SÉANCE DU 13 MARS 1885. —PRÉSIDENCE DE M. GUYOT
B* l'InfidUlt* da Tsoola pria mai de* 8a|eU qnt ont d6}A Ati vaooinèa (mite àm la diaotiMlon) : MBf. BnoiiaOT', Rloliard, Z^oomba. — Da t'intozloatlon Mtomlne oaïuèe p«r la maBlpalatloii «t l'asaga de la braisa oblmlqae ; M. Tallln. Dleouoaion : M, Dugaet. — Obacr- TBttona de dégteèreeoenoe oancAreuse de l'eatomao et de I'omophagaaveo phftnominead'OBeophagisme: M. LaoomJbe. Dlaonaalon: MH. Damaeohlno. Ouyot. — X>6Q*nèreaoenM oaloalre dn ccaiir : at Albert Robin. — MntaUona dan* les bâpltaux.
A propos du procès-verbal, M. Bucquoy donne lecture d'une lettre de M. le docteur Debout, médecin en chef de l'hôpital militaire de Laon; cette lettre, relative aux vaccinations dans l'armée, renferme des faits qui confirment absolument l'opinion que M. Bucquoy a émise dans la dernière séance.
Conformément au règlement militaire, H. Debout a procédé dernièrement à la revaccination des jeunes soldats arrivés au â9' régiment d'artillerie. Il y a eu trois séances :
Dans M première (28 janvier), te vaccin a été fourni par deiLX enfants de six à huit mois. Sur 117 revaccinations, il y a eu 78 succès.
Dans la seconde (5 février), le vaccin a été pris à des enfants du même âge que les premiers. Sur 102 revaccinations, 59 succès.
Dans la troisième enfin (6 février), on a eu recours à du vaccin pris à des adultes revaccinés, et alors sur 65 revaccinatioDS on n'a eu que 16 succès!
Les inoculations ayant été faites avec tout le soin désirable, il est donc probable que c'est la qualité du vaccin qui a manqué ; les soldats cependant avaient de belles pustules.
M. Richard a regu de M. le médecin-major Antony une lettre qui apporte des faits assez discutables. Dans des vaccinations faîtes en 1878 et 1879, on a étéà même de constater :
Que le vaccin donné par des enfants vaccinés pour la première fols avait donné 76 pour 100 de succès;
Que le vaccin fourni par des adultes dans les mêmes conditions avait donné 69 pour 100 de succès ;
Tandis que le vaccin pris à des adultes déjà vaccinés dans leur enfance n'avait donné que 62 pour 100 de succès.
Pour M. Antony, la dilTérence n'est pas assez grande pour faire prononcer l'exclusion du vaccin pris à des adultes déjà vaccinés. C'est là, du resre, l'avis de plusieurs médecins militaires, entre autres de MH. Maréchal et Claudot, qui ont fait dans l'armée de nombreuses vaccinations.
Rotfa, médecin en chef de l'armée saxonne, pense qu'on peut employer indifféremment les deux sortes de vaccin,
ftourvu que les pustules soient légitimes. Dans l'armée, 'instruction ministérielle de janvier 1883 est formelle : elle ordonne de vacciner à l'arrivée au corps les jeunes recrues, et de recommencer, dans les quatre moisaui suivent l'incorporation, les vaccinations ^ui n'ont pas réussi. Quand les inoculations ont été ainsi repétées, ir est alors bien avéré que l'individu est réfraclaire au vaccin.
H. Lacombe fait remarquer à M. Bucquoy que sa manière de voir ne tend à rien moins qu'à modifier considérablement
les idées généralement admises sur la vaccine. Jusqu'à aujourd'hui on s'en rapportait, pour prononcer la légitimité ou la non-légitimité de la vaccme, aux caractères physiques, rougeur, saillie, etc., de la pustule. Maintenant il va falloir s'enquérir des antécédents du vacciiiifèie, et savoir s'il n*a pas été soumis à une vaccination antérieure.
