‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 36 sur 228 · L. Thomas · texte numérisé non relu

L. Thomas

Kacci-tk DR Nancy. — J^a chaire de pathologie externe dp l.i Faculté de médecine de Nancy est déclarée vacante. Un délai de vingt jours, à partir de la présente publication, est accordé aux candidats pour produire leurs titres.

— M. Heydenreich, professeur de path^wLe^xt^uielMt transféré, sur sa demande, dans UâKâ^ W <Hial4ae^Blf^l%tea]e.

27 Février 1885 GAZKTTK HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CIIIUUUGIK

— N* 9 ui

dant la pénode d'algidité, est d'uae couleur vert jaunâiro sale. On en recueille 70 grammes en vidant complètement la vésicule. Elle est légèrement' alcaline et d'une densité de

1 f UIU«

Traitée par l'alcool elle laisse déposer un mélange formé de mucus et d une petite quantité d'albumine. L'analyse chimique a donné les chiffres suivants :

Principes lises 75^«7

Mucus el alliumiac 23*37

Malièresçrasscssolablcs Jnns l'éllicr. 5,76

Cnolesténoe g 55

Sels biliaires 31 32

Matières minérales r'wi

Pertes i;97

Cendres solobles !..,!!!!!!! 3*^5

Cendres insolubles 1 l'^25

On a pu constater des traces d'urée.

Dans le courant de l'extraction des matières grasses par I éther, ces matières ayant été traitées par l'eau de barvie pour séparer la lécithine, l'éther a retenu une substance à réaction alcaline, dégageant de l'ammoniaque par la calcinalion avec boursouflement et résidu charbonneux.

La solution éihérée a laissé un résidu qui a été traité par acide lartrique jusqu'à réaction acide, puis repris par I elher, traité par le bicarbonate de soude, puis lavé à l'eau pour enlever, avec l'excès d'alcali, ta névrinc el repris par I elher dont 1 évaporation a taissé alors une masse jaune brun à odeur fétide, rappelant un peu celle de Tabès et ayant une reaction alcaline.

Traitée par l'acide chlorhydrique, cette masse s'est dissoute en partie; I autre partiea prisuneapparence huileuse et s'est redissouie dans I elher.

La solution chlorhydrique évaporée au bain-marie a laissé sur un verre de montre un très faible résidu ayant une apparence cristalline. ^

Un accident ayant fait perdre cet échantillon, les mêmes opérations ont été reprises à l'aide de la bile d'un autre cholérique. Cette bile avait sensiblement les mêmes caractères que la précédente : réaction alcaline, couleur jaune sale, hlle a été conservée pendant quelques jours (du 3 au 12 décembre) dans de I alcool et examinée uniquement au point de vue de la subsUnce alcaline trouvée dans la bile dont on vient de donner l'analyse. On a obtenu le même résultat, u substance alcaline se dissolvant dans l'acide

chlorbydnque. Cette solution a permis d'essayer quelquesunes des réactions des alcaloïdes.

Avec le chlorure de platine on a obtenu un précipité formé de fines paillettes jaune brun confusément mélangées. Liodure double de potassium et de mercure a produit un précipité floconneux, blanchâtre.

Après quelques recristallisations dans l'eau et évaporation au bain-marie et dans le vide, on a pu obtenir des cristaux très nets de chlorhydrate, constitués par de fines aiguilles pyramidales, Iransparenles, très légèrement colorées en jaune, très solubles dans l'eau. La faible quantité de matière obtenue n a pas permis d'essayer tous les réactifs des alcaloïdes. Cependant, outre les réactions citées précédemment, on a pu éprouver l'effet du ferrocyanure de poUssium qui a donné un léger trouble tirant sur le vert et celui de l'ammoniague qui a donné un précipité blanchâtre disparaissant rapidement dans un excès de reactif.

Après ces manipulfttions il ne restait plus que 2 milli- ^rainmes de sel. Ils ont servi à faire une dissolution qui a -•té injectée à deux grenouilles et k un jeune cobaye.

