‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 58 sur 228 · GAZETTE HEBDOMADAIRE DE H&OBGINB ET DB GH1RDA6IE · texte numérisé non relu

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE H&OBGINB ET DB GH1RDA6IE

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elles fonl défaut sur les courbes fournies par la pointe du cœur. Le deuxième bruit de Ja base est pur. Tout est, du reste, normal dans la circulation artérielle et veineuse de cet animât : le pouls est ample, un peu plus brusque que d'habitude; la pression a sa valeur ordinaire (150 à 160 milligrammes); le pouls veineux du cou est normal.

li s'agit évidemment ici d'une lésion congénitale du cœur, ne déterminant aucun trouble général de la circulation, grâce sans doute à l'intégrité parfaite du mvocarde chez un sujet jeune et vigoureux.

la nature de cette lésion ne saurait être exactement précisée: cependant, en se reporlanl à d'autres faits analogues, M. François-Francltpense qu'il s'agirait ici plutôt d'une communication interventriculaire siégeant à la base, avec aorte à chcTal, que d'un rétrécissement de l'artère pulmonaire, lésion exceptionnelle chez lesanimaux.

— M. L. Sicard (de Lyon) adresse une note sur la persistance d'excitabilité du nerf sciatique après l'abnissement de la température centrale chez le lapin. Les expériences ont été faites sur des lapins doat la moelle avait été .couple. Les conclusions sont les suivantes: 1° dans les conditions normales, l'excitabilité du sciatique du laçin persiste encore vingt-deux minutes après l'arrêt de la circulation; 2° le refroidissement du corps provoqué par la section de la moelle prolonge la durée de l'excitabilité du nerf moteur et n a pas besoin d*6tre intense pour produire cette prolongation ; 3" cet effet est plus sensible à mesure que le refroidrsscuicut de l'animal est plus accentué, et pour des différences de température égales entre elles, la durée de rexcitabililé se trouve prolongée de quantités croissantes à mesure que le refroidissement est plus prononcé.

— H. Charpentier a essayé l'action de la cocaïne et d'autres alcaloïdes sur certains infusoires à chlorophylle (Ztjgoselmis orbicularis). Il a constaté {juc la coca'ine exerce sur eux une action élective et définitivemenl toxique. Il faut vingt fois plus de strychnine et cent fois plus d'atropine pour les luer. La morphine a sur eux une actionassez faible.

— MM. Bochefontaine et Œchsnerde Coninck ont étudié les effets physiologiques de l'tiexahydrine de p collidine (ou isocicutiiie), dont 1 un d'eux a fait connaître tes propriétés cliirniques à la Société dans une de ses dernières séances. Ils ont trouvé à risocii:utiiie les mêmes effets qu'à la cicutine. Cet alcaloïde abolit les propriétés des centres nerveux, agissant probablement surtout sur le bulbe et la moelle et détermine ainsi la mort. L'isoeicutine se comporte en outre à In façon du curare, empêchant, comme celui-ci, les excitations centrifuges d'être transmises aux muscles.

— M. Œchsner de Coninck a recherché et constaté la présence de lu pyridine dans l'ammoniaque du commerce. 11 insiste surtout sur deux réactions très sensibles qui perriietletit de déceler les plus petites quantités d'alcaloïdes pyri cliques.

— M. Chabry, recherchant le mécanisme du déploiement le l'aile membraneuse des coléoptères, est arrivé à cette fornulp, qu'au point de vue mécanique, l'aile membraneuse :onstilue une machine pliante formant un système i liaisons lomplètes et possédant deux positions d'équilibre.

— M. Charpentier (de Nancy) est élu membre corresondaiit.

SÉAtfCE DU 11 NAKS 1885. — - PR&SIDENCB DE M. DUROHKE.

Bèaotloii de l'arlne du malades qui ont pris du salioylata de Boada et de l'antipyrlne ; H. CatlUon. — Rapport eor on* obeervatlon de m a ne un jftnftntllrt Astm l'sUmmiimitei Bf 'lufte par

M. Berne : K. Bougon. — Tbèie de K. Colombe anr l'aotlon phy- Btologlttue et thérapeutique de la oooal&e, prèeentèe par K. Constantin Paul. Disaasslou : MK. Kontard-Hartin, Dujardin-Beaanwta. - Oralnes ds trambolsea prises pour de la gravéue bUlaire : H. Constantin Paul. — Sur la tartrata ds fMnnaWi Indloa : M. BoymcHid. Dlsoiuslon : MM. Petit et XJmoaaia.

A roccaâon du procès-verb^, H. Catillon dit qu'il a pu faire Tessai des urines après l'administration du salicylale de soude au moyen du perchlonire de fer, et qu'il a vu ces urines prendre, non pas la coloration rosée signalée par tout le monde, mais une couleur vin de Bordeaux en tout semblable à celle que donnent tes urines des malades à qui on a fait prendre de l'antipyrine. Au moment où l'on parle beaucoup de ce nouvel agent thérapeutique, c'est un aétail qui peut avoir son importance.

— H. Rougon lit un rapport sur une observation présentée à la Société de thérapeutique par H. Berne, et ayant pour titre : Action physiologique et thérapeutique du taastage

sur l'élimination de l'urée.

Cette observation très remarquable, et sur laquelle l'auteur fonde un grand espoir thérapeutique, est malheureusement unique, mais elle a la valeur d'un fait. M. Berne a constaté que, grâce au massage, la quantité d'urée excrétée a augmenté ; ce mode de traitement pourrait donc être employé dans les maladies par ralentissement de la nutrition.

