LE TE SE
PATHOGÉNIE
NOUVELLES ONSERVATIONS SUR L'ORIGINE ET SUR LA NATURE pes rusencoces, à l’occasion de la discussion qui a eu lieu à l’Académie de médecine ; par M. Kunx, D.-M. P.
Le rapport que M. Breschet vient de faire à l'Académie de medecine sur un de mes mémoires, intitulé : Recherches microscopiques sur les tubercules pulmonaires de l'homme, a soulevé au sein de ce corps savant une discusion assez longue, dent je n'ai eu connaissance que par la Gazerre mémicass. En parcourant le compte-rendu des séances des 15 et 22 avril dernier, j'ai pu me convaincre que plusieurs des membres qui ont pris part à la discussion avaient négligé de prendre connaissance du contenu de mon travail, et ont pour ce rié un jugement qu'un examen fait de plus près ue leur aurait sans doute pras permis de porter.
De toute cette discussion, en effet , il semblait résulter que mon but était de faire valoir une hypothèse gratuite ou de reproduire l'opinion insoutenable de John Haron sur l'origine et la nature des tubercules , tandis que mon véritable, mon principal but était de décrire la structure de Ja substance tuberculeuse telle qu'elle se présente sur le porte-
objet d'un micruscone. Et qu'ai-je vu à l'aide des verres grossissans ? à quai
J'ai observé que les granulations grises des iubereules (tubercules dans leur état primitif), analysées jusque dans leurs derniers élénens, sont formées de filamens hyalins, extrèmement déliés, ramifiés, entourés d'un grand nombre de globules et enveloppés d'une couche de mucus. J'ai éiabli de plus, par une série d'observations, que quaud une granulation grise se tuberculise, les filamens hyalins et les globules se rapprochent davantage, s'agglomèrent et s’altèsent, peadant que le mucus qui les baigoait disparait. Enfin, j'ai étendu mes recherches microscopiqnes aux crachats des mere non pas à ces crachats purulens qu'on observe pendant la période de colliquation , iniais aux crachats muqueux , globuleux, d'usic teinte grise et quelquefois bleuätre , tels qu'on les observe au premier et au deuxième degré de la maladie, et j'y ai reconnu les mêmes élémens que dans les granulations grises, soir, des filanens hyalins, des globules et du mucus, avec
qui en est atteint, Dans La folie déclarée , au contraire, le trouble mo-lvette différence seulement que la proportion du mucus ÿ est plus ral est plus ou moins géneral et complexe , et a lieu sans conscience de l'furte.
Après avoir reluté avec détail toutes ces données , que j'ai cherché à
la part de l'individu chez lequel il existe.
ans la pee ; il y à toujours au trouble de la volonté un motif {rendre plus claires par de nombreuses figures, j'ai ajouté : « Pour les extérieur plus où moins puissant. Dans [a fulie, ce trouble est complé-{ personnes versées da
tement spontané, ou sans motif extérieur actuel.
ns les sciences naturelles , 1l ne sera pas difficile maintenant de trouver de l'analogte entre certaines productions du
Dans la prssion, on se fait illusion sur les intentions des actes seule. monde extérieur et les formes qui viennent d'être décrites, J'ai été
ment , mais non sur l'identité ou sur l'existence réelle des personnes et des choses. Dans la folie, les illusions peuvent bien anssi porter sur les intentions , mais Îles portent surtout sur l'identité et sur l'existence réelle des objets extérieurs, c'est-ä-dire qu'elles deviennent des illusions réelles et des hallucinations,
Enfin, dans ba jassion, dans celle au moins dont la violence n'est pas
frappé plus d'une fuis de leur ressemblance avec les Lbatrachospermes , les tremelles, les byssus ou certaines moisissures, c'est-a-dire avec beaucoup de produits rangés parmi les conferves , parini les mycédinées où parnu les némazoones de M, Gaillon. Mais le tissu tuberculeux est-il de même nature absolument que Les productions da monde extérieur , auxquelles il ressemble, où, en d'autres termes, doit-il
prendre rang parmi ces deruières? Foila ce que nous ne saurions les tubereules dans d'autres organes que le poumon ; je ne les aurais ps pas encore affirmer, el nous devons nous contenter, quant à pré- attribués aux granulations grises, qu'un ne renconire que dans ce dersent , de faire entrevoir des analogies. » nier organe. Cette remarque, plus spéciense que juste; merite une ré- Où donc sont maintesant ces opwions hypothétiques que M. Bouil- ||ponse un peu détaillée, et va m entrainer dans quelques explications laud veut bien m'attribuer? Me suis-je donc tant écarté du cercle de [sur ma manière d'envisager les tubereules eu général. ms l'observation pure , et peut-on même qualifier du no d'hypothèse l'in. || Les anatomo-pathologistes sembient toujours étre partis de l'idée rs dication d’nne analogie qui n'est donnée que romme probable? les tubercules reconnai:sent tous tin même mode de fursmation et de dé- Malgré le rapport lucide de M. Breschet, certains membres de l'A- veloppement , que leur origine est toujours ideatique et leur natire la cadémie ont prétendu, je ne sais trop commient ni pourquoi, que j'attri- |MErmE 1 impurie dans quel organe ; dans quel auimal et sous quelle buais les granulations grises des pontmons molades à des entozoaires , à [forine on les abserve. Muis 1l n'en est pas ainsi, et celle vérité ne tardes vers , à des acéphalorystes, chose que personne, assurément , nellders sans doute pas à être généralement reconnue , grâce au zèle qu'on trovera dans mon mémoire. Gen'est pasà des entuzoaires que j'attribue ||ruet aujourd'hui à approfondir ectte importante question. L'origine des l'origine des tubercules pulmonaires chez Les phthisiques ; mais puisque tubereules tient à des causes variées, et € Est selon ces causes que les plusieurs personnes, non assez versées Sans Lun dans les sciences na- tubercules eux-mêntes different sous le rapport de lu forme, du volume, turelles, semblent prendre pour des entozonires les productions da de la couleur , de la structure, etc. 1 faudra en venir à distinguer, monde extérieur auxquelles j'ai comparé les granulations grises , qu'il dans l'histoire des tubercules , des espèces et des variétés , st l'on veut me suit permis de dire un mot sur ces productions que la confusion cesse et qu'il ÿ ait un jour une véritable histoire scien- Les hotanistes , comme les zovivgistes, ont décrit un grand nombre ulique Fes ces spin remurquables. rare «y depuis longd'êtres équivoques , qui sont placés aux cuafins des deux règnes orga- [temps dirigés NE 0€ ul, et j'ai entrepris de écrire Gags Une SON niques, sans être m plantes ni animanx . et pour lesquels plusieurs de mémoires les diverses espèces de tnbercules que j'aurai été à même
naturalistes ont établi un règne intermédiaire. Jne partie de ces êtres jd'étudie e sur l'homme et les animaux, Chacun de ces mémoires aura sé sé 2 sous forme arrundie on vésiculaire , comme les genres glo-
our objet une espèce particulière. Ainsi, dans le premier travail que buline, de M. Turpin; ;rotococcus , d'Agardh ; palimelle, de Lyng- | % présente à | Académie de médes Le ya Lu as, j# étudié Les bye. Une autre porte se présente sous forme filamwenteuse , comme les acéphalocystes cu général et particulièrement L'espéce qui 5e rencontre genres Te , oscillaire , batrachos e ,et en général toute la classe
dans divers organes de la race bovine. J'ai fait voir que les acéphaled'êtres désignés sous le nom collectif de némazoaires. Ces productions ystes peuvent déterminer de gros lubercules enkystés, et je suis pardifférent des vrais animaux en ce que la sensibilité et la motilité ( ca-
venu par une suite d'observations loug-temps et patiemment continuées, ractères essentiels de l'animalité) leu manquent ; elles différent des vé-
4 dévoiler le mode de formation de cæ genre de tubercules. Eos effet, , ñ - + +:
gétaux par leur composition chimique , qui est arotée, Elles sont pa- l'acéphalocyste détermine autour d'elle, à l'instar de tout autre corps rasites pour la majeure rie; elles se reproduisent tout simplement
étranger, la formation d'un kyste; de ce kysté il suinte une matière par Pr ou sporules, et ne sauraient nullement être confoudiies aune, easéeuse , tuberculeuse ; qui , en s'accumulant, refoule peu à peu avec les betminthes , dont l'animalité n'est pas équivoque , et qui sont placés bira plus haut dans l'échelle des êtres organisés. C'est entre Îa seconde catégorie de ces productions (celles qui ont une forme filam-nteuse) et les graonlations grises que j'ai signalé nne certaine analogie , et cette analogie ne peut pas être mécovnue quand on a égard à la structure microscopique du tissu tuberculeux (1). Ainsi, on a eu tort de croire ou de prétendre que j'attribuais l'origine des tubercules pulmonaires à des entozoaires el que je reproduisas tout bonnement les idées de 3. Baron, lequel effectivement n'avait donné qu'une pure hypothèse. Au surplus, il m'est permis de penser qu'après m'être occupé pendant six ans de ce “+2 , t après avoir observé les tubercules dans tous les organes possibles et sur une foule d'animaux , je pouvais présenter quelque chose de plus qu'une hypothèse.