Les grenouilles n'ont rien présenté de particulier et elles >nt survécu ; les battements du cœur examinés sur l'une I elles pendant une heure sont restés r^uliers el sans variations de nombre.

Si'prL£aE9iT.

Quant au cobaye qui a reçu environ i milligramme desubslance, il n'a offert pendant les deux heures qui suivirent l'injection que de l'agitation et un état de souffrance manifesté par des cns. On l'a trouvé moit le lendemain; mais son autopsie n'a révélé aucune particularité nolidile.

t^lhologie oxpérlumnlnle.

La tuberculose est-elle transhissible i*An la vaccine. Communication faite à la Société des hôpitaux dans la séance du 13 février 1885, par H. le docteur L Straus, agrégé, médecin de l'hèpital Tenon.

Parmi les objeclions élevées contre la vaccine, il en est une qui s'est produite souvent, mais sans jamais se présenter avec les preuves irréfutables à l'appui, comme c'est le cas pour la syphilis vaccinale: c'est la possibilité de transmettre par la vaccine la tuberculose ou la scrofule. Les découvertes de Villemin et de Koch semblent bien faites pour légitimer ces appréhensions. Cependant les documents positifs que nous possédons sur ce sujet, si important au point de vue de l'hygiène, sont, ainsi qu on le verra, extrêmement restreints.

Le premier de ces documents, à ma connaissance, est la note présentée à l'Académie des sciences, le 8 aoûtl881, par M. Toussaint, sur < l'infection tuberculeuse par les liquides des sécrétions et par la sérosité des pustules de vaccin 1. M. Toussaint arrive aux conclusions suivantes :

« Avec le vaccin, dit-il, recueilli sur une belle pustule d'un enfant en excellente santé etprovenant de parents robustes, j'ai fait à une vache tuberculeuse sept piqûres autour de la vulve. Quelques jours après, les pustules se montraient en nombre égal à celui des inoculations. Le septième et le huitième jour, ces pustules étant ombiliquées, j'inoculai la sérosité à quatre lapins et à un porc. Deux lapins tués deux mois après ont montré toutes les lésions de ta tuberculose : tubercule local, ganglionnaire et tubercules pulmonaires. Le porc présent*! en ce moment un tubercule local bien développé ; il ne sera tué que plus tard; mais il est certain qu'actuellement déjà il y a généralisation et qu'il est tuberculeux.

» Au moment où la vaccination peut devenir obligatoire et avec les tendances actuelles qui sont de faire passer le vaccin par les animaux d'espèce bovine, il est nécessaire de bien choisir les sujets qui devront être les producteurs du vaccin. Ce n'est qu'après un sérieux examen de toutes les conditions par lesquelles a passé l'animal qu'il pourra être inoculé et servir à la pi-oduclion du vaccin. Cet examen devra aussi être fait chez tous les enfants ou adultes dont les pustules doivent fournir l'élément nécessaire aux vaccinations. »

M, le professeur Vulpian. dans la séance où celte communication fut faite, prit la parole au sujet de conclusions aussi graves, tirées d'un fait expérimental unique, c II ne faut rilt-il, accepter que sous toutes réserves les conclusions que M. Toiissainl a tirées de ses recherches. Il faudrait, pour que ces faits fussent à l'abri de toute contestation, qu'ils eussent été reproduits un grand nombre de fois avec les mêmes résultats, et, autant que possible, sur des animaux autres que le lapin et le porc. »

Peu de temps après la première communication de M. Koch sur le bacille de la tuberculose, parut un travail intéressant de M. Lothar Meyer (1); ce médecin s'eflbrça de démontrer, par des raisons il est vrai surtout théoriques, que « quoique la tuberculose et la scrofule rentrent désormais dans la classe des maladies infectieuses vraies, dues à un pa-

(1) Zur Bhrenretlvng Jmner'g humanUirUr Lj/mplte. -vtlober Imptanect < lAii)|7cnKhwiidMwhti(«r > in vorHwliriltep^.|[rapJ|(<Qi;|4(itii}^(l{iiii^

firier Lympha igulmberg'i nerMjahneh. MlS^yîl p. SOI et p. 313).

