H. VULPIAN
Depuis les recherches de MH. Fritsch et Hitzig, publiées en 1870 et dont les résultats ont été vérifîés par un grand nombre d'expérimentateurs, lés phipaologistes admeltéot, d'une façon à peu près unanime,* rqoe certaines régioiis de récorce grise des circonvolutions cérébrales contiennent des centres fonctionnels distincts les uns des autres. C'est dans ces centres que les volitions se transformeraient en incitations motrices: aussi les appelle-t-on centres moteurs ou centres psycho-moteurs.
Avant 1870, on professait, comme une vérité irrévocablement démontrée par rexpérimenlation, que lé cerveau pro^ prement dit, substance grise et substance blanchis, est entièrement et partout insensible à toutes les excitations, soit mé* caniques, soit chimiques, soit physiques, aoxquetteâ oïl peut le soumettre pendant la vie; qu'aucun de ses poinl^ SMp^r- Qciels ou profonds n'est doué de sensibilité ou de motricité. Contrairement à. ces données, MH. Fritsch et Hitzig firent voir que, si Ton fait passer un courant galvanique par la substance cérébrale, en appliquant les excitateurs à ta surface de certains points déterminés d'un des hémisphères cérébraux, on provoque des mouvements dans tes membres ou dans la face du coté opposé. Il en est de ihèmê lôrsqu'on se sert, comme l'a proposé M. Ferrier, de courants faradiques saccadés et toute autre espèce d'excitation reste sans effet. Les mouvements ainsi provoqués sont toujours les mémos,
auand on excite la même région de la surface du cerveau, et s varient dans une certaine mesure, sons le rapport des muscles mis en action dans tel ou tel membre, ou dans la face, ou dans le cou, etc., suivant que l'on électrise tel ou tel point de la région où l'on admet que se trouve un centre de cérébration motrice pour une de ces parties. Les régions
de HH. les médecins Les préfets inviteront les conseils
provinciaux à examiner et à dépouiller les rapports des syndics et des Conseils sanitaires d'arrondissement et à en faire l'objet de leurs études. >
Le questionnaire présente les qualités requises pour un document de cette nature, la simplicité et la clarté. Des dix< huit paragraphes qu'il renferme nous en indiquerons seulement deux: le onzième relatif aux babilutions et à la viabilité et le dix-septième qui s'occupe des maladies régnantes.
L'un contient huit questions, l'autre neuf. Les voies publiques sont-elles sufflsamment laides, sont-elles droites ou tortueuses, pavées ou non, pourvues n'égout, platies ou in» clinées ? Comment se fait le nettoyage des rues et places ? Od sont déposées les immondices? Les habitations soht-ellei pourvues de lieux d'aisance ou de cloaques (poxzi neri)t Gomment est exécutée la Vidange? Existe-t-il des commuhieations entre les fosses et les réservoirs d'eaux potables ?
Les fièvres Intermittentes sont-elles commuties dans la
dont l'excitation détermine des mouvements dans le membre antérieur et dans le membre postérieur d'un e6lé sont situées, chez les chiens, dans la partie postérieure du gyrus sigmolde de l'autre côté. Il y aurait la ainsi deux centres corticaux moteurs : l'un, placé en dehors, dans cette partie du gyrua, sei'ait le centre moteur du membre antérieur ; l'autre, ayant son siège en dedans, serait le centre moteur du membre postérieur.
- Les expériences de MH. Fritsch et Hitsiff ,de H. Ferrier, etc.,
Earurent confirmées par celles de HH. Garville et Durct. 'excision des régions de l'éeorce cérébrale considérées comme des centres moteurs, avait pour conséquence lapauvlysie plus ou moins prononcée des parties, dans lesquelles 1 excitation de ces centres provoquait des mouvements.
' La doctrine des toccUisations cérébrales parut dès lors solidement fondée sur rexpérimentation, d'autant plus que les résultats obtenus sur le chien furent constatés aussi sur d'autres mammifères et, en partieuliar,-aurde« singes. Les Ewherches cliniques de H. Charcot montrèrent que les lésions destructives unilatérales, des régions de récorci' cérébrale qui, cbei Thomme, correspondent aux régions dites eentrtt moteurs chez les singes, produisent, dans le eété opposé, des paralysies du mouvement, soit d'un membre, soit des deux membres, soil de la face.
Les preuves expérimentales sur lesquelles s'appuie la doctrine des localisations cérébrales sont donc de deux ordres : les unes sont fournies par les effets de l'éleotrisation de certaines régions de la surface du cerveau ; les attires, par les conséquences de l'ablation ou de la destruction de ces régions. Je ne parlerai que du premier ordre des preuves, et je n'ai en vue que les expériences faites sur des chiens.
Pour que l'électrisation de la surface des riions motrices
du cerveau puisse servir d'argument propre à démontrer que la substance grise corticale, à ce niveau, contient le centre moteur de telle ou telle partie du corps, il faut, de toute nécessité, qu'il soit établi que les mouvements produits dans cette parlie sont bien dus à l'excitation électrique de la substance grise elle-même, et non à celle de la substance blanche sous-jacente.
Au niveau des points où l'élévation de la surface cérébrale provoque des mouvements des membres, de la lace, etc., on a reconnu que des faisceaux de . fibres nerveuses, excitables aussi par l'électricité et uniquement par ce moyen, partent de l'éeorce grise du cerveau pour se rendre directement au pédoncule cérébral correspondant, en traversant le centre ovale de Vieussens et la capsule interne. Ces fibres, dans l'éeorce grise, sont évidemment & une faible distance de la surface cérébrale, et l'on conçoit qu'une excitation tant soit peu intense de cette surface puissent aller les atteindre et les mettre en aolivilé-IbnclHHiBelle. Oh n»serait pleinement en
localité ? Y trouve-t-on beaucoup d'affections oculaires, particulièrement des conjonctivites granuleuses? Ya-t-ileu depuis vingt ans des épidémies de scarlatine, de rougeole, de fièvre typhoïde, dediphthérie, de variole, de typhus exanliiématique ou de fièvre typhoïde ?
Dans les communes rurales les réponses présenteront des inexactitudes et de nombreux desiderata. Il est malgré tout regrettable que la mesure prise en Italie ne le soit pas dans les autres pays d'Europe ; une enquête faite dans ces conditions permettrait d'établir un véritable cadastre sanitaire, qu'on pourrait toujours «mélloret tfu reviser suivant les ressources dont on disposerait.