En effet, M. Berne pense que les frictions pratiquées sur toute la surface du corps éveillent les réflexes. Ces pressions, manipulations, tîtillalions, agissent sur les papilles nerveuses et mettent en jen les réflexes circulatoires.

— M. Constantin Paul offre à la Société la thèse d'un de ses élèves, M. Colombe, Sur l'action physiologique de la cocàine et tes sels de coccCine.

Il y a deux parties dans ce travaiL Dans la première partie, l'auteur fait l'historique de la question. Dans la seconde partie, tout à fait personnelle, l'auteur étudie l'action de la cocaïne comme agent anesthésique de la gorge et du vestibule du larynx; l'aneslhésie a eu pour effet de faire cesser les vomissements qui se produisent après les repas chei les tuberculeux.

Pour obtenir ce résultat, il suffit de badigeonner le fond de la gorge avec un pinceau trempé dans la solution de cocaïne au 50*; on fait ce badigeonnage le repas terminé, et après quelt]ues essais plus ou moins pénibles les malades se laissent soigner et tolèrent très bien le passade du pinceau. Sur sept ou huit malades, ou a réussi six fois à calmer les vomissements.

Depuis que la thèse a été envoyée à l'imprimeur, M. Constantin Paul a employé la solution de cocaïne pour faire cesser l'hyperesthésie pharyngienne d'un malade atteint de granulie; l'hyperesthésie était telle, que le contact du pinceau était diflicilement supporté. On pensa alors à faire aes pulvérisations avec la même solution, et l'expérience réussit pleinement.

Pour un coryza tuberculeux, H. Constantin Paul fit fïUre des injections dans les fosses nasales; il mélangea aussi U cocaïne & de l'huile et à du jaune d'œuf. Gr&ce à ce topique, les croûtes se détachèrent facilement, et la malade guérit très bien.

M. Moutard-Martin a été témoin de deux cas qui lui font préférer le badigeonnage après le repas et non avant. Dans l'un de ces cas il s'agissait d'un malade qui avaiTtine aoeini^ névralgique; le fond de la gorge était pâle, blanc; te'nMnaè^ne pouvait plus manger sans souffrir beaucoup. (Quelques

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badigeonnages de solution de cocaïne à â pour 100 ont eu raison de ces symptômes d intolérance, et aujourd'hui la déglutition est très facile.

A l'hôpital, M. Moutard-Martin a observé un cas semblable qui a été soigné de la même façon et avec le même succès par des badigeonnages de cocaïne après le repas.

M. Constantin Paul est d'accord avec M. Moutard-Marlin sur l'opportunité du traitement qu'il a institué; quant à ses malades à lui, ils n'avaient pas d'angine; il s'agissait de tuberculeux ayant de l'ingestion douloureuse des aliments.

H. Dujardin-Beaumetz demande k H, Constantin Paul s*il a fait à Taide de la cocaïne de petites opérations, telles qu*ouvertures d'abcès, d'adénites supputées, etc.

Il demande aussi s'il ne s'est pas produit quelques-uns de ces phénomènes particuliers qui ont été signalés récemment. M.Pauln-t-ilvulebatlementspasmodique des ailes du nez..., a-l-il été témoin de phénomènes généraux, tels que vertiges et syncopes? La syncope surtout a une importance capitale en pareil cas.

M. Constantin Pnu^ répond à M. Dujardin-Beaumels qu'il s'est servi de la cocaïne en injections hypodermiques (1 centimètre cube de la solution au 2/100) pour calmer des névralgies localisées chez des femmes nerveuses. L'injection a parfois causé de l'énervement, quelquefois même les symptômes ont été ceux d'une attaque d'hystérie. H. Paul n'a jamais opéré que sur le larynx et sur le pharynx.

M. Dujardin-Beaumetz complète ce qu'a dit H. Paul en faisant remarquer combien les injections de cocaïne rendent faciles les ouvertures d'abcès.

Une malade de sa clientèle, personnes! pusillanime qu'elle appréhendait jusqu'à la piqûre de la seringue de Pravaz, se laissa ouvrir sans souffrir témoins du monde un abcès tubéreux de l'aisselle. Il employa le même procédé pour enlever aux ciseaux un molluscum pédiculé; 1 centimètre cube de la solution de cocaïne à 3 pour 100 fut injecté dans le pédicule de la petite tumeur, qui fut ensuite enlevée d'^un coup de ciseaux sans que la malade s'en aperçût.

La conclusion de tout ce qui a été dit précédemment est donc que la cocaïne, bien que produisant une anesthésie superficielle et passagère, sullit pour éviter la douleur dans une foule de petites opérations qui sont du ressort des médecins. 1 centimètre cube d'une solution à 2 pour 100 suffit largement; une solution plus forte a peut-être une action plus durable, mais qui n'est pas à coup sûr plus grande.

H. Petit fait remarquer que c'est là un l'ait heureux, car la cocaïne est un médicamenttrès cher, qui vaut aujourd'hui, pour les pharmaciens, 17 ou 18 francs le gramme. Dans six semaines ou deux mois les arrivi^s attendus de feuilles de coca feront tomber le prix de la cocaïne.

M. Constantin Paul remercie M. Petit, qui a mis généreusement à sa disposition la cocaïne nécessaire aux expériences thérapeutiques qu'il a faites è. l'hôpitaL

— Ce sujet épuisé, M. Constantin Paul rappelle à la Société les cas assez nombreux où des graines diverses ont été prises pour de la gravelle biliaire. Lui-même a reconnu dans des gravelles prétendues... des akènes de fraises; aujourd'hui il montre à la Société des graines de framboises rendues par une de ses malades quarante-huit heures après l'ingestion de confitures de framboises.

