‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 39 sur 228 · LE TRIBUNAL DE DONFRORT, LA CODR DE CAEN ET LES SYNDICATS HÉDICAUX · texte numérisé non relu

LE TRIBUNAL DE DONFRORT, LA CODR DE CAEN ET LES SYNDICATS HÉDICAUX

En annonçant dans le dernier numéro la confirmation du jugement du tribunal de Ooinfront par la cour de Caen, nous n'avions pas sous tes yeux le texte de l'arrêt, qui est bien, en effet, confirmatif, mais sur des motifs dificrant en un point essentiel de ceux du jugement et quiméritentune attention spéciale; voici les termes de l'arrêt :

( La Cour : Attendu, que si les premiers juges ont eu le tort de repousser l'action du Syndicat des médecins de Domfroiit, en s'appuyani sur l'article 6 de la loi du ^1 mars 1884, lequel est général et accorde à tous les Syndicats régulièrement constitués le droit d'ester en justice, les autres molib énoncés dans lejugemcnt dont est appel, et que la Cour accepte, justifient suffisamment la décision nttaquée;

> Qu'on peut ajouter que l'examen des Statuts de l'association dont s'agit, déposés à la mairie de Domfront le 11 novembre dernier, et dont un exemplaire est sous les yeux de la Cour, démontre jusqu'à la dernière évidence que les médecins intervenants au procès n'ont eu, en s'associant, qu'un seul but, celui de fixer leurs honoraires suivant la gravité des cas, et d'en ponrsuivre le recouvrement;

> Attendu que le tribunal de Domfront, se trouvant ainsi en présence d'un intérêt purement pécuniaire, a dû, à juste tilre, déclarer les médecins appelants non recevables à invoquer le bénéfice de la loi nouvelle;

i Confirme le jugement dont est appel dans toutes ses dispositions relatives au Syndical;

> Condamne le sieur Lory en sa qualité de président du Syndicat médical de Uomfront aux dépens d'appel contre Lauoay. i

Suivant le tribunal de Domfront, les médecins n'ayant ni à étudier ni à défendre aucun intérêt économique, industriel, commercial ou agricole (art. 3 de la loi du 21 mars), il est difficile d^admettre qu'ils puissent se constituer en Syndicats; et, dans tous les cas, le droit d'ester en justice n'est accordé qu'à une certaine catégorie de Syndicats, qui est celte des patrons et des ouvriers. La Cour de Caen réforme sur ce dernier point la doctrine des premiers juges et déclare que l'arlicle 6 de la loi du 21 mars est général et accorde le droit d'ester à tous les Syndicats professionnels régulièrement constitués. C'est Topmion que nous avions exprimée. Hais la grosse question était de savoir si la Cour ferait rentrer les intérêts des Syndicats médicaux dans ceux qui sont spécifiés par l'article 3. Or, à cet égard, elle se

firo nonce en principe comme le tribunal de Domfront, en reevant, de plus, contre le Syndicat de Domfront, cette circonstance particulière, qu'il a lui-même limité son but à la fixation et au recouvrement des honoraires médicaux.

Il y a pourvoi en cassation. Ce qui importera surtout dans l'arrêt de la Cour suprême, ce sera l'interprétation du texte de l'article 3, car c'est l'existence même des Syndicats médicaux, dans la forme légale, qui est ici en cause. Si l'on ne savait contbien pèse le respect de la lettre dans les décisions des magistrats, on ferait remarquer que, établie surles ruines des diverses lois qui se sont succédé depuis 1791 sur les coalitions des patrons et des ouvriers, tantôt pour les défendre et les punir, tantôt pour les autoriser (1864), la loi du 21 n;ars 1 884 a dû vouloir, en fondant la liberté de l'association sur la large base des professions, définir les intérêts pro/'es«tonnels en des termes qui les embrassent tous sans exception. Malheureusement les (Quatre termes employés par l'article 3 n'expriment pas clairement l'ensemble des intérêts que les médecins auraient à étudier et à défendre.

Diqitized bv GooqIc

m — N* 9 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

Faculté de médecine de Paris. — Nous sommes heureux (le pouvoir annoncer que, par arrêté ministériel en date du 23 février, notre collaborateur et ami, M. le docteur Hahn, vient d'être nommé bibliothécaire de la Faculté en remplacement de M. le docteur Chéreau.

Reconnaissance d'utilité publique a la caisse de pensions de RETRAITE DD CORPS MÉDICAL FRANÇAIS. — Le ministre de l'inléricur vient d autoriser, par l'arrêté suivant, la caisse de pensions de retraite du corps médical françaû : Vu la demande formée par les membres fondateurs de Tassociaiion dite : c Caisse de pensions de retraite du corps médical français, > en voie de formation à Pans, à l'effet d'obtenir l'aulorisation administrative; — Vu l'arncle 291 du Code pénal;— Vu la loi du (0 avril 1834;— Vu l'avis de M. le préfet de police, en date du 18décembre I88i;— Arrête :

Est autorisée la création de l'Association dite Caisse de pen- S'ons de retraite du corps médical français, dont le siège social est à Paris. Cette autorisation est subordonnée aux conditions suivantes ; 1" dans les deux mois de sa constitution, la Société devra fournir au miHislùrede l'intérieur la liste des fondateurs et adhérents à un titre quelconque; pareille lisle devra être transmise 'cnaf|ue année, dans le courant du mois de décembie; 2" la Société devra adresser, en outre, au ministère, chaque année et à la même époque, un compte rendu de ses opérations et de ses travaux; 3" aucune modification ne pourra être apportée aux statuts sans 1 autorisation expresse de l'autorité supérieure.

Société DE MÉDECINE PUBLIQUE ET d'hygiène PROFESSIONNELLE

DE Paris. — U Société déernera, en 1885 et 1886. une médaille d or, une médaille de vermeil et deui médailles d'argent aux meilleures thèses soutenues sur des suijets d'hygiène devant les Facultés de médecine de France,pendam les années scolaires 1884-85 et 1886-86. Les thèsesdevront être envoyées au siège de la Société, 3, rue de 1 Abba;e, avant le 15 octobre.

Faculté de Bordeaux.-- In concours s'ouvrira le 3 novembre 1885 pour un emploi de suppléant des chaires d'anatomie et do physiologie à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Glermont. Le registre d'inscription sera clos un mois avant 1 ouverture dudit concours.

— Un autre concours sera ouvert te 9 novembre 1885 devant la même Faculté pour un emploi de suppléant des chaires de pathologie et de clinique chirurgicale et de clinique obstétricale à rÉcole préparatoire de médecine et de pharmacie de Clermont. Le registre d'inscription sera clos un mois avant l'ouverture dudit concours.

ÉCOLE DE MÉDECINE DE TouRS. — Un concours pour un emploi de suppléant des chaires de chimie, pharmacie et histoire naturelle s ouvrira le 9 novembre 1885 devant l'Bcole supérieure de pharmacie de Paris. Le registre d'inscription sera clos un mois avant l'ouverture dudit concours.

^'^'î; T V^^'.^'^f'"'* sciences a, dans sa séance publioue annuelle de lundi dernier, décerné un prix de IBOÛ francs à notre co laborateur, M. Emile Rivière, pour ses nombreux travaux de paléontologie et d anthropologie.

Conférences de clinique thérapeutique. — Le docteur Dujardin-fleaumelz commencera, à l'hôpital Cochin, ses conférences de clinique thérapeutique le mercredi 4 mars, à dix heures, el les continuera les mercredis suivants, àla même heure.— Conférences sur la matière médicale et la séméiologie, les lundis et vendredis à dix heures, par MM. les docteurs Bardet et Sapelier, attachés au laboratoire de thérapeutique, et par MM. Courtade et Brossard internes du service.

Bureau central. — Un concours public pour la nomination à trois places de médecin nu Bureau central d'admission dans les hôpitaux et hospices civils de Paris, sera ouvert le lundi 30 mars 188o, à quatre heures, à l'Hôtel-Dieu. MM. les docteurs qui voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l'administration de l'Assistance publique, de midi à trois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre d'inscription des candidats sera ouvert le lundi 53 février i885, et sera clos définitivement le mercredi 11 mars 1885, à trois heures.

27 FÊrniER 1885

NÉCROLOGIE. — Nous apprenons avec regret la mort de M. i? docteur Eugène Bodichon, décédé à Alger, ou il exerçait la médecine depuis 1847.

Mortalité a Paris (8* semaine, du 15 au 21 février 1885i

— Fièvre typhoïde, 17. — Variole, 3. — Rougeole, 39. — Scarlatine, 1. — Coqueluche, 5. — Diphthérie, croup, 51. — Choléra, 0. — Dysentérie, 1. — Erysipèle, 6. — Infections puerpérales, 8. — Autres affections épidémiques, 0. — Méningite, 37.

— Phthisie pulmonaire, 204.— Autres tuberculoses, 35. — Autres affections générales, 75. — Malformations et débilité des âge; extrêmes, 65. — Bronchite aiguë, 38. — Pneumonie, 98. - Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberon et autrement, 42; au sein et mixte, 25; inconnu, 6. — Autrei maladies de Tappareil cérébro-spinal, 94; de l'appareil circulatoire, 68; de l'appareil respiratoire, 90; de l'appareil digestif, 39; de l'appareil génito-urinaire, 17; de la peau et du tissu lamineux, 3; des os, articulations et muscles, 11.— Morts violentes, 32. — Causes non classées, 14 — Total : 1124.

OUVRUES DÉPOSES AU-BUREAU OU JOURRAL

TralU pratique da vialaiie* de la peau. Diagno'tic et traitement, (ur U. ic doctaur E. Gniboul, médecin de l'tidpital Siint-Leuis. 1 tc4. \tA. Vi'ii, G. Hinon. 6 tr.

leçon* tur la période prteataxique d» tabet d'oriffine ttipMitiqat. jxr U. s.. Fournier, profesuar ii la Faculté de médodue de Paris, reeueilllcs p«r M. Dabraiilfa, interne des M^ïlaui. 1 vol. fn-8. Pirii, G. Uuaoa. 7 tr.