En attendant que le dépouillefflêht de Ions les documents permette de publier une siatistlque générale, on a des statistiques particulières Intéressantes. Il en a paru une dans le cours de l'année dernière relative I 205 496 décès notés dans des villes Importantes de différentes parties de l'Italie. Terminée avant l'appariUoo du choléca, elle dé-
S7 Mars 1895 GAZETTE HEBDOHADAIRE DE ifËDEGINB ET DE GHIRDR6IE , - 13 — 208
droit d'affirmer que les effets de rélectrisation des régions excitables de la surface du eerreaoont réellement pour cause l'excitation de la substance grise corticale elle-même, que si ces effets offraient, dans ce cas, des caractères différents de eenx des résultats de rélectrisation directe des fibres nerveuses sous-jacentes.
On a prétendu qu'il en est bien ainsi, c'est-à-dire qu'il y a des différences notables entre les effets produits, suivant que rélectrisation porte sur la surface des régions dites centres moteurs ou sur les fibres du centre ovale qui proviennent de ces régions.
L'une de ces différences consisterait en ce que la couche corticale du cerveau, dans les régions motrices, serait plus excitable que les fibres nerveuses qui en partent. C'est elTectivemenl ce qu'on observe lorsqu'on se met Hans les mêmes conditions' expérimentales que les physiologistes qui ont eonsteté cette différence. On note quel est, pour le courant faradique dont on dispose, le minimum d'intensité suffisant
Eour obtenir un mouvement dans une partie du corps, dans I tnembre postérieur, par exemple, en éleclrisaat la surface de la région ou sttgeràit le centre moteur de ce membre : on enlève ensuite, par excisîotr, cette région de la substance grise corticale ; puis, quanti l'hémorrhagie est arrêtée, on l'aradise, sur la surface de section du centre ovale, les faisceaux blancs excitables qui ont été coupés en travers. On voit alors qu'il est nécessaire, pour obtenir le même mouvement du membre po^érieur, d'employer un courant un peu plus intense.
Celte différence, si elle était incontestable, aurait nue certaine valeur dans la discussion dont il s'agit. Je dois dire qu'elle n'existe que dans les conditions dont il vient d'être Iqueslion-, conditions assurément très défectueuses, puisque a section qui mt-t à découvert les faisceaux blancs excitables du centre ovale de Vieussens diminue, par suite de l'ébranlement traumatique, de l'héniorrhagie, etc., l'excitabilité de ces faisceaux. Pour comparer cette excitabilité h éeile de la surface des régions dites centres moteurs, je me sers, comme je l'af indiqué dans une publication déjà ancienne, d'un fil de cuivre revêtu de gutta-percha et mis à nu seulement à son extrémité Hbre. Ce fil, qui est relié à l'un des conducteurs de l'appareil à chariot de du Bois- Reymond, est introduit dans la substance blanche, au travers de la circonvolution qui borde en dehors le gyrus sigmolde; puis on le fait pénétrer obliquement au-oessousdu ^yi-us, jusqu'à ce que son extrémité libre se trouve en rapport avec les centres moteurs des membres. L'autre excita* teur est placé soit dans une narine, soit dans la cavité buccale. Lorsqu'on opère ainsi sur un chien légèrement morpbiuisé ou n'ayant subi aucune intoxication préalable, on neennalt MleBsent^- aprè» avoir coostaté quel est le
montre que c'est dans la haute Italie qu'où trouve le plus grand nombre de cas de mort par affections des appareils circulatoire et locomoteur, dans le cours et à la suite de l'accouchement, par empoisonnement ou suicide. Au contraire, daiisrilalie méridionale, les maladies du tube digestif et de ses annexes sont plus nombreuses. C'est en Sicile qu'il ; a le plus de morts accidentelles ; la Ligurie, le Latiura, la Sardaigue viennent en première ligne pour les suicides; les Abruzzes, la Sicile et la Campanie, pour les homicides.
— Le I5décembre avait lieusdusla présidence du docteur Carlo Zucchi, la dernière séance mensuelle^ pour 1884, du Ôuuseil des Instituts hospitaliers. Ce Conseil ressemble à la Société médicale des hôpitaux de Paris ï mais il est plus ancien et a des attributions plus étendues. 11 existait à Milan dès 1785; en 1810 on en créa d'autres analogues dans toutes les villes importantes du royaume d'Italie alors existant. Gonstiluéfl par les directeurs et le personael médical de çes
minimum d'intensité électrique suffisant pour provoquer des mouvements, en agissant sur la surface du gyrus, que les faisceaux blancs sous-jacents neuTenlAtremisen activité par un courant bien plus tkible. Avec le grand modèle du chariot (Gaiffe), en plaçant sur le gyrus, au niveau du point correspondant au membre postérieur, l'excitateur destiné à électriser le cerveau, on obtenait encore, dans une expérience, des mouvements de ce membre, lorsque la bobine au fil induit était placée à 75 millimètres du point où elle recouvre entièrement la bobine au fil inducteur ; à 18 centimètres, il ne se manifestait plus aucun mouvement. Lorsque la même recherche était faite en introduisant le même excitateur dans le centre ovale de Vieussens jusqu'à la rencontre du faisceau blanc provenant du point du gyrus en rapport avec le membre postérieur, on obtenait encore des mouvements de ce membre, quand la bobine du fil induit était poussée jusqu'à 21 centimètres de son point de départ. En outre, avec un écartement de 14 centimètres de la bobine au fil induit, les mouvements produits dans le membre postérieur étaient moins considéraoles lorsque l'on excitait la surface du gyrus sigmolde que lorsou'on électrisâit, avec un écartement de 19 centimètrès, le faisceau blanc qui en émane.
L'excitabilité de la surface du gyrus est donc moins forte que celle des parties excitables du centre ovale de Vieussens.
