SÉANCE DU 46 DÉCEMBRE 188&. — PRÉSIDENCE DE K. DITLAT
Il6oldiv« ButUgiis dn IctsIm da l'onira: M. Tenter. PoaeUoH d'nna asoit* pur un aao herniaire aorotal, rapport: M. ChavroL — GorpB Mrangera de l'orblM, rapport: M. La Dentn. — ObaarvaUcow dlTareea adrenséan par M. Bmoh (d'Alger), rapport : M. I« Deata. AnevTyetna dlf tn* de l'aiualle, rapport : M. TlUaux. — Ponsa raro d'èpldiclTiiata erphiUUqoa : K. Baotoi. — Xti^iarotagnl* poar «tFan* glemaat Intaraa, leotore : M. ftuèno. rréaantallon (&• pfèoae anatomlqoea: K- Polalllon.
M. Terrier, à {H-opos de la comoiunication de M. Ter* rillon dans la dernière séance, jprésente une observation de tumeur kystique dë l'ovaire réciuivée et généralisée. La première partie de ce fait a été déjà pbbnée. U s'agit d une femme de vingt ans, ayant une tumeur oinrienne, avec de la péritonite chrotii(}ue. de la diarrhée .et un état général très grave ; après avoir un peu remonté sou organisme par un traitement tonique, on t'opère en octobre 1883. La guérison survient, mais lentement, relardée par des accidents tardifs, au nombre desquels une pleurésie fort grave. La tumeur enlevée pèse 63z0 grammes; elle se compose de plusieurs lobes kystiques, à parois épaisses, ûbreuses, se décortiquant facilement, renfermant un liquide brunâtre. L'exaoMn histologique, pratiqué par M. Ilalassex, révèle qu'on a aflaire à une tumèurd'uuestructure complexe, qui renferme les tissus les plus variés : glandes, tissu cartilagineux, tissu osseux, tissu musculaire lisse, etc., elc, rappelant en un mot les tumeurs mixtés du testicule. M. Halassex fait part à H. Terrier de ses craintes au sujet de la récidive. La malade revient en elTet à l'hôpital en février 1885; elle^grésenle des noyaux d'induration dans la cicaliica de ia paroi abdominale, des masses dures irrégulières dans le ventre et la f^^ iliaque;
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ganglions dans les lines ; anorexie, Toinissements, douleur, amaigrissement considérable , état général très mauvais. Après avoir relevé les forces de la malade, on pratique la laparotomie à nouveau et on enlève en partie les niasses néopiasi-
Îues, dont la plupart infiltrant les viscères sont inattaquables, a malade supporte assez bien l'opèralion, mais finit par mourir après (quelque lemps. A l'autopsie, on trouve dus noyaux néoplasiques dans le mésentère, répiploon, le foie, la rate ; tous les ganglions abdominaux sont dégénérés. Au microscope, l'examen de ces tissus morbides montre dans leur intérieur toutes les variétés d'épithéliums, des glandes sébacées, des tissus osseux etostéoldes, cartilagineux, des fibres musculaires lisses, etc., etc., peut-être même des cellules nerveuses. Les craintes exprimées par H. Malassez ne se sont donc oue trop justiûées et cette observation jnontre de la mapière la plus éclatante que la structure des kystes de l'ovaire peut faire prévoir leur récidive, contrairement à Topinioa exprimée par M. Terrillon.
M. Terrillon croit que M. Terrier s'est mépris sur Topinion qu'il a émise ; il n'a pas dit que la constitution des tum£u» ovariennes ne jpoavait jien faire prévoir touchant leur récidive ; il aseulcinent prétendu que des kystes, simples en apparence, peuvent réciaiver et prendre une allure maligne.
— H. CAauvW fait un rapport sur une observation adressée à la Société par M. de Grandmàison. Il s'agit d'un malade avant une ^scite consécutive à un néoplasme du grand épiploon; une-première ponction évacuatrice est pratiquée an Heu ordinaire. Quelque temps après le liquide reproduit menace par son abondance de s'exposer aux mouvements de la respiration et de déterminer l'asphyxie; la ponction au lieu d'élection n'étant plus possible sans faire courir le risque de blesser les tissus néoplasiques, H. de Grandmaism a l'idée de donner issue au liquide en ponctionnant un vieux sac herniaire scrotal déshaiiité et distendu par ie liquide ascitiçue. Ce procédé, que H. Grandmàison croît être le premier a avoir rais eu œuvre, pourra rendre des services dans certaines circonstances et mérite d'être retenu.
— Le Dentu fait un rapport sur une observation de H. Baudiy (de Lille). Une femme de trente-deux ans, hystérique, se présente & lui en disant qu'elle a regu il y a quelque temps un coup d'un verre à bière, qui s'est brisé sur le
Sourlour de l'orbite et dont plusieurs fragments ont pénétré ans son intérieur. Un médecin, dit-etle, en a retiré déjà un certain nombre, mais il en reste encore. H. Baudry soupçonne la malade de simulation, il établit autour d'elle une surveillance active et dès lors la petite plaie du cul-de-sac conjonctival par où s'échappaient les fragments de verre se cicatrise rapidement. La malade introduisait par là de petits morceaux de verre et n'avait jamais eu le moindre accidenta la suite de ces manœuvres. Cette observation est rapprochée par M. Baudry d'un fait rapporté par d'eux auteurs de Liège, qui trouvèrent plus de 300 fragments de vitre dans l'orbile d'une malade. Ces auteurs crurent aussi avoir affaire à une simulatrice, mais après enquête ils arrivèrent à la conviction que le fait était accidentel et réel. M. Baudry incline à penser que la bonne foi des observateurs liégeois a été surprise.
