IV. — Un curieux petit livre : Bartholih annoté
PAR RiOLAN.
A monsieur le Président du Comité de ridaetion.
Plombières, i3 janvier 1885.
Mon cher ami, je possède, sans autre mérite ^ue celui d'avoir été aidé par le hasard, un exemplaire prtîcuhërement intéressant d'un petit volume dont vuci le titre : Casp. Bar- THOLiNi, doctor. et professor. Re^ii Institutiones anatomicœ, novis recentiorum opiniontbus et observationibus^ qtMTum innumerœ hactenus édita non sunt, figurisque secundo aueta ab a^etoris filio Thoma Bartholino. Lngduni BàWOTam,apud Franciscum Haekium, mdcxlv.
Il s'agit donc simplement d'une des nombreuses éditions des s* Stau, T. XllI.
cours de l'année 1885 rétabliront le cours normal des choses. H. Larrey a demandé avec raison, et c'était du reste l'intention du Bureau, que ces mesures soient continuées àTavenir. M. Léon Colin a fait mieux encore; il a donné immédiatement au Bureau une des satisfactions réclamées, en lisant un rapport sur le concours du prix Veroois.
L'Académie a entendu deux lectures. Celle de H. le docteur Magnan sur les perversions génitales constitue moins un exposé clinique du sv^et qu'une classification ingénieuse des faits, basée sur la théorie des actions réfiexes. L'autre, qui est de M. le docteur Boiidet, de Paris, est relative à un moyen d'application du courant galvanique au traitement de l'occlusion intestinale, moyen aussi facile à employer que propre à mettre l'intestin à l'abri des dangers des actions chimiques locales. L'auteur Ta déjà expérimenté dans 61 cas d'occlusion intestinale ; il n'a échoué que 17 fois.
émmm l'épi Jéwrte eMévl«me 4« 1884.
Une erreur commise par H. Rivière dans son utile statistique sur l'épidémie de choléra à Paris en 1884, est de nature à offrir aux partisans de la vertu prophylactique et curative du cuivre un aipiment de fait qui serait inexact.
Institutions anatomîques de Gaspard BarthoUn, que Thomas, le plus célèbre de ses fils, publia après sa mort. Néanmoins, j'en ai transcrit le titre en entier, parce que je n'ai trouvé cette édition indiquée dans aneune des Inbliographies qui sontà ma disposition. TbomasBarlholînsemblaitavoiradoplé, pour celles dont il s'est chargé, le titre d'analomia... rtifitrmata, etc... au lieu de anatomieœinstitutionest titre donné par l'auteur à son ouvrage. Mais ce n'est pas à cause de cette minutie biblit^raphique, vous le pensez bien, que j'ai supposé que mon petit volume pourrait intéresser vos lecteurs. Ce qui lui donne son importance, ce qui en fait un exemplaire réellement unique, ce sont les annotations manuscrites très nombreuses qui en garnissent les maires, annotations curieuses à cause de la source d'où elles proviennent.
Avant d'aborder ce sqjet.je profite de la circonstance pour lyouler ici quelques rénexîonsconcernantlevolumelui-même. Le titre est inscrit dans un cartouche, au ctfnir^d'uqfinfL^ tispice gravé, dont la bordure cIsligtïMlïteVaiNM^^
U — N* 3 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE Iti Janvier im
Si eu effet nous prenons les chiffres donnés par H. Rivière, sur 971 malades entrés dans Ieshftpitauxdu4au22 no- Térobre, il nous affirnie qu'il n'y a eu que 2 tourneurs en cuivre contre 23 ouvriers en métaux autres que le cuivre. Il est absolument certain que la statistique de M. Rivière est erronée sur ce point. Cela résulte clairement des faits qu'il nous a été donné d'observer à l'hôpital Saint-Louis dans le service spécial de cholériques, alors dirigé par M. le docteur Lailler. En effet, les deux tourneurs en cuivre enregistrés par M. Rivière ont été soignés à Saint-Antoine et à Tenon. Il faut leur ajouter ceux que nous avons eus sous les yeux et qui sont au nombre de 5. La cause de l'erreur est facile à comprendre. La statistique de M. Rivière a été faite en relevant les professions indiquées sur les pancartes administratives. Or ces indications sont souvent illusoires. Pour en prendre un exemple vulgaire, que signifie le terme de jouraaiier quand on veut faire une étude ..sur les maladies professionnelles ? Absolument rien ; ces individus, sans profession fixe, peuvent fort bien être occupés, depuis plus ou moins longtemps, à un métier qu'il importe de préciser davantage. Gela est évident pour une de nos observations. Le sujet est porté administrativemenl commtkommedc pme. Peu importait au brancardier chargé de libeller l'admission, de savoir où cet homme travaillait. Or l'observation nous a appris qu'il était employé dans une fonderie de cuivre. Deux autres pancartes portent la simple mention tourneur, tout aussi bien que celle d*un tourneur en bois qui a été admis avec eux dans les salles de Saint-Louis. Ces deux hommes ont répondu à notre première question qu'ils étaient tourneurs en cuivre, et l'un, probablement adepte de la doctrine de Burq, s'étonnait de n'avoir pas été épargné par l'épidémie. Pour le quatrième malade, enfin, la mention administrative se contente de dire graveur; le sujet est graveur «*r cuivre. Tout cela démontre simplement que ces particularités ne peuvent être bien précisées que par un interrogatoire médical et qu'il ne faut pas trop se fier sur tous ces points aux documents purement administratifs recueillis, nous le répétons, par des brancardiers peu au courant des questions d'hygiène professionnelle. On s'avancerait donc à la légère si on prenait comme point de départ d'une étude médicale une statistique administrative. On peut répéter tout ce nous venons dire au sujet des mouleurs en bronze. Il en est qui travaillent le cuivre, d'antres au contraire sont exclusivement employés & la fabrication des moules en sable. Parmi les malades que
nous avons eus sous les yeux, nous en avons observé un de chacune de ces catégories et nous avons lait la distinction
avec soin.
Voici maintenant nos cinq observations :
Obs. I. — Roussel (David-Paul;, homme de penie dans unu fonderie de cuivre, quarante et un ans, 23, cité des Bleuets, entré le 10 novembre à trois heures et demie soir (baraques, lit u» i).
Logement salubre, au deuxième. Bonne santé habituelle. Sobre. Malade depuis le 8 novembre après-midi. Uiarrhée très forte, avec vomissement. Douleur précordiale; pas de crampes. A l'entrée, diarrhée et vomissements abondants. Pas d'algidité, pas de cyanose. Faciès frippé, yeux caves.
Le n, pools, 56, petit, mais régulier. Peu de diarrhée. Pas de vomissements. Langue blanche. Urines claires. Température, 37 degrés.
Le 12, cessation de la diarrhée.
Le 13, ezeat.
Ce malade a été très légèrement atteint. Mais malgré l'absence des crampes, qui ne sont au reste pas indispensables, l'existence du choléra n'est guère douteuse, d'autant plus que dans une maison voisine il y a eu un malade mortellement frappé, amené à Saint-Louis en même temps que Roussel (Saugrin, Eugène, potier, cité des Bleuets. Entré le 10 novembre, k trois heures et demie du soir, lit n* 2. — Mort le 14). L'observation suivante a également trait à un malade chez lequel les accidents ont été des plus modérés.
Obs. II. — Chéron (Georges), tourneur en cuivre, vingt-sept ans, 12, rue de la Folie-Méricourt, entré le 10 novembre à deux heures du soir (q° 3).
I^ement au premier, très étroit. Bonne santé antérieure. Quelques excès alcooliques. Le 7, au malin, diarrhée abondante, verdfltre ; quelques nausées. Le 8, persistance de la diarrliée. Le 9, vomissements. A l'entrée, diarrhée, vomissemeots. Yeux caves. Voix cassée. État général bon. Sort le 13.