Le choléra, coniinent il se développe ou Bengale, couimeni Im Anglais \t cmbalicjit. LVpidoroie actuolle, par H. le doctnur Fernaiid Roux, ex-clief service de aanlô dan» l'iale. Avec 4 table-aui graphiques. Paris, G. Steinbcil. i ii.

Traité de gytlécolngte opératoire avec l'etposâ des procédas d'ex plora lion en ^n» olo|;lo, par MM- A. HeK>r et R. Kallcnbach, ù rUalvenitë de FriUxiiv 'i Brisfrav, traduit nrla dauxifama édition alisnunile, par H. ladoctour PaulBir necauelienr daa liA[rilBUX de Paris, précédé d'une préface, par U. le finta*'-^-- Tarnicr, chirui^ieii on chef de la llalernité de Parisi Paris, G. Steinlu'il. 16 fr.

Lei bandagei, l'orthopédie el le» appareiU à pantementM, par HM. Léon cl M' Rainai. 1 vol. gnai in-8 de 394 pages el 782 fifures intercalées dans le tfilc- Paris, J.-B. Baillière et fils. 7 fr,

Leçont tur let tumeurt de la vettie et tur guelquet pointi importanu de Is chirurgie det voiet urinarr^*, par sir Henry Thompson, traduites cl annutêci fs M. le docteur Robert Jamin. 1 vol. in-8 de 218 pages avec figures intcrcal'^Fi dans lo loxte. Paris, J.-B. Baillière et fils. 1 fr. i'^

Let médecine grect depuis la mort do Galion jusqu'k la chute de l'eoipire d'OrituI, par H. le doclour A. Corlleo. bibliotbécaire-ai^oint à U Faculté deméiccisa do Paris. 1 vol. tn-8 d« SOi pagea avec 1 carte. Parts, i.-B. BailiiëK il fils. 5 fr.

l'homœopathie dévoilée, par M. Henry Flcury. auteur du calcul inQoite'itoMl iua<fi= sur des principes rationnels el précédé de la théorie mathénutifBe de l'infini, etc. ln-8 do 24 pages Paris. J.-B. Baillière et flIs. \b.

Det rélréeUiemenU du conduU viUvo-vaginal (voles géBlules antvHeurei «le 1' femme), par H. la docteur L. Dcbnnd. 1 toI. ln-8. Paris, A. Dotabayo et E. Lccrosuier. 1 1-

PrécU d'aecouehemenit A l'utafo des étudiants et sages-forames, par M. 1« k ~ testeur A. Jallet. 1 vol. in-U. Paris, A. Dalahaje et E. Locrosnier. 1

étudet clinique et expérlAMmaleturrhypnotisme; de quelques effets des uciiiiM'périphériqucs cbci les lijiléro-épilep tiques i l'état de nille ol d'hjrMfc^' paru, le docteur Uagnin. In-8. Paria. A.Delah«yoel B. Lecrmiiier. Jt;.

Action hypnotique et tédative do la paraldéhyda dans les dUr<renics foriKt l'aliénation mentale, par 11. le docteur Mercam. ln-8. PariK A. Oelahavc « E. Lecroanior. 3 {r.

Det fracturet che* let lyphUitiquet, par H. le docteur Gellé. In-8. Pari*. A. f^- '

latujre el E. l.ecrosaîcr. 3 f r. jj !

De l'amplitude de convergeixce, par M"* Ellaby, docteur on médecine. ïn-8. I*»..- A. Dclahaye et Ë. Lecrosaier. 3 ^.

Du trailemeal du pédicule npros l'iiysiéruiîtoinio par la voie alwiomituilo. par M.;* docteur Amyot. ln-8. Paris, A. Dclahayc et E. Lccroinicr. ' à fr.

Du choléra, traitement nouveau, g.iérison, par II. le doclenr Jousscanme. la-'' Paris, A. Dolihays el E. Lccrosnîcr. ) (r.

Traitement du choléra. Leçons faites per M. le professeur Fabrc, recueillies pr K. lo dotleur AudibOTl. ln-8. Paris, A. Delaliayo et E. Lecrosnier. 1 fr. W

«islûire delà prouetion de l'enfance à Rome depuis la fouéalioa de la ville joiqualarhutode la Itopublique, par U. lo docteur Moutier. In-8. I'»ris. A. IVhaye el iS. l.ecrosnier. > ^,>

G. Masson. Propriétaire-Gérant.

BooiiLOTeN. - IiiipriinetÂI0lttSe&,UA,>ue Mignon. A,P«.ia.

â7 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CIIIRUUGIE — N- 9 — 15:)

COMMUNICATIONS PHARMACEUTIQUES ET BIBLIOGRAPHIOUES

REVUE DE TUËRAPEUTIQUE

liM mèMmmMmmntm mm grmmmiimm émmém cl tmpHmUm.

U ; a déjà longtemps que les médecins, surtout ceux de l'École de Paris, ont commencé à renoncer aux médicaments complexes, aux combinaisons laborieuses de l'ancienne pharmacopée, à ces ordoimances « magistrales > dans lesquelles le praticien, qui avait quelquefois un peu oublié les rè^'lus de la matière médicale et les lois de l'affinilé chimique, formulait, formulait, formulait...

Les pharmaciens ne sont plus les apothicaires d'autrefois, qui, le ventre cerclé d'un lablier sale, le nez pincé dans los rondes bésicles, mélangeant des drogues abstruses, pilaient, pilaient, pilaient..., ou bien s'en allaient par les rues, portant en aiTét la longne serinj^uo, faufreluchée d'une bonlTetle de rubans, la canule à la hauteur de l'uiil, pour administrer aux derrières de qualité le remède purgatif et détersif, le clyslèrc êmollient, lénitif et anodin. Aujourd'hui, le pharmacien est nn homme instruit, qui a satisfait à de difficiles examens et conquis ses diplômes par de longs travaux; il devient membre des assemblées scientifiques et des corps politiques. C'est toi^oure un clierclieur: c'est souvent un médecin ou un savant.

Or maintenant que les médecins ne formulent plus guère de ces médicaments compliqués d'autrefois, maintenant qu'avec certaines préparations, ordinairement assez simples et dont une vieille réputation a consacré les bons effets, on se sert de plus en plus des principes actifs des anciennes « substances » de la matière médicale, voici qu'un des pharmaciens savants dont nous parlions tout à Theure, mais, de plus, ingénieux, vient de faire une invention qne nous trouvons tout simplement superbe.

Ce pharmacien, c'est M. L. Frère, et son iil^n est simple comme tout ce qui est particulièrement ingénieux, — seulement il fallait y penser. M. L. Frère a eu l'idée de réduire tous ces médicaments actifs, les alcaloïdes et leurs principaux sels, tant employés aujourd'hui, les sels organiques ou minéraux, en granules, gros comme nn grain de poivre, dans lesquels le médicament est rigoureusement et constamment dosé.

Mais, de plus, le nom du médicament et le dosage sont inscrits sur le graimle.

Déjà nous avions reçu, il y a quelques mois, nn rapport lu par le docteur C. Paul à la Société de thérapeutique, sur cette importante innovation, rapport après lequel la Société nvait envoyé ses félicitations à H. L. Frère; mais, nousTavouona, ce document avait passé chez nous inaperçu, sans quoi nous aurions déjà appelé l'attention de nos cotif'rèruscl du public en génér.it sur les granules imprimés de M- L. Frère. '

Nous n'avons pas à insister ici sur lesproci''<lésdiipn''puiationde ces granules, sur les moyens et les appareils qui permettent d'en assurer le dosage d'une manière mathématique; ce que nous voulonssurloutlidre ressortir, cVst la commodité

et la sûreté de leur emploi, l'utilité pratique de cette

invention.

Colorés en nuances diverses pour les différencier, ils sont divisés en granules de 1/4,1/2! et 1 milligramme de priricipe actif, pour les alcaloïdes et leurs sels ainsi que pour quelques sels métalliques comme les indurés et chlorures de mercure, les sets de lilhine, le kermès et quelques autres.

Au-dessus, le>: dosages vont de 35 milligrammes à 20 centigrammes, pour les préparations du Codex mises sous forme de pilules ou de granules imprimés.

Les granules sont de petites sphères, ni trop petites ni trop grosses (car des pilules trop petites sont quelquefois plus diAiclles à avaler que des pilules trop grosses), du volume d'un grain de poivre; ils portent, imprimés en noir^ le nom du médicament, la dose et la marque de l'invi^nteur. Exemple :

Digitaline, \ m. L.P.

C'est ainsi que les praticiens ont maintenant sous la main à peu près tous les médicaments de la matière médicale, réduits à leur principe actif, par doses graduées, sous une forme des plus commodes, des plus sûres et constante. Ils n'ont plus à formuler des pilules plus ou moins compliquées pour y incorporer nn médicament, en calculant combien il faut ordonner de pilules pour que chacune contienne un poids donné de la mnlièrcactive : les granules de M. L. Frère sont là, toujours prêts, à tous les dosages; le médecin n'a qu'à choisir.

Et tous ces affreux e paquets » à absorber dans du pain azyme, c'est fini !— Le granule, si petit, si facile à avaler, qui n'a ni saveur, ni odeur, les remplare avec avantage.

Et maintenant plus d'erreur chez le pharmacien, où l'on ne donnera plus de In strychnine pour de la quinine, des centigrammes pour des tuilligrammes. — Le malade pourra toujours vérifier sur ic granule même si le nuMlicnmenl et Te poids sont bien ceux portés sur l'onlonnance.

Un ne s'exposera plus à empoisonner ses enfants en leur donnant à croquer quelques vieilles pilules oubliées dans un tiroir et qu'on prend pour des dragées.

Enfin, avec ces niédicamenls qui disent ce qu'ils sont, méileciii, pharmacien et malade iront les yeux ouverts, tandis qu'autrement ils vont, à notre avis, trop souvent les yeux fermés.

