L. Thomas
Indes blbUasrapU«M.
System of practical hbdicine (Traité de MÉosaNE PSjnucE), par des auteurs américains, sous la direction de M. VTiUVun Pepper, professeur à l'Université de Pensylvaaie, 1. III. London, 18H5. Sampson IjOw, Marston Searle et Riviogton. — Noos avoas donné récemment une analyse sommaire des deux premien volumes de cet ouvrage. Nous en avons indiqué la dispositioD générale et résumé le contenu (voy. p. 500). Ce IroisiéiDe volume, de plus de 1000 pages, est consacré aux maladies dr l'appareil respiratoire et circulatoire, aux maladies du sang ei d« l'appareil hématopoïétique, c'est-à-dire de la rate, de la glaiid<* thvroïde et des vaisseaux lymphatiques.
"Nous avions dans notre analyse, et en considérant le plan du Traité, manifesté quelque appriéhensîon au sujet de la place qui serait assignée dans ce plan aux maladies du sang. L'anémie, la chlorose, la pléthore nous avaient paru devoir être rangées dans le cadre des maladies générales, dont il a été question dans \e premier volume. Nous en trouvons l'histoire, comme ou devait s'v attendre, au chapitre des lUaladies du sang, et, à dire vrai, Hdconvénient n'est pas grand en ce qui concerne l'anémie simple et la pléthore; mais il n en est pas de même pour l'anémie pernicieuse et pour la chlorose. Ce sont là assurément des maladies dont les caractères anatomiques et pathologigues résident priudpalement dans le sang; mais leur palhogénie est assec omcnre encore et- assez complexe pour qu'il soit prudent de les loealiser le moins possible dans une classification nosolo|riqQe. 11 est vrai que l'auteur de l'arlicle Chlorose^ par exemple, justifie en foii la classification du Traite en ne s'arrélantguère qu'aux altérations du liquide sanguin; mais il s'ensuit qu'une véritable histoire de b chlorose fait réeUement défaut : l'article ue dépasse pas dix pages.
Nous aurions préféré également que les maladies de la rate ei celles de la glande thyroïde n'eussent pas été associées dans un même chapitre à celles du sang, sous prétexte que ce sont de^ organes hématopoïétiques. Outre que cette fonction est assez problématique et en tout cas fort obscure dans la glande thyrmde, cette glande et la rate ont, eu dehors de toute considération d'h«matopoîèse, un champ pathologique assez vaste pour mériter no cadre spécial.
Ces critiques ne sont pas, du reste, de nature à déprécier le fond de l'ouvrage. Si les articles sont toujours un peu disproportionnés quant a leurs dimensions respecures, et aussi quant à l.i valeur dea indications historiques, ils sont généralement bien composés et conçus de manière A concentrer Jes notions véritablement utiles au clinicien en écartant les discussions pnrcmcni théoriques ou en ne les signalant que ponr mémoire. Le caractère praliqtu de l'œuvre est partout conservé avec soin, l/esprii scientifique y est d'ailleurs excellent, et les solutions adoptéf! dans les questions litigieuses sont généralement empreintes d<sagesse. Bref, le System of medicme continuo à mériter d'étnr accneilli favorablement parle corps médical.
Précis des maladies de l'orbille, etc., par le docteur Gelu.
firofesscur particulier d'otologic. lo-lS de 70S pages. J.-B. Bùière, 1885. — Tout ce que le praticien doit connaître des maladies de l'oreille se trouve contenu dans ce livre. L'auteur l'j divisé en dix parties, dans lesquelles toutes tes aOections auriculaires sont successivement étudiées par régions : •«miladies d.
d3 Novembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
l'oreille externe, du tympan, etc. A propos de chaque région, l'auteur présente tous les renseigoements anatomiques et physiologiques nécessaires- 1^ chapitre 111 de la première partie, consacrée aux maladies de l'oreille externe, présente un intérêt tout
farticuHer. On y trouve tous les renseignements préalables sur exploration de l'oreille externe : l'outillage, les movens d'éclairage, la manœuvre des spéculums, etc. Beaucoup ae médecins, rebutés dès le début de ces études par tes petites diflicultés de l'examen, trouveront là tous les détails nécessaires pour en avoir bientôt raison.