H. Chatio, à qui ces graines ont été montrées, pensait à les faire germer pour reconnaître sûrement leur nature...

H. Limousin fait remarquer plaisamment que l'expérience n'aurait pas été démonstrative, car les graines ont subi la

cuisson. 11 est quelquefois difficile de retrouver dans les souvenirs du malade le nom d'un mets capable d'avoir renfermé des graines, car certaines particules de cette nature restent dans l'intestin fort longtemps après l'ingestion des fruits qui les renfermaient.

— M. Boymond présente à la Société un tarirate de Cannabis indica; il fait remarquer que ce médicament, qui rend de très grands services à la dose de 25 centigrammes, 1 gramme et le',50, n'agit plus comme hypnotiaue chei les gens qui prennent du hascnich ou qui sont habitués aux piqAres de morphine.

M. Campardon se sert depuis deux ans du Cannabis indica en teinture, mais il ne l'a jamais employé comme hypnotique; il lui reconnaît une heureuse influence dans les cas de menstruation pénible, et l'emploie à la dose de 20, 30 et 35 centigrammes par jour, en pilules.

H. Petit demande & H. Boymond si c'est là un produit

préparé par lui.

H. Boymond répond que c'est là un produit allemand, dont la formule et le procédé de fabrication lui sont absolument

inconnus.

M. Limousin recommande de se méfier de ces produits, dont la composition n'est pas très bien connue, et qui n'oOrent partant aucune garantie sérieuse.

— La séance est levée à cinq heures et demie.

Paul Berbez.

ftoolété de mÊé*99lma de Beriln.

SâAHCE DU 4 FÉVRIER 1885.

Croup mt dlphthèri*.

H. Virehow exprime sur ces deux lésions une manière de voir qui ne diffère pas essentiellement de celle ou'il a publiée pour la première fois en l847 {Virckow'i ilrcAir., t. I,

La diphthérie est un processus de mortification, qui siège dans l'épaisseur même des tissus et non À leur surface ; les prétendues pseudo-membranes qui la recouvrent quelquefois sont constituées par des lambeaux de tissus détachés, laissant après leur enlèvement une perte de substance, qui dans les cas les plus favorables se borne à des ulcérations superficielles. On sait maintenant qu'il s'agit d'un processus parasitaire, qui s'étend vers les couches profondes, envahit le tissa sous-muqueuz et la couche musculaire, et par une prolifération excessive provoque parfois des tumeurs phl^moneuses énormes.

D'autre part, il existe des exsudais fîbrineux, qui n'occu* pent que la surface des muqueuses, et forment parfois des pseudo-membranes d'uneélendue extraordinaire. Lorsqu'elles se détachent, la muqueuse au-dessous d'elles ne présente . pas de trace de la plus légère érosion.- Ces exsudats constituent ce qu'on a proprement appelé croup. Mais il ^ a à dis- < tinguer trois sortes de croup : le croup diphthérttique, le , croup pseudo-membraneux et le croup catarrhal* La i diphthérie peut être accompagnée d'un exsudât fibrineux, fait | que H. Virehow niait jadis, qu'il admet aujourd'hui ; mais le | plus souvent les pseudo-membranes qui accompagnent la diphthérie sont des lambeaux de muqueuse exfoliée. 11 n'est pas possible d'admettre, en cas de croup purement Abrineux, que de la diphthérie ail précédé, car celle-ci ne disparaît jamais sans laisser des pertes de substance. Un processus de ce genre peut se présenter dans le larynx et la trachée, ' comme dans la pneumonie fibrîneuse, et sous l'influence de causes analogues, sans que la diphthérie y soit pour rien. Ces distinctions sont importantes à établir au point de vue du pronostic. On évitera toute confusion en faisant suivre le mot croup de l'un des adjectifs indiqués-plus Ju^l4>i ^ Digitized by VjOOQ

SO Mabs 1885

K£VU£ DES JOURNAUX

On a a«w fonuorStem Pesurj, par M. J.-G. SWAINE.

— Nouvelle forme de pessaire à tige intra-ulériiie en vulcanite, à tige mobile et maintenue sur une bande de caotitchouc. La tige inlra-ulérine est introduite d'abord, le pessaire vaginal ensuite. Cet instrument laisse à l'utérus toute sa mnbilité. On peut Finlroduire et le retirer facilement. L'auteur dit en avoir retiré d'excellents résultats. Il surveillait d'ailleurs ses malades et retirait le pessaire dès qu'il observait qu'il y avait douleur et élévation de température. Donc il a observé des accidents.

Suit une disenssion où Barnes admelTemploi des pessaires intra-utérins tout eu en reconnaissant les dangers, où Ediset H. Duncan protestent contre leur emploi. Il résulte de celte disru^sion que l'emploi des pessaires intra-utérins est dangereux et a été même quelquerois suivi de mort. (Obst. Trans., vol. XXIII. p. 220.)

