‹ Gazette médicale de ParisChapitre 135 sur 394 · PROMENADE MÉDICALE À L'EXPOSITION DA L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

PROMENADE MÉDICALE À L'EXPOSITION DA L'INDUSTRIE

Nous l'arons dit souvent , dens ce siècle l'industrie et la médecine sont MENLES ; elles ne saurment désormais vivre l'une sans l'autre. Cette vérité, que nous avons appuyée déjà de tant d'exemples, reçoit one dertière et inriacible démonstration daos les quatre basars de la plare de la Concorde, C'est là qu'on voit avec admiration ce que peut faire le génie de ces deux puissances réanies ct travaillant ensemble. Nous pourons bardiment réclamer, je crois, un dixième des prodnits exposés, comme here à la médecine, et c'est un très-grand honneur pour notre profession. nalure de ces produits à ce caraclère particulier, qu'on pe sait, en les exsminant, si c'est à la médecine plutôt qu'à l'industrie qu'il faat attribuer la gloire de leur invention ; et l'on est tenté aliernatitement de féliciter le médecin et le fabricant, Le premier pour son heureuse imagination qui se prête si bien sux spéculations de l'industrie , et le second ponr la pogularisé commercite qu'il donne sux découvertes de la science, H nous suffra d'un rapide coup d'œil pour apprérier l'importance de l'alliance médico-industriclle, Nous ne pré= tendons certes pas à une Cauméralion complète à Laquelle la dimension de notre

feuille ne sufrait pas, ni encore moins à une appréciation motirée de chaque produit, qui exigerait d'immenseseecherchesetune foule de connaisances spéciales que nous ne possédons point, Nons dirons seulement en gros on tout est admirable, Linoni, étonnant, étourdiseant ; et nous prons nos lecteursde vouloir bien supposer Lecs épithètes partout où la raprdité du dierours oous obligera de les omettre. Nous avous en général pris pour base de nos jugemens et pour rigle de nos admirations, Les prospectus délivrés par les autewrs et les débitans , persuadés que personne n'est micax ep état d'apprécier les iuventions que les inventeurs cux-mémes. Nous avons d'ailleurs pour nous l'opinion préatsble du jury d'admission , suis compétent, sans doute , poue connaitre l'efbracité d'un € rs ri de M. Petit, la confortslulité d'un d'jectoire de M. Lamotte, que l'utilité cercle dre se fixe à monde de M, Nallars , et de La machine à houter de M. Paparoine. : Quand les prodaits hygiéniques, phsrmaceutiques et chirurgicsux dont nous allons parler auront obtenu l'approbation de l'Académie de médecine, qui ne saurait no plus leur manquer, 11 n'y a pas de détracteur si délonté qui oät en contester les qualités, propriétéset mériles, qui sont infinis comme vous allez voir,

C'est dans La sable n°2, qui regarde d'uncôte la rivière et de l'antre les Champs- Elysées, que se trouve notre département médical ; les autres salles ne contienneot rien de médical, sauf quelques magnifiques conpons de fanelle dite de santé, les immenses machines ortbopédiques de M. Humbert { de Mosley ) , et le simulacre en hois et carton des sppareils grminastiques de M le colonel Amoros, sur lesquels nous reviedrons. sé donc I pavillon n°2, où nous n'avons que l'embarras des richesers.

La première chose qui nous à frappes dans értte longne salle, ce sont les pois de M, Frigénio, industrivusement chblés , de manière à figurer de superbes cha-

et à son point de départ, exaltation où perversion de la sensi- | même on ne le conçoit plus. Il se joint à ces sentimens ce désordre d'ibilité générale, exaltation où perversion des appétits et des passions , Îdées que fait toujours naître une passion trop vive ou exclusive. Les vice de rectitude ou de rapidité dans l'association des sentimens et|gestes, les actes aussi sont désordonnés, sans but apparent, comme ceux

des idées. Or, ce sont là, au degré près , tous les traits essentiels ou pri- des fous. T1 y a, en un mot, clez l'homme plongé dans le délire de la mordiaux de la folie déclarée. D min , dans cette dernière , il n'est | joie, une exubérance tout à la fois de bonheur et de vie qui a besoin pas toujours aussi facile d'en faire l'analyse , parce le désordre est ||de se traduire par des mouvemens dont le seul objet semblerait être Ja pe grand, parce que ces diverses sostes de lésion de la volonté et de || déperdition d'une névrosité également exubérante, On sait d'ailleurs 'entendement se mélent et se croisent; ct qu'il en résulte un accroisse- qu'une joie inattendue et portée à ce degré excessif, peut donner lieu à ment soit de bien-être , soit ; et beaucoup sp souvent, de malaise tout {un délire maniaque souvent irrémédiable , quin'en est souvent que la à la fois physique et moral, qui, devenu cause à son tour, augmente en- continuation. Sûrement qu'alors le bonheur devient de la peine, comme core le trouble des passions et des idées, et donne lieu à des actes d'une [le plaisir purement physique, s'il est porté à un trop haut degré, ou s'il violence démesurée et d'une extravagance manifeste, est prolongé trop long-temps ; ne tarde pas à prendre les caractères de HI. Il est rare, dans le cas mène d'une cause traumatique ou toxi-Kla douleur.

