L. LEREBOULLET, PAUL RECLUS
idrcMBr tout ce qui concerne la rédatAian au iiège du Comité^ chez M. DECunas, 91, rue de UUe (avant le mardi de préférenee).
Y«lr wmt» a 4e la Cwnertare l'indleaMa dM ACTE* BB U rAOIII.11É »B MÉBECOn WK PAKM
( Thèses, examens, cours, etc.] «t «ivera «aouesto tmtènammmt le paMie médieai.
SOMltAIHE. — Pabis. Addemi* de mAlccîno. — De l'infactliMi tuherculouM par U tùe (éaltafe. — CtHiMbntioni pliarmacmUqnei. — Travaux oUfiiMAUX. HitUleig-ii : Reeherehes sur l'état du s»ng cl de la bile dans le choléra. — Phj- ^ol^-M «xpririmeutale : La tubcrciilo*c cst-clla (ransoiissible par la vaccine? — «TounroxVAKCK. Le bromhydnte lie quinine. — SOGltT^ SavaNTRS. Académie én KieacM. — Académie de médecîne. — Suei^ttf de chirurgie. — Société ia W«^e. — Rbvoe dbs journaux. — Bibliographib. Levons inr lea tumt%T* de la TeuÎB. — VARiirîi. Le tribunal de Domfranl, la cour do Caen cl ks stncBcM» Biédicaux. — FcuiLLSTON. Chronique de l'étran^r,
Paris. 86 réfrier 1885.
JLaDËmE DE NÊDEGIME. — DE L'iNFECTION TUBERCULEUSE PAR LA VOIE CË.1ITALE. ~ CONTRIBUTIONS PUARMAGEU- TIQTES.
AflBdémle de aiiédeetae.
M. Verneuil réservait, paralt-il, à l'Académie de médecine le développement et la démonstration expérimentale des vues cliniques qu'il a esquissées, il ; a une quinzaine de jours, à la conférence Scientia (1). Vers onze heures du niicj au sortir de la table et du fumoir, il ne fallait pas
' I ' Le premier banquet de In Conférence avait été prusIilL', on so le rappalle, par H. OwttmL Le aecood l'a été par H. Pasio r. U. Ch. Itichcl a porté un toast à i i-a>trc uvant, cl cclni-ci un toast à la presse (cientifiiiuc. M. Laborde a répondu ' H. Paït«ar au nom de la proaM médicale.
moins que tout le talent et toute la bonne humeur de notre ami pour charmer pendant une heure, avec les souvenirs de l'hôpital de la Pitié, un auditoire composé en majeure partie de physiciens , de chimistes, d'astronomes et de zoologues; mais, dans ces conditions, si Ton pouvait intéresser toutle monde, comme on l'a bien vu, on n'avait, pour convaincre l'assistance de la révolution accomplie en chirurgie, depuis une quarantaine d'années, par une alliance de plus en plus étroite de la médecine et de la chirui^ie, et surtout par l'avènement de la doctrine de la septicémie, on n'avait que l'autorité et la sincérité de Torateur. Maintenant M. Verneuil veut provoquer la controverse sur des opinions qu'il n'a fait qu'indiquer, sur des faits qu'il n'a fait que rappeler, et il a commencé mardi par l'application de la méthode antiseptique' au traitement de l'érysipèle.
La discussion, à laquelle ont déjà pris part MM. Gosselin, L. Le Fort, Panas, Trétat, et qui a été remise à quinzaine, promet d'être aussi brillante qu'instructive.
— M. le professeur Trélat a présenté un jeune homme auquel il a pratiqué, il y a plusieurs années, l'opération de la palatoplaslie. L'Académie a pu juger par le petit discours de l'opéré de l'excellence des résultats obtenus.
— M. le docteur Horteloup avait lu, au commencement de la séance, un mémoire étendu et très écouté sur le traitement du varicocéle.
fïlUlLLËTON
ChroiUqae de TétrAncrr.
Le eboMra en Eapaon*- — Troubloa do Madrid. — La Faculté de médecine d« tf anill«. — Un médaeln trop reapaotomix Ae la traditâan. — XKMtrlnea ut bants faits dm cAarlatana. — Une pétition do Corps médical do Bévillo. — Les médsolns da la BlenfalsanM «t l'examen daa remplaçants militaires. — Encore le docteur Schwenninger .
Les catastrophes récentes de l'Espagne ont fait oublier l'épidémie de choléra, terminée avant la fin de Tannée, l^le a été moins grave et moins générale qu'en Italie 't en France ; il y a eu malgré tout dans le public et iftnai les médecins un moment d'attente anxieuse dont on trouTe le reflet dans tous les journaux de l'époque. Comme 'bf^ nous ,0R nota des variantes nombreuses dans l'opinion (Miblique : les uns, fermant volontairement les yeux, ne StaiB. T. XIII.
reconnaissant dans les cas douteux que des diarrhdes catarrhales ou des entérites chroniques. Le choléra était depuis quelque temps à Alicante, qu'on en parlait à peine ; le docteur Manuel Gandela publia même dans un journal politique de Valence un article extrément dur pour ses confrères qui cachaient la vérité ou commettaient volontairement des erreurs de diagnostic. A Barcelone on ne voulait point entendre parler d'épidémie : la population faillit faire un mauvais parti au docteur Pozo qui avait déclaré un cas suspect. Exemple touchant de confraternité, ce fut un autre médecin qui le signala à la vindicte publique; et pourtant le cas était bien suspect, les délégués de la Junte municipale n'hésitèrent pas à le reconnaître.