Obs. III. — Hirat Auguste, tourneur en cuivre, cinquante ans, 23, rue de Bretagne. Entré le 13 novembre & eue heure et demie du matin (n° 29).
liOgement sain, au quatrième. Pris brusquement cette nuit, à minuit. Selles airandantes, puis vomissement et crampes. Anurie, aphonie. Yeux caves. Pouls, tOO, petit, régulier. Rétraetilité de la peau nulle.
Cinq heures soir, température, Si^S. Pas de pouls. Doux injections d'éther. Dix heures soir.poulsfllirormejmaissensible à 1 1:2. Bespiration assez calme. Myosis. 0>Dgestion de la conjonctive.
Reflet noirâtre de la sclérotique autour de la cornée, surtout à
dallions, grands comme des timbres-poste, et contenant chacun un petit portrait finement gravé. Ces portraits représentent d'abord l'auteur G. Bartholin, puis Hippocrate et Galien, puis six anatomistes des seizième et dix-septième siècles, dont les noms sont inscrits sous les médaillons : Vésale, mort depuis quatre-vingts ans déjà ; C. Bauhinus, c'est-à-dire Gaspard Bauhin, celui-là même qui a laissé son nom à la valvule itéo-csecale, fils cadet de Jean ^Bauhin, médecin de Marguerite de Navarre; Riolanus, le fameux anatomiste Jean Riolan fils, qui vivait alors; Spiegel; nuis Pavius et 0. Heurnius. L'un est Pierre Paaw, mort en 1617,
Ërofesseur de médecine à Leyde; l'autre est, non pas Jean ienrn, le savant professeur d Utrecht, qui mourut en 1601, mais son fils Otto Heurn, que beaucoup de biographes passent sous silence, sans doute parce que, indépendamment des nouvelles éaitiona des œu'nes de son père, il n'a laissé quA queh^nes travaux originaux, entre autres un recueil d'observations tirées de sa pratique civile. En oobre
de ces portraits, et au-dessous d'eux, un dernier médaillon, un peu plus grand que les autres, représente une sorte de réduction minuscule du fameux tableau de Rembrandt, ta Leçon d'anatomie. Mèmeattitudedes assistants, même costume du professeur, chapeau à grands bords, énorme fraise autour du cou, manchettesàlargesreversis. Laseuledifférence, c'est que le maître, au lieu de soulever les tendons de l'avant-bras sur une pince, dévide un intestin grêle qu'il présente à son auditoire. Au-dessous, on lit: A. Falcoburgius. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, le nom du graveur, mais bien celui du professeur d'anatomie. Ce nom en effet se retrouve dans le cours de l'ouvrage. Bartholin, après avoir décrit certaine particularité de la dis^iosition des plèvres pour constituer les parois du médlastin, ajoute : «quodmirum est neminem ante Ad. Falcoburgium animadvertisse ». Quel est cet Ad. Falcobumus, c'est ce quel^ recueils bibliographiques n*ont pu m^apprendre : du éi^Va\Mv^4f^lroi>v^ aucune raentioï. •^^^Higl^iz^d^y Vj^iD^gTCT
10 Janvikr 1885 GAZBTTB HBBDOVADÂlRE DB MÉDEGINB BT DB GHIRURGIB — N* 3 — 95
l'œil gauche en dehors et en bas. Ne sent pas les piqûres d'élher. Anurie. Pas de diarrhée. Pas de vomissement. Cyanose. Mort le li à cinq heures du matin.
Obs. IV. — Rousseau ( Jean-Nicolas), graveur sur cuivre, quarante-six ans, 21, rue de Rambouillet Entré le 11 novembre, une heure cinquante soir (n* 9i).
Logement sain, au premier étage. Pas de malades dans la maison. N'a pas vu de cholériques. Ivre tous les samedis, particulièrement samedi et dimanche dernier (8 et 9 novembre). Le 9, un peu de diarrhée et de malaise. La diarrhée augmente un peu le 10; très abondante le soir; dans la nuit vomissement alimentaire, puis aqueui. Crampes dans les mollets. Douleurs dans les reins et dans l'abdomen. A Ventrée, persistance de ces symptdmei. Faciès grippé, yeux très ezcavés; voix cassée; pouls asiei bon, ISO. Température, 37 degrés. Rétractilité de la peau un peu ralentie. Six heures soir, température, 37",ï.
Le 13, température 36*,i. Amélioratiou. Encore quelques vomissements glaireux, voix encore cassée. Cinq heures soir, température, Stô*,6.
I>e 13, neuf heures matin, température, 36*,8. Urine. Bouillon, qui est bleu toléré.
Le U, premier degré. Température matin, 37 degrés; température soir, 36»,4.
Le 15, température matin, 36 degrés; température sonr, 37 degrés.
Le 17, envoyé en convalescence.
Obs. V. — Landrin (Georges), mouleur en bronse, dix-huit ans, 13, rue Ternaux. Entré le 10 novembre, huit heures soir (n* 28).
Logement sain, au deuxième. Konne santé habituelle. Travaille dans le enivre, mais sans ouvrage depuis un mois. Le 7, diarrhée modérée. Le 8, diarrhée et quelques coliques. Le 9, quelques crampes, mais peut cependant continuer ses occupations. A mangé jusqu'au 9 au soir. Ce matin, vomissements qui ontcontmué toute la journée. La diarrhée s'est ralentie. Les crampes ont diminué. Pouls, 116. Température, 36 degrés. Mains et langue froides. N'a pas uriné aujourd'hui.
Le 11, cinq heures soir, température, 30*.i. Pouls, lOi. Fades bon. Depuis qu'il est ici, quelques vomissements, quelques crampes; pas de diarrhée. Céphalalgie. Rétractilité de la peau normale.
Le 12, neuf heures matin, température, 36*,6. Anurie. Pouls, 88. Faciès bon. A faim (bouillons, potages). Cinq heures soir, température, 37 degrés. Pools, 96. A uriné dans la journée.
Du lâ au 18, alimentation graduelle. Température, de 36*|5 à 37 degrés.
liC 18, envoyé en convalescence.
Telles sont nos observations. II est probable qu'un arguuientaleur habile aura vite fait de les passer au creuset de
Il semble qu'il y ait là un oubli à réparer, et je crois la chose possible, car c'est évidemment à lui que s'applique une indicalion bibliographique, que je lis dans le précieux livre de H. Pauly (Bibliographie des sciences médtcaleSj p. 200]) à la section (tes biographies individuelles, et qui est ainsi conçue : Boxhorn, Oratio funebris in eaceessum Adriaani Fakkenburg. Lugduni Batavorun, 1650, in-4*. Hais il est probable que l'opuscule est d'une très grande rareté, carl'érudit conservateur de la Bibliothèque nationale ne le cite aue diaprés la citation qui en est faite dans la Bibliographie biographique universelle d'Ottinger. Il résulte de ce renseignement que Ad. Falckenburg, comme Riolan et 0. Heurnius, vivait encore quand le livre parut.
