SÉANCE DU 2-4 FÉVRIER 1885! — PRÉSIDENCE DE H. BERGERON
MM. IcB doctcnra Sieard ot Poncel et H. Ttou (de llar«ellle) «imioiil un ibAnioirc mttnuwrit mr ta pfefcJoïofie palhttafique du tiiaUra. iCommiatton éet
ipidémiet-i
M. Icdocleur SrefOB adreaie le relevâdoi vaeciiHlioni et revaccinnlioM qu'il a ]jr>âquéci en 1883 au 80* réslmant de ligne. [CommUiion de vseeim.)
M. le Secrétaire perpétuel dépose : l'> au nom de H. lo docteur Boucheron, un inpnioire imprimé iw le diagmilie précoce de cerlaiaet tumeure de l'eett ; g» de Il pari de M. le docteur A. Uarly, une brocliuro lur la crétnalion.
M. Houleg fait lioininafe, au nom de H. lo doelcnr Koet Gueneau de jruuy, •I une Étude mr t'hj/giine d« MoUe tt det aneùnt iaraélitei.
M. Hervieux diSposc la traduciion, par M. lo docteur L. Hendtia, lur U 9* Milion ul1eiii)iiid« des Lepont tiini^uei lur lei maladitê dta enfant», de H. le docteur Hinocli, profoMcur à l'U.nivenilit de Beiiin.
M. Broiiardel offre, de la pari de If. le doctrnr Livi, un Wanuel pratifue dta maladiei de l'oreille.
M. Cuutantin Paul prâmlo, au nom de H. le docteur Zandtatù, un Imporlant )n<>tM>im manuKcrit, ajrunt pour titre ; De la lèpre ohienée & Conilanitiuple. — (Renvoi ù iiim Cnnimistlon «arapOB(<a dn HU. Th, {iiuttel, Bemiçr et Comlanlin P<iri(.ï
M. Peter dt^posr, de la pari do M. le docteur £. Duval, une bruchiire twr let amntaset ie t'hudrothirapie hivernale.
U. BMiky pr^ete un themo~ettutin vétérinaire, iina||-iné par MU. Paquelin cl de Plaee.
U. le docienr Boiuean du Rocher place soua let yeux de l'Académie une nouvelle pile à cireulalian pour galvanocauttinue.
L'krïsipèle et la Méthode antiseptique. — Pourquoi l'érysipèle est-il plus rare aujourd'hui que par le passé dans les services de chirurgie où l'on emploie la méthode antiseptique et pourquoi cette méthode parait-elle cependant moins efficace vis-à-vis de l'érysipèle que contre les maladies infectieuses qui sévissaient jadis avec tant de violence sur les blessés? Telle est la double question posée par M. Verneuil.
Et d'abord le doute n'est pas possible quant à la première ; il n'en faut pour preuve que le parallèle entre le nombre des 5rysipèles observés par M. Gosselin de 1862 à 1867 dans le service de clinique de la Pitié et le nombre des cas que M. Verneuil a observés dans le même service depuis 1872. En 1862-1864, M. Gosselin eut k soigner 133 érysipèlesdonlanl une mortalité de 31 ; en 1865-1867, après l'adoption lans les salles d'une série de mesures hygiéniques, il n y eut >ius que 45 cas avec 7 décès, dont 13 cas extérieurs et 32 inérieiirs ; cette diminution fut due à la ventilation des salles, a séparation des malades atteints, te refus d'admission des 'rysipèles venant du dehors, l'adoption des caustiques pour 'ablation des tumeurs du sein, des loupes, l'abandon à la lature des abcès post-puerpéranx du sein. Lorsque M. Verleuil prit ce service en 1872, l'endémo-épidémie érysipélaeuse sévissait de plus belle ; cependant il ïre se refuse pas à 'admission des érjsipélateux du dehors, au mélange de nus les malades dans la môme salle, à l'emploi de l'instrunent tranchant, maïs il fit usage de la méthode antiseptique ous toutes ses formes, et en substituant à la réunion imméiate les pansements ouverts ou le pansement liuaté. Il
eut, en 1877-1880, que 6 décès sur 30 cas, dont 5 venant u dehors et 24 cas intérieurs. La diiïérence proportionelle est, on le voit, considérable.
L'antisepsie suffit-elle à tout et dispense-t-^elle de toute jlre mesure? M. Verneuil ne le pense pas et il regrette de 'avoir pu associer à l'action préventive des pansements anscptiques l'action préservatrice d'un isolement complet et ■flcace, car il eut en 1877-1880 trois petites épidémies de et -4 cas, provenant de l'extérieur, et si le premier érysipéteux n'avait pas été admis du dehors, ne s'était pasdéveppé dans les salles ou même avait été, dès son apparition, gouretiseraent isolé, il n'y aurait eu que 20 cas au lieu de 30, minuant la léthalîte de 14 pour 100. Récemment encore,
aucun cas ne s'en était présenté ni développé dans les salles de M. Verneuil dépuis fe mois de septembre, lorsque le 12 janvier un blessé, atteint d'une plaie de tête compli(jiiée d'érysipèle depuis trois jours, fut le point de départ dune petite épidémie qui a déjà affecté 4 autres malades | il n*en aurait sans doute pas été ainsi si ce malade avait pu être traité dans un local tout à fait séparé.