M, Rochoux me reproche de n'avoir pas observé les granulations grises à leur début , lorsqu'elles ne sont eucure que comme des grains de sable, gélatinenx et rougeâtres, et il ajoute que je n'ai pas vérita-
l'acéphalocyste et fioit par effacer tout-à-fait cette dernière , dont on ne retrouve plus, en dermére analyse, que la pellicule noyée, en quelque sorte, dans la matière luberculeuse. Voila dune une espèce de tubereule toute particulière , caractérisée par sou kyste et par la pellicule de l'acéphalueyste qu'on y retrouve en délayant la matière tuberculeuse dans l'eau. Iest donné à chacun de constater ces faits ; car les tubercules acéphalocystiques sont très-communs daus le poumon et le foie de la race buvine, et personne , certe, ne sera Lente de Les confondre avec les ltubercules qui produisent communément la pbthisie pulmonaire chez l'homne.
Cette seconde espèce , la plus importante à connaitre pour le médecn, fait lohet de mon deuxitme mémoire , de celui qui a donne lieu à la discussion actuelle. Elie n'est point due à des acéphalocystes ou à des helminthes ; mais elle naît d'une production riculière, stti Igeneris, je veux parier des ranulations grises, dont il à déjà été queson sas best. Elle est très-distincte de la précédente espèce : d’abord blement connu la tuberculisation. Mais M. Rochoux fait voir qu'il ne jeile n'est point eukystée , qu VE pas - . d uas pelcunnaissait ni le but ni le contenu de mon travail ; car il ne s'agit, dans lieule gra cm de P vs , tlle a ee grande ance à rawon mémoire, ni de la grosseur m1 de l'aspeet primiufs des gronula- Imollie , tandis que la première ne se ranllit jamais el crient nn Con
tions grises, mais bien de leur structure microsropique , qu'elles soieut itraire toujours plus compacte pr suite ra romiene calcaires qui s'y ensuite seulement commençantes où déjà avancées. Je cunnuissais fort forment. Enfin les tubercules qui se léve opens das K pass bien les recherches de M. Rochoux, et il ya plus de quatre ans que l'humme sont petits, Le nirehersa sr Co - par continuité j'ai eu occasion de lire sun mémoire dans le Bulletin de M. de Férus- deuss, el share rs de bien réguuer duus leur SL tandis ur les sac. Bien que M. Rochoux ait déjà prétendu alors que le sujet était épui- tubereuses act pa rl rfi Soha par poutnl it nn bptt anis sé, je n'ai pas pu être de sun avis, et, après la lecture de son racnuire, [ions fear es te de tubercules ne sont pas les seul :
je me suis adressé les questions suivantes : 1° Les peuts corpuscules Dinss cs ps Ps Rp 1 ei pe utres ré disti e es ve que l'auteur décrit, sont-ils bien l'origine des granulations grises , ou peus PR 4 Fa ec FA pra) kr al Dos Toi rs sont-ils un produit tout particulier? a% S'ils sont l'origine des granula- || Le propose de présenter Ces Pit “ éce d ie rapid tions grises, pourquoi M. Rochoux ne dit-il rien de leur passage suc- Ainsi mon LrOSIERE mrrtrt = At er el pes Fire | Ce cessif à l'état de granulation? Il à dû observer des états intermédiaires ? lremsrquable, qu'on rie cb ah Lars 5 tree a ee
3° Les petits corpuscules sont tuujours isolés, tandis que les granula- jsont de grosses Re gras pu ca Sc ET. se pu - pme tions grises sont ordinairement réunies par plusiearset liées entre elles , plus distinctes ct plus disposées L'une « GRR T ŒURE PR re
de manière à former souvent des immenses grappes tenant ensemble et taive régularité ; enveloppées d'une espèce de kyste, et remplies d'une ne constituant qu'un seul corps. Comment M. lies explique-t-il
matière gélatiniforme , elles aboutissent toutes ; jar des conduits de cela? Ces corpuscales se réuniraïent-ils par la suite et contracteraient-
ils des adhérences entre eux ; ou bien fiviraient-ils par se ramilier eù
communication, à UD réservoir commun qui est rempli de Je même substance gélatineuse, au milieu de laquelle on voit des noyaux tubergrappes ? car enfin M. Rochoux ne parviendra à faire valoir son opinion que quand il aura pronvé comment ces petits corpuscules se trans-
leuleux se former, ou de gros tubercules déjà exister. Le ver vésiculaire (eysticerque), qui infeste sauvent les chairs du coforment successivement en granulations grises, dont la forme est botryvide. .
chon et produit la maladie connue sous Le nom de ladrerie , est ou 19 à dépérir, et laisse ensuite des noyaux tnberculeux au milieu desquels on trouve les débris du ver en question, Le tissu cancéreux et le tissu du éircôme médullaire engendrent fréquemment de la matière tuberculeu- Îse, et doivent conséquemment être compics parmi les produits générateurs des tubercules. J'ai eu uccssion d'exvuiner , il y a quelques années, un mouflon qui venait de mourir au Jardin-des- Plantes ; son pou-
©M. Bonillaud me fait une autre objection. Il dit que si j'avais étudié
{1} C'est uniqueri nt drs lubercules palmonaires, qu'on observe cl les individus phthis ques, qu'il «st ici question.
mon conlenait une grande quantité de tubercules d'un aspect jaunâtre ; tous ces tubercules étaient creux et contenaient dans leur intérieur un liquide visqueux , transparent. En examipant le tout an microscope sim Je je v'ai pas été peu frappé de voir que le liquide visqueux fourmillait de petits vers en tout semblables, pour la grandeur, la forme et le mouvement, aux vibrions que l’on observe dans le vinaigre. La pré. sence de ces vers n'était pas due à la décomposition, puisque le mocflon venait de mourir , et que tous les organes étaient encore frais. Ici les tubereules ne semb aient être que des coques destinées à contenir les vers. Quoi qu'il en soit , ce genre de tubercules m'a paru un des plus curieux, et je ne tarderai pas à en publier la descripuon avec des fi. gures.
Il y a donc différentes espèces de tubercules , et cette diversité d'espèces est établie , comme on voit , sur l'origine et la structure de ces produits singuliers.
comme cela se voit aussi pour les êtres grises se développent dans le poumon
ee dans un autre organe. On aurait donc es granulalions grises ne sont pour rien dans la production des tubercules pulmonaires, par la raison que ces granulations ne se rencontrent pas dans les autres organes également sujets à être affectés de tubereules ; car, si
es iymphatiques des enfans scrophuleux , que ces tubercules sont en-
veloppés d’une couche de matière grisätre sabre pie Cette ma- 1 € empiète , par sa face externe , sur le tissu de la glande , de telle sorte qu'il en résulte
tière se tuberculise par sa face interne , tandis qu'el
souvent d'immenses tubercules. Ék bien ! cette coque de matière grisitre n'est-elle pas l’analogue des granulations grises du poumon ? Ainsi que ces dernières elle constitue le tissu générateur du tubercule,
Au reste, nulations
laud doit savoir aussi bien que qui que ce soit, 1° que ;, dans un grand
nombre de granulations grises | où pent apercevoir des points opaques déjà tuberculisés, le reste de la granulation conservant encore sa derni-
transparence ; 2° qu'il ÿ a d’autres granulations à moitié converties en
iatière tuberen'euse ; où dont tout l'intérieur est tuberculisé de telle plus qu'une mince enveloppe non encore transformée; 3° qu'il y a des granulations qui sont tout-à-fait converties , tandis que les granulations voisines , auxquelles elles sont unies par continuité de tissu , sont encure intactes , el que conséquemment : n ne granulations la propriété d'engendrer des tuber-
manière, qu'il n'en reste
peut refuser à ces cules.
Telles sont les observations que j'ai cra devoir faire sur ce qui a été Mais avant de terminer ces lignes , et pour faire part de toute ma manière de voir, je dirai que je regarde les
à parasite quelconque qui subsiste par elle-même dans les organes de l’homine el des animaux, et qui végète aux dépens de ces organes. La tuberculisation est regardée par moi comme étant un dépérissement soit partiel, soit compet de la production parasite; souvent le parasite dépérit au centre, à mesure qu'il fait des progrès à la circunférence, Ce depérissement semble tantôt être la mert naturelle du parasite , et d'autres fois il paraît déterminé par Ja réaction organique. Les tubercules eux-méê-
dit à l'Académie de médecine.
tubercules consme étant toujours le résultat d'une production
mes seraient donc la partie morte; ils sont toujours inertes, et déterminent souvent re la fonte purulente qu'ils subissent, une fièvre hectique chez l'individu ou l'animal qui en est atteint.