On ihe trealnwnC ol pomt parlnm liaemorriiaire ^7

hypodormla ln|ec«lon of ergotlnlno, par M. CnAUAZUN. —

L'ergolinine, alcaloïde de l'ergot, peut être employée avec succès en injection sous-cutanêe pour arrêter les hémorrhagies post pa^'tum. Ces injections réussissent quand l'hémorr hagie post partum reconuAil l'inertie utérine ou la contracliou et la rétraction insuffisantes de cet organe. Quoiqu'elles soieutinférieures à l'injection intra-utérine de substances coagulantes dans les cas d'hémorrhagie très grave, on se trouvera bien d'y recourir néanmoins, au moins à titre de moyen adjuvant. Elles sont inefficaces dans les hémorrhagies reconnaissant comme cause une déchirure du col de l'utérus, du périnée, d'hémorrholdes onde la région clitoridienne. Il ne faut employer que de petites doses d'une solution contenant 1 milligramme pour 1 centimètre eube. Cinq, dix, quinze gouttes suffisent. A nne dose plus forte, on détermine des accidents toxiques, en particulier des vomissements. Mieux vaut répéter les injections hypodermiques à la dose de cinq gouttes. L'auteur pense que les faibles doses déterminent une contractilité plus énergique de l'utérus que les doses plus fortes. Les avantages de l'ergotinine sur l'ergotine sont : 1" action plus prompte, plus sûre, plus constante; 2" absence de toute espèce d'accidents locaux : induration, abcès, gangrène ; 3° suffisance d'une très petite dose de médicament pour l'obtention d'un bon résultat. L'ergotinine peut encore être employée au point de vue prophylactique pour prévenir les hémorrhagies post partum; elle peut être utilement employée dans les hémorrhagies secondaires. (Obst. Trans.^ vol. XXIII, p. 286.)

Om pmmrpmwwA dbibe«M, par H. Uattews OUNCAN. — Il

ne faut pas confondre la glycosurie avec le diabète des femmes enceintes etdes nourrices. Celui-ci existe bien pendant la grossesse. Il est rare, parce qu'il est nne cause de stérilité ; il peut exister antérieurement à la grossesse, être observé chez la même femme pendant plusieurs couches successives. Il j>eut se développer pendant la grossesse ou après l'accouche- Tient; il peut n'exister que pendant la grossesse et guérir iprès l'accouchement. Il semble donc que, dans quelques ■.as, il soit bien lié à l'état puerpéral. L'avortement, l'accouïheinent prématuré, la mort du fœtus, la débilité des nou- 'eau-nés en sont souvent la conséquence; c'est de plus une :omplication grave pour la mère. Quelques résultats statisiques peuvent mettre en relief ces conclusions. L'auteur a •bservé quinze diabétiques ayant présenté une somme de in^-deux grossesses. Quatre do ces femmes ont succombé; ept fois le foetus mourut dans le sein de sa mère; deux fois es enfants naquirent dans un état de faiblesse tel qu'ils socombèreat peu de temps après. L'auteur ne peut d'ailleurs xer les règles d'une tnérapeutique spéciale ans diabétiques nceintes. (Obst, Tramact., vol. XXIH, p. 256.)

Draerlptlon of a kjpbotle pelvla with renarka on

BreUbj'a deaeripiion, par M. Chaupneys. — L'auteur donne l'analyse de trente-deux accouchements observés chez vingt femmes atteintes de cypbose. Il insiste sur la fréquence des positions occipito-iliaques droites dans les présentations du sommet. L'accouchement prématuré est assez sauvent observé. Le pronostic est grave, car les enfants fournissent une mortalité de 40,6 |iour 100, et les mères 28,1 pour 100. L'intervention obstétricale est plus facile dans ces cas que lorsque le rétrécissement existe au détroit supérieur. Chez une primipare, il ne faudra recourir à une opération : forceps, crâniotomie, opération césarienne, qu'après une expectation assez longue. Chez la multipare, les indications du traitement trouveront dans les renseignements fournis par les accouchements antérieurs une base plus sérieuse que celle qui résulte de la mensuration du bassin. Ce sontlescomménioralifs plutôt que la mensuration du bassin qui permettent de décider l'accouchement prématuré artificiel et la date où il faudra le pratiquer, le lorc^ns, la crâniotomie ou l'opération césarienne. L'Incertitude des renseignements fournis par la mensuration tresre son explication dans la grande' laxké des articulations pelviennes, qui permettent quelquefois l'accouchement contre toute attente. {Obst. Transactionê, 1883, vol. XXIII.)

Three eaaea of pya-aalpjnx (auppuratlon de la trompe)-

par M. Lawson Tail. — L'auteur rapporte trois cas de pyosalpynx. L'étiologie indiquée dans deux de ces cas reconnaissait une fois la blennorrhagie aiguë, une autre fois l'ap, plication d'un pessaire à tige intra-ulérine. Dans l'un de ces cas la trompe s'était rompue. Dans les trois cas il y eut une péritonite aiguë. Le traitement consista en l'ouverture de la

Paroi abdominale, le lavage soigneux de la cavité péritonéale, enlèvement des annexes malades de l'utérus, et le drainage du cul-de-sac de Douglas. Dans tes trois cas les malades guérirent Le pyo et l'hydro-salpynx seraient d'ailleurs des affections communes; les douleurs très vives qui accompagnent cette affection justifient souvent une opération que l'auteuraen souvent Toccasion défaire. Il n'hésiterait d'ailleurs pas, même dans lecas de péritonite puerpérale, à ouvrir l'abdomen et à faire le lavage et le drainage de la cavité péritonéale.

W^nn, Williams, Doran, Robert Barnes, A. Duncan, Gerwis, Howocks, F. Barnes, G. Hewitt, K. Thornton, M. Owens, Murray, II. Smith prennent successivement la parole à l'occasion de cette présentation. De leur intervention dans le débat ii semble résulter que l'hydro et le pyo-salpynx ne sont pas des affections fréquentes, ni ordinairement suivies d'accidents suffisamment graves pour justifier l'ouverture de la paroi abdominale, que l'opération exécutée par L. Tait dans des cas déterminés, et en particulier lorsqu'elle se complique de péritonite, est justifiée. Au point de vue de l'étiologie, les différents orateurs sont d'accord avec Lawson Tait sur l'influence de l'introduction d'un faystéromètre malpropre dans l'utérus, d'un spéculum sale aans le vagin sur la production du pyo-salpynx. {Obat. Transaet., vol. XXIV, 1884.)

