‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 71 sur 228 · SÉANCE 00 31 MARS 1885. — PRABIDENGE DE X. PAUL BERT PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

SÉANCE 00 31 MARS 1885. — PRABIDENGE DE X. PAUL BERT PRÉSIDENT

coloration do infaooIrM vinnU : K. Cortao. — Xonuiioo do l'axitt dw'tebangM, deUoontraoturaetderinlilbtUounir les propriété* doo norto ot doo mnsoles apréi la mort : M. Brown-Bécpiard. — Matiiri dooqaanUtéM d'élootrlolté par l'éleotrolyao: M. d'ArooiiTal. — mmontation aloooUqu* élective : M. Bovrqoelot. — Composition ohli^vae doi donU : M. OoUppo.

11. Certii expose le résnllat des études qu*il poursuit depuis piusieurB années sur la coloration des infusoires et des microbes vivants; it insiste sur la nécessité d'employer des matières colorantes bien défii^ies, et donne le détail de ses expériences avec le viole Mlahlia n" 170 de Poirrier, un malacfaite-gran et ua bleu de méthyle venant de Berlin. „

~ M. Brown-Séqmrd montre par de noaveuix exemples combien il est importaat de tenir compte 'de l'arrêt des échanges entre les tissus et le sang, dans les recherches sur la durée des propriétés des neri^ et des muscles après la mort. Il insiste aussi sur l'inlérêt qu'il y a de déterminer l'élat de tonicité et le degré de contracture des muscles quand on veut apprécier l'énergie et la durée d'action des nerfs moteurs et des muscles après la mort. Des faits qu'il relate, résulte cette notion que la contracture des muscles peut mettre obstacle à la manifestation de la puissance des nerfs moteurs. M. Brown-Séquard montre enfin que les nerfs moteurs peuvent être inhibés dans des conditions très diverses, par le passage de courants très faibles, par des lésions variées des centres nerveux.

— H. d'Arsoncal indique un procédé simple pour la mesure des quantités d'électricité. Ce procédé est fondé sur la décomposition par électrolyse du cyanure de mercure.

— H. Bourquelot donne le résultat de ses recherches sur la fermODlation alcoolique c élective > d'un mélange de lévulose et de maltose. La fermentation dépend d'une propriété de la cellule que possède à un haut degré la cellule de levure. La levure fournil à chaque instant une certaine quantité d'énergie qui s'adresse à la fois aux deux sucres fermentescibles et les décompose dans des proportions déterminées d'après la résistance de ces sucres à la température de la fermentation.

— H. Galippe a constaté que les dents d'adultes, à l'état normal, renferment 25 pour 100 de matières organiques et 74 pour 100 de matières minérales ; dans les dents de lait, la proportion est notablement différente : la proportion de matières organiques s'élève à plus de 30 pour 100, et celle des matières minérales n'atteint pas 69 pour 100. Il montre de plus que toutes les dents renferment de la silice, mais en

3uantité fort inégale; la proportion de ce principe parait éire 'autant plus grande que la résistance de la dent doit être plus considérable. Après plusieurs essais infructueux, M. Galippe est parvenu à mettre en évidence la présence du fluor dans les dents fraîches ; le fluor existe toutefois en proportion très faible et inférieure & ce que l'on croit généralement; il n'en est plus de même pour les dents fossiles qui peuvent en renfermer des quantités considérables.

~ H. d'Arsonval a simplifié l'éclairage des appareils à projection en substituant à la lampe oxyhydrique une lampe k pétrole, à mèche plate, donnant une lumière équivalente à 80 bougies environ.

SÉANCE DD 28 MARS 1885. — PRÉSIDENCE DE H. D'ARSONTAL, TlCE-PRÉSIDEÏfT.