Kuax, D..M.
— Le registre d'inscription pour le concours de la chaire de clinique externe a été clos Le 16 mai; les concurrens inscrits sout MM. Sanson siné, Thierry, Lepelletier du Mans, Férard jeune, Dubled, Guerbois, Blondin, Lislranc, Lauger et Velpesn, Celte liste de sommités chirurgicales nous promet donc un concours aussi brillant que celui qui vient d'avoie lieu.
Je déduis en outre de mes observations que chaque espèce affecte de préférence un certain animal ou un certain organe , arasites. Ainsi les granulations e l'homme , absolument comme le cœnure cérébral se développe dans le cerveau des agheaux , et non tort de vouloir prétendre que
partout ailleurs il n'y à pas de granulations grises semblables à celles du poumon, il ÿ à un autre tissu générateur ou une autre condition organique pour y déterminer la dégénérescence tuberculeuse. Ainsi , pour ne citer qu'un ou deux faits contre l'ohiection de M. Bouillaud, on trouve fréquemment dans le foie dn lapin Ep tubercules ramifiés et qui se forment aux dépens d'une matière grisâtre semitransparente, très-analogue à la matière des granulations grises, On De aussi voir, en examinant les tubercules qui siégent dans les glan-
il serait presque oiseux de vouloir démontrer que les graï grises du poumon engendrent les tubercules pulmonaires, car il suffit de l'observation la plus simple pour s'en convzincre, M. Bouil-
CORRESPONDANCE MEDICALE
EXTIRPATION DES OS MAXILLAIRE SUPÉRIEUR ET PALATIN GAUCHES, POUR UN OSTÉOSANCÔME DE LA VOUTE PALA- TINE DE CE CÔTÉ. — GuÉRISOX, — Observation recueillie à l'hôpital Beaujon dans le service de M. Blandin et rédigée par M. Boyer , interne.
Ons. — La malade qui fait le sujet de cette observation , ne préseate dans les circonstances antérieures à la malsdie pour laquelle elle est venue relamer des soins à l'hôpital Beaujon , rien qui puisse nous offeir un grand intérêt; âgée de 58 ans, veuve, mère de plusieurs enfans, n'ayant connaissnre d'aucune affection de nature cancéreuse dans sa famille ; elle a toujours joui d'unesanté par faite, saaf quelques douleurs rhumatismales disparues depuis long-1emps et qui n'ont duré que cinq ou six mois, 24 ;
Elle ne reporte qu'à six mois de date l'origine du mal dont elle est atieiate À celte époque seulement une des grosses malaires supérieures du côté gauche devint Le siége de vives douleurs , me tarda pas à s'ébranler et tomba en laissant une ouverlure qui depuis ne s'e-t jamais ferue.
Bientôt deux pelites tumeurs de consistance charnue se développèrent sur les ctés de l'alréole vide; un chirurgien consulté pratiqua sur ces deux petites tumeurs une légère opération, dont Le malade ne peut aous préciser ls nature; nous gnrons s'il en fit h ponclion comme de simples sbcès, ou s'il les enleva com-
Métement ; quai qu'il en soit, il parait qu'il ne s'en écouls que du sang, et que bientôt elles ofrirent ua volume égal à celui qu'elles avaient auparavant, Depuis lors leur acéroissement n'a pas ressé, :
Le 44 mars la malade est cutrée à l'hôpital : elle offee à la vodle palatine une tumeur qui s'éterd, d'avant en arrière, depuis le bord alvéolaire jusque à l'insertiun du voile du palais, ettransrersalement depuis la ligne ruédiane jusques en-dehors du rebord slréolsire gauche dont il n'existe plus de trace, Les dents, les genvives existent sules de ce côté, F D» :
Cette tumeur molle fournissant continuellement un pus sanitux, fétide , saÿ-
|gnant au moindre contact, d'une couleur rosc-pâk, présente dans son milieu une
ouverture Gstuleuse à travers laquelle un stylet put pénétrer dans la cavité du +. nus maxillaire ; elle fait saillie du côté de la joue , qui est elle-même un peu soulevée, mais elke ne l'envabit point encore ; le tissu de la joue est sain, mais on suat qu'au-dessous la tumeur se continue, d'une part, jusqu'à la base de l'orbite dé l'autre, jusqu'au sillon nesal; enGa jusqu'à La partie postérieure de la tuberosilé molaire. Le globe de l'œil n'est point envore dévié, il n'existe aucun gauglion engorgé soit à la base de la mâchoire , soit le long de la partie latérale du col,
La malade ne parait pas souffrir beaucoup , cependant elle éprouve parfois des dancemens mi scnmadet lorsqu'elle A debout; au début elle a cu pendant quelque temps des douleurs de tète qui ont promptement cessé,
Sa santé he paraît point encore profondément altérée ; elle tousse un peu et rejette souvent soit les matières provenant d'une bronchite légère, soit le pus fétide continuellement fourai par sa tumeur ; son teint est tel qu'il est ordinaire che les femmes de son âge et de sa condition ; elle mange avec appétit, digère biea ; mais l'odeur et l'ävreté des maitres dunt La bouche est souillée, qui s'atiachent à sa gorge , qui allèrent les aliens, soot pour elle un supplice dout elle demande à êtec délivrée.
Quelle est l'origine de son mal? quelle est sa nature ? quelle doit
‘être sa marche ? quel traitement convient-il de lui upposer ?
La tuméur doit avoir pris naissance dans le sinus maxillaire. L'é- Lsanlement et la chute d’une première dent , puis l'apparition de la tumeur au-dehors sous forme de deux petites saillies, situées sur les parties latérales de l'alvéole vide; la chute successive des autres dents ; l'extension du mal à toutes les parties voisines ; enfin, l'exploration directe à l'aide du stylet : tout confirme cette idée. Nous savons d'ailleurs |que telle est la marche ordinaire des tumeurs de cette régron, quelle
jque soit leur nature , qui tendent toujours à déformer , à détruire Les
parois osseuses qui sembleraient devoir les limiter. .
Le tissu osseux est détruit ; son élément calcaire à disparu ; on ne rétrouve plus que la partie organique , altérée dans sa structure, dans sa composition, présentant réunis tous les caractères du tissu fongueux; c'est à n'en pouvoir douter un ostéosarcôme des mieux caraetérisés. |
La tumeur s’est accrue rapidement; elle s'accroitra encore, loujours ; et finira par déterminer la mort de la malade.
Une seule ressource existe, l'extirpation. Mais quelle écuidue de parties ne faudra-t-il pas enlever pour dépasser les Jimnites du mal? À quels dangers n'exposeront pas la malade, et l'ébranleicent du cerveau sous l'action des instrumens qui devront agir sur les parties osseuses de la face , et la section de nerfs volumineux si près de leur origine, et la section d'artères d'un calibre considérable au fond d'anfractuosités osseuses où clles se dérubent facilement à l’action de tous les moyens hémosiatiques ?
Toutes ces considérations sont graves; une seule cependant suflit pour les faire négliger toutes. La mort est inévitable ; elle est pro-
chaine,
D'ailleurs, l'expérience semble jusqu'à uo certain point les combat-
DE PARIS. 345 ET
tre, Des opérations analogues, quoique moins étendues, ont dejà té nue l'artère Creer Hoctreuion ; pere ue fur! pea si en vain pratiquées ur MN, Dapuyisen, Gersoul, Velpeu landin Lila care hu ri eme dot énorme ni on mème, par d'autres chirurgiens encore, tout récemment M. Deguise, et témoigné de très-vives douleurs, sice n'est au moment où l'on à d nd souvent le résultat a été heureux. Qu ne doit pas mesurer l'étendue de | vlube de l'œil pour incisve la base de l'apophyse montante et le plancher de l'or- Ja plaie d'après le volume de la partie qu'il faudra enlever; elle ne se bte continue avec le reste de l'organisme que par un certain nombre de see principaux ; elle est en plusieurs endroits limitée par des surces naturelles.
Mais la récidive! lei nous n'avons qu'un mot à répondre; elle est douteuse. Sans opération , la mort est certaine.
Au moment où l'on a luxé en has, le plancher de l'orbite s'est fracturé en avant du point par lequel il se continuait encore avec le reste du squelette ; il reste posté. meurement une petite portion de la lame osseuse qui le compose, Le Périoste en parait un peu alléré, grisätre, on l'enlève avec les forts ciseaux courbés dont nous avons déjà pa lé. On enlève de méme et mr la même raison la lame interne de l'apoyliyse ptérigoide, de telle sorte que les fibres du muscle ptérioidies interne se volent à nu au côté externe de la plaie. P
Après avoir soigacusement abstergé toute l'étendue de La plaie et s'êt Û qd ne s'rcoule plus de sang on réunit les deux lambeaux dela joue au er buit épingles en acier terminées en fer de lance , et de La suture entortillée pratiquée comme pour l'opération du bec de lièvre, La joue réunie ne présente presque pas de dépression ; on applique une fronde, La malade est riée dans son hit, On lui prescrit une tissne , une infusion de fleurs de tillent et de feuilles d'oranger avec sirop diacode, une demi-once, deux pots ; un julep avec sirop dia. code, une once ; diète.
