergius Platonow. — L'auteur établit tout d'abord que l'existence de la capsule gélatineuse n'a rien de spécial au micrococcus de Friediander, car on la retrouve entourant des microbes divers provenaot le plus souvent des crachats. On sait, d'ailleurs, qu aujourd'hui I opinion qui lend à prévaloir est celte qui attribue l'apparence de capsule gélatineuse à un artifice de technique colorante, le retrait au microco^ue étant la cause directe de sa production. Quoi qu'il en soit, Platonow a trouvé dans 6 cas de dilatation bronchique, dans un rétrécissement bronchiaue syphilitique, dans la phthisie, l'œdème pulmonaire et le coryza chronique un diplococcus identique à tous égards h celui que Friediander a signalé comme caractéristique de la pneumonie. Le microcoque de Friediander n'oflre pas, on le sait, de réaction colorante spéciale.
Platonow a lîsiit voir également que la forme de clou dans les cultures pendant l'évolutioo au microbe pneomonique n'a rien de particulier, pas plus que le développement de gaz observé dans les mêmes circonstances. Quant à l'exarmen du sang, il n'a pas toujours fourni des résultats positifs; aussi l'auteur pense qu'il faut, & cet égard, recourir aux expériences d'inoculation aiix animaux. 11 s'élève d'ailleurs à juste titre contre les ponctions pratiquées dans le parenchyme pulmonaire penaaiit la vie, pour retirer des parcelles de Texsudat et y rechercher le micro- organisme. On a déterminé ainsi parfois de graves accidents, sans aucun bénéfice pour la science, puisque l'on retrouve facilement le microcoque dans le poumon à l'auptosie. (Deuttche med. Zeitung^ 19 février 1885.)
NmtcI •ptmmump» pMir éHammr Im mimmMfm de VmmMjmt'» •« ite |« uémUé MMMvahdvM, par le docteur E. Bertin-Sars, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier. — Examinant rapidement les multiples pnocédés imaginés pour déjouer la simulation de l'amblyopie unilatérale, l'auteur cherche à démontrer, soit leur difficulté d'application, soit leur insuffisance. Son optoscope oCEre, dit-il, sur la botte de Fiées, l'avantage- de conserver son pouvoir de distinction intact, malgré la divulgation de son principe. Ce principe c'est de fournir aux deux yeux des
images semblables, qui, par leur superposition, se confondent en une seule. Par un mécanisme très simple, le médecin peut supprimer une des deux images, sans que le sujet sache q^uelle est l'image supprimée. Il lui est impossible de deviner s'il doit ou voir l'image, ou ne plus la voir. En recommençant l'expérience un nombre de fois suffisant, la supercherie sera certainement dévoilée. Mêmes effets s'il y a seulement amblyopie, mais ici l'image ne disparaît jamais, elle est seulement plus ou moins éclain&e. (Annales d'hygiène publique et de médecine légale^ t. XIV, octobre 1885.)
Ce qae devleal le méridlctt de mbilaMBm de ee«rbare de la cornée, pendant révelnllon d'nn certain
aoaAre de giancAmea, par le docteur G. MARTIN (de Bor^ deaux). — Dans un certain nombre de glaucdmes. l'astigmatisme cornéen varie, et primitivement « selon la règle» il peut diminuer, disparaître, ôtre remplacé par un astigmatisme f contraire à la rè^le ». Ces variations peuvent contribuer à renseigner le clinicien snr la marche progressive de la maladie. Elles s'observent surtout chez les sujets relativement peu &gés, sous raclioD de la tension intra-oculaire et sont subordonnées à l'élasticité des tissus. L'astigmatisme c contraire à la règle > s'est rencontré dans la moitié des cas ; il semble être la conséquence plus que l'une des causes du glaucôme. Les incisions scléroticales supérieures ont, d'une manière générale, pour effet de diminuer la courbure verticale de la cornée. Les affaiblissements subits de la vision oui surviennent lors d'une poussée glaueomateuse, après 1 une de ces opérations, peuvent être liés à ta dilatation du méridien vertical de la cornée et corr^és par les verres cylindriques. (Annales d'oeulisHqmt t. XClIi, 5* et 6* livr., mai-juin 1885.)