D'autres ne conservèrent pas mieux leur sang-froid, donnèrent dans l'excès contraire ; tes mesures quaranten aires les plus rigoureuses, les plus tracassières ne les satisfaisaient point ; on ne sait trop, si l'on eût tenu compt^fT" ' rations, sur quelles bases eût étéE^6ilil^iï^:{)f»
134 ~ N° 9 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 27 Févaibii 1885
D« l'inreetlon tahercnlenae par la vole gfénttale.
Depuis que la tuberculose est classée parmi les maladies contagieuses, inoculables et parasitaires, on s'efforce de déterminer les voies que suit le bacille pour pénétrer au sein des lissus infectés. Ces <: portes d'entrée > sont nombreuses et 1*011 invoque toutes les solutions de continuité traumatiques ou ulcéreuses de la peau, toutes les pertes de substance et toutes les desquamations épithéliales des muqueuses digestives ou pulmonaires. On ne saurait nier d'ailleurs ces modes d'invasion depuis les inoculations intra-dermiques ou souscutanées de Villernin, les expériences de Chauveau sur Tingestion de matières tuberculeuses et les observations indiscutables de contagion par la respiration de poussières contaminées.
L'élément figuré, le bacille de Koch peut-il pénétrer aussi dans l'organisme par la voie génitale? Verneuil a remarquablement posé la question dans une lettre au professeur Fouroier, publiée ici même en 1883 ; son élève M. Verchère, dans sa thèse sur les portes d'entrée de la tuberculose, a essayé d'apporter quelques preuves à la théorie proposée par le maître; enfin M. Charles Fernet, le distingué médecin de l'hôpital Beaujon, vient de lire devant la Société médicale des hôpitaux, un important Mémoire où il cherche à établir que « ta tuberculose génitale primitive peut probablement être causée par contagion directe dans les rapports sexuels ». Convient-il, en l'état, d'accepter cette doctrine? Est-elle démontrée, est-elle probable ou simplement possible, voilà ce que nous désirerions étudier dans ce court article ?
La ihéorie de l'infection directe par les rapports sexuels se présente appuyée sur de sérieux arguments: d'abord on rencontre des faits nombreux de tuberculose génitale primitive ; bien plus, les travaux de Cruveîlhier, les recherches de Velpeau, nos propres statistiques ont établi jusqu'à l'évidence que, au moins dans un tiers des cas, la glande spermatique et ses annexes restaient seules atteintes ; l'examen le plus attentif prouvait l'absence d'altération end'autres points, et nous avons montré que si, dans trente autopsies, tuberculoses génitale et pulmonaire avaient coexisté vingt fois, dix fois les lésions ne portaient que sur les organes sexuels.
Cette tuberculose si nettement localisée n'aurait-elle pas une origine locale?N'arnverait-il pas ce quel'on constaled'or-
Bccusations graves ont même été formulées. « Le choléra est entré dans le port d'Âlicante, disait une feuille médicale du 15 septembre, parce qu'un agent du service marilime s'est laissé suborner, et siH>orner pour la misérable somme de 25 pesetas. L'énormitc du délit ferait croire que c'est là un simple mensonge,et pourtant la presse politique affirme que c'est la vérité. C'est au gouvernement de châtier le coupable. S'il se montre clément avec ceux qui font si bon marché de nos lois sanilaires, tous les Espagnols, sans distinction de parti, maudiront une indulgence qui aboutirait fatalement à rimmoraiilé administrative. Comme le dit très bien le docteur Pedro Felippe Montan, c'est surtout en matière de santé publique que les articles de loi ne doivent pas se transformer en livres d'or et qu'ils doivent être égaux pour le riche comme pour le pauvre. »
La suite ne justifia pas cette émotion, l'épidémie fut bénigne. Â Tolède, les premiers cas suspects furent observés vers le milieu de novembre; à la fin de décembre .tout était
I dinaire pour les accidents primitifs de la vérole, oû l'organe I sexuel infecté contamine Torgane sexuel qu'il pénètre ou qui le I pénètre ; au point de contact du virus syphilitique un chancre j se développe chez l'individu saîn jusqu'alors. N'en serait-il pas de même pour la tuberculose ? Les bacilles de l'utérus et I du vagin se glisseraient, pendant le coït, dans les voies génitales de l'homme comme les bacilles de l'épididynae, de la prostate et de l'urèlhre, se déposeruent sur la vnive, dans le vagin, le col de l'utérus, d'où ils pourraient migrer vers les trompes et l'ovaire, bientôt envahis par eux?
Des recherches minutieuses ont en effet montré que les organes génito-urinaires tuberculeux sont souvent souillés par des liquides où les bacilles sont en suspension ; Babès a trouvé ces mlcro-organisnies dans l'urine, qui, en s'échappant de la vessie, peut les déposer sur la muqueuse uréthrale, d'où le sperme les entraîne pour les mettre au contart des parties sexuelles féminines ; le sperme lui-même, dans son passage à travers lepidiilyme, le canal déférent caséeux et dégénérés, ne se chargerait-il pas de germes qui infecteront le vagin et l'utérus? D'autre part, le muco-pus vaginal où Babcs a également reconnu l'élément figuré de la tuberculose, ne sera-t-il pas, pendant le coU, d'un contact dangereux pour te membre viril?