Une autre différence, assurément plus importante, a été signalée. L'excitation électrique, suffisamment énergique et prolongée de la surface des pointa excitables du cerveau, provoque souvent, comme on le sait depuis les expériences de-MM. Fitsch et Hilzig, des attaques epilepliformes. Il en est du moins ainsi chez divers mammifères, particulièrement chez le chien, le chat, le singe, entre autres. Ces attaques, dont tous les physiologistes connaissent bien les caractères, ne se produiraient, a-t-on dit, que par l'excitation de la surface de ces points excitables ; elles n'auraient jamais lieu lorsque la même excitation porte sur les faisceaux blancs partant de ces points. Une telle différence serait bien propre à montrer que les excitations faites à la surface du cerveau agissent réellement en mettant eu activité la substance grise corticale et non la substance Manche sous-j.icente. Elle prouverait, en même temps, que la substance grise, au niveau des points superficiels excités, possède une impressionnabilité et une réactivité toutes particulières et, comme conséquence, qu'elle est douée en propre d'énergies fonctionnelles spéciales. Or, ici encore, on peut facilement seconvaincre que cette différence n'existe pat* Si l'on électrise les faisceaux blancs qui émanent des points excitables du gvrus sigmolde, chez un cluen, en pralit|uant l'expérience ptr le procédé que j'ai précédemment indiqué, on provoque
établissements, ils s'occupaient des maladies régnantes, des meilleures méthodes de traîtemeut et surtout des améli(^ rations hygiéniques qu'on pouvait apporter dans les hôpitaux et dans les soins donnés aux malades.
Au mois de décembre 1857, le programme des séances fut réglé d'une manière uniforme et méthodique. Les dispositions législatifs^ prises depuis cette époque n'ont modifié en rien les caractjûres de l'institution. Le Conseil hospitalier de Milan a oublié, depuis 187i, le compte rendu de ses séances mensuelles. L analyse de celui de décembre serait mieux à sa place danf ulie autre partie du journal qu'ici, car on ne s'occupa que de questions purement scientifiques, de l'action de divers roéduamentset particulièrement de la cocaïne.
— Depuis Beccaria les législateurs et les philosophes de l'autre cété des Alpes ont toujours monU^ une sérieuse prédilection pour les questions touchant à la criminalité ej^ 1 sa répression. Italie, çomnie parUmt, U Jégislation«pénale
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toujours use attaque épilepti forme, violente, prolongée, offrant toutes les pnases caractéristiques, souvent suivie, à court délai, sans nouvelle excitation, d'une ou plusieurs autres attaques semblables, ou à peu près, à la première. Pour déterminer l'attaque épileptiforme par l'excitation de ces faisceaux, il suffit d'un courant plus faible que celui
3ui est nécessaire lorsqu'on électrise la surface du gyrus. 'ajoute que l'on produit l'attaque par l'électrisation de ces faisceaux, même lorsqu'on a préalablement détruit, à Taide du thermo- eau 1ère, toute la substance grise des régions excitables du cerveau.
Les autres différences qui ont été indiquées entre les excitations superficielles et profondes du cerveau, sous le rapport des effets produits, s'expliquent, pour la plupart, par l'excitabilité plus g:ran(le des faisceaux qui partent des points de la substance grise dits centre$ moteurs et par ce fait que ces faisceaux sont plus énérgiquemeut excités lorsque l'électrisation porte directement sur eux que lorsqu'elle les atteint au travers de la substance grise.
Je me. crois, en somme, autorisé à conclure que les ai^pments expérimentaux, à l'aide desquels on a voulu prouver. l'excitabiilié'tle ltil'iïrbstaitiiîé g^Vl^ecortîcàlè du cerveau, datis certains point déterminés, sont dépourvus de valeur et ne peuvent pas servir à étayer Thypotlièse des localisations cérébrales.
Procédé de perfectionnement de lk désarticulatioiN
DU GEHOU ou d'amputation FÉMOBO-CONDÏLIENNE, par
M. le docteur Vaslin.
Historique et parallèle. — La désarticulation du genou mise en pratique par J.-L. Petit, de Hoin et Brasdor, rejetée parLarrey, défendue de nouveau par Blandin etVelpeau, est ensuite retombée en défaveur. Son discrédit persistant encore de nos jours, j'ai essayé de la réhabiliter.
Exécutée suivant les méthodes et procédés qui consistaient à laisser intactes les surfaces articulaires et la rotule, l'ampuLilion du genou exposait aux plus graves accidents.
L'irrégularité et l'ampleur de cette articulation favorisaient le développement d'inflammations très intenses. La nécrose des cartilages et la stagnation du pus, dans les anfractuosités de la synoviale, étaient une cause de suppuralion intarissable et de septicémie. La peau était souvent frappée de gangrène et la cicatrice se faisait sur les condyles. Parmi un certain nombre d'amputés du çenou, suivant les procédés généralement a'ioptés, qu'avait observés Séilillot, les survivants avaient des moignons irréguliers et incapables de soutenir directement la poids du corps. Un
repose sur une conception légèrement métaphysique Tous les individus possèdent leur libre arbitre dans l'acception complète au mot ; un acte délictueux est volontaire et doit être puni comme tel. Cette règle ne recevait en pratique que de rares atténuations dans les cas d'aliénation mentale, lorsque l'individu était manifestement irresponsable. Une école contemporaine qui voudrait modifier les bases de la législation ; le même mouvement existe en France, mais il est moins étendu, moins énergique et surtout mtnns populaire ; la presse s'est élevée k différentes reprises contre les savants qui ont réussi à faire admettre par les jurys la responsabilité limitée. L'aliéniste étudiant sans indignation le cas d'un délinquant et cherchant à faire ia part de la volonté est sinon un criminel, tout au moins un homme que sa propre sensibilité abuse et qui cherche des excuses scientifiques pour des délits qui n'en ont pas. Le professeur Ccsare Lombroso se préoccupe peu de cetle manière de voir; il s'est mis hardiment k la tête de la nouvelle l^colOi
opéré de Baudens, signalé comme guéri, était encore incapable de marcher un an après l'opération. Duplouy {d« Rochefort) cite trois cas de guérison sur quatre opérés.
On est porté à croire qu'il fut médiocrement satisfait de ces succès : car depuis leur publication, il fit pratiquer à un de ses élèves, le docteur Quintard (i), l'amputation de la cuisse, dans un cas où la désarticutalion du genou était applicable. D'après les dernières stalistinues publiées en rrance, en Aiigleterre et en Amérique, la mortalité de la désarticulation férooro-libiale, suivant les méthodes et procédés vulgarisés, est de 76 pour 100; proportion, énorme de décès et beaucoup plus élevée que pour l'amputation de cuisse.
Le professeur Richet m'écrivait naguère: « J'ai bien rarement pratiqué la désarticulation du genou et j'avoue n'avoir pas eu à m en louer. > Cette dernière critique de la part d'une si haute autorité chirurgicale prouve combien étaient défectueux les résultatodes méthodes et procédés employés. Pour prévenir les. accidents inhérents à ces divers procédés d'amputation du genou et réintégrer cette opération dans la pratique, il était indiqué d'apporter des tAodificaiions pro- RiBdes dans le tMâit» faeimdt. C'est ce que j'ai tenté.