M. Bucquoy se défend absolument d'avoir voulu soulever une question de doctrine...; il a rencontré des faits q^ui le poussent à se défier du vaccin pris à des adultes revaccinés, voilà tout, et il serait désolé qu'on s'appuyât sur ce qu'il a dit pour ne pas vacciner du tout plutôt que de prendre du vaccin dans les conditions incriminées. Il y a des cas où ta pustule, si belle Qu'elle soit, peut ne pas donner de vaccin inoculable; les cnifTres communiqués par M. Debout confirment cette manière de voir.
M. Richard pense que cette question a une grosse importance; en effet, à Paris on a du vaccin animal, du vaccin pris à des onfants avec la plus grande facilité; en province, il y a de petites villes où le vaccin manque; il est donc indispensable de savoir à quoi s'en tenir sur le vaccin pris à des adultes revaccinés; s'il est bon, c'est là une ressource qui ne doit pas être négligée.
— M. Vallin appelle l'attention de la Société sur des faits analogues à ceux qui ont été signalés, dans la dernière séance, par MM. Gérin-Rose et Duguet. La question de la braise chimique n'est pas aussi nouvelle qu'on semble le croire. M. Vallin a retrouvé dans le Bulletin de thérapeutique de 1875 ou 1876 un article très intéressant de H. Tanré; l'auteur, faisant soigneusement l'analyse de la braise chiinîque^ a trouvé 93 pour 100 de plomb dans les cendres; il s'agissait, dans le cas présent, d acétate de plomb.
En présence de ces faits, M. Vallin demande à la Société médicale des hôpitaux d'adresser une pétition au {iréfet de police ou au conseil d'hygiène pour obtenir l'interdiction de cette industrie, qui n'est pas en somme indispensable, et qui compromet la santé publique.
Cette mesure peut paraître vexatoire, mais elle est aussi nécessaire que celle qui a interdit l'industrie des étamages en étain plombifère et le vernissage des poteries par l'alliage de plomb fusible.
M. Duguet déclare à la Société que le lendemain même de la dernière séance il a eu la visite de M. Gautliier, professeur de chimie à la Faculté de médecine, qui venait d'être chargé par le préfet de police de faire une enquête à ce sujet. M. Gauthier a visité l'usine des Prés-Saint-Gervais, et il prépare son rapport.
M. le Président fait observer qu'alors la proposition de M. Vallin u'a plus d'objet, puisque le préfet de police a pris l'initiative de l'enquête.
— M. Lacombe lit la relation de deux cas de dégénérescence cancéreuse de l'estomac et de l'oesophage avec phénomènes d'œsophagisme. (Voy. le travail do H. Lacombe aux Travaux originaux, p. 187.)'
H. Damasehino, il y a quinze jours, a employé avec succès la cocaïne dans un cas de spasme de l'œsophage.
M. Guyot se demande si l'on doil attribuer au cathétérisme la fièvre qu'a présentée le malade de M. Lacombe.
H. Krishaber pensait que le cathétérisme était capable d'amener la fièvre; quant au premier malade, dont M. Lacombe a entretenu la Société, il est plus que probable que la fièvre qu'il a présentée était due à la péritonite.
M. Lacombe pense qu'en effet la péritonite est venue comme accident ultime; jusque-là le malade n'avait eu aucun phénomène fébrile, la fièvre a été vraisemblablemeut causée par la péritonite. i
— M. Albert Robin rapporte t^ëiobdéryAioïQ^^^Sil^ rescence calcaire du cœur. ^
DaDs les anciens recueils, dit H. Albert Robin, il n'est
Sas rare de voir signaler des cas de dégénérescence calcaire u cœur; mais c'est là une simple trouvaille d'autopsie, une cnriostté pathologique.