ue , telle qu'un coup violent sur la tête, un excès de vin ou l'ingestion® La seconde forme de la manie , qui est aussi sa forme la plus fré- Lu poison narcotique, il est rare, dis-je, que la folie débute brusque-fquente, est celle où, comme je l'ai déjà dit , le délire offre les traits de ment et sans prodrômes. Presque toujours elle a une période d'ineuba-{la souffrance et de la colère : c'est la manie furieuse, la manie aiguë tion, et dans ce cas encore ses analogies avec certains états psychologi- proprement dite. Or, son analogie, j'allais presque dire sa similitude, ques qui appartiennent à [a raison, sont assez remarquables pour mériter [avec certaives formes de là raison , avec les passions tristes où violenquelque attention. On les trouvera, ces analogies, dans ces passions vio-|tes par excellence, la colère, la peur, le désespoir, cette analogie , dislentes, exclusives et long-temps continues, où, comme dans la passion || je, est frappante. Dans l'un et dans l'autre cas, parallèlement à l'état ou de l'amour, domine nu seul sentiment, un seul ordre d'idées, que la rai- | de passion où de fureur maniaque , existe un état de malaise moral et son combat quelquefois, mais en vain ; que d'autres foiselle necherche pas ||de souffrance physique qui s’y ajoute, pour dunner lieu non-seulement à sser, soit qu'elle s'y complaise, où qu'elle soit devenue incapa- au désordre des idées et des actes, mais encore au caractère de violence ble de juger de leur trop grande extension. Souvent 1l y a, dans ce cas, let de nocuité de ces derniers, La colère, la peur, le désespoir, tels sont une absorption, une concentration morale qui frappent les yeux même les donc les trois principaux termes de comparaison que la raison peut ofmoins exercés ; il y a une distraction qui n'est pas ordinaire, et jusqu'à frir à la recherche des analogies de la manie aiguë, furieuse ou de l'incohérence daus les idées : et cet état, qui n'est autre chose que de |triste. la mélancolie , c'est-à-dire le premier degré de l'aliénation mentale , | Le plus ordinairement le maniaque furieux menace, frappe , ne cherpasse souvent à nn véritable état de manie déclarée. Mais dans beau-||\che qu'à commettre des actes de violence, Son délire est une colère coup de cas 1] n’en est heureusement pas ainsi : la mise en exercice | continuelle ; la contre-partie de l'axiome Hippocratique, furor ira diud’autres sentimens, d’autres passions, la production d'idées nouvelles , turna. Seulement ici le désordre est plus grand que dans la colère raice que l'on appelle , en un mot , des distractions , des diversions , per: Ésonnable. 1f ÿ a une plus grand iacobérence des idées, et entre elles mettent à la raison de dE pm son empire; et, bien qu'elle ait été des ellipses tellement fortes qu'on ne peut pas en combler les vides. Il

sur le point de céder , de se perdre peut-être pour jamais , le mot de folie n'a pas éte prouoncé , et elle passe pour n'avoir reçu aucune atteinte,

Je ne fais qu'indiquer ces ra

trouver sa place dans l'examen de la manie aigue,

rochemens, dont le développement va (Fe

y a un mélange plus imextricable de tous les sentimens et de toutes les passions, ou au moins de plusieurs d'entre elles; il y a une plus rande propension à faire acte de colère sur les personnes, les choses $ plus innocentes ou les plus inoffensives. Cette exubérance furieuse, qui semble devoir s'épuiser à tout prix, prend sa source dans l’état de

HE. Cet état, sous le rapport des recherches Charen à CAE 1 \malaise qui l'accompagne , à en juger par ce qni se passe dans la colère je me livre, affecte deux formes générales ne importe de bien distin- l'elle-même ; elle prend sa source dans l'exaltation de l'amour-propre, guer, parce qu'on es retrouve le type dans les deux ordres et dans l'areroissement du sentiment de la propre puissance ; elle la

énéraux de ons, Ou bien le délire offre un caractère de bonheur, £ gaieté, de prend enfin dans des illusions et des hallucinations qui mettent le maienveillance , ou bien il porte l'empreinte de la peine , de la menace : niaque en hostilité contre des personnes ou des choses auxquelles il atet de la violence, tribue, à tort, des intentions ou des actes quisihles, dirigés contre lui. Dans la première de ces deux formes , qui est de beaucoup la plus! Or, tous les traits de cette analyse d'un accès de manie furieuse, rare, il existe chez le maniaque un sentiment de bien-être et de force à jusqu'aux illusions sur les intentions, se sctronvent à peu de chose Ja fois physique et intellectuelle, un étatde bonheur qui perce dans toutes "près, dans un accés de colère porté au plus haut degré, surtout s'il a ses paroles et dans tous ses actes, et qu'il voudrait faire partager à tout Diu chez un homme naturellement pen maître de Ini-mème, ou excité ce qui l'environne. Or, c'est Là littéralement, et au degré pres, ce qui a par un commencement d'ivresse, lieu dans les passions gaies et heureuses, et dont la se saute expres- | Îl n'est personne qui n'ait éprouvé, par lui-même ou par l'observasion est la joie et son délire, Non-seulement on y jouit du bonheur pré-" tion des autres , les effets de la peur price à un haut degré, Ces eflets

ls, soigneusement enfermés dans des grands bocaux de verre, Ii y aurait bien de quoi laire sugpurer trois à quatre nulle csutères pradant vingt ans Ces is, decenus si facseux par Les dubats de l'Académie de méderine sont cnduitsd'un

aujourd'hoi, il faut être métallurgiste, fourbisseur et mécanicien, et par la même raison un coutéliée qui entend bien lo trempe, un horloger qui connait le

jee d'une poulie eu d'une chzine, peuvent pritendre à la gloirc des Ambroise

+ Le £ 0 . ” ï n : : 4 vernis brillant qui charine l'oril. À côté même des chapeluts Figério se trouvent | Paré et des Desault. Aussi des inventions mévanico chirurgicales abondent-elles,

les menées fi aneuéoes de ML Baybaud, destinées à conserver les traits chéris de nos proches el de nus ansis. Nous avons vu dans un bocal quelque chose de raccorni et de contrefait qu'en nous à assurés dire oc main. Sur la même table se développelalongue série des préparations bygiéniques. Nous meutionnerons seulement les tablottes à bouillon de M Gamlice, Les visndes desséchées par dissection de M. Wislin el un trés-gentil assortiment de pains, brioches, mavaroois et autres comestibles, saus non d'auteur, ansique le pais de pomme de terre di M. Quest, qui be coûte qu'un sou la livre, ce qui équivaut tout juste à la quantité réelle de substance utritre qu'il coutient.

Les produits chimiques seraient digues d'ou examen plus sérieux. Nous vous bornons à citer ceux qui sont sorlis cles laboratoires de MM. Payen it Salmon, Bureau jeune, Gauwct , Darcet et Lucondré, Parmi les préparations pharmaceu tiques nous avons distingué surtout de superbes dhaniiions de salicire par MM. Payen et Bureau.

Pus vi uurni divers appareils pour administrer sux malades des bains, douches, bains de vapeurs à domicile, Ceux de M, Bert mous paraissent bien conçus.