Ea exsmiaant l: tumeur, on reconnait en elle les caractères qu'on lui avait assigaés avant l'opération; elle avait envahi et détruit la presque totalité de l'spopluse palatine , toute l'arcade dentaire , la tubérosité molaire du manillaire gauche. Elle remplissait toute la cavité du sinus; elle se prolongesit un peu sur l'os masillaire du côté opposé, et un peu aussi à Ja face interne de la joue, Afin de conserver intacte la pièce d'os emportée, on n'a point coupé la tumeur pour S'assurer du tissu qui la compose , ce qui offre d'ailleurs peu d'intérét, 11 ya tout livu de penser qu'elle doit être formée de tissu squiereus. Dans un cas analogue qu'ilavait opéré précédemment, M. Blaudin avait trouvé la tumeur formée de lssu colloide,
Les suites de celle opération nous ont offert une gmplicité extrême, Le premier jour, an crachotemenl sanguinolent qui ne présentait nullement le caractère d'use bhémorrbagie , qui a presque complétement ccssé le soir méme, ui à di le lendemain. Peu ou point de douleur, pas de Gèvre, Le troisième jour seulement le pouls s'est élevé à114 pulsations , pour tomber dès le lendemain à 96, La malade a dormi assez tranquillement, On a dû , le lendemain de l'opération , déboucher avec un peu d’eau les narines obstruées par du sang et des mucosités desséchées.
Le troisième jour , 20 mars , avec l'élévation du pouls que nous senons de no. ter, ont coincidé un peu de tumélaction et de douleur es joue , un peu d'œdè me de la paupière inférieure, un peu de gouflement dans le fond de Ja plaie ; d'ail leurs pas de céphalalgie. La malade à réposé tranquillement pendant la nuit. L'inflammation s'est donc maintenue dans les limites strictement nécessaires à la cica risalion.
Le 22 mars, quaire jours pleins après l'opéralion, la tuméfaction de la joue x dimiaué ; l'œdème de la paupière est moindre, On enlève les sepl épingles sunérivures, en laissant encore avec ke fi l'épingle ioféricure , que l'on enlève elle. même avec le fl le lendemain, 23 mars. La plaie est alors parfaitement réunie dans toute son étendue. {On accorde à la malade deux bouillons de poulet.)
Le 24, L'œdème de la pupitre a disparu; on remarque un peu de larmoiement qui cesse dès le 25. La joue n'est plus luméliée ; les piqüres d'épingles suppurent, Depuis ce jour-là jusqu'à parfaite guérison, on fait chaque matin de larges lotions et injections d'eau tiède dans la bourhe et les narines, afin d'enlever les mucosités qui s'y sceunsulent ; leur quantité diminue de jour en jour.
Le 25. Une petite désunion se Gt sur le trajet de La suture, on peu au-de sus de La lèvre; elle pe torda pas à se réunir de nouveau, Nous ignorons si elle donna issue aux fils placés sur l'artère roronsire.
Aucune autre circonstance digne d'être mentionnée ne s'est présentée , si ve n'est peut-être an petit abcès qui , le 14 avril, proéminait vers la parti: moyenne de ln cicatrice, mn peu en dehors, que l'on à ouvert et qui s'est promptement cicatrisé,
La malsde est promp'ement arrivée à une alimentation assez forte, formée de potsgs, de pusécs, et autres mels qui n'ex'gent pas de grauds cflorts de masticalion.
La parole d'abord génée est dercuue de plus en plus distincte et est maintenant très-intellisible, Aujourd'hui {** moi, la plaie dés long-temps réunie ne présente que fort peu d'enfonci ment ; l'œil n'est point enfoncé ni déprimé. La malade est complétement gare ; et s'il remait quelque chose à faire pour elle, ce serait à ceux qui s'occupent spécialement de pallier, par des moyens mécaniques , Les infrmites humaines, qu'il apparticndrai de le teuter,
L'opération est décidée.
En attendant on donne à la malade ane tisane pectorale, un julep, un gargarisme émoilient, le quart, : : .
Cependant quelques légers accidens inflammatoires » développés du côté du phargnx, forcent à différer l'opération de quelques jours, Pendant ce temps, on voit la tuner marcher, franchie la ligne médisne , et présenter sur le maxillaire droit un petit tubercule fongueux qui n'existait pas lors de l'entrée de la malade. Cette rapidité dans l'extension du mal confirme à la fois le diagnostic , le pronostic et les conclusions que l'on avait posées relativement aux moyens curatifs. Le
tit doigt , introduit par l'ouverture fistuleuse que présente la tumeur , péoitre Éciement dans le sivus en écartant les parties afleciées, tt ne sent autour de Jui que des fongosités plus où moins mollasses, aucun point véritablement osseux,
Un abondant écoulement de sang suit cette dernière exploration,
On procède à l'opération Le 18 mars au matin.
La malade est assise sur une chaise solide en face d’une fenêtre, la tête appuyte contre la poitrine d'un aide, Le chirurgien debout se place devant elle: les aides sont disposés à l'entour, et chargés, les uns de veiller à l'immobilité de La malade, les autres de présenter ct de reprendre les nombeeux instiumens nécessaires à l'opération.
‘ne incision oblique de 4 pouces d'étendue environ, partant dn voisinage de l'angle externe de oil sur l'os de la pommette , vient , en divisant tonte l'épaisseur de Ja joue, se terminer sur La lèvre supérieure , à quelques lignes dé la comtuissure, On lié immédiatement les deux bouts de la coronaire, les deux chefs de ces deux ligatures sont coupés contre le aœud, ct l'on continue, Sur le côté interne de cette incision on dissèque les parties molles de la joue directement en dedans, jusqu'au sillon nasal , en séparant le csrtilige du nez du bord antérieur de l'os maxilaire en bas, jusqu'au-Jdelà de la cloison des fosses nasales, dé manière à déjéter en quelque sorte les extrémités du nez sur le caté v— , €0 haut jusqu'à la hase de l'apoghyse montante de l'os maxillaire, et au rebord de l'orbite; on sépare le plancher de l'orbite de la couche graisseuse qui le recouvre.
Sur la lèvre externe de la plaie , on deséque les parties molles jusqu'à la com. missure et jusqu'au muscle masselér, de amèse à pouvoir brgement écarter l'un de l'autre les deux lambeaux, qui permettent alors de voir toute l'étendue de mal à découvert.
Alors on porte, sur la face antérieure et externe de l'os molaire , un trait de scie dirigé } à wanière à venir tombes dans la fente orbitaire externe. La couche de tissu compacte étant scice, la gouge et le maillet achèvent la section de ce
nt,
LS de longs et forts ciseaux droit:, on divise d'arrière en av.nt, le long de <a base, toute la cloison tes fosses nasales. Le doigt indicateur du côté phésa à introduit derrière k voile du palais , s'assure que La cloison est coupéc dans toute son étendue.
On porte obliquement an trait de scie sur La basc de l'apophyse montante de l'os maxillaire , au niveau de l'angle inférieur et interne de l'orbite, La gouge et le msillet prolongent cette section jusqu'à la partie postérieure de la cloison orbilo-nasale,
Un bouchon est alors introduit entre les deux arcades dentaires du côté droit , aGn d'empêcher la male de feumer la bouche, Avec un bistouri pointu , le chirurgien incise la membrane mnqueuse dela voûte palatine d'arsitre ca avant, depuis le voile du pra'ais jasqu'an bord alréolaire, au-delà du tubercule fongueux qui depasse la ligne médiane ; puis, avec le même Listouri porté transversalement , il incise la base du voile du palais, de manière à la séparer du bord postérieur de La voûte palatine.
Où arrache deux dents incisives situées au-delà de la de médiane, et sur l'alvéole de la seconde on porte uu {rait de scie qui divise ls partie antéricure du bord alvéolaire, Le gouge et le maillet prolongrat cette section jusqu'à la partie postérieure de la voie palatine, en suivant le trajet de l'incision de la muquese,
La gouge est alors appliquée en devant de l'apophyse ptérigoïde , de manière à la séparer de l'os palatin, et à venir t.muber dans le trou sphéno-palatin, au fond de la cavité zigomatique.