Care des variées par l'exelsion, par H. J. FaRRANT Frt.
— L'auteur conseille d'abord l'emploi des palliatifs; si ces moyens sont suffisants, il serait insensé d en venir à une opération; mais, s'ils n'amènent aucun soulagement, on doit intervenir. L'excision des veines malades est, selon l'auteur, la meilleure opération, à condition de la pratiquer en exécutant tous les détails opératoires suivants : 1* pratiquer l'excision à travers de petites incisions ^ne dépassant pas 1 pouce de longueur); 2" marquer les points ou on se propose de faire les Incisions avant l'appHca^nde la bande d'Ësmarch, car la place occupée par les varices disparaît lorsoue la jambe est exsangue; 3° appliquer la bande d'Esmaren avec soin, de façon à vider complètement les vaisseaux sanguins de leur contenu; si Ton ne prend cette précaution, la plaie se remplit de sang, et l'on a beaneoup de peine i disséxiner la veine; 4' lier la veine h sa partie supérieure et la disséquer de haut en btf ; 5* enlever aussi peu que possible dra tissus voisins de la veine malade; 6" appliquer le pansement et un bandage compressif sur la jamne avant d enlever le tourniquet constricteur ; 7* faire toutes les mancsuvres présentes et ultérieures en employant rigoureusement l'antisepsie. (The briUth médical Joumalf p. 445, 5 septembre 1885.)
▼•ndsamenta InMerriUes de la groeeesse, par
M. E.-W. RouoHTOH. — La grossesse ne peut évidemment pas être considérée comme une maladie, cependant elle s'accompagne de tels troubles dans l'harmonie des fonctions organiques qu'elle devient une cause prédisposante & un certain nombre de maladies dangereuses. De tous ces troublesj'le plus important est peut-être la dégénérescence des organes glandulaires; récemment, en effet, on a montré que durant la grossesse les grosses glandes de Téconomie, telles que le foie, le rein, subissent cette altération particulière connue des piUbologisles sons le nom de tuméfaction trouble. Cette modification eBt[^||ft|^^{f^yl(c^(^*@^^
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dans la première période de la dégénérescence graisseuse du mal de Bright et de l'alrophie jaune aiguë du foie. Cela posé, il est facile de comprendre que des causes diverses seront susceptibles de pronuire, au cours de la grossesse, les accidents qu'on observe dans ces aiïections chroniques du foie et du rein, à savoir les vomissements incoercibles et les attaques cclamptiques. Ces notions palhogéniques devraient alors remplacer les causes théoriques jusqu'ici invoquées, comme les flexions utérines, l'Iiyperplasie et la congestion chronique du col, etc. Une observation rapportée par llauteur apporte peut-être une preuve à l'appui de l'opinion qu'il émet.