'BAgloa de l'obéllon ohac le ibiffe et ohex l'homme: M. Féré. — Dyiiemoffénle et Inhibition des tinna oontreotUea : M. Brown-Séquard. — Netnre des effeta A difetanoe prodolta par lea Irritatlone ooteaéea: U. Brown-Béqoord. — DtagoeaUo poor rexanan daa Iwataa prenloiu: M. Rooiierd. — Veaux oynooéphalae: H. Barrlor. — Piqûre da la turlcata : M. R. Estrade.

H. Férét ayant eu l'occasion d'étudier sur un jeune gorille la région de robélion localisée par Broca à l'union du quart postérieur avec les trois quarts antérieurs de la suture sâ^ltale, montre que cette région présente chez le sioge les mêmes particularités de développement que chez l'homme. On peut voir eu effet sur le crftne du jeune gorille examiné

Far H. Féré, dans la région correspoiidante à robéliOA'de homme, un os wormien msangique, k grand axe transversal, représentant exactement la forme de la fontanelle de Gerdy.

— H. Brown-Séùuard in»8te sur les conditions qui peu* vent faire varier l'état de tonicité des muscles apcës la nori et'qur; par suite*, fournissent' des Indications différutas wr le degré d'énei^e et la durée de l'excitabilité des nerfs. Sous l'influence d'irritations cutanées ou sous-cutanées, il a constaté que des contractures plus ou moins énei^iques eu de simples augmentations dt la tonicité musculaire, peuvent survenir dans plusieurs parties du corps. (Chloroforme» cbloraI,moutarde,chaleur,galvani$me à la surface delà peau; injections sous-cutanées d éther. d'acide prussique, etc.^. Les effets de ces irritations à 1 égard de la production de contracture, d'inhibition ou de dynamogénie, varient considérablement, suivant le point où a été îfaite l'application ou l'injection ; mais pour un même poiatr les effets sont généralement les mêmes. Les changements ainsi produits persistent fréquemment et même. quelquefois s'exagèrent après la mort; de plus, ils présentent des fluctuations notables, c La fré-

Î[uence de ces phénomènes montre combien est impéralivc a nécessité de tenir compte de l'état de contraction tonique des muscles dans toute recherche ayant pour objet l'étude du degré d'énergie ou de la durée de la motricité des nerfs ou de l'irritabilité musculaire. >

L'irritabilité des muscles peut tout aussi bien que l'excitabilité des nerfs moteurs être instituée par une irritation directe des centres nerveux ou par action réflexe. C'est sur le diaphragme surtout que M. Brown-Séquard a pu s'assurer du fait : par exemple à la suite d'une injection d acide prussique sous la peau du thorax, près de Taisselle, après la mort instantanée et sans convulsions, il n'est pas rare de voir la moitié opposée du diaphragme perdre presque immédiatement une partie ou la totalité ae sa puissance contractile, sans ^u'il v ait aucune contracture dans les faisceaux musculaires. Il s'agit ici bien évidemment d'une influence nerrouse, comme le montre la localisation de l'effet inhibitoire et son défhut de production, "si la section du nerf a été faîte auparavant. ■' '

— H. Brown-Séquard a montré depuis longtemps que les effets thérapeutiques des irritations cutanées oii muqueuses ne sauraient être tous allribués aux réactions vaso- motrices, comme on l'accepta généralement ; ces irritations produisent leurs effets morbides' ou thérapeutiques par suite' de leur action sur desTibres nerveuses, à courant centripète, incapables de donner lieu à de la douleur ou à une sensation quelconque^ Il a' trouvé f qu'il n'est pas possible d'Irriter, même sans grande éner|:ie, une partie quelconque de l'organisme sans changer' l'état dynamique du système nerveux dans presquie toutes, sinon dans toutes ses parties. >

— H. Regnard a cherché à voir ce qui se passe chez les êtres vivants soumis à de hautes preésibnL nenddbt^l'expérience elle-même, au lîei^idëiïV^fmateBWF^W le résultat final.

10 AvBU. 1885

Dans ce ba( il a fait fiier. dans deax ouvertures opposées du récipient de l'appareil Caiiletet, deux cônes de quartz au travers desquels on fait passer un faisceau lumineux, qui est à sa sortie recueilli par un objectif et projeté sar un écran.