Celle vaste pièce owense ne tient plus au reste du squelette de ta tte, que par une petite porlion du plancher de l'orbite, voisine du point où l'os jpalatin en fait
arte, entre la fente orbitaire externe et et les limites postérieures de l'incision Bite sur l'angle ivterne. Elle est composée de tout un os niaxillare supérieur, moins son apophysæ montante; de tout un palatin, sauf son spapbyse supéricure et postérieure située en arrière du trou sphéno-palatin, et peut-être aussi sa tubéroulé restée enclarée entre les deux lames de l'apopliyse ptérygcide ; d'une portion de l'upophyse palatine du mauillaire opposé ; de la partie inférivure de la cloisou des fosses nasales; d'un cornet inférieur ; d'une petite partie de la portion de l'os ethmoide nommée os planter, cofin d'une portion de l'os malaire.
On l'ehranle slers avec la gouge successivement portée dans les diverses incisions, et la saisissant avec de [ms pinces de Museux, on la luxe em bas; puis avec de furts ciscaux recourbés sur Le plat, on imcise les parties molles qui peuvent encore la retenir, et on l'estrait définitivement, On voit alors une vaste cavilé das laquelle se coufondeut la bouche, Les deux fosses nasales, le sommet de la fosse rigomatique et la ba e de l'orlute.
Dans cetle opération le nerf sous orhilaire à été conpé deux fois, d'abord à la sertie du ranal sous erbitraire, ensœile à son entrée ; l'artère également. D'autres bronches de la manillaire interne doivent avoir été coupées profondément, no-
À la suite de cette observation, nos remarques doivent spécialement porter sur l'innocuité de l'opération et sur l'examen comparatif du procédé opératoire.
La simplicité des suites est venue justifier entièrement les espérances u'avaient fait naïtre des opérations analogues | quoique moins étenues, notamment plusieurs de celles rapportées par M. Gensoul , et
celles rapportées par M. Velpeau dans sa Médecine opératoire, Dans ces cas, comme dans les opérations de M. Dupuytren , ainsi que nous venons de le dire, il n'y à point eu d'hémorrhagie. La chose me parait difficile à expliquer; mais le fait est constant et digne de rex marque. Cette opération à déterminé si peu d'accidens que peut-être , le cas échéant, serait-il possible d'enlever la totalité de la mâchoire supérieure par le même procédé, d'autant plus que dans cette opération vn serait dispensé de pratiquer la section de La voûte palatine,
Quant au procédé opératoire lui-même, vous avons plu ivurs remarques à Lure. D'abord , mettant de eûté les incisions evuciales, punpres tout au plus à découvrir La Lace antérieure du sinus, vous n'avons
à comparer ensemble que la triple incision de M. Gensout et l'incision eblique portant sur la commissure des lèvres ;' telle qu'elle a été pratiquée par M. Velpeau. | | |
Le premier procédé présente de nombreux inconvéniens ; il est plus long ; sa solution de continuité est plus étendue; les chances de noncicatrisation, d'érysipèle, occasionées par le contact des épingles,
lus grandes ; la cicatrice nécessairement plas difiorme, De plus, la Les e externe de l'incision peut léser le conduit de Sténon. Enfin, nous avons directement remarqué sur le cadavre qu'elle ne permet pas de découvrir les os de la face dans une aussi grande étendue.
L'incision pratiquée sur la commissure se rapproche heanconp de celle qui nous parait devoir être préférée ; il est cependant d'expérience
ue les plaies de cette région des lèvres se cicatrisent moins bien que celles de leur continuité, et c'est là ce qui a déterrniné notre choix,
Pour pratiquer la section des os, les uns, comme M. Dupuytren, se servent presque exclusivement de la tenaille incisive; d'autres, M. Gensoul, de la gouge et du mailiet. 11 nous parait que l'emploi combiné de la scie et de la gouge réunit tuntes les conditions désirables de céléité, de sûreté dans l'opération; je croirais mème aussi d'agrément, pour traduire le jueundé des auteurs ; car le léger ébranlement oceasioné par la scie portée à petits traits sur le tissu compact, ou la
e agissant à petits coups, ne mous parait pas comparable à l'é- Portamens que cette dernière détermine lorsqu'on lui confie la section du tissu compact , non plus qu'au sentiment d'arrachement, de dilacératioo, qui accompagne l'action de cisailles, nécessairement très-volumineuses, sur des os épais qui ne cédent souvent qu'en s'éclatant au loin,
I est possible que nos raisons ne paraissent nas justes à tout le monde ; mais ce n'est qu'après avoir plusieurs fuis répété l'opération sur le cadavre d'après les divers procédés , et en se servant de ces divers instrumens, que M. Blandin s'est définitivement arrêté au plan de conduite qu'il a si heureusement tenu.
OBSERVATION DE HERNIE ÉTRANGLÉE PAR LE COLLET DU SAC et accompagnée de symptômes cholériques, par M. Bniquer, agrégé en exercice, médecin du bureau central.
Ons, — M. Couturier, ügé de 59 ans, homme fiés-irritable et d'une structure fort gréle, porte une hernie inguinale depuis l'âge d° 416 ans, Pendant près de #6 ans qu'il resta saus porter de handage, elle ne prit que peu de volume et se réduisit toujours avec facilité, H y a boit ans qu'à l'uxcasion d'un effort cette hernie s'étant étrauglée , quelques acides s'ensuirierut, et le malade se détermuina à porter continuellement un bandoge.
Le 23 décembre 1833 , pendant un monvement d'éléeation des membres su ririeurs , la hernie glissa sous Le. brayer «1 ne put être réduite ; une duuleur dans laine et des coliques se Great bientôt sentir,
Appelé buit heures après Faccident , j'ohserve bes phénomènes suivans :
au-dessus du pli de Taine, du oûté gauche , 11 y avait moe tumeur d'un volumi médiocre , étendue obliquement depuis lorifice inte-ne du canal inguinal jusque vers le milieu du scroium ; elle avait à soû origin: vue forme cyliatrique, tte consistance sssez dure et beauconp de sensibilité au toucher, tandis que dsns be serotum elle était syherique, plus volumineuse, elsstique et pen sensible à Ja
sich.
Le ventre était souple , indulent partout . excepté vers le pli de laine; rs cobques continunirnt à se aire seotir; quelques somssemens d'alimens à devni digérés veasient d'avoir Lieu; il ny avait pa eu de gaelerobes depnis vingt-qnatre heures. Le taxis convenablement pratiqué avant été sans suvuès, be ivalacte fut placé dans un bain, au sortir duquel il Fat saixné jusqu'a la ssncoge, Pendant la défaillance, de nouvelles Lentatires de rehction furent suivies de la disparition de la partie srrotale de la hernie ; en méme temps se 6t cotendre un bruil de ga gouillement, L'autre portion résista ; elle formait une tumeur clindroide s tuée assez profondément la direction da canal ingainal, et semblait se continuer avec une autre luméfaction dure, douloureuse, placée supreficiellement au- de- +vant el au-dessus du ligament de Fallope , ct formée probablement par des gan ghons inguinanx, —
L'orifice externe de l'anneau inguinal était béant et on pouvait y introduire le doigt. Quelle était la nature de celte tumenr? Etait-ee une imluration du tissu cellulaire de ces parties, produite par la pression du bandage ? Il y avait des ganglions inguinaux tunélés, et le malade se plaignait de sentir depuis quelque téups
Etait-ce une hernie étranglée dans Le canal inguinal ? Mais il 0y avait pas en réduction en bloc ; var be sac se trouvait envore dans Le scrotuin. :
Dans celte incertitude, 31 n'y avait nul jaconvénient à attendre ; l'étranglement nc datait que dé dix heures, et de ventre à était pas douloureux.
Les émollieas sur La lumeur, un lavement laxauf et vu second hais furent prescrits. À . ne
Mais bicntôt les coliques angmentérent en intensité et en fréquence ; les vnmisemens qui contiouérent £e composin nt d'ahonl de matières bilieuses, puis emnite de mabères sterrorales , et enfis se présenta nne série de nouveaux scri. dns. Le pouls devant petit et fréquent; La chaleur de la peau diminua; bes veus
de la douleur «1 de la dureté au pli de l'ange,
s'enfoacèrent das leurs orbites et perdirent leur éclat; la voix s'éteignit; Les orines se supprimérent ; des crampes se Great sentir dans les membres inférieurs ; les matitres vomies se séparérent très-promplement dans les vases en deux partes : l'une liquide , transparente , iacnlore , très-abondonte ; l'autre formant un dépôt d'un gris bruaatre à odeur fécale, Le lavement avait produit que sel les, Le ventre restait souple et indolent; la tumeur inguinale était 1reu doulotrreux, ‘ C'étaient autant de phénomènes du choléra, qui vinrent d'abord augmenter l'incertitude dans Lsguelle on était; car avant que les somissemens ne fussent composés de matitees à odeur fécale, on pouvait eroire que la hernie n'était pour ren dans les acridens nouveaux qui venxient de saisir le malade,
Mais une fois que les romissemens eurent l'odeur fécale, Loute inccrlitade disparaissait ; il derenait érident qu'il y avait un obstacle au cours des matières conienues dans les intestins. Restait à savoir où était cet obstacle et quelles en étaient Je forme et La situation. La tumeur indiquait qu'il se trouvait dans le canal inguinel, Quant à sa nature , il était probable que c'était le collet du sae qui pinçait l'intestin. Ea effet , il y avait eu une espèce de rentréc en bloc; l'anneau inguinal était libre et La douleur, ansi que la tumefaction , étaient peu proncecées tu lieu de l'étranglemeut. 1 y avait encore une difficulté : le malade était froid , sans voix , presque saus pouls; les doigts commençaient à sc cyanoser ; il ne paraissait plus rester qu'un souffle de vie. Pouvail-on, dans cet état de choses, tenter uoe opération ?