Il s'agit d'une femme âgée de vingt ans, mariée depuis douze mois, u'ayant eu jusqu'alors ni accouchement, ni avorlement. La menstruation s'était établie h l'&ge de treize ans, elle avait toujours été régulière; pour la première fois, les règles s'élaient supprimées à la lin de novembre 1884. Vers la fin de décembre, la.patiente commença à éprouver quelques malaises; en janvier, les vomissements devinrent plus fréquents; du mois de février au mois d'avril, époq^ue de son «ntrée à l'hftpital, les vomissements ont été continuels, ne permettant pas même le sommeil. A son entrée à l'hôpital, on constate tous les phénomènes ordinaires de la plus profonde anémie, sans lésions d'oi^nes apparentes. La patiente rend dans les vingt-quatre heures 40 onces environ d'une urine à réaction acide d'une densité de 1015; elle contient ^es traces d'albumine et de pigments biliaires; absence complète de leucine ou de tyrosine. Régime lacté, soda-water, mixture gazeuse de citrate de potasse. Deux jours après, elle allait beaucoup mieux et n'avait vomi que deux fois; à ce moment survinrent des attaqueséclamptiques, qui se rapprochèrent de plus en plus et étaient séparées par un coma dont on faisait sortir la malade à grand peine. Le troisième jour on se décida à provoquer l'avortement à l'aide de la dilatation du col avec une tige de laminaire; vu la tendance aux convulsions, on administra du chloroforme; le travail se fit naturel lif ment, et le fœtus ne tarda pas à être expulsé. Héxnorrha^^e post partum considérable; le liquide amniotique contenait de la bile. La malade se rétablit rapidement : les -urines reprirent leur quantité et leurs qualités normales. - Cette observation ne prouve pas absolument la patlio^énie -des accidenta de la grusene : vomissements, convulsions, àémerrhagïes, mais elle s'ajoute du moins à la liste peu considérable des cas guéris. {TheLaneet, 5 septembre 1885, p. 435.)
«■«riMB, par H. Holmes. — Cette observation ressemble par beaucoup de points à celle présentée à la Clinic<U Societf en 1880. En voici le résumé : W. T..., commissaire de ^lico, est admis à Saint-Georges-Hospitat au mois de décembre dernier. On recueille sur lui les renseignements suivants : deux ans avant il a reçu un coup de briaue sur la iète \ le cuir chevelu ne fut pas déchiré, et le blessé put -arrêter celui qui l'avait firappë; cependant^ une demi-heure après, il perdit connaissance et resta ainsi six jours. Après -quelques semaines, il put reprendre son service de policeman, mais il éprouvait une douleur constante au point où il avait ^ frapp«, ot avait de iMouentea attaques ae vertige, qui le déterminèrent à entrM & l'hôpital. La santé générale était boilne, mais il était triste et m^ancolique. Il appelait l'attention sur une partie très sensible de son crftne ; il n'y avait pas trace de plaie, mais une légère dépression de l'os; Jorstfu'on exerçait en ce point une pression forte et continue, l'individu était pris de convulsions épileptiformes, sans perte .abs<rfue de cooiuiissance; il présentait, en un mot, les symptômes du petit mal. Dans ces cirranstances, on pensa devoir examiner dans quel étal se trouvait le crâne; pour cela, le 2t» décunlMTe, U. Holmes fit une incision crudale au niveau •du point sensible; on ne trouva ni épaississeraent périostiqne,
ni fêlure, ni dépression de l'os ; on enleva alors une couronne osseuse avec la tréphine, mais l'os ne fut trouvé ni plus épais, ni plus dur qu'à l'elat normal, la dure-mère était tout à fait saine. On ne poussa pas plus loin l'intervention. La plaie se cicatrisa sans accident, et quelques semaines après le malade n'avait plus ni douleurs ni vertiges. Cependant, lorsqu'il quitta I iièpital, le 1" mars, il commençait de nouveau à se plaindre. (The Laneety 5 septembre 1885, p. 432.)