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CfiIHURGlE

27 Févruer 1885

rasite — le bacille de la tuberculose, — il n'existe cependant pas le moindre danger de transmission de ces maladies* parle vaccin humanisé». At'appui de cette manière devoir, il institua les recherches suivantes :

Onze phthistques arrivés à un stade avancé de la maladie et qui n avaient jamais été revaccinés, le furent le iO août 1883 avec de la lymphe vaccinale gWcérinée. Sur quatre de CCS individus, de belles pustules se formèient et le contenu de ces pustules fut examiné par M. Gultmann, au point de vue de la recherche du bacille de la tuberculose, d'après le

firocédé d'Ëhrlîch. Dans aucune préparation oh ne constata a présence du bacitle de Koch.

Lorsi^ue j'eus connaissance des recherches de M. Lothar Ueyer, je tins k les répéter et à les compléter, estimant que, pour établir un fait aussi capital que celui de la non-vimlence tuberculeuse du vaccin recueilli sur des tuberculeux, il importe d'abord de multiplier autant que possible le chiffre des observations. D'autre part, M. L. Meyer s'était borné à l'examen analomîque du contenu des pustules vaccinales; cette recherche est évidemment insuffisante, le nombre des bacilles contenus dans une pustule pouvant être Irès restreint, assez pour échapper à un examen' anatom'ïque très minutieux et suflisant cependant pour conférer au liquide infructueusement examiné par nos méthodes actuelles de coloration la virulence tuberculeuse. — Il fallait de toute nécessité le contrôle de l'inoculation.

Depuis les premiersmoisde 1884, ou j'ai commencé ces rechercnes, j'ai fait revacciner avec du vaccin de génisse et par les soins de H. Gbambon tous les tuberculeux entrés dans mon service à l'hèpital Tenon. Sur cinq seulement les pustules vaccinales se sont développées suffisamment pour se prêter aux recherches que je voulais entreprendre. Ces recherches consistèrent : i° à recueillir sur un certain nombre (4 à 6) de lamelles du contenu des pustules et à colorer par le procédé d'EhrIich dans le but de rechercher te oacille de la tuberculose ; 2° à inoculer le contenu de la pustule dans la chambre antérieure de l'œil d'un lapin. L inoculation se faisait tantôt avec une Irès fine lancette à vaccin, tantôt avec une seringue de Pravaz à aiguille très fine ; dans ce dernier cas^ le liquide de la pustule vaccinale élait dilué avec un peu d eau ou de bouillon stérilises. Voici le résumé de ces expériences.

Obs- 1. — Augustîne Masson, entrée le f9 mai 188i, salle Béliier, n" 8. Tuberculose au deuxième degré ; râles sous-crépitants sous les deux clavicules, amaigrissement, sueurs nocturnes, crachats contenant des bacilles. Elle est revaccinée le 20 mai par M. Chambon et le !28, elle présente au bras trois pustules assez développées. Avec la sérosité recueillie dans ces pustules, on fait 12 lamelles: traitées parla méthoded'Ehrlich,aucutic ne révèle la présence de bacilles de la tuberculose.

Avec une lancelte A vaccin on inocule, k travers une piqûre de la cornée, lo contenu des pustules dans la chambre antérieure de l'œil d'un lapin. Au bout de quelques jours, l'état de l'œil inoculé ne diffère pas de celui de l'œil sain ; quatre mois après, l'œil est encore intact et l'animal paraît sain; il sert à une expérience de ligature du caual cholédoque et, A l'autopsie, pas de traces de tubercules.