Mais la branche la plus richement pourvue , c'est la fabrication des bandages. C'est ici vraiment que Limagination s eÜfraie de la quantité des modiGcations que peut faire sulir à çel instrument si simple en apparence le génie du perfectinnveant, D'ailleurs depuis que le géaie chirurgical est eoiré dans la mécanique , l'art du bandagiste et du coutelier à pris une grande importance. Pour être chirurgien

Parmi les hamlagistes dont tes noms se pressent sous ma plume, je mentiommwerai MM, Wickom et Hart, Verdise et Charkes, qui ont inventé en outre des suspensoirs, plaques, srnes-bras, bas de prau de chien pour les varwes, ceintures ventrières , pessaires, canules, sondes, ete, , le tout à profusion. Para les objets de ce genre nous arons remarqué les bras et jambes twécaniques de M, Samson, ainsi que sa miaër métallique Jestiois à maintenir les daigts brûlis dans une exteuson permanente, C7.

Les pesaires élastiques de nsadume Rondet, sage-femme, se distingnent par léur légèreté, leur souplesse, élasticité jointe à l'imperméabilité, Nous nous servous des termes mêmes du rapport de MM. Désormeaux , Deneux et Moreau à L'Académie de médecine, Quant aux biberons et mmelons artificiels de Darbo Gls, ils out toutes les qualités désirables et aveun des inconvéniens de ceux adoptés jusqu'ici. La modification importante de ces biberons, c'est le choix de la sustanee employée, qui es le liége, trés-préférable , ea effet, au caoutchouc, à l'éponge , ete. La gentillesse intrinsèque de ces précieux smslrumens ne Rous à pas moins charmés que La grace toute paruculière avec lsquelle une jeune personne nous en a demoatré el expliqué toutes les propriétés,

Le caoutchouc, et plus vulgairement la gomme élastique , est une substance éminemment chirurgicule ; elle il surtout spécinlement applicable à toutes les operations qui ont pour objet Les maladies des organes contenus dans le bassin. En première ligee des inventions ivappréciabhles qui ont pour but de maintenir

tiennent vraiment du délire, et peuvent parfaitement rendre compte de “ce qui doit se passer chez un maniaque peureux, chez un pamophobique. J1 se fait alors une confusion extrême des idées qui perdent leur! cohérence; on est saisi de vertige ; les veux se couvrent comme d'un voile; loin de faire ce qu'il faut pour fuir ou usser le danger, on agit daos le sens contraire , où l'on n’agit point du tout, Les muscles entrent en convulsions, où bien ils léchissent sous le poids du corps ; il se fait souvent des exonérations involontaires. Un sentiment de fai. blesse et de froid inexprimable a lieu, et peut aller jusqu'à la syncope. Quand il n’en est point ainsi, que l'individu demeure capable de quelque action , il se manifeste un égoïsme qui va quelquefois jusqu'à la férocité ; sentimens doux , affections puissantes, devoirs naturels, tout est oublié, et le moi perce dans toute sa nudité hidense.

On voit ainsi, dans la peur, apparaître simultanément les caradtères primitivement essentiels de tont délire maniaque. Hlusions sur les résultats de l'action des sens; prrversion ou nullité de l'association des idées ; exaltation, perversion et croisement des appélits et des passions; dénudation de l'égoisme; délire des actions qui ne vont point au but qu'il faudrait attendre, mais qui n'en sont que plus en harmonie avec le désordre de tous les autres actes intellectuels ; rien ne matique à ce rapprochement , et si je voulais analyser le délire maniaque panophobique, ou du moins celui que caractérisent surtout Ja défiance et a crainte, j'aurais à peine à grossir les traits du tableau que je viens de tracer. Je n'aurais pas même à yajouter que, dans le délire de la peur, dy a toujours une cause extérieure à cette passion, tandis que, dans le délire maniaque phobique, il n'y en a point, et que tout y dépend de perceptions purement spontanées; d'abord, parce, dans ce dernier cas, ectte cause a pu exister et a existé souvent, et que le délire craintif n’est que la suite plus ou moins éloignée de son action; ensuite , parce que dans la peur , comme dans ce délire ;ibn'y a quelquefois pas de cause extéricure. On a peur parce qu'on à peur; on à peur de tout, en vertu d’une disposition intime, soit habituelle, soit du moment , et cela peut avoirlieu chez les hommes les plus forts et les plus courageux , comme chez l'enfant ou la femme que rendent craintifs ou leur âge, où leur sexe,

Le désespoir tient à la fois de la colère et de la crainte, mais davantage de ce dernier sentiment. C'est la frayeur de l'avenir, comme la peur est la frayeur du présent. Qu'il porte sur un fait accompli et irremédiable , où bien sur l'impossibilité de l'accomplissement d'un fait éventuel, son obict et sa nature n'en sont pas moins tout-à-fait exclusifs. Dans le désespoir, comme dans la mélancolie et le délire partiel , les facultés intellectuelles sont tendues sur un seul ohjet et dans un seul mode, la douleur. Tout le reste est oublié , ou senti de la même manière , péniblement ; et ce défaut d'équilibre et de vérité des affections amène le délire de parules et d'actions qui est propre à cet état. L'avenie n'étant plus vu que sous un aspect sombre, quelque grave que soit la canse du mal, on se l'exagère enrore assez pour n'y voir aucun remède, bien que le temps. à Tai seu , en soit un si grand; et voila comment le désespoir est La frayeur de F'avenir. Son délire, lorsqu'il va jusque-là, cst donc bien plus un délire d'actions qu'uu délire de paroles. Sans doute ces deraières trahissent des illusions , une exagération extrême de 11 srnsilnlité ; Les idées ne s'associent que sur un seul sujet, et tantôt avec une rapidité qui ne peruel pas tonjours d'en suivre la

chaîne , tantôt avec uae lenteur qui rappelle quelques-uns des traits del EE |

qe

en bon etat, de détergee, rafraichir ot dolcifier des portions cœrales et erctalrs du tube digestif, se présentent celles de M, Désosmraus ; one Jtuidire. portatifs, sa clyrstérenne, mt dont l'étyrmologie est sufbsamment clai €, ses chisoirset ss uwrinsux sont digues de la préférence des amateurs. Le clyso-pompe de M. Petit est un instrment da méme genre, n On peut s'en -vrvir ass, déhaut ou rou- » ché ; l'employer en telle qmantité qu'on vouilra, en varier à volonté la temprs Fature, sa0s interrompre l'apération, » Crs proprietés so suffisantes pour ui assurer au moins un succis d'estime.

