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IV. — Résumé. Déductions cliniques et thérapeutiques

En résumé, le contact de l'éther avec les nerfs détermine leur inflammation aiguë et cette inflammation entraîne avec elle des paralysies motrices, des anesthésies, des lésions trophiques dans le département des nerfs enflammés. Au point de vue physiologique, il en résulte que l'injection |vofonde d'éther est un excellent moyen d'obtenir des névrites expérimentales et que ce procédé simple et sûr pourra employé à l'avenip-aai» l'étade des léstons-du «ysième nerveux jtériphériaue. Au point de vue clinique, il en résulte que l'injection d'éther n'est pas sans inconvénient. Suivant les préceptes déjà donnés par H. Verneuil, par M. H. Barth, elle doit être peu abondante, ne pas être répétée sur des mêmes points ; elle ne doit être , contrairement au conseil donné par H. Du Castel, poussée que dans le tissu cellulaire sous-cutané et non dans la profondeur des tissus sous-aponévrotiques. Quelle région devra-l-on choisir? Les membres, l'inférieur aussi bien que le supérieur, doivent, à notre avis, être épargnés. Il faut aussi respecter la paroi abdominale. N'f auraitil pas inconvénient, en effet, à paralvser, par une injection un peu trop forte ou un peu trop profonde, les muscles de la paroi, si nécessaires à la respiration ? Les parois latérales du thorax paraissent être la région sur laquelle on court le moins de nsque, celle du moins sur laquelle la névrite a le muins de conséquences fâcheuses. C'est donc en ce point que nous conseillons de fùre les injections d*éther lorsque l'état général du sujet indique l'emploi de ce moyen, aux pro-

Kriétés stimulantes et aux bienfaits duquel on sera toujoui-s eureux d'avoir recours dans les états adynamiques. Lorsque par malheur une névrite aura été produite, surtout si elle atteint un filet nerveux important, le traitement par de courtes séances quotidiennes d'électrisalion galvanique devra être immédiatement employé.

Je n*ftî pas eu la pensée que l'examen de ces notes pût être de quelque sérieuse utilité pour l'histoire des découvertes anatomiques ; Riolan, d'ailleurs, a publiédans ses Antmadversiones ad Institutiones anatomicas Caspar. Bartholini {Opuse. anat.nova, 1649), tout ce qu'il a jugé bon de dire sur le sujet. Néanmoins je n'ai pas cru qu'il fût absolument sans intérêt de donner aux lecteurs de la Gazette hebdoma' daire une idée de ces notes autographes dans lesquelles le bouillant et jaloux Riolan laisse voir toute la brusquerie de son caractère et le sans-faconde sa critique. Je souhaite, mon cher ami, que vous-même, si bon juge, ne soyez pas trop souvent tenté, en me lisant, de mettre en marge, à la façon de Riolan, nugœ, nugœl Dans cet espoir, et pour rester à la mode de l'époque tout ea obéissant à mon sentiment, je termine eelte epltre, irius longue que je ne l'eusse désiré, en vous disant : vah, qui valete d^nus esy et fetiriler vire^ guûd toto animo exoptat

tibi adéietissimuty D' G. Liëtard.

Conseils sanitaibes. — Ed exéculion de la loi du 3 mars 1822, relative i la police sanitaire; vu le décret du 22 février 1876, et notamment l'article 102 gui désijgne les personnes devant, à raison de leurs fonctions, ftiire partie de droit des conseils lanitaires ; TU ravis du comité consultatif d'hygiène publique de Prmnee, le Président de la République décrète (28 décembre 1884) :

Indépendamment des personnes désignées dans l'article 102 du décret du 22 février 1876, font partie de droit des conseils sîinitaires :

Le professeur d'hygiène de la Faculté de médecine, de l'Ecole de médecine de plein exercice, ou de l'Ecole de médecine navale située dans le département;

Le médecin des épidémies de l'arrondissement.

HéPiTAUx DE Marseille. — Le concours de l'internat s'est terminé par la nomination de MM. Wallich, Jacques, David, Delmas et Cotte.

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 16 Jahvibr 1885

SOCIÉTÉS SAVANTES

AcAdAnilc dira aeleMera.

séance du 12 janvier 1885. — présidence de h. boulet.