La médecine et la théolofle (1).

Le devoir du prêtre catholique, dans l'exercice de son ministère^ est de toujours enseigner : ite et docHe, et son ense^nement, il ne doit pas le faire porter seulement sur les dogmes fondamentaux de la religion; à l'imi-

il) £« Ih/ologie morale el Ifi tciencei médicale», psr loP. Debrrync, 8* rfditinn, cntiùroiiiriil ruruiidiic par le doclciir A. FeiTaiid, lutidecin des liApfuus do l^i*- Ptfla, 18M. PwimMsm frfrru.

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talion de l'Apôtre, il doit le faire pénétrer jusque dans les incidents Je la vie sociale et de la vie privée, instruit par les déclarations des Pères de l'Eglise, soumis aux décisions des conciles, lié par la promesse d'obéissance qu'il a faite à son évëque dans la cérémonie de l'ordination. Voilà, quand on veut jngcr la conduite du prêtre, qu'on y trouve ou non à redire, ce qu'il ne faut jamais oublier. Le vrai fidèle M trouve donc toujours en présence d'une sorte de magistnt ecclésiastique qui, dans son prétoire secret, pourra toujours Tinterrt^er, qui l'interrogera quelquefois plus que de raison, qu'il est d'ailleurs tenu de consulter en nombre d'occasions, auquel enfm il doit soumission, alors même, disent les théologiens^ qu'il n'aurait pas l'esprit de son état. Hais on imagine aisément, dans la conduite des hommes, la multitude de cas particuliers où la simple lumière de la foi ne pénètre pas assez pour éclairer directement la conscience catholique la plus droite et la mieui intentionnée. De là cette branche de la théologie qu'on appelle théologie morale^ c'est-à>dire la morale éclairée par la lhéol<^e, embrassant un ensemble, de cas de censtàeRce dont l'examen constitue la otfitnsttftMi ' <

Oa considère volontiers le casuisme comme un des traits propres dujésuitisme. Le faîtest qu'il est un fruit assez naturel et de la doctrine et de l'institution : de la doctrine, qui soutient, contre celle de la grâce, la liberté et la responsabilité humaines; de rinstitution, qui n'a pas d'éple pour la force et rétendue de son action. Devant cette puissante Société de Jétu$ quiy de Rome où elle a son général, et on peut dire des pieds du Saint- Père envers qui elle fait un vœu spécial d'obéissance, accomplit dans te monde entier une double œuvre de propagande religieuse et de pédagogie, l'humanilé se livre tout entière et sous toutes ses faces, et s'ouvre

fiartout à son influence. Mais, si les jésuites comptent parmi es casuistes, un Holina,unSuarès, un Ëscobar,un Sanehez, un Busenbaum, etc., ils ne peuvent revendiquer le plus habile de tous peut-être, le célèbre fondateur des Rédemptoristes, Alphonse de Liguori. C'est même une remarque à faire que, aujourd'hui, le probabilisme rel&ché des anciens casuistes a pwdu faveur dans le clergé au profit des doctrines plus sévères du liguorisme, dont l'interprète le plus éminent est assurément Gousset, mort archevêque de Reims en 1866. Ses études sur le Code civil commenté dans se» rapnort$ avec la théologie morale et sa Théologie morale (1844) sont deux ouvrages très remarquables en leur genre. Le Traité de théolofie morale (en latin) de Uk^ fiouvier lui est, à mon sens, inférieur; encore plus, celui dont.nous annonçons aujourd'hui la sixième édition. L'Essai de notre confrère, le trappiste Debreyne, a joui néanmoins, gr&ce à la profession de l'auteur, d'une vogue relative parmi les médecins. Il la mériterait mieux aujourd'hui — je dirai tout à l'heure en quoi — après les modifications et additions qu'il a reçues de M. Ferrand.

Il est, en casuistique morale, un teirain circonscrit sur lequel se rencontrent fréquemment, devant la même famille, le prêtre et le médecin^ ayant également à tracer, l'un au

S oint de vue des doctrines ecclésiastiques, l'autre au point e vue des principes de son art, des règles de conduite sur les actes intimes de la vie conjugale, sur certaines opérations ou certains modes de traitement. Ce terrain, il importe au médecin, quoiqu'il soit, de le connaître : au médecin croyant, pour se dirigerlui-même ; à l'incrédule plus encore qu'au premier, pour mieux garantir, s'il en était besoin, les droits de la pratique médicale, pour mieux faire prévaloir le ^enre d'intérêt qui lui est confié et qui n'est autre que celui de la santé et de la vie de ses clients, sans oublier jamais qu'il doit aux familles, je ne dis pas de ne point les gêner, je dis de les aider formellement dans l'accomplissement de devoirs religieux où n'est pas engaçée la responsabilité du praticien. Il faut, pour ne pas sentir ces besoins, on n'avoir jamais exercé la médecine, ou ne s'être trouvé en contact) par grand hasard.