En effet, enlever la rotiile et les condyles fémoraux jusqu'au niveau du fond de l'échaucrare intercondylienne, c'est transformer la vaste surface »>ticulaire, irréguliëre, anfractueuse, encroûtée de cartilage voué à la nécrose, en un plan osseux uni, comme celui d'une section osseuse, en pleine diaphyse et offrant par suite les mêmes avantages sous le rapport de la netteté ; c'est conserver le cartilage de conjugaison, renfermant les éléments d'allongement de l'extrémité inférieure du fémur. C'est en même temps respecter le canal médullaire de cette grande diaphyse et la préserver autant que possible de l'ostéomyélite.
Tailler, comme dans le procédé de Baudens, un vaste lambeau antérieur, comprenant toute l'épaisse-ur des enveloppes antérieures du genou et de la partie supérieure de la jambe ; peau, fascia superficialis, aponévrose, expansion aponévrolique du triceps et synoviale, c'est choisir un ensemble de tissus exceptionnellement appropriés, par leurs usages habituels, à recouvrir l'extrémité condylienne et supporter le poids du corps.
Tel est le procédé de perfectionnement que j^enseignais dans mes cours de médecine opératoire à TËcole d'Angers, dès 1876. Son indication s'est présentée chez un jeune sujet dans des conditions très favorables à la démoiislraliou de tous ses avantages. Ma tentative a été couronnée de succès. Je viens la soumettre à votre haute appréciation^ trop heureux de rencontrer parmi HH. les membres de l'Académie des partisans de mon initiative.
(f) Comniiiilcalioii voriMla do H. I« doetanr QnlnUrd (d'Aflfsr»). '"'
On étudie le délinquant comme un malade, on cherche s'il y a dans ses antécédents héréditaires, dans son organisation des particularités capables d'expliquer ses tendances et permettant de déterminer la part qui revient à la volonté. Un journal fondé depuis plusieurs années pour défendre ces idées : VArehivio di Psichiatria, Seienze oenali ed AntrO' pologia criminale, a pour collaborateurs MM. B.-R Gararalo, substitut du procureur du roi, et E. Perri, professeur extraordinaire de droit pénal.
« L'Ecole positive antnropologique, dit M. Filippi, dans une revue des travaux de Lombroso sur la matière (fo Speri~ mental, mai 1884, p. 560), admet que l'activité humaine est le produit du dynamisme cérébral gouverné par des lois nécessaires, grâce auxquelles les sentiments moraux peuvent : 1' être acquis; 2* transmis par hérédité; 3* inaccessibles, étant données certaines conditions d'organisation. > Il en résulte, comme le fait observer le savant professeur, que beaucoup d'inculpés ne comprennent -inéme pas
27 Mars 1885 GAZETTE HEBDOMADÀIRË DË lAÉDECÏNE ET DE GtiiliUIKÎtË — N« 13 — 205
Obs. — Proàidi de perfeetimnement de la désarticulatim du genou, exécutée te 19 octobre 1883, sur un enfant de onze ans et demi, atteint de destruction du jarret gauche et de fracture de ta cuieee droite. Complication de tétanos. Guérison. — Le 18 octobre iSU'A, je suis appelé vers sept heures do soir, auprès de l'enfant Jarao, âgé de onze ans et demi, blessé très gravement dans un de nos établissements industriels. On l'avait iraosporié à la Conciergerie, distante de cent métrés environ de l'endroil où il avait été atteint.
Cet enfant, voulant enjamber un gros cordage de 23 millimètres de diamètre, élevé à 25 centimètres au-dessus du sol, mû par une vitesse modérée de 30 mètres i la minote, s'empêtre et tombe. Dans la ehute, la cuisse droite se brise et le jarret gauche, pris entre le cordage et la gorge d'une poulie, est affreusement lacéré.
A mon arrivée, environ trois heures après l'accident, je trouve le blessé dans le déCubitus dorsal, le nsage p&le, le muIb fîré qoent et 'dépressible : son intelligence est bien conservée ; il rend un compte exact de l'accidem dont il vient d'être victime et snp* porte avec asseï de calme les douleurs qu'il éprouve dansduique membre inférieur gravement lésé.
Le membre inférieur gauche repose sur le cété externe, la jambe riemi-nécbte sur la cuisse. Il présente immédiatement audessous du pu du jarret, un,e large .plaie ciiiculaire, très profonde,. i bords contus et réguliers comme ceux que produit la section des chairs avec une chaîne d'écraseur. Peau, muscles, vaisseaux et nerfs sont détruits jusqu'au squelette, dans une longueur de trois à quatre travers de doigt. L'ecarlement des bords .de cette vasie solution de continuité permet d'apercevoir dans sa profondeur les os de la ré^on. Deux fortes encoches situées sur les faces postérieures du tibia et du péroné, à quelques centimôtres audessous de leurs extrémités supérieures, établissent ainsi que le ligament interossenx, les dernières limites de cette lacéraiion. A ce niveau, la destruction des troncs vasculaires et nerveux, et des parties molles qui les protègent, est donc complète dans une étendue de 5 (Centimètres : le plan osseux même est fortement endommagé. £n résumé, de rexlrémité supérieure de la jambe, il ne reste de réellement intact que la peau recouvrant sa face antérieure depuis le bord interne jusqu'au bord externe du péroné, les faisceaux musculaires des insertions supérieures des extenseurs, et le nerf sclatique poplité externe, dont l'intégrité n'est pas porfeite, car il est dénude à son passage au-dessous de la tête du péroné.
Ijes conséquences de celle destruction du jarret sont faciles & prévoir. C'est la suppression, dans la presque totalité des parties situées an-dessous de cette région, des fonctions vitales : circulation, innervation, caloriflcation et nutrition Les battements de la tibiale poilérieure et de la pédieuse sont imperceptibles, preuve irrècusalHe de la section des troncs artériels du creux poplité. La molilité et la sensibilité sont abolies au mollet, il la face plantaire du pied et des orteils : ces fonctions sont en partie conservées, au-devant de la jambe, suivant le trajet de la loge antérieure et au pied dans toute l'étendue de la face dorsale : phénomènes qui »'cxj)liquent par la destruction du sciatique poplité interne charjfe de l'innervation des premières régions et rinlégrilé du sciatique poplité externe se distribuant dans les secondes.