Influence de la lumière solaire sur la vitalité des OERHES DE MICROBES. Note de H. Duclaux. — Aujourd'hui que le rôle des microbes dans les maladies épidémiques et contagieuses va en s'afTirmant et en se précisant de plus en plus, il est possible, dit l'auteur, de poser et il est utile de résoudre la question de l'inDuence propre du soleil dans la destruction des germes atmosphériques.

Les expériences qu'il a entreprises lui ont montré : 1° que les spores du Tyrothrix icaberj provenant d'une culture dans du lait, et conservés à l'étave, à la lumière diffuse, et k une température toujours voisine du maximum de température obtenu au soleil, n'étaient pas encore stérilisées au bout de trois ans, résistant ainsi à l'action combinée de l'air et à une chaleur sénégalieniie ; â° que les mêmes spores présentaient, au contraire, dès un mois d'insolation, des relards de développement prouvant que leur vitalité était déjà un peu atteinte; au bout de deux mois, deux des ballons sur quatre dans lesquels les expériences étaient faites étaient stériles ; 3" avec des spores provenant d'une culture dans le bouillon Liebig, la progression était encore plus rapide et plus nette.

D'où cette conclusion que la lumière du soleil est un agent hygiénique d'une grande puissance.

Formation des ptomaïnes dans le choléra. Note de M. A. Villiers. — L'auteur a entrepris, au mois de novembre dernier, de rechercher l'existence d'alcaloïdes toxiques dans les organes de deux cholériques morts dans le service de M. Hayem, à Saint- Antoine.

Il a retiré, par la méthode de Slas, un alcaloïde liquide nettement caractérisé par sa réaction alcaline et par ses réactions chimiques, par sa saveur &cre et son odeur d'aubépine. Cet alcaloïde existait surtout dans l'intestin. Les reins en contenaient aussi des traces bien caractérisées. Quant au foie et au sang du cœur, ils n'en présentaient que des quantités à peu près nulles, d'où M. villiers conclut à une élimination rapide par les reins.

Au point de vue physiologique, son action consiste dans une variation périodique, au début, dans le nombre des battements du cœur et dans un violent tremblement neneux survenant trois quarts d'heure après l'ingestion.

Cirrhose veineuse du lapin provoquée par le Cysti- CERCUs PisiFORHis. Note de M. Laulaniê. — L'observation a été faite sur un lapin dont le foie, envahi par des Cysticereus pisiformiSy était hypertrophié, dur et compact. La substance de l'organe hépatique était pareourue (»r des traînées sinueuses, étroites, peu étendues en longueur et quelt^uefois ramifiées. M. Laulanté a découvert sur des pré* parations anatomiques que ces traînées ou galeries n'étaient autres que des vaisseaux veineux sous-hépatiques, dont les ^ parois avaient subi des altérations graves. Bref, il existait une cirrhose veineuse mono- ou multilobulaire.

La note de H. Laulanié se termine par une étude sur l'origine embolique de certaines cellules géantes.

séance du 13 janvier 1885. — présidence de h. dergeroh.

M. le ilocleur BroHdel (d'A1|rer) envoie un Pli cacheli, renfermant ua ludmuire ■iir M nouveau mo4t 4e traitement iei Itmetir* flbreatet iitérine§ par la folvaiweauitique. {AeeqOé.)

M. YaUtant, niembn ia OonHiI ténénl de !■ Saiiie, denunde qu'on nelta k Ut di«p(Millon du public, cou ne moyen da IrwlMieill et coninw dé«iiifecUiili una m-

lulion ■ijneusé' concentré d'acide lulbreux pur. — (Renvoi i rosanwii de MU. Brouaidel cl JangfieiMck.]

M. Orcutt (do S>n-l)ië^, Calironiie) envoie une Icttra, en langue tn^UitH, nr te traitement de la dipMhirie, pour le concours du Prix S*int-Paul do 1886.

H. U Seeritaire perpétuel fait boamaKe. nom d« H. la docteur Carlieu, d'un volume intitulé : Im médediu gréa iepuil la mort de Galien jusqu'à to ehule de l'empire d'Orient, ai ddpow, de la part de H. le docteur Gitie. me tbèse ojaiit pour titre : Des (rauNu eontéeutift aux eeeliotu dei nerfi du metnbre iupérieur par imtrument tranchant, de la suture nerveuse, sa natwe.