On prétend que certains chirurgiens de Paris n'ont plus un seul cas d'érysipèle dans leur service; ne se trompent-ils pas eux-mêmes? A l'étranger, où l'on applique fort bien la méthode antiseptique, on voit toujours cette complication mentionnée dans les statistiques hospitalières. A la vérité, si dans un hôpital tout neuf on mettait en vigueur l'antisepsie radicale à partir du premier jour et qu'on ne reçût du dehors aucun érvsipélaleux, l'érysipèle pourrait ue jamais apparaître, puisque ses germes auraient à franchir de graiids espaces pour arriver de la ville ju!>qu'aux salles de chirurgie. Il est loin d'en être ainsi et l'érysipèle des hôpitaux a deux origines: la ville empoisonne l'hôpital parles malades qu'elles y envoie et l'hôpital contamine la ville par les convalescents qu'il y envoie. M. Verneuil en donne un certain nombre .îlfi.|?i!ÇM\.Çs,e(j|'nBO^|re gue, l'érypipèlp étant une maladie parasitaire, il sutiit de constater que son germe, quel qu'il soit, n'existe pas i>artout et se développe plus particulièrement dans certaines conditions données pour recommander de prendre les mesures prophylactiques suivantes :
i" Les médecins de la ville s'efforceront, autant qu'il sera en leur pouvoir, de soigner à domicile les érysipelateux de leur clientèle et prendront vis-à-vis d'eux les mesures capables d'empêcher la contagion et le développement des petites épidémies locales. 2° Si les malades sont forcés d'entrer à l'hôpital, où je n'admets pas qu'on puisse les refuser, ils seront isolés aussitôt dans des salles spéciales pour ne point infecter les salles communes, faire naître les petites épidémies et reproduire l'endémie. 3" Si l'isolement n'est pas réalisable faute de salles spéciales, ce qui est encore le cas pour la presque totalité de nos hôpitaux, on s'efforcera au moins de créer autour du malade une sorte de cordon sanitaire comme le voulait M. Gosselin en éloignant de lui autant que possible les autres blessés, en le plaçant dans les derniers lits de la salle, etc. 4° On traitera enfin l'érysipélateux du dehors par tous les moyens capables d'abréger le mal, de détruire les germes du contage, ou d'empêcher au moins leur dispersion. Les pansements antiseptiques sont ici plus indiqués que jamais; on aura recours en particulier à la pulvérisation phéniquée prolongée, qui a le double avantage d'agir topiquement sur l'érysipèle et de créer entre l'érysipélateux et ses voisins une sorte d'atmosphère aseptique (le sublimé
f tarait avoir une action plus efucace encore, en applications ocales). 5° Contre l'érysipèle intérieur les précautions ne seront ni moins nombreuses ni moins efficaces. On évitera d'abord toutes les manœuvres exercées sur les plaies et qui font si souvent naître l'érysipèle ou la lymphangite par autoinoculation. On emploiera l'antisepsie sous toutes ses formes et avec tous ses procédés dans les cas de blessures et de plaies, et surtout dans les opérations cavîtaires. 6''Si malgré tout un cas se développe dans l'intérieur, on le placera, si c'est possible, dans une chambre d'isolement, sinon on lui appliquera l'isolement relatif indiqué plus haut, et on instituera de suite le traitement par la pulvérisation phéniquée, sans préjudice des médications internes indiquées : émétocatharlique, boissons acidulées, alcoolature d'aconit, etc. 7° Toutes les précautions antiseptiques et les applications externes de même nature seront continuées longtemps après la disparition de l'exanthème, la contagiosité de celuici se prolongeant pendant toute la période de desquamation. D'autre part, pour arriver plus rapidement à la disparition de cette complication, il faudra, un jour ou i'aùtre^iuu]^ loin de repousser les érysipèles e^»a?Si,lw4aMPpé(ULV.
27 Février 1885
en quelque sorte à l'hôpital dès que l'on possédera des salles d'isolement et que la thérapeutique de l'érysipèle aura accru sa puissance. Il ne faut pas oublier enun que les mesures prophylactiques qui diminueront le nombre des érysipélateux atténueront le pronostic général de la maladie, à fa condition toutefois que le malade soit indemne de toute tare organique.
H. Gosselin donne ta statistique détaillée des érysipèles (|u'il a constatés & la Charité depuis le 1" novembre 1874 jusqu'au 31 août 1882, en déclarant tout d'abord que Ton ne saurait douter que les pansements anliseptiques ont beaucoup diminué, sans les avoir fait complètement disparaître, les érysipèles oppraloîres, aussi bien dans la pratique particulière que dans celle des hôpitaux. Pendant ces nuit années, il a eu 86 érysipèles, dont 63 guérisons et 23 morts. I! convient de faire une distinction, si l'on veut apprécier l'influence des antiseptiques : 1" sur ces 86 cas, 23, dont 6 mortels, sont venus du dehors, sans qu'aucune des blessures qui les avaient produits ait été soumise à un pansement antiseptique ; 2" 38, dont 1 1 mortels, se sont développés dans les salles mêmes, la plupart à lu suite ^dc petite.s solutions de continuité accidentelles ou spontanées pour lesquelles les antiseptiques n'avaient pas été employés ou 1 avaient été à des doses tellement faibles qu'elles étaient insufïlsanles pour prévenir l'érysipèle, saufpour deux cas de plaies de la tête, sans fractures du cràtie et sans complications cérébrales, qui ont été pansés avec l'alcool pur à 8G degrés; l'un a été mortel et Vautre a guéri rapidement; d'ailleurs, les érysipèles dans les cas de plaies à la tête ont diminué dans le service de M. Gosselin depuis l'époque où il a commencé à faire le j^ansement de ces plaies avec l'alcool; 3" quant aux 34 érysipèles opératoires qu'a soignés M. Gosselin, dans le plus grand nombre des cas les antiseptiques n'ont pas été employés ou l'ont été d'une manière insuffisante; à part les pansements à l'eau-de-vie camphrée qu'il a fréquemment faits depuis 1874, if n'a appliqué le vrai pansement de liister pour les plaies soumises à la réunion immédiate qu'à partir de 1879, ayant alors reconnu que l'acide phénique, comme l'alcool, agit non seulement comme germicide, maïs aussi comme modificateur local et antiphlogistique des tissus sur lesquels doit se développer l'inflammation traumalique; tes érysipèles opératoires ont été aussi rares qu'avec les caustiques. Mais les résultats ont été plus démonstratifs pour l'ablation des tumeurs du sein : sur 30 cas, il n'y a eu qu'un seul érysinèle, alors qu'en 1879 il déclarait avoir eu 21 érysipèles oonl H morts sur 36 ablations du sein avec le bistouri 1 Quant aux abcès mammaires, M. Gosselin a continué à les abandonner presque tous à eux-mêmes et ii n'a eu qu'un érysipèle, très bénin ; en 1876, il avait eu recours sept l'ois à la ponction, suivie d'aspiration et de compression, et avait eu 3 érysipèles à la suite, c Je conclus, ajoute-t-il, en disant que mes résultats, après le pansement tfes plaies de tète avec l'alcool et celui des plaies opératoires du sein tantôt avec l'eau-de-vie campnrée, tantôt avec l'acide phénique, m'autorisent à dire avec M. Verneuil que les anliseptiques sont dans une large mesure préservateurs de l'érysipèle traumatique opératoire.»
Il est facile de reconnaître, déclare M. Panas, que l'usage des pansements antiseptiques a rendu de très grands services, notamment à l'égard des érysipèles traumatiques ; mais il convient de reconnaître aussi que les succès obtenus ne dépendent pas seulement de l'emploi de tel ou tel agent antiseptique, mais bien plutôt de la rigoureuse application de la méthode dans tous ses détails; c'est ainsi qu on parviendra certainement à bannir complètement l'érysipèle des salles hospitalières, comme on l'a déjà fait pour la pyohémie, l'infection putride, etc.