El les granules imprimés de M. L. Frère ne coûtent pas plus cher qne les autres grains, granules ou pilules; c'est donc une f.ifilité et une sécurité nouvelles qne l'inventeur donne pour rien au public.

Aussi, dès que nous avons eu connaissance de cette invention, nous nous sommes empressés d'écrire à M. Frère pour lui dire combien nous trouvions son idée heureuse et pour jiiludie nos félicitations à celles que lui a naguère adressées la Société de thérapeutique, et nous saisissons avec plaisir cetie orciision de le faire encore iri publiquement.

(Extrait du Journal de mcmgranhie .

il.. ^

151 M- 9 - GAZETTË HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIHURGIB 27 FftTM» 1885

THÉRAPEUTIQUE

De l'uNploI Am iMteCe de fer.

L'efficacité de l'emploi du fer dans l'anémie, la chlorose, la cbloro-anémie n'est pas contestable ; la seule chose qui puisse encore être discutée, c'est le mode d'emploi. Il est évident que ce que l'on doit rechercher avant tout, c'est de rendre le fer facilement assimilable, et, pour atteindre ce résultat, il faut qu'il soit soluble.

Le nombre des préparations ferrugineuses est très grand, mais il n'y en a que fort peu qui soient solubles, et encore parmi celles qui ont cette qualité, s'en rencontre-t-il beaucoup qui doivent être écartées en raison de leur altérabilité, de leur saveur désagréable, de la difficulté que le malade éprouve à les digérer, parfois même des accidents qu'elles occasionnent.

' Il ne faut pas perdre de vue qu'un des symptômes de l'anémie, c'est la faiblesse de l'estomac et le déj^oût des aliments ; il importe donc beaucoup de n'olTrir au malade rien qui lui répugne, aucun médicament qui exige de son estomac des efforts dont il est incapable.

Il est aujourd'hui pai^aitement reconnu que c'est sous la forme de lactaleque le fer est le plus facilement assimilable. En ^et, l'acide lactique est abondamment répandu dans l'économie, il se retrouve dans les muscles et dans toutes les sécrétions, sueurs, sang, urine ; ce n'est donc pas introduire dans le corps un élément étranger que de lui fournir l'acide lactique sous la forme de lactate de fer, et il est présumable que c'est seulement quand il a revêtu cette forme que le fer . commence à agir d'une manière efficace.

C'est en partant de cette idée que HM. Gélis el Coulé ont cherché une préparation qui introduisit directement le lactate de fer dans l'économie. Dès lors en effet, le rôle de l'estomac devait se réduire à un simple travail d'absorption, et l'action des médicaments n'était plus subordonnée à l'acidité plus ou moins grande du suc gastrique. Ils ont donc créé les Dragées et Pastilles de laclate de fer qui portent leur nom, et très rapidement ce médicament a pris une place importante dans la thérapeutique.

- L'Académie de médecine» saisie de l'examen de ces préparations par l'envoi qui leur en a été fait par HH. Gélis et Conté, a nommé une commission pour les étudier. H. Bouillaud, le rapporteur» s'est livré, ainsi que H. Fouquier, le président de la Commission, à des expériences nombreuses ; il a constaté que le médicament était parfaitement supporté par tous les sDyels, et qu'il n'était aucun des malades aux-

quels il l'avait administréqui ne s'en fût bien trouvé eC n'eût ressenti une amélioration nolaUe. Il tertninail son rapport

par les lignes suivantes :

c La Commission sait avec quelle réserve il convient de se

> prononcer toutes les fois qu'il s'agit de préparations médi- » camenteuses iionvelles ; mais elle n'ignore pas non plus » que cette réserve a des bornes, el qu'elle nf doit pas aller » jusqu'à refuser de rendre aux auteurs de ces préparatiouK » la justice qui leur est due.

> D'après les faits dont nous venons d'avoir Thooneur de » vous exposer un résumé succinct, nous crevons-, Messieurs, » qu'il serait difficile de ne pas porter un jugement favo- » rable sur la nouvelle préparation ferrugineuse pro^sée par » MM. Gélis et Conté, et de ne pas reconnaître que les 1 recherches cliniques permettent dès'à présent de placer au

> rang des plus utiles préparations femigineuses le tel ooii- » veau dont ils viennent, d'après un heureux el ingénieux

> rapprochement, d'enrichir la matière médicale. >

Ce jugement, vieux ai^ourd'hui de quarante-qualre ans, a été ratifié par le corps médical : HM. Andral. Bouilland, Kouquier, Bally, Nonat, Beau, etc., ont constamment employé les Dragées de Gélis el Conté dans leqrs services, et aucun médicament nouveau n'est venu détrôner celle excellente préparation. Son emploi se signale immédiatement |tar le réveil de l'appétit, et c'est au bout de très peu de jours que les anémiques ressentent les changements qui leur rendent le courage et bientôt les forces.

Les Dragées de Gélis el Coolé loat «nplofées avec sMcês dans tous les cas oA les fermgineiix soni indiqués, notamment l'anémie, la chlorose, la chloro-anémie, l'aménffrrliée . la dtsménorrhée, la leucorrhée chronique ; pour les enfanls de complexiott déticale et les convalescents de loi^ues maladies.

Chaque dragée contient 5 centigrammes de lactate de fer ; la dose habituelle varie de six à douce par jour.

{Union métiienle,)

27 FÉvniwi 1885 GAZKTTB HttDOMADAIRË DE

MÉBKeiNK ËT fiB GSlftUftGIE — N* 9 ~ t&5

THERAPEUTIQUE '

U Créosote de hêtre a été découverte par Reichenbach, chinïsle, de Blhnsko« en Moravie. C'est un produit pyrol^né, dont la composition est : 76,3 de carbone, 7,8 d'hydrogène, 16 d'oxygène; son nom vient de xpéor, chair, et aéï.a, je conserve. Cette beoreuse étymologie, suggérée par sa propriété essenlielle, nous indique l'action qu'elle exerce dans le traitement de toutes les affections de la poitrine et des voies respiratoires.

les rennrquables Iravaax des docteurs Bouchard, Gimberl, etc., ont affirmé sa haute vaEeur thérapeutique, qui n'est plus discutée aujourd'hui.

La créosote se présente sous l'aspect d'un liquide incolore, oléagineux, presque insoluble dans l'eau, mais solublé dans l'akool, l'élher acétiqnu' et Iw.Jiutlee -esseintieltot. On la rntire du goudron de bois et du goudron de houiltn.

La composition de la créosote en révèle naturellement les propriétés; elle coagule ralfonmine et constitue l'une des substances les plus antiseptiques et les plus antiferm entesribles. Ëlle-tucavec une rapidité surprenante les organismes inférieurs. Le seul défaut de ce médicament, c'est d'être mal toléré par certains tempéraments, de causer des nausées, des vomissements, et, dans tous les cas, des renvois, [jui obligeaient à en suspendre l'emploi. Il fallait trouver une iubstance qii'on pût lui adjoi^idre. pour faire disparaître ces inconvénients. Des travaux im(H)rtânts «nt fixé le choix sur ^v. Baume de To/u, qui' présente, pour cet usage, des avanâges particuliers.

Toiis nos lecteurs connaissent la couleur jaune .et l'odeur ialsamiqiie et agréable de ce baume, obtenu par l'iacision le l'écorce du M$ro8permum- Tofui/Jn-um, . plante de 1*Anériqoe inéridnaaie. -Tans Aussi savent que ces substances ésineuses renferment soit de l'acide benaolqoe, aoîl de 'acide cinoamique, qui leur assurent des propriétés aottpasmodiques et anticâtarrhales très énei^iques.

De toute antiquité, les baumes balsamiques étaient eraloyés avec succès da^s le traitement dés pfalegmasies cbroiqiies, qui ne pouvaient supponer l'usage des térébenthines. Le baume de Tolu, 4oQt la dccotiverie remonte au delà de ioscoridti, était, dès cette époque, employé au traitement 3 tous les flux muquéux, des maladies chroniques du pouon, calacrhales et nerveuses, ainsi que' dans les affections I larynx produisant renrouemeot et l'extinction de la voix, lucedines et apkoniœ, et même dans la phthisie tubercuuse. Morton s'exprime en ces termes au sujet d'une prération pilulairc composée, en majeure partie, de baume de ilu : ItttBpiUUm, in scorbuticoram et serofuhrum lentà \thisi (ruœ quidem sunt frequentmimat plahi$ies),ufn tris (si ulta est) estadmodum mit», etexsputum pklegma adamlenus glutinosunij osthHiaUcorum ritu, euraiiom 7ion tantum in prtncipio morbi, verum etiam in proessu insigniler promovent.

La réputation du baume de Tolu est bien établie, et il nous uffi de rappeler ces anciens travaux pour indiquer que js n'avons pas nflaire ici à une de ces préparations dont Tîcacité est aussi passagère que la vogue, mais à un bon tduît de vieille renommée.

Sn ajoutant le goudron de Nerwège à ces deux substances

d*une activité si incontestable et si universellement reconnue, on arrive & composer un médicament d'un effet sûr et d'une puissance toute nouvelle, qui peut s'apprécier par celle de ses éléments.

. Le goudron v^étal (pur liquida) du groupe des térébenthinés .s'obtient par la distillation des bois de pin qui ne donnent plus de térébenthine. Il se présente sous la forme d'une masse demi-fluide (de consistance sirupeuse), de couleur brune, d'une odeur empyreumatique, d'une saveur âcre.

C'est un mélange complexe de résine et d'une huile essentielle empyreumatique qui s'est formée, en partie, par l'action du feu sur la résine ; il contient aussi du charbon.

Au double point de vue physiologique et thérapeutique, le goudron produit des elTels qui se rapprochent de ceux de la térébenthine ; mais comme cette denière, il n'est pas contre-indiqué par les éléments fièvre et congestion in** flamraatoire.

Il est employé avec grand succès, depuis un temps immémorial, dans les affections des voies respiratoires, en raison des heureuses modifications qu'il apporte sur la muqueuse trachéo-bron chique.