Je fis appeler M. le docteur Berard jeune, et M. le docteur 1 atroque voulut bien , en se joigaant à nous , nous aider de ses consuils,
Le diagnostic porté d'abord fnt pleinement confirmé; car en tirant en bas la partie du sac herniaire restée dans le serotuins , où atlirait aus ce sens la tumeur inguinale; il était certain aussi que le. malade périrait si on laissait subsister l'étrunglement , tandis qu'il me l'était pas égalemens qu'il surait emporté par le cho- Era.
L'opération fnt résolue et pratiquée de suite par M. Bérard.
La peau fut invisée de manière à dévouver l'anneau inguinal; sous île se trouvaient placées plusieurs couches de tissu cellulaire disposées en lames : on les coupa ; eafo on arriva an sac, qui fui ouvert ; il était vide et ne contenait qu'une petite quantité de séroshé brumätre et sanguinolente, Le sc étant ouvert, M. Bérard en saisit les deux lèvres avre ses doigts et exerçs sur lui des tractions assez furtes en bas et en dedans , afin d'entrainer ou-dehors le collet et les viscères qu'il maintenait étranglés. La tumeur placée dans l'abdomen, vers l intéricur de canal inguinal, parut d'abord céder à cette traction , ainsi que je n'en assurai en suivant avec les doigis le déplacement qu'elle éprouvait vers le caual iaguinal; mais elle éprouva bientôt un obstacle à l'entrée de ce canal, et pour le vaincre M. Bérard ayant exerce une traction plus cons dérable, La tumeur disparut tout à coup et ke sac descendit seul. 1 fat évident alor< que les viscères herniés n'avaient pas suivi le mouvement dé leur énveloppe, qu'ils s'étaient dégagés du sac, et que la réduction s'était opérée par an mutcanisme analogue à celui que Pigrai a décrit et qui consiste à inciser La pa oi abdominale au-dessas du lieu de air cmt à prasser les doigts par celle ouverture et à tirer sur l'intestio pour Le faire rentrer dans l'abdomen. Pour nous wssurer de l'exactitude de la réduction , le doigt fut introduit dans Le esnal inguinal ; il pénétra librement jusque vers le niveau de l'orilice interue de re canal, éQue fut arrôté que par an rétrécissement formé par une sorte de valsule circulaire molle placée à cet endroit , et percée à son centre d'une ouverture arrondie; le doigt traversa cet orifies, qui était libre, et alla jusque dans lu cavité abilommale, 1 n'y avait plus rien dans le sac hérniaire ; les environs du col du sac ne présentaient pwint d'ohstacles ; ils avaient cessé d'étre douloureux ; La tumeur inguinale avait complétement dispara, ainsi que je l'ai déja dit; entin, des romis-cmens qui étaient revenus au iwoment où les {ractions avaient été commrncies sur le sac , cesstrent à l'instant méme el ne $ reproduisirent plus. Le but était dune atteint.
Mais le malade se trouvait dans un état déplorable, La circulation était tellement suspendue, qu'il ce s'écoule pas vor goutte de sang pendant tout: Topéra- Hon , st La sensibilité épmisée à tel point qu'elle semblait dre devenue nulle. Le
{{phuls était à pe ne pererptible aux artères ruliales ; la peau était froile, violette,
4 qu al on la pinçait elle concerrait Fimprrssion des doigts. On fit un pansement simple et on cherclia à anumer le md en lui doansat du vin cha) suvré, en le couvrant de Manelles et en réchauffant ses membres. Les vomissemens cessérent pendant l'opératron el ne reparurent plus ensuite ; les coliques dimiouvrent bientôt, pus sur nrent des selles composées de nalière. fécales.
La lendemain le malade était sons l'influrnec d'une rraction cholérique modéve, la peau était choude, La face etait ranimée, le poufs était relevé, il avait evnt pulsation. par mivule; les cranpes avsient cess: ainsi que Les coliques, mais 1 y avait du malaise, de Pagitation, la soif etait vive, Les urines n'avaient pas eoco-e ecpris Lurs cours; le ventre était souple et indolent : il n'y avait pas eu de selles. Diète et boissons adoucissames,
Les jours euivaus La résrtion cholérimue dimiana graduellement , la Bèvre diwiaua, Le ventre resta sauge, les sécrétions se rétablhirent ; l'appétit commence à se prononcer , el La plaie se couvrit d'aue suppuration peu ahumbante, Le malade commença à prendre des bouillens; peuà peu les phénomènes morbides se disapèrent, la bivre cessa , de façon qu'au 10 janvier la convalescence élait ducidér, et la plait était fort rte cie. survient vres cette époque uo petit phlegmon à La partir latérale ganche du scrotum au-déssons de l'angle inférivur de la plaie déja Giestrisre en ce point ; il ne suppura que quelques jours, Enlin le 28 janvier la plate était couplétement guër € el le malade en très-bon état,
Ce fait offre d'assez nombreux sujets de réflexions parmi lesquels se distinguent surtout les suivans :
1° Les phénomèues du choléra le plus intense venant se joindre à ceux d'une hernie étranglée et contribuant à rendre plus difficile un diagnostic dejà difficile par Ini-mêrme : phénomènes disparaïssant à l'aide d'un traitement approprié aussi rapidement qu'ils avaient apparu;
2° Etranglement d'une heruie par le collet du sac reconnu surtout par les tractions faites sur le seroinm , et enfin réduclion de la hersie
sans débwidement ; fait remarquable qui peut nous conduire à un mode
rticulier de réduction des ÿernies étranglées par le collet du sac. En cffet placez le malade sur le côté de maniere à ce que le fond du sac se trouve être la partie la plus élevée de la hernie, et au lieu de ponsser la tumeur de l'anneau vers le ventre ; tivez le sac de cet anneau vers le serotum , il en résultera que les parties herniées tirées contre leur propre poids, tendront à ne pas suivre complétement le mouvement du sac, et que si la constriction qu'exerce le collet n'est pas trop forte ; comme cela a lieu le plus habituellement , ces parties se dégageront de leur anneau , et ce dégagement sera d'autant plus facile que les tracsions aurvot été comme saccadécs.
Le taxis se fera donc en tenant une conduite tout-à fait opposée à celle qui convient pour les autres gen es d'etranglemeut.
OBSERVATION SUR UN CAS DE FIÈVRE TrpHoïne sans Îésion appréciable dans le tube digestif ni dans aucun autre organe; recueillie à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Charles, service de M. Fouquien, et communiquée par M. Manc fils, D.-M. P,
Ons. — François Mouménie , 17 ans . bonnetier à Paris dvpuis le mois de mai dernier, des premices jours de sou arrivée, a ete pris de dévoivment, et, sans {raitement suivi, s'est rétabli,
Ciug jours avant son entrée à lhôptal, ce jeune homme , d'une constitution anez forte, à en une conrbature des membres; le sommeil ne l'a abandonné que dès l'apparition de la èvre, qui date de deux jours avant s00 sé,oar à l'hôpital. Il éprouve da mal de tte, chaleur brûlante que tout le coeps sens frisson. La Gèvre a de précédée d'un rhume tel, que le malale en a encore la respiration assez gènée. La nuit de son entrée, trois selles, Les douleurs des membres sont peu vives; il n'a ni frisson ni sueur; pouls légèrement fréquent Les membres sont agités de loin à loin de moavcmens spa-modiques ; les traits sont imimobiles, la bouche ouverte, suéun bourdonnement d'oreilles.
Le 48 ou soir, ce jeune homme a été pris d'un léger épistaxis; les lèvres sont sèches, La langue aus-i, un peu crevassée ; les gencives tuméfiées, Une coueonr blanche conunence à se former: Le ventre eat plat, d'un volume ordinaire, légèrement douloureux au toucher assez ferme. L'epigastre est au-si dou‘ourenx.
Expectoratios nulle , toux fréquente surtout La nuit. En avant de la poitrine , bruit respiratoire plus faible à droite qua gauche. En arrière à droite, léger râle muqueux ; 404 pal-ations, (Ssignée de 8 onves cau-dé vie avec sirop de gomme,
ion gommér, cataplasme sur le ventre, diète alsaue.)