Sareome én fmmom, par M. PORTER. — Un COcher, âgé
de trente-neuf ans, se présente pour la première fois à Sheffleld public Hospital le 6 mai 1885. Il a joui d'une bonne santé jusqu'à la Noël 1884; depuis cette époque il se plaint de dyspnée croissante, de palpitations, de loux et d'expectoration; à une ou deux reprises il a eu une léfïëre hémoptysie; dans ces derniers temps il a souffert entre les deux épaules et dans le bras gauche. Il est d'apparence vigoureuse, mai.s est amaigri et cachectique. Il ne peut pas rester couché, en raison de sa dyspnée et de ses palpitations : dtfîGcuIté de la déglutition, période la voix ; pupilles normales; pouls très rapide, 140 pulsations, très petit et difllcile à compter; pouls radial gauche un peu plus faible que le droit; température à peu près normale ; léger œdème des pieds et du bras gaucUe ; sensation de plénitude à la racine du cou, principalement du côté de la clavicule gauche; les veines superGctelles de la région cervicale, à gauche, sont proéminentes; il en est de même des veines de la pxrtie supérieure de la poitrine, au niveau de la clavicule gauche. A la partie supérieure du poumon de ce même côté, très grande diminution des mouvements respiratoires, absence du frémissement vocal, matité s'étendant jusqu'à la huitième côte; à la base, matité moins prononcée, perception du murmure vésiculaîre et râles abondants. Rùles humides dans tout le poumon droit, à part cela rien d'anormal de ce côté. Cœur abaissé, sa pointe semble battre à l'épigastre, à droite de l'apophyse ensirorme. Le patient déclina rapidement, et mourut une semaine après son entrée. Le diagnostic porté était tumeur intrathoracique.
L'autopsie fit constater l'existence d'une volumineuse tumeur occupant presque toute Tétendue du lobe supérieur du poumon gauche, envahissant la racine de ce poumon, la crosse de l'aorte, et les origines de la carotide et la sous-davière gauche. L& partie inférieure du poumon présentait les lésions de l'hépaUsation grise de la pneumonie. Adhérence des feuillets pleuraux de ce côté. La plèvre droite était saine, et à l'exception d'une abondante sécrétion de mucus dans les bronches, le poumon droit iëtait sain. Péricardîte, mais cavités du coeur saines ; légère congestion du foie et de la rate; reins indemnes. L'étude microscopique de la tumeur montra qu'on avait alTaii'e à un sarcome à cellules rondes; on rencontrait çù et là dans la masse néoplasique des traces des alvéoles pulmonaires. (The British meiicalJoumaL 5 septembre 1885, p. 448.)
Note mur l'emploi de la lamière Aloecrl^ae dus la chirurgie de la Teaaie ec dn reetwm, par M. A.-W. HaYO
RoBSOK. — Une femme de cinquante-quatre ans, présentant depuis trois ans des hématuries et autres symptômes de tumeur de la vessie, vint consulter M. Mayo Robson. Ce médecin l'avertit qu'il soupçonne l'existence d'une tumeur de la vessie, mais ne peut I affirmer d'une manière formelle avant d'avoir dilaté l'urèfhre «t exploré le viscère. Lvntalade consent à se prêter a cet examen, mais elle prie le chirui^en de ne faire aucune opération d'extirpation sans l'en avertir. Le 11 juin, la malade est soumise aux vapeurs d'éther, l'urèthre est dilaté avec le dilatateur de Weiss, et l'index introduit dans la vessie rencontre une tumeur ferme, aplatie, offrant quelqoes nodules à sa surface, insérée sur la paroi postérieure de la vessie, près de l'orifice de l'uretère eaucfae,
6ar une base mesurant 1 pouce et demiid'étendue^.^ajo lObson introduit alors danSiigtirésblDroRLilRv^pw
13 Novembre 1885 GAZËTTË HËBDOHADAIRË DE
HËDËGINE ET DE CHIRURGIE
électrique de Swann supportée par un manche long et mince, et rattachée à une batterie électrique de Faure; Tintérieur de la vessie ainsi éclairé, on voit sans peine la surface de la tumeur saignante, et on peut la cautériser avec soin à l'aide d'une solution Torte de perchlorure de fer. Prévoyant
Sue l'on ne pouvait enlever le néoplasme sans beaucoup de ifficulté et sans faire courir beaucoup de risques à la malade, on lui expliqua à elle et aux siens les dangers qu'elle courait ; il fut décide qu'on ne tenterait pas d'autre opération. La malade fut délivrée de ses hémorrfaagies; elle n'a aucun svmçtôme constitutionnel; elle ne souffre pas d'incontinence d urine.