Permettez-moi, avant d'arriver enfin à ce qui est le vrai motif de cette lettre, d'ajouter encore un dernier mot à ce hors-d'œuvre bibliographique que j'ai, un peu subrepticement, j*en fais l'aveu, imposé à vos lecteurs, avec la satis-
l'éliminalion, de démontrer. qu'ejUs sont une preuve des plus puissantes à l'appui de la doctrine cuprique. On n'ira toutefois pas nous dire qn'il s'agit de sujets chez lesquels l'alcoolisme vient détruire les heureux effets du cuivre. Un de nos cinq malades est un alcoolique renforcé, mais trois autres sont sobres, le dernier se livre seulement à quelques exc^s espacés. Dans bien d'autres professions on en trouvera autant, sinon plus, et on n'ira pas en conclure que, ces professions créant une immunité, les alcooliques seuls n^en bénéficient pas. Quant à aller affirmer que le cuivre a une influence favorable, puisque des cinq observations il y a quatre guérisons, il ne faudrait jhis trop se hâter de le faire. Il faut tenir compte des variations souvent imprévues que l'on constate dans les statistiques locales : ^exemple, i n'examiner que ce qui s'est passé à Sainl-Louis, on conclurait que les deux sexes ont été également frappés dans la dernière épidémie, ce qui est inexact d'après tes relevés de H. Rivière. II serait donc nécessaire de voir ce qui s'est passé en ville et dans les autres services hospitaliers; on pourrait arriver ainsi à des chiffres suffisants. Ce que nous avons observé nous montre simplement que le choléra, léger ou grave, attaque fort bien les ouvriers en cuivre, et nous ajouterons même que les ouvriers en métaux autres que le cuivre ont été à Saint-Louis moins nombreux que les premiers. D'autre part, si tant est que l'immunité existe, elle serait bien précaire, puisqu'un mois d'Interruption dans le travail suffirait pour la faire cesser (Landrin, obs. Y). Cela est peu en rap • port avec ce que nous savons sur la lenteur que les métaux mettent généralement à s'éliminer : un saturnin ne cesse pas de l'être pour avoir chômé pendant un mois.
Nous prévoyons enfin une objection : pour imprégner l'organisme et conférer l'immunité, il faut l'absorption de poussières de cuivre. Cela n'existe certaineoient pas dans les observations I et V. fiurq insistait sur ces fameuses poussières; de là une conclusion thérapeutique toute naturelle : pour se préserver il faut porter une ceinture de enivre sur la peau. C'est là la première précaution à prendre. Si la poussière et son absorption ont un rôle si considérable, on devrait, en outre, conseiller aux malades, ou plulOt aux personnes qui désirent ne pas le devenir, on devrait leur couseillei de s'occuper de temps à autre h passer une lime sur le métal de leur ceinture. Et pourtant, sans aucun limage, la simple application du cuivre sur la peau est, paralt-il,un préservatif puissant. Nous avons été heureux d'apprendre qu'au dire de H. Maillot, lors d'une violente épidémie qui régna au
faction qu'éprouvent, en pareil cas, tous les fureteurs de livres, et tout simplement parce que ces notes, que quelques bibliomanes voudront bien peut-être ne pas regarder comme inutiles, n'auraient pu trouver place ailleurs.
Au verso du titreest on boau portrait de Thomas Bartholin, représenté dans un cadre aux angles duquel ou Ut: a' HDcxuv -— œtat. xxm — Casp. F. — T.FiwA. nep,— On savait déjà, ne fât^e que par son épitaphe, que sa mère s'appelait Anna Finck; mais, de plus, nous apprenons ici quil était par là, le neveu du fameux professeur danois Thomas Finck, cet homme d'une activité prodigieuse, qui parcourut toutes les écoles célèbres de l'Europe, publia une quantité considérable de livres el de dissertations, enseigna avec les
filus grands succès, pendant soixante-cinq ans, Tanatomie, es mathématiques et l'éloquence, dota la ville de Copenhague d'un amphithéâtre d'anatomie, et mourut à quïtre-vingtseize an8,chanré d'honneursel de gloire autaiit V^J^^^^K en laissant après lui, ainsi que 80pil{i*â^(ii^Kd:sunf^wiv
Iti Janvikr 18tô
Japon, en 1879, presque *tous les habitants d'Ikouno portèrent des ceintures de cuivre et qu'aucun n'eut le clioléra. Gela pourrait prouver que la doctrine de Bùrq n'a pas été suflisainment développée. Puisque quelques habitants d'Ikouno, réfractaires aux principes de la saine hygiène, se soDt refusés à s'entourer Tabdomea d'une lame de cuivre, on serait presque tenté de formuler le précepte suivant : en temps d'épidémie cholérique, si vous voulez vous préserver, ornez vos voisins d'une ceinture de cuivre. On répondrait cependant, avec quelque apparence de raison, que, si Ikouno a été préservé grâce au cuivre, ce métal n'est pour rien dans l'immunité inexpliquée mais incontestable, dont certains villages, boui^ ou y'iMes ont constamment joui an milieu de régions où le choléra sévissiail néanmoins avec intensité.
A. Broca,
interne dus bàpilaux.
TRAVAUX ORIGINAIIX
De l'ikfisction tubbrcdleose par la voie génitale (1). Extrait d'un travail lu à la Société médicale des hôpitaux dans la séance du 20 décembre 1884, par H. Ch. Fernet, agrégé de la Faculté de médecine, médecin de l'hôpital Beaujon.
Quand on veut rechercher les voies et modes de pénétration du parasite tuberculeux dans l'organisme, c'est aux premières phases de la maladie qu'il fout s'adresser, aux premiers accidents par lesquels elle se traduit, à ce moment où souvent elle est encore locale. Si l'on remontait avec soin dans les accidents des tuberculeux, nul doute au'on n'arrivât quelquefois à trouver quelle a été la povle d'entrée de la maladie et peut-être reconnattrait-on qu'avant d'envahir des viscères importants, elle s'est manifestée par quelque lésion périphérique qui a été le point de départ de tout le mal, le lieu par où le parasite a pénétré dans Toi^anisme. L'étude de la tuberculose s'est peut-être trop absorbée pour les médecins dans celle de la tuberculose pulmonaire ; ceUe-ci est devenue dans la clinique le critérium qui, au moins chez l'adulte, semble nécessaire pour laisser admettre la nature tuberculeuse d'autres maladies. La règle formulée par Louis est devenue une loi : < Après quinze ans il n'y a pas de tu-
(I) Ce trinil renferme, en ootre, ud prëemlnile sur la nature parasiriire et l'ëUol«gie de h toberculoM «iiiii qM du piècas. juMiSMlivea. (V(»y. dans las Bul- Ulias do la SocIM.)
hercules dans un organe s'il n'y en a pas dans les poumons. * Cette règle est généralement vraie, cela est incontestable, mais elle n'implique nullement ^ue la tuberculose commence toujours par le poumon ; on sait de reste aujourd'hui qu'il y a un bon nombre de tuberculose» locales qui peuvent précéder la tuberculose pulmonaire. Me conviendrait-il pas de modifier la loi de Louis en disant que le développement des tubercules dans un organe quelconque aboutit presque toujours à la tuberculose pulmonaire? Ce qui s'explique quand on sait que le poumon est l'aboutissant commun des maladies migratrices.
Les portes d'entrée de la tuberculose sont sans doute nombreuses : outre les voies aériennes nui paraissent être les plus ordinaires, il y a encore les voies digestives, il y a l'enveloppe cutanée dont plusieurs maladies sont connues auiourd hui comme étant de nature tuberculeuse, il y a enfîn les voies génito-urinaires qui peuvent être (c'est un fait établi depuis longtemps) le si^e de tuberculoses qui s'y développent primitivemejit et qui parfois y demeurent longtemps localisées.