Le 23, Pen de sommeil, bouche sèche. peu alsérée, pas de céphalalgie ; Langue sèche, crevassée. rouge à son sommet; 104 prilsations ; épigastre et ventre doulourenx ; expectaration naturelle. Brisure des membres avec légers mogvemens
smodiques des tendons ; sieurs la nuit sans fri-son , peau brüiante , rèle mo-
veux avec sifflement surtoul à gauche et en arrière. Trois selles. (15 sangsucx à Panus, eau de riz gommée, 2 pols; potion gonmée ; cataplasne sur Le ventre, dére.
Le h. Langue moias sèche , moins crrrassée ; lèvres sèches , ventre toujanrs
sensible , peu météorisé; persistance de mouvemens spasmodiques des Lendons ; gas de péléchies ; expcetoration toujours aulle. Pas de douleur à la poitrine : toux assez fréquente; 4ü0 pulseations. Selles peu abondantes.
Même traitement à l'exception des sangiues.
Le 23. Pas de mal de tête, chaleur et sueur fa nuit, deux selles liquides avc un
de coliques , bouche , nariues et lèvres sèches , bond alvéolaire des geucives , couvert d'un enduit blanchätre. Epigastre el ventre pet douloureux ao luucher ,
de sommeil; pouls médioer: ment femsuent avec soubresatits des tendons, cependant plus rares que la veille: absence de pétéchies sur le ventre et sue La poitrine ; toux moins forte la nuil ; respiration toujours un pu géuée, avec une bigère donleur av côté gauche de la poitrine. (Dvcoction gommée, 2 pots ; po ion gonmée , cataplasme sur le rentre, diète, }
Le 23. Deux heures de sommeit la nuit, peu de c'phalalgie, arcès de fièvre très-fort sur les dix brures du soir, avec sf vive; langue sèche , râpeuse, Baeds alréolaires blancs ; lèvres siches,; cpiga tre Kégirement douloureux ; ventre ndolent, un peu gros; trois selles. Toux fréquente ; cxpertoralinn dificile ; 106 pulsations intermittentes; persistance des suub etauts de ténduns; respiration tele partout, ( Potion guumée, décoction gommeuse ; cataplauue sur ke ventre, diète.
Le 24. Ni cépbalalgie ni étourdisemens; langue crevasée, un peu moins sèche ; gencives un peu humiles ; bord alreulaire légèrement couvert d'une matière crémense blanchôtre ; langue sèche, Fpigastre et ventre légèrement douloureux à une forte pr sion. Une selle liquile involontaire pendant la nuit, Très-atéré Urines notur. Îles, 400 pulsations avec soubressuts des tenons, Tous fatigante. (ir avec £rop de pomme, 3 pots; potion Le.” avec sulfate d'alumie , deeuigros ; cataplasme sur Le ventre, divte abso ne.) |
Le 25 Parole brive un pou coiharrassée ; tons toujours fréquente 104 pulsstions avec soubresauts de tendons; de la chacur à L2 pra, atcompagnée d'une séchrresce extrauridinaice ; léger épistasis pendant la nuit, Quelques apparences de pétéchies sur bu poitrine; bugue sèche, erevassée rouge, Du soumel. Ventre plat, peu doulotsreus à mne Tuete pression, An moins six selles. (Riz avec sirogs de gomme, $ pots; potion alaminée, demi gros; cataylasme sur le ventre, dite alolus. |
Le UPPER du délire. {Potion d'alumine, À gros; riz avec acide «ulfurique, 15 gouttes } |
Le 277 Persistance du déli e, surtout la nuit; langue très-sèehe, tou onrs ére vase; dents, genciucs et lèvres sèches; bords alvéalaires blanchôtres; soif vire;
100 pulsations avec sonbresuts de tendon: facies rouge. Trois selles , ventre douluureux à une forte pression, parole emharraste, (16 sangsues, 8 sur le ven. tre ct 8 derrière les oreilles ; r2 gommé avce acide sulfurique , 15 goultes ; potion d'alumine, À gros.)
Le 28, Du délire ; air étonné: langue sèche , villeuse , peu de crévasses ; une selle Jiquide ; pouls 1rés-fréquent, avec soubresauts des tendons; ventre plus iedolent. (16 sangsu s derrière les orcilles ; deux symapismes sux pieds ; eau de ris et FR gomme avec acide sulfurique, 45 gouttes; potion d'alumine , 4 gros;
itte,
Le 29. Délire tel que depuis deux jours on lui a mis la camisole ; pas de céphalalg e; respiration un peu gépée; genussemens continus; très-altère ; langue sèche, fendillée ; lèvres croûteuses: 408 pulsations ; teini moins anitué | venire legérement tendu , pas de selles. (Riz avec sirop de gonuue et acide sulfurique , 45 goulles; potion aluminée, 1 gros ; cataplasnue sur veatre, Diète.)
Le $0. Moius de délire, au point qu'on a colevé La canisole ; nne selle liquide: languc et lévres sèches, croûteuses ; rrgard fixe; un peu de surdité : accablement très-grand ; 104 pulsations avec soubresauts desicndons; toujours de la toux ; reule assez plat avec irruption miliaire assez considérable, se crèvant à la moindre pression. Cette éruption existe aussi dans la poitrine, (is arc acide sulfurique, 45 gouttes ; polion d'alnmune, À gros ; Cataplasnie sur le ventre, Diète.;
Le 1° décembre, onxième jour de La n oladie. Pas de céphalalgue ni dede, peu de sorameil, facies meilleur. Deux sciles. Lèvres sèches, brunes ; langue peu huide; trés-altéré ; veutre toujours douloureux ; sucurs commençant aux bras ; 4100 ynlsstions, (Riz avec sirop de gomme et acide sulfurique 15 goultes, deux pats; a gommée , potion alutinée , { gros; cataplasme sur le ventre. Diète absulue.
Le 2. Longue moins sèche , toujours crevassée ; bords alvéolaires coucaneus , blanchätre; escarte au sacrum et entre les fesses; ventre douloureux à la pression ; respiration géuée ; {00 pulsations; de la moiteur. (Biz et sirop de gonune avec acide sulfurique, {5 gouttes; potion avec sulfate d'elumine, 4 gros.)
Le $, Amaigrissment notable , décubitus à gsuche . langue sèche , crevassée ; très-atéré; peau très-ehaude ; | mue très fréquent. Trois selles co dévoiement. (Riz avec sirop de gomme «1 acide sulfurique , 45 gouttes; potion d'alumine , 4 gros; céral sur la plaie; cinq bouillons.)
Le 4, Délire contiou. Le malade a voulu se lever dass la nuit. Moet ce matin, à 7 heures et demie.
Autoprie, —Quoert le 5, à 9 heures du matin.
Hémisphères cérébraux peu congestionss, d'un volume naturel; entre la duremère et la pie-mère se trouve ua peu de sang épanché ; la substance cérébrale est d'une consistance ferme, légèrement picutée de sang: les ventricules ne présentent rieu de remarquable , aucun indice d'inflammatron ; cervelet sain. Aussi l'escarre qui existait au sacrum et entre les fesses ne s'étendait pas profondément.
Poumons sans adhérences, plles cutérieurement, crépitans, Le poumon droit à son licrs inférieur est fortement engoué; æsophage parfaitement sain; breaches peu rouges.
Cure d'os volume naturel, d'one consistance normale ; caillot pâle asses volumineux dans les ventricules.
Foie volumineux , sain, marbré à sa surface.
Estomac el inlestin ples exté ieurement; gros ielestia rempli de matières fecales jaunitres,
La muqueuse gastrique est fortemen eechymosée vers l'orifce pylorique ; il ÿ a un léger ramollissement de celle membrane.
Gros mtestin fortement eceliymosé; muqueuse d'un gris ardoise. Vers la valvule iléo-cœcale exute une légère ulcération. Plaques de Payer et glandes de Brunoer oullement développées. Vers le commencement de l'intestin grèle est un emphysime a-sez consibérable du tissu cellulaire.
Rate, reins ct vessie à l'état normal , seulement ce deruier organe élait rempli d'urine.
Cette observation m'a paru présenter un grand iutérèt en raison de l'absence complète de lésions , soit dans le tube digestif, soit ailleurs, qui puissent expliquer les symptômes et la mort. Ainsi, malgré les prétentions élevées par plusienrs auteurs , que l'anatomie pathologique uc peut pas toujours rendre compte des nombreux désordres fonctiunnels dont l'ensemble constitue la fièvre typhoïde ; il est très-vraisemblable qu'en pareil cas la maladie a son point de départ dans le système nerveux ; mais Îes altérations dont 1l était le siége ne sont point du nombre de eclles que le scalpel peut nous découvrir.