■ — U. Le Dmtu fait un rapport sur une deuxième série d'observations envoyées par M. Bruch, chirurgien del'hdpilal
d'Alger:
l" Observation de bemie inguinale gauche ébanglée; ectopie testicnlaire. Opération, mort. Ce fait n'offre rien de bien remarijuahle dans ses détails. La mort, qui l'a terminé, doit être mise très vraisemblablement sur le compte de la difficulté de la dissection.
2o Kyste m ultil oculaire de l'ovaire, grossesse heureusement menée à terme. Opàralion quelque tem|>s après l'accouchement, guérison. Il n'y a.à eoler qans ce fait d'autre particu-
larité aue celle-ci, à savoir qae le pédieale a été traité par. une méthode généralement abandonnée aujourd'hui, la
tlrode extrapéritonéale.
3° Calcul vésico-prostalique, (aille périnéale bilatérale, giiérison. Outre une hémorrhagie assez abondante, le chirurgien eut à vaincre de grandes dinicultés pour extraire le calcul, qu'il ne put avoir qu'en morceaux. Le rapporteur pense que la taille h^rpogastrique était indiquée dans ce cas' et qu'elle aurait aplani toutes les difficultés. ^
4° Observation de mélrite parenchyinaleuse.
5° Coup de hache sur la face. Observation remarquable par la rapidité de la réunion des tissus divisés.
6° Papillo-adénome de la voûte palatine ; écruement linéaire, guérison. L'examen histologique de la tumeur a montré qu'elle se compnsail de denx parties bien nettes : une portion glandulaire et une portion papillomateuse.
7** Bec-de-llëvre commissurai ; guérison parfaite. Cette affection étant rare, Tobservation de H. Bruch a un véritableintérêt statistique.
8* Observations de cataractes, au nombre de 9 : 4 traumatrqnes et 5 spootanées. Ces 5 dernières ont donné 3 résultats parfaits, 3 bons et 1 mauvais. Les 4 cas traumatiquesse sont terminés d'une façon en général assez médiocre.
9° Tumeur du sein. Parmi elles, deux sont très intéressantes. L'une d'elles est relative à un kyste laiteux du volume d'un œuf de pigeon observé sur une femme anciennement nourrice. Une simple incision a suffi pour la guérison. L'autre^ est une observation d*épilhëlioma pavimenteux du sein chez' l'homme. Les examens hislologiques de ces néoplasmes sont rares, puisque M. Poirier n'en rapporte que quatre dans sa thèse encore récente. La tumeur enlevée par H. Brueh a été examinée par M. Horeàu, de l'école d'Alger.
H. Bruch a de plus envoyé un travail intitulé: Considérations générales, aoec notice historique, sur ta chute de lut matrice. Le point de départ de cette étude a été une opération de cotpopérinéorrhaphie pour remédier à un prolapsus utérin. Le résultat a été excellent et se maintenait parfait plusieurs mois après.
M. Pozsi demande quelques éclaircissements sur l'état de l'utérus dans celte dernière opération : y avait-il hypertrophie de la portion sous-vaginale du col ? Ceci est très important, car, si cet allongement existe, le résultat obtenu n'est pas durable. Lorsque les choses se présentent dans ces conditions, il faut, avant de faire l'opération de U. Le Fort ou là colpopérinûorrhaphie, pratiquer l'évidement conoïde d'Uuguier. Faute de celte iMremiâre opération, le résultat obtenu n'est jamais durable.
— M. filiaux fait un rapport sur une observation d'anévrysme diffus de l'aisselle envoyée par M. Houzel (de Bouiogne-sur-Mer). Un enfant paralysé avait l'habitude d'être transporté, soulevé par les bras. Un jour on vit apparaître une tumeur dans l'aisselle. Malgré l'examen le plus attentif on ne trouve aucun signe d'anévrysmei-t on l'incise, croyant avoir affaire à un abcès Un (lot de sang révèle de suite la véritable nature de la tumeur. Pour arrêter l'hémorrhagie, ta plaie est bourrée de chiffons imbibes de perchlorure de fer et par-dessus on applique une forte compression. H. Tillaux, appelé à ce moment près de l'enfant, se propose d'aller à la recherche des deux bouts de l'artère pour les lier; mais, prévoyant les difficultés de son entreprise, il demande à la fa-> mille le champ libre dans son intervention et jusqu'à la permission de désarticuler l'épaule s'il est nécessaire. Les parents refusent cette autorisation et l'événement est venu leur donner raison, car l'enfant a parfaitement guéri sans aucune intervention. Ce fait prouve la grande difficulté et même l'impossibilité que l'on a à reconnaître les anévrysmes Aiffai dans certaines circonstances. Relativement à la conduite à tenir vis-à-vis de ces collections, ce résultat inattendu ne' saurait encourager à rester dans l'inaction. Le vrai tefite*
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 25 DfaxnRB 1885
ment des anévrj^mes diffus consiste dans la l^ure des deux bouts des vaisseaux.