— M. Bàrrier (d'Alforl) expose le résultat de ses recherches sur un vice de conformation assez fréquent chez le fœtus de vache et qui abouiit à la formation du veau à téte de bouledf^e ou veau cynocéphale.

— H. R. Estrada adresse une observation de piqûre de luricato (Argar t.), montrant la facililé avec laquelle peuvent se produire de graves accidents locaux de sphacële et des irounles gênériàux infectieux.

— La Société s'ajourne au samedi 11 avril.

RETUE DES JOURNAUX

1* ■éiargfcwgla grmwu par déebtmre 4a l*hyaMii famÉmit» p^mimut M. eqW. —.2" B«p<wpe de lu t«Mc da «mto i^wiiii»! le «ott, pai' H. ZeIss.'-^ Dttts le- plumier cas, il s'agit d'une hémorrhagie produite lors d'un premier coït pendant la nuit de noces. L'écoulement sanguin avait lieu au niveau d'une déchirure de l'hymen par un vaisseau d'un diamètre de 1 à 1,5 millimètres. La compression digitale n'eut pas raison de l'hémorrhagic; il fallut pratiquer une suture.

Dans le second cas, il est question d'une femme qui se sonmil au coït peu après son second accouchement; le coït fut, selon l'expression de l'auteur, accompli à la vache. La malade ressentit une violente douleur, et aussitdl une hémorrhagie se produisit ; celle-ci s'arrêta le lendemain sous l'in- Duence du traitement. Des pansements à l'iodeforme et des applications de glace amenèrent la guérison. (fientralblatt fur Gynàkologiey i885, n* 8.)

Vm deasMme eu d'ankylostoBe duodéaal dans les rravlaeea RhénaBea, par M. G. MaYER. ~ Ce parasite, qui est surtout répandu en Italie et dans les régions du Nil, a fait son apparition à Kesseoich, près de Bonn, en 1882 (voy. Henche, in Zeitschr. f. klin. Medicin, 1883, p. IGI). Hayer eut l'occasion d'observer te second cas chez un mineur de Stolberg, près d'Aix-la-Chapelle, atteint d'anémie grave. L'auteur se demande si des foyers d'infection par ce parasite se sont formés dans la Prusse rhénane^ ou s'il ne faut pas, dans le dernier cas, attribuer plutôt l'infection au s^jonr du mineur en question à Sermaise, près de Liège, d'autant plus que Masius a observé plusieurs cas de la maladie précisément dans cette ville. {Cemreilbiatt fUmltHn. Chi^ rurgiây 1885, n« 9.)

Hmr Facilaa des «ela de thalllae, par M. C. AlEXAPTDER.

— L'auteur a expérimenté les sels de thalline dans diverses maladies fébriles, et a constaté que, invariablement, ils amènent un abaissement notable de la température, avec sécrétion sudorale plus ou moins abondante et souvent diminution de la fréquence du pouls; dans tous les cas, il observa la coloration particulière de l'urine signalée par v. Jaksch. D'après les résultats obtenus par ce dernier et confirmés par Alexander. la thalline est préférable à la kairine, mais inférieure à 1 anlipyrine, dont l'action antipyrétique est plus persistante. L'anlipyrine est surtout bien plus efficace dans le rhumatisme articulaire aigu. {Centralblatt fUr klin. Medicin, 1885, n* 6.)