D'oà vreniienf ces tubertulosesr géflritales -pfuMiliTes? Na seraient- elles pas dues A la contagion dans les rampons sexuels? Il est rationnel de le supposer, il faut du moins le rechercher. Déjà Conheim {La tuberculote au point de vue de Vinfection, trad. de Musgrave Claye, 1882) a nettement formulé cette théorie : •; Il est au moins admissible, dil-il, qu'un homme puisse, pendant le colt avec une femme atteinte de tuberculose utérine, contracter lui-même une tuberculose uréthrale ; et c'est assurément, ajoute-t-il, une question qui mérite d'être étudiée que celle qui consiste k rechercher si un homme, atteint d'une tuberculose du poumon ou de tout autre organe, ne peut pas, par l'intermédiaire du sperme, au cas bien entendu où le virus tuberculeux passerait dans le liquide séminal, transmettre la maladie à la muqueuse génitale de la femme. » L'année suivante, le professeur Verneuil reprenait la même idée (1), et avec cette claire vue que donne l'habitude de la philosophie médicale, il indiquait toute la théorie de la tuberculose génitale par contagion directe, il développait les arguments nombreux sur lesquels on peut l'appuywet il traçait le plan des études à suivre pour éclairer les différents points ae vue de cette théorie. Dans ce travail, la question est admirablement posée, mais les faits manquent (Verneuil n'en rapporte qu'un) (2); aussi la conception de Verneuil n'a-t-elle été acceptée que comme nue hypothèse ingénieuse reposant en-
(1) Vemeiin. HtpotMte iur etritine ie etrtûi»aM€re»UiOiet f Mloln 4»mM la deux texa {GûMUe htbditmaéaire, ISS3, p. 9SS).
(S) Dans an tratait r^ant, Tait êoat l'IaspiraÙoa du profeauiir Vemenil, M. Verchèro a expoië de nouvrau la théorie de son niatire et a rapporté deux wMVello* obiervationa qoi lui paraimiit CMAnualivea d« ceUe thcoriu. (VercUra, B«ë p9rtu d'entrit de te ttAerculM*, ihbio inaug., Pirii, 1881, p. 8().
comme père, aïeul, bisaïeul et trisaïeul, soixante- dix- neuf descendants en ligne directe.
Mon exemplaire, ai-je ditptushaut, est enrichi d'un grand nombre d'annotations manuscrites, qui en font tout le mérite. Voyons d'abord la première qui n'est ni la moins précieuse ni la moins intéressante. En bas du titre se trouvent, d'une belle écriture, soignée, ({ai à première vue paraîtrait plus moderne , les trois lignes suivantes :
Ex libris Francisci Sauuin medici Dono Joannis Riolani hic depicti Amio 1647.
Inutile d'expliquer que les mots Aie d^icti se rap|}orlent au petit portrait gravé an-dessus de ta dédicace. Ainsi le volume a appartenu à Jean Riolan, qui l'a donné en 1647 è François Sauvin. Ce François Saiivin, auquel, je ne sais pourquoi, les biographes, et le Dictionnaire encyclopédique luimême ne font pas l'honneur d'une mention spéciale, n'est
pourtant pas inconnu. Ce fut lui qui en 1652 publia, à Paris, une traduction française de YEncheiridium anatomicum et pathologicum dont Riolan avait donné la première édition à Leyde en 1649, et qui en eut depuis au moins quatre autres en latin, dont une à Paris. Ce rut lui aussi qui traduisit en français les œuvres chirurgicales du savant B&lois Wurtzius, Félix Wurti, le contemporain d'Ambroise Paré. François Sauvin somme d'ailleurs s'être, avec une certaine
firédilection, occupé de répandre les œuvres des autres, si 'on en juge par la note suivantequej'ai recueillie dans un privilège placée la fin d'un robuste in-folio contenant les œuvres de Jacob Houillier (Jacobi Hollierii Stempaoi [c'est-à-dire d'Etampes] opéra omnia practica, 1664), enrichies des scholies de l'antenr, des enarrationes et annotationes de Louis Duret, des exercitationes d'Antoine Valet, et enfin des schoiiœetobsermtiones de J.ilautin : t Louis, par
la grftce de Dieu, etc Noslrebien amé François Sauuin,
docteur en médecine, nous a fait très humblemenlfemonstrer
16 Janvier 1885
core sur des faits trop ÎDcomplètement étudiés (1), et dernièremenl H. VaUia nous disait, dans son remarquable rapport, que la question était nouvelle et encore indécise.
Tai été moi-même amené à cette étude par les recherches que je vous ai communiquées sur la tulmulose péritonéopleurale ; j'avais supposé que ceUe forme de tuberculose avait, au moins quelquefois, son point de départ dans une tuberculisation des organes génitaux ; et recherchant alors d'où cette dernière pouvait elle-même provenir à litre d'accident primitif, j'ai été conduit aussi à soupçonner la possibilité a'wïf. infection directe par les rapports sexuels.
Depuis un an, je me suis occupé de cette question : je me suis astreint k interroger et à examiner complëlement presque tous les tuberculeux qui ont passé dans mes salles ahttpital et j'ai rencontré un certain nombre de ces malades qui présentaient des lésions tuberculeuses des organes génitaux; mais parmi eux je n'ai retenu que ceux dont la maladie génitale était primitive ou si manifestement prédominante, qu'elle était, suivant toute probabilité, la première localisation. Restait k établir la pénétration de la maladie par la voie géiMe - r 'pour cela 1 -interrogatoire minutieux des malades su^ les rapports sexuels m a quelquefois donné des résultats positifs, et dans ces cas j ai été conduit à l'opinion (que vous partagerez peut-être) que la contagion directe était la cause, au moins très probable, de la maladie.
Permettez-moi de vous communiquer quelques observations dont je ne donnerai ici qu'un court résumé.
Je citerai d'abord l'observation d'une jeune femme de vingt-cinq ans (obs. [) qui est venue se faire soigner dans mon service au mois de février dernier et qui était atteinte de tuberculose génitale et de quelques autres manifestations
f»eu avancées de tuberculose. Bien que sa mère soit morte de a poitrine, qu'elle-même ait été atteinte dans son enfance de quelques gourmes et qu'à Tâ^e de la puberté elle ait eu quelques troubles dysmenorrhéiques, elle était cependant a*une bonne santé et présentait les apparences d'une constitution asses forte. A partir de l'âge de vingl-deux ans, notre malade vécut maritalement avec un homme (le seul qu'elle ait connu) qui était malade de la poitrine et qui Ta quittée au bout de deux ans pour aller se faire soigner dans son pays, où il est mort pendant le temps même que la malade a passé à l'hêpitat. Or depuis ces relattous, elle eut fréquemment des leucorrhées et plusieurs fois des poussées de vulvo-vaginite, et en outre, Van dernier, au mois d'août, une première atteinte de pelvi-péritonite. Ce furent là les premiers accidents de la maladie actuelle ; la maladie aurait donc commencé par les organes génitaux. Au moment de
(1) DeboTO, Ltf. clin, et thirap tur la tuberculose paratitaire. Paris, I8â4, p, 18.
l'entrée à l'hêpital, nous constatons l'existence d'une vaginite et d'une pelvi-péritonite tuberculeuse; nous trouvons en outre des signes de tuberculose commençante du ooumon, de la langue, un peu plus tard de l'oreille. Pendant le temps que la malade a passé à ThApital, nous avons assisté h un épisode complet oe pelvi-péritonite ou d'adéno-phlegmon tuberculeux, terminé par suppuration ; te pus s'est fait jour dans la vessie d'abord, puis dans le vagin : l'examen microscopique de ce pus y a révélé la présence de quelques bacilles dont les caractères cependant ont laissé quelques doutes. Après diverses péripéties sur lesquelles je n'insisterai pas, i'étal de la malade s'améliora; sous l'influence de la suralimentation, elle reprit des forces et de l'embonpoint et, après un séjour de quatre mois dans nos salles, elle put sortir de l'hApilal dans un état très satisfaisant.