H. Vemeuil fait remarquer que cette heureuse terminaison d'une affection redoutable doit être' mise sur le compte de la jeunesse du sujet et aussi du milieu salubre oà il se trouvait. La grande richesse vasculaire des tissus a permis le rétablissement rapide de la circulation, et Tabsenee de tout mouvement fébrile, de tout accident septicëmique a prévenu les hémorrfaagies.
— M. Reclus fait une communication sur une forme rare d'épididymite syphilitique, prise pour de la tuberculose pendant quelques mois et dont la nature ne fut éclairée que par l'apparition d'une gomme suppurée et d'autres accidents spécifiques. Il s'agit d'un jeune étudiant de dix-huit ans, qui, lorsqu'il se présente pour la première t'ois- à l'observation, porte dans le côté gauche du scrotum un testicule souple et normal, maïs entouré d'un cylindre épididymaire irrégulièrement luméfié et bosselé. Le malade est d'ailleurs très pâle et amaigri, et H. Raymond porte le diagnostic d'épididymite tuberculeuse, diagnostic auquel se range également H. Reclus. La nature tuberculeuse du gonflement ^ididyinaîre paraissait d'autant plus certaine que le testicule luimême était sain et qu'on ne trouvait dans les antécédents du malade ni blennorrhagie, ni syphilis. Il est vrai que la prostate et les vésicules séminales étaient saines, mais ne sait-on pas qu'il en est souvent ainsi au début de la tuberculose génitale? Le malade est envoyé aux eaux et un régime tonique lui est prescrit. Quelque temps après il écrit qu'il lui est survenu un gonflement douloureux sur l'un des tibias et un peu plus tard que son scrotum s'est tuméfié, qu'il est rouge et menace de s'ouvrir. Le malade revient ^ors à Paris et on constate que le testicule droit, jusqu'alors sain, est dur et aplati comme un galet; à gauche, en avant du scrotum, se trouve une ulcération taillée à pic se diri-
Ëeant vers le testicule. On prescrit l'iodure de potassium à i dose de 6 grammes par jour. Rapidement le testicule droit reprend ses caractères normaux ; Tulcération du testicule gauche semble aussi devoir marcher vers la guérison. Hais un jour, à la suite d'un voyage un peu plus long en chemin de ler, ce testicule gauche se tuméfie, des bourgeons sortent de la fistule et s'épanouissent au dehors sous forme de masse végétante. On prescrit le repos et l'iodare de potassium momentanément abandonné, et très vite l'état s'améliore.
Ce fait est très intéressant à plus d'un titre. 11 montre d'abord que, contrairement à ce que prétendent certains auteurs, les germes du testicule existent et peuvent s'ouvrir à l'extérieur; cette question semble du reste aujourd'hui définitivement jugée, grâce aux observations de H. Reclus lui-même, de HH. Duplay, Reynier, etc. A l'opposé des
Sommes tuberculeuses, les gommes syphilitiques s'ouvrent e préférence sur la face antérieure du scrotum. L'épididymite syphilitioue est rare et l'observation précédente est un bel exemple ae cette manifestation spécifique sur l'épididyme, manifestation bien étudiée par Dron et Fournier. Cependant la forme d'épididymite observée dans le cas actuel est un peu difTérente de celle signalée par les auteurs
Précités ; ils ont en effet décrit surtout une infiltration de épididyme par de petites masses dures, du volume d'un pois et non un gonflement en masse de l'organe. Quant à l'époque d'apparition de l'épididymite, ce cas s'accorde avec ce que l'on sait de la précocité de ses lésions dans la syphilis. Un point reste un peu obscur dans l'histoire de ce malade, c'est l'éliologie. Peut-on invoquer la syphilis héréditaire ? Gela est bien peu probable. U vaut mieux croire que le malade a été infecté à son premier coït, pratiqué quelques mois avant l'éclosion des accidents.
M. Uorteioi^ n'est pas aussi convaincu que H. Reclus oue l'on ait eu affaira cfa«i hq malade h une épididymite syphilitique*
— M. Quénu lit une observation de laparotomie pour im étranglement interne chex uue femme de cinqoante-denx
ans.
— M. PolaiUon présente une pièce anatomique, qui permet de comprendre une disposition du péritoine trouvée au cours de la taille hypogastrique et qu'il a signalée, il v a quelques mois, à la Société. Chez un jeune malade calcalenx on trouva, après l'incision sus-nubienne, le rectum préalablement soulevé par le ballon de Petersen et la veine distendue par une injection, le cul-de-sac du péritoine descendant jusqu'au pubis, ce qui ne permit pas n'achever l'opération Le malade mourut quelque temps après de pyélo-néphrite. A l'autopsie on constata que la veine très hypertrophiée était fortement appliquée surle ealcul, et qu'il existait une dilatation considérable d'un uretère s'abouchant par un orifice élargi dans la vessie. Le liquide injecté dans le réservoir urinaire refluait dans l'uretère, de telle sorte que 1 élévation du cul-de-sac péritonéal, liée comme on le sait au développement de la veine distendue, ne pouvait s'accomplir. C est certainement là une constatation qui intéresse au plus haut point la pratique de la taille hypogastrique.
Alfred Podsson.
UotAéU Ae iMnipMUlvw.
SfiANCE DU9 DÉCEIIBRK1885. — PAftSIDENGK DE H. DITHOmE.
lit miUaU d'èaèrina «n iiièd»oiM TètMaatrm t M. Tkwbat. — A propoa de Vb.ytn.ono : X. lilmonaln. — nrMluuw : K. Waxibard.