La quatrième partie est de beaucoup la plus développée, et on le comprend fimulement : il n'agit des maladies de la caisse, c'est-àdire des variétés si aonibreuses des otites moyennes, des procédés variés d'exfjloration, et surtout de tous les modes de traitement dont l'esposition seule nécessite une étude très étendue.
Dans fa beplième partie, nous trouvons l'histoire de la surdité dans ses rapports avec les maladies générales et locales. L'auteur, dans quelques chapitres d'un vif intérêt, l'étudié au point de vue de la médecine légale, des assurances sur ta vie, dans ses rapports avec les différentes professions, avec l'hygiène scolaire. On comprend combien la question ainsi envisagée s'élargit pour le praticien.
Plus loin (neuvième partie), nous arrivons à l'élude de la surdimutité. Comment se produit-elle et quelles sont ses causes? A quel Âge l'enfant sourd devient-il muet? A ce propos l'auteur établit en manière d'axiome que tout enfant né ou devenu sourd pendant les quatre premières années de la vie n'apprend jamais à parler, et que ceux qui parlaient déjà perdent cette faculté s'ils deviennent sourds avant l'âge de huit ans.
Des recherches faites avec soin constatent combien a été exagéré le rAle de l'hérédité. En Irlande, sur 123 enfants nés de 98 mariages de sourds-muets, an seul enfant était atteint de surdimutité.
De même pour la consanguinité. A Madrid, une statistique (docteur Martin) établit que sur 551 enfants nés de 161 mariages consanguins, on n'a trouvé que 5 sourds-muets. Ces chiffres si
Ïrécis répondent mal à l'idée qu'on se fait généralement de l'inuence de ces deux grands facteurs.
Les méthodes de traitement, c'est-à-dire d'éducation des sourds-muets, sont l'objet d'une élude d'un haut intérêt, dans laquelle on trouvera de précieux renseignements historiques généralement peu connus. C'est à la méthode orale, déflnitivemenl adoptée à l'institut de Paris depuis cinq années seulement, que l'auteur donne toutes ses préférences.
l<a dixième partie comprend les maladies des fosses nasales et du pharynx, envisagées principalement dans leurs rapports avec celles des oreilles.
On voit dans quel large cadre se développe l'ouvrage du docteur Gellé. Ajoutons que les démonstrations analomiques et opératoires sont appuyées de planches nombreuses, et on se rendra mieux compte de la valeur du livre que l'auteur désigne sous le nom trop médical de Précis des maladift de Voreilu.
VARIÉTÉS
AVIS. — Pour oe qui oono«me la Faoolté de médertne de Parla
-voir an verso de la ooti'vertare.
De l'époqac de l'année 4 Inqnelle les lateraM e< externes dolveni entrer en toneUeae.
Mon cher Dreyfus-Brisac,
Vous avez bien voulu discuter la note que j'ai envoyée il Y a quinze jours à la Gazette hebdomadaire, relative à Vépoque de Vannée à laquelle les internes et externes doivent mirer en fonctions; permettez-moi de vous répondre, car, comme vous le dites, la question est à la fois très importante el fort complexe.
Et tout d'abord, vons reconnaissez que la date du 1*' janvier ff offre des inconvénients graves > ; sur ce point du reste tout le monde médical est d'accord, et il y a lieu d'espérer que Tadministration ne voudra pas conserver une date condamnée par lous.
D'autre part, je suis également d'accord avec vous sur la
nécessité de faire la mutation des chefs de service^ quelque temps avant celle des internes et des externes.
Nous ne différons donc d'opinion que sur le point suivant, c'est que pour cette date, vous proposez le 25 décembre, alors que je propose le 15 ou le 20 octobre.