Dans un cas d'hémorrholdes internes étendues, que le même chirurgien avait enlevées par le clamp et le cautère, il remarqua un petit écoulement de sang rouge sortant de l'anus au moment oà l'on allait enlever le malade de la table d'opération; dilatant alors le rectum, il trouva dans sa cavité un flot de sang considérable. On jeta des ligatures sur plusieurs points qui étaient le siège d'hémorrhagie en nappe; mais, le sang continuant à couler, on introduisit dans le rectum la lampe électrique, et on découvrit à plus d'un pouce au-dessus de l'anus une artère donnant du sang, on la lia, et tout écoulement de sang cessa.
L'appareil de H. Mayo Robson est facilement portatif, on peut s en servir comme appareil d'éclairage ou comme cautère; on peut le transporter dans une boite ordinaire, et lorsqu'il est déchargé, on le rechai^e aussitftt en le mettant ^ communication avec une batterie d'acide cbromique. {The Lancet, ^2 août 1885, p. 342.)
CvHeas «m J*wft««MnaMwrt par I« WllaJ— e, par
M. G.-J. Prestou. — Ce fait est intéressant en ce sens qu'il montre combien sont variables les manifestations de l'empoisonnement par la belladone, et combien ses symptômes
fieuvent différer de ceux qu'on donne ordinairement dans les ivres. L'auteur de l'observation est appelé en h&te pour voir M""* D...; il apprend que depuis un jour on deux elle souffre de douleurs dans le dos et qu'elle éprouve quelques difficultés à rendre ses urines. Elle a appelé un médecin qui lui a ordonné une solution, en lui recommandant d'en prendre six gouttes; son mari pense qu'elle en a pris soixante. Aussitôt après elle a perdu connaissance et a eu des convulsions. H. Prestou voit la malade cinq heures après l'ingestion du médicament. L'insensibilité est complète, la face pâle, la peau moite et les extrémités froides. Le pouls ne bat que 80 fois et il est suffisamment fort; parfois, spécialement après un effort, il devient plus rapide et un peu plus faible; la respiration est normale, les pupilles sont insensibles à la lumière et dilatées. Toutes les cinij minutes environ elle est prise de convulsions cloniques qui durent peu de temps; à ce moment le pouls devient très rapide. L'examen de la langue et de la bouche montre seulement un peu de sécheresse de leurs muqueuses. La malade a de la céphalat^ie, des soubresauts de tendons; elle a à diverses reprises laissé échapper ses urines dans son lit.
On administre une haute dose de bromure de potassium qui arrête les convulsions; on applique à l'extérieur une série de compresses alternativement chaudes et froides, ainsi que des sinapismes. La malade se relève très lentement, et le lendemain elle est encore très faible; elle a du ténesme vésical, el Ton ei>t obligé de vider sa vessie par le calhétérisme. La langue est tuméfiée et sèche; la malade articule très difficilement. On donna l'opium largement adirés la disparition des symptômes aigus, mais il produisit très peu d'effet. Les conditions dn cœur et de la respiration n'avaient pas permis de l'administrer au début de l'empoisonnement. La malade resta au lit environ dix jours.
On ne pouvait pas diagnostiquer la nature de l'empoisonnement, dans ce tait, d'après les symptômes, qui différaient •omplètement de ce que l'on sait de l'action de la belladone
sur le cœur et le système respiratoire. La dose de sulfate d'atropine absorbée doit avoir été d'un dixième à un sixième de grain. {The therape^tic Gazette, 15 avril 1885, p. 520.)
Twmwmmx * «•■■■Iter.
Grossesse quadruple. Accodcheséent spontané, par M. Cas- TBNADA Y Cahpos (de Pontoiso). — Il s'a^t d'une femme âgée de vingt-hutt ans, qui accoucha à six mois de quatre enfants dana l'intervalle de trois quarts d'heure. Le premier enfnnl pesait 830 grammes; )e second, 730; le troisième. 810; le quatrième, 6()0. Le premier était mori; le second a vécu trois quarts d'heure; le troisième, deux heures; le quatrième, treize heures; en sorte que les enlants étaient d'autant plus vi races qu'ils étaient venus plus tardivement. {Gazette de gynécologie d'Angers, a" 2.)