U. le Seeritaire annuel présente, au non de M. le docleur Topinard, m volume intitulé : ÈUments d'anthropologie générale.

il. Larrey fait hommage, de la part de H. le docteur ClïnAm Wûgntr (de New-Vork), d'un ouvrage ajant pour titre : Diseasu of tke noie.

L'Académie reçoit, de l'Académie des sciences de Turin, le programme du concours pour le cinquième Prix Bressa; ce concours a pour but de récompenser le savant ou l'inventeur, à quelque nation qu'il appartienne, lequel, durant laoeriode quadriennale de 1883-8D, c au jugement de l'Acaoémie dos sciences de Turin, aura lait la découverte la plus importante et la plus utile, ou qui aura produit l'ouvrage le plus célèbre en fait de sciences physiques et expérimentales, histoire naturelle, mathématiques pures et appliquées, chimie, physiologie et pathologie, sans exclure la géologie, l'histoire, la géographie et la statistique ». Le concours sera clos le 31 décembre 1886. La somme destinée à ce prix sera de 12000 francs.

Prix Vehnois. ~ M. Léon Colin lit un rapport sur le concours du Prix Vernois en 1883. Les principaux mémoires signalés sont : 1° une étude de M. le docteur Ch. Éioy, rendant compte de ses recherches ayant pour but de déterminer, au moyen des procédés modernes de l'anthropomélrie, les lois de la croissance générale et les rapports qui existent entre l'accroissement des diverses parties du coi^s humain ; 2° une série d'ouvrages de M. le docteur Fabre (de Cornmentry) sur l'hygiène des ouvriers mineurs ; 3° l'ouvrage de MM. les docteurs Napias et A.-J. Martin sur l'étude et les progrès de l'hygiène en France de 1878 à 1882 ; 4" une série de mémoires de H. le docteur de PietraSanta sur la crémation. Le prix unique est accordé à M. Eloy et des mentions à MM. Fabre, Napias et A.-J. Martin.

Mesure des mouvements du cerveau. — M. le docleur Gavoy, médecin principal de deuxième classe, présente un instrument,auquel il donne le nom de Kinésiomètre cérébral el qui est destiné à mesurer l'amplitude des mouvemenis du cerveau, déterminés par l'action de la pesanteur pendant les différentes attitudes. Il se compose essentiellement d'une ti^e en acier, mobile autour d'un axe, dont une des extrémités est enfoncée dans la substance cérébrale et dont l'autre extrémité est placée en face d'un cadran, de telle sorte que les déplacements de la première puissent être amplifiés et lus sur ce cadran.

Traitement de l'occlusion intestinale par l'électricité.— Le traitement de l'occlusion intestinale par le courant galvanique, préconisé dès 1816 par Leroy d'ËUolles, est resté jusqu'ici entre les mains de quelques spécialistes ; M. le docteur Bouàet de Paris déclare pouvoir le mettre à la portée de tous les praticiens, grâce au dispositif suivant : comme rhéophore intestinal, il emploie une grosse sonde en gomme que l'on introduit dans le rectum aussi profondément (|ue possible; cette sonde est armée à l'intérieur d'uu mandnn métallique tubulaire dont l'extrémité n'atteint pas le niveau de l'œil de la sonde el qui est rattaché par un fil conducteur à l'un des p61es de la batterie; au moyen d'ua tube de caoutchouc, on le raccorde sur la canule d'un irrigateur ordinaire plein d'eau salée. Celle-ci traverse le mandrin, s'y électrise et remplit l'intestin en portant l'électricité sur tous les points où elle entre en contact avec la muq^ueuse ; elle joue ainsi le rète d'un excitateur liquide très étendu, écartant ainsi le danger résultant de l'action chimique lo-^ cale, puisque le point correspondant au maximum de den~ sité du courant, c'esl^-dire l'extrémité du mapdrinW^t isolé

Iti Janvier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

des parois de l'inteslin par la sonde. Quant à l'autre p6le de la baUerie, on le forme à t'aide d'une large plaque recouverte de peau de cbamois que l'on applique, suivant les cas, sur la région dorsale ou aodominale. 11 esl facile, avec ces dispositions, de varier Tintensité du courant entre 10 et 50 milliampères selon les circonstances et de prolonger la durée de son application de cinq à vingt minutes.