Or je pense que la date que j'ai proposée est acceptable et que vos objections ne sont pas sans réplique. Vous crai-
f:nez en effet que les vacances ne soient le signal d'une ugue générale, et (|u'intemes anciens, internes nouvellement nommés, provisoires et externes, tous sans exception ne prennent la clef des champs. Votre crainte n'est malheureusement que trop fondée el je pense que dès maintenant les services sont tellement désorganisés, pendant les mois d'août et de septembre, qu'il ; aurait lieu d'y remédier sans retard.
El pour cela que devrait-on faire?
De môme qu il y a une réglementation sévère qui oblige les médecins, les chirurgiens, tes accoucheurs du Bureau centré et les aliénisles adjoints à ne pas prendre de con^é quand l'Adrainislration a besoin d'eus, de même il v aurait une réglementation pour les vacances des internes, des provisoires et des externes des hApitaux.
Hais avant de dire quel jtourrait être ce règlement, je dois d'abord indiquer une réforme relative aux Tonctions de rinteme provisoire.
Il est douteux que, dans le système actuel, ce soit un avan* lage d'être nommé interne provisoire, et il me semble que l'Administration n'utilise pas suffisamment ces externes de choix et surtout ne les met pas dans des conditions bien favorables au travail.
Quand un provisoire remplace un interne, il arrive généralement dans un service qu'il ne connaît pas, et au bout d'un mois, lorsqu'il commence à connaître les malades, l'interne revient et le remplacement cesse. Le provisoire s'est donc trouvé dans de mauvaises conditions aussi bien pour l'aide qu'il apporte au chef de service que pour son instruction personnelle.
Pour remédier à cet état de choses, et pour utiliser tous tes provisoires pendant toute Vannée, TAdministration devrait recevoir, chaque année, autant de provisoires que possible, et en placer un dans chaque service. Le provisoire choisirait son service d'après son ordre de nomination. Le provisoire remplirait les fonctions d'externe et remplacerait l'interne au moment où ce dernier s'absenterait par suite de congé, ou de maladie.
Ce système présenterait donc l'avantage d'utiliser les provisoires pendant toute l'année, de les mettre dans d'excellentes conditions de travail et d'instruction, il augmenterait notablement le nombre des externes (insuffisant comme le savent tous les chefs de service des hôpitaux éloignés), et enfin il assurerait à l'Administration un remplaçant réellement utile de l'interne absent, puisque le provisoire connaîtrait les malades et les habitudes du service aussi bien que l'interne qu'il remplace.
Dans les services od il n'y aurait pas de provisoire, le remplacement de rinlerne reviendrait de droit à l'externe le
plus ancien et nommé dans le meilleur rang, ou désigné par le chef de service.
Quant au règlement des vacances pour les élèves internes,
Erovisoires et externes, on pourrait par exemple adopter les ases suivantes :
Aucun élève ne peut s'absenter sans l'autorisation du chef de service ;
2** Il ne pourra, à aucune époque de l'année, s'absenter plus d'un élève sur quatre ou sur trois;
3" Le provisoire ne s'absentera jamais en l'absence de l'interne ;
4' L'interne aura droit à six semaines ou deux mois de vacances chaque année; ^ 5° L'externe aura droit à un mois de vacances par as*
Pourquoi du reste l'Administration, qui sait combien est défectueuse l'organisation actuelle, ne demanderait-elle pas à une commission (nommée par la Société médicale et la Société de chirurgie des hôpitaux, par les accoucheurs et les aliénistes), de lui indiquer ce qu'il convient de faire pour remédier à l'état de choses actuel et assurer du même coup l'instruction des élèves et la bonne organisation des «services. Sans doute, comme vous le disiez et comme on le sait bien à l'Administration, la question est difficile à résoudre, mais ce n'est pas un motif pour ne rien foire» et c'est uue excellente raison pour prendre l'avis des gens compétents.
Cro;ei toigDiirs, mon cher Dreyfus, à mes sentiments amicaux.
A. JOFFROT.