■nocalatloa de la Inberenloae chea l'hamoie, par

H. E.-A. TscaERNiWG. — Il s'agit d'une servante qui soigna un malade atteint de tuberculose aiguë des poumons, et dont les crachais, vers la fin de la vie, pouvaient à bon droit être

considérés comme un excellent terrain de culture des bacilles dans le pas. Quelques jours avant la mort du malade, cette servante se fit une piqâre à la face palmaire de la première phalange du médius avec un fragment provenant du verre dans lequel crachait le malade. Quinze jours après se développa un panaris, qui entraîna à sa suite une adénite du pli du coude et de l'aisselIe. Il fallut extirper les ganglions et la gaine des fléchisseurs jusqu'au milieu de la paume de la main, et l'on racla soigneusement toutes les granulations sous-culanées ; on appliciua un pansement antiseptique, et la malade guérit sans récidive. Examinées au microscope, les granulations offraient un grand nombre de tubercules élémentaires caractérisés par de la dégénérescence caséeuse au centre, la présence de cellules volumineuses et de belles cellules géantes, quelquefois centrales. Les ganglions renfermaient également des tubercules. On trouva des bacilles de la tuberculose soit dans les cellules géante, soit sur les limites des tissus nécrosés; quelques-uns de ces bacilles renfermaient des spores. Il ne se développa aucun symptôme inquiétant du côté de la poitrine. {FortichritU der Medi~ cil», 1885, n" 3.)

Lea petUea plaqaca du aaag; el la eoa^laCloa, par

M. C. ScHiMMELBUSCH. — L'auteur a fait un grand nombre d'expériences pour démontrer que ce troisième élément du sang existe préformé dans ce liquide, et qu'il ne constitue nullement des débris des autres éléments, enfin qu'il ne joue aucun réle dans la coagulation de la fibrine. Dans le même mémoire, Schimmelbusch démontre que la fibrine dite fibrillaire qui se dépose dans le sang n'est autre chose qu'un produit de crislallisaiion; les fines aiguilles qui la constituent se voient d'abord isolées, puis se groupent en faisceaux, se croisent, enfin forment un réseau à mailles de plus en plus serrées. {Friedlànder'$ Fortêchritù der MedieiUt 1885, n* 4.)

Dra mlcro-orcanlames de la eelIallCe paraleate de

rhomntc, par M. Passet. — Becker découvrit le premier, dans le pus d'une ostéomyélite infectieuse aiguë, un microoi^anisme qu'il considéra comme la cause de cette maladie. Krause décrivit également ce micro organisme, qu'il trouva en outre dans des furoncles. Rosenbach le signala à son tour comme le microbe le plus fréquent du pus, mais en découvrit un autre à côté de lui : le premier est \b Staphytocoeeui pyogenes auretu; le second, le Staphylocoecus m/ogeneê albu», et ce n'est pas tout. Sur 26 cas, 'Ro8enbacn trouva dans le pus 11 fois le Staph. pyog. aureiu, avec ou sans St. albus, 11 fois il y trouva une forme en chaînette, le Streptoeoccus pyogenes, 3 fois des formes acincuses et en chaînettes simultanément^ 1 fois un mierobe qu'il déifigua sous le nom de Micrococciis pyogenes tenuis.

Passet donne le résultat de ses observations pour 33 cas dilTérenls. Il trouva 11 fois les Staphylococcus pyog. aureus et albus simultanément; 4 fuis le Staph. pyog. aïbus seul; 2 fois le Staph. pyog. albus associé a une nouvelle espèce, le Staph. pyog. cttreus; 8 fois le Streptoeoccus pyogenes seul; 1 fois le Staph. pyog. albus associé au Streptoeoccus; 1 fois les Staph. pyog. albus et citreus associés au Streptoeoccus; i fois un microbe offrant une grande analogie avec le micrococcus de la pneumonie cultivé par Friedtânder et par Frobenius. Dans un abcès de l'anus, il découvrit un mi(7obe auouel il donna le nom de Bacillus pyogenes fœtidus. Enfin Passet a obtenu du pus de deux abcès par la culture un micrococcus qu'il a désigné sous le nom (le Staphylococcus cereus albtis, parce qu'il forme comme une gouttelette de cire blanche à la surface de la gélatine, et du pus d'un autre abcès une forme analogue, te Slaph. cereus flavus. L'auteur a cultivé et inoculé toutes ces espèces, et a obtenu avec toutes, sauf avec les deux der^ nièrcs citées, des suppurations graves, il en a également