La curiosité paibliqne ét surtout attivie par Les superbes et brillans étalages de coatellerie de MM. Greling ét Chacrèee. Les insteumeas de chirurgie sont Les pièces des plus nombreuses, e1 parmi vous: les fithotriteurs sons nombre ah s'enrichit chaque joue notre arseusl. Deux beaux modiles de l'appare:l Heurteloup et Ségalns sont exposés au publie, qu: peut Îles cxamivee et ls étuilier à son aie. Un caleul gros comme ane noix placé entre Les mors de ces brise-pierres en indique lo desti-ation. Dex jeunes dames ont été charges par les exposans d'expiquer aux curieux et curieusrs Pusage die es machines ingénienses. Dans üne des armoires de M. Charrière nous avons remarqué une demi-douraine de ces iastremens inventés il y à peu de temps pour la cataracte, dont ke seul inronvé. nient est de ne pouroir pas servir, Il sont, du reste, ainsi que tous les produite de son atelier, exécutés avec une élonnanie perfection, Nous y avons vu aussi avec plaisir le scié-pierre de M, Pravas , qui était encore iacounu , et qui mwériterait l'hongeur d'une place à part.

Mais Lous ces apparuils disparaissent devant l'exposition de M. Fournier de Lempdes, qoi se presente arme jusqu'aux dents de ses innombrables inventions lühotriptiques. Des écrileaus plantés çà et là dans cette espèce de citadelle, cou-

la démence stupide. Mais c'est le désordre dés actions qui l'emporte , euil va quelquefois jusqu'à faire perdre à l'homme son attitude essentielle et caractéristique : ds sublime. On se roule à terre, où se tord les mains , on s'arrache les cheveux , on porte sur soi des mains violentes et quelquefois sicdes ; tandis qu'un examen plus calme , l'examen seu. lement du lendemain eût prévenu des excis honteux pour la nature hu. maine, et eût souvent fait appercevuir à un mal irremédiable des remides d'une efficacité encore assez grande,

J'ai à peine besoin de dire que, parmi les formes de la folie, celles qui, par leur caractère d'exclusion et de terreur, offrent l'analogie la plus foppante avec le délire du désespoir, sont l'hypocondrie, où le maniaque se croit en proie à des tortures physiques aussi variées que douloureuses , et que doit terminer, suivant lui, une mort prochaine et inévitable ; le délire sensorial, en vertu duquel l'halluciné pense être en butte à des persécutions perpétuelles et terribles, ou bien <e persuude être condamur pour l'autre vie à d'éternels supplices ; certaines formes enfin de la manie aiguë, telles que la stupidité , ou sans hallncinations , sans illusions précises , l'aliéné est plongé dans un état d'a. battement profund produit par un malaise à la fois physique et intellecluel, ct qui à presque tous les caractères extérieurs Te désespoir silencieux.

Dans tous ces cas divers, la seule, ou du moins la principale diflé rence qu'il y ait entre le désespoir de la raison et celui EME folie, c'est que le premier reconnait une cause réelle, prise dans le monde extérieur, tandis que dans le second cette cause, qui jadis à pu avoir ce caractère, l'a désormais perdu , et ne réside À je que dans les perceptions spontanées et sans objet du maniaque, Plus tard , il est vrai, son désespoir pourra passer à un état de délire général plus ou moins triste ou douloureux ; et alors il deviendra de plus en plus difficile d'y saisir les traits qui le rapprochaient du désespoir de la raisen.

Du rapprochement analagique que je viens d'établir entre le délire de la raison , ou plutôt des passions , et Le délire de la folie, il résulte que, dans lus comme dans l'autre cas, le désordre commence essentiellement par le côté moral où affectif de l'intelligence, c'est-à dire que c'est nécessairement sur les affections et Îes passions que portent les causes qui y donnent lien ; que c'est, par elles que commence le trouble dela raison, par elles qu'il se continue, et que le délire proprement dit , le délire des pensées et des paroles, n'est, comme le désordre des actions, que l'expression de ce délire de la volonté. Mais quelles lois établir dans cette expression? Quelle liaison instituer entre le délire de pensées et de paroles et le trouble des facultés affectives, qui en est la cause ? Aucune autre que l'expression formelle et détaillée de cette dé

cndance.

Les facultés morales ou affectives , qui sont la source des passions :t forment le fond de l'intelligence, son fait primordial ou générateur, doivent, pour que la raison se maintienne droite, se maintenir ellesmêmes dans un équilibre qui peut varier, du reste, suivant la constitue tion mora'e de l'imdividu, Il ne faut pas surtout que cet équilibre soit rompu brusquement , c'est-à-dire qu'une des passions prenne tout à coup une extension violente aux dépens des autres. Non-seulement cet accrvissement démesuré conduit à des actes désordonnés d'abord, et evsuite maniaques; mais les autres passions, celles surtout qui ont avec la première des rapports plus in'imes de nature et de , finissent par partiviper à son trouble, etde hr, chez les aliénés, un mélange désordonne

tre Les nuurs de faqnelle viennent espirer les clameurs de l'envie, énumérent la lidle de tous des instrumens imaginés por lui, tels que la sonde droite , le cathétérisme forcé et une douraine dé perec-pierres, de brisc-pierres , de ronge-pierres de toutes les formes et de toutes Les dimensions, 1 y dénonce également les usurpations flagrantes de MM, Civisle, Heurtelonp , Leroy d'Etiolles, Amuscat , ete., et réclame pour lai la priorité, non-sculement de tout ce qui à été fait jusqu'ici en ce geore, mais encore de tout re qui se pourra faire. Je ne sais pas jusqu'à quel point Les ywéposés à la surveillance de l'exposition peusent permetire cette espèce dé polémique muette. M. Fournier de Lempdes à tout-à-fait raison, sans doute , et Dica nou préserve de jamais contesler ses droits; mais si chaque isventeur en faisait autant, je ne sais ce qui en résulterait.