H. Greilety présente à la Société environ SdOgnunmes de sable biliaire rendu par un même malade. Il n'a observé chex cet individu qu'une seule fois l'expulsion d'un véritable
calcul.
— H. Trasbot donne lecture d'une note sur l'action du sulfate d'ésérine dans les affections gastro'intestinaUs du cheval. Les injections intra-veineuses de sulfate d'ésérine chez le cheval ont été d'abord pratiquées en Allemagne pour combattre les coliques chez le cheval ; puis en France, par M. Nocart, dans des cas analogues ; les résultats ont été fort satisfaisants et l'action du médicament a paru très rapide. M. Trasbot a, de son côté, exp'Srimenté le sulfate d'ésérine contre les coliques du cheval. On englobait autrefois sous ce nom toutes les affections aiguSs de rintestin chex le cheval; aujourd'hui, on admet comme causes des coliques la congestion intestinale, l'indigestion stomacale et Tind^peslioa intestinale. L'indigestion stomacale est presque toujours mortelle chez les chevaux : on sait, en effet, que le vomissement ne peut se produire chez ces animaux, et les contracUoas violentes de l'estomac entraînent fréquemment la déchirure du viscère; l'indigestion intestinale, qui a pour siège le pos côlon, n'est ordinairement pas moins dangereuse, et jusqu'ici tous les médicaments s'étaient montrés peu efficaces pour combattre ces affections. Cependant on avait obtenu
3uelques bons effets des saignées abondantes et de l'emploi es narcotiques. H. Trasbot a eu recours au sulfate d'ésènne, qui est un excitant énergique du système nerveux ganglionnaire ; il a fait, dans un cas d'indigestion stomacale chez un cheval, une première injection de 30 centigrammes de sulfate d'ésérine en solution dans l'eau, puis, alws que l'animal paraissait sur le point de succomber, une seconde injeetion de 12 centigrammes. Les aceideats ne lardèrent pas k se dissiper et l'animal revint à la santé parfate. Dans plusieurs cas d'indigestion intestinale, il a également pratiqué l'injection de 20 à 35 centigrammes de sulfote d'ésérine et a réussi à obtenir la guérison après une abondante évacuation de matières fécales : aucun autre trailnnent n'a d'ailleurs été concurremment employé chez ces mêmes animaux. Chez Is chien, le sulfate d'ésérine permet é|^lement de4ïûre dispa-
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raitre la constipation opiniâtre qui précède fréquemment l'obstruction complète du rectum, affection grave qui nécessite, lorsqu'elle est constituée, le curage mécanique de l'intestin. *
M. C. Paul demande quelle est la portion du tube digestif dont les contractions paraissent être surtout provoquées par le sulfate d'ésérine.
H. Tnabot pense que c'est surtout le gros intestin ; mais il est bon de remarquer que cette partie du tube intestinal, et en particulier le caecum, offrent, chez le eheval, un Tolume très (wédominant par rapport à celui de l'estomac, ce ^ui peut sans doute expliquer la prédominance d'action et oblige a ne pas conclure sans réserves du cheval à l'homme, chez lequel le rapport n'est pas le même.
M. C. Paul rappelle que l'électrisation de l'intestin, telle que la pratique M. Boudet de Pâris, en introduisant le pôle négatif du courant induit dans le rectum, préalablement rempli avec no lavement abondant d'eau salée, détermine de puissantes contractions, qui triomphent parfois de Tobstruction complète de l'intestin.
M. Blondeau fait remarquer que le lavement salé est par lui-même un excitant énergique des contractions inleS' tînales et que, dès lors, le rêle de ia faradisatioa semble moins nettement établi. Il a d'ailleurs assisté à une opération de ce genre, pratiquée par M. Boudet de P&rîs lui-même, et le résultat a été tout à fait négatif.
M, C. Paul fait observer que l'on obtient également l'éva^ cuation intestinale au moyen de la faradisation du rectum renipli d'eau noa salée et que, par suito, c'est bien à l'électricité qu'il faut attribuer les contractions effîcaces de l'intestin. II a observé récemment un nouveau cas de constipation laten te chez le vieillard, accident sur lequel il a déjà attiré l'attention des médecins. Il s'agit d'une vieille femme» qui allait tous les jours à la selle, et qui présenta néanmoins» au bout de peu de temps, une obsiruetion intestinale par matières fécales. L'obstrnction ayant été levée, M. G. Paul prescrivit tous les trois jours un lavement de séné, bien nue la malade continu&t à aller régulièrement à la selle ; chaque fois le lavement fut suivi de l'expulsion d'une quantité considérable de matières. 11 n'est pas rare de voir les vieillards avoir ainsi des garde-robes quotidiennes par rêgorgment.
H. Codât de Gaasicourt rappelle que ce fait est depuis longtemps connu dans les hêpitaux de vieillards et qu'on a, dans bien des services de ce genre, l'habitude de prescrire des lavements purgatifs, tous les trois ou quatre jours, à tous les malades. Si l'on n'a pas soin d'agir ainsi, on est exposé à voir fréquemment se produire des accidents d'obstruction intestinale.