L'hydrolé de goudron a reçu, dans ces derniers temps, de nombreuses applications, grâce aux préceptes de préparation si bien établis par Guibonrt, Lefort, Soubeiran, Uagne-Lahens, Nignot, Jeannel et nombre d'autres savants.

Après de nombreuses expériences, nous nous sommes arrêté à une formule, d'après laquelle nous avons fait préparer de petites capsules ovoïdes par MM. Trouetle- Perret, pharmaciens à Paris.

Chaque capsule doit contenir :

5 centigrammes d« créosote pure de hêtre ;

7 cftntigrammeis 1/2 de goudron purifié de Norwège ;

7 centigrammes i/i de baume de Tolu.

Ces capsules, appelées parleurauteurGoitlfM Livojtiennes de TroaeUS'Perrèt, doiveat être employées aux doses soivantes:

Dans le cas où la maladie a peu de gravité, et^ si l'on ne veut qu'un moyen prophylactique, deux capsules le matin et denx le soir peuvent sufBre; mais il n'y a aucun incoové* nient à porter plus haut les doses.

Dans les cas plus graves, on commencera par quatre eapsulèa le matin ët quatre te soir, et on augmentera la dose de manière à arriver k douze capsules par jour, en graduant suivant rétat de la maladie et l'effet que Ton désire obtenir.

Il est indispensable, chaque fols qu'on aura pris de ces capsules, de ne pas leur penneltre de s'arrêter dans les plis de la gorge, et de les faire descendre dans l'estomac en avalant un quart de verre d'un liquide quelconque, eau, luit, vin, thé l^er eu tisane froide ou chaude.

Lorsque les Gouttes Livontennes auront rétabli la santé, il sera bon d« n'en point abandonner brusquement l'ust^, et; dans tous les cas, de s'y remettre une quinsaine de joura au retour de l'hiver, et notamment aux changements de saisons, accompagnés de temps humides.

Ë. Lasniée.

GAZETTE IlgBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIRURGIB

37 FfivniER 1885

BIBLIOGRAPHIE

Le Calde du ChlmUte, répertoire de documents théoriques et pratiques à l'usage des laboratoires de chimie pure et de chimie industriette, par MH. Freny, membre de l'Instut, et A. Terreil, cher des travaux cliniques au Muséum d'histoire naturelle, i vol. in-8' de 985 pa^es avec 157 figures dans le texte. — Paris, G. Masson. Prix:

- broché, 18 francs ; relié, 20 francs.

Le Guide du Chimiste est un répertoire de documents théoriques et pratiques ; il a pour but de venir en aide au chimiste praticien ; aussi nous n'avons pas voulu présenter cet ouvrage sous la forme ordinairement employée dans les traités de chimie. Dans le Guide du Chimiste, les corps simples sont placés par ordre alphabétique ; il en est de même des divers groupes de composés qui constituent la chimie organique, tels que les acétones, les acides oi^aniques, les alcalis oi^aniques, les alcools, tes aldéhydes, les amîdcs, les corps gras, les huiles essentielles, tes éthers, etc.

L'étude des corps simples est précédée de généralités sur les lois des combinaisons, la défmilion des équivalents chimiques avec une table de ces équivalents, la notation des formules chimiques, les calculs relatifs aux équivalents et aux formules, la classification des métalloïdes en familles, la classification des métaux en cinq groupes, d'après les caractères analyliques de leurs acides, la division des gaz en quatre groupes d'après leurs caractères analytiques, l'analyse spectrale, deux tableaux pouvant servir & l'analyse qualitative des substances organiques d'après leurs points d'ébullilion et leurs points de fusion. Enfin ces généralités se terminent par des renseignements divers, téls que les quantités de chaleur de combustion, les indices de réfraction, le pouvoir rotatoire moléculaire des corps solides et des corps dissous ou liquides, la préparation de quelques réactifs employés en analyse. .

L'étude de chaque corps simple se compose des données suivantes :

1' Le corps simple avec son historique, ses propriétés physiques et ses caractères distinctifs ;

2* La désignation de ses principaux composés avec leurs formules et leurs compositions centésimales;

3° Sa préparation et celle, de ses principales combinaisons dans Je laboratoire et dans l'industrie ;

4" Les caractères distinctifs de ses composés et de ses sels à l'aide des réactifs, du chalumeau e| du spectroscope ;

5** Son dosage et celui de ses combinaisons ;

C* La séparation des autres corps ;

7° Un tableau contenant des multiplicateurs pouvant servir à transformer un poids du corps simple et des composés sous lesquels on les dose ordinairement, en un poids correspondant d'une des principales combinaisons de ce corps ;

8° La description et la composition des principaux alliages dans lesquels le coips simple entre comme partie constituante ;

9" Les minéraux contenant le corps simple avec leurs corn, positions analytiques;

10* Des exemples d'analyses des minerais, alliages, produits d'art et principaux composés du corps simple.

L'hisLoire de chaque groupe de substances organiques comprend les renseignements suivants :

1" La définition du mot qui sert à désigner un groupe et les propriétés caractéristiques qui distinguent ce groupe des

autres; les transfonnatioDS fondamentales que les composés de ce groupe éprouvent sous l'influence de ces réactifs, et les dérivés qui résultent de ces réactions ; enfin leur mode général de formation ou de préparation ;

3" Tous les composés d'un même groupe, avec leurs formules, leurs compositions centésimales et leurs principales propriétés physiques, sont réunis dans des tableaux ;

3° Les diverses méthodes de préparation des principales substances oi^niqueset de leurs dérivés les plus importants;

4« Les caractères dislinctifs des substances et la description des différentes méthodes analytiques qui permettent d'en faire connaître la composition. C'est ainsi que sont décrits les essais des vinaigres, des tanins, des opiums, des quinquinas, dés tabacs, des glycérines du commerce, des savons, des corgs gras, des suifs, des anihracènes du commerce, des lichens colorants, des indigos, des 'papiers, des fécules, des sucres, des glucoses, les analyses des vernis, de la dynamite et des poudres à base de nitro-glycérine, du lait, du sang, de l'urine et des calculs urinaires, des substances alimeutaires, de la terre arable, des cendres des v^élaux, des engi-ais, la détermination de l'alcool dans les liquides alcooliques, de la nature des matières colorantes, de la nature des fibres textiles d'origine végétale et d'origine animale, etc.

Le Guide de Chimiste devient ainsi le vade-meeum de l'expérimentateur qui s'occupe de chimie pure ou de chimie industrielle.

■anel «e ra«hologt« exlenie, par MM. ReCLVS, KlR-

HissoPT, Peyrot, BouiLLY, profcsseurs agrégés à la Faculté de médecine de Paris. — Paris, G. Masson.

Haladlea Mmmaaea * tons lea «Iwhm, ■Mtladies d«s

lUsos, par Paul Reclus, professeur agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux. — i fort volume petit in-8*. lOfîr.

Le temps n'est plus où l'on pouvait condenser la pathologie externe en un volume écrit en quelques mois ; il faut aujourd'hui de longues années pour préparer un Manuel de Chirurgie, fût-il élémentaire, et avant que l'auteur ait achevé son œuvre, d'autres travaux oiiL déjà ébranlé le^ premières assises ou mfime abattu quelques pans du modeste édifice.

Aussi quatre agrégés, chai|;és du cours auviltaire de rhirurgie, out-ils eu l'idée de se partager la l&che et de réunir ieurs efforts pour la composition rapide et simultanée d'un précis en quatre volumes. lU espèrent ainsi ne pas être trop vile distancés par les jeunes théories et les découvertes nouvelles. — Et voilà ce qui les décide à ajouter leur manuel à tant d'autres, dont un, au moins, est excellent.

Élèves des mêmes maîtres, imbus des mêmes doctrines, ils espèrent avoir écrit un livre homogène. Mais si seulement leur manuel était ce qu'il veut être, non un aide-mémolve que Téludiant feuillette la veille d'un examen pour essayer de voiler son ignorance à ses juges, mais un précis sobre et clair, mettant en relief les traits essentiels de chaque maladie, les contours exacts du tableau clinique, leur œuvre ne serait pas inutile : ils auraient rendu un service à l'enseignement.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

BODRLOTM. — Imprimerie* réiinlM, A, rm Mlpioii^a; Parti.

TBEHTKrDÉbitftlIE AKNËB

6 Mars 1885

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITE DE RÉDACTION

PaâsiDEHT : H. le docteur A. SEGHAMJBRE

HlHMBS : HN. les docteurs BLACNEZ, BEORGES DIEUUFOT, DRETFUS.BRISK, FRMCOIS-FRjMCK, ALBERT HEHMQUE

L LEREBOUUn,. PAUL RECLUS

AdnHH tout ce qui concwne h..r€daction an Hège du Comité^ ehes H; Dichahue, 91, nie LUU (avuit le mardi de pr<fftreiiee).

Teir me 9 4e !• CMvcrCwe l'iMleeMea «ee ÀOVE0 BB lA FACDLVé VB MésiSCIliE »■ PAKM ( Thèses, eiamens, cours, etc.) e* «iver« ««muMÉAi MéreeewS le r*Ue aaMiMl. .

OMHAIRB. — Paris. Académie' de mMeefiw : PopdiUan dl la France. — His- TMKE BT cnrrtQUE. DëTiatiim lalôrale du lUrnum Jaiu lea ëpanchemeali plturéli<ines ; le signe da cordeau. — Travaux OHieiNADX. Th<rap«ilîqtie : Sur la rhlanire de iiidthjle conlré l'él^mcint douleur dans Ici aStetions diverses. — CoRRUFOiiDAiiOR. ObfenMtiun lia hiberenloM. — PaludbDie héréditiire. — Sociiria bataxTM. Académia de* aciencaa. — Andémle da mddaeine. — Sotàtli niiidicale itea liApîtaiiic. — Sueiétô de ehinirfia. — Société do bloloBÎe. — BlBLlooHAPHil^ Tmii Ibëoriqiie et pratique de la gouUs. — VARiiTia. Sacwt^ protaclrice ds l'oiifiivea. — FeuiLLBTOM. La «ladia-da Scanon.

- Paria, 5 mars 1885.