L'existence fréquente de tuberculose primitive, localisée aux organes sexuels, la présence de bacilles dans l'urine, peut-être dans le sperme chez l'homme et dans le muco-pus vaginal chez la femme atteinte de métrile, de salpingite, d'ovarite, de pelvi-péritonite tuberculeuses, ne sont pas les seuls arguments qu'invoquent les partisans de l'inoculation directe par la voie génitale. Deux ans ne s'étaient pas écouléf; depuis que Conheim et Verneuil avaient émis l'hypothèse de la contamination par le coït, que Verchère et Charles Fernet cherchaient,dans la clinique, un appui pour ta théorie. Voici un résumé succinct de leurs observations, dont nous aurons plus tard à discuter la valeur.
Les cas de M. Verchère sont au nombre de deux, mais nous ne les rapporterons pas ici, car ils n'ont pas évidemment trait k la théorie de l'infection par la voie génitale ; le premier nous montre un jeune homme rhumatisant, sans antécédents héréditaires de strume ou de tuberculose ; cinq ans après un«> blennorrhagie d'une durée de quinze jours, son testicule augmente de volume sans cause appréciable et une épididycni t caséeusese développe. Le second fait est identique: un égou— tier de dix-sept ans,d'une assez bonne santé antérieure,rcço il un coup de pied dans le testicule gauche ; il éprouve une dou—
fini. L'évolution fut la mémeàBimo(>a dans la provincede Valence. A Barcelone, l'une des victimes fut le docteur Ba. — duell, épidémiologiste de valeur qui avait défendu av^o; énergie la doctrine de la contagion.
A Madrid, on n'a eu qu'un ou deux cas douteux, de sot-K«j que les mesures d'isolement prises par la municipalité t: été superflues. Les bâtiments de l'Asile de la Miséricor^lv devaient être transformés en lazaret; il était, paralt-il, impr-» sibledeplus mal choisir. Dans son numéro du 15 septeiï-|-. bre 1884, El doctor Sangredo critiquait le projet avec u ■ «. i ironie funèbre : « Des masses énormes de terre cntouro i % i l'édifice, on dirait qu'elles sont là pour rappeler à ses hùt < ce qui les attend. Le niveau des eaux de Loyoya n'arrive |~»s.-a' jusqu'à celui des fondations ; c'est certainement un avantaf»; étant données les doctrines de Koch et de Pettenkofer, ^ | microbes ne pourront se développer /p^/^994Vv^ de % voirs, et, comme si tout l^ti^^dè^tenn^gui^il n^^ni lieux d'aisance, ni égouts, aucun foyer d'infection. ^
27 Féviïieh 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
leur très vive et l'on constate une eccbymose^onsidérable du scrotum; puis quelques signes de cystite apparaissent, del'hémnlurie, et l'on constate que répididyme du c6té frappé est gros, dur, bosselé ; la nature tuberculeuse du mal s'accentue de jour en jour. Mais où, dans ces deux Tails, est-il question d'inoculation directe par les rapports sexuels ?
Deux des cas de M. Fernet rappellent malheureusement les observations précédentes : dans l'une 11 s'agit d'un homme de viHgl-neuf ans, entré dans le service pour une pbthisie laryngée et pulmonaire, chez lequel on découvrit une tuberculose génilo-urinaire très avancée et « qui paraissait plus ancienne que celle dont le poumon était le siège ». Il n'est fait nulle part mention de rapports sexuels avec une femme phthlsique et l'on ne trouve aucune allusion au mode de pénétration du bacille.
Il en est de même dans le second cas el nous ne savons quel lapsus s'est glissé dans l'exposé du fait considéré par M. Fernet « comme l'exemple le plus complet qu'il ait rencontré», < le plus net relativement à révolution des accidents). Ce malade est atteint de tuberculose péritoaéopleurale et pulmonaire; il présente en même temps des noyaux de l'épididyme, du canal déférent et de la vésicule séminale ; il raconte « qu'il a eu, il y a quatre ans, un premier écoulement uréthral, puis deux autres dans l'esjiace de dix-huit mois à deux ans ; ces écoulements survenus à la suite de rapports sexuels avec des femmes différentes ne durèrent guère qu'une huitaine de jours et guérirent sans traitement ».
Nous n'insisterons que sur les deux faits suivants, les seuls où les termes du problème semblent au moins posés : une femme de vingt-cinq ans, d'une constitution assez forte quoique légèrement entachée de sirume dans sa jeunesse, entre pour une tuberculose géniiale, vaginite, pelvipéritonite; les poumons sont aussi atteints; mais les lésions, moins avancées, paraissent postérieures à celles des organes sexuels ; or cette femme a vécu maritalement, pendant deux ans, avec un homme malade de la poitrine; pendant ces relations, elle eut fréquemment des leucorrhées, plusieurs poussées de vulvo -vaginite et une première atteinte de péritonite pelvienne. Le second fait a trait à une négresse de trente ans, de bonne constitution ; elle a eu trois enfants d'un blanc phlhisique, mort depuis d'accidents pulmonaires ; cette femme est affectée d'an vaste adéno-phlegnnon tuberculeux des annexes de l'utérus.