M. Boudet de Paris signale 61 cas d'occlusion intestinale, dans lesquels 17 fois seulement le courant galvanique a été impuissant; les opérations chirurgicales qu'il a fallu faire et quelquefois Tautopsie ont alors montré l'impossibilité d'un autre résultat; dans les 44 autres cas, l'éleclricité a suffi pour combattre le symptôme occlusion. Celte même méthode serait applicable avec avantage, en dehors de l'occlusion vraie, dans les eus de constipation opiniâtre et particulièrement dans ceux de constipation saturnine ; la seule contre-indication est l'asthénie cardiaque. — Le mémoire de H. Boudel de Paris est renvoyé à l'examen d*une Commission composée de HM. Uèrari, Féréol et Constantin Pt^tU, , •

Aberhations et perversions sexuelles. — M. le docleur Magnan donne lecture d'un important travail sur les anomalies, les aberrations et les perversions sexuelles chez les dégénérés, s'efforçant surtout de les classer suivant certaines catégories, d'après le point de départ de leur névrose et les fonctions physiologiques des aifférentes parties des centres nerveux.

Dans la première catégorie, il classe les malades spinaux, ne présentant qu'une simple exagération fonctionnelle du centre génito-spmal de Budge; chez ces malades, la perversion génésique appartient au domaine de la vie végétative et la seule manifestation active de leur délire consiste en manoeuvres de masturbation pour ainsi dire inconsciente : c'est ainsi qu'une petite fille de trois ans se masturbait dans quelque situation qu'elle se trouvât, raème pendant qu'on la photographiait; tel cet homme chez qui Feréthisme génital se produit spontanément, s'accompagnant de chaleur aux lombes, d'érections douloureuses et sur lequel les approches sexuelles ne produisent aucune influence; chez d'autres, la prédisposition maladive se traduira, au contraire, par une frigidité intempestive oui pousse au suicide.

Ën second heu, M. Magnan place les malades spinatisc cérébraux postérieurs, chez lesquels la vue simple^ l'image du sexe dînèrent provoque l'orgasme vénérien. Ainsi, une femme, à la seule vue d'un homme, beau ou laid, bien ou mal vèiu, est prise de spasmes vénériens, qu'elle ne peut empêcher ; elle essaye la cure ab kominej mais sans aucun résultat, et esl incessamment tourmentée par le désir de la copulation. Dans ces cas il s'B^il d'une aberration véritable des centres des appétits et instincts sexuels qu'on trouve, en même temps que plusieurs centres sensitifs, au niveau de la deuxième circonvolution ascendante; te réflexe aboutit ensuite à la moelle.

Viennent ensuite les malades spinaux cérébraux antérieurs, c'est-à-dire ceux chez lesquels le point de départ des troubles génésitjues émane de l'écorce cérébrale antérieure; c'est une influence psychique comme dans l'état normal qui agit sur le centre genito-spinal, mais l'idée, le sentiment ou le penchant sont seuls ici pervertis. Tel, le cas de cette névropathe héréditaire, âgée de vingt-neuf ans, qui éprouve successivement un penchant irrésistible pour chacun de ses neveux, dont l'alné a quatorze ans et le plus jeune deux ans, bien que sa vie soit parfaitement régulière et laborieuse ; elle a honte de celte passion, à laquelle elle n'a pas cédé, mais qui lui rend l'existence insupportable. Telle encore une dame, amoureuse d'un garçon de seize ans, qu'elle cherche k enfever k sa famille, même sans craindre de faire de nombreux scandales, qui obligent à la placer dans un asile. Quelquefois il s'agit d'inversion du sens géni-

tal ; ce sont des jeunes gens, des hommes, des femmes çui adressent leurs désirs à des individus du même sexe et rien qu'à eux, depuis Vàge le plus tendre, avant même qu'ils aient pu contracter de mauvaises habitudes. La déviation peut aller jusqu'à trouver la cause obligatoire de l'excitation dans un objet matériel quelconque, dans une image bizarre : un jeune homme avait un jour éprouvé l'orgasme vénérien k la vue d'une vieille servante coiffée d'un bonnet de nuit; dès lors l'association de cette image fut constante pour lui avec l'acte génital. Marié à trente-deux ans, avec une jeune Ulle qu'il aimait, il resta impuissant pendant deux jours jusqu'à ce qu'il eût évoqué l'image de la vieille et de son bonnet; depuis il est encore réduit au même stratagème, désolé, dit-il, de tromper ainsi mentalement sa femme, qu'il adore. Chez d'autres de ces malades, un simple souvenir arrête Toi^asme. Un jeune homme est en relations intimes avec sa maîtresse ; vient-il à se rappeler par hasard la formule :-c Dieu est roi », il ne peut continuer Tacte vénérien.