Obs 11. — X... salle Cl. Oeruard, n" l ; tuberculeuse enceinte ; lésions peu avancées des sommets avec fièvre notable. Elle accouche le 11 juin d'un enfant mâle, bien portant. Elle est revaccinée avec succès ; le S4 juin 1884, on examine le contenu des

Sustules parla méthode d'EhrIich : pas de bacilles. L'inoculaUon e ce contenu dans la chambre antérieure de l'œil d'un lapin donne le même résultat négatif que dans Texpérience précédente.

Obs. III. — Femme tuberculeuse très avancée, salle CI. Bernard ; quoique presque mourante, elle est revaccinée avec succès. Le ^8 juillet on examine le contenu des pustules par ta méthode d'EhrIich; pas de bacilles; on inocule de ce contenu dans la chambre antérieure des deux yeux d'un lapin. Résultat négatif de l'inoculation. U malade meurt huit jours après, présentant toutes tes lésions de la tuberculose au troisième degré.

Obs. IV. — Henri Arbin, salle Aadral, n* 1(1. Tuberculoie palraonaire A marche rapide ; excavations aax sommets; Iticilles très nombreux dans l'expectoration. Revacciné avec succès le 21 oetobre 18H4. 1^ 11 octobre, la sérosité de la pustule e^t examinée par la méthode d'EhrIich; pas de bacilles. Cette sépoiité, étendue arec un peu de bouillon stérilisé, est inoculée A faide delà seringue de Pravax, dans la chambre aaiérieure de l'œil d'un lapîo. L'inoculation n'est suivie d'nucun résallal.

Obs. V. — Alex. Janin, Agé de vingt-sept anar salle Andral, n* 9. Tuberculeux confirmé; nUes cavernuleux aux deux sommets, amaigrissement, diarrhée, fièvre lieclique; bacilles dans l'exper.loralioo. Il est revacciné le 22 octobre; ou croyait que l'opération avait échoué lorsque, fait assez curieux, le 8 novembre, iiix>sept jours après l'ioseilion du vaccin,[|e duÎImU montre sars«a bras une maî^iftque pustule raccinaléi ieflé qu'elle apparaît babituel- , lement au septième' ou fa'uitièmé jour. Le contenu de la pustule, examiné par le procédé de coloration d'EhrIich, ne révèle pas de bacilles. On iigecte de ce contenu daiis la chambre antérienre des deux yeux d'un lapin; dix jours après l'inoculation, tes yeux ont leur aspect normal ; le lapm (très gros) a été sacrifié cinq mois après (9 janvier 1885) pour une autre expérience; pas de tubercnles.

Pendant' nue je faisais ces recherches â Pai^iâ, des recherches analogues étaientpoursuiviesàLyon, surleeonseil et sons la direction de M. le professeur Chauveau, par M. Josserand, interne des hôpitaux de Lyon. Ces recherches se trouvent consignées dans la thèse inau^rale très intéressante de M. le docteur Josseraiid(l); j'ai su depuis aussi que M. Gbauveau avait fait, au Con^rfrs d'Amstcûrdam, sur ce sujet, une conférence encore inédite, mais qui doit paraître bientôt et qui sera assurément des plus instructives.

Les expériences de M. Josserand ont été instituées et condiiites avec la plus grande rigueur; elle portent sur 14 tuberculeux revaccinés avec succès; la lymphe vaccinale fournie par ces 14 sujets a été inoculée chaque fois A plusieurs ci^ayes, dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou dans le péritoine; les malades vaccinifères ont présenté les différents stades et les diverses formes de la tuberculose (formes lentes et apyréliques, formes rapides et fébriles, et dans un cas la forme broncho-pneu monique aiguë). Dans ton* m« cas, les résultais de l'inoculation ont été négatifs.