M. E. Labbé a observé chez un de ses malades, à la Maison de santé, une obstruction intestinale datant de quarante-trois jours. A diverses reprises l'électrisation fut pratiquée par H. Boudet dePftris, mais sans aucun résultat. On eut recours aux ponctions capillaires répétées jwur diminuer l'énorme distension gazeuse des anses intestinales, et Ton obtint ainsi un soulagement considérable; puis, pour combattre les dou- 1 eurs violentes dont souffrait le malade, M. E. Labbé pratiqua chaque jour une injection de morphine; enfin il eut recours aux lavements administrés avec lenteur, sous faible pression : on put faire pénétrer ainsi jusqu'àdeuxtitresde liquide dans le rectum. Ce dernier moyen réussit parfaitement ; l'issue des matières, d'abord peu abondante, eut bientôt lieu sous forme de véritable débâcle, et le malade est aujourd'hui complètement guéri.
H. Blùndeau pense que les injections de morphine ont pu agir d'une façon heureuse. M. Nicaise, en particulier, a retiré de bons eftisia de l'opium dans les cas d'obstruction intestinale,
H. Huchard est du même avis et rappelle que, depuis longtemps, on a érigé en principe la métnode des injeetieu de inorpnine dans les cas semblables.
M. Trasbot fait remarquer que les ponctions intestinales sont souvent très utiles chez les animaux pour évacuer les gaz abondants développés dans l'intestin, et en particulier dans le csecum du cheval, au cours des indigestions. Ce procédé contribue puissamment à la disparition des accidents.
— H. Lim<min donne lecture d'une note sur Vhyfnone. Il a constaté que c'est un liquide incolore, mobile, très réfringent, volatil, qui bout à + 210 degrés et qui répand une odeur rappelant celle des amandes amères ou du lauriercerise. Il se solidifie à -j- 5 ou 6 degrés, en gros cristaux enchevêtrés. Sa réaction est neutre au tournesol. Il est solubie dans l'eau, l'étfaer, te chloroforme, la benzine el les huiles. Un centimètre cube d'hypnone donne, au comptegouttes normal, de 35 à 40 gouttes; cha<^ue goutte correspond, par suite, A 2 centigrammes et demi. Il dissout l'iode el le brome avec réactions chimiques très probables, mais encore mat déterminées. M. Limousin conseille d'administrer l'hypnone dans des capsules renfermant chacune 4 gouttes de ce liquide dissous aans l'huile d'amandes douces j l'huile a pour effet d'atténuer Todeur très fbrte du médicament et de diminuer également Todeur (ju'il communique à l'haleine des individus auxquels on radministre.
M. Dujardin-Beaumetz a reçu une lettre de H. Friedel, qui s'élève contre les termes de méthyl-phényl- acétone ou acétopbènone, donné k ce médicament* et indi({ue le nom dé pdényl-méthyt-carbonile comme exact, au pomt de vue de sa composition efaimiqae. Bn Ifaérapeatique, il est pins simple de lui conserver le nom d'hypnone. M. Dujardin-Beaumetz, en injectant 1 centimètre cube d'hypnone clies un chien soumis à l'action du chloroforme sans résultat, a obtenu 1 anesthésie comjïlète et a pu la prolonger fort longtemps en répétant rinjection d'hypnone. 11 a observé, chez le cnien, une dépression très marquée de la circulation k la suite dê l'injection intra-veineuse d'hypnone. Chez Thomnie, il a constaté que l'on peut élever sans aucun inconvénient la dose d'hypnone à 12 et 16 gouttes.
M. Huchard a prescrit l'hypnone à seize malades et n'a obtenu que huit fois l'effet hypnotique. Ces malades souffraient d insomnie simple ; q uelques-uns étaient tuberculeux. Chez les malades qui n'avaient pu obtenir le sommeil avec l'hypnone, le chloral ou la morphine ont au contrure parfaitement réussi ; il semble donc que l'on doive faire quelques réserves au sujet du pouvoir hypnotique de ce médicament.
H. Huchard a, d'autre part, expérimenté l'itrétAnne, pré-r eonisée comme hypnotique par bchmiedeberg, Von Jaksch el Sticker. A la dose de 35 à 60 centigrammes l'effet a été nul ; mais à la dose de 1 gramme, indiquée par les auteurs allemands, il a obtenu un soranieit calme pendant deux heures. C'est un hypnotique précieux chez les enflants, car il n'a aucun goût. Une expâimentalion plus complète est d'ailleurs ttécessaira.
H. E. Labbé a employé l'hypnone chez une dame réfractaire A la morphine, chez laquelle le chloral ou l'opium pro-^ voquaient des vomissements et qui n'obtenait aucun effet dn bromure de potassium. Cette malade souffrait d'une insomnie rebelle et de vomissements répétés. Huit cuillerées à café de ï'élixir d'hypnone formulé par M. Vigier, administrées avant le repas, ont amené la cessation des vomissements ti ont procure à la malade un sommeil paisible pendant quatre heures. Au bout de douze jours, rhvpnone a été supprimé, mais rhabitude du sommeil était suffisamment rétablie et lit malade continue à dormir chaque nuit pendant plusieurs heures.
M. C- Paul obtient souvent le soaimeil cbej; sesjnalades
GAZETTE HEBUOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 35 DCcbhb» 1885
en prescrivant une poiïon avec iO centigrammes d extrait thébalque, que l'on place à c6lé du lit et à laquelle on ne doit recourir qu'en cas de besoin : l'influence morale rend inutile le plus souvent l'usage de la potion. Il faut d'ailleurs
Sue la dose d'opium soit suffisante pour produire le sommeil ans le cas où fe malade, ne donnant pas, ingérerait le médicament, afin de lui donner la conviction qu'il a & sa portée un moyen assuré de dormir : il dormira les jours suivants sans avoir besoin d'extrait thébalque.