Voici une seconde observation (obs. il) qui n'est pas sans analogie avec la précédente II s'agit d'une femme négresse âgée de trente ans, qui est entrée dans mon service au mois d'avril 1884. Cette femme, venue en France dans sa jeunesse, s'était toujours bien portée et avait une bonne constitution. Elle entretient des relations avec un homme, un blanc dont elle a trois enfants, le dernier il y a un an ; or cet homme était tuberculeux et meurt de la poitrine il y a six mois. Elle-même souffre depuis trois mois de troubles utérins et péri-utérins, elle inaigrit et a des accès de Oèvre tous les soirs. Elle entre À l'hôpital et nous trouvons un vaste adéno-pblegmon tuberculeux occupant la partie droite des annexes de l'utérus, et de plus dans le sommet du poumon droit quelques signes suspects de tuberculose commençante. La malade est soumise au repos et à un traitement dont un régime reconstituant est le principal moyen et après un séjour de plus de trois mois elle peut sortir de l'hôpital très améliorée.
Je citerai, d'aulre part, l'observation d'un homme de vingt-neuf ans (obs. III), qui est venu à deux reprises différentes dans mon service pour une phthisie pulmonaire et laryngée; la dernière fois, c'était au mois d'avril dernier, et le malade faisait remonter le début de sa maladie à deux ans. Comme à cette époque je faisais des recherches sur la tuberculose génitale et que tous les tuberculeux de mon service étaient examinés à ce point de vue, on découvrit chez lui une tuberculose génito-urinaire déjà avancée, caractérisée par des noyaux caséeux de l'épididyme avec engorgement des ganglions iliaques et par des urines albumineuses. Le malade n'appelait pas l'attention sur ces organes, parce qu'il n'y éprouvait aucim trouble, et cependant il s'était a^enu depuis deux ans de ces grosseurs du testicule droit et il les attribuait à une orcbite qu'il se serait donnée en toussant. La maladie génitale était donc au moins contemporaine de la maladie pulmonaire et lui était peut-être anlé-
qu'il a reconuré an manoscript intitulé : J. Hautin, doct. med. Paris. Commentarii et ob$ermtion. in ^raxim Hollerii et Duretif leauel manuscript il désirerait faire imprimer avec la praclique audit Hollier, etc... 22 novembre 166i2, signé : Pucelle, > et au-dessous : <r Et le dit sieur Sauuin a cédé et transporté le droict de son privilège à lacques Dallin, marchand libraire, suiuant l'accord fait enir'eux. i
Les marges du volume contiennent un très grand nombre de courtes notes, qu'on croirait tout d'abord dues à deux mains différentes ;mais, en y regardant de près, on s'aperçoit qu'elles ont simplement été inscrites à deux reprises ; une
[ première fois rapidement, et sans souci de la difficulté à es déchiffrer, dilucnité qui est souvent très grande et même insurmontable pour les paléographes qui n'en savent pas plus long que moi ; une seconde fois, au contraire, les annotations ont été émtes avec grand soin, évidemment en vue d'une tierce personne dont on tenaità ménager lesefforts. Ces notes, de la même main que la dédicace du titre, sont dues à Riolan
lui-même. Je n'en donnerai qu'une preuve, parce qu'elle est péremptoire. En parlant des rapports de la rate avec les
» avec le diaphragme, [ce que nie Fernel, et ce eh quoi il est » inexcusable, à moins que nous n'admettions qu'il ail voulu » parler du centre du diaphragme; là, en effet, il n'y a pas > d'adhérence, lieet eonlrarius sit Miolanus] (i). » Eaface de ces quatre mots soulignés à la plume, on lit : non h^c dixi. Riolan ajoute : Femelius vere scripait, ce ^ui éfeiilt ou moins inutile, puisque Bartholin signalait avec raison VeKiprtence d'un ligament phréno-splénique.
A quelques paragraphes dedistance, je lis : < Ordinairement,
<1) Dani le texte lalin, lea partial eDtre crocliau lont les addilioiia faite, par Thomas Bai Hiolin à l'œutjrfc^içpbBè^g^Oil^^ particularité dana l«8 citationi. j ^
— fl. 3 -
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rieure. Les lésions trouvées à Tautopsie semblèrenl confirmer celte opinion : outre les noyaux caséeux de l'épididyine, on trouva des lésions tuberculeuses avancées des deux reins et d'un des uretères, et ces lésions paraissaient plus anciennes que celles dont les poumons étaient le slë^.
Je terminerai, enfin par une observation (obs. IV) qui est Fexemple le plus complet que j'aie rencontré et celui qui m'a paru le plus net r^latlvement à révolution des accidents. 11 s*8git d'unhommede trente-septans qui entra dans mon service au mois de février dernier, atteint de tuberculose péritonéopleurale et pulmonaire. Cette maladie remontait déjà à quelques mois : il avait commencé par maigrir et par perdre ses forces et son appétit ; puis il avait eu des fièvres vespérales et enfin il avait toussé et éprouvé divers troubles abdominaux . Les signes que nous constatâmes directement au ventre et à la poitrine ne nous laissèrent pas de doute sur l'existence d'une péritonite tuberculeuse et d'une tuberculose thoracique encore peu avancée. En présence de ces accidents, nous sommes conduit â Texamen des organes génitaux (sur lesquels le malade n'attire nullement ratlention) et nous constatons dans l'épididyme droit deux noyaux durs de lagrosseur d'un pois. Le toucher rectal montre eu outre que la proslale est normale, mais que le vésicule séminale droite est dure, bosselée et un peu douloureuse. Le canal déférent droit est lui-même dur et augmenté de volume au niveau du canal inguinal. Enfin l'exameu de la fosse iliaque droite fait très nettement reconnaître l'existence d'une chaîne de ganglions engorgés et volumineux. On ne trouve rien de comparable du côté gauche. Ën poussant encore plus loin l'interrogatoire, on apprend que le malade a eu, il y a quatre ans, un premier écoulement uréthral, puis deux autres dans l'espace de dixhuit mois ou deux ans : ces écoulements, survenus à la suite de rapports sexuels avec des femmes dilTérentes, ne duraient guère qu'une huitaine de jour^ et se passaient sans traitement; pas d'orchite. Il n'est pas possible de préciser exactement l'époque du début des tubercules épididymaires : le malade croit'les avoir depuis longtemps, il déclare cependant que leur apparition est postérieure à sa dernière biennorrhée.
{A ftuiire.)
PatlM»k^i« laicme.
Des MtTRITBS GONSËCHTITIÎS aux injections HTPODEnilIQUES
d'éther, par M. le docteur Arnozan, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Bordeaux.
(Fin. — Voy. le numéro 2.)
IL — Recserches de l'action de l'éther sur les nerfs.
Les premières recherches que nous avons tentées expérimentalement ont eu pour but l'étude de l'action directe de l'éther sur les nerfs. Celle action peut être étudiée de plusieurs façons et à divers points de vue. Si l'on s'attache particulièrement aux phénomènes physiologiques, on recherchera quelles sont les modifications apportées par le contact de réther, dans les réactions sensibles et motrices du nerf luimême ou des organes auxquels il se distribue. D'autre part, on pourra étudier quelles sont les altérations chimiques et histologiques déterminées pai',. ce, contact dafis la siruclure des tubes nerveux. Nous avons essayé ces' modes , variés d'exploration.
Au point de vue physiologique (1), nous avons, à plusieurs reprises, répété l'exp^érience suivante, et toujours avec les mêmes résultats : Mise à nu du sciatique d'un cobaye ; isolement de ce nerf sur une petite plaque de carton dans l'étendue de 1 à 1 1/2 centimètre, sans interrompre sa continuité ; instillation goutte à goutte d'éther sulfurique sur la portion isolée du nerf pendant trente minutes. Dans tous les cas l'animal qui, au début de rinstillation, manifeste par ses cris une vive douleur, cesse de se plaindre et de s'agiter au bout de quelques minutes, et on constate bientôt que le nerf est insensible à l'application des courants faradiques, à Texcitation mécanique, à la piqûre et en général à tous les excitants quij avant l'expérience, provoquaient des souffrances vives; qu'il ne se produit plus, sous l'influence de ces excitants, aucun mouvement ni dans les autres membres, ni dans la patte tributaire du nerf éthérisé, que la sensibilité est abolie dans le territoire de ce nerf, qu'il en est de même de la motricité.