Daus la mécanique chirurgicale , il convient de citer ensuite les apparcits ovthopédiques de M. Bergeron, et surtout Ceux de M. Humbert de Mor 1] {Meuse). Si ce dernier a voulu prouver la fécondité et les ressources de son imagination ea mécanique, il a pleinénn nt réussi. Ses machines sont si terriblement ‘avontes et compliquées qu'il n'y a que les initié. qui passent sen expliquer l'usage et les fonctions, Quant aux résultats lygiéniques d'une si grande dépense d'engins, de leviers, de bascules, de ressort. et de poulies. il est permis de rester dans le douts,. Entre les mains de ce mécanicien , l'orthopédie paraîtrait sui. vre une marche inverse à celle du progrès, qui, en toutes choses, tend sans cesse à simplifier es moyens, Ainsi, tandis qu'à Paris M, Pravar élague ce lexe de com. hinaisons etce machinisme inutile qui marquent les premiers essais de l'orthopédie , M. Hurabert nous offre des modèles qui different autant des appareils de ce praticieu, qu'un mousquel à roue du quiarième siècle différe d'uu fusil à piston d'au. jourd'hui, Al se peut, an reste, que le résullat soit satisfaisant, mais, dans tous les

de sentimens et de ration finissent par devenir insaisissables,

Le premier effet du trouble des passions ou de la volonté, soit dans la raison , soit dans la folie, c'est, d'une part, l'association trop rapide

meer dent les rapports de succession et de géné- | voir qu'elle peut aussi trouver dans l'état de raison des analogies bien

pe marquées qu'on ne serait tenté de le croire au premier coup ‘al.

Pour ce qui est des illusions de la folie, je ne m'arrête point à noter

des idées, d'abord sur le sujet de la passion mise en jeu , et ensuite L leurs rapports de similitude avec celles de la raison ; cette ressemblance sur tous où presque tous les sujets; puis leur désassociation, ou plutôt {est complète, au degré près. Si dans le monde, en eflet, l'on ne se

leur association vicicuse, d'abord sur Le sujet de la passion prédomi-! mépre

nante , cusuile sur les objets des autres passions , et enfin sur des faits de pur entendement. C'est, d'autre part, la transformation des idées en sensations , c'est-à-dire Îes illusions et les hallucinations, fait psychologique morbide qui est d'ailleurs tout-à-fait en harmonie avec l'exagé. ration générale de la sensibilité, si l'on n'aime mieux dire qu'il en est le résultat.

En déficitive, le désordre de la pensée est à celui de la passion ce que l'effet est à la causr, l'expression à la chose exprimée ; la pensée rend la passion , comme la parole rend la pensée, comme les sons de l'orgue rendent une mélodie, d'une façon discordante , quand Ia passion, la pensée, la mélodie , ont elles-mêmes ce caractère, Il ny a pas

sur les personnes que d'une manière passagère , ét qui ne Lire point à conséquence , en revanche, on s'y méprend sur les intentions , sur le caractère des actes, et cela d'une façon durable et souvent fort grave, à l'instar de ce qui se soit dans La manie ; on s'y exagère à soimême , ainsi que cela a lieu dans l'hypocondrie déclarée, des douleurs, des indispositions , des maladies ; on s’en crée qui n'existent point, et l'on voit de ces diverses surtes d'illusions qui sont si tranchées, si babituelles, si irrésisibles, que dans le monde même elles sont taxées de folie, Ronsseau le prosateur est un exemple remarquable d'illusions sur les intentions des actes , et il à transformé en ennemis acharnés à sa perte une foule de ses contemporains dont quelques-uns ne demandaient pas mieux que d’être ou de rester ses amis , et dont la plupart avaient tout au plus le tort de s'amuser aux dépens d'une imagination malade

à demander d'autre pourquoi ni d'autre comment. Mais peut-être que quelques analogies LD intimes encore, prises d'états intellectuels que ||et hallucinée. chacun peut avoir épronvés par soi-même, feront plus exactement ap- | Mais, s'il est une forme de la folie à laquelle la raison paraisse ne précier ce que ressent l'homme passionné ou le maniaque dans Le désor- fdevoir pas fournir d'analogies, c'est, à coup sûr, celle qui semble le dre des facultés affectives , dans la désassociation des idées et dans leur { plus en opposition avec les lois ordinaires dela sensation et de la pensée, transformation en sensations. et qui caractérise Le plus spécialement et le plus indubitablement la Qu'on soit mu à la fois par plusieurs passions modérées, mais con-| manie , ce sont les hallucinations. 11 n'en est pourtant pas ainsi, et cette traires, ou seulement différentes , il se fait alors dans l'esprit, et sou- | forme du délire peut trouver, dans l'état de raison, des analogies assez vent pendant long-temps, un singulier mélange , sinon d'impulsiens , |remarquables ; ou bien elle est quelquefois tellement isolée, et elle à si au moins de seutinens , qui n'ont d'autre rapport entre eux que la si-Ÿ peu d'influence sur les déterminations, que, dans les cas de ce genre, multancité de leur production. En vain voudrait-on hace 1e séries lelle ne semble point incompatible avec le libre exercice de la raison. d'idées qui en résultent, ou n'en conserver qu'une seule, les efforts! Je ne parle point de ces paroles que, dans une conversation ou même qu'on faut à cet égard produisent souvent un résultat opposé. Seulement, | dans l'isulement et le silence, on croit très-distinctement entendre, et on à la conscience de ce conflit, on sait qu'il doit finir, et l'ivrésistibi- auxquelles on répond , svit par d’autres paroles, soit par des actes, Ce lité des sentimens ne s'étend point aux actes; toutes choses qui n'ont {sont pourtant bien de véritables hallucinations , qui ne sont pas plus que point lieu , en général , dans la manie déclarée, les autres le résultat de l'action des sens, et qu'on ne reconnait pour De même, et sans que les passions aient aucunement été mises en ! telles qu'après vérification. Je ne parle pas davantage des hallucivations jeu, les esprits qui ont rassemblé sur un certain nombre de sujets dif: [bien caracicrisées, auxquelles donne lieu le délire de l'ivresse chez férens des idées tant soit peu nombreuses , éprouvent quelquefois une | certains individus qui ont, comme on le dit et comme ils le disent euxsorte de délire ivlérieur et purement idéologique , qui peut mettre sur! mêmes, Le vin fou; la raison , dans ce cas, n'étant pas, à beaucoup la voie de ce que doit être 1e la folie l'association vicieuse des idées. | pres, intacte, et tout l'organisme étant, momentanément au moins, Daos cet état , la pensée erre involontairement et souvent bien qu'elle | dans un vériable état pathologique. Je ne veux parler ici que des balveuille le contraire, sur une foule de sujets qui n'ont aucun rapport cn- | lucinations qui peuvent avoir lieu chez des individus sains d'esprit et tre eux. Les idées se croisent, se heurtent, pour se séparer et se mêler | de corps. Or, dans ce cas, elles peuvent offrir ce double caractère, que de nouveau. Des pensées , des sentimens auxquels on voudrait né pas | l'individu qui en est atteint les regarde comme de fausses perceptions, donner son attention reviconent héanmoins plus souvent que d'autres, | qu'il n'est pourtant pas le maître de faire cesser, ou bien qu'il les con- On fixerait difficilement son esprit sur un sujet plutôt que sur un ou. | sidère comme des seusations Lien réellement externes, mais auxquelles tre ; quelquefvis même on en est tout-à-fait mcapable. Daus cet état , si} il donne une cause extérieure , la plus raisonnable qu'il lui est possil'on pensait tout haut, et qu'on ne s’aperçüt pas du manque d'associa- | ble, et en verin desquelles il se conduit dans certaines de ses actions, tion des idées , on délirerait. Ce serait de la folie, à laquelle il man-| Si ce qu'on raconte de Pascal est vrai, que l'accident dont il avait querait pourtant ses signes physiques ou extérieurs, et une allération | failli être victime, près du pont de Neuilly, lui produisit une telle iwcorrespondante dans les déterminations, dans les mouvemens et dans! pression de terreur, que, depuis ce moment, il crut, de temps à autre, voir s'ouvrir à ses côtés un abime de feu prêt à l'engloutir ; si, dis-je,