OAZKrrB KEBDOHAOAIKE DB HftDEOllE ET DE CHIRURGIE

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étudié les propriétés diimiques. Les désordres que déterminent ces micro-oi^nismes dans réconomie dépendent du lieu et des conditions d'introduction; tel microbe qui, inoculé au doigt, ne produit qu'un panaris, peut, dans d'autres circonstances, déterminer des phlegmons graves ou des ostéomyélites aiguës. Comment le microbe, parvient-il dans le tissu cellulaire sous-cutané en cas d'abcès localisé? Probablement par des éraillures imperceptibles de la peau. {Fortschritte der Medicin, n" 2 et mb.)

Traitement ûm Inpaa jmr l*ftneBle, par M. E. LeSSER.

— Depuis que Koch a mis hors de conteste que le lupus n'est autre chose qu'une affection tuberculeuse localisée a la

[»eau, on a sérieusement songé à traiter cette affection par 'arsenic pris l'intérieur. Lesser, oui a donné ce médicament dans cinq cas, à l'exclusion de tout traitement local, croit pouvoir aitirmer qu'il détermine, au moins dans certains cas, une résorption partielle de l'inRItration caractéristique du lupus. De nouvelles observations sont nécessaires ici. comme dans les cas de tuberculose osseuse, où Ton tend également à préconiser l'emploi de l'arsenie. C'est rioujrara &. un traitement prolongé, à doses élevées, qu'il faut avoir recours. (Centraiblatt fûrnied. Wissensch., 1885, n» 7.)

AdnlnlatrallOB d« l'Iodnre de ■odinm par la vole

kypederml^ne, par H. ÂRCARi. — Dans les affections syphilitiques on est amené souvent à prescrire de fortes doses d'iodure de potassium ou de sodium; l'administration par la bouche de ce médicament est souvent très difficile, à cause de rintolérance qui se manifeste du cAté de Testomac. H. Arcari a employé avec le plus heureux succès et sans accident local les injections hypodermiques d'iodure de sodium; une dose trois fois moindre faisant sur l'organisme le même effet par voie hypodermique que la dose entière par la voie buccale, on peut arriver à donner l'équivalent de 6 grammes d'iodure de sodium par jour en combinant à 2 grammes pris par la bouche deux injections de 65 centigrammes. {Gazz9tta msd. Ital.-Lombardia, i885, n-» 11.)

BIBLIOGRAPHIE

Leçona elinl^iaea mur les maladies meatalea et aar lea

BMiadiea aerveasea, professées à la Salpêtriëre, par le docteur Auguste Voisin, médecin de la Salpétrière, 1 vol. in-S" avec photographies, planches lithographiées, etc. — J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1883.

Depuis longtemps déjà, M. Âug. Voisin fait chaque année, a la Salpêtriëre, une série de leçons sur les maladies mentales et nerveuses, leur prophylaxie, leur traitement, etc. Cet enseignement se trouve résumé dans le volume dont nous annonçons la publication et qui, s'il ne forme pas un traité complet de la matière, nous donne toutefois sur les questions les plus importantes de médecine mentale l'opinion du professeur, en même temps que le résumé de ses recherches personnelles.

Il fut un temps où Ton classait les médecins aliénistes en deux grandes catégories: l'école psycholonque et l'école somatique. Si ce classement était encore de mode aujourd'hui, U. Aug. Voisin trouverait sa pince dans la seconde de ces écoles, car il est un somaliste des plus convaincus ;

{tour lui, lorsqu'on se trouve en présence d'un aliéné, 'étude des manifestations délirantes sous toutes leurs formes a certes son importance ; mais n*en a pas moins, sinon davantage, celle des troubles des différentes fonctions de l'économie, telles que la circulation, la respiration, la nutrition, etc. Les lésions intracérébrales tiennent, elles aussi, une très grande place, et une leçon entière, la cinquième, est consacrée à l'exposition des lésions de la cellule

cérébrale dans la folie simple. Ces lésions sont graves, puisqu'elles consisteraient dans la dégénérescence graisseuse et pigmentaire du protoplasma, la destruction des prolongements de la cellule et enfin l'atrophie du noyau. M. Aug. Voisin assure que ces altérations de la cellule cérébrale se rencontrent duis la folie simple, alors même que celle-ci n^a pas dépassé une durée de deux mois.