La température de la jambe et dii pied gauches est abaissée dans des proportions qui dénotent un arrêt presque comolet de leur nutrition. En effet, le thermomètre place dans 1 aisselle marcrue 36*8'; transporté entre le premier et le second orteil gaucne, il accuse 24 ; c'est un abaissement de plus de 1 1 degrés au-dessous de la température normale du corps.
Au-dessus de la plaie du jarret jusqu'à la racine dti membre, les tissus sont intacts. De la solution de continuité, coinpreiiant des vaisseaux de première importance, il ne s'écoule que de la sérosité sanguinolente en petite quantité.
Le membre inférieur droit offi*e, à première vue, la déformalion caractéristique de la fracture du corps du fémur. La cuisse esi
une vive douleur. Passant la main sous la cuisse, je la soulève légèrement, et elle se plie immédiatement, é la partie moyenne, en formant à ce niveau un angle saillant en avant et en diehdrs. Cette exploration produit la crépitation palho}(nomonijque d'une solution de continuité étendue du féniur. Les téguments ne portent aucune trace de violence extérieure à l'endroit de la fracture, c'cst-i-dtre ni plaie, ni ecchymose. O'où je conclus que la rupture du squelette est de cause indirecte. Quand l'enf^t est tombé en voulant enjamber le cordage, le fémur droit, pressé entre le sol et le poids du corps, aura éclaté, dans le point où son incurvation est la plus prononcée. Renversé sur le dos et privé de l'usage du membre intérieur brisé, l'enfant n'a pu se relever et soustraire le jarret gauche, accroché au cordage qui le sciait. Ainsi peut s'expliquer la production simultanée de cette double lésion. Ce n'est qu'attirés par les cris dupatientdominantlebruttdes rouages' en* vironnants, que les ouvriers voisins l'ont secouru. On estime que le blessé n'a pas été soumis plus d'une minute à l'action du cordage, qui lui a détruit le jarret.
Cet examen terminé, je procède aux soins les plus urgents, avec l'aide d'un des chefs de l'établissement et de plusieurs autres personnes. La fracture de cuisse est réduite sans trop de difllculté et la coaptation des fragments est maintenue par l'appareil de Desault. Après la réduction, je constate un raccourcissement de 1 centimètre. Toutefois la position du membre gauche, que je respectai, pour des motifs q^ue j'exposerai ultérieurement, ne permettait pas une meosuratton comparative très précise. La
qu'aurait produit un chaugemf
Eosition, pouvait être suivi des conséquences les plus funestes^ 'est pourquoi, avant de me retirer, je recommande expressément oe veiller à ce que le iietit blessé ne fasse aucun mouvement capable de provoquer du cété des vaisseaux poplilés une hémorrbagie foudroyante. Je prends la précaution de montrer ait chef d'industrie présent et à la religieuse chargée de passer la niiit auprès de l'enfant, la manière d'enrouler le tube élastique d'Esmark, à la racine de la cuisse gauche, si uu écoulement de sang vieat i se produire par la plaie. Alors je dois être averti im> médiatement. Je prescris une ptMion au chloral. I^a nuit se passe dans le calme.
^Usation» de VopértOion. — Le lendemain matin, 19, à bmt-
rimntoratité de leur faute; le courageux avocat Ferdinaiido Pugiia a pu écrire avec une parfaite justesse que certains individus ayant des idées morales très nettes sur tout ce qui touche à la famille, en ont d'autres essentiellement fausses relativement à la patrie; ce sont d'excellents fils et d'exécrables citoyens.
Pour M. Lombroso et ses élèves, les aberrations morales peuvent tenir :
1* A un arrêt de développement de l'encéphale. C'est le cas des idiots des demi-imbéciles; l'éducation ne peut rien pour eux ;
A une anomalie d'organisation des centres spécifiques; chez les sourds-muets, par exemple;
3<* A l'influence héréditaire des tendances immorales, influence qui offre un obstacle constant et souvent insurmontable à l'action bienfaisante de l'éducation.
Il y a dans les doctrines de H. Lombroso bien des points faibles ; les lois sur lesquelles il s'appuie sont souvent su-
jettes à discussion. En revanche, sa méthode est excellente : l'étude attentive du délinquant, les observations prises dans les maisons de correction avec le même soin que dans les services hospitaliers, les statistiques conscieneteusement faites donnerontdes résultats intéressants. c Personne nepeiit nier, dit M. Pilippi, que les affections cérébrales n'exercent une influence séneuse sur la production des délits, et qu'un grand nombre de ciriminels ne soient nés de parents morts ^iénés ou qui Tont été à une époque ou à uiie autre de leur vie. » Les données statistiques réunies par le professeur Lombroso et le docteur Vii^lio montrent qu'il v a parmi les condamnés une forte proportioii d'individus aliénés, affectés de troubles divers des centres nerveux ou dé névroses graves, telles que l'épilepsie. Si l'on va plus loin, on uote la môme chose dans les statistiques officielles du royaume d'Italie. Elles démontrent que de 1868 à 1870 il y/eot sijr^U forfats 9,3 fous; on nota 25,5 cas de folb^num''^ tenus dans diverses prisons.
900 * NM8 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE H Mam 1885
heures, mis honorables et distingués confrères, M. Farge et H. Quintard, appelés en consultation, examiiient le blessé. L'élagénéral n'a pas sensiblement changé ; mais les troubles' trot phlaues résultant de la désorganisation complète du creux po-
Slile gauche se sont asgrarés. I^a jambe et le pied sont menacés 'une gangrène immédiate, et une hémorrhagie foudroyante peut d'un instant & l'autre se produire par le tronc de l'artère pojplitée on ses branches : le troue tibio-péroiiier et la tibialo antérieure L'ablation de tout le segment ou membre situé au>des80us de la plaie, qui est indiquée, est donc résolue.
Dans la cireonstanee il eïjstait encore asses de partira molles intactes, à la région antérieure du genou et de la jambe et même dans le creux poplité, pour laisser la cuisse presque enlière, e'esl'A-dire pour pratiquer la désarticulation fémoro-tiblale suivant le procédé dont j'ai énuméré les avantages. Go procédé, je l'exposei mes collègues, quil'acceptentavec empressement. C'est aussi avec leur concours aussi dévoué que judicieux, que je l'exécute.