les actes, \ Quant à la forme de l'aliénotion mentale dans laquelle les idées , lee fait est vrai, comme on le croit pénéralement , cette ballucination

prenant à nn degré plus où moins profond le caractère de sensations externes, deviennent des illusions et surtout des balluciuations, on va

cas, il $ à ici da superllu , et ce formidable déploiement de puissances mécaniques doit, en définitive, agie plutôt sur l'imagination des malades, que sur leur colunne vertébrale.

H y a à l'exposition plusieurs modèles d'établissensens gymnastiques, et notamment celui de M, Lescalopier (n° 668 }, tous à peu prés conçus d'après les mémes principes. Mais le plus étonnant est celus de M. le rolonel Amaros. Celui-ci, outre mnc inntation en pelit de toutes les machines destinées aux exercices grinnastiques , offre la représeutalion des exercices mêmes eséeutés par de jetits honshommes de $ pouces en carlun, fort joliment coslumés, et posés dons les attitudes varies de La gymnastique. Mais le plus bel ornmwment de ce simularre , ce sont les maximes moralks et jhilo-

hiques qui y sont inscrites, et desquelles il résulte que les quatre vertus cac dinales, Les trois vertus théolagales et toutes les vertus possibles, sont le résultat mfaillible d'une éducation gymnastique, de manière que, pour furawr de brous vitoens,de bons amis, de bons pères, de bons lils , des Êtres parfaits end, il suffit d'apprendre à foire La culbute en trois Lemps, età se hisser méthodiquement sur

un câble, Un écriteau partiouher offre « Le tableau suthropobiclorique et pay.

» cholagiqce des faculiés physiques, pin siques et imorales , et purement morales qui se devéloppent sous Fic£uence de Da gymnastique, Celte classification des facultés inmaines nous a frappés, car nous pe ceoyous pas qu'elle soit génrralce ment adoptre par les phuloswphes

Une des inventions les plus intéressantes est le crânomètre de M. le docteur Sarlandière. DE urait difficile d'en donner une idée bien intellsgible par var des-

devait être isolée, en même temps qu'elle n'était que passagère , et elle

put, pendant long-lemps , v'altérer en rien la pnissante raison de l'an.

ment toutes Les inégalités de sa surfare, I est destiné 3 faciliter les cage ver de la criuusonie. Nous sommes fichés svalenient que l'auteur ait cru devoir ajouter à l'explication de son instrument quelques phrases sentimentales sur l'influence que la phrénolugie doit avoir sur l'avenir de l'espèce humaine. Cet instrument à d'ailleurs le defaut de ne pas remplie toutes les conditions qu'il s'est imposées. 11 nous parait qu'il doit laisser échapper beaucou de différences et ne pas se prèter à toutes les variétés dé forme que peut offrir La boite crivienne. |

Puisque nous co sommes à cet organe important, ilconvient, en finissant , de citer apres les instrumens qui le mesurent, les appareils ingénieux qui le couservent el le protègent. Mais sur ce point Ja liste est inépuisable, malgré, dit-on, que Le juey ait fait quelques dificultés pour admettre les perruques, faux tonpets ét autres produ ts de celte innocvate industrie qui n vaut bien une autre. Foulefois ou a laissé fort heureusement pénétrer, pour le bonheur de l'humanité et des tétes chouves, les tissus precicux La M. Richard, coiffeur du roi, breveté pour ses perruque, et inventeur d'une eau qui a la propriété d'arrêter la chute des chevuus et de les faire épaissir ; j'observe seulement que cette eau doit rendre à la longue ses ip inutiles, en cimpéchant les cheveux de tomber; mais il Faut supposer qu'il doit y avoir quelques exceptions à son infaillibélité. Les perruques Ray. “mont et les céphaloplites de M. Regnier figarent honorablement après les tou. pets et l'eaude jouvence de M. Hichard, Nous pourrions étendre bien plus loin

[ce catalogus, mais ce qui précède suflit pour donner une idée des ressources in. | Guies de l'inlustrie medicale ou de La mwideeine industrielle et nous faire prévoir | » s ; à des merveilles pour l'avenir.

