‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 54 sur 228 · I.» poHee MnKaIre Maritime im canal de Saea · texte numérisé non relu

I.» poHee MnKaIre Maritime im canal de Saea

La commission internationale qui se réunira à Paris le 30 mars prochain, afin de préparer le règlement relatif à la liberté de navigation du canal de Suu, aura peut-être à s'occuper également de la réorganisation des services de police sanitaire maritime sur les bords de la mer Rouge et dans la traversée du canat, ou tout au moins ce côté de la question n'y sera certainement pas complètement laissé dans l'ombre, car il est peu démesures internationales, en Egypte, sur leaquelles l'accord des puissances soit plus nécessaire et mieux justiflé.

Il y a deux ans, lors de l'épidémie de choléra sur les bords du Nil, le gouvernement italien invita les gouvernements européens à une conférence qui devait se réunir à Rome, afin de préparer la reconstitution de l'administration sanitaire internationale en Egypte; la proposition fut acceptée en principe par toutes les puissances; l'Angleterre seule exigea que le but précis de la conférence fiit préalablement discuté, et que ses conclusions fussent en quelque sorte préparées par une entente intervenue sur les points principaux avant l'ouveilure des séances. Quelques autres difficultés surgirent au sujet du lieu de convocation, si bien que le projet paraissait complètement abandonné; de temps à autre cependant des pourparlers reprenaient, et de divers côtés on fît alors observer que le choix d'une ville appartenant 4 une puissance neutre, telle que Bruxelles ou Genève, offrirait de nombreux avantages. La proposition ayant été reprise, dans ces derniers temps, par le gouvernement italien, qui renouvelait le choix de Rome pour siège de celte conférence, nous pensons que notre gouvernement ne fait aucune difGcullé de prin> cipe d'accepter cette proposition, car il est avant tout déareux de voir cette conférence se réunir. Sur ces entrefailes, on a appris que l'arrangement financier égyptien était défini- ' tivement signé et qu'une commÎMion spéciale doit, à la fin de ce mois, être réunie & Paris afin d'assurer désormais la libre

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HÉDEGINE ET DE CHIRURGIE

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navigation du canal de Suez; aussi a-t-il semblé à plusieurs puissances, ainsi qu'aux hygiénistes les plus autorisés dans un certain nombre de pays, qu'il y aurait utilité et avantage à ce que celte commission complétât son œuvre en organisant la police sanitaire marilime du canal et de ses abords sur l'une et l'autre mer.

Déjà, l'Espagne, dans le cas où elle serait représentée dans le seiu de cette Commission, se prépare, dit-on, à soulever la question; rAllemagne, qui désirait, dès Tan dernier, la voir résoudre par la conférence anj^lo- égyptienne réunie à Londres et qui a fait à cette conférence des propositions fermes en ce sens, est prête à saisir toute nouvelle occasion pour reprendre sa proposition ; le gouvernement des Pays- Bas, qui a accepté les vœux émis dans ce sens au Congrès international d'hygiène de La Haye, par les dél^ués français, MM. Brouardel, Rochard et Proust, est disposé à entrer dans cette voie; laFranceetl'Italien'auraientgardedes'y refuser.

La navigation du canal de Suez est en effet directement intéressée à ce que les navires qui le traversent n'aient pas à subir les longues et ruineuses mesures prophylactiques que l'absence de toutes précautions sanitaires sur ses bords oblige la plupart des nations européennes â prendre sur leur propre littoral. Or, quelles que soient les divergences scientifiques sur l'origine des épidémies cholériques en Europe, il est un certain nombre de points sur lesquels la presque unanimité des hommes compétents et par suite l'opinion publique sont d'accord (1), à savoir que le choléra, lorsqu'il s'est montré dans les pays européens, y a toujours été importé ; qu'aujourd'hui la principale de ses voies d'introduction est la mer Rouge et le canal de Suez; qu'il importe de prendre des précautions contre celte voie d'introduction et que les mesures prophylactiques nécessaires peuvent être bien moins longues, bien moins coûteuses et vraiment efficaces, à condition qu'elles soient prises dans ce long détroit qui est devenu la clef de la porte de l'Europe pour les importations asiatiques.