Ainsi donc, dans quatre cas explorés (imparfaitement il e$t vrai) parH.LotharMeyer,dans les cinq expériences qui me sont personnelles et dans les 14 expériences île M. Josserand, les résultats se sont constamment montrés négatifs. Gela prou ve-t-il, d'une façon absolue, la non-virulence tuberculeuse ihi vaccin recueilli sur des sujets tuberculeux? Non, assurément, vu le chiffre encore beaucoup trop restreint «te ces ex-

Êériences et surtout vu le résultat positif annoncé par [. Toussaint. Avant d'avoir le droit de conclure à une erreur d'expérience, surtout quand il s'agit d'un expérimentatenr de la compétence de H. Toussaint, il faudrait disposer d'un nombre de faits contradictoires beaucoup plus grand.

Toutefois il est d'autres considérations encore qui permettent d'alTirmcr que la contiitni nation vaccino-tubcrculeuse, si elle existe, est pour le moins excessivement problé^ nialique.

C'est d'abord le choix dn vaceinifère. Il est de règle presque absolue de ne pas se servir, comme porte-vaccins, de

sujets adultes, mais d'enfants Agés de quelques mois seulement; or l'un sait que la tuberculose, quoiqu'elle s'observe parfois, est très rare à cet Age de la vie. Or nous venons de voir que Ton a extrêmement peu de chances i\e recaeiWir de la lymphe vaccinale tubercufeuse en la prélevant sur des sujets cependant profondément tuberculeux et choisis A dessein pour cela; A fortiori, ces chances seront-elles infiniment moindres lorsque les vaccinifères seront, de par leur Age même, presque A coup siïr, indemnes dMuberculose ?

(1) Josttrand, CdiUrUiiIio» à t'éttUe LyM, jniUet 188i). — lin chapitra im

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11 y a uae deuxième raison d'être rassuré : c'.est le inoile nëined'iiiocutalioi). Dans les expériences en auesUun (et qui, -épétons-le, ont toutes été négatives, sauf l'expérience de i. TânssaÏBt) on inoculait la lymphe susppcléc dans la chainire antéfleure de l'œrl, dans le tissu cellulaire sous-eutané m dans le péritoine, c'est-à-dire qu'on recourait au mode l'insertion que l'expérience, depuis BI . Villetiitn et ColinlieÙD, ndique comme étant le plus sur pour provoquer la tubercuose chez des animaux a^Ksi prédisposés que le sont les apins et les cotmyes. On sait que pour la vaccinaliou on proède loul différemment et qau l'insertion se fait Irës superHiellement dans le corps muqueux de Ualpighi, sous la couhe cornée, ou tout au plus (quand il vient un peu de sang), ; la partie la plus superficielle du corps papillaire.

Il y a longtemps déjà que M. Ghauveau, dans ses études ur les difltérenls modes de transmission expérimentale de la uberculosc, a montré que « la surface du derme ne se prête IBS beaucoup à l'absorption et au développement de la maière tuberculeuse 1, et il oppose cette diflicuUé d'absorption i la constance presque absolue de l'infection tuberculeuse lar l'inoculation sous-cutanée, d'après le procédé initial et i sûr de Villemin H). Ces expériences out été reprises, à 'instigation de H. uollinger, par un de ses élèves, et elles ont assez inlérossanles pour que je les signale ici :

« La question de savoir, dit M. Bollinger, si le poison tuberculeux peut être absorbé par des blessures superficielles le la peau a, outre rintérèt lliéoriquc, un véritable intérêt iratique. Si oni, il en résulterait un grand danger pour quionque manie des cadavres de phtliisiques ou de bêtes tteintes de la pommelière, pour le chirurgien qui pratique es opérations sur les phthisiques, pour les bouchers et les quarrisseurs. Enfin, on devrait craindre au plus haut deçré i contamination par la vaccine, qu'il s'agisse de vaccme umanïsée ou animale.

» Gomme la solution de celte question n'a pas été soumise jsqu'ici à la vérification expérimeotale, j'ai engagé le docsur F. Schmidl à faire une série d'essais sur ce point, dont oici le résultat.

» Les expéiieoces furent instituées de la façon suivante: es cobayes sains sont divisés en lois de trois ; sur chaque )t, pour s'assurer de la qualité du virus, on inocula à un des rois animaux, choisi comme témoin, le liquide tuberculeux ar inoculation sous-cutanée ou iotra-péritonéale.

