SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 1885.— PRÉSIDENCE DE N. HORTELODP
B^rata hydatltiuB suppuré dn lole; traitement par l'inoislon da la paroi abdominale : M. Monod. — Oreffa oculaire : K. Terrier. — Aooldenta produite par laa pétrluenaea m6oanl<[oaa, leotora : X. Aitfirt. — Prèentatlop da malade ; K.P(aalUon.
H. Monod communique une observation de kyste hydatique du foie suppuré traité avec succès par l'ouverture oe la paroi abdominale et l'incision de la poche. Il s*£^it d'une jeune fille de dix-huit ans portant depuis l'âge de neuf ans un kyste hydatique du foie ponctionné à diverses reprises; la tumeur soulève fortement I*épiga8tre et parait sous-cutanée. H. Monod incise couche par couche la paroi abdominale et met à nu la surface du foie soulevée par le kyste contenu dans son intérieur; le bistouri doit alors traverser une certaine épaisseur du parenchyme pour arriver dans Tintérieur du kyste. Sitôt son ouverture, un grand nombre de vésicules filles s'échappent d'elles-mêmes ; avec les doigts on fait sortir les autres, puis on pratique l'extirpation de la membrane germinative; la poche est bonrrée de tampons iodoformés, et par-dessus on applique un pansement de Lister. Ce pansement est enlevé le troisième jour, ainsi que les tampons iodoformés, qui sont remplacés par deux gros tubes plongeant dans la cavité de la poche «l servant à faire des lavages antiseptiques. Voilà trois semaines que la malade a été opérée; la cavité du kyste est considérablement rétrécie; aucun accident, durant ce temps, n'est venu entraver la marche de la guérison. H. Monod lait remarquer que, par ce procédé d'incision, on opère presque en dehors de la cavité abdominale, le kyste soulevant la paroi abdominale venant remplir de lui-môme la plaie et fermer la cavité du péritoine. Il croit ^ue c'est le meilleur mode de traitement des kystes hydatiques suppurés du foie faisant saillie à sa surface; il pense qu'on doit y joindre l'extirpation de la membrane germinative, afin de h&ter la cure.
H. Terrier fait remarquer que le mode de traitement des kystes suppurés du foie par l'incision directe des parois de Tabdomen est récent en France, et qu'il a élé le premier à le mettre en usage chez la malade, dont il a communiqué robservation à la Société.
, —M. Terrier lit un rapport sur un travail de H. Rohmer (de Nancy) sur la greffe oculaire de l'animal à l'homme. U
première tentative de ce genre est toute récente; elle date de l'été dernier, et a été foite par H. Chibret ; depuis, M. Terrier lui-même, pnis huit jours après M. Rohmer, H. Temer une deuxitoie fbis, enfin H. Bradford (de Boston) ont répéta cette opération : soit cinq observations, dont l'analyse |>eit fournir quelques données sur la valeur de la greffe ocalaire. M. Terrier commence d'abord par rapporter en détails chacune des observations. La malade de H. Chibret était me jeune fille de dix-sept ans atteinte de staphvième ; sil6t l'énucléationde l'œil malade, M. Chibret enleva l'œil d'un lapin ea conservant autour de la cornée une collerette de conjonctive, mais en prenant soin de débarrasser la sclérotique du tissa cellulaire qui y adhérait; cet œil est lavé dans une solution antiseptique, puis placé dans l'orbite delà malade, et la coajonctive animale suturée à la conjonctive humaine au movea de plusieurs ^ints de suture. L'œil ne se flétrit j>as de sniie ;
globe transplanté rétracté dans le fond de l'orbite. An biut de ({uelques mois ce moignon devient douloureux, H. Cbilwrf craint des phénomènes sympathiques du c6té de rœifaii, et il énuclëe le moignon douloureux. H. Terrier lit sa [m> mière transplantation sur un adulte vigoureux et de bonté santé atteint d'une plaie de l'œil; comme H. Chibret, il en-
ftrunta l'œil à greffer à un lapin, mais au lieu de dépouiller a sclérotique du tissu cellulaire qui y adhérait, il le respnu avec soin; la conjonctive de l'œil transplanté fut suturée à U conjonctive de 1 opéré à l'aide de plusieurs points; inutile d'ajouter que tontes les manœuvres furent exécutées avec les procédés de l'antisepsie la plus rigoureuse. L'insuccès ftd aussi complet ^ue dans le cas de H. Chibret. La malade de M. Rohmer était une femme de auarante-six ans; ce chirar )(ien, au lieu de s'adresser au lapin, emprunta l'oeîl i uo chien, après avoir pris le soin d assortir la couleur et le volume de l'œil transplanté à celui de la malade. Le procédé suivi par M. Rohmer fut à peu près celui qu'avait employé M. Terrier. Le résultat fut moins n^atif; Tœil se vida apr^ quelques jours, mais il resta un moignon bien vivant, et qui, devenu douloureux, dut être extirpé, dans la crainte de l'onfathalmie svmpathtque.