M. Léon Le Fort estime, par contre, que le drainage a une actioD capitale dans tout ptosement antiseptique ; lui ^
seul permet de réunir les plaies sans danger. L'agent antiseptique ne lui parait d'ailleurs pas indifférent et il préfère, quant à lui, l'alcool camphré, faisant remarquer que l'acide phéniqiie, en solution concentrée, irrite le voisinage de la plaie. Il a eu, de plus, l'occasion de constater — est-ce une simple coïncidence? — que les pansements à l'alcool ordinaire sont plus souvent suivis d'erysipèles que ceux qui sont faits avec 1 alcool camphré.
Pour M, Ti élat, il est également sans contestation possible que la substitution des pansements antiseptiques encouragée d'une façon générale a produit une diminution considérable dans le nombre des érysipèles observés dans les salles hospitalières. La nature de l'agent antiseptique importe beaucoup moins que certains le disent; il faut avant tout ne pas avoir d'infection venue du dehors et s'efforcer de ne pas en créer soi-même. En veul-ou la preuve? M. Verneuil est devenu partisan des pansements ouverts ; H. Trélat ferme toutes les plaies aussi hermétiquement que possible et l'expérience prouve qu'aucune de ces méthodes n'expose plus que l'autre à l'érysipèle. C'est que celui-ci a une origine propre et individuelle ; il est dû à un germe spécial, à une contagion ; il ne procède pas d'une imitation purement locale. Il uut longtemps et une attention soutenue pour en débarrasser un service de chirui^ie ; M. Trélat n'a vu, soit à Necker, suit à la Charité, l'érysipèle disparaître graduellement qu'au bout de quelques années, alors gue tout le personnel avait pu recevoir une éducation spéciale an point de vue de l'application rigoureuse de la méthode antiseptique. C'est encore le plus souvent & l'ignorance, à l'insouciance de ce personnel qu'il faut en attriouer la perdislanee dans certains services.
Paiatoplastie. — M. Trélat présente un second malade qu'il a opéré, il y a onze ans, de paiatoplastie, afin de remarquer le résultat phonétique obtenu. Le malade s'exprime avec une parfaite aisance et un simple nasillement très peu prononcé.
Varicocèle. — M. le docteur Horteloup, frappé des inconvénients inhérents aux divers procédés opératoires employés contre le varicocèle, fait connaître un nouveau mode d'opérer qui lui a donné d'excellents résultats (18 cas sans aucun décès). 11 consiste à retrancher une portion notable de la peau du scrotum, à diminuer, par conséquent, l'ampleur des bourses et à leur permettre de soutenir avec une efficacité bien plus grande, le testicule et le cordon malade ; les bourses, devenues plus petites, remplacent un snspensoir et elles le remplacent avanti^eusemenl.
Après avoir repoussé les testicules vers le haut, on prend à la partie inférieure et postérieure de la peau du scrotum un pli dont l'étendue varie avec la laxité de cet organe et comprenant en même temps le lacis des veines funiculaires postérieures. Ce pli est lixé au moyen d'une pince courbe spéciale ; puis on fait à sa base deux ordres de sutures profondes et superficielles, puis on excise la partie exubérante et l'on serre les fils superficiels. La seule complication à signaler a consiste* dans un épauchement sanguin à la partie profonde de In plaie, qui ad'ailleurs guéri sans difficulté. Le résultat fonctionnel s'est toujours montré très favorable; la peau des bourses a conservé l'amplitude qui lui était donnée au moment de l'opération, et les malaaes ont pu se livrer à des occupations pénibles, ce dont ils étaient incapables auparavant. — Le mémoire de H. Horteloup est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Trélat, Legouest et Guyon.
27 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ETjDE CHIRURGIE — N< 9 — U7
MmOéU de ehlrarsle.
ËANCE DO 18 FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE M. DCPLAY.
*alU« bTpogaatiiqna avec nitnre de la vessie, observation de M. Zanoarol. — Gontrlbatlon A l'Mnde dn obanore palpèbral, rapport : H. Denta. — Praotara >pontan6e chai on ]enna homme atteint d'nna aHMUon do lèmur, rapport : M. TarrUIon : dlsouaslon : MM. Tmiavll, Deaprèa. La Danta. TrAlat, Terrier, Hortdoup, Doplay. — Condnita A tenir dane les rétentlooa de règles dœa A l'èpaisalBaament da la membrane hymen : H. Segond. - Présentation de pièce pathologlqtie, corne : 11. Pololllon.
M. Chauvel lit une observation de laille hypogastrique vec suture de la vessie adressée par H. Zancarol (d'Âlexan- Irie), membre correspondant itranger de la Société de chiur}(ie. L'opéré sortit de l'hôpital complètement guéri te eptième jour. Dans les quelques considérations qui suivent 'observation, l'auteur préconise la suture de la vessie et en ait ressortir les grands avantages, ^u'on peut, suivant lui, n retirer au point de vue de la rapidité de la guérison.
— U. Le Dentu fait un rapport verbal sur un travail de f. Baudry fde Lille) intitulé : Contribution à l'étude du liancre palpèbral. L'auteur a réuni toutes les observations «bliées jusqu'à ce jour, et en a ajouté deux nouvelles qui lÙ sont personnelles. Toutes les deux ont trait à des enfants, igées l'une de vingt-cinq mois, l'autre de quatre ans, qui, ,yant des blépharites cillaires avec croûte et excoriations du )ord libre des paupières, furent atteintes de chancre induré le celte région avec adénite préauriculaire, et ultérieurement oséole, plaques muqueuses et tous les accidents secondaires. Cherchant le mode de contamination, M. Baudry est arrivé, ^près une enquête très bien conduite, à trouver que dans les leux cas l'inoculation avait été produite par le contact du loigt mouillé de salive, que des personnes syphilitiques hargécs de soigner les enfants avaient promené sur le bord les paupières, dans le but de détacher les croûtes.