FIÈVRE INTERMITTENTE TRIPLE-TIERCE Survenuc à la suite d'une hémorragie utérine et guérie par le camplre et l'opium, administrés d’après la methode iatraleptique, par A.-3. Canesrien , D.-M. NI.
Ons. — Ayant été appelé dans La nait du 26 au 27 mas dd ruier, auprès d'age dume qui logeaït dans un hôtel sur le quai Jemmmapes à Faris, ot chez laquelle venait de se dévlarer instantanément une hémorrhagie uterine très-sbondante, je r«connu’ bientôt qu'elle ne concontitait pas avec ua avortement, comme le pensait la malade qui se disait enceinte depus deux où trois mois; et la glace appliquée sur L'hypogastre , au moyen d'une vrssie de porc, l'utage saterne d'une Himomade tégétals et très-froïde, l'abstinence de tout aliment , le silence, la position hocisontale e1 le repos absolu furent Les moyens que j'employai, Cette hémoirlisgie s'arrêta, se reproduisit, menaça plus ta:d de se reproduire, Les mêmes moyens me permirent toujours d'en triomplier, et madame d'E .. louchait à son eulière
gaérison , lorsqu'elle fut atteinte d'une fièvçe intermittente triple-tierce, qui va faire le sujet de cette observalion {4}
Ayant appris Le 3 avril que madame d'E... avait eu, dans la matinée du joue précédent, «le légers frissons qui s'étaient reproduits durant la nuit, je erus pou-
voir les attribuer à la négligence qu'elle avait de se couvrir exactement et à pro-llce, les émissions sanguines , les moxas , les fumigations ,
avait fait reconnaitre un olebre du col utérin; et son mauvais aspect, les coule. mens fétides et sanguinokens garer il donnait Jieu, Les douleurs lancinantes dont 1l était le siége , n'avaient laissé auvan doute sur son caractère cancéreux, Du reste, Lous les traitemens avaicat échoué malgré les mi rer de toute espé... es bains, etc. ; le eus
pos, d'autant que la chaleur du Hd ,n sucvédant aux frissons, n'avait pas été[lavait toujours été en empirant, et avait réduit la malade à un état à pre près gé-
anormale, Cependant j'augmentai le nombre de mes visites afin de voir par mni-
néralement désespéré, lorsqu'elle s'adiessa à moi aa commencement de 1431. 8e
même, mais la température du corps fut égale pendant tout ce jour-là, et ma-||maigreur était grande, sa faiblesse extrème ; elle ne pouvait presque plus rien
dame dE... se trouva très-bien.
Je ne fus pas peu surpris d'apprendre le 4, que dans La nuit, à peu près à 13 mème heure que le 2 , madame d'E... avait eu des frissons dont ls durée fut plus longue. On eût dit que la maladie , partivipait des coprices de mon intéressante rualade, où qu'elle voulait se dérober à mon investigation. Logeant dans le même hôtel que la famille d'E... , je dis à 12 gordé-malade de me prévenie s'il surrensit encore quelque chose d'insolite, et vers minuit l'on riut eme dire qu'un accès plus intense que les précédens venait de se manifester, Je trourai en effet La ma dans an état dont je n'aurais pu me faire wne idée exacte sans le voir : tant il est vrai le médecin consciencieux et qui ne court pas uniquement après l'argent ne doit pas calculer le nombre de ses visites auprès de certains malades : à nous Le devoir de guérir ou de soulager ; à nos malades celui de reconnaitre nos services.
Je ne décrirai pas La pâleur cadavérique de la malade ni le froid glacial de tout son corps , le teint lvide de ses lèvres et de l'extrémité des doigts sons.javente aux dôgles, ile craquement convulsif de ses dents; la géne de sa respiration ni l'engourdissement de tous ses membres. Ce sont là des symptômes trop connus et trop caracléristiques du rigar que l'on observe si sourent dans les paroxismes des bièvres intermitlentes, pour que je m'y arrête. Quand j'ai dit que je ne me serais pas fait une idée juste dé cet état si je n'en avais été le lémoin, c'est que je n'aurais pas Supposé qu'une personne jeune et bica portante jusqu'au mioment où elle avait éte fra d'anc hémorrhagie presque fmdroyante, qui, dequis lors a'avait été soumise à aucune des causes connues des fèvres intermitten- 1us, pôt devenir presque instantanément en proie à un accès aussi violent,
L'intensité toujours croissante des paroxismes febriles me Gt une loi impérieuse d'en arrêter ka marche, et potriant je me savais pas au juste qu'elle était la nature de cette fièvre inteemitlente, dont je né connaissais à pen près que le type. Je dis a peu prés, car si le second accès n'avait pas eu lieu dans la nuit smivante , et s'il ne s'était fait sentir que dans la nait du troisième jour , le type de la Gèvre aurait rte quarte-doublé. En oatre, Les paroxismes n'avaient présenté que La période du froid ; d'us autre côté , des Éèvres intermittentes ne régnaient pas dans Paris, où du moins les bulletins des bôpitaux njyè,signalsient pas. Quelle thérapeutique devais-je employer ?
Les caprices de lamalade qui m'araient tant et si souvent contrarié , alors que j'avais eu à combattre l'hémorrhagie aiérine, me furent bci d'an grand secours en mé révélant son tempérament ; ar je n'avais jamais vu madame d'E... avant sa maladie, Je pensai dès-lors que la Gèvre intermittente était sous la dépendiace d'un état nérreux et qu'elle devait être combattue par les opiacés, Mais maclamed'E... avail une répagnance à peu près me ncible pour avaler quelque médrcament que ce fit; me rappelant alors les bevrens résultats oblens par le doc teur J.-A Chresties, mon parent et mon maitre , de l'emploi des frichions avec la teinture anti-spasmodique dans le traitement de quelques Gèvres intermittentes (2), je prescrivis une solution de 42 grains d'opiam dans ns once d'alcool et je Gs frictionner la malade à la partie intérue des euisses , un nombre de fois syfüsant pour que la dose de teinture fût consommée dans les vingt-quatre heures.
L'accès de la nuit du 4 au 5 fut à peu prèssemblable aux pr'cédens,
Le 5. Mo’yeut pas d'accès dans La matinée, mais il ne devait pes ÿ en avoir oo du moins il en avait peu paru le 3, à ce moment de ls journée: aucsi, je ne fis pratiquer les frictions que Le suir ; mais certes, j'avais prié le pharmarwa de
be sen du loisir que nous laissait l'invasion de dois so laisser plaslong-temps | plus sûre, En
‘opiam en macération dans l'acoo! et de ne Mirvr la J'enverrais chercher la teinture, Ma
supporter , ni rien entendre; elle se trouvait parfois incapable de lier deux idées; elle ne digérait plus; sa poitrine était affectée ; les écoulemens atérins se montraient continucls, sanguinolens, fétides ; les élincemens douloureux, fréquens. Alors on la saignait encore, pour tout remède, chaque deux mois. J'osai porter un pronostic plus favorable. Je prescrivis d'abord les saignées, qui achevèrent d'é. puiser le peu de forres qui restaient à la malade ; je la soumis à un régime rigoureux, el comme principal ae thérapeutique , je m'arrètai à l'application du froid sur l'ulcère même, Mais la malade souffrant de la poitrine, il était à craindre que l'impression du Froid propagée aux poumons, ne lui üt promptement fu. reste, Je songeai donc à opposer une sûre barrière à sa transmission, À cet effet , la malade fat plongée jusqu'au haut de Li poitrine dans on bain chaud; an tube flexible d'ane longneur sufb-ante fut introduit dans le vagin, en sorte qu'une de ses extrémités touchait an col atéris, landis que l'antre était libre à la surface du bain. Uoe main intelligente dirigeait dans ce tube un courant d'esn d'abord douce, ensuite d'ean légèrement dégonrdie, enfin d'eau froide ; el cette surte de douche était prolongée Er un quart d'heure où nne demi-hrure. De cette manière l'application du froid produisit les bons résultats que j'en attendais, sans réagir défarorablement sur la poitrine, Au boul d'au mwis. je lis surorssivement appliquer ua cautère à chaque bras, et quelques mois après l'uleère était complétement cicatrisé, et la santé générale déjà besucoup ameliorse. Elle s'est parfaite. ment rétablie avec le teinps,et depuis trois ans la gnérison ne s'est point démentie, J'ai recommandé à la malade , pour prévenir toute chance de récidive , de <'aureindre à ua régime raisonné pendant six sus,
Ceue méthode de traitement arracherait au trépas, je pense, bien des malades pour lesquelles l'opération devient impuissante , et dispenserait presque toujours de cette cruelle médication, Ceci est plus important qu'on ne pense. Je n'ai jamais vu, par exemple, de petites tumeurs développées dans le sein , | rm par la patience et des agens thérapeutiques convenables, repulluler; et, enlevées avec le fer, je les ai
ue toujours vues reparaître. L'opération sanglante provoque done a récidive ; elle semble la rendre infaillible.