AeaMBBle 4e ■iWeetâr : Pa^HlaMoM de la PiWlae.

Nous faisions ressortir récemment, à propos de la disussion pendante à l'Académie de médecine, l'avantage de «'tacher de la grande question du mouvement de la populaou en France ou aiUeurs, ses éléments proprement méicaux pour en tirer tout ce qu'ils peuvent contenir de années positives aux spéculations, souvent vagues et hasardes des économistes. Lt ce que nous entendons par élécnt médical, ce n'est pas uniquement les enseignements ! l'hygiène ou de la pathologie, mais aussi ceux que procure nitiation à la vie de famille, aux mœurs conjugales et aux ibïtudes domestiques.

Il ne fallait pas s'attendre à trouver l'image de ce pro-

gramme ^anTla répliqiie'de iJ. Rochard. L'infatigable orateur avait à établir, conlre M. L. Le Fort, que la race française n'est pas inapte à la colonisation et, contre M. Hardy,' que la doctrine de Malthus perd toiite sa force devant l'état actuel du commerce, de l'industrie et des voies de communications terrestres ou maritimes. C'était là des questions purément économiques, où M. Rochard se trouvait k l'aise, — carl'économie sociale est depuis quelque temps le sujet de ses études favorites — et qu'il a traitées avec l'ampleur de forme et la verve qui lui sont propres. On n'avait rien à lui demander, pour le moment, en dehors de ce thème.

A part quelques considérations intéressantes de H. Lunier sur le dartger social qui résulte d'un abaissement progressif du chiffre moyen des naissances, plus rapide que celui du chiffre moyen des décès, le vrairdledu médecin a été rempli, dans cette séance, par M. le professeur Fournier. Tout le monde l'a deviné sans jieine, pour relever le chiffre (le la population il faut accroître la natalité et diminuer la mortalité. Cela étant bien entendu, quel parti peut-on tirer des observations fournies par la pratique spéciale à laquelle est voué l'orateur?

Tel est le terrain bien délimité sur lequel il se place. Il dira ce qu'il a vu, ce qu'ont vu ses collègues en syphilographie ; il produira, lui aussi, ses statistiques partielles à litre de contingent à la statistique générale; puis, après avoir constaté l'effroyable contribution payée à l'avortement

FEUILLETON

Im w«la4le d« Searr*a.

Pour les curieux qui se sont intéressés à l'histoire pathétique des rois de France, nous publions, comme chapitre dilionnel au livre si attachant (le H. Corlieu (1), l'obserion médicale du joyeux et malheureui Scarron, le prédéiseur de Louis XIV (â).

3carron était cul-de-jatte, il nous l a dit tout le premier, i historiens et les bit^raphés l'ont répété, mais personne, 3 nous sachions, même de son vivant, n'a trouvé le fin mot cette infirmité pitoyable. Il ne manquait'pas de bonnes

• Co petit livre, da a la plaaio d'un bibliolhécaire de la Fioalld da médecine, pas inaeril a« catak^ne de li bibliutlièquo de la Facolld do nëdeeine.

. La langue franfalw ne poHède pu d'antra mot pour ddaifoer le dogrd do

itû approximative dont il s'agit ici f SËKIB. T. XXII.

raisons pour cela, comme nous allons voir. Toutefois, ce dont l'historien ne se soucie que médiocrement peut intriguer le médecin. Au dix-neuvième siècle, le substantif composé « cul-de-jatte » ne désigne point une maladie: il ne figure pas dans le Dictionnaire encyclopédique de Dectiambre.

La plupart des renseignements de nature k nous édifier sur ce cas singulier nous sont fournis par l'auteur même du Borna» comique. Nous dirons immédiatement que Scarron fut atteint, selon toute vraisemblance, d'un rhutnatimè chronique généralisé progressif. Dans les centaines de" ces poésies à riines plates, sonnets, odes ou satires, qu'il écrivait au courant de la plume avec une verve inimaginable, il existe plus d'un millier de vers consacres à ses misères. Il a même pris le soin de se dépeindre des pieds à la tète aux difTérentes époques de sa vie, conformément, en quelque sorte, aux progrès de son ma), et, chaque fois, avec une exactitude telle que les traits essentiels du tableauf s'àceArdenl parfaitement avec ceux que font resibfltfrl^t)lifâÛ9i&é^-^

MMO — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 6 Mars 1885

et à la mortalité infantile par la syphilis congénitale, il indiquera les moyens à tenter contre un tel néau, il donnera aux médecins eux-mêmes des conseils sur le traitement de la syphilis du père ou de la mère, il provoquera enfin un remaniement des lois sur la prostitution. Voilà pour la mortalité i)ilra-ou extra-utérine. Quant à la diminution du nombre des conceptions, M. Fournier assigne, avec une autorité particulière, comme nous l'avions fait plus timidement, à l'habitude vicieuse qu*on a appelée dans les ménages la contrainte morale, une influence très notable sur la diminution des naissances. Voilà pour les statisticiens de profession, pour les économistes, des éléments clairs, positifs, avec lesquels il leur faut compter; et qui ne comprend que si, sur toutes les parties de la médecine, ils étaient mis en possession, ou plut6t s'ils tenaient compte (car ce ne sont pas toujours, les matériaux qui leur manquent), de documents qui leur permissent de mettre le doigt sur les grandes causes de mortalité, les unes générales, les autres particulières k certaines contrées, à certaines régions, à certaines professions, etc., ils pourraient être conduiU à rectifier plus d'une assertion sur le mouvement de la population en France et la cause de ses oscillations.

— M. Comil avait lu au commencement de la séance une curieuse observation de tumeur testiculaire, opérée par U. Berger, et qui n'était autre chose qu'une inclusion fœtale : on y retrouvait tous les éléments du tissu cutané, avec quelques filets nerveux. Contrairement à ce qu'on voit communément, le tissu osseux faisait défaut.

HISTOIRE ET CRITIQUE

Dévlatlm latérale du alernam dans les épanehcMents plenrétlqiies) le alsne do cardean.

On sait combien il est difficile de mesurer la voussure, cependant si appréciable à la vue, dans les épanchements pleurétiques abondants qui occupent uu cèté de la poitrine. Le compas d'épaisseur, le cyrtomëtre el autres procédés, ont, le plus souvent, fourni des résultats insignifiants dans les cas mêmes où ils paraissaient devoir donner tes indications les plus nettes. Woillez en était arrivé à écrire, dans son Traité de 1872, que la « mensuration comparée des

deux cètés de la poitrine a été abandonnée comme fournissant des renseignements insunisanls ».

A quelle cause peut donc tenir cette opposition entre les résultats des mensurations comparatives et ceux du simple examen par la vue? Pour s'en bien rendre compte, il suffit de sB^eporler à l'étude que fit M. Peyrot en 1876 (1) des déformations du thorax chez les pleurétiques et aux recherches toutes récentes de M. Pitres sur le même si^et(2).

Comment pratique-t-on la mensuration comparée des deux côtés de la poitrine, soit avec un simple ruban, soit avec le cyrtomètre? On applique l'une des extrémités du ruban ou du cyrtomètre sur une apophyse épineuse dorsale et Tautre extrémité sur le point de la ligne médiane du sternum situé à la même hauteur que l'apophyse épineuse. La même manœuvre étant pratiquée successivement des deux côtés, on compare soit les deux longueurs de ruban, soit les deux courbes cyrtométriques et, malgré l'évideiice d'une déformation, il arrive souvent que ces mesures n'en fournissent aucune trace. La raison en est simple : on a pris pour point de repère antérieur le milieu du sternum, sans se rendre compte que ce sternum a été entraîné latéralement parle côté malade et que la ligne médiane du stêrnum ne coïncide plus avec la ligne médiane du corps : le thorax est devenu oblique-ovalaire, comme l'a fort bien du M. Peyrot ; l'angle costo-verlébral s'est élargi du côté de l'épanchement, il s'est rétréci d'autant du côté opposé el la partie antérieure de la poitrine a subi une sorte d'entraînement latéral. Il n'est pas étonnant, dès lors, que la voussure passe inaperçue avec les procédés de mensuration habituels.

Si, à l'exemple de M. Pitres, ou tend un cordon, du j milieu de la fourchette sternale (portion restée sensiblement fixe) au milieu de la symphyse pubienne, on détermine j aisément le trajet de la ligne médiane du corps, et il est facile de voir à quelle dislance de cette ligne se trouve ; reportée la ligne médiane du sternum. Ce procédé du cordeau permet ainsi tout d'abord de fixer la valeur de la

J (1) Pcyrol, Etude exp. et clin, tur le thorax ija fiekrétt^uei et ttir tm pîeii roUmU (Th. Doct., Paris, 1876). - ,Siir la («lutoiu fnlnMtorMfvan ilMJ Ut I éptnchemetUM 4e Ift l^ivre (Arcli. géa. méi., IS70, l. H}.

{i) A. Pitres, De ta votuiure du thorax et du ligne du earieau eke» U» pleuriliquri {Soc. nH!<l. d chlr. de Bordcanx, 30 janvier 1885 vt Bvrdeaux midtait. , 11" 30, îi ftfvrior 1885).

criptions cliniques des auteurs actuels; sur beaucoup de points notre illustre et cher maître, M. Cbarcot, n'a fait que répéter Scarron. Voici l'observation :

Scarron naquit à Paris en 1610. Nous ne savons rien de ses antécédents héréditaires. Nous pourrions dire seulement, pour les exigeants, que son père, conseiller au Parlement, vécut jusqu à un âge assez avancé et que sa mère mourut jeune. Pendant son enfance, Paul Scarron eut, paralt-il, le tempérament bilioso-san^uin. Le tenait^il de son père, sujet peut-être à quelques manifestations de goutte acquise, comme tous les gens de robe d'alors, sédentaires endurcis et grands faiseurs de bonne chère? Ce n'est, nous l'avouons, qu'une hypothèse, et tirée d'un peu loin.