M. Huchard croit qu'il ne faut pas conclure iroç vile des expériences pratiquées sur le cobaye à l'action de Thypnone chez l'homme. Les cobayes dorment» dit H. Dujardin-BeaumeU; mais les chiens et les singes auxquels on injecte de Thypnone ne dorment pas.
H. Dujardin-Beaumetz est d'avis qu'il faut teoir compte du mode d'administration du médicament : i'hypnone en injections hypodermiques ne fait pas dormir le chien ; lorsqu'on l'iatrodoU par la voie stomacale, on obtient le sommeil. Pour l'homme, c est une question de dose suffisante.
Élections. ^M. Bédoin est nommé membre titulaire; 11. Massalongo (de Vérone) est nommé membre correspondant de la Société.
' — • La séance est levée à cinq heures et demie.
André Petit.
EXTRAIT DES TRAVAUX DES SOCIÉTÉS SAVANTES
■•«lécé 4e mCdectoe «t 4m chlnirsle de BerAcnuK.
Maturation artUloleUe da la oataraots.
Autrefois, lorsque les deux seules opérations de la cataracte étaient TiJiaissement et l'axlraetion, on n'opérait que les cataractes mûres ; depuis que l'iridectomie est entrée dans la pratique, on opère même les cataractes incomplètement mûres, et en général on combine les opérations. Malgré cela, on risque de laisser des couches corticales et de ne pas amener au dehors toute la cataracte. Gela n'est plus à craindre si tout le cristallin est cataracté. De là l'idée de provoquer la maturation artificielle de la cataracte. 11 existe deux méthodes de maturation: dans l'une, après avoir pratiqué l'irideclomic, on ouvre plus ou moins largement la Capsule antérieure du cristallin ; dans l'autre, au contraire, on respecte le tissu de la crtstallolde et, rirideclomie faite, on se contente de pratiquer des frictions ou massages sur la partie antérieure de l'œil. Celte dernière méthode est préférable. L'effet produit par le massage est rapide -, au bout de vingt-quatre heures les couches cristalliniennes superficielles commencent À s'opacifier; quarante* huit heures sufUsent quelquefois pour que l'opacité soit complète ; d'antres fois il mut quatre, six ou huit jours. La manœuvre du massage est de courte durée, deux à (rois minutes, et consiste en frictions concentriques on dirigées du centre & ta périphérie; on fait préalablement des instillations d'atropine pour dilater la pupille et de cocaïne pour insensibiliser la cornée. Les accidents sont rares ; on à vu des irilis, mais celles-ci disparaissent rapidement sous l'influence de l'atropine. Le rhumatisme est une contre-indication; on risquerait de provoquer une nunifeslation locale de la diathèse; la dégénérescence athéromaieuse de même, car on risquerait de créer un glaucome artificiel.
Son expérience personnelle permet à H. G. Martin, l'avocat de Ja maturation artificielle, d'affirmer que l'on arrive
S' ar ce moyen k rendre opaques des cataractes peu avancées: ans un cas, te quart seulement du cristallin était opaque ; que la cataracte choroldicnn'e peut être hâtée comme toutes les autres cataractes j qu'ji huit jours d'intervalle on peut
refaire des fi-ictions, si les premières n'ont pas donné on résultat complet. {Sfy^nce duzZ octobre 1885.)
New-Tttric pwMutUtgtmad ■eeletj.
Lnpus du larynx.
H. Van Santvoord présente le larynx d'un garçon de
Suatorze ans, qui mourut d'un Inpus du larynx, ayant débuté ans le nez, La maladie avait détruit le nez, la lèvre supérieure, le palais et le voile du palais ; le sphénoïde était à nu. La muqueuse laryngée était épaissie et au niveau des veniricules était couverte de petits mamelons des dimensions d'une téte d'épingle. La mort arriva très rapidement, en cinq jour», avec des symptômes rérébraux. On trouva la base de rencé>
fihale couverte d'une i^paisse couche de lymphe, comme dans a méningite tuberculeuse, mais sans quon pûl découvrir de tubercules. La méningite avait eu pour point de départ aoe nécrose du corps du sphénoïde. Les poumons étaient œdémateux, les autres organes en dégénérescence cireuse. Comme il fut impossible de découvrir traces de tubercules dans ies organes, malgré la grande extension de la lésion loaU, H. Van Santvoord considère le cas comme défarorable à l'hypothèse de l'Identité du lupus et de la tuberculose.
H* PutnamJaeobi fait remarquer que Ton neul rencontrer des lésions tuberculeuses étendues des os et de la peau, sans tuberculose d'autres organes et sans tuberculose généralisée. Le cas présent ne prouve donc rien contre la doctrine de l'identité. {Séance du 11 novembre 1885.)
Ne«v-Terk Swfical Society.
D« la réMoUon delà hanolia.
H. Leroff Hilton YeUe rappelle que la résection de la hanche est préférée à la non-intervention, pour les raisons suivantes : 1' elle sauve l'existence; 2"elle abrège le traitement et diminue en conséquence les risques de mort et de mauvais fonctionnement de l'articulation; 3* elle donne de meilleurs résultats fonctionnels.