D'autre part, les progrès de la navigation et les récentes acquisitions scientifiques sont tels que la police sanitaire maritime peut s'exercer sur les bords de la mer Rouge et dans le canal de Suez avec une très grande facilité et avec promptitude, pour peu qu'une entente commune entre les diverses puissances intéressées soit convenablement établie. Tel navire qui n'aurait â subir qu'une inspection médicale vraiment sérieuse et au besoin des pratiques de désinfection réellement efficaces sur un des points du littoral égyptien pourrait éviter plusieurs jours et même plusieurs semaines de quarantaine en Europe, suivant les pays, si les gouvernements européens possédaient de réelles garanties à l'égard des services de police sanitaire chaînés d'appliquer ces mesures. Il n'est, en effet, aujourd'hui aucune nation européenne qui ne souscrive à l'opinion qui résumait un important mémoire de M. le docteur Mahé, paru récemment (2), à savoir que < tant vaut l'exécution, tant vaut la quarantaine »; mais encore faut-il que cette exécution ne soit pas laissée à la merci des intérêts particuliers. Nous n'avons pas à rappeler ce qu'est devenue l'organisation sanitaire internationale en Egypte depuis le bombardement d'Alexandrie et la bataille de Tel-el-Kébir; en fait, ceux qui la dirigent aujourd'hui n'ont d'autre désir

(1} Voy, no'amraent l'enquéle internatïoiule ontrepriso pendanl cos derniers mois par U. le docteur layel, dans la Repue lanitttire 4e Bonteaus et du Sud-Ùueit sur l'imporiation du chuléni en Burc^.

(2) Mémoire tur la marcSe et l'extemie» 4tt choléra aiiatique du Inia Orietitalet dtpui» lei dix deniiiret antUee (iB75-lS8t) et jur guelquet coniéquencet qui en reiuUent, par U. le docteur Mah ', ddlégné «anilalr* francnia ■ ConiUutiot^Io. — ConataoUnoplfl, imp. Feliaairj. 1885.

que de laisser aux navires transitant sous pavillon britannique toutes les facilités de passage, au risque de contaminer par contre-coup les autres nations européennes; nous avons toutefois montré il y a quelques mois, à cette place même, qu'il n'en était pas toujours ainsi quand l'intérél britannique était directement en jeu.

Les hygiénistes français tout au moins sont d'avis qu'il est nécessaire de constituer en Egypte un Conseil sanitaire réellement international, composé de douze à quinze représentants des Etats européens et comprenant deux fonctionnaires européens; ce Conseil serait présidé par l'un des délégués européens, nommé ou agréé par tes consuls; aucun de ses membres ne devrait avoir d'attaches d'aucune sorte soit avec le gouvernement égyptien, soit avec les compagnies maritimes ; il exercerait et dirigerait la surveillance sanitaire des agents et postes installés sur les bords de la mer Rouge et dans le canal. Quant h la sanction à édieter vis-à-vis des infractions commises aux règlements de santé, elle devra élre établie par un Code pénal international qui serait ultérieurement préparé dans une conférence spéciale.

Telles sont, en effet, les mesures les plus urgentes; si les nations européennes ne veulent pas voir de nouveau leur trafic marilin^e soumis aux variations et aux pertes considérables que les quarantaines lui ont fait si cruellement subir pendant ces dernières années, elles doivent s'eflbrcer d'instituer sur la route désormais internationale du canal de Suez des institutions sanitaires également internationales, dont les résultats et les bénéfices pour le commerce européen seront en raison directe de leur bonne organisation. La réunion qui va se tenir à Paris est, à cet égard, une occasion propice, qu'on ne laissera, sans doute, pas échapper.

Sun l'antiptrine.

M. Hénocque, dans une très intéressante étude {Gaz. hebd,, 1884, p. 818), a fait connaître les propriétés physiologiques et thérapeutiques de l'antîpyrine. Il demandait aux chimistes de rechercher le meilleur mode de préparation du médicament et ses réactions caractéristiques. Voici, à cet, égard, les indications que nous croyons pouvoir donner :

L'antipyrine, qui dérive de l'oxyméthylquinizine, et n'est autre chose que la diinéthyloxyquinizine (G"H'*Az*0*), résulte de l'introduction d'un nouveau groupe méthylique dans l'oxyméthylquinizine, qui de base secondaire passe à l'état de base tertiaire. On l'obtient en chaulTant en tubes scellés, à 100 degrés, un mélange à parties égales d'oxymèthylquinîjiine d'élher méthyliodhydrique et d'alcool méthylique. Le produit décoloré par une solution d'acide sulfureux est soumis à la distillation pour enlever l'alcool ; on ajoute de la lessive de soude concentrée qui précipite la diméihyloxyqui— nizine, sons la forme d'une huile lourde. En agitant ensuîto la masse avec du l'éther en suffisante quantité, on dissout la diméthyloxyquinizine que l'éther laisse déposer, après éva— poration, en belles lamelles brillantes fusibles à 113 degrés. Le toluène est le dissolvant qui permet d'effectuer la purification avec le plus de facilité. ^

L'antipyrine est soluble dans l'alcool, la benzine, le chloroforme, et surtout dans l'eau. L'antipyrine «produit suc

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