Aussitôt après la mort de sa mère, Scarron fut confié à des parents qui résidaient à Charleville; c'est là qu'il passa les années de son enfance et de son adolescence. Il ne revint à Paris que pour y terminer ses études. Après quoi il prit le

petit collet. Dès lors, et Jusqu'à son mariage, on ne l'appela plus que l'abbé Scarron.

L'existence du jeune abbé n'avait rien de monacal. 1) brillait dans le monde, cherchait non sans succès les bonnes fortunes, el voyageait en Italie pour son agrément. En revint-il par hasard avec le mal napolitain? Si généreux qu'il soit de confidences, c'est un aveu qu'on ne peut exiger de lui. Mais n'a-l-il pas des amis pour nous instruii'e? Cyrano de Bergerac nous raconte que l'abbé passa sous l'arcliet (I ), c'est-à-dire qu'il eut à subir ce qu'on appelait alors te grand remède, la grande tuée ou suene, destinée à chasser le mercure. Ce n'est peut-être qu'une calomnie. Ce qui est certain toutefois, c'est que dès 1634, à son retour de Rome, Scarron eut à soufi'rir d'une « maladie longue et douloureuse qui vint l'avertir de l'afiaiblissement de sa coniplexion ». Il avait alors près de vingt-cinq ans.

couver tnr»

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déviation sternale, qui est fréquemment de plusûurt cetaimètresj et,en8eeondlieu,de rectifier les indications erronées fournies par la mensuration avec les points de reptVre habilaels. C'est ainsi que dans un cas d'épanchement gauche moyen, arec voussure légère quoique facilement appréciable à l'œil, la ligne du cordeau passe à 15 millimètres à droite de la ligne médiane du sternum, au niveau de l'appendice xypholde; la mensuration comparative avec un mètre-ruban appliqué comme d'habitude, fournit l'égalité des deux périmètres; dans ces conditions, la mensuration avec le procédé du cordeau, c'esl-à-dire en faisant aboutir l'extrémité antérieure du ruban à la véritable ligne médiane du corps, donne une différence de 3 centimètres en plus pour le cAté présentant U voussure.

Il en fut de même dans de nombreuses autres observations de H. Piues : toutes lérooignent en faveur de l'intérêt que présente ce que Tauteur appelle le signe du cordeau.

ni

Aurions-nous donc enfin un moyen assuré d'apprécier, ta même temps que le degré de la déviation oblique-ovaiarredu thorax, l'abondance d'un épancliement? M. Pitres ne refait aucune illusion sur ce point : il dit fort bien que )a résistance du thorax est trop variable pour que la mesure lie la déformation soit rigoureusement correspondante à la quantité de liquide épanché.

Hais, tout au moins, la déviation lat^ale du sternum, déterminée rigoureusement par l'écart de la ligne médiane de cet os par rapport à la ligne médiane du corps, conslituel-elle un signe palhognomonique d'épanchement dans la plèvre ? Pas davantage, malgré l'espoir qui en a été récemnent manifesté par H. Queyrat, dans son mémoire sur la congestion pulmonaire publié dans te dernier numéro de la Hervé de médecine (janvier 1885). La forme de congestion pulmonaire décrite par H. Grancher sous le nom de splénopoeumonie peut, tout aussi bien qu'un épanchement abondant de la plèvre, s'accompagner de déviation du sternum, ainsi qu'en témoigne une observation relatée par M. Pitres.

Il ne faut demander au signe du cordeau qu'une indication pour ainsi dire abstraite, celle da déplacement latéral iu sternum, quitte à chercher ensuite pour quelle raison ce déplacement existe : c'est déjà beaucoup que d'être en OKSttre de le constater nettement et de savoir pourquoi les procédés ordinaires de mensuration comparative des deux

côtés du thorax n'ont fourni jusqu'ici que des renseigne» menIs assez incomplets pour qu'on fût tenté d'y renoncer.

TRAVAUX ORIGmAUX

Th^rapealIqiM*

Sur le chlorure de méthvle contre l'élément botiKVA

DANS DES AFFECTIONS DIVERSES, par MM. TeNKESON,

médecin de l'hôpital Saint-Antoine, el Bègue, externe des hôpitaux. Communication faite à la Société des hôpitaux dans la séance du 27 février 1885.

Messieurs, nous vous apportons le résumé de 31 observations relatives à l'emploi du chlorure de méthyle contre l'élément douleur, dans des affections diverses.

La Société médicale des hôpitaux s'est occupée déjà deux fois de ce nouvel agent thérapeutique, depuis la première communication de M. Debove. 11 nous a paru que la question n'était pas épuisée el que les résultats obtenus par nous dans des affections tout autres que la sciatique, méritaient de vous être signalés.

Nos observations se décomposent ainsi :

Névralgie sciatique , , . , 10 cas.

Rhumatisme musculaire 11 —

Rhumatisme articulaire aigu ou subaigu,

localisé 5 —

Rhumatisme articulairo chronique t

Contusion articulaire 1 —

Douleurs ostéo-périostiques des tuberculeux. 1 —

Points de eôté daus la tuboixutose pulmonaire. 3 —

— dans la pleurésie purulente. .. 1 —

— dans la pneumonie lobaire. ... 3 —

Total 37 cas.

Sur les 10 cas de sciatique, 7 fois laguérison de la douleur fut immédiate et complète. La maladie datait de trois mois — deux mois — trois semaines — huit joura — huit jours.

Dans un de ces cas, il y eut récidive, a Vincennes; le malade revint nous trouver ; une nouvelle application du jet le débarrassa immédiatement de ses douleurs, comme la première fois.

Chez un huitième malade, dont le travail était empêché depuis vingt-neuf mois, qui avait suivi plusieurs traitements et dépensé, dit-il, 300 francs en frictions diverses, la guérison de la douleur fut immédiate et complète dans toute la

La nature de celte maladie est problématique; mais, si la svphilis n'y était pour rien (ce qui est fort probable, sans quoi les historiographes, que la médisance n'a jamais arrêtés, n'eussent pas dit maladie longue et douloureuse, mais tout simplement cérole), on a tout lieu de soupçonner un rhum^isme articulaire aigu, d'autant que le rhumatisme dironique qui survint peu de temps après se montra, par la fixité de ses localisations initiales, tel ^u'on Tobserve le plus souvent à U suite de la fièvre articulaire.

D'autre part, cette maladie anonyme survenait, par une coïncidence singulière, juste & 1 époque où le rhumatisme aigu, jusqu'alors méconnu, allait enfin, grâce à rediuaiation des œuvres de Bailtou, compter pour quelque chose dans la nosologie. Le 6 février 1634, Guy Patin écrivait : c On commence à imprimer ici les conseils de médecine de feu M. Baillou... Je crois que ce sera une fort bonne pièce, car il était fort savant, et ce que j'en «i TU m'a beaucoup plu. » U est vrai que six mois plus

tard, et précisément à propos de la dernière partie de l'ouvrage qui renferme les trois pages fameuses relatives au rhumatisme, Guy Patin marchandait un peu ses éloges : « Ce livre me déplaît pour le fatras qu'il y a, tiré des Arabes el de la pharmacie de ce temps-là; mais néanmoins il y a de fort bonnes choses. > Qui sait si, parmi ces fort bonnes choses, il ne faut pas compter la maladie longue et douloureuse du pauvre abbé Scarron? Son médecin seul aurait pu nous l'apprendre, mais nous ignorons qui était ce médecin; et puis avait-il acheté l'œuvre de Baillou, la nouveauté du jour, deux beaux volumes grand in-i", bien reliés, du prix de cinquante sols?

Une anecdote souvent racontée justifie encore l'hypothèse que la maladie en question fut un rhumatisme aigu. Scarron était allé passer le carnaval au Mans, c Au Mans, comme dans la plupart des villes de province, le carnaval finit |)ar des mascarades publiques qui ressemblent assez k une foire' de Bezons. L'abbé Scarron voulut eu être. Mais sousuquel

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hauteur du membre^ excepté sous le talon, où l'épaisseur de la couche cornée exigea plusieurs emplois du siption.

Dans âcas^ le résultat fut imparTait; il fallut plusieurs appIicaUons du jet; chacune produisit un soulagement notable; cependant, quand les malades voulurent sortir de l'hôpital, ils éprouvaient encore de temps à autre quelques légères sensations douloureuses. Nous ne parlons ni de la faiblesse, ni de l'atrophie muscslaire, qui existaient dans quelques cas, mais sont ici hors de cause.

Les II cas de rhumatisme musculaire occupaient des régions diverses; plusieurs étaient très douloureux, 9 fois la guérison des douleurs fut immédiate et complète. Chez deux malades, il fallut deux applications du jet.

Un certain degré de contracture fait quelquefois partie de l'affection très mal connue, qu'on appelle rhumatisme musculaire. Cette contracture n'a été modifiée en aucune façon par le chlorure de méthyle. Les mouvements actifs et passifs restaient alors limités, bien qu'ils ne fussent plus douloureux.

Dans 5 cas de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, localisé, la guérison des douleurs fut immédiate et complète, les mouvements restant limités, bien entendu, par l'epanchement synovial et l'œdème inflammatoire périarticulaire. Chez une femme portant aux deux mains et à un haut degré les déformations du rhumatisme noueux, qui soufTrait depuis huit ans et dont les douleurs étaient vives depuis trois mois, la disparition des douleurs fut immédiate et complète. Elles ne s'étaient pas reproduites au bout de quelques jours. Cette femme reste infirme, mais ne souffre plus, quant à présent.

Un homme jeune encore, atteint de rhumatisme chronique du ^enou gauche, ne peut plus travailler depuis un an et demi. Les douleurs sont devenues tellement vives, que la pression du genou contre le matelas ne peut être supportée. L'articulation est déformée par la tuméfaction des extrémités osseuses. Après une application du jet, la guérison des douleurs est immédiate et complète; le malade peut marcher de suite et sans souffrances, et depuis plus de trois semaines, il n'y a pas eu récidive, bien aue cet homme ait quitté l'hôpital et se soit exposé au froid. Il reste infirme, mais il ne souffre plus.