Manuel opératoire. ~ L'opération est effectuée à dix heures du matin. Le blessé, resté dans le décubilus dorsal et l'immobilité la plus complète depuis la veille, est cbloroformisé. memlve inférieur gaucbe est attiré avec beaucoup de précaution sur le bord du lit et la bande d'Esmiirk est appliquée depuis le
nou jusqu'à Taine, ob le tube élastique ost fortement serré, splication de l'appareil bémoslaltque détermine l'écoulement
Sar les bords de la plaie, d'une petite quaiitilé de sang noir initré dans les bords de la plaie et d'un peu de sang artériel provenant de la poplilée, dont le caillot avait été expulsé par la pression.
Un aide soutenant la cuisse, je saisis la jambe de la main
S sache et la fléchis, presque à angle droit, pour tailler un lam* eau antérieur, comme dans le procédé de Baudens. Avec un bistouri long, je commence au-dessous et un peu en arriére de la tubérosite fémorale interne une incision, qui, dirigée dans le sens de la longueur du membre, s'infléchit peu à peu de manière & devenir transversale à quatre travers de doigt eu-dessus de la tubérosité antérieure du tibia. Cette incision est prolongée sur lu edté externe de l'articulation, jusqu'au-dessous et en arrière de la tubérosité fémorale externe. Confiant la jambe à un aideet prenant par son extrémité le vaste lambeau que je viens de circonscrire, je le dissèque de bas en bani, ajanl soin de comprendre dans son épaisseur toutes les parties molles, c'est-à-dire la peau, Je bseiafeuperfliualis et Taponévrose, eiceptéle tendon rotulien. ArriTé au m veau de l'insertion de ce tendon au sommet de la rotule, je porte le bistouri transversalement sur ce ligament et j'ouvre largement rarliculation. Le lambeau, y compris la rotule, est enniite détaché de chaque eÔlé jusqu'à ses linùtes supérieures : composé de trois couches de tissu, depuis son extl^mité jusqu'au sommet de la rotule, il en comprend deux autres, dans le reste de son étendue : les ailerons de la rotule et la sjrnoviale.
Ce vaste lambeau .intérieur étant relevé par un aide, jedésarticule en pratiquant successivement ta section des ligameuts iexterne, interne interarticulaire et postérieur. Imprimant ensuite un mouvement de bascule à la jamoe, de manière à porter son extrémité supérieure en avant des condyles fémoraux, je passe derrière le platean tibial mon bistouri, le tranchant dirigé en bas,e* je coupe tes
Il est donc anssi impossible de nier le lien rallachaiit lit folie au délit que l'influence générale capable d'aboutir À l'une etÀ l'autre; ce rapport n'indique pas nécessairemeut une identité; il existe ua délinquant vrai, sans aliénation, et c'est pour cela qu'on admet le méfait accidentel...
Dans les pénitenciers, on voit des condamnés luei*, voler sans envie ni haine, et déclarer dans la suite qu'ils ont agi de la sorte sens l'influence d'une impulsion irrésistible.
Noions que ees,ipi8érables ont ronsclence de leurs actes, qu'ils en connaissent les conséquences; Certains déclarent même qu'ils savent très bien que leur Mie les rend irresponsables devant la loi.
Ces conditions font lapartie belle aux adversaires de l'école moderne. Qu'un crime soit commis par un sujet dément ou sain d'esprit, les conséquences sont. -Souvent les mêmes. Le sentiment populaire se préoccupe feu des lois sur lesquelles est fondée la répression pénale; pres^fue partout il ne connaît qu'une chos^, la peine du talion. Les juristes
parties molles du creux poplité de dédans en dehors, en faisant sortir l'instrument dans la lèvre supérieure de la plaie. Ainsi m trouve ménagé un petit himbeau postérieur de deux travers de doigt de longueur, comprenant dans son épaisseur les vaisseaux et neifs poplités et les extrémités inférieures de muscles puissants, destinés è jouer un réle important, pour la bonne conformalionda moignon. L'artère popUtée est immédiatement isolée des veines e| nerb qui l'entourant et liée avec du fil de catgut.
Je procède ensuite à l'ablation de la rotule et à la trAseclloo pir^ tiellfe des condjies. L'n aide, prenant le lambeam antérieur par ses bords, le maintient relevé et étendu. L'ojpérateur eisayerait vainement de saisir la rotule entre le pouce et rlndicatear gioehe, pour la dik^ager de ses liens, car elle oSrt peu de prisé et glisse entre les noigts. C'est pourquoi je la pince par son somoMt, entra les mors dentelés d'un fort davier, tenu de la main goneke,' et j'en opère l'énucléation en rasant ses bords et sa Isce eatanéei avec le bistouri que manœuvre la main droite. Ici le ebinirgien doit redoubler d attention et de dextérité, pour ne pas trouer les téguments.
L'os sésamolde extrait, une large et forte compressé! I^éue est glissée derrière les condyles ; ses chefs sont ramenés en avant, croisés sur le lambeau antérieur et confiés à l'aide mainlenaut l'axlrémilé inférieure de la cuissé. Cette manœuvre a pour but de
firoléger les chairs et de mettre 'à décoâvert la' masse condy^ ienne. Agissant comme pour Ta rotule, j'engage de la mam gaucho le bec du davier dont je me suis servi dans l'échancrure mtercondylienne. Immobilisant ainsi cette extrémité articulure,
au'il ne serait pas possible de fixer autrement, je scie les ceoyles au niveau du rond de l'échancrura aui les sépare, c'eat-àdire dans nne étendue de 15 à 18 millimètres environ. Reste un large plateau osseux^ U'ès uni, à bords trandiaols, que j'arrondis avec nu fort bistoun.
Eu résumé : Premier tempi. Circonscrire le lambeau antérieur et le disséquer. Deuxième tempt. Désarticuler et former un petit lambeau postérieur. Troisième temps. Eaudéer la rotule et réséquer les condyles.
Le cul-de-sac de. la synoviale est laissé intact. Les franges Synoviales sont enlevées soigneusement. Une seule ligature, celle du tronc de la poplitée, sufnt pour produire une hémostase complète.