eription, 1} suffit de dire qu'arec cet intirument on peut, suivant l'auteur, évaluer à

jes petites Hifféren: s des divers diamètres du crine, et apprécier rigoureuse: |

teur des Pensées. On a d’ailleurs d’autres exemples d’hallucinations|{ Que si l'on adopte cette explication que je ne fais qu'esquisser ici, aussi isolées dans un état de raison, sinon aussi sublime, au moins ||et sans laquelle, je l'avoue , les faits les À x féconds de l'histoire me aussi intact. C’est là, en effet, ce qui a lieu dans beaucoup de cas com-| semblent inintelligibles, peut-être épronvera-t-on LE bumilité à mençans de folie purement sensoriale , où, pendant long-temps , l'in-!|voir cette raison , si absolue dans la philosophie des écoles, se modidividu s'aperçoit de ses fausses perceptions, les juge telles, en parle|fier, non pas seulement suivant l'âge, le sexe, le tempérament , suidans ce sens, jusqu'à ce qu'enfin, por l'effet de leur répétition et de la |}vant l'état de réfection ou de jeûne , de calme ou de passion, de santé continuation de l'état cérébral qui ÿ donne lieu , l'halluciné finisse par fou de maladie, etc. , mais même suivant les époques historiques , et se devenir réellement maniaque, et par croire vraies les fausses percep- | modifier tellement bieh sous ce dernier RAA NE ce qui ferait maintions qu'il avait d'abord regardées comme des chimères. J1 en est en-{|tenant enfermer un homme dans une maison de fons , ou ce qui ; du core de même dans les cas où le délire, soit qu’il aitrevêtu constamment ||moins , lui vaudrait un jugement d'interdiction , faisait de lui, dans les une forme purement sensoriale, soit qu'il ait été accompagné d'une in-|läges reculés, un iuspiré, un homme de Dieu ; un réformateur des cohérence générale dans les idées, finit, lors de la guérison, par se ré- peuples. sondre en des hallucinations très-nettes , trés-distinctes, mais dont l'in-|| 1 serait difficile actuellement de savoir quels caractères précis offrit, dividu, revenu à un état de raison plus solide, apprécie la nature et la |}à son début, la folie des grands personnages dont j'ai cherché à appréfausseté, cier la valeur psychologique. L'histoire, qui ne les a jamais vus ce Voilà pour les ballucinations momentanées, ou constituant, en tout ou ||qu’ils étaient, ne pouvait rien nous transmettre à cet égard; mais il est en partie, un état de manie aiguë. Il se présente maintenant une autre! probable que leur manie avait eu de prime-abord le caractère sensorial question. Peut-il exister des hallucinations chroniques, plus ou moins Lane toujours. Ces hommes étaient donés d'une sensibilité , continues, regardées par l'halluciné comme des seusations vraies, com- ‘une imagination tellement ardente, et les impulsions intérieures qui patibles néanmoins avec un état de raison en apparence complet, et qui l|les poussaient vers un but nécessité par les besoins et les croyances de permette à l'individu qui en est atteint , non-seulement de continuer à |l'époque, croyances et besoins qu'ils partageaient plus que personne et vivre avec ses semblables , mais même de porter dans sa conduite et |\dont ils étaient l'expression vivantes ces impulsions, dis-je, étaient teldans la gestion de ses intérêts toute la justesse d'esprit désirable? On | lement fortes que les idées auxquellés elles donnaient lieu ne tardaient serait porté à répondre négativement , et pourtant l'observation prouve |'pas à se convertir en images sensibles, dont ils n'avaient aucue moyen que ce serait à tort. Dans les cas de ce genre, l'halluciné , tout en re-|\d'apprécier le manque d’ohjets dans le monde extérieur, et ils se conrdant ses fausses perceptions comme vraies , est dans une sorte de||duisaient en vertu de ces images , comme dans les passions nons nous Le sur leur canse, et sur la conformité de leur nature avec celle de l'conduisons en vertu d'impressions presque aussi vives et qui nous dtent ses autres sensations. 11 eo fait un ordre de perceptions à part, qu'il |momentanéwent tout moyen de comparaison et de choix. Si l'on veut, rapporte à des causes dont il ne se rend pas bien compte; et, si elles ne (ce n'étaient pas des fous, mais c'étaicnt des ballucinés comme iln'y en sont pas fort intenses , si elles ne pag pas sur des objets essentiels et {la plus et comme il ne peut plus y en avoir, des hallucinés dont les viqui soient des mobiles d'action, il les laissera, jusqu’à un certain point, ||sions étaient les visions de la raison. . de côté , etelles n'auront pas d'influence marquée sur ses détermina-|| Les longs détails dans lesquels je viens d'entrer sur les analogies que tions ni sur ses actes. | peuvent trouver, dans l’état de raison, les diverses faces de la manie ai- C'est là tout ce qui peut avoir lieu pour nos temps modernes , temps||guë, me laisseront peu de chose à dire sur les mêmes rapprochemens de doute et d'irréligion , où , sous peine d'être pris pour un fou hallu- \'appliqués aux dernières formes de la folie, la manie chronique et la déciné, on ne peut se prétendre en communication avec la Divinité ou/|mence. J'y éviterai donc toute répétition d'analyse purement idéologtavec des ages surnaturels quels qu'ils soient. Mais, à des époques plns!ique, et je ne m'arrêterai qu'à ce qu'il pent y avuir à cet égard de toutreculées , il y a quelques uulle ans , dans l'enfance des peuples, il s'en |là-fait spécial à ces états psychologiques anormaux. fallait bien qu'il en fût ainsi. Bien qu'alors, sans doute, la cause pre-|| IV. Sous ce rapport, la manie chronique, celle dans laquelie les asmière ne se communiqnät pas plus aux mortels qu’elle ne le fait main-||sociations vicieuses d'idées et la transformation des idées et des sentitenant, au moins croyait-0n qu'il en pouvait être autrement, ct si l’on |[mens en sensations font désormais partie de l'intelligence, peut se com voulait s'expliquer les inspirés des âges anciens, gentils, israélites||parer avec vérité à ces états intellectuels , compatibles souvent avec la où chrétiens , autrement qu'en les regardant comme des envoyés de raison la plus droite et mème la plus puissante, et qu'on a appelés bi- Dieu ou ecmme des fourbes, l'ignorance et la crédulité des temps où |zarreries, singularités, manies; états dont l’histoire des hommes les ils vivaient en donneraient les moyens. Les fous d'alurs, et surtout les |\plus célèbres offre de si nombrenx exemples , et qui avaient depins si fous hallncinés , devaient être ce qu'ils sont toujours en Turquie, con- rs fait dire à un ancien qu'il n'y a point de grand esprit dans trée qui, sous le rapport de l'ignorance et du fanatisme, apparient bien enrore aux temps antiques; ils étaient des hommes de Dieu , non-seulement aux yeux des autres, mais à leurs propres yeux, qui n'étaient pas plus éclairés que ceux de la foule , et ces deux croyances ne pouvaient manquer de se prêter une force mutuelle. Si denc la Divinité ne s'est jamais communiquée à la créature antrement que par les résultats des lois qu'elle a établies; si, d'un autre côté, Moïse, si Numa , si Mahomet, etc., n'étaient pas des fourbes; s'ils croyaient à la réalité de leurs visions, de leurs révélations , ce qui me paraît hors de doute, c'étaient tout simplement des hommes de génie et d'enthousiasme , ayant des hallucinations partielles , isolées, dans un mode religieux et réformateur, c'est-à-dire dans un mode que favorisait l'esprit du temps; et ce méme esprit, qui n'eût pu comprendre une telle espèce de fuhie, forçait de toute nécessité l'halluciaé et ses témoins à crotre à la réalité de ses fausses perceptions de toutes sortes. S'il y a eu un génie où un démon de Socrate , ses inspirations n'étaient de mère que les rêves du plus sublime visionnaire de l'antiquité , et les révélations des inspirés ut des prophètes des deux Testamens tombent de plein droit dans la même explication, La France délivrée par Jeanne d'Arc, le catholicisme vainco par Luther, la fondation par Loyola d'un ordre religieux qui a dominé pendant trois siècles tous les trênes du monde et jusqu'à celui du vicaire de J.-C., ete., etc. ; tout cela n'a pu tre également que l'œuvre de visiognaires de bonne fui. La fraude n'a jamais en et n'aura jamais une telle puissance, et pour agir sur les masses , pour faire s'entrechoquer les peuples, pour ébranler, changer leurs croyances , pour creuser sur la face de la terre un sillon dont les siècles n'effacent pas l'emreinte, il faut penser, parler, se tromper, délirer comme les masses ; il faut affirmer, croire comme elles et plus qu'elles , être leur covoyé, leur prophète, pour qu'elles vous croient c»] ai de Dien et qu'elles vous en docaent Lx prisance.