Les jours suivants, l'animal, dont la plaie a été suturée, présente un état général satisfaisant. Une fois cependant il est resté abattu, s'est refroidi peu à peu et est mort au deuxième jour. La plaie cicatrise rapidement. Mais la paralysie sensitive el motrice persiste.
(1) ToalM ni» cspërieiieet et nos examei» liialol^iques onl éU fait* en collaboration avec M. Salvat, étndianl en médecine, que nous ne aauriont trop renerclor de «on cou cour* et <|ui va aouteuir sur le toéme sujot aa Ihôte fnaugw^'i tous ces r«iu seront relatée am plus de d^Uila et eompUtéé par dea «efcercbea parsonnollaa. Les r^auKata ont ilo tucceaaivwaent coiamun^ué* à la Socldtd d'anatoroie et de ptayaltA^le de Bordeaux.
il n'y a qu'une rate, rarement il y eu a deux, ce qu'a signalé Arislote {De générât, animal, c. iv }, puis Posthms à Montpellier et Panarolus à Rome. » Le premier est sans doute JeanPoslbius (1537-1597), qui vécut longtemps à Heidelberg, et publia divers travaux sur rauatomie et la pathologie. Quant au second, c'est encore un de ces dédaignés auxquels le Dictionnaire encyclopédique, trop grand se^neur à mon avis, refuse toute hospitalité. Je n'ose guère lui en faire un crime, carRiolan lui-même,son contemporain, ne le connaissait pas. Quis Panarolm ? écrit-il en marge. Dominique Panaroli professait alors à Rome l'anatomie, après y avoir enseigné la botanique; il y mourut en 1657, 1 année de la mort de Hiolan.
Quand on a parcouru les nombreuses et brèves annotations dont sont constellées les maires de ce petit volume, on éprouve une impression étrange. On y retrouve comme un écho de ces luttes passionnées, de ces &pres discussions, de ces ardentes compétitions quianimaientle monde savant, pendant
cette premiëremoitiédu dix-septième siècle, qui fut si féconde en travaux de tous genres et qui vit l'anatomie el la physio-' logie s'enrichir des plus brillantes découvertes, la circulation du sang, l'existence et le rôle des vaisseaux chilirëres et lymphatiques, la théorie de la nutrition, etc., etc.
Mous avons précisément ici en présence deux adversaires décidés: Bartholin était partisan convaincu des doctrines et des idées nouvelles ; il échappait sans regrets à l'influence tyrannique des doctrines galéniques ; Riolan était un défenseur tellement fanatique de la traailion et de l'esprit d'autorité, que lui, anatomîsle zélé et laborieux à qui l'on doit des descriptions si netteset si précises, qui voulait que les dissections fussent le fondement de toute étude, et proscrivait dans ce but, jusqu'aux planches d'anatomie, refusa toute sa vie d'admettre les grandes découvertes de Harvey et de Pecquet.
Si nous ne savions pas, par la lecture des écrits du temps, jusqu'à quel point l'urbanité la plus élémentaire faisait alors défaut dans les querelles passionnées des savanls^, nous en
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A l'antopsie, qui a été faite toujours du deuxième au sixième jour, on n'a jamais rencontré ni supj^uration, ni aucune trace d'inflammation au niveau de la plaie. Souvent, sinon toujours, le nerf est un peu rouge et injecté dans les
S oints où il a subi le contact de l'éther, et l'on ne voit pas 'autre lésion macroscopique. Mais, si le nerf est examiné au microscope, après immersion de vingt-quatre heures dans une solution à 1/100* d'acide osmique, on découvre toujours une névrite parenchymateuse intense. Dès le second jour, la segmentation de la myéline en boule est complète au niveau du point éthérisé. Celle névrite s'étend à toute la partie périphérique du nerf. Chez tous les cobayes mis en expérience, ces résultats ont été absolument constants.
Malgré l'intérêt qu'elles peuvent oÎTrir, ces observations ne suflisent pas encore à éclaircir le problème que nous nous sommes pose au début, c'est-à-dire la pathogénie des paralysies consécutives aux injections hypodermiques d'éther. Les conditions ne sont pas les mêmes en effet : le nerf mis à nu et soumis aux instillations éthérées se trouve sujet à deux influences qui n'existent pas dans les injections hypodermiques : d'une part k l'exposition à l'air, d*anlre part au refroidissement' intense produit par l'êvaporation de' l'éther versé goutte à goutte. On pourrait penser, à la rigueur, que c'est l'une ou l'autre de ces influences qui, dans nos précédentes expériences, a la part principale dans la production de la névnle.
A vrai dire, l'action de l'air n'a pas d'importance; sur un cobaye, on met à nu, on isole et l'on soulève, à l'aide d'une plaifue de carton, le nerf 8ciatli]ue comme pour l'éthériser; mais on se contente de le laisser à l'air liore pendant une demi-faeure, puis on le ûiase retomber à sa place et on suture la plaie. Le membre correspondant est d'abord peu sensible, peu agile, mais il retrouve rapidement toutes ses propriétés nerveuses; on les voit, pour ainsi dire, se développer à mesure qu'on l'explore, et dès le lendemain il n'y a plus trace, à ce mint de vue, de l'expérience de la veille.
L'action du refroidissement est bien plus intense et bien plus durable, et, comme il arrive souvent que, au bout d'une demi-heure d'instillation d'éther, les abords de la plaque de carton sont entourés de givre, il est évident qu'on n'a pas le droit de ne pas tenir compte du facteur température. Pour bien préciser quelle peut être son action^ des fragments de glace ont été maintenus pendant une demi-beure en contact avec le nerf sciatique ; il s'est développé consécutivement une série de phénomènes réalisant dans leur ensemble le type le plus complet de la névrite : paralysie motrice, anestnésie, ecchymoses, eschares. Les troubles moteurs ët sensitifs ont été d ailleurs de courte durée ; les troubles de nutrition se sont prolongés beaucoup plus longtemps. Si, après avoir sacrifié l'animal, l'examen nîstologique n'a pas révélé de névrite, c'est
trouverions U preuve sur les marges du volume. La brièveté inéme des notes éveille souvent dans l'esprit l'image d'une véritable altercation. Ce qui apparaît surtout avec éclat, c'est la préoccupation d'incessantes revendications. U est des pages où l'on trouve jusqu'à cinq ou six fois l'annotation : Ex Riolano. Il est à remarquer (^ue ces revendications s'adressent surtout aux additions faites par Thomas Barlholin à l'œuvre de son père. Quant à la critique des opinions qui ne sont pas les siennes, Riolan les fait sommairement, et sans phrases. J'ai trouvé quatre ou cinq fois le mot error, inscrit dans les marges, c'est par centaines que l'on y rencontre les expressions comme falsum, inepté; les planches ellesmêmes sont l'objet de semblables remarques : inepta figura^ inscrit Riolanàcùté d'une planche qui est censée rewésenter l'épiploott. Quelques annotationssonlparfoisdesplusDÎzarres. Bartnolin (p. 49), à propos des dimensions de l'estomac, dit d'abord : magnitudo variât, [communiter fœminis quam maribus minor, ut utero crescenti locus detur]\ puis il
sans doutp parce que la longue survie qu'on avait laissée au sujet (cinq mois et demi) avait permis la régénération. Les phénomènes morbides avaient d ailleurs, à ce moment, complèleinent disparu.