— M. Terrillon lit un rajjport sur une observation préentée à la Société par M. tlumbert. Un jeune homme de 'ix-neuf ans entre à rHôtel-Dieu en mars 1883, se plaignant le fatigue générale, de malaise et d'une douleur légère dans 'aine. Huit jours après son entrée, il est pris de frissons, de èvre assez vive et de délire; en même temps survient un onflemeni à la partie inférieure etjnterne de la cuisse ;aucho; la région est tendue, la peau amincie, la consistance ip la tumeur est pâteuse et inégale, nulle part la résistance n*est rande, on ne sent pas de coque o^use, par places existent les points ramollis. Un beau jour en examinant le malade, onfiné depuis longtemps au lit, on s'aperçoit d'une mobilité normale au niveau de la tumeur, et on acquiert facilement 1 conviction qu'il s'est produit une fracture spontanée. Le iagnostic, jusqu'alors un peu hésitant, est franchement forluté : Qsléosarcome de l'extrémité inférieure du fémur avec 'acture spontanée. La question d'amputation est posée; lais, en présence de l'état de très- grand alTaiblissement du lalade, on diffère l'opération. Quelque temps après un petit bcès s'ouvrit sur le point culminant de la tumeur; il s'en coula un liquide clair et séreux, et l'orifice se cicatrisa.
ce moment le malade fut examiné par les membres d'un iry de concours pour le Bureau central, qui à l'unanimité srtèrent le diagnostic : osléosarcome. Cependant quelques ois après l'état général du malade s'améliora, la tuméfac- :>n diminua, et la consolidation de la fracture s'effectua, îl est ce fait remarquable. M. Humbert tend à croire qu'il a eu erreur de diagnostic, et il émet l'hypothèse qu'au lieu un sarcome il s'agissait d'une ostéomyélite avec fracture i plus exactement disjonction au niveau de la ligne diaépilysaire. L'âge du sujet, l'appareil symptomatique aigu du ibut de l'alfection militent en faveur de cette opinion ; ce- ■ndant le rapporteur ne saurait y souscrire sans réserve. !S fractures spontanées au niveau des ostéosarcomes suivies
de consolidation ne sont pas absolument rares; Schwartz en cite un assez grand nombre d'observations dans sa thèse d'agrégation; M. Terrillon lui-même en a rapporté un très bel exemple en 1872, chez une femme du service de M. Guérin; de telle sorte qu'il faut réserver l'interprétation du fait observé par M. Humbert, et attendre que l'évolution de la naladie permette de conclure en faveur de telle ou telle )pinion.
M. Vemeuil est d'avis de surseoir au diagnostic d'un fait aussi exceptionnel ; d'après les termes de l'observation, il est difhcile d'admettre qu on ait eu affaire à un ostéosarcome ou à une ostéomyélite; par contre, l'existence d'une volumineuse tumeur, longtemps indolente, s'étant échauffée à un moment donné, s'étant abcédée en un point et ayant donné lieu à l'écoulement d'un liquide -séreux, s'accorde avec une hypothèse qui n'a pas été soulevée par M. le rapporteur, à savoir la présence d'un kyste hydatique du fémur.
M. Després faisait partie du jury qui a examiné ce malade; il a pensé un moment à la possibilité d'une ostéite juxlaépiphysaire; mais, on présence de l'état général du malade et des renseignements qu'il fournissait, il s'est de suite rangé à l'opinion de ses collègues. Dans sa pratique, il a observé deux cas de fracture spontanée au niveau d'un ostéosarcome terminés par la guérison. Dans le premier fait, il s'agit d'un homme de quarante ans environ qui, étant à la chasse, se fracture le fémur en marchant. Il est soigné par H. Péan et guérit ; quelques mois après, M. Després le voit et constate une énorme tuméfaction suspecte au niveau de l'ancien point de fracture; l'année suivante, le malade meurt avec un énorme cancer de l'os de la cuisse. Le deuxième fait est relatif à une femme qui tombe sur la voie publique et se fracture le fémur. Elle est immédiatement conduite â l'hôpital; on constate une tuméfaction considérable du fémur sans ecchymose, mais avec tous les signes de la fracture; la malade est mise dans une gouttière de Bonnet, et son membre se consolide dans les délais ordinaires; cependant il persiste une tuméfaction énorme de l'os. La malade se lève et se remet à marcher, lorsque trois mois après il survient, sans violence extérieure, une nouvelle fracture qui cette fois ne se consolide pas, la malade succombant aux progrès de son mal.
M. Le Dentu a vu en 1878, dans son service de l'hôpital Saint-Antoine, une jeune fille de dix-sept ans qui, ayant brusquement ressenti un craquement dans la cuisse, était tombée, n'avait pu se relever, et avait été conduite à l'hôpital. Examinée le lendemain de son entrée, elle présente une très volumineuse tumeur de la partie supérieure du fémur; le diagnostic fracture spontanée au niveau d'un ostéosarcome est porté, et la question de la désarticulation de la hanche est agitée. Un mois après, la consolidation était parfaite, et la malade sortait de l'hôpital. H. Le Dentu rapporte ce fait sans commentaire. La malade n'a pas été suivie; son histoire ne peut servir à élucider la question disculée en ce moment; il était cependant intéressant de la rappeler.
M. Trélat prie instamment H. Terrillon de rechercher le malade sujet de son rapport; une observation ainsi en Mars n'a aucune valeur pour le jugement k porter. Parmi les causes des fractures spontanées qu'on a enumérées, ajoute M. Trélat, on a omis les fractures de la période prodromique de l'ataxie locomotrice; ces fractures existent réellement, elles guérissent vite avec un gros cal, et récidivent fréquemment.
H. Gillette dit avoir observé un cas non douteux d'ostéosarcome du fémur fracturé chez un homme de soixante ans. La consolidation s'effectua en six semaines; après avoir sorti le membre de sa gouttière, on voulut appliquer un appareil silicaté, mais pendant tes manœuvres nécessitées par celte application le membre se fractura de nouveau/l^^aladaT^
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mourut quelques mois après, et à l'autopsie ou trouva un cancer généralisé.
M. Terrier a vu à l'hôpital temporaire un garçon de vingt et un ans atteint de fracture du l'émur au niveau d'un foyer d'ostéite juxta-épiphysaire. Par ses circonstances, ce cas se rapproche tout à fait de celui rapporté tout à l'heure par H. Le Dentu.
M. Hortetoup faisait partie du jury qui a examiné le malade, point de départ de la discussion; il dit que ce qui a embarrassé et peut-être égaré le diagnostic, c'est la difflculté qu'on avait à se renseigner près du malade sur la marche de son affection. Après l'observation rapportée avec détails par M. Humbert, M. Hortcloup est porté à penser qu'il s'agissait d'une ostéomyélite.