Dans une dernière classe, H. Magnan place les cérébraux psychiques ; ceux-ci sont d'une chasteté absolue; ils sont indilTérenls à l'instinct génital ; il y a chez eux une disposition fonctionnelle du centre génito-spinal. Une demoiselle de quarante-sept ans cherche son amaAt partout, arrête les voitures, croyant le trouver; elle ne désire point avoir avec lui de relations intimes ; c'est de l'amour sans tache ; elle ne se livre à aucune obscénité. Un tailleur âgé de trentedeux ans fréquente assidûment le théâtre où chante M"'^ Van Zandt; il va a toutes les représentations, interprête en sa faveur tout geste scénique de l'artiste, l'attend à la porte du théâtre, la cherche partout, et en fln de compte se fait arrêter devant la porte de sa demeure. Il ne la veut point comme maîtresse; it la contemple comme son idéal. D'autres types sont plus étranges encore : ils personnifient leùr idéal oans des objets divers. Un tel adore une étoile et ne s'endort qu'après avoir adressé à Taatre son adieu de chaque soir ; it la contemple, lui rend hommage, lui brûle de l'encens, lui adresse des vers. Un aulre a comme objet aimé un tablier blanc, des clous de souliers d'une vieille femme, etc.

En résumé, dit M. Magnan, ces troubles intellectuels divers des dégénérés ont une telle Intensité, qu'ils annihilent la volonté; ils ont en médecine légale nne importance d'autant plus considérable, que les individus qui en sont porteurs sont en général des gens à apparence raisonnable, ce qui ne les empêche pas d'être parfaitement irresponsables. — Le mémoire de H. Hanian est renvoyé à l'examen de MH. Baillarger, Metnet et Blanche.

— L'Académie s'est formée en comité secret, au cours de la séance, pour s'occuper des rapports des prix en retard ; elle a décide qu'une double séance annuelle aurait lieu au commencement du mois de mai, pour distribuer les prix de 1883 et 1884 et qu'une autre séance serait tenue en décem bre pour les prix de 1885.

A la fin de la séance, a eu lieu un second comité secret pour entendre la lecture d'un rapport de M. Empis sur les candidats au titre d'associé national, La liste de présenta^ tion a été établie comme suit : 1° M. Tourdes, 2* M. Desgranges, 3* H. Durand -Fardel.

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RftANGE DU 9 JANVIER 1885. — PRfiSIDÉNCE DE M. J. OVVOT.

De l'InfeoUontobexeolmwa par la Tole a*nttato : M. mdUn. — Allo- . cations d« H. Bnoquoy et d* V. J. Onyot. — DiMWlen aa mjat

de l'Ueotlon de trois membres de la CommiMion d'hyglftoe des - bApltau. — De l'orchlte goattmue : K. J. Oayot. — Voleur des

polvArisattons de ohlorure de mMhyl* à»om le traitement de la

■olatICTtie : M. Deenoe. (Dleonaslon : MM. Hendo, Buoqooy, Bm-

▼estre, I«Uler, I.egroax-)

À l'occasioD du procès-verbal de la précédente séance, M. Valtin présente quelques objections au mémoire de M. Fernel sur rinfecUon tuoerculeuse par la voie génitale. Il demande s'il est bien démontré que, dans les cas observés par H. Fernet, la tuberculose a été exclusivement transmise par les liquides tuberculeux provenant d'ulcères tuberculeux du col utérin ou de la muqueuse vaginale, lésions encore bien insufâsamment décrites, ou même par le pus de la péritonite tuberculeuse s'écoulanl, ainsi (|ue le veut Verneuil^ par les trompes dans Tulérus et le vagin. Ne faut-il pas faire entrer, peul-ëtre, en ligne de compte la contamination résultant de la vie en commun ou l'infection par quelque autre voie que celles des organes seiuels II se demande s'il n'est pas possible qu'un phlhisique atteint d'une ulcération vénérienne puisse transmettre à la fois un chancre et la tuberculose.Ilaobservéilyalongtemps un fait de ce genre, qui lui semble assez démonstratif. Il s'agissait d'un jeune homme vigoureux, exempt de tout antécédent tuberculeux héréditaire, et qui contracta, dans un rapport sexuel avec une femme ne cohabitant pas avec lui, un chancre accom-