qu'avec des familles mises à l'abri, hommes et femmes, de ces sortes de scnipules par une incrédulité systématioue et radicale. Dans la clientèle ordinaire, surtout dans les classes aisées, que de fois l'action médicale n'a-t-elle pas à compter avec l'inlervenlion religieuse! Combien de questions délicates sont posées au médecin, qui sont un écho du confessionnal I Car, si le prêtre est un gardien scrupuleux des confidences qu'il reçoit, il ne dispose pas absolument du secret à l'égard des instructions qu il donne, d'autant moins q^ue souvent celles-ci sont de nature à ne pouvoir être obéies par la femme sans le consentement du mari. C'est particulièrement à cet ordre de questions que le Père Debreyne a consacré ses études. Voué lui-même pendant quelque temps à la pratique médicale, médecin de la Grande-Trappe (Orne) avant de revêtir l'habit de l'Ordre, c'est dans le monastère qu'il écrivit sur les rapports de la médecine avec la religion cinq ou six traités, dont les plus connus sont VEsfai dont il s'agit ici, et l'Embryologie sacrée. Il y traite les questions médicales en religieux, sans doute, et je lis sur la couverture de la présente édition de VEssai : Ouvrage exclusivement destiné 'au clergé; mais évidemment l'auteur n'entendait pas soustraire absolument son œuvre au jugement du Corps médical, c Nous sommes persuadé, disait-il dans TArertusement de la première édition, que ce livre ne sera In que par les ecclésiastiques et par quelques médecins. » Comment admettre, en effet, qu'un médecin ne doive pas ouvrir un livre où il est tant question de médecine?

Presque tous les écrits de ce genre antérieurs à 1844 sont en langue latine, qui est la langue de la théologie. Certainement plus d'un théologien avait rédigé en français des instructions à l'usage du confesseur; mais parmi les traités didactiques de théologie morale, les premiers qui aient été écrits en français sont, je crois, ceux ne Debreyne et de Hi^ Gousset (le premier est quelquefois cité par le second : jamais le second par le premier; mais les deux ouvrages peuvent être regardés comme contemporains); encore Gousset n'a-l-il pas osé

Eersister jusquà la fin; il a substitué la langue française à la kline en plusieurs passages concernant \e sixième commandément et le mariage^ c'est-à-dire des sujets sur lesquels on met, ou l'on mettait autrefois, des iustructinns latines aux mains des diacres, sous le nom de diaconales. Quant k Debreyne, il s'est servi uniquement du français, et il s'en expliquait ainsi dans sa première édition : c L'usage du français, ce me semble, loin d'avoir de l'inconvénient, n'oblige qu'à une plus grande circonspection dans le langage et à une plus grande décence dans l'expression, tandis qu'à la faveur d'un plat latinj on se croit en droit de tout dire et de dire ce que souvent on devrait taire. » Ia remarque du trappiste n'est pas flatteuse pour quelques évêques, mais elle est encourageante pour l'auteur du présent arUde, qui pourtant n'en abusera pas.

Ces préliminaires pourront paraître longs ; ils se justifient

fiar la nécessité, indiquée en commençant, de bien convaincre e lecteur qu'on ne l'égaré pas ici dans un ordre d'idées chimérique et dont il n'aurait une faire dans l'exercice de sa profession ; qu'il existe une théologie pour ainsi dire médicale,ou, si on l'aime mieux, une médecine théologique, pouvant tantèt servir, tantôt contrecarrer la sienne; qu'il lui importe enfin de connaître un terrain sur lequel les circonstances de la vie médicale pourront l'attirer. Quand un ménage a une confiance sérieuse dans son médecin, dans son caractère plus encore que dans son talent, il se décide fréquemment à lui confier les embarras nés d'antagonismes entre les prescriptions religieuses et les intérêts de sa santé ou de son repos. Si ce n'est la femme, ce sera le mari, ou la mère de la femme. Même dans le silence de tous, un praticien avisé pourra, par les questions ou les investigations qu'il est autorisé à faire, reconnaître sans beaucoup de peine, dans les choses qui touchent à la i^bonjugale, la marque, de règles imposées par une autorité du dehors.

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Donnons tnaintenaut par quelques exemples uu corps à ces considérations générales. Si l'on reut les emprunter seulement au lirre de Debre^ne et Ferrand, il faut prendre garde

Î|ue cette sixième édition est présentée au public sous une orme double. Il y a deux sortes d'exemplaires (je les ai tous deux sous tes yeux), différant en ceci, que l'une consacre une centaine de pages à la mœchiologie {non mœchaberis, etc., sixii^me commandement du dccalogue), et que l'autre n'en dit pas un mot. Le reste, identique dans les deux formes, contient, comme je l'ai dit, un très grand nombre de changements et additions, mais principalement scientifiques, qui ne modifient en rien les opinions thèologiques des précédentes éditions. Pour ne pas les altérer dans le fond, il était sage d'en respecter le texte; et comme ce texte est extrêmement sommaire, il s*ensuil qu'on est presque forcé, si l'on veut prendre une idée exacte d'un cas de conscience, d'en demander en partie les éléments à des traités plus étendus et plus complets.

' Des exemples qu'on peut citer, les uns ont trait à des cas de pratique définis : accouchement prématuré artificiel, opération césarienne^ bapKâme du teius, manceuvrM ma* gnétiq^ues, etc.; les autres au rdie du médecin, soit dans la direction générale de l'hygiène physique et morale de ses clients (spécialement quant aux devoirs conjugaux), soit dans l«s conjonctures susceptibles de provoquer un appel aux secours spirituels ; d'autres enfin à 1 appréciation toute théorique de faits extraordinaires auxquels la médecine ouvre un champ si vaste et que le mysticisme rapporte si aisément à l'interveution de puissances surnaturelles : spiritisme ou miracles.