Statistique dr la néphrbctonib, par H. Gross (de Philadelphie). — Sur S33 observations de nepbrectomie, la guérison a eu lien 129 fois, et la mort 104. La mortalité, dans 1 1 1 cas de néphreetomie lombaire, a été de 36,93 pour 100; dans 120 cas de néphreetomie abdominale elle a été de 50,83 pour 100. Le premier procédé exposerait surtout à la septicémie, et le second & la péritonite. i4meric. Joum. ofthe mei. se., juillet 1885.)
BIBLIOGRAPHIE
Be^wrehe* ■nr Ica propriétés pb^l^Hoa el la eonallta* Uon ehlmi^Be de* deaui, aar rapporta dn eoelflelOBt de réalatance * l'état de aanté oa de maladie avea lea nMdWcatlima de la entrlUaa. Etude de
pathologie générale, par le docteur V. Galippe. Paris,
G. Masson.
Sous ce titre, notre laborieux confrère, H. Galippe, vient de publier le résumé d'une série d'études de physiologie pathologique dont il convient de louer tout à la fois et le but et l'intérêt. Au lieu de considérer la carie dentaire comme exclusivement due à un travail local ou bien à une action parasitaire, il recherche quelle est rinlluence que peut exercer sur le développement de la maladie la constitution phvsique ou chimique ae la dent elle-m£me. C'est appliquer à l étude d'une lésion en apparence toute matérielle les considérations de pathologie générale que l'on devrait invoquer plus souvent, alors qu il s'agit de maladies trop habituellement regardées comme exclusivement locales ou de cause extérieure.
Or, il ne faut pas le méconnaître, les lésions des dents, et •n particulier leur carie, se lient étroitement aux désordres de la santé générale. Comme le dit très bien H. Galippe ; la dent elle-même présente dans sa nutrition, comme l'individu dont elle fait partie intégrante, des oscillations dont l'amplitude, pour être moindre, n'en est pas moins proportionnelle' aux modifications subies par les autres tissus, et en particu • lier par le tissu osseux. Tout ce qui tend à déprimer l'organisme, dit encore l'auteur, en déséquilibrant la nutrition de l'individu, soit pendant la péiiode évolutive, soit à l'état de santé ou à l'état de maladie, abaisse le coefficient de résistance de la dent et la rend plus vulnérable aux agents extérieurs. Or, ces causes sont nombreuses. Pour en bien déterminer l'influence, M. Galippe a d'abord établi qu'il y avait un rapport constant entre les propriétés physiques des dents et leur constitution chimique; puis il s'est efforcé de déterminer les rapports qui existent entre la densité des dents avec leur composition chimique, et les rapports que l'on peut établir entre les conditions de sexe, d'âge, de maladie, etc.^, et les affections dentaires. Un chapitre important e^coiî-
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 13 Novembre 1885
sacré à l'étude des rapports qni existent entre la composition chimique et la nutrition des systèmes osseux et dentaires; dans un autre chapitre se trouve étudiée la composiUon chimique normale des dents.
En somme, dans celle étude de pathologie générale, il est démontré que, pour bien traiter les maladies de l'appareil dentaire, il ne Tant pas se borner à faire de la thérapeutique manuelle, s'adreasant exclusivement à la lésion locale, mais flu'il convient encore et surtout d'agir en médecin, c'est-à- <lire en physiologiste et en hygiéniste, aussi bien qu'en chirurgien operateur.
M. Galippe, en résumant les travaux de ses devanciers et en les complétant par ses nouvelles recherches, a montré une fois de plus que lorsqu'il s'i^it de pathologie, qu'elle soit médicale ou cbinii|ricale, mieux vaut encore savoir pour prévenir que manœuvrer pour guérir.