L'antisepsie a considérablement diminué les dangers de l'opération ; quoique les statistiques ne soient pas encore assez nombreuses, ni suffisammentconcordantes, on peut cependant affirmer que, grâce au nouveau pansement, l'opéré échappe aux dangers de complication des plaies et la mortalité n'est pas plus grande ches les opérés que chez les non-opérés, daosles cas où l'opération ne réussit pas à enrayer le ,mid. On ne doit pas opérer de bonne heure, quoique la réussite soit presque générale ; car la maladie dans sa première période n'entraîne pas la mort. On dit que cette .intervention préserve de la tuberculose ; il n'en est rien; la mortalité par la tuberculose est la même après l'opération que sans elle. Même les altérations de structure que présente l'articulation ne justifient l'intervention que s'il y a suppuration; encore faut-il temporiser et n'agir que si la suppuration se prolonge ; il est évident que, s'il y a un séquestre ou que la ca|>sule articulaire communique avec nn abcès pelvien, l'intervention est de rigueur.
Quant au second avantage qu'on prétend retirer de la résection, il est plus problématique ; il est des cas où la guérison est rapide et où les fonctions du membre se rétablissent; il en est d'autres plus nombreux et où les malades ne vivent ni ne meurent et souffrent de fistules intarissables; dans beaucoup, il y a rechute, et de nouvelles interventions sont nécessaires pour exciser les parties malades.
Au point de vue du résultat fonctionnel» les résoltals ne sont pas toujours merveilleux ; tout d'ab«rd le nieuibre est toujours plus court après ta résection qu'après la guérison naturelle} de plus, la mobilité associée k la ^^ililé de
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ràrdenlalion est rare ; généralement, si U mobilité est obtenue, elle est excessive. L'ankylose est préférable ; la stabilité du membre est alors plus assurée et souvent il se produit, chez les enfants, une mobilité de compensation remarquable au niveau des vertèbres lombaires.
En somme, la résection de la hanche ne doit être entreprise que si la vie du malade est menacée. {Sianee du 10 tuh wmbre 1885.)
Oanear da la glanda thyroïde.
M. Carrington présente une tumeur maligne (cancer encêphalolde) de la glande thyroïde, qui s'étendait, du vivant du sujet, &gé de quarante-sept ans, de la mâchoire inférieure jusqu'à la clavicule. Le seul symptôme pénible provoqué par sa présence, c'était de la toux. La mort était due à de l'urémie produite par une néphrite subaiguë; le rein droit renfermait deux nodules cancéreux. H. Carrington pense qu'if s'agissait là d'un caneer primitif de la thyroïde 61 fait ressortir la rareté des affections malignes de cette glaiide.
H. Dum ne considère pas ces affections comme très rares; il en a observé récemment deux exemples. (5^anc$ du 1" décembre 4885.)
Dtnible an&vryBina oordlaqae.
La pièce, présentée par H. Haig^ provient d'une malade, ftgée de trente-quatre ans, souffrant d'une lésion roilrale, et morte d'anasarque et d'ascite. Le péricarde était adhérent ;
le cœur avec le péricarde pesait 16 onces; le trou ovale était largement ouvert ; les deux anévrysmes avaient pour point de départ le ventricule gauche; l'un d'eux s'ouvrait en outre dans roreillette. La malade avait probablement eu plusieurs années auparavant de l'endomyocardite rhumatismale; ^ un moment donné les parois du cœur, déjà endommagées, ont dû céder ; de là la lormation des anévrysmes. {Ibid.)
■ocUté PlalMiâaiae de Métatae.
Aotlm partleoIMm dn anlfata da qnlnlna.
Le docteur Holsti a communiqué à la Société, dans la séance du 31 janvier 1885, l'observation de deux faits dans lesquels le sulfate de quinine administré dans le cours (le la fièvre typhoïde abaissa la tem|}érature sans modifier l'état général. La première est relative à une jeune femme de vingt-quatre ans qui était au dixième jour d'une fièvre typhoïde grave. Avec les bains froids on n'avait pas réussi à abaisser la icmpéralurê au-dessous de 40 degrés. On donne 75 centigrammes de sulfate de quinine, la température descend à 37 degrés, mais les [rfiénomènes nerveux persistent et la malade tombe dans le coma au bout de cinq jours et meurt. Ghei une autre personne entrée le 38 décembre 1884, la température élait 41 degrés, la connaissance parfaite ; on donne 50 centigrammes de sulfate de quinine ; la température descend à 37'*,9, et elle tombe dans le collapsus ; au bout de vingt-quatre heures, cet état cessa et depuis lors la fièvre suivit son cours régulier. L'auteur fait remarquer que plusieurs écrivains, entre autres Murchison, ont noté une exacerbation à la suite de l'administration du sulfate de quinine dans le cours du typhus exanlhématique ; ce dernier dit que la même chose arrive dans la fièvre typhoïde pendant toute la période fébrile; M. Holsti croit qu il faut être très prudent pour l'administration des doses, même légères, lorsqu'il existe des accidents nerveux graves. {Finska IMlearetUlUkapett Bandingar, 1885, n" 3.)