Le froid déterminant les mêmes phénomènes que l'éther instillé, et l'instillation d'éther déterminant elle-même un froid intense, nous n'avons retiré de ces expériences aucune notion positive sur le sujet qui nous occupe. Avant d'aller
filus loin, nous avons tenu à vérifier quelles pouvaient être es conséquences de l'action chimique de l'éther sur la myéline ; pour cela, un fragment de nerf pris sur un animal récemment tué a été plongé dans l'éther pendant une demiheure, puis passé par l'acide osmique et dissocié. Il n'y avait pas d'altération très appréciable de la myéline à l'examen microscopique.
111. — Injections d'étheb chez les animaux. Constatation des névrites.
Pour arriver à l'interprétation exacte des paralysies observées en clinique, le procédé le plus simple était de placer l'animal clans les mêmes conditions qu'un malade et de lui faire une injection d'éther soit sous-cutanée, soit profonde. Cette expérience a été reproduite un grand nombre de fois, soit chez le cobaye, soit chez le lapin, et nous pouvons compter plus de vingt membres d'animaux chez lesquels cette petite opération a été pratiquée. Chez le cobaye, ta quantité d'éther employée pour chaque injection était de 1/z centimètre cube; elle était de 1 centimètre cube chez le lapin. Les résultats ont été les suivants, an point de vue des phénomènes nerveux locaux.
L'injection sous-cutanée a été quelquefois suivie d*anesthésie du membre au-dessous du point piqué, quelquefois d'une paralysie motrice étendue à plusieurs muscles, quelquefois il n y a rien eu d'appréciable. Les phénomènes, en un mot, ont été variables. Dans les cas où il y a eu des troubles sensitifs ou moteurs, ces troubles ont été instantanés; en général, il ont été passagers et ont disparu dans les premiers jours qui ont suivi.
L'injection profonde, faite aveuglément au milieu de la masse charnue des membres et pénétrant soit au sein même des muscles, soit dans leurs intervalles, a été conêtamment suivie d'une paralysie motrice. Cette paraljrsie, développée dans les quelques minutes c|ui suivent riigeetion, affecte plusieurs muscles, quelquefois, et même le plus souvent, toute une région du membre opéré; elle ne remonte pas plus haut que le point de la piqûre; elle atteint en peu d instants son complet développement et ne s'étend pas altérienrement à d'autres muscles. Quelquefois, au contraire, elle tend un peu à se restreindre; mais en règle générale elle conserve,
ïyouie que, chez les gourmands et les buveurs. Use développe au point qu'on peut le palper presque comme à nu. Riolan, pour signaler une contradiction dans ce passage, oppose en marge cette remarque peu galante:/œmtn/et}oraciorfis viris f Parfois même il va jusqu'à dénoncer les intentions et les opinions de l'auteur sur des questions plus scabreuses, en raison surtout de l'époque où ceci se passait. G. Barlholin termine le chapitre consacré à l'hymen par des notes sur les circonstances qui peuveut amener sa rupture accidentelle ; Th. Bartholin y ajoute sur les difTérenls cas où la membrane oppose une résistance tardive, une note qui se termine par cette observation d'une opportunité qui semblera assez douteuse: nêc hoc conctptioui Salvatoris quidquamofficit, guamasserimus sine Aorum aliquo faclam. Riolan ne se contente pas de riposter par une scholie en bonne forme; il la surchai^e en plus gros caractères, de cette^postrophcL: nota impietatem ! La leçon est assez ■nj4,v^itf(^lfl(l3^fl^ de celui qui, parfois fort licencieux ttr^ emC^rti^^^
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sans les dépasser, les limiles qu'elle a eues dès le prin~ cipe.
Ses caractères sont les suivants : perte complète de U rooiricité volontaire et réflexe, abolition précoce de la contraetilité faradique, réaction de dégénérescence de Erb dès le troisième jour ; ce sont, en un mot, les signes lus plus nets, les plus accentués des paralysies périphériques graves.
La sensibilité est très souvent compromise ; dans ces cas, elle Test sur une plus grande étendue el d'une façon plus durable qu'à ta suite des injections sous-cutanées. La survie que nous avons laissée à nos animaux n'a pas été assez longue pour que nous ayons pu étudier la question des troubles trophiques d'une façon complète, en particulier celle de Tatropbie musculaire. Un cobaye cependant a présenté une eschare ait talon au bout de douxe jours. Cette eschare a guéri spontanément.
Les pnéDomènes ont été les mêmes aux membres supérieurs et aux membres postérieurs.
Que deviendraient ces paralysies abandonnées à ellesmAmesf Peut-être guériraient-elles spontanément, mais dans «n temps très long* L'applicaiion des courants gaManjques améliore les phénomènes et abrège leur durée.
Il serait superflu de citer au long toutes les expériences. Elles se ressemblent toutes el ne diffèrent pâr aucun détail essentiel de c«lie que nous donnons ci-jointe. Du reste, le lecteur qui s'intéresserait à ces faits pourra les trouver tn extemo dans la thèse de M. Salvat (Bordeaux, 1884).
Obs. — 1/S cenlimètre cube d'étber est injecté profondément dans l'épaisseur de chaque membre postérieur d'un cobaye, à peu
Srès sur le trajet des scîatiques. L'animal ne maaifesie aucune ouleur. Les pattes injectées paraissent immédiatement paralysées; cependant, au bout de dix minutes, l'animal est vivement agité; il se roule sur lui-môme, puis ses meinbres postérieurs, deSnitveroent paralysés et insensibles, restent inertes et ne se retirent même pas forsqu'on les pique fortement, alors que la sensibilité du reste du corps est tout à fait normale (17 jain 188i).
Dés le lendemain, on soumet l'animal à des explorations électriquei. Les courants faradiques (charriot de Tripier) ne déterminent de contractions qu*avec un écarlement minimum de 9 ou iO centimètres alors que, malgré un écart de 13, on obtient des contractions avec le même appareil sur un animal intact. La palle gauche est seule soumise & l'exploration galvanique, Télectrodo indifférente étant placée sous le ventre, et l'électrode différente à la paroi moyenne et posiérieure de la cuisse. L'électrode différente étant négative, on obtienl une contraction à la fermeture avec un counml de t 1/3 milliampères et à l'ouverture avec un un courant de 10 milliampères. L'électrode différente étant positive, un courant de i milliampères sumi pour donner une forte contraction à la fermeture; il faut 10 milliampères pour avoir une contraction légère à l'ouTerture.
Les jours suivants, jusqu'au S juillet, on soumet quotidiennement la patte gauche a des séances d'élfcirisation galvanique de
quelques minutes de durée et de très faible intensité; puis on laisse l'animal livré à lui-même jusqu'au 18 juillet et on le sacrifie. A ce moment, on remarque que la patte gauche, la patte traitée, sans être coraolètement guérie, a recouvré auelques-una de ses mouvements; cest elle que l'animal ramène la première, lorsqu'on étend ses deux membres postérieurs; enGn la sensibilité est en partie revenue, tandis qu'a droite la paralysie sensible et motrice ne s'est pas modiOée d'une façMi appréciable.
En résumé, l'expérimentation chez l'animal donne des résultats analogues, sinon identiques, à ceux de l'observation chez l'homme. Dans les deux cas, on voit se dérouler dans leur ensemble le plus parfait les phénomènes de la névrite. L'anatomie pathologique va confirmer d'une façon complète le diagnostic porlê pendant la vie.