H. Duplay, en entendant M. Verneuil parler des fractures spontanées au niveau des kystes hydatiques, s'est rappelé avoir observé un malade atteint de kyste hydatique du fémur qui fut à plusieurs reprises atteint de fractures de cet os, toutes consolidées d'abord, jusqu'à ce que la destruction totale du squelette par le kyste ne permit plus la formation d'un cal.
— M. Segond lit un travail sur la conduite à tenir dans les rétentions de règles par épaississement de la membrane hymen, & propos d'un cas qu'il a observé et traité avec succès.
— M. Polaillon présente, au nom de M. Albert Robin, une pièce pathoI<^ique : il s agit d'une corne développée sur le dos d'une vieille femme qui a succombé à un cancer viscéral.
Alfred Pousson.
l'hémoglobine. La fenueiitation ne parait pas troublée : li's courbes obtenues avec l'appareil enregistreur de Regnanl ne fournissent que des résultats à peu prés négatif^ï. La gci - ' mination continue k s'effectuer vigoureusement en présence I des solutions de thalline. Des recherches des auteurs, il 1 résulte que l'abaissement de température obtenu avec la I thalline parait se produire par le même mécanisme qu'avec la kalrine et provenir dans tes deux cas d'une diminution de l'hémoglobine du sang; ces deux substances ont, , du reste, une parenté chimique qui explique cette anal<^ie.
I — ■ M. Gavoy présente son cérébrotome et ses coupas ; minces de cerveau. L'instrument est essentiellement constitué par un cadre de bois, monté sur vis calantes e( muni à son centre d'une plaque de verre dépoli sur laquelle on I dépose te cerveau reposant par sa base sur une compresse qui adhère intimement à sa surface. Un couteau guide dans I une rainure métallique sert à pratiquer des coupes dont l'épaisseur peut être réduite k un quart de millimètre. Chacune de ces coupes, enlevée avec la compresse à laquelle elle adhère par sa face inférieure, est ensuite fixée entra deux lames de verre qu'on Iule par leurs bords; la suDj stanee nerveuse voe par transparence offre des détails de ! structure des plus intéressants et permet de suivre aisément , le trajet des fibres nerveuses et leurs rapports avec les noyaux gris encéphaliques.
— M. Pozzi présente les tracés de son pouls recueillis en ballon à une hauteur de 2500 mètres ; i) insiste sur les ca- I ractères qui témoignent de la diminution de la pression ar- I térielle et fait valoir la supériorité des résultats obtenus dans ; ces conditions sur ceux qu'ont fournis les études sph^^mographiques faites après l'ascension d'une montagne.
Sof<Mt< de MAlofle.
SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE H. D*AR80NVAL, VICE-PRÉSIDENT.
StéiillSBtloD (!«■ liquides organiques & froid : HH. Galippe et Bourquelot. — Action analgèslanto de la cocaïne : H. Dubole. — Dlsoossion : H. Rabnteau. — Oxydation et hydrogénation des bases de la série pyridlque : H. Œohsaer de Koninck. — Propriétés antipyrétiques de la thalline : HM. Brouardel at Z<oye. - Cérébrotome: H. Oaroy. — Pools Ù. do grondas altitudes : X. Prasl.
MM. Galippe et Bourquelot, poursuivant depuis longtemps la stérilisation des lii^uides organiques à Troid, avaient espéré que la solution était trouvée grince aux filtres poreux de Chamberland. Or ils ont obtenu, en se plaçant dans d'aussi bonnes conditions que possible, la fermentation des liquides filtrés (urine, salive), et se demandent s'il n'y a pas de grandes différences dans la composition même des filtres ; ils signalent en tout cas l'insuccès de leurs expériences pour mettre en garde contre une confiance trop absolue.
— M. Dufio» revient sur la question de Faction anesthésiante
Sénérate de la cocaïne et rappelle ses idées sur l'effet désbyratant des véritables anestliesiques.
A ce propos, M. Rabuteau exprime le regret que les efTcts de la coca, étudiés depuis longtemps en France, aient été présentés comme révélés tout d'abord à l'étranger.
— M. Œchsner de Koninck a étudié les produits d'oxydation et d'hydrogénation ries bases de la série pyridique et de la série quinoléique; il expose avec détail les résultats de ses recherches.
— MM. Brouardel et Loye ont examiné les propriétés phYsiotogiçiues d'un nouveau médicament antipyrétique, la thalline (tétra-hydro-paraquinanisol). Cette substance exerce sur te sang une influence analogue k celle de la kairine : elle diminue la capacité respiratoire du sang en détruisant
SÉANCE DU âl FÉVaiEn 1885. — PRÉSIDENCE DE H. P. SERT.
' Analgésie par la oooaXne : H. XrfOiorde. — Stérilloatlon daa llqnld— par la flltratlon : H. Chamberland. — Cellule placentaire : H. X^n- I lanié. — Battements et sensaUona auditlTea : H. Oellé. — Sobatan- I cee alimentaires; critique de la communication de H. Dndanx : I M. Rabuteau. — Aloalitfdes pyridiqnes dans les dlltérenta alooola : ! X. OEkihaner de Konbudc. — Action dea «lealoldea sur la fomontatlon ; M. Xtegnard.
M. Laborde présente un cochon d'Inde complètement analgésié par une injection sous-cutanée de cocaïne et dont tes réflexes sont conservés, ainsi que chez les autres animaux qu'il a déjà montrés à la Société.
— M. Chamberlandf répondant aux critiques formulées j dans la précédente séance par MM. Galippe et Bourquelot, à propos de la stérilisation des liquides organiques par les , liltres poreux, montre tes divers appareils employés par I M. Pasteur et par lui et insiste sur les conditions de leur . fonctionnement; il expose les procédés à l'aide desquels on peut être assuré d'ontenir une purification préalable des appareils eux-mêmes et les moyens qui permettent d'affirmer ta stérilisation parfaite des liquides filtrés. 11 signale quelques 1 causes d'erreur dans l'emploi des appareils et notamment ' celle-ci : il arrive quelquefois qu'à ta surlace libre du liquide se développent des moisissures qui progressent vers la pro- ' fondeur et peuvent, au bout d'un temps assez long, s'insinuer ' par leurs filaments mycéliens à travers les interstices du vase poreux.