Une pareille conclusion sera difBeilement acceptée par les cliniciens. Une destruction aussi profonde des éléments nerveux du cerveau doit avoir pour expression svmptoraatique la démence ; et que d'aliénés présentent tous les caractères de la folie simple pendant dix, quinze, TÏngt us, sans présenter souvent un affaiblissement intellectnei bien marqué I

Les recherches anatomo-pathologiques sur le cerveau des aliénés a amené H. Aug. Voisin à s'occuper des localisations cérébrales, cette question si imporlanle et qui a le don de

passionner ceux qui en font l'objet de leurs études. Les observations qu'il a eu l'occasion de faire, semblent contraires aux assertions de Hitzig et de Ferrier sur les fonctions psychomotrices-des circonvolutions froritaies ascendantes et pariétales ascendantes, et de celles de H. Geoffroy sur les relations des lésions du lobe occipital avec la production rapide d'eschares au sacrum ; mais elles lui ont permis d'établir une localisation nouvelle, celle de la folie avec idées et impulsions au suicide. Voici la conclusion à laquelle est arrive l'auteur et qui termine la douzième leçon de son livre : « La clinique et l'anatomie patholc^ique se sont accordées, dans un certain nombre de cas , pour m'autoriser à localiser l'idée de suicide et l'impulsion au suicide dans un territoire de l'écorce cérébrale correspondant à la région bregmatîco-iniaque, et situé dans la partie la plus interne des première et deuxième circonvolutions pariétales, et dans les lobules pariétaux, c'est-à-dire dans les parties moyennes du cerveau. > (P. 182.)

Ces tentatives de localisation des phénomènes psychiques dans le cerveau ne sont pas sans intérêt ; et le progrès le plus important que pourrait accomplir la pathologie cérébrale, ce serait, sinon d'établir des lésions systématiques, comme l'ont fait HM. Charcot et Vulpian pour la moelle épinière, du moins d'assigner des sièges plus précisaux multiples symptômes qui s'observent dans la sphère des idées, des sentiments et des impulsions. Nous croyons cependant qu'il ne suffit pas de localiser tel symptôme dans tel groupe de cellules de Tecorce du cerveau, et qu'il y a d'importantes déductions physiologiques à tirer des faits pathologiques observes. Ainsi, pour l'exemple que nous fournissent les recherches de M. Aug. Voisin, il nous semble qu'on n'a fait pour ainsi dire que la moiUé du chemin, lorsqu'on a établi la relation existant entre les idées et tentatives de suicide et les lésions de telles ou telles parties du cerveau, et qu*il serait d'un grand intérêt aussi de savoir quelle est la fonction normale de ces cellules q^uî, lorsqu'eues sont sous l'influence d'une irritation morbide douloureuse, nous inctleraient à nous détruire.

Les parties les plus importantes du livre de M. Aug. Voisin sont consacrées à la paralysie générale et à l'épilepsie. On sait que le savant médecin de la Salpôtrière a fait de cette première maladie l'objet d'un traité des plus complets, publie en 1879 et dont nous avons rendu compte dans la Gazette hebdomadaire {iSSOf n" 11). Dans ses Leçons cliniques, le professeur s'est arrêté à certaines particularités de cette affection, à l'élucidation desquelles il s est plus spécialement appliqué; nous citerons entre autres la question si intéressante des troubles de la parole dans la paralysie générale, l'étude d'une forme de méningite spinale postérieure et celle de l'atrophie musculaire aiguë, lésions qui peuvent compliquer la pénencéphalite diffuse^jieulAecons, nous dirions plus volontiers deux longs ckq^treir^t consacrés à ladescriptiqndeta mélancolie dans ses Reports avec