H. Bradford (de Boston) chercha dans son opération à multiplier autant que possible les points de contact entre l'œil greffé et les annexes de l'œil énucléé. Son malade était un marin, qui portait depuis de longues années un œil atrophié : M. Bradford sutura le nerf optique de l'œil greffé (lapin) au nerf optique de l'œil énucléé, puis il sutura les muscles droits du malade à la conjonctive de l'œil transplanté; enfin il réunit les deux conjonctives ensemble. Les divers
opaque,
assez ferme. Le pansement fut renouvelé le douzième et dix-huitième jour; Todl, ce dix-huitième jour, avut sa cornée claire, il était dur, ses mouvements parfaits ; au boai de deux mois le globe avait encore sa consistance et soi volume normaux; l'iris était immobile. M. Terrier a fait une deuxième greffe (œil de lapin) pour un œil atteint de suppuration après une opération de cataracte: à l'exempte de M. Bradford, il a suturé les nerfs optiques ensemble «-l les muscles droits à la conjonctive. Tout s'est bien comporte pendant les premiers jours ; mais bientôt il est survenu ai chémosis intense et un entropion produisant nn frottemeo: continuel sur la cornée, qui s'est ulcérée et a laissé l'œil st vider. Pour prévenir toute chance d'ophtfaaimie sympathique, U. Terrier a extirpé le moignon restant. Bans et cas comme dans celui de M. Bradford, il y a eu nn commescement de greffe encourageant.
Evidemment on ne peut rien conclive^dek/oarfAi» lait«. sinon qu'iUindiquem la ^Igii'd^&V^^migerb
41 Décembre 1883 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MEDECINE ET DE CHIRURGIE
grefTe oculaire. H. Terrier pose quelqnes règles, qui donneront peut-être de meilleurs résultats à ceux qui tenteront de nouvelles opérations. Il pense qu'il y aura avantage à se servir de rœil du chien, qui, an point de vue zoologique, se rapproche plus de l'homme que ne le fait le lapin. La greffe réussira peut-être mieux cnez les personnes jeunes
Sue chez les personnes &gées ; il ^ aura peut-être aussi în- \réi à emprunter ]*œil d'animaux leunes. Quant au manuel opératmre, c'est celui de M. Bradrord qui offre le plus de chances de succès, car il multiplie les points de contact. On devra foire des pansements rares et il serail sans doute très bon de faire la suture des paupières, afin d'éviter l'entropion et de mettre l'œil & l'abri de tous les contacts extérieurs.
— M. Auffret Me Brest) lit un travail sur les accidents produits par les petrisseuses mécaniques.
— H. Polaillon présente un malade, chez lequel il a pratiqué la résection du poignet. Le malade se sert de sa main pour porter des seaux d*eau et pour écrire.
— Jury pour l'examen des titres des candidats à une pl ace de membre titulaire : MH. M. Sée, Berger, Humbert.
Alfred Poosson.
So«lét^ de hMogle.