— L'année 1884 n été, pour l'Espagne, assez triste; outre le choléra, les tremblements de terre, il y a eu les troubles de Madrid. Ces troubles rappellent involontairement le souvenir (.l'une autre époque : par eux-mêmes, ils ne présentent rien d'extraordinaire : rassemblements, intervention provocante et brutale de la police; réponses rognes des hauts fonctionnnires, ce sont là des choses qu'on peut voir dans tous les centres universitaires. Le plus bizarre, c'était l'origine même (lo la querelle. Un professeur distingué, M. Horayta, avait clé excommunié comme un simple monarque par'Sa Grandeur Mff'' d'Avila pour des paroles prononcées dans un cours public. Les étudiants prolestèrent au nom de la liberté de la chaire et tirent une ovation au professeur. De loin celte façon de procéder parait inopportune. Ou H. Morayta icceptait Tanalnème comme un arrêt capable de lui fermer pour réternité les portes du paradis ou il le considérait ^omnne un document archaïque, respectable au même titre |ue tous les monuments de cet ordre. Dans le premier cas il
Telles sont, dans leurs lignes essentielles les observations qu'on nous a fournies pour étayer l'hypothèse de l'inoculation directe de la tuberculose par la voie génitale. Les premiers de ces cas, nous l'avons déjà dit, ne démontrent qu'une chose, c'est que la dégénérescence caséeuse des organes sexuels peut être primitive, fait acquis depuis longtemps puisque, après Gruveilhier, Velpeau, Bauchet, d'autres entrés grand nombre, Salieron nous en rapporte cinquante exemples dans un mémoire vieux déjà de plus de quinze ans.
Les deux dernières observations de notre distingué collègue M. Fernet sont-elles au moins plus concluantes? Nous ne le pensons pas : on y voit deux femmes qui, après avoir cohabité avec des phthisiques, sont prises de tuberculoses génitales. Mais où l'observateur nous dit-il que ces phlhîsiquas avaient répididyme, les vésicules séminales, la prostate, un point quelconque de leurs organes sexuels en proie à la tuberculose? Or, si leur urëthre était sain, si leur glande spermatique n'était pas caséeuse, comment y aurait-il inoculation directe par les voies génitales? Comment le bacille de leur poumon a-t-il pénétré dans le vagin et dans l'utérus pour y propager l'infection î
On ne dira pas sans doute que la pbthisie suppose des organes sexuels tuberculeux? De nombreuses statistiques prouvent la rareté relative des dégénérescences caséeuses de la glande spermatique, et nos relevés, qui portent sur plus de deux mille cas, prouvent qu'à peine 2 pour 100 des phthisiques ont des altérations épididy maires. Reconnais' sons donc que les faits de H. Fernet sont sans valeur et qu'aucune îles observations publiées jusqu'à présent ne jette le moindre jour sur le problème de l'inoculation directe par la voie génitale.
Nous avons de notre côté entrepris quelques recherches sur ce point de pathogénie et nous avons observé dans notre clientèle privée, la seule qui nous permette de suivre exactement les malades, onze individus atteints de tuberculose génitale non seulement primitive, mais encore absolument localisée aux organes sexuels. Nous laissci*ons deux de ces faits de cêté ; il s'agit de deux militaires dont la vie était trop mouvementée, « les changements de garnison > trop fréquents pour que les renseignements sur leurs relations passagères puissent être absolument précis. Ils ne se rappelaient pas d'ailleurs avoir eu des rapports — rares
devait se soumettre ou bien en appeler aux supérieurs ecclé-* siastiqucs de l'évëque ; dans le second il n'avait qu'à continuer ses cours, professer les doctrines qui lui paraissaient vraies en attendant paisiblement une nouvelle excommunication. Mais le sang-froid et l'indifférence ne sont nulle part les qualités dominantes de la jeunesse. 11 y a donc eu semblant d'é^ meute avec arrestations, bousculades el coups de casse-lête^ c'est toujours ainsi que les choses finissent. On dirait même que, même dans la catholique Espagne, l'enseignement supérieur oniciel est vu d'un mauvaisœilpar le haut clergé. Pour-
f|Uoi?Le problème est difficile à résoudre; les Universités sout illes de l'Eglise; en remontant à leur origine, on trouve toujours un bref du pape, approuvant leurs statuts et conférant des privilèges; mais ces fUles ingrates supportent impatiemment le joug; pour en trouver qui répondent bien au vœu de leur mère dans les pays de langue castillane, il faut * traverser leâ mers et aller jusqu'à Manille. Là, pointée ~ souffle empesté, point de soupçon des doctrines du siècle,
m — N* 9 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE il Février 1885
ou fréquents — avec des femmes maigres, chélives, pâles ou toussant.
Restent neuf cas : une fois il s'agissait d'un jeune enfant qui nous fut envoyé par noire ami Gabriel Haunoury : l'épididyme était infiltré de noyaux tuberculeux évidents : or ici il nft pouvait s'agir encore d'inoculation par la voie génitale. Les faits de ce genre pour ôire exceptionnels s'observent cependant. Verneuil en a signalé un cas ; Lloyd a vu une infiltration caséeuse cbez un enfant de trois ans et demi, et Dufour chez un autre de dix-huit mois ; Prestat a opéré un garçon de neuf mois dont le sarcocèle avait quatre mois do date, et Giraldés aurait constaté une épididymile tubercuculeuse chez un fœtus à terme. Le même Giraldès ajoute que de six à quatorze ans, âge où le coU ne se pratique vraiment pas, la tuberculose génitale est loin d'être rare ; il en relevait quatre ou cinq cas par 'an dans son service d'hôpital.