iO Avril 1883 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE dHIRURGIE — R« 15 — 2M

la paralysie générale. On sait que cette importante question depathoJogie mentale a été mise au concours pour le prix Lefèyre en 1875, et que le mémoire présenté par H. Aug. Voisin et fait en collaboration avec M. le docteur Berlureaux, a obtenu le prix. Les leçons dont nons parlons sont un excellent résamé de ce travail ; elles contiennent, à l'appui des affirmations de l'auteur, un grand nombre d'observations prises avec soin, et l'on a ainsi une histoire en quelque sorte vivante de toutes les formes de mélancolie, depuis la mélancolie sans délire jusqu'au délire mélancolique avec anxiété, etc.; depuis l'hypochondrie simple jusqu'au délire hypochondriaque. A projtos de ce dernier, M. Aug. Voisin étudie d'une façon spéciale ce qu'on a appelé le délire d'obstruction des organes, et de nation de l'existence de ces organes, et il semble partager l'opinion émise par M. Bail- Aue cette forme de délire est spéciale à la paralysie générale. On a le droit — et avec raison — de soupçonner atteint de cette affection un malade qui se plaint d avoir la goree bouchée, de ne plus avoir d'intestins, d'eslomac, etc., et il n'y aura aucune hésitation à avoir dans le diagnostic si, outre -ce. délire, on. obsavve les -symplAmes Aomatiques. pr4iT naires. Mais si ces derniers font défaut, on devra être très réservé dans le diagnostic et dans le pronostic, car, ainsi que 1 ont démontré les recherches de M. Cotard, on peut avoir u^^^ simple mélancolie anxieuse avec idées hypo-

chondriaques: il est, en ettet. un certain nombre de malades attemts de celte dernière affection qui,[eux aussi, se plaignent Ue ne plus avoir d'estomac, de cœur, de cerveau, etc., de n être pas conformés comme tout le monde.

Les dernières leçons traitent de Tépilepsie et de l'emploi du bromure de potassiom contre cette névrose et d'autres affecUons nerveuses, enfin du traitement de la folie vésanique par le chlorhydrate de morphine. Nous ne nous y arrêterons pas, les recherches et les opinions de M. Aug. Voisin sur ces divers points de pathologie et de thérapeuUque sont sutlisamment connues.

En résumé, ce nouveau livre du savant médecin de la balpétrière est d'une lecture attachante; il n*est pas un point de la pathologie mentale sur lequel il ne contienne quelques idées personnelles. On peut ne pas toujours être de l'avis de 1 auteur ; mais on est obligé de reconnaître que tons ces travaux sont le résultat d'une observation patiente et scrupuleuse, aidée d'une érudition peu commune.

D'Ant. RiTTi.

VARIÉTÉS

A Momieur le Pritident Au Comité de rédaction d$ la Gazette hebdomadaire,

HoD cher Dcchambre,

Je reçois,'et vous avez reçu probablement aussi, un prospectus relatif î un remède contre la migraine et les névralgies, remède qui porto le nom de Cristal du phénix. Ce prospectus donne l'extrait d'un rapport qui aurait été lu à la Sociélé médicale du Panthéon par un médecin qu'on ne fait pas connaître. Dans ce rapport, on prétend que M. Béclard, Doyen de la Faculté de médecine, aurait constaté les vertus thérapeutiques de ce remède secret. Il faut avoir l'esprit inveolif pour invoquer lo témoignage de votre serriteur, qui est toujours, chacun le sait, resté étranger à la pratique médicale. Il v a de plus un abus intolérable que je signale à vos lecteurs. 3e laisse à la Société médicale du Panthéon le soin de traiter comme il le mérite le confrère qui a rédigé ce rapport, si en effet ce rapport existe .

4gré«, etc.

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