Un homme qui avait fait une chute d'un lieu élevé fut placé par erreur dans notre service, comme atteint de rhumatisme. Le genou et surtout l'épaule droite étaient fortement contusionnés, la marche était pénible, le malade ne pouvait écarter le coude du tronc sans grandes souffrances. Après une application du jet la guérison fut immédiate et complèle ; le malade put de suite marcher et exécuter sans douleur avec le bras les mouvements de circomduction les plus étendus. Trois jours plus lard les douleurs n'avaient pas reparu.

déguisement s'envelopper? Il avait & sauver & la fois la singularité de son caractère et la décence de son état, l'Eglise et le burlesque. Il s'enduit de miel toutes les parties du corps, ouvre un lit de plume, s'y jette et s'y retourne jusqu'à ce ^ue le sauvage soit hien emplenné. Il va courir la foire et attire toute l'attention. Les femmes t'entourent; les unes s'enfuient, les autres le déplument; tout se réunit contre lui, et bientôt le beau masque a plutôt l'air d'un chanoine que d'un Américain. A ce spectacle le peuple s'attroupe, est indigné, crie au scandale; Scarron se dégage de la foule. Poursuivi, dégouttant de miel et d'eau, partout relancé, aux abois, il trouve un pont, le saute héroïquement, et va se cacher dans les roseaux. Ses feux s'amortissent, un froid glaçant pénètre ses veines et met dam son sang le principe des maux gui CaccabUrent depuis. * Si cette aventure ^est authentique, l'étiologie commande le diagnostic; car, po'ur ne pas gagner un rhumatisme à pareil jeu, il faut eu vérité supposer une intervention toute spéciale de la Providence. Bref, à dater

On renconU-e assez souvent chez les tuberculeux avancés des douleurs vives en différents points du squelette. Nous les nommons provisoirement douleurs ostéo-periostiques des tuberculeux, en attendant qu'on en connaisse les condtlions anatomiques. Chez un de nos malades ces douleurs occupaient le sacrum et avaient une grande acuité; la moindre pression sur le sacrum était intolérable, le décubitus dorsal impossible Après une application du jet la disparition des douleurs fut immédiate et complète: elles ne se sont pas reproduites jusqu'à la mort du malade, qui survint quelques semaines plus tard. Nous avons enfm attaqué avec le chlorure de méthyle 7 points de côtés, 3 dans la tuberculose pulmonaire, 1 dans la pleurésie purulente, 3 dans la pneumonie aiguë, lobaire, dite franche. Dans tous les cas la guérison du point de côté fut immédiate et complèle. Deux fois le point de côté se reproduisit au bout de quelques jours et fut enlevé aussi facilement. Produire une réfriçération subite de — â3 degrés, sur le thorax d'un pneumoniquo, pourra sembler hardi à quelques-uns. Nous nous empressons d'ajouter que ces trois pneumonies ont guéri, comme d'habitude, en temps voulu, sans inpidjeuls et sans, thérapeutique.

Quelques mots maintenant sur les accidents imputables à la médication. On peut les classer ainsi : Ërythème prolongé ; liyperesthésie de la peau; vésication; eschare.

Au début de nos essais, nous avons produit plusieurs fois la vésication et ïeschariGcation superficielle du derme. Nous savons aujourd'hui éviter ces accidents. Pour cela, il ne faut pas prolonger Tactioa du jet plus de cinq ou six secondes. Cette durée est même trop longue, pour les régious où la peau est fine.

Il faut aussi avoir soin de ne pas diriger le premier ^et perpendiculairement à la surface cutanée. Ce premier jet perpendiculaire produit une dépression cupuliforme dans la peau blanchie et congelée; c'est là surtout que se développe la phlyclène ou l'eschare. Chez quelques malades nous avons vu une hyperesthésie très vive de la peau persister pendant plusieurs jours. Dans tous les cas l'érythèrae dure plusieurs semaines. Il est important d'être prévenu du fait pour cer* taines régions, chez certains sujets.

Un certain degré de pigmentation de la peau peut aussi malheureusement succéner à l'action du chlorure de méthyle. Celle hyperchromie n'est certes pas comparable aux affreuses taches pigmentaires indélébiles que laissent les vésicatoires volants; mais disparatt-elle toujours et en combien de temps? Nous ne pouvons encore répondre à ces questions. Il convient de s'en préoccuper, quand on agit sur la peau d'une jeune femme ou d'une jeune fille. Si nous avons insisté, Messieurs, sur les petits inconvénients de la médication, c'est que nous sommes convaincus de sa valeur. Le

de cette première atteinte, la santé de Scarron, malgré l'appétit et l'embonpoint, fut sérieusement compromise. Mais deux années encore s'écoulèrent avant que le mal ne s'affirmât dans toute sa rigueur.

Ce furent d'abord des douleurs aiguës dans les pieds et dans les jambes, qui le condamnèrent à l'immobilité; et, comme ses amis le voyaient à regret déserter la société mondaiae dont il était le plus gai champion, c'était encore à une c maladie de garçon i qu'on attribuait sa retraite. D'ailleurs les médecins ne se prononçaient pas. Silence d'autant plus significatif 1 Cependant les jambes maigrissaient, se déformaient, s'^aiblissaient. Peu après les orteils se tordent, les pieds se raccourcissent, et les deux jambes s'infléchissent sur les coisses à angle obtus.

Tout cela s'accomplît en quelques semaines. Alors on s'adressa à Guénaut, le fameux Guénaut, le grand consultant en vogue; et Guénaut proclama que Scarron avait la goutte. Biais quelle goutte singulière! En moins d'un an. les pieds

6 Haus 188S

(ÏAZETT8 HEBDOMADAIRE DE HÉDECmB ET DE CHIRURGIE

dernier mot est d'ailleurs loin d'élre dit sur le chlorure de méthyle.

(Les observations qui font ia base de cette note seront publiées dans les Bulletins de la Société.)

CORRESPONDANCE

AO COlUTÉ DE RÉDACTION DB LA C GAZETTS HBBDOHADAIRE >.

Bien que nous n'oubliions pas la remarquable travail récemment publié dans la Gazette hebdotaadaire, par JU. Reclus, celui qui l'a été récemment nar M. le docteur FerDct (Gazette hebdomadaire, 16 janvier 1885), et qui estrelalif à l'infection tuberculeuse par la voie génitale, nous suggère l'idée de vous communiquer un fait curieux de tuberculose génitale dont un de nos meilleurs amis est la victime. Nous avons été le témoin des débuis de la maladie et nous en surveillons très attentivement la marche, pour l'instant, stationiiaire.

II. s'agit bien d'uite tubercuiose loûalet dont le début remonte à dix ans, chez un hommo ftgé actuellement de trente-deux ans, très vigoureux, aux forces herculéennes, autempérameut sanguin, à la vie très active.

X... arriva à Lyon, il y a environ dix ans, il avait alors vingtdeux ans. Il Âtait de haute stature et jouissait d'une assez hoaae santé. Il était alors très lymphatique. — Après un séjour à Lyon d'une année, sans avoir jamais eu le moindre éckauffement,U testicule gauche ou plutôt l'épididyme gauche s'engorgea, devint bosselé, douloureux. — Le docteur et professeur Lénévaot institua un traitement approprié ; malgré tout, l'épididyme suppura, et la cicatrisation complète eut lieu au bout de quatre mois environ. — On diagnostiqua une épididyme tuberculeuse. — Le malade n'est pas un héréditaire. Il est d'une famille robuste et dont les membres vivent soixante-dix, quatre-vingts, voire quatre-vingtdix ans; soixante-dix est la moyenne.

Il cohabitait, à cette époque, avec sa maltresse, âgée de vingt et un ans ; elle jouit encore d'une sanlé parfaite.

A l'âge de vingt-quatre ans, ce jemie homme quitta Lyon et vint à Paris ; il vécut au quartier latin pendant quatre ans.

A l'âge de vingt-quatre ans, l'épididyme droit s'eneorgca et suppura comme auparavant le gauche. — Aucune maladie vénérienne ne s'était encore montrée. — Durant toute une année il y eut une fistule incomplète, suppurant à peine et qui se cicatrisa au bout de quinze mois. — Le malade portait un suspensoir et n'était nullement géné. — l« liquide séminal était et est resté prostatique depuis cette époque.

I.ft malade, u l'&ge de vingt-sept ans, a été atteint de blennorrhaK>c» qui n'a entraîné aucun inconvénient du côté des testicules.

Trois mois après la guérison de la blennorrhagie, il a été

atteint d'un rhumatisme articulaire aigu généralisé que le professeur Laségue a soigné, et quatre mois après, d'une llc\Te typhoïde grave.

Aujourd'hui, il a trente-doux ans, il jouit d'une santé floris-

sante et mène une vie fatigante et très active au point du vue intellectuel et physique.

Or à l'âge de vingt-huit ans, il a vécu, durant tonte une année, avec une jeune femme de trente ans, qui, en dépit de sa vie mondaine très agitée, est resplendissante de santé.

La prostate de notre sujet est Intacte comme tous les autres organes ; les deux épididymes seuls sont bosselés et point doulonreux.

Cette observation est en rapport avec plusieurs des remarques présentées par M. Fernet. Noire confrère dit: e II est à remarquer que la tuberculose génitale est surtout fréquente dans l'adolescence et dans l'âge adulte (de quinze à trente-cinq ans), c'està-ilire dans la période de la plus grande activité des organes génitaux et dans celle des rapports sexuels, i Notre observation est d'accord avec la conslalalion de ce fait.