Pour en revenir à notre slalislique, disons que trois autres de nos malades ont un dix-sept ans, un autre dixneuf ans et an autre vingt-trois ans ; or le premier et le troisième atteint d'ailleurs depuis six ans, n'avaient pas eu encore de relations sexuelles lorsque le mal a débuté ; le deuxième avait bien vu une femme, mais une seule fois, le soir du jour où il obtint son diplôme de bachelier ; mais l'invasion de la tuberculose ne débuta qu'un an après cet unique rapport : à la suited'un heurt violent sur les bourses, la glande spermalique gauche gonfle rapidement, bientôt un abcès s'ouvre à la queue de l'épididyrae et un noyau volumineux, non suppuré, distend la léle de l'organe.
Nos cinq autres malades sont mariés; nous connaissons les femmes de trois d'entre eux; aucune d'elles n'est tuberculeuse ; elles n'ont donc pas inoculé leurs maris et, jusqu'à présent, elles n'ont pas été inoculées par eux. Les deux autres de nos clients nous ont dit avoir des femmes bien portantes. Je sais bien l'éternelle objection qui se dresse en présence des faits de ce genre : nos malades ne nous ont-ils rien caché? ont-ils répondu sans restriction à nos questions discrètes, et n'est-il pas d'autres sources oii le mal a pu être puisé ?
Si nous laissons de côté la clinique, terrain encore mal assuré, pour suivre Gonheim, Verneuil, Fernet et Vercbère dans la voie plus glissante encore des interprétations et. des
ni rationalisme, ni tentatives d'émancipation; Manille a une Université selon le cœur de Dieu; le Kecleur est un révérend père ; c'est lui qui nomme les profes8eurs,qui contrôle leurs programmes, qui les révoque. A la Faculté de médecine on étudie une anatomie expurgée, allégée de tous les organes dont la description peut blesser la pudeur d'un chrétien; il est ^cheux que nous ne connaissions pas en Europe les livres qui servent à l'enseignement, ce serait à coup sûr une lecture édifiante et curieuse. Des traités classiques, même en Espagne, n'y pénètrent jamais, celui de médecine légale et de toxicologie de M. Pedro Mata, par exemple, est prohibé comme immoral. La dévote Faculté lient à ses privilèges; dernièrement la Gazette de Manille annonçait la vacance du poste officiel de médecin, de chirurgien de la Pampanga, un des meilleurs de la colonie, mais elle avait soin d ajouler : « Cette place serait donnée après un concours auquel seront admis seulement les médecinsgradués de l'Université de cette ville.» C'est une protec-
hypolhëses, nous avouerons que la théorie de l'inoculation directe des organes sexuels nous a toujours peu séduit: elle nécessite de trop nombreuses conditions, elle se heurt)* à trop de difficultés, comme on peut s'en rendre compte en étudiant le mode possible d'infection chez l'homme et chez la femme.
L'inoculation directe des organes sexuels de la femme ne peut se faire que par l'intermédiaire du sperme, car les ulcères tuberculeux de la vei^e sont absolument exceptionnels, — bien que le professeur Fournier ait observé un lupus des plus nets ; — on signale à peine aussi quelques érosions caséeuses de la fosse naviculaire. Le sperme emprunte ses bacilles soit à l'urine qui les entraîne du rein ou du basfond d'une vessie malade, soit aux parois dégénérées des tubes épididymaires, an canal déférent, aux vésicules séminales, à la prostate. Encore s'agit-il d'une pure hypothèse : on a trouvé des bacilles dans l'urine et le muco-pus vaginal ; nous ne croyons pas qu'on ait encore démontré leur existence dans le sperme.
Admettons cependant : le sperme et ses bacilles souilleront la vulve, le vagin, le col de l'utérus; c'est donc là que devrait se produire l'inoculation directe; il n'en est rien et l'on sait combien sont exceptionnelles les ulcérations tuberculeuses du col utérin, du vagin et de la vulve. Les régions ordinairement atteintes sont la muqueuse de la matrice, l'ovaire et la séreuse adjacente. Nous devons supposer alors que les animalcules spermaliques chargés de bacilles feront tous les frais du transport. Nous ne comprenons guère un exode semblable! Le voyage est bien long pour des spermatozoïdes malades ! Le globule blanc infiltré de germes, perd, nous dit-on, ses mouvements amiboïdes ; ne doit-il pas en être de même pour les éléments figurés du sperme?