» Les deux autres cobayes subirent à différents endroits du or|i6, à l'aide d'instruments mousses ou pointus, de légères rosions épidormiaues. Sur ces érosions qu'on ne fit pas plus refondes que celles <|u'o& pratique dans la vaccination, n fit pénétrer par friction de la matière tuberculeuse et l'on ecouvril avec du collodton pour protéger Pinbculalion con- :e les frottements. On laissa survivre les animaux pendant uatre à cinq semaines. Dans six séries d'expériences, le ssultat obtenu fut constant : les animaux ayant subi Tinocuitiou snpei-ficieile de la peau se monlrèrcnlàTaulopsie absoiinent sains, taudis que les tétnoins, ayant subi l'inoculaon dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le péritoine, laient invariablement atteints de tuberculose ('i). »

Ces faits expérimentaux, confirmalifs de ceux antérieurelenl annoncés par M. Ghauveau, sont fort instructifs; je oserais cependant en tirer toutes les conséquences qu'en îduil M. Botlinger, ni surtout conclure à l'innocuité absolue cottslanledeB olessurcssuperficiellesde la peau pardcs corps luillés de matières tuberculeuses. Je rappellerai surtout à i sifjet Timportante communication de M. le professeur srneuil, qui rend bien probable, dans certains cas, la iture véritableaient tuberculeuse et infectante de ce qu'on »pelle le tubereitte amtomigue; H. E. Besnier, dont la »mpétence est si grande dans cette matière, part«^ la

1) Clusmu, Lollre ■ il. Villoiiiiii, ëur la tranMmitiibititi de la mbereutote 9»eUe hOdmtuidaire, IVJi. p. âlO).

[t} Il BoUInfer, Zmr AitMâgie *er T»ketWiiMe (HïMlira, 1883, p. S).

môme manière de voir (1). Mais ces faits sont certainement très exceptionnels.

En résumé, le danger de l'infection tuberculo-vaccinale est improbable, presque chimérique, et cela pour tes raisons cumulatives qui peuvent se résumer ainsi :

1" A cause de l'^e des vaccinifères : les tout jeunes enfants sont très rarement tuberculeux ; ils ne sauraient donc transmettre ce qu'ils n'ont pas.

t" Le vaccinifère fût-il tuberculeux, la sérosité de la postule vaccinale aurait cependant les plus grandes chances de ne pas renfermer de germes tuberculeux (faits négatifo de M. L. Heyer, de M. Josserand, les miens — une seule expérience positive (?), celte de M. Toussaint).

3° Si cependant, par impossible, le vaccin employé renfermait le germe tuberculeux, le mode d'insertion auquel on a recours, le peu de profondeur de la plaie vaccinale serait encore éminemment défavorable au développement de ce germe.

Enfin 4* il est un dernier anument que je n'ai pas encore invoqué et avec lequel il est bien permis de compter: c'est IVttseignement oui ressort de la pratique de la vaccine ellemême. Depuis Jenner, la vaccination a peut-être été pratiquée un milliard de fois ou plus! C'est donc l'expérience numériquement la plus grandiose qui se soit jamais réalisée; or il t!L*exisie pas dans la littérature un seul cas bien établi de tuberculose vaccinale, procédant à la façon de la tuberculose inoculée, par un tubercule local, une adénopathic axillaire caséeuse, etc.