Lea niédeclna grecs depals la mari de GalleB Jasqu'di la chnte de reiM|ilred'Orl«at,jpar le docleur A. CORLIEU.
J.-B. Baillière et 61s, 1885, itt-8% xii-208 p.
Il est souvent difBcite, quand on veut rendre compte d'un livre résumant des recherches consciencieuses, de conserver une stricte imparlialité. M. Corlieu connaît à fond les sujets dont il parle; tl a lu lea écrivains grecs dans l'original ; on sent que chacun de ses chapitres a été longuement médité. A ce point de vue, son travail ne mérite que des éloges ; attirer l'attention sur une période, montrer a notre époque, trop exclusivement tournée vers l'avenir, que le passe avait du non, c'est une tâche ingrate à coup sûr, mais capable de tenter un érudit et un helléniste. Il y a donc du bien, beaucoup de bien à dire de ce livre. Je ne voudrais pourtant pas le louer sans réserve, et j'ai même à lui adresser un reproche sérieux : H. Corlieu me parait s'être trompé sur le public qui le lira. Il a voulu faire un précis joignant la clarté à l'exactitude, c'est-à-dire un mémento historique, capable d'éviter de difhciles recherches.
c On pourrait, dit-il, envisager les médecins grecs sous un autre pointde vue, faire l'analyse complète de leurs ouvrages, extraire, pour ainsi dire, de cette gangue les rares filons précieux, faire voir la place; si minime soit-elle, que chacun a laissée dans la science ; en un mot, étudier au point de vue philosophique la médecine grecque depuis Galien. 5ous laissons cette t&che à d'autres. > Pourquoi? Il est bon sans doute de npus dire que, dans le livre V des lienw affectés y Galien traite longuement des maladies du foie; il eût été aussi intéressant de nous montrer ce qui lui appartient, de faire la part d'Hippocrate et des Alexandrins, même de suivre sa doctrine jusqu à la Renaissance; de nous indiquer ce en restait à l'époque de Barlholin. Même dans un traité élémentaire, le travail de critique a toujours sa place. j^I. Corlieu a montré une fîkcheuse défiance de lui-même. <^ette timidité serait explicable de la part d'un débutant, mais J'auteur de la Mort des rois de France, de l'Histoire de l'ancienne Faculté, n'avait qu'à exercer une fois de plus les i|ualiiés qu'il a montrées et notre reproche n'aurait aucune raison d'être. Il n'est même pas nécessaire pour les reconnaître de remonter à ces livres ; il sulltt d'aller jusqu'à l'appendice de celui que nous analysons, et de lire les études qui les terminent (sur la peste d'Athènes et la Retraite des dix mille); pour la discussion, tes narrations im^ées ou dramatiques, l'auteur ne le cède à personne. Cette étude de M. Corlieu sur la peste d'Athènes, nous reporte de vingtdeux siècles en arrière ; on assiste à l'invasion lacédémonienne, à l'efTarement des populations de l'Atlique accourant vers l'Aslu, à l'explosion de la maladie; explosion tellement
soudaine, que personne ne put dire si elle était venue par mer ou par terre. Thucydide est un historien précis, mais il n'était pas médecin et une observation rédige comme U sienne serait très incomplète. H. Corlieu a si bien so grouper
les faits, mettre en relief ceux qui ont de l'importance, tirer parti des moindres détails, que quand il dit, sous forme de concusion: la pyrexie épidémique de 427 n'était ni la pe5:(i> bubonique, ni la variole, c'était le typhus exanthématique. on est obligé d'avouer, même quand on n'est pas de son avi<i. qu'il a pour lui la vraisemblance.
En résumé, son livre est rempli d'intérêt ; ceux qui ne croient point que l'histoire de la médecine commence nolr^ siècle, le liront avec un véritable profit.