Je n'ai pas l'intention de reprendre ici toutes ces questions et de placer à cftté d'un essai de médecine théologale à Cusage exclusif du clergé^ un essai de médecine morale à l'usage exclusif du médecin. D'ailleurs, bon nombre de ces questions ont été déjà étudiées dans la Gazette hebdomadaire. Je voudrais seulement faire entrevoir, pour ainsi dire, l'ensemble du sujet à la lumière de quelques cas particuliers.

Voici Vavortement médical on Vopératiott césarienne post mortem. De quoi s'inquiète surtout le prêtre ? De l'âme ei du baptême du fœtus. On a beaucoup discuté autrefois sur l'époque de la vie intra-utérine où le fœtus doit être considéré connue animé; cette question a. on peut le dire, disparu de la Uiéologie. L'opinion généralement admise, comme étant la plus probable (car en casuistique on ne sort guère du probabilisme), est que l'enfant reçoit son ftine au moment delà conception. Debreyne l'admet. En un sens, c'est un progrès, car 1 unité continue de ta vie ft partir de la période ovulairc est un dogme tout physiologique. Maiâ'ce progrès a pour conséquence une plus grande ngueur dans certaines prohibitions de la théologie murale. C'est d'abord la condamnation absolue de l'accouchement artificiel, à moins de ces deux conditions : ou qu'il y ait certitude de la mort du fœtus, ce qui supprime naturellement la préoccupation du baptême ; ou qu il soit viable, ce qui permettra de le baptiser lors de la naissance. La question est la même pour radminislralion des remèdes. On pose la question suivante: Dans le doute si l'enfant doit survivre à la mère, celle-ci peut-elle prendre un remède qui pourra la sauver, même en exposant la vie de l'enfant ? Non, dit saint Alphonse ; il faudrait, pour que cela fût permis, que toute espérance de survie de l'enfant fût perdue. Et il va jusqu'à ïyouter que, le danger étant présumé égal pour la mère et pour l'enfant, qui est exposé à mourir sans la grâce du baptême, Vordre de la charité demande qu'on préfère la vie spirituelle de l'enfant à la vie temporelle de la mère. Heureusement, et c'est saint Alphonse lui-même qui le rappelle, les ihéolo-

êiens de Salamanque se sont montrés inoins rigoureux, ebreyne est aussi plus trwtable, ou plutôt M. Ferrand; car le passage est de lui Notre confrère foit remarquer que,

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en refusant l'avortement dans un cas de non-viabilité du fœtus, on s'expose i tuer, arec la mère, l'enfont lui-même auquel le baptême fera défaut, même au prix de l'hystérotomie

^ost mortem. C'est, suivant notre confrère, le cas du baptême intrà uterum^ comme préliminaire de l'avortement médical.

Cette hystérotomîe elle-même tombe sous le coup de la doctrine théologique qui vient d'être rappelée. Toute femme morte enceinte, même au début de la grossesse, doit être ouverte le plus promptement possible, s'il y a possibilité

3ue le fruit soit encore vivant. G était, on le sait, l'opinion 'un des membres les plus respectés de l'Académie de médecine, M. de Kergaradec. J'ai essayé ailleurs d'en faire ressortir le peu de fondement et les graves dangers ; je n'ai pas à y revenir. Le Rituel romain, qui prescrit Topératioa, ne s'explique pas précisément sur les conséquences à tirer de l'âge du fœtus ; il me semble me rappeler seulement ^ue la Sacrée Pénîtencerie ne rend pas 1 opération obligatoire au-dessous de quarante jours; c'est une date en rapport avec la doctrine aristotélique, admise par saint Augustin et saint Thoniflsv'Bur l^pM(ii»ide>>'i'afHRUttia»'d« fieetEUi-De* breyne et H. Ferrand penchent évidemment vers cette solution.

Il est une question, récemment étudiée dans ce Journal, qui n'avait pu figurer jusqu'ici dans les traités classiques de théologie morale et qui Test pour la première fois dans celui que j'examine ici : c'est celle de la fécondation artificielle. Tout le passage est forcément de M. Ferrand. Je suis très heureux et en môme temps un peu surpris de l'y trouver résolue comme je l'ai fait moi-même. Le médecin peut, dit M. Ferrand, « exécuter l'opération si on lui demande de la faire, et s'il est d'ailleurs convaincu qu'elle est opportune, c'est-à-dire s'il n'y a pas de contreindication à la pratiquer, en un mot, si elle est susceptible de réussir». Je dis qu'une telle solution dans un tel ouvrage m'a un peu surpris, et j'ajoute que je le serais encore si elle ne valait à l'auteur aucune remontrance du clergé. L'homme de l'art n'a, comme tel, ainsi que je l'ai expliqué, qu'un devoir à remplir : s'en rapporter aux déterminations des époux ; ceux-ci, s'ils sont croyants, consulteront leur directeur, qui, à son tour, s'il écoute en ces matières les sages conseils de plusieurs docteurs, consultera l'Ordinaire. Or je doute que les dispositions du haut clergé se montrent jamais favorables à la thèse de la génération artificielle. S'il est une condition théologiquement essentielle de Tacte du mariage, c'est qu'il soît r^lierementconsommé ; c'est qu'il soit accompli ad coptUam. c A mortali nuUa ra- » tione potest excusari maritus qui, incœpto actu conju- > gali, reirahît se more Onan, neseminet intra vaêuxorii. » Onan fut frappé par Dieu (percussit eum) parce que c semen » effundebat in terram >. Voilà un texte précis qui parait bien condamner la thèse théologale de M. Ferrand^ Cependant, avec de la réflexion, un casuiste médecin trouverait à répliquer. C'est l'intention qui fait le crime. Dans quelle intention Onan répandait-il la semence? t Ne liberi nasce- » rcntur > ; et c'est bien ce texte qui met fréquemment en opposition le confessionnal avec l'alcêve. Entre époux de même foi, la difficulté se résout dans nombre de cas par la substitution de pratiques lascives à l'acte réel du mariage. Ils sa^ vent ou on les avertit que les tactu», eomplecmst oscula et tout ce qui constitue dans la langue ecclésiastique les délectations charnellet, si fiunt voluptate causa f ne sont que péchés véniels, nisi tamen habeantur cum perieulo poUutionis (Alphonse de Uguori). Il est même des docteurs pour qui Vopinion probable est que la délectation ainsi obtenue, même quand elle n'est pas ad coptUam ordinatOy est licite si elle a pour but d'entretenir le mutuel amour qui est nécessaire dans le mnriage. Que si les époux sont en dissidence sur la matière, le fruit ordinaire du eonûit religieux est la désunion. La Sacrée Pénîtencerie a beau se montrer