— Ceijui vient d'être dit et qui est surtout relatif au vaccin humanise, s'applique rigoureusement au vaccin de génisse. Les veaux, dont on se sert comme vaccinifères, et qui sont généralement âgés de trois à cinq mois, sont encore plus rarement frappés de tuberculose c[ue les tout jeunes enfants. Mon ami, M. Nocard, n'en a jamais constaté chez ces animaux. Je me sais renseigné à cet égard auprès de M. Villain, chef du service d'inspection de la boucherie à Paris ; ce vétérinaire distingué m'assure également c qu'à l'abattoir de la Villette, on constate la tuberculose très rarement chez ces jeunes animaux; néanmoins elle existe ». Avec une rare complaisance, M. Villain se propose de faire relever statistiouement les cas de tuberculose observés chez les veaux, relevé qui, jusqu'ici, ne se faisait à Paris que pour le bœuf adulte (2). La chose en vaut la peine, car dans certaines villes, à Bruxelles notamment, dans la crainte surtout de la possibilité d'une contamination tuberculeuse, on ne vaccine pas directement de

(I) Ve»«wl, Cm f itMCKlstitM tabereuleiue pnMU pendant ww oitfDiwic {Bull Àcaà. de médecine, S jaaticr 1881, p. 119). — Bauiior, in (liè«e de Vwchèra, Dei porlet d'entrée de la tuberculose, Paris, 1884, p. iS. — Aa niouifliil mAac oà cod aloprlmo, H. Ttcberning: (d« Copenhagw) vient de publier Mmob- ■emUon de • UiberciikMe iaoenlrfe cliei lltomaM ■. il ^aglt d'un* Mrvanle de vinfl-fattre an*. TironrooM, nrilameni scniftile»e, mu «aUcMento liMdltairas, qn lonrait un maître phUiUiquo. Quelque* Jours ivint U mort do son maître, elle m piqua WgteeDiont k la facedoraaie do U preiai^ ptaalangodu m&lius avec un fragniODl pointu provenant dei débris du verre dana lequel cracbaillo malade. Il >e développa au point de la piqûre hbo sorte de pamria, mis Mppnraliun, avec formation d'iin nodule sons-cutasé et empilement pdrlpboriqne, pou douloercoa . Trois meut aprèi evoifeount dei gaa|[lioas cnUuux et des glande* de l'MiaeUo. On n dé' cida k une opération radicale ; la petîto tunirur du dus du doigt, au niveau de l'articulation mtftacarpo^pbalangienae, lut eitirpûe, ainsi que les ganglions cabitaux cl aiitlaîrei malades. Dans la nodosité du doigt ainsi que dans les ganglloni, l'examen microscopiqM révéla )a présence de Mliealea tuberculeux avec betlâc cellules gdnntos ; chaque eet^, tniUe par te procédé d^BMteh, rtufèrmatt été haciUt» de la tmbereutMt. La JeuM Aile, revue quelques mois eprèi, éult Ueu porfautia et ne prëtentait pas do sjmptAmes Utoraciqnes, (Techemiag, Inoeidationi-Tuber' Guiôfc tieim Henscfaen {Fortichritte der Medicin, 18S5, n* 3, p. 03).

tf) Voici quelques chiffres qno j'ai pu recueillir dans les auteurs vôiéfinairct allomands. Sur Si 320 veaux loés k fuballoir d'Augsbourg, Adam n'en a pas vu un seul tuberculeux, tandis que sur 10888 bAteu à ooraes adultes, 321 étaient lubcrculensos (2,92 pour 100). A Hunicb, la proportion de» tuberculeux ckes les bœufs a été trouvée de 1,13 pour 100, chea les vaclies de 5,30 pour 100, le* taureaux de 0,73 pour 100, et enRu dm le* veaux do 0,0006 pour 10^^ Sur 100 000 veaux, c'est donc k peine 1 qui s'est trouvé tuberculeux (?i(th VitJwîpKtlJltf HeHekraulA. umarer HéUitkUre. Stuttgart, ISH, p. US). O

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GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 27 Février 1885

l'animal vivant au bras de l'homme ; on recueille le vaccin, puis, aussildt après la cueillette, on lue l'animal et on en pratique l'autopsie; si on trouve une lésion, la récolte est détruite (1). C est assurément une garantie de plus, mais celte garantie s'achète chèrement, puisqu'elle oblige à ne faire usage que de vaccin conservé, bien moins actif que le vaccin frais.

CORRESPONDANCE

I* bromhydrKle de quinine*

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