Eagné de bubon inguinal ; peu de temps après il eut une émoptysie, fut pris de toux et mourut phtnisique au bout de trois mois. La femme entra biemôt à l'h6pital pour une tuberculose confirmée et mourut deux mois après : I autopsie révéla des cavernes pulmonaires énormes. Dans des circonstances semblables on attribue souvent, à tort, la tuberculose aux fatigues et aux excès sexuels; l'infection directe rend bien mieux compte des faits. H. Vallin désirerait inoculer à un animal, réfractaire à la syphilis, le liquide provenant d'un chancre du fourreau existant chez un individu atteint de tuberculose avancée ; ai l'animal présentait des accidents de tuberculose, la démonstration serait parfaite ; mais M. Yailin n'a pu jusqu'ici rencontrer un malade offrant les conditions requises pour cette expérience. Si les dangers de l'inoculation sont relativement rares, c'est que, peut-être, le sang d'un tuberculeux n'est inoculable que dans les périodes avancées de la phthisie et que, pour ces malheureux, les rapprochements suspects sont peu fréquents ; en outre, Chauveau a démontré que l'inoculation sous-épidermique était toujours négative, et il est certain que les inoculations profondes sont rarement réalisées dans les rapports sexuels.

— M. Vidal informe par lettre la Société que son état de santé l'empëche de venir occuper le fauteuil de la présidence.

— M. Bucguoy, présidant sortant, prononce une allocution dans laquelle il retrace les principaux travaux de la Société durant 1 année qui vient de s'écouler.

— U. J. Guj/ot, vice-président, prend place au fauteuil et exprime à ses colique tout l'honneur qu'il resseut en se trouvant par intérim chargé de présider les séances de la Société des hôpitaux. U propose de voter des remerciements au président et au Bureau sortants.

— H. Motttard-Martiny dans une lettre adressée à la Société, demande qu'il soit procédé le plus t6t possible à l'élection de trois membres de la Commission d'hygiène des hôpitaux. — Une discussion s'engage à ce sujet ; la proposition de M. Moutard-Martin sera renvoyée au Cuuseil de famille, et la Société sera appelée à voter dans une prochaine séance. Le Bureau propose, pour faire pailic de la

Commission d'hygiène des hôpitaux : MM. Cadet de Gassicourt, £. Besnier et Bucquoy.

< M. /. Guyot relate un cas d'orchite goutteuse qu'il a ' observée en 1883. Il s'agit d'un homme de cinquante-cinq ans ayant éprouvé à diverses reprises des accidents de nature arthritique sous l'influence des variations de température et qui présenta subitement un gonflement douloureux du ; testicule. L absence de toute lésion uréthrale ou prostatique, de tout phénomène morbide le long du cordon, conduisit I M. Guyot à admettre une orchite goutteuse, non sans faire quelques réserves sur l'exactitude de ce diagnostic. Au mois de mars 1883, il revit le malade, atteint celte fois d'une ' arthrite du poignet droit remontant à plusieurs mois. Le I testicule et Vépididyme étaient alors absolument sains et ; offraient leur volume normal. Le malade raconta que, après I une amélioration marquée survenue sous l'influence du repos, il avait ressenti, au mois de novembre 1882, à la suite d'une fatigue, des douleurs vives dans l'aine droite et avait vu, quelques heures plus tard, te testicule prendre un volume énorme; il^vait dû garder le lit pçndant trois jours. Quinze

iours plus tard U avait été prïs d'un vîMent accès de:goutte. ^a marche des accidents semble confirmer pleinement le . diagnostic d'orchite goutteuse, mais le fait doit être fort rare, car M. Gu^ol n'en a pu rencontrer aucun autre semblable dans les divers auteurs qu'il a consultés.

M. Rendu a trouvé dans un ouvrage anglais une observa* tion de ce genre, mais il avait hésité à admettre le diagnostic I d'orchite goutteuse. Le fait rapporté par M. Guyot paraft écarter tous les doutes.

M. Miilard a éprouvé lui-même autrefois des phénomènes identiques du côté du testicule à la suite d une longue marche. Depuis celle époque, tout gonflement testicuUùre a ; disparu, mais il a eu, à diverses reprises, des accidents de goutte articulaire.