, M. Galippe, prenant acte de cette déclaration, répond que, si des filaments mycéliens peuventt raverser les poreu\,
' II n'est pas surprenant que des éléments infiniment plus ténus, des microbes, puissent en faire autant; c'est précisément I;i l'origine des altérations ({u'il a observées avec jd. Bourquelot, dans les liquides organiques filtrés avec l'appareil Chamberland. I
I — M. Laulanié adresffêiiih«efl^ys£|QâjlÊ Duval
27 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
il qui contient le développement de la proposition suivante : t La section maternelle du placenta fœtal est formée par une îi'ule cellule, qui a pour mesure toute IVtendue ne cette partie de la caduque et dépasse ainsi, par ses dimensions fxrepi tonnelles, tout ce que Ton savait sur le diamètre des crllules. >
— M. Gellé a cherché à analyser la fonction auditive au moyen des sons simultanés et surtout des battements fournis par deux diapasons identiques, dont l'un est désaccordé. Les battements fournis par les vibrations simultanées de ces deux iliapasons placés en face d'une oreille, sont des plus manife>tes ; il n'en est pas de même quand on fait entendre simultanément un diapason à chaque oreille : si les deux intensités sont bien égales, le battement apparaît doux, net, mais d'une faible intensité sonore. Cette diftéreiice tient sans doute à Tabsence des vibrations de la masse d'air intermédiaire aux doux oreilles et aux foyers d'ébranlement sonore. S'il en est a\tis(, \e phénomène est subjectif; chaque impression, transmise au sensorium communCy s'y fond en une sensalion unique avec battements intermittents et réguliers.
— M. Âaiuteetu relève plusieurs passafies d« la commu» nication de M. Dudaux (voy. Comptes rendu* du 7 février), qui lui paraissent inexacts au point de vue chioiique; il fait surfout ce reproche à M. Duclaux, d'avoir admis comme substances hydrocarbonées l'alcool, la glycérine, les acides scétique et tartrique.
— H. Œchsner de Koninck expose le résultat de ses recherches sur la présence des alcaloïdes pyridiques dans différents alcools (alcool mélhylique et alcool amylique bruts).
— M. Regnard a étudié l'action de différents alcaloïdes sur la marene de la fermentation de la levure, enregistrée à l'aille de l'appareil à dégagement qu'il a déjà fait connaître. Parmi les alcaloïdes essayés, il en est qui se montrent inaciifs : la morphine, la colchicinc, la cocaïne, par exemple ; d'autres, comme la strychnine, excitent au contraire la fermentation, fait déjà signalé par M. Duclaux, mais plus minutieusement étudié par H. Regnard ; quelques alcaloïdes, enfin, raJentissent la fermentation et sont toxiques pour le végétal comme pour les animaux ; la digitaline, l'atropine, la quinine, résérine, la nicotine et la cicutine, sont de ce nombre.
— A cinq heures et demie, la Société se réunit en comité secret pour entendre la lecture du rapport sur le prix Godard et sur les titres des candidats pour une place de membre titulaire.
REYUE DES JOURNAUX
«ïntvihBtioii * l'^tade «le t'nchoite, par le docteur V. ' Hanot. — Diverses affections hépatiques (cancer, cirrhoses) peuvent se manifester par des modifications de la sécrétion biliaire, qui acquièrent en certains cas une réelle valeur séméiologique. Il s'agit soit de l'acholie vraie, c'est-àdire de la suppression ou plutôt de la diminution de la sécrétion biliaire, soit de l'acholie pigmentaire, caractérisée par la non-production de pigments. L'acholie se révèle par la décoloration des fèces sans ictère. {Arch. gén, de mid.f jinvier 1885.)
ttm mal perforant ebev Ica dlaMlIques, par le docteur
KmxissoN. — M. Kirmisson rapporte se|)t ooservations où h mal plantaire s'est développé chez des diabéiioues; il rapproche celte lésion des troubles tiophiques divers qu'on rencontre dans le diabète. (Arch. gén. de méd.j janvier 1S8.J.)
9m labe* d*nial ■paamodiqno chea les enfante, par le
docteur d'Heillt. — M. d'Heilly rapporte trois observations
(dont une discutable) de tabès dorsal spasmodique chez des enfants (un garçon de cinq ans. deux filles de sept ans). Canictérisée exclusivement par la contracture des membres inférieurs, l'exagération des réflexes, le tremblement épileptolde spontané ou provoqué, l'afrection se comporte comme chez l'adulte; elle a une durée indéfinie. L'étiologie en est obscure, l'intervention thérapeutique inefficace. {Rev. des maiad. de lenf.t décembre 1884 et janvier 1885.)
Contribailon A l'étnde des ffangrAnea mawlvea des ■nanfcrev d'origine nATrltlque. par les docteurs PiTRGS et
Vaillard. — On observe des gangrènes dites spontanées des extrémités qui ne peuvent s'expliquer par l'intervention d'aucune des causes habituelles ae la gangrène (altérations du sang, du cœur, des vaisseaux). Dans ces cas, on peut trouver, au-dessus des parties mortifiées, des lésions des nerfs périphériques qui ont les caractères de la névrite parenchymateuse. On ne rencontre {)as cette névrite dans les ganrènes d'origine vascutaire; il est donc probable qu'elle étermine la gangrène des extrémités, comme les lésions des nerfs cutanés déterminent les eschares du décubitus acutus. Il y a donc lieu d'admettre l'existence d'une variélé de gangrène d'origine névritique, qu'on peut rapprocher des troubles trophiques imputables aux altérations inflammatoires ou dégénératives des nerfs périphériques. {Arch.dephyeiol. nom. et patholog.y n* 1, 1885.)
Gonaldéraltona snr l'agraphle, par le docteur PiTRES,
professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux. — L'agraphie est l'aphasie de la main (Charcot). On doit distinguer trois formes d'agraphie correspondant aux trois formes d'aphasie : agraphie par cécité verbale, où le malade peut encore écrire de tète ou sous la dictée, mais non d'après un modèle; agraphie par surdité verbale, où le malade ne peut^ écrire sous la dictée, bien qu'il puisse encore écrire de tète" ou d'après un modèle; agraphie motrice, où il ne peut plus écrire du tout. Cette dernière forme parait plus rare que les
Précédentes; M. Pitres en rapporte deux observations, dont une empruntée à M. Charcot.
L'agraphie est liabituellement associée à l'hémiplégie ou à l'aphasie; cependant elle peui être observée isolément, en dehors de tout trouble intellectuel ou moteur. La séparation possible de l'aphasie et de l'agraphie démontre l'existence de centres cérébraux distincts pour les facultés relatives à la parole et à l'écriture. (Rev. de médec, novembre 1884.)