Pansement mixte. — La plaie est lavé» avee «ne solution alcoolo-phéniqnée. Dans sa profondeur est placé un grès 4raiii en caoutchouc fenétré qui la parcourt transversalement. Il passe à la surface des condyles, etsesdeu;t bouts «ettoentsorttrârangla de réunion des deux lambeaux, pom* se croiser en anse sur la face antérieure du moignon. Les deux laaibp^ softt afiiroatés : l'antérieur recouvre uresque à lui sa^l l'cx^réuHié coudylieane ; son bord est uni à celui du lambeau postérieur par w» suture entortillée, comprenant dix épingles très Unes. Cette suture décrit une ligne courbe correspondant au bord postérieur de la section condylienne. Plusieurs bandes de protectiye et de gaxe pbéniquée sont appliquées directement sur la plaie, et te moignon est ensuite recouvert d'une couche très épaisse de ouate saiii^lée, depuis son extrémité jusqu'à la racine du membra : surce coton est enrouMe une bande de toile fortement serrée.
Examen analyt^ut des lésions éu jarret. -~ L'eiamen dii
sont assez mat disposés pour ceux qui veulent étendre le domaine de l'irresponsabilité, c De tellM folies guérissent par l'échafaud, disait un avocat général dani! son réquisitoire contre un accusé dont t'intégrité psychique était douteuse. >II est probable quedesai^umentg semblaMes ont été souvent opposés à M. Lombroso. La société a besoin d'être défendue, peu importe l'état mental de eetui lui la menace, vos recherches sont inutiles et dangereuses. Itien n'est moins fondé. Le mode de protection la- phis^ ofllcace est toujours celui qni eonsiste à prévenir, et le meilleur moyen de prévenir c'est de faire porter la crtttmie et l'examen scientifique sor tous les problèmes qu on a résolus jusqu'à ce jour Taide d'à pnori métaphysiques ou eentîméntaùx.
- ( Pour l'école crirainaliste classique, l'etpiation du délit se résume dans deux mots : défense sociale; la société vout une réparatiori, une réintégration ou bien une tutelle juridique. C'est là-dessus, que repose tointé l'échelle la péiia-
S7 lUns 1885
GAZETTE HEBDOHADAIRB DE HfiDBfHNB ET DE CHIRURGIE
segment de membre enlefé révèle les principales lésions dia* gDOSiiqaées. Les trmcs vasculaîrcs du creux poplilé ainsi que les muscles sont corrodés dans une longueur de 5 i 6 centimètres. L'artère poplilée e«i détruite nu niveau de sa division en tronc tibio-péronier et tibiale antérieure. Le bout supérieur du tronc tibio-péronier est perméable : la pression de l'appareil hémosla* tique avait chassé le caillot qui la bouchait. Le bout inférieur esi oblitéré par un caillot de quelques millimètres, soutenu pnr les luniqnes écrasées, tjuant à la (ibialp. aiiiérieurc, elle est réduite, depuis son origine jusqu'à son eutrée dans le ligament iiilerosseux, à un cordon filameutetu, oii l'on ne distingue que les éléments de sa tunique externe. Lo nerf sciatique poplité interne est lacéré dans la mémo étendue que tes vaisseaux. Lo poplité externe est en partie désorganisé à son passage au-dessus de la télé du péroné. Toutefois la portion épargnée suflitpour pourvoir à rinnervation des muscles et des téguments auxquels cette oranche nerveuse est destinée ; ce qui «xprique Ja conservation de la sensibilité et de la motililé, dans les muscles et la peau de la loge antérieure de la jambe et du dos du pted-
Le squelette de la région, le libia et le péroné, portent sur leurs faces postérieures, a 4 centimètres au-dessous de leurs eyirémités supérieures, une entaille profonde atteignant au libiales dernières lamelles do l'étui médullaire. De sorte qu'à l'extrémité supérieure de la jambe, il n'existe de ré^lemûit intact .que la peau delà face antérieure de cette région et les muscles situés dans la It^e correspondante
Notre intervention était donc pleinement justifiée par cet «umen analytique.
Les phénomènes immédiats se passent très simplement. La lièvre traumatique modérée, caractérisée par une température de 38 degrés, se déclare doase heures après l'opération, environ quaraoïe-huil heures après l'accident. L'enfant est laissé deux jours dans l'appartement où il a été opéré et le troisième jour, il est transporté dans un pavillon, à rentrée d'un vaste enclos où Taération est excellente. Le quiitriéme jour seulement on enlève le pansement La fièvre traumatique est éteinte. La suppuration est abondante, sans odeur. Toutes les épingles à suture sont retirées. On constate une réunion partielle des deux lambeaux à leur partie moyenne. Des lotions alcoolO'phéniquées sont feites ù la surface du moignon et des iigectioos avec le même liquide modificateur sont pratiquées par le drain.
Le inème mode de pansement qu'après l'opération est anssilAt renouvelé: larges bandelettes de protediveet de gaie pbéni<iué^ et forte couche de ouate salicylée. Au régime du petit blessé, composé jusqn' à ce jour de boûillon, lait, potage et vin, on ajoute la viande et le pain. Son appétit est excellent. Sous l'influence d'un état général aussi satismisant, le travail réparateur fait des progrés rapides, tant du côté de la plaie d'amputation quo de c<,>lui de la ^cture. La réunion partielle des lambeaux tend à se com-
Sléter de jour en jour, parle bourgeonnement exubérant de leurs ords. Pendant que s'opère leur fusioo, on voit le lambeau antérieur glisser et s'étendre à la sui-face des condyles, en s'avaaçaol progressivement vers leur foce postérieure, ifest entraîné dans ce mouvement d'avant en arrière, par la rétractilité très puissante du lambeau postérieur, avec lequel il a contracté une union solide. Le huitième jour de, l'opération, le tube i irainage, .qui
lilé... » L'application de la peine comporte des moyens correctifs, répressifs et préventifs (mesures adminislratives).
L'école positive moderne suit un principe tout différent : pour elle, les délinquants sont des aliénés, des individus portés aux délits par une prédisposition native on individuelle, par impulsion irrésistible, par occasion. Les peines doivent donc être réparties de la sorte :
1° Contre les aliénés coupables, la réclusion dans des asiles spéciaux;
V Contre les délinquants habituels et invétérés, l'expérience démontre que tout est inefficace, même la menace de la peine capitale; la seule mesura rationnelle est encore ta séquestration méthodique;
3° Pour les sujets qui obéissent à des impulsions irrésislibles, une peine ne sert ni à l'individu ni à la société^ ce sont des malades iraitor;
4* Contre les délinquants aeddeatels, il faut des mesures préventives ou répressives. Ces demiërés doivent £(re éner-
n'avait plus sa raison d'être, est enlevé. Les jours suivants l'état général et local continue à présager une guérison sans complication. On était loin de soupçonner l'orage qui menaçait.