Plus tard, avec Bouillaud, Ândral, Ghomel, Gorvîsart on décrit l'anatomie pathologique de cette affeclion. Laennec tente même d'en établir la symptomatologie. Les auteurs du Compendium essayent une classification ; puis tout retombe dans le silence. Tout récemment deux faits de ce genre se sont produits : l'un observé par Gultmann, à Berlin; l'autre à Paris, par M. Constantin Paul. Le hasard a permis à H. Albert Rohin d'en rencontrer un troisième; c est cette observation qu'il nous rapporte aujourd'hui.
Un vieillard de quatre-vingt-cinq ans, qui n'avait jamais été malade jusque-là, entre à l'infirmerie des Ménages le 16 janvier pour une diarrhée; il y reste trois jours et sort uéri. Son cœur, examiné à cette époque, ne présentait, rien 'extraordinaire. Les artères étaient très atliéromaleuses. Le 25 janvier, ce vieillard rentre à l'infirmerie frappé d'hémiplégie droite. Il meurt le 26. Pendant son court séjour dans les salles, on put constater l'irrégularité et Tassourdissement des bruits au cœur.
A Paulopsie, on trouva, outre le ramollissement protubérantîel, qui avait amené la mort, un cœur surchargé de graisse, mais dont les valvules, très saines, fonctionnaient régulièrement. Toute la paroi interventriculaire est occupée par un revêtement ossiforme de 3 millimètres d'épaisseur, se prolongeant jusqu'à la pointe du cœur.
Les artères coronaires sont complètement calcifiées, sans qu'il se soit jamais produit d*angine de poitrine; Û en est de même pour Vaorle.
A l'œil nu, on voit le muscle cardiaque atteint de ce ou'on a appelé la myocardite scléreuse hypertrophique ; il est ferme et résistant.
L'examen bistolo^ue, fait par le docteur Juhel-Renoy, a montré dans les piliers des Ilots de sclérose enveloppant les vaisseaux et se montrant çà et là dans le pilier.
Au niveau de la paroi interventriculaire il j avait de l'endopériartérile oblitérante. L'endocarde étaiteotiérement calcifié.
En présence de ces faits, nous pouvons nous demander s'il y a des signes capables de faire diagnostiquer la dégénérescence calcaire du cœur... Eh bien, il semble ne pas y avoir de signes certains : des observations récentes plaident en faveur de cette opinion. Notre malade n'avait rien qui attirât l'attention du c6té de son cœur, alors qu'existait déjà la grande plaque calcifiée. Plus tard, il survint seulement de l'assourdissement et de l'irrégularité; les bruits sthétoscoplques n'ont rien de spécial.
La lésion ne s'accuse par un souffle que si cette lésion frappe une valvule; la paroi interventriculaire semble doue incapable de produire de souffle, car la plaque calcaire qne nous venons de décrire ne devait pas empêcher le sang de passer du ventricule dans l'aorte. Cette observation doit donc laire ranger la paroi interventriculaire au nombre des régions pour ainsi dire indifilérentes du cœur. Au point de vue anatomique, on peut conclure de notre observation que l'infiltration calcaire est une manière de finir de la sclérose cardiaque. Quand elle a son siège dans une région indifférente, son pronostic est relativement bénin ou tout au moins indifférent lui-même; en effet, le malade a vécu jusqu'à quatrevingt^nq ans et a succombé à une affection qui n^avalt aucun rapport avec sa lésion cardiaque.
— H. Bernutx est nommé membre honoraire de la Société médicale des hôpitaux.
— HH. Talaman, BaUet et Braud sont nommés à l'unanimité membres de la Société.
Mutations dans les hôpitaux. — Par suite de la nomination de H. Grancber h la chaire de maladie des enfants :
MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 20 Mm 1885
M. Blachez passe à Necker; M. Gouraud à Cochin; M. JVi<tinel à Saint-Antoine; M. Hoque à Lourcine.
Paul Serbe z.
■of>14té de blalaglc.