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tolérante à l'égard de l'épouse et l'exonérer, sous de certaines conditions, de toute responsabilité dnns le crime religieux de son époux; ces conditions mêmes (admonestations répétées, danger de sévices) suffisent à entretenir l'aigreur dans le nïénage. Quoi qu'il advienne, l'autorité ecclésiastique ne faiblit jamais sur le principe Le sacrifice prudent qu'elle fait dans l'intérôt de la paix conjugale ne l'empêche pas de maintenir la condamnation contre l'époux rebelle. Or, et c'est là Auej'en voulais venir^ le but de cet époux, qui t>st d'empétmer par la perte de la semence toute progéniture, et qui était celui d'unan, remarquez qu'il est justement le contraire de celui qu'on propose dans l'opéralion de la fécondation artificielle, puisque la semence improductive, au lieu d'être répandue in terram, est soigneusement recueillie pour être placée dans les conditions propres à assurer l'efficacité de sa nature fécondante. Bien plus dans la plupart des cas, notamment quand la stérilité vient d'une mauvaise disposition de l'utérus, il est facile de satisfaire au précepte llicologal et d'aller recueillir la semence intra tas uxoris. Voilà ce que je me permettrais de faire remarquer si J'entrais un jour, comme notre confrère Debreyne, dans les Ordres et si j'avais, comme le prieur du roman Le faiseur d*hommn^ k dire mon avis en théoltwien. Il estfôelieux que M. Ferrand, collaborant à un traitéde théologie morale, ne l'ait pas dît lui-même.

En voilà assez, plus qu'il n'en fallait peut-être, pour le dessein que je m'étais proposé; d'autres exemples ne manqueraient pas qui montreraient sous d'autres aspects la différence des principes gui peuvent séparer le théologien du médecin dans l'appréciation de faits sur lesquels ils sont souvent appelés l'un et l'autre à se prononcer. L'histoire du magnétisme animal est sous ce rapport assez curieuse. Deux décisions, l'une de la Sacrée Pénitencerie, l'autre du Saint- Offîce, mais relatives à des cas particuliers, ont laissé la question indécise. En 184^, M^'' Gousset ayant consulté le Souverain Pontife sur la question : c Si, sepositis abusibus rei et rejecto omni cum damone fédère, il était permis d'exercer le magnétisme animal », fut averti par le Grand Pénitencier que la solution demandée se ferait attendre, parce que la question n'avait pas encore été examinée par le Saint-Siège. Aucune autre réponse n'étant parvenue en 18-44, l'archevêque, qui avait lui, à se prononcer, au moins provisoirement, dans son livre, déclara non évidente l'intervention du démon dans le magnétisme. La doctrine ecclésiastique est mieux établie, comme on le pense bien, sur les différentes espèces de superstitions qui s'ap|iell*'nt sortili'ge, divination, nécromancie, etc. Le rôle du démon y est clairement affirmé; à plus forte raistou l'est-il dans la maladie que nous nommons nous-mêmes démonomanie. La doctrine ne varie pas non plus, ni ne peut varier sur les guérisoiis miraculeuses, etr^^^ai de théologie morale a\^itorte même un contingent, dont it est vrai que la portée s'alTaiblit singulièrement par des exemples de guérisons soudaines uniquement dues «( au pouvoir immense du système nerveux » et par l'aveu, qui suit immédiatement, âe l'absence de toute espèce de « critérium pour distinguer les guérisons oatU' relies des guérisons surnaturelles ».

Mais encore une fois, je ne veux pas pousser plus loin celle étude. Je finis, par un avertissement à ceux qui voudraient lire celtp sixième édition de VEssai. Des crochets indiquant en nriint endroit des additions de M. Ferrand, ou pourrait croire que tout ce qui est en dehors des crochets appartient à Debreynp. Cependant celui-ci est quelquefois cité avec d'autre casuisles (notamment p. 303 et 305) dans de longs chapitres dont tout le texte se suit et parait bien avoir fait partie des précédentes éditions. Je n'ai pas sous la main le moyen de vérifier. Je dois dire aussi que, notre confrère s'étant imposé le devoir de ne tIlmi changer aux opinions de Debreyne, en ce gui a trait aux préceptes de VEglise, sa propre opinion ne peut Ôtre que pré-

sumée. C'est seulement sur certaines questions mixtes qu'il a cru pouvoir se prononcer ; mais là encore, comme je viens de le aire, il est difficile, du moins en présence de cette seule édition, de lui faire toujours sa pari en pleine connaissance de cause.

A. Decbahbre.

Promlvr Coagrèa fntofala 4c dilvwpKto.

(Fin. — Voyei le n' ii.)

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