Ajoutons encore que le tuberculeux ne songe guère au coït ; il est bientôt peu dangereux. Et puis comme ie canal déférent et l'épididyme sont obstrués, la voie d'excrétion n'est pas libre. Aussi, dans le réve érotiquc, dans les rare.*; tentatives de copulation, voit>on bien souvent une éjacuïation sèche lorsque les deux glandes sont atteintes; si une seule est prise, le sperme arrive au méat, mais il provient sans doute de l'organe encore intact et, par conséquent, ue contient pas de microbes. Ces diverses raisons nous donnent à penser que les métriles, les salpingites, les ovarites, les phlegmons péri-utérins tuberculeux ne doivent être que fort exceptionnellement — si jamais ils le sont — le résultat d'une inoculation directe.
tion bien entendue ; on ne veut à aucun prix que les établissements de la mère patrie puissent lutter avec la Faculté locale. Si encore celle-ci avait rendu des services ^ Il est au moins permis d'en douter. < Il v a trois siècles, dit M. Manuel Thomas Saim, que Magellan a planté ledrapeaudenotre patrie dans ce pays, et je ne sais trop pourquoi lalangue d'Alphonse le Sage et de Cervantes est à peine connue dans les provinces. Les guérisseurs indigènes ou inediquillos ne sont pas seulement tolérés; ce sont eux que tes naturels réclament de préférence et qui jouissent des faveurs de l'administration ; elle les exemple de tout impôt, tandis que les médecins européens payent une belle et bonne patente On dirait que
c'est toujours la maison d'Autriche qui règne en Espagne dans la personne de Philippe II, et qu'on vient de découvrir les îles dp. Saint-Lazare, puis les Philippines en l'honneur du roi. Des habits blancs, gris, noir et l'élément pjïvciel, voilà ce qui domine. » by vjOOV IL
Mais revenons en Europe. Si l'on voulait class^rles mô-
37 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 9 — 137
El rhez Thomine les concilions sonl-ellcs plus favorables ? L'inoculalion directe des parties sexuelles masculines peut se faire soit par les ulcérations tuberculeuses de la vulve, du vagin, du col de l'utérus, absolument rares d'ailleurs, soit surtout par contact du pénis avec le muco-pus vag;inal,oùfiabès adccouvert la présence de bacilles. Mais ici encore un long voyage est indispensable pour que les micro-organismes atteignent une région où leurs colonies deviendront prospères.
On ne voit pas en effet les bacilles s'implanter surle gland, dans la rainure balano-préputiale, dans les excoriations si fréquentes au pourtour du frein tiraillé ; ils ne s'arrêtent pas non plus dans la fosse naviculaire, sur la muqueuse de la partie pénienne, dans le cul-de-sac du bulbe. C'est dans la région prostatique, dans les vésicules séminales, surtout au niveau de l'épididyme, que le foyer tuberculeuit s'organisera. Or est-il raisonnable d'admettre qu'un microbe, immobile par lui-même, sans mouvement propre, accomplira un tel pèlerinage? Ne sera-t-il pas d'ailleurs balayé par le flot d'urine qui, plusieurs fois par jour, fait irruption dans le canal ?
Aussi ne voyons-nous qu'une théorie possible et d'autant plus séduisante qu'elle est applicable k tous les cas; elle explique aussi bien la tuberculose des enfants qui n'ont pas encore pratiqué le coït, des vieillards qui ne le pratiquent plus, et rinfection des ot^nes génitaux des adolescents. N'est-ce pas elle, du reste, qu'il faut Invoquer pour comprendre la plupart des tuberculoses profondes, celles de la rate et du foie, du rein et du cerveau, de l'œil, des articulations et des os, de tous les organes enfm qui ne sont ni la peau, ni les muqueuses pulmonaires et digestives?
On admet alors que les bacilles pénètrent par quelques fissures de la peau, par une desquamation, une perte de substance ulcéreuse des voies aériennes et digestives. Ils peuvent s'arrêter à ce point et créer une colonie, mais souvent ils arrivent jusqu'aux vaisseaux et sont emportés par le courant lymphatique ou sanguin. Ils roulent sans doute à i'état de spore, car le bacille aoaérobie ne saurait vivre pent-étre au milieu des globules chargés d'oxygène. Mais parfois ces spores sortent du réseau circulatoire; la rupture d'un vaisseau les verse dans les mailles des tissus ou bien encore les leucocytes les entraînent par diapëdëse.
Ces bacilles, ces spores ainsi semés seront souvent stériles ; ils tombent en un terrain infécond ou du moins, d'après une autre métaphore, au milieu d'éléments anatomïques vigoureux, qui saveat se défendre contre les assaillants. Mais, pour
peu que le tissu où se sont produites ces ruptures vasculaires, la diapédèse des globules contaminés, soit atteint de quelque lare, de quelque déchéance organique, une active prolifération aura lieu en ce point; il deviendra le siège d'une tuberculose primitive, qui pourra rester localisée ou envahir plus tard d'autres régions de l'économie.
L'expérience classique de Max SchûUer ne nous montret-elle pas le mécanisme de cette aulo-inor ulation ? On contusionne la jointure d'un chien ou d'un lapin; une arthrite traumalique simple se développe; mais, si l'on injecte en même temps, dans les bronches de l'animal, des crachats tuberculeux ou des détritus de poumons dégénérés, les follicules types apparaissent bientôt dans les bourgeons de la synoviale enllammée; c'est une arthrite bacillaire qui se développe.
N'est-ce pas là toute l'histoire de nos tuberculoses génitales, de ces épididymites infectieuses primitives qui apparaissent soit spontanément, soit à la suite d'un traumatisme ? Le sang roule des bacilles qui sortent des vaisseaux par diapédèse dans les inflammations, directement dans les ruptures du réseau capillaire. La glande spermatique, sous l'influence de quelque déchéance locale, d'une tare antérieure, peut-être même grâce au traumatisme initial, à l'inflammation actuelle, devient un lieu de moindre résistance qu'envahira la colonie bacillaire.