Contrlbnllon A l'éUide da ipemphigna épldénlqae, par
M. le docteur Colrat, médecin des hôpitaux de Lyon. — M. Colrat rapporte une petite épidémie de pemphigus qui a frappé quatre enfants d une salle de la Charité, et donne les résultats de quelques recherches expérimentales entreprises à ce sujet. M. Colrat s'est assuré de raulo-inoculabilité des bulles, mais n'a pas essayé l'inoculation du pemphigus d'un enfant malade à un enfant sain. Dans le liquide des bulles existe toujours un microcoque spécial en H de chiffre que l'on peut cultiver; mais les inoculations du liquide de culture n'ont pas donné de résultats nets. (Aei;. de mêdee., décembre 1884.)
L'Incubation de la variole, par M. ViNAY, médecin dcS
hôpitaux de Lyon, agrégé à la Faculté. — Voici les conclusions de ce mémoire : la durée moyenne de l'incubation de la variole varie de onze à douze jours; elle parait être plus courte dans la forme hémorrhagique (six à huit jours); sauf dans ce cas, les variabilités dans sa durée ne sont pas en rapport avec la gravité de la maladie. Seule de toutes les maladies fébriles, la vaccine empêche ou modifie l'éruption de la variole. Dès le début, on peut transmettre la variole par des ' inoculations de sang ou par la vaccination ; il faut donoJïien
â7 Février 1885
observer le vaecinifère, et n'utiliser le vaccin que douze ou quinze jours après qu'on Ta récolté.
Lorsqu'on vaccine pendant l'incubation variolique* l'éruption est souvent rendue plus bénigne, alors surtout que la vaccination est faite au début de celte périotle; pratiquée au moment de l'éruption, l'inoculation vaccinale est absolument sans action sur l'évolution de la variole. {Rec. de médec., oclobre et décembre 1884.)
niévrltea canaécntlTes aax Injections •onB-ca(iinéc«
d*é(her, par MM. Arnozan et Salvat, — Les travaux antérieurs d'Arnozan {Bull, de la Soc. d'anal, et phys. de BordeauXf 1883) nous ont appris que les injections sous-cutané^s d'éther déterminent parfois des paralysies dans les régions où elles ont été pratiquées. Les expériences entreprises par MM. Arnozan et Salvat, et un examen nécroscopique fait cnez une tuberculeuse morte vingt-cinq jours après des injections d'éther, semblent aujourd'hui démontrer que ces paralysies sont dues à l'existence d'une névrite, résultat de l'action irritante que l'élher exerce sur les (ilets nerveux, (/oum. de méd. de Bordeaux, 14 décembre 1884.)
L'angaiiiaie, par MM. Grassi et Calandruccio. — Grassi a l'un des premiers soutenu {Gaz. med. ital. Lomb.y 1883, n" 26) aue VAnguillula intestinalis et VAnguilUda stercoralis, aécouverles par Bavay et Normand dans la diarrhée de Cochincbine, ne constituent qu'une seule et même espèce, et que la seconde n'est que la forme libre de la première. Leuckart a exprimé la même opinion vers la même époque (Verkandl. derphys. Gesellsch. Wiirzburg, iHS'S, elBerichte dermath.'pkys. Classe Kgl. Sachs. Gesellsch. ^ 1882). Golgi et Monli sont venus la confirmer en 1884 {Rendiconti del fi. Istituto Lombardo). Dans le présent travail, Grassi et Calandruccio font connaître de nouvelles particularités relatives à ces nématoïdes. Dans l'intestin de l'homme, l'anguillule {Rhabdonema strongyloides de Grassi) se présente toujours sous la même forme, celle d'un ver à habilus femelle, qu'il s'agisse d'un hermaphrodite ou d'une femelle parthénogénélique ; celte dernière hypothèse paraît la plus probable. Ce vei* est ovipare ou vivipare; ses œufs laissent promplemenl éclore des jeunes, qui sont expulsés de l'intestin de l'homme avec les fèces. Ces larves, non sexuées et très différentes de leur mère, peuvent avoir deux destinées bien dilTcrentes : 1** ou bien elles subissent une transformation, s'enkystent dans leur cuticule détachée par une sorte de mue, s'allongent, s'amincissent, acauièrent un cesophagc fort long privé des dent» dites œsophagiennes, en d'autres termes prennent tous les caractères de l'anguillule intestinale ; 2° ou bien elles s'allongent en s'épaissîssant, perdent leur cuticule par une mue, et arrivent à maturité; les sexes sont alors séparés, el les femelles diffèrent beaucoup des individus à habitus femelle qui constituent l'anguillule intestinale, de sorte que Bavay, et après lui Perroncito, les ont décrites comme constituant une espèce spéciale sous le nom d'.4rtguitlula stercoralis. Après la copulation, les femelles produisent une nouvelle génération de larves, génération libre cette fois; mais ces larves, nées de parents sexués, hors de l'intestin de l'homme, n'atteignent pas la maturité. Elles se comportent exactement comme les larves dont il a été question plus haut, et avec lesquelles elles présentent, du reste, une ressemblance parfaite. Elles s'enltystent, s'allongent, s'amincissent comme elles, et après avoir été ingérées par l'homme se transforment en anguillules intestinales. D'après Leuckart, les larves provenant de la génération libre seraient seules capables de subir celte transformation ; Grassi a démontré ^ue les larves éctoses directement des œufs de l'anguillule intestinale la subissent aussi. Ces dernières larves n'atteignent la maturité que si elles sont placées dans des conditions de température favorables; à la température ordi-
naire, même estivale, la maturation n'a pas lieu; il faut élever la température, en opérant dans une étuve par exemple, et l'on peut observer alors la maturation chez tous les individus.
Grassi a découvert chez le lapin, la belette, le porc, el surtout che?! les brebis, une angaillule intestinale a caractères à peu près identiques, mais difTérant par le volume du | corps, plus considérable; ainsi, tandis que I anguillule ïnles- < tinale de l'homme n'atteint que 3 millimètres, celle des brebis dépasse 6 millimètres. Cette anguillule peut présenter, comme celle de l'homme, une génération libre, à la condition que les larves soient soumises à une température supérieure à 25 degrés. Mais, tandis que, parmi les vers arrivés à maturité, il y a chez l'anguillule de l'homme environ un màle pour huit femelles, presque tous sont ici des femelles, de sorte que rarement on voit chez ces dernières des œufs on voie tie segmentation ; on n'a pas encore vu, jusqu'à ce jour, de larves résultant de la génération libre. Une autre différence, c'est que les anguillules de la brebis arriTées.à maturité sont plus petites que celles de l'homme. Grassi pense qu'elles constituent une espèce distincte à laqueHe il a donné le nom de Rhabdonema longus. La différence capitale entre ces deux espèces c'est que, chez le Rhabd. strongy laides ^ la forme intestinale dérive indistinctement, soit directement des larves de l'anguillule après une transformation subie hors de l'organisme humain, soit indirectement de larves émanées d'une génération libre; chez le Rhabd. longus de la brebis, au contraire, ce second mode de reproduction est douteux, et, s'il existe, ne peut qu'être très rare.