M. Fernet ajoute : t Les relations sexuelles ne sont d'ailleurs assurément pas la condition unique de l'infection tuberculeuse par la voie génitale ; mais pour les cas oi!i cette cause ne peut être invoquée et où pourtant la maladie génitale est primitive, il me semble qu'il est encore plus simple de supj)oser une inoculation directe accidentelle que d'admettre qu'un microbe venu du dehors et entré par n'importe quelle voie est venu se loger dans les organes génitaux, en respectant tous les avives organes par lesquels il a dd passer. » noire malade, avant la première atteinte tuberculeuse génitale, se souvient d'avoir eu des relations avec une jeune fille de brasserie tuberculeuse, morte dans la même année. D'ailleurs, ajoule-t-il, < à Lyon, le tubercule est fréquent, et comme, dès mes débuts d'étudiant, j'ai papi/ionne comme tant d'autres, . j'ai dù rencontrer plus d'une tuberculeuse, dans celte ville humide, qui faisait dire, par un chirurgien de l'Hôtel-Dieu, aux étudiants méridionaux: c Gare aux tubercules 1 ï II est vrai que beaucoup d'étudiants méridionaux ont quitté Lyon sans microbes tuberculeux. >

Je fais remarquer, en passant, que notre malade n'a pas eu la moindre btennorrhée initiale.

En outre, durant l'évolution de sa tuberculose génitale, il n'a plus papillonné; il a eu surtout des relations suivies avec deux femmes qui se sont portées et se portent toujours à «wrveiiie.

Enfin, depuis quatre ans environ, en dépit d'une blennorrhagie, d'un rhumatisme aigu généralisé, d'une fièvre typhoïde grave, le tubercule est resté slatmnuaire. Notre sujet, depuis cette époque, a des relations avec la même personne, qui est florissante de santé, ce qui donne raison à M. Ch. Fernet, s'exprimant ainsi :

( Parmi les maladies tuberculeuses, la tuberculose génitale est relativement bénigne, car elle a peu de relenlissement sur la santé générale; elle reste souvent immobilisée dans les parties qu'elle a d'abord atteintes; enfin elle est curable, soit en ne laissant comme traces de son passage que quelques masses fibrocaséeuses presque inertes et presque inoffensives, soit par l'élimination des produits caséeux (1). >

D*^ Jules HOUQUETTE.

OUmiM, (H^ault).

<!> Vaj. m le manie »get le Couple randn de 1* StcUti ie* MpUaHC. p. 6S.

sont devenus t tout torlus » et lui font endurer « des maux aussi cuisants que des coups d'étrivièresi; « oDce de chair aux jambes il n'a|)lus »; et ces jambes pliées sur les cuisses, â angle droit mamtonant, l'obligent à garder sans cesse « la posture d'un pénitent >. Ne reconnatt-on pas là le rhumatisme iléformanl à marche rapide, compliqué d'atrophie muscu-

^ I^'^tnaîlieureux abbé n'était pas au bout de ses peines. Rieiilôl en ellet, les cut&ses se fléchissent à leur tour sur le tronc ■ '« Jfi "® ressemble pas mal, dit-il, à un Z > (encore iinii comparaison île M. Cbarcot). El le voilà à tout jamais ïotenl. Les douleurs deviennent incessantes, atroces, * "pvaSDérant parfois, surtout la nuit, sous forme de paroxysmes ^ p l'opium ne parvient à apaiser, Ët malgré cette lamentable ^"ualion Scarron garde sa bonne humeur, son intariss^le

gatté. Sans efTort, il accomplit la parole de saint Paul : c Soyez toujours joyeux. »

Une grande consolation lui restait. Le rhumatisme chroniq^ue n'influence pas les fonctions digestives; l'appétit se maintient. Chez Scarron il ne se démentit pas un seul jour, et la gourmandise fit le reste. Les menus de ses repas, rédigés souvent en vers charmants, sont aussi plantureux que variés. Maintes fois il vante c le plaisir qu'on a quand on masche, le seul que ses maux lui ont laissé», et savoure par la pensée < la douceur de branlw le menton ». Cette association d'une infirmité vraiment cruelle avec l'humeur la plus bouffonne et le plus heureux estomac faisaient de notre malade un cas pathologique tout à fait intéressant. Non seulement les médecins, qui d'ailleurs y avaient perdu leur latin, mais aussi les gens de qualité, et jusqu'à la reine Christine, voulaient voir de leurs yeux ce paradoxe vivant. Aussi bien, à cette occasion, il distingue entre les vrais amiset les aulfes; ainsi H. Tabbé Ménage, M. Nub%jtftiï009t\uDlUMed^i<^

6 Mars 1885

Palndlunc héréditaire.

A HONSIEOR LE FltOFESSEOR VBRNEDIL. |

Monsieur et très honoré professeur,

La lettre que vous touIcï bien ai'adresser dans le dernier numéro de la Gtzette hebdomadaire peut constituer contre vous un mauvais précédent. Quel est celui qui, pour s'attirer une ré- , plique aussi courtoise et aussi aimable, ne cherchera j>as à vous | coi^redire? Etre battu par un adversaire tel rjue vous, c est encore ] iin honneur. Aussi, comme ceux dont il est dit, quoi vuU perdere , Jupiter dementat, je marche en aveugle vers ma destinée et j'entreprends de vous répondre, ainsi que d'ailleurs vous mel'avei vous-même demandé. i

Permettez-moi tout d'abord de vous faire observer que la , question du paludisme héréditaire, qui m'a valu l'honneur de votre controverse, n'est qu'un épisode de la thèse que j'ai tenu à défendre dans la Gazette hebdomadaire. Parti en guerre, depuis I presque vingt ans, à la suite des expériences de Coze et de Feltz, et de mes études dans le laboratoire de mon maître et ami le professeur Béchamp, pour rattacher la pathogénie de la flèvre typhoïde à un ferment et chercher sa thérapeutique dans I emploi des antizymasiques, j'ai d'abord utilisé ceux que je voyais employer par Béchamp dans ses expériences de physiologie, la créosote et l'acide phénique, et j'en ai obtenu des résultats heu-

^^Pliia tard, rentrant davantage dans le domaine de la clinique, i'ai été impressionné parles effets meiTeillcux de ia quinine contre la maladie qui m'occupe. Alors que le professeur G. Sec ne voit là qu'une action antipyrétique, que toute une série de grands praticiens de Montpellier et d'ailleurs ont admis une complication paludéenne et cru à une action antipériodique, j'ai, par des arguments développés dans mon mémoire, trop récemment inséré dans la Gasetle pour y revenir, admis une action anlizymasique. Sous l'impulsion de cette idée, j'ai émis l'opinion que l'on avait exagéré le rôle du paludisme en rattachant toujours à sa présence les effets magnifiques du quinquina dans une foule de cas.

A ce moment je me suis rappelé un immense auditoire palpi- Untdans le théâtre d'Alger a la parole d'un professeur célèbre. Rarement l'art de charmer, l'art de bien dire était arrivé à ces hauteurs, et cependant, dans un coin de la salle, quelques auditeurs dont je faisais partie, quoique séduits par le grand artiste, restaient tnconvaincus quand il formula la Inèse du paludisme

^^cfeta tenait peut-être à ce que la cause défendue éuit nouvelle pour moi. Comme celui de Vertot, mon siège était fait, peut-être & tort, car dans ce temps de progrès vertigineux où nous vivons, nous autres médecins, ne devons-nous pas, si nous ne voulons pas rester à la remorque, refaire constamment notre siège?

Aussi, à votre demande, monsieur et très honore professeur, je ine suis mis à l éfléchir de nouveau sur le problème que vous avez posé. Et tout d'abord m'a saisi un souvenir de mes études classiques. Le professeur Jaumos — le Barthez de ma génération médicale — affirmait que le nombre des diathèses n est pas borné, comme on renseignait avant lui, et que tout état morbide affectif

qui prend un caractère chronique de permanence peut se transformer en diathèse. Or, tel n'esl-il pas souvent le cas du paludisme? Pourquoi ne deviendrait- il pas alors diatbèse, comme la syphilis? Et s^il devient Uiathèae, pourquoi ne serait-il pas héréditaire comme elle? ,

L'argument des succès de la quiome contre tel ou tel cas ne me touche pas, car je suis absolument convaincu oue la quinine a plusieurs vertus bien diverses, et que, si elle combat le microbe de là fièvre intermittente, elle combat aussi ceux de la lièvre typhoïde, de la suette iniliaire, de U fièvre puerpérale, de infection purulente, peul-ôtre celui de la scarlaUne, probablement celui de la blennorrbagie. En outre, une névralgie intermittente, d où qu'elle vienne et quelle qu'elle soit, alors mÔme qu elle esl absolument en dehors du paludisme— une simple odontalgie par exemple — cède presque toujours à l'administration du grand alcaloïde. L'intermittence et la périodicité ne sont pas le monopole de l'affection maremmatique. . , i.

Le succès de la quinine n implique donc pas le paludisme : aprw avoir traité heureusement un phlegmon ou une péritonite puerpé raie par des frictions mereuriclles, oserait-on donnera ces maladies une origine syphilitique?

Mais, les trois arguments que vous me portez me loucbeni davantage. , . .

Cette hypertrophie caractéristique de la l ale, constetée cnei des mort-nés issus de parents atteints de iiia(orf(i, pla»do certainement en faveur d'une intoxication congénitale. Si les enianu intoxiqués survivent, la dyscrasie peut persister ches eux, cl après être restée latente se réveiller, soit spontanément, soit sous I influence de causes occasionnelles.

Nier cela au nom de la pathologie générale est impossible. Vaîùrmer péremptoirement, au nom des faits, est peut-être prématuré, car les faits, en y comprenant même ceux gui ont été ! fournis avec tant d'opportunité par mon très honorable et très I sympathique confrère de Saint-Malo, le docteur Martel, ne sont i pas assez nombreux et ne sont pas toiyours décisifs, puisque, je 1 le répète, le succès de la quinine dans tel ou tel cas n'est pas a i mes yeux un argument valable.

' En tout cas, la question que vous avez eu le mérite de soulever et de défendre avec votre autorité puissante est pleine d'intérêt, et je m'engage à ne perdre aucune occasion de l'éludier dans l'avenir. Et voilà comment, très honoré professeur, l'audileur charmé, mais c stupéfait >, du théâtre d'Alger se trouve peul-étrr déjà, grâce à vous, sur son chemin de Damas. Comme le disciple Thomas, il ne demande qu'à voir pour cesser d'Ôtre incrédule. Veuillez agréer, etc.

G. Pécholier.

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