N'est-ce pas ainsi qu'on doit interpréter les observations de Fernet? Un phthisique cohabite avec un individu sain; ses bacilles pénétrent dans le sang de l'individu sain par quelque éraillure du tégument, plus souvent par quelque desquamation de la muqueuse des voies aériennes. Ils arrivent ainsi dans les réseaux capillaires des organes sexuels qui, dans ces cas particuliers, étaient des lieux de moindre résistance et c'est là qu'ils ont proliféré.
Celte rapide étude peut être résumée en quelques mots : les observations publiées jusqu'à ce jour ne nous paraissent pas résister à l'examen et la théorie de l'infection tuberculeuse directe par la voie génitale n'a pas fait un pas depuis le jour où Verneuil l'exposa si brillamment d'ailleurs. Nous ajouterons que l'hypothèse nous semble peu vraisemblable et le plus souvent les tuberculoses des organes sexuels auraient pour origine une véritable auto-inoculation.
Paul Reclus.
(lecins de presque tous les pays, au point de vue de leurà tendances doctrinales, on serait obligé de les diviser en deux ordres, les radicaux qui mêlent avec une hardiesse sans égale l'induction et la déduction. Il y a vingt ans, ces médecins ne juraient que par la théorie cellulaire, ne voyaient partout oue noyaux en voie d'étranglement. Ces noyaux se sont transformés en microbes, et la théorie des infiniment petits sera probablement pendant vingt ans la pierre angulaire de la plupart de leurs hypothèses. Les conservateurs se défient de tout ce qui est nouveau ; leur moyen d'étude préféré est l'observation; la pathologieexpérimentale leur semble une nouveauté dangereuse et ils ne veulent, à aucun prix, entendre parler de déduction. Nous ne connaissons plus les réactionnaires, ceux qui ne juraient que par Htppocrate, traitaient Galien de novateur, rejetaient systémaliqnemeiit tes méthodes d'exploration modernes et considéraient les renseignements qu'elles donnent comme de dangereuses illusions. Il paraît que celte classe de [traticiens existe en-
core en Espagne, qu'il y a dans son sein des individus de valeur, plus érudits à coup sûr que beaucoup de leurs confrères. Les aphorismes d'Hippocrate constituent leur guide clinique, et Solano de Luque aurait dit le dernier mot de la science. Un journal satirique met l'un d'eux en scène : il est appelé pour un enfant assez faible, présentant probablement des accidents de croissance; ce symptôme correspond â un aphorisme précis, clair et conduisant lui-même à un autre. L enfant est fatigué, il a des petits mouvements fébriles ; la fatigue annonce une maladie et ces mouvements sont l'avantcoureur de la phthisie; la diète et les purgatifs sont indiqués parce que : impura corpora quanta plus nulries, tanto plus lœdes ; il faut en outre, chasser la inateha peccans. Ce traitement ne produit aucune amélioration, au contraire la faiblesse et la lièvre augmentent. Le docteur ne voit lÀ (ju'unc confirmation de son idée et porte un pronostic funeste toujours en vertu d'un aphorisme: ''^J^^'^A^^ frisson dans le cours d'une fièvre [âq9itiefl^ltbH\.etiK^tôw
138 — No 9 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MËDEGIKE ET DE CHIRURGIE 27 Février 1885
CoBtrlbutlODS pharmMeallquoH.
POTIONS ET GAItCAniSHES A L'aCIDE CHLORIlYDRUilE.
La pectose est une substance analogue & la cellulose ; elle se rencontre dans les fruits verts et dans quelques racines (navets, carottes), où les acides la transforment en pectine pendant la maturation. La pectine est une substance incolore, soluble dans Teau et insoluble dans l'alcool. Sous l'influence du ferment appelé pectose, elle se transforme en acide pectosique et pectique, tous deux insolubles dans l'eau. C'est grâce à celte fermentation pectique que les sucs de fruits se prennent en gelée.
Les alcalis, aussi, font passer la pectine à l'état d'acide pectique.
Lorsqu'on fait bouillir de la pulpe de carottes avec du carbonate de soude, il se produit du pectaie de soude. Ce sel, au contact de l'acide cblorhydrique, est immédiatement décomposé et donne naissance à un précipité d'acide pectique gélatineux.
Le même phénomène se présente quand on ajoute de Tacide cblorhydrique à du sirop d'écorces d'oi-anges amères ou à du iniel rosat.
Les pectates que contiennent ces sacchurolés forment de l'acide pectique au contact de ta plus minime quantité d'acide cblorhydrique. Il suffit d'une seule goutte pour faire prendre en gelée 20 grammes de ces préparations.
Cette réaction nous est même précieuse quand nous voulons vérifier si le sirop d'écorces d'oranges n'a pas été fait au moyen des extraits fluides et si le miel rosat est bien authentique.
La gelée que forme, en ce cas, ce mellite, est de couleur framboise et d'agréable odeur de rose.
Évidemment, l'eau qu'on ajoute pour faire une potion ou un gargarisme délaye cette gelée et fait illusion; mais avec le temps un dépAt ne larde pas à se faire au fond du flacon, et la préparation n'est plus homogène.
Il résulte de ces faits que l'acide cblorhydrique peut rencontrer dans les mélanges médicamenteux de nombreuses incompatibilités et qu'il est prudent de ne l'additionner que de sirop simple et d'eau distillée. Ses proportions sont en général de :
5 à 10 gouttes en potion de 125 grammes,
20 à 30 gouttes en gargarisme de 250 grammes,
Idem en collutoire de 30 grammes, 3 4 4 grammes pour 1000 grammes de limonade.