De ces observations, Grassi et Calandruccio tirent encore la conclusion un peu h&tive, croyons-nous, que les caractères anatomiques (parasitaires) que présentent les nématoïdes libres semblent démontrer (^ue ceux-ci dérivent, par descendance, de nématoïdes parasites. L'anguillule intestinale serait, selon eux, un exemple remarquable de nématolde parasite en voie de devenir libre, etconstiluerait, en quelque sorte, une tentative imparfaite d'une espèce nouvelle de némaloïde libre, tentative moins avancée pour l'anguillule de la brebis. Sans discuter ici les idées de Giassi, nous ferons seulement remarquer qu'au point de vue de la théorie de révolulion l'inverse paraîtrait plus rationnel. (Ga^^fiffamedica tfaJiaJiti- Lombardia, 1884, n" 47, p. 492.)
Action thérapenllqne doa bases qnlnollqaes, pnr
M. ILvoN Jaksch. — D'une étude très complète, basée sur l'observation clinique, Jaksch conclut :
1<* Que la demi-molécule de quinine, constituée par le qninanisol, n'offre qu'une faible action antipyrétique qu'on ne saurait utiliser dans la pratique;
2° Que cependant les produits d'hydratation de ce corps, tels que la thaltine et réihylthalline, possèdent un pouvoir antipyrétique considérable ;
3° Que la thalline, et en particulier son chlorhydrate et son sulfate, mérite surtout d'être expérimentée au lit du malade. {Zeitsehr. f&r klin. Medicin, Bd VIII, H. 5 et ti, 1884.)
Sur l'existence d'un soufOe «plénlqne dans la flAvre
Intermittente, par H. S. Maissurianz. — En auscultaut la rate hypertrophiée vers le rebord des fausses côtes, chez un malade atteint de fièvre intermittente, l'auteur constata l'existence d'un souffle intermittent, exactement synchrone avec le pouls, c'est-à-dire se produisant à chaque systole. Ce phénomène ne s'observe que dans les cas où la rate est hypertrophiée et hyperhémiée. Il s'explique de la même manière que le souffle artériel qu'on perçoit au niveau tlu corps thyroïde dans la maladie de Basedow, et le soufllc cérébral qui s'observe chez les enfants au niveau de la grande fontanelle. Il doit avoir pour siège les artères de la rate, vu son synchronisme avec la systole cardiaque. Ce symptôme
27 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHlRtÎRGlË
n'offre du resle, quant à présent» qu'un intérêt tout théorique. (Petersbwger tned. Wochemchrifty 1884, n" 52.)
■M^ol d« l'aelde hjperosnilque dnna les névralgie*,
par H. D. Hohk. — Ëutenburg (de Berlin) a employé avec succès l'acide osmïque contre les névralgies périphériques. Mohr s'est servi de l'acide hyperosinique en injeclions sous-cutanées dans un cas de sciatique rhumatismale chez une femme de soixante-cinq ans. Après la première injection la douleur se trouva notablement diminuée; elle disparut totalement après la seconde. {Wiener med. Wochenschrift, 1884, 47.)
BIBLIOGRAPHIE
LefM mmr \mm «wneim de 1» «eaate et sar quel^vea ^•imtm InpMCanla de la éhlrorgle dee «olee arlnalrca,
par sir Henri Thompson, traduites et annotées par le docteur Robert Jahin. — J.-B. Baillière.
On se méfie parfois des traités didactiques venus de l'Angleterre : l'oubli des travaux antérieurs, la méconnaissance — réelle ou voulue — des recherches contem|[»oraines rpfldi'nt ces livres un peu dangereux au lecteur qui s'imagine trouver exposée complètement la question qu'il étudie. Mais on ne saurait trop louer les leçons cliniques d'outre- M.inche si riches en observations, si sages, si pratiques et d'un intérêt si soutenu.
La nouvelle série de Leçons que vient de traduire M. le docteur Robert Jamin, ancien interne du service des urinaires à Necker, est peut-être plus intéressante encore que sp^ devancières, et les 250 pages s'en lisent avec le plus grand proGt. Thompson y expose sa pratique sur plusieurs sujets discutés à cette heure : la taille sus-pubienne, la liUiotrilie à séance prolongée, l'hypertrophie prostatique, la réteniion d'urine, et surtout le diagnostic et le traitement des tumeurs vésicales.
Rien n'est plus instructif que ces descriptions, qui toutes s'appuient sur un nombre considérable de faits; chaque mol, pour ainsi dire, n'est que l'écho d'une observation; la sécurité du lecteur est entière, car il sait que la conclusion de Thompson n'est pas le produit d'un raisonnement abstrait {>ar induction ou déduction : l'expérience seule l'a dictée. ba leçon sur Vexploratiott digitale de la vessie est basée iiir 43 cas dont I auteur donne un résumé rapide; ses recherches sur la structure des tumeurs vésicales sont faites après examen de vingt néoplasmes enlevés par lui; il nous donne 196 cas de litholopaxie et le nombre de ses litho- Irities s'élève à 678 celui de ses tailles à 134. Peu de chirurgiens au inonde peuvent justifier d'une pratique aussi étendue.
Un aulre intérêt puissant que présente cette série de Leçons se tire des notes sobres, mais nettes et |)récises, ajoutées par le traducteur, M. Robert Jamin. Les Idées de Thompson diffèrent en plusieurs noints de celles de ses ronfrères. M. le professeur Guyon, dont M. Jamin a été l'interne, ne partage point, en particulier sur l'exploration digitale, sur la Hthotritie, sur la taille hypogastrique, toutes les opinions professées par le chirurgien anglais. Il était utile de montrer en quelques mots ce qui sépare l'école de Necker du c Royal Collège of Surgeons x. Nul mieux que le docteur Robert Jamin ne pouvait établir ce parallèle d un trait précis.
Paul Reclus.
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