— H. Desnos a pratiqué trois fois les projections de chlorure de méthyle suivant la méthode préconisée par Debove pour te traitement de la sciatique. Un homme atteint de scialique rebelle, datant de quatorze mois et s'accompagnant d'un peu d'atrophie musculaire, a été complètement guéri après deux pulvérisations. Il en a été de même d'une femme souffrant d'un mal de Pottet de dmileurs irradiées principalement au sciatique gauche. Le troisième fait est moins probant, bien que la guérison ait été complète, parce qu'il peut subsister quelques doutes sur la sincérité des assertions du malade. 11 s'agissait d'une sciatique double, rebelle à toute thérapeutique. Enfin l'interne de M. Desnos, M. le Cbâtellier, a employé le même mode de traitement chez une dame atteinte de névralgie en ceinture, symptomatique d'un mal de Pott: l'insuccès a été complet. Dans tous les cas on n'a observé que de l'érythème ou une vésication légère; jamais d'eschare.

M. Rendu n'a obtenu qu'une amélioration assez marquée au moyen des pulvérisations de cblomre de méthyle chez un homme souffrant de scialique double ayant son origine dans une affection de la queue de cheval. Par contre les pulvérisations d'êther répétées lui ont prouvé un succès complet pour une femme ^ui présentait une sciatique rebelle, avec atrophie musculaire à la suite d'un accouchement des plus laborieux. Il craint la production des eschares avec le chlorure de métiiyle ; il en a observé un cas à sa consultation.

M. Bucqmy a pratiqué quatre fois les projections de chlorure de méthyle : une fois pour un tic douloureux de la face et trois fois pour une scialique. Dans un seul cas de sciatique, la guérison a été absolue; chez les trois autres malades, malgré la répétition des pulvérisations, l'insuccès a été plus ou moins complet et l'amélioration passagère. Il est d'avis que l'action locale du dUorqre^eméuHrb^^ à doser, qu'il faut craiufh^âé^Mrmiïï^^ et

16 Janvikr i885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE . N« 3 — 45

({ue d'ailleurs l'eflicacilé de ce mode de traiteineat est très variable suivant la nature des sdatiqaes que l'on a à combattre.

M. Desnos confirme pleinement les conclusions de M. Bucquoy.

M. Sevestre a pu obtenir une amélioration très marquée iiprës une seule pulvérisation chez un malade atteint de sciatique rebelle depuis cinq à six mois; laçuérison a été complète et définitive à la suite de huit pnlvérisations répétées à dix ou quinze jours de distance.

H. Laitier a essayé, il y a déjà longtemps, le chlorure de méthyle comme anestliési que pour pratiqueras scarifications du lupus ; l'action en est dimcile à mesurer et l'on produit parfois des eschares. Il a dû également renoncer à 1 emploi de cet agent pour la destruction de certaines tumeurs par congélation, les douleurs étant intolérables. Il préférerait au chlorure de méthyle l'acide carbonique liquide, aujourd'hui répandu dans le commerce.

M. Leproux a obtenu, chez un malade souffrant de sciatique pevritft avec atrophie, mi^sculaire, nne , amélioration passagère après la première pulvérisation. Il crut devoir répéter les projections et agir plus énei^îquement; mais à la suite de la troisième des eschares profondes se produisirent et le malade fut atteint d'un érysipele grave qui mit ses jours en danger et le laissa profondément débilite. Dans un autre cas l'amélioration fut assez prononcée ; enfin chez un dernier malade les accidents douloureux reparurent après une accalmie de vingt-quatre heures. On peut obtenir de bons effets du chlorure de méthyle dans les névralgies intercostales des tuberculeux. H. Legroux a également pratiqué une projection sur le crâne d'un individu chauve atteint de névralgie épicràalenne ; il n'a pas revu le malade et ne sait s'il a été guéri ou s'il a craint une seconde application du traitement.

Peut-être pourrait-on attribuer une partie des accidents locaux à l'impureté du chlorure de méthyle fourni par le commerce ; en effet, il est presque toujours' trouble, plus ou moins caustique, reprend une odeur très désa^éable et attaque les tuyaux de plomb de l'appareil à pulvérisations.

— La séance est levée à cinq heures et quart.

André Petit.

ameêéi€ de ehlrargle.

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