TRAVAUX ORIGINAUX
■laMtoile. I
Recherches sur l'état du sahg et de la bile daks le CHOLÉRA, par M. Georges Hayeh, avec la collaboration, pour la partie chimique, de M. Wihter, préparateur du laboratoire de thérapeutique.
(Fin. — Voyez le numéro 8.)
VI. Caractères spectroscopiques. Capacité respiratoire et gaz bv SANG. — Le sang noir asphyxiquc qui sort des veines ouvertes pendant la période de collapsus ne reprend qu'incoinplèlement, lorsqu'on l'agile à l'air, la coloration rutilante du sang oxygéné; il conserve une couleur groseille particulière, qui semble indiquer une moditicalion de l'hémoglobine. Ce caractère m'a paru constant, bien qu'il ne soit pas également sensible dans tous les cas.
Cependant à l'examen spectroscopique le sang cholmqae se comporte qualitativement comme le sang normal. Il présente nettement les deux bandes de l'oxyhémoglobinequise confondent en une bande unique sous I iufiuence des agents réducteui's(1).En comparant à diverses reprises des solutions de sang normal et des solutions de même coloration faites avec du sang cholérique, il m'a été impossible de noter me modification spectroscopique notable. Il m'a semblé cependant que l'oxyhémoglobine du sang cholérique se réduit ua peu plus lentement que celle du sang physiologique; mais ce n'est pas là un caractère précis.
Pour faire l'étude des gaz, le sang a été recueilli tantit sur le cadavre, quelques heures seulement après la oiorl, tantôt sur le vivant à l'occnsion des transfusions veineuses.
Dans tous les cas, le sang débarrassé de la fibrine ou des caillots a été examiné au point de vue de sa richesse en hém<^lobine ; puis, après avoir été fortement agité i l'air, il a été introduit dans la pompe de Gréhant.
La plupart de nos observations ont porté sur le sang de i malades atgides. Les uns avaient été transfusés, les autres | non transfusés.
(1) Rn omplojrinl comme agont riducteur )e sul^ire d'ammaniuin, }'aî vd tfff railre «n luâme iciiipï qua la bande de Slokes une bande élroilc située à i^urbf if la raia D. C«lle ItanidD aUfo à 70 qdand la mis D est à 80 ; celle de la mcUhr»globino ferait dana les mSnies conditions k 07 environ. Hais je mo ui* «mip avec du tang normal ijnc c'csl )k nue parlicnlarild qui accompagae la rédnr.i^' 1 de l'oxyliéiiioglobiiic par le nuKure d'imniDniuiD. Le lan^ chelériquc ne pratcni'' rien de pariiculier à cot é|^rd.
vidu déjà aflaibli, c'est un signe certain de inorl. La famille a la mauvaise idée d'appeler un jeune médecin en consultalion. Le premier lui retrace l'histoire de la maladie et lui démontre, avec force citations latines, qu'il n'y a rien k espérer; inutile de dire qu'il n'a point songé à ausculter, qu'il n'a nullement essayé de faire un diagnostic précis; le jeune homme, après avoir examiné à son tour,pousse l'irrévérence jusqu'à ne pas tout à fait partager les opinions du maître ; il prescrit un traitement reconstituant et remet le petit malade sur pied en quelques jours.
Derrière ces docteurs d'un autre âge, le charlatanisme montre sa simarre bigarrée, son faciès railleur et Impudent. Il a I& aussi ses traditions. Certains de ses adeptes s'appellent eux-mêmes des apôtres, le peuple les accepte pour tels et t|uand par hasard on les poursuit, les magistrats les acuittent infailliblement. D'autres charlatans professent des oclrines singulièrement vieilles, des sages-femmes croient et répètent de la meilleure foi du monde que las présenta-
tions du tronc ou du siège sont sous la dépendance des constellations d'Andromède et d'Orion, les moindres phénomènes célestes sont en rapport avec les fonctions utérines, les cirrhus ou les cumulus favorisent la menstruation ; on peut reconnaître à toutes les époques de la grossesse si l'enfant est bien ou mal constitué ; dans le second cas trois cheveux pris sur le vertex de la mère et appliqués sur l'ooibilic d'après les pratiques d'un rituel donné lui rendent sa forme et sa situation.
De hardis empiriques se moquent sans pudeur du pubii<- ; un d'eux faisait appliquer sur la joue d'un patient qui avait une nécrose de la mâchoire supérieure des compresses imbibées d'eau pure qu'il vendait fort cher sous le nom pompeux de protoxyde d'hydrogène. Un second promettait la guérison à une femme affectée de cancer utérin, il faisait de temps en temps des cautérisations légères au nitrate d'argent, recommandait l'application sur l'abdomen des cataplasmes coimu8[3)|iti^éfi^©U3k^[&mptRttt
37 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N- 9 — 139
Dans un premier tableau nous allons mellre les résultats obtenus, pendant la période de coUapsus algide, chei les non transfusés.
fiante
RichoiM
Gai oblentu net
Gai rapporlda i un sing qnl aorail
pris pciidunt
pris
sur
glubulaira
en glubulos
r^hantillM d«
& fwllions do {lobutea sains.
sain*.