EXTRAITS DES COUnS PUBLICS
nem «nttaeptlqnea en ehlrarife (Bradabaw Eecittre),
par M. John Wood. — H.John Wood n'est pas partisan des antiseptiques à outrance, témoin la leçon qu'il a faite le 8 décembre dernier devant le collège ro^al des chirui^iens de Londres. 11 n'a pas envisagé la question au point de vue scientifique, mais bien plutôt au point de vue de l'opérateur; l'habileté de celui-ci est pour beaucoup dans le succès, cela va sans dire. Mais un facteur non moins important, c'est la résistance vitale du sujet, la puissance de réparation que Gullen a si bien nommée vis medieatriss naturœ. Il y a là' une inconnue : comment se fait-il qu'un scroAileux, un tuberculeux, se relève sans|accident d'une opération grave^ échappe à la pyémie, à Térysipèle, à la pourriture d'hdpital, etc., quand des sujets vigoureux succombent précisément à ces complications? Dire qu'ils n'offrent pas prise, pour une raison ou pour une autre, aux bactéries, c'est reculer la question, ce n'est pas la résoudre. Puisque l'air est le réceptacle de tous les germes inorbifiques,comment5e fait-il que desscrofuleux qui suppurent pendant vingt ans ne sont pas atteints de pyémie, lorsqu'on voit chez un autre malade, un abcès, en apparence protégé contre l'accès de l'air, fourmiller de bactéries? Ce n'est pas une raison pour ne pas placer les opérés dans les meilleures conditions hygiéniques possibles, et surtout dans une atmosphère pure, en évitant Tencombrement reconnu si funeste. C'est là une condition »*n0 qua non de la réussite d'une opération ; il ne faut pas s'en départir malgré les exemples d'affections putrides qui viennent parfois surprendre le chirurgien, même lorsque le malade a été placé dans les meilleures conditions, loin des villes, loin des microbes.
Le pansement à l'eau claire est certainement une excellente chose ; les médecins de l'armée le proclament, les anti-listériens aussi. Hais alors ce n'est pas l'eau des hôpitaux, cette eau sur laquelle s'est déposée une pellicule de poussière, recélant les germes de toutes les contagions ; méfiez-vous de rette eau et n'y trempez pas l'éponge qui doit nettoyer les plaies que fait l'instrument trancnant. Les ennemis du pan* sèment listérien no doivent leurs succès qu'à ce qu'ils se servent d'eau vraiment claire et pure. Agir autrement qu'eux, ce serait provoquer tous les accidents ou pansement sale.
H. Wood a passé en revue les différents antiseptiques employés, en discutant leurs avantages et leurs désavantages : l'acide phénique, le chlorure de zinc, les sulfates de cuivre, de fer et de zinc, l'iode, l'iodoforme, le permanganate de potasse, l'eucalyptol, etc., puis les derniers venus, l'acide Dorique et le sublimé ; enfin, le peroxyde d'hydrogène, qui jouit de la confiance particulière de 1 éminent professeur. Celui-ci s'est surtout appesanti sur le spray, sur les pulvérisations. Une circonstance oû leur emploi est d'une utilité incontestable, c'est lorsqu'on est amené à enlever un »é-
auestre d'une vertèbre cariée, qni a déterminé la formation 'un vaste abcès chronique. Même dans toutes les opérations, leur utilité est certaine. Cependant elles présentent quelquefois des inconvénients; on a vu parles pulvérisations plieniquées survenir des phénomènes d'intoxication avec la coloration bien connue des urines ; M. Wood lui-même a perdu un opéré dans ces conditions ; il y avait eu pulvérisations d'acide phénique et injection dans les cavités fistuleuses d'une solution phéniquée. Il a vu d'autre part la broncho-
fmeumonie et le shock dans toute sa gravit survenir après e pansement listérien le mieux fait et a constaté que, si la putréfaction s'empare d'une plaie sons la gaze antiseptique, elle est plus dangereuse qu'avec les autres pansements. L'opérateur lui-même peut souffrir de cette débauche d'acide phénique, sans compter les difficultés qu'il rencontre à la campaigne pour appliquer ce mode de pansement. Des physiciens ingénieux assurent même que 1 agitation de l*air pro-
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duite par le maniement de la gaze provoquedes lonrbilloDS qui précipitent les bactéries sur la plaie. Evidemment les partisans du pansement antiseptique hausseront les épaules an simple énoncé d'une pareille hypothèse. Quant à l'acide phénique, Lisler lui-même est en train de l'abandonner pour le sublimé et cherche à assurer de plus en plus l'antisepsie des plaies opératoires. De son cftté, H. Wood a fait des études pour l'application aux pansements du peroxyde d'hydrogène» et il décrit minutieusement sa manière de faire. C'est par là qu'il termine son intéressante leçon.
La morale en est, qu'il ne faut pas abuser des meilleures choses. Il est bien certain que des opérateurs habiles, secondés par des aides bien dressés, peuvent, particulièrement dans la chirurgie abdominale, arriver aux meilleurs résultats sans user des antiseptiques. Le grand secret, c'est de nettoyer avec le plus grand soin le péritoine à l'eau chaude et d'enfever de ses replis tous les caillots et tous les lambeaux de tissus qui se mettraient à suppurer après la fermeture de la plaie. Aussi l'opérateur moins habile fera-t-il bien de se servir quand même des antisepti(]ue5, et ainsi il aura chance ifëviter la septicémie. (TAe Britith médical Journal^ 1885, ^»•130Setl303.)