Tétanos. — Le onzième jour, l'enfant est atteint de trismus auquel se joint l'opisthotonoa, et les secousses tétaniques ne tardent pas i envahir la généralité du système musculaire. L'aura des secousses a son point de départ au vcrtex et non dans les membres lésés. Le petit blessé s'écrie tout à coup : c J'ai mat i la tête, ou sœur, levez-moi la tête. > II porte la main au vertex, pousse des gémissements plaintifs et aussitôt débute la contmc* ture convulsive. Le trismus redouble d'intensité, le visage revêt alora celte expression spéciale, désignée sous le nom de rire sar> donique, les muscles du cou se raidissent et portent la tète très fortement en arrière. 1^ coniraclure s'étend rapidement aux muscles du tronc et des membres inférieurs, laissant tes avantbras et les mains libres. Le petit malade est courbé en arc de la tête aux pieds, le bas-ventre faisant une saillie considérable. Malgré le resserrement des mAchoires, on parvient à introduire dans la bouche, par une ouverture que vient de ménager très & propos la chuté de la canine gauche, une petite quantité de lait; nais la déglutition en est extrêmement difGciie et détermine des accès de sufibcation et une coloration violacée du visage.
\M pouls rapide et.dépreuîble bat 11 6 piilsations. La respiration est fréquente nt. douloureuse, 30 par minute. La lempéra" tare s*élève'à3'*6'.- L'iuiaUigeuce est conservée. L'enfant n'ao^ casa aocune douleur dans le moignon et le foyer de la fracture, il se plaint de la douleur du sommet de la têle, de la constriction des mâchoires et de la sensation de strangulation qu'il éprouve
Juand il veut avaler sa salive et les liquides qu'on fait pénétrer ans la cavité huecale.
Cependant les secousses eonvolsives ne se multiplient pas avec culte rapidité qu'elles acquièrent dans le tétanM foudroyant. La température n'est pas excessive, 37*6'; la respiration, bien que fréquente, 30 par minute, s'effectue avec asses dn facilité, et le pouls, bien que petit et dépressible, n'indique pas un collapsos imminent du centre circulatoire.
Je n'insiste pas sur les questions relatives & l'étiologie des accidents tétaniques, qui me paraissent avw enici leur source dans l'extrême nervosisme du petit malade. Du 30 octobre au S5 novembre, tes religieuses se succèdent sans rel&che au chevet du petit blessé, administrentlechloral et la morphine sitêtqueles secousses tétaniques et l'agitation se manifestent, cessent leur emploi dès qne le calme se rétablit, profllent d'un peu de diminution du trismus, pour faire prendre une bonne dose de lait, observent constamment la température de l'appartement, qui doit être de 18 degrés centigrades, veillent strictement à ce qu'aucune personne élran- Rère ne nénètre auprès du blessé, s'appliquent elles-mêmes â faire le silence lo plus profond autour de lui. De mon côté, je ne renouTclte les pansements que de trois jours en troisjours et t'appareil de fracture que trois Ibis en vingt-cinq jours.
Sous l'empire de ce traitement, I enfant est plongé dans la somnolence le jour, dort profondément quelques neures la nuit. Les secousses tétaniques, survenant de cinq mioules en cinq minutes les premiers jours, diminuent rapidement de fréquenccl pour ne se reproduire d'abord aue d'heure en heure, ensuite qu'à des intervalles de plusieurs neures et cesser complètement
iques et «irtout promptes; comme l'individu a conscience e sa peine, on peut espérer qu'il se corrigera.
D' L. Thomas.
Pnix. — La Société médico-pratique de Paris décernera en janvier 1886 un prix de 600 francs à Vauleur (docteur ou élève en médecine) du meilleur mémoire sur une question de pratique médicale, chiruig^icale ou obstétricale. Pour être admis au concours, les mémoires devront être inédits, écrits en français et être sans nom d'auteur; ils porteront une épigraphe qui sera reproduite dans un pli cacheté comprenant le nom et te domicile de l'auteur. — Les manuscrits seront adressés ftaneo au secrétaire général, 81, me Cambacérès, i Paris, avant le I"" novembre 1885.
GooqIc
aoe — N' !3 — GAZETTE HEBDOMADAIRE D^
te vingt-sixième jour seulement. Les contractures des groupes nusGulaires chargés de la dé)jlutiiion cèdent dès le début du traitemonl^ de sorte que l'oa peut nourrir le malade el lui feire avaler insqu'i an litre et demi et deai litres de lait par vingtquatre heures. Parfois il y a sensation de brûlure à la gorge et au creux épigaslriquc provenant de l'action irritante du chloral. C'est à ce moment que Von abandonne l'usage de ce médirament pour avoir recours aux injeclions sous-eutaiieesde morphine. Les selles devenant difficiles, queitjues cuillerées à café d'huile de ricin ont raison de la constipalion.
La respirnlion, la circulation et la température sont, de ma pari, l'objet d'une observation exacte et quotidienne et se maintiennent dans des conditions qui permettent d'augurer favorablement de l'issue de la maladie.
D'après le tableau d'observation on ronstale que, du premier au septième jour, la température s'élève de 37',3 à SS",?, que du septième au dix-septième jour elle oscille entre 38°, 7 et 38",5 et
aue du dix-septième jusqu'au vingt-sixième jour, elle descend c 38°,7 A 3Q'^. Le pouls monte jusqu'à 13i (septième jour) et descend, avec des oscillations, à 8S (vingt-sixième jour).
La sécrétion urinaire, qui a été étudiée très attentivement par un grand nombre d'observateurs (Buplay, Ricfaelot, Temcr, L. Labbée, Ch. Richet, Rose, Griesinger, Wunderlich, Lhcman, ëtcl, présente les particularités suivantes.. Le huitième jour survient dô la rétention d'urine qui dure quatre jours et né* cessite neuf cathétérismes très pénibles et causant des secousses générales excessives. Le dix-septième jour il se produisit de Tinconlinence avec œdème des paupières et du scrotum. Cette paresse de la vessie ou plutôt de son sphincler ne persiste que quatre jours. Examinées dans le cours de la maladie et surtout au moment de l'apparition de l'œdème des paupières et du scrotun), les urines n'ourent aucun changement appréciable dans leur composition.
(A suivre.)
SOCIÉTÉS SAVANTES
Acadéuite des ■clencea.