SÉANCE DU i4 MARS 1885. — PnËSmEHGE DE H. D'ARSOKVAL,
vice-président.
Dosage da l'asote : X. Babataaa. — Algisie da la oooaina : M. Brown- Sèquard. — Axrtt dea ooiiTUlaloiia par Irritation Inhlbltolra ; M. Htnooqna. — Sur tm oaa da triplopie : Mil. Javal at Ttâtsmiim.
- Paptonorla dana lea attaettoiia obaonraa : X. Waaaerauum. — Ltalon oongènltale do eosiir ohas va ohlaa : M. Françola-rranok.
— Penlstanoa da l'axoltablUtè nanrauaa par retroldlaaemant : H Bloard. — Action dea aloaloldea aur les Inttisolrea A chlorophylle : M. Charpentier. — AoUon physiologique de l'isooloatine : MM. Boeheloatalne et Œobanar de Gonlnck. — Pjrldloa dans rammoDlaqos M- OBohanar de Conlnok- — Mécanisme da déploiement de raJÔa membraimua da l'Inaaota : M. Gbabry. — ÊlaeUon d'an membra ooiraspondaat : M- Charpentier (de Nancy).
H; Rabutcau rappelle les études qu'il a faites antérieurement à MM. Gley et Richet sur le dosage de l'azote total de l'urine, et revendique la priorité du procédé.
— M. Brown-Séqmrd communique les résultats de diverses recherches sur la cocaïne insistant particulièrement sur l'analogie d'action parfaite entre l'irritation de la muqueuse laryngée par l'acide carbonique et par le chloroforme, et celle qui produit la cocaïne.
Une dose peu considérable de cocaïne (3 centigrammes environ) dans une très minime quantité d'eau, injectée sous la muqueuse laryngée et dans lacavitéglottique.aproduit uua analgésie générale complète ou à bien peu près; les plaies pendant les journées qui ont suivi sont restées analgésiques. Bien que l'animal fût sensible ailleurs qu'aux plaies. Ce fait, de môme que la particularité de persistance de toutes les fonctions du système nerveux à part la sensibilité à la douleur, caractérise, on le sait, l'espèce d'anesthésie que le chloroforme et l'acide carbonique produisent lorsqu'on les applique à la muqueuse laryngée sans entrée possiole dans les poumons. De plus, sur trois chiens, H. Brown-SéquarU a constaté que les convulsions toniques et clonifiues causées
riar la cocaïne étaient inhibées presque immédiatement par a flexion des orteils. Ce phénomène a été obeei vé à chacune des nombreuses attaques de convulsions chez Tua des animaux.
— Â propos de la communication de H. Brown-Séquard M. Hénocgue annonce qu'il a obtenu l'arrêt des convulsions provoqués par l'antipyrine, au moyen de la flexion brusque et
' forcée d'une patte postérieure.
— MH. Javal et Teheming présentent une malade offrant an exemple curieux de tnpïopie.
— M. Wasserman a observé lapeptonurie, non seulement comme on l'a vu déjà dans la pneumonie fibrineuse et le rhumatisme articulaire aigu, mais aussi dans tous les cas d'alTeclions osseuses suppurativcs. L'élimination de peptoiie cesse quand la suppuration osseuse se tarit.
Cherchant aussi la peptone dans le sang de la veine porte pendant la digestion, il n'eu a rencontré que des traces ; il suppose que le tissu adénoïde ou l'épithélium de l'intestin relransforinent la peptone en albumine,
— M. François-Franck présente un jeune chien chez lequel il a constaté accidentellement l'existence d'un thrill très intense et d'un bruit de souffle syslolique localisés à la bpc du cœur, prédominant à gauche, disparaissant dans la région de la pointe où l'on entend nettement le bruit de claquement mitral. Sur les tracés des pulsations du cœur recueillis au niveau de la région où est perçu le frémissement syslolique, on retrouve la trace très nette des vibrations ;
20 Mars 1885