A l'autopsie des animaux, si la mort a été retardée au delà de six ou sept jours après rexpêrience, on ne trouve aucune lésion appréciable à rœil nu. Si la mort est plus précoce, le tissu cellulaire, nu niveau de l'injection, est souvent ecchymotique, souvent, aussi, épaissi et d'aspect crémeux, dans une étendue grande comme une pièce de 1 franc. Mais ce qui n'ajamals fait it4fafilt;'c'eSft fe''tiéV('l(e"tft;i' hfei'fïf dont 'les muscles paralysés étaient tributaires. La technique employée a consisté à traiter des fragments de ces nerfs par l'acide osmique à 1/100' pendant vingt-quatre heures, puis par l'eau distillée pendant vingt-quatre heures et à les dissocier ensuite, soit immédiatement, soitaprès un séjourde quelques joursdans l'alcool au 1/3. Après ce traitement, quelques filets grossièrement dissociés ont été traités par le picro-carminate d'ammoniaque pour être soumis ensuite à une dissociation
S lus complète. Nous avons eu le tort de ne pas employer ce ernier procédé avec méthode et régulante, en sorte que bien des notions nous manquent sur 1 état des noyaux de la gaine et du cylindre>axe. Mais notre but étant pltttêt de constater la névrite que d'en étudier les particularités, nous l'avons amplement atteint par les préparations au simple acide osmique. Les résultats, en effet, ne sauraient être douteux. La myéline est segmentée en boules, tantèt d'une façon uniforme sur toute l'étendue d'un même tube, tantêt de la façon la plus irrégulière. Des segments inlerannulaires presque sains sont interposés à des segments profondément altères ou, au contraire, des se^ents absolument vides à des segments peu atteints. La division de la myéline est loin de se présenter partout avec les mêmes caractères : stir certains points, cette substance est réduite à quelques disques noirs de petites dimensions el très disséminés; sur d'autres, elle s'accumule en grosses boules, qui semblent refoulées toutes ensemble sur un seul point du seçment où elles distendent la gaine et forment comme une varicosité saillante sur le trajet du tube nerveux. U est enfin à noter que dans les filets les plus altérés on trouve toujours -quelques fibres qui
ment usé, selon la remarque de H. le professeur L. Le Fort
{Confér. sur RiolanyiSQQ), du droit qu'a le latin de braver l'honnêteté. Il savait fort bien d'ailleurs à quoi s'en tenir sur la prédilection de Bartholin pour les sujets de ce genre, puisque l'année précédente celui-ci avait déjà publié sa dm«rtatio detatereChristiaperto, Lngd. Batav. 1646, 8". On sait qu'il donna plus tard, djns le même ordre d'idées, de Cruce àhristi, kypomnemata quatuor, etc. Hafniœ, 1051, 8°. — Paralytict N (ovi) T{estamenti) tnedico et philologico commentario illustrati, Hnfn., 1653, 4°, sans compter un étrange petit volume de morbis bibliciSy miscellanea medicOy Hafn., 1673, S\
Riolan ne se contente pas toujours de signaler les erreurs de Bartholin; il l'accuse d'ignorer ce qu'il devrait savoir. Les annotations comme : Nota igttorantiaml lanorantia suprmaf ne sont pas rares. Parfois, moins bourru et plus railleur, il se contente d'escorter du mot huoep, nugœt sornettfXy baiivemeit l les passages qui lui semnlenl tenir
de la fantaisie. Bartholin s'avise-t-il d'émettre connue une
opinion nouvelle, l'avis que le cerveau a pour mission de servir de réceptacle aux esprits animaux pro sensu, tandis que la moelle lient en réserve des esprits spéciaux pro motu: Nugœl et pourtant cette doctrine se rapproche singulièrement de celle de Galien, dont Riolan était le partisan si aveuglément fanatique. L'auteur explique-l-il ailleurs (p. 160) comment les vaisseaux du cordon ombilical sont tordus à la façon d'un câble, pour empêcher les plissements
a ni obstnieraient le cours du sang, et comment il résulte e là l'aspect marbré du cordon; itiepta hoc omuia; nota id ridiculum. S'em presse -t-il de lui rendre justice,lorsque, après avoir signalé les appendices graisseux de l'intestin, il ajoute que la description en est due & Riolan et à Spiegel, ut obsercarmt Riolamu et Spigetiuê. Cela ne suiut pas pour satisfaire la susceptibilité du premù^r. Il insiste encore sur ses droits par cette rgm^nyï^^ ^if^^0'f^*ota-
num, etc., etc.
1& Janvier 1885 GAZBTTE HEBDOMADAIRE DE I^ECIKE ET DE CHIRURGIE — N* 3 - 41
échappent complètement à la lésion et dont l'aspect normal tranohe nettement sur l'ensemble de la préparation. Dans des cas plus rares, ce sont les fibres altérées qui sont les moins nomiiraasfls. An bout de quelques jours, les gaines tout à fait vides sont tr^s abondantes.
L*étude jour par jour de ces névrites, de la destruction du cylindre-axe, de la régénération n'a pas été faite ; du moins les expériences instituées dans ce but n'ont été ni assez complètes, ni assez précises pour nous permettre de formuler une opinion sur ces sujets. Nous voulons seulement retenir deux faits : le premier, c est la rapidité extrême des lésions; vingtquatre heures après l'injection, la segmentation de la myéline est aussi avancée qu'au troisième et au quatrième jour après une section complète. On peut s'en assurer en comparant nos préparations avec les figures de Ranvier {Histologie du système nerveux, 1877). Le second, c'est que le traitement par les courants galvaniques semble bâter la régénération. En eomj^arant entre eux les deux nerfs sciatiques de l'expérience citée plus haut, on constate que le gauche contient une {[rande quantité de tubes très grêles et d'asnect normal, au milieu dè fibres Ir^ altérées, alors qve 'le; or^it. ne rienferme guère que ces denuères et peu, très' peu de tubes sains. Ce n'est là qu'une indication, mais elle est de nature à appeler une série inlérfssante d'études micrographiques, physiologiques et thérapeutiques.
La réalité de la névrite et sa constance étant ainsi démontrées, il restait à savoir comment il se fait que l'étfaer injecté au hasard arrive fatalement à intéresser un ou deux filets,
auelquefois un ou deux troncs nerveux. Des injections 'éther coloré au violet de gentiane nous ont permis de constater la très grande diOtisibilïté de ce liquide diins le tissu cellulaire sous-cutané et surtout dans le tissu sous-aponévrotique.Chexun lapin, par exemple, rinjection profonde de 1 centimètre cube d'éther colore a sufn pour imbiber de violet la surface de la plupart des muscles de la cuisse et h former de longnes traînées étendues à travers les surfaces inter-musculaires, d'une part jusqu'au sciatique, d'autre part jusqu'au crural. Il est évident que la quantité d'éther injecté est loin d'être indifférente, et 1 on trouvera à ce sujet, dans la thèse de H. Salvat, une expérience intéressante. Hais il n'est pas possible actuellement de préciser à quelle dose rinlroduction d'éther dans le tissu cellulaire est réellement inoffensive.
En rapprochant les résultats expérimentaux et les faits cliniques, nous trouvons la plus parfaite analogie, on peut dire même la plus parfaite identité. Mode de début des paralysies, caractères des troubles moteurs, réactions électriques, anesthéues, troubles trophiques mime, tout est pareil chex l'animal et ches Thomme; il est rare de trouver une concordance au9si corvplète. Il n'est donc pas téméraire de sup-
poser que ches l'homme comme chez l'animal les injections d'éther produisent des névrites. Au reste, nous venons d*en avoir la preuve anatomo-physiologique : deux malades au service de H. le professeur Pitres ayant dû être ranimés d*un collapsus menaçant par ce procédé, nous avons constaté que le tissu cellulaire sous-culané où les injections avaient été faites était rouge, vascularisé, inOltré de sang, et que les filets nerveux qui traversaient ces foyers inflammatoires étaient atteints de névrite, comme ceux de nos lapins et de nos cobayes.