lequel il n'entre un peu de folie.

N'offrait-il pas en effet quelques analogies avec la manie chronique , l'état mental de ces deux philosophes cyniques, Diogène et Cratès, sa tisfaisant, sans honte, sur la voie publique , leurs besoins les plus sales et leurs appétits les plus secrets , et dont le premier avait été surnommé , par ses contemporains même, un Socrate fou. Quoi de plus singulier encore et de plus analogue à la maoie chronique, que les habitudes de la plapart des compositeurs d'un vrai talent, peintres, poëtes , musiciens, savans même , surtout en ce qui est relatif à l” jet et au moment de leurs inspirations ? Et n'avons-nons pas tous , dans notre organisation morale, quelque habitude plus que bizarre, quelque manie dont il nous serait dite de nous rend'e compte, et plus difécile encore de nous débarrasser ?

Pour ne pas scinder les rapprochemens que j'avais à prendre [des ballucinations , j'ai été obligé, à propos de la manie aiguë, de traiter aussi de celles de ces fausses perceptions qui ont trait à la manie ch. nique. Le lecteur a pu remarquer ecite anticipation. Je n'ai donc puint à la rétablir ies : il me suffit de la signaler, Je passe à la dernière fur. me de la folie, la démence, accompagnée ou non de la lésion des morvemens.

V. Les états psychologiques normaux avec lesquels l1 démence à le plus de rapports d'analogie ; sont les passions de là peur et du déses.

ir, et l'ennui. Je n'ai pas besoin de revenir, à cet égaid , sur ce que j'ai diten parlant de la manie aïgnë : je rappelle seulement ici que l'incohérence etle croisement des sentiinens moraux dans ces passions , et surtout leur défaut de but, l'absence plus où moins complète de r&flexion et de volonté dans leur production, sont des caractères psyr!,, logiques très-analogues à ceux de la démence, On aura une idée pl intime encore de ce que peut tte, pour celui qui l’éprouve, cette furie de la folie, si l'on se retrace avec Laits certaines dispositions d'esprit

où l'on peut s'être trouvé. 1 ya en effet tel état intellectuel où les sensations, sans être fausses, sont eltuses, où les idées s'associent avec une grande lenteur, ou même ne s'associent pas du tout, où l'attention, difficilement provruquée, erre sur Loites sortes do sujets, sans se fixer précisément sur aucun. Les affections, les passions, les volitions sont en bar. monie avec cet état d'hébétude de l'entendement. On v'affectionne rien, on ne se passionne pour rien, en ne veut rien. Au contraire, on éprouve une sorte de dégoût ou au moins d'indifférence pour tout, pour les objets même d'une prédilection habituelle. On ne se donnerait pas la moit, on ne pense pas à cela; mais c'est à peine si l'on tient à la vie. Les mouvemens sont aussi lents que l'entcndement et que la volonté, La parole est également parcsseuse et embarrassée ; on voudrait ne pas avoir à parler, à répondre, L'artculation des sons se fait moins bien u'à l'ordinaire. On éprouve au front , et principalement au-dessus et s le fond des orbites, une douleur vague et peu intense , caractéri. sée surtout par de la pesanteur ; une sorte de voile léger semble jeté sure tous les objets.

Cet état est, à coup sûr , analogue à certaines furnes stupides et silencieuses de la démence, et peut trés-Lien servir à fire comprendre et leurs caractères extérieurs et leurs manifestations intimes.

Quant à la forme de la démence caractérisée par l'incohérence à la fois la plus superficielle et La plus-désordonnée L idées, ct par uu habil intarissable, où les mots ne sont que des mots qui ne représentent plus aucune pensée , elle a des analogies qu'il suffit d'indiquer avec le délire loquase et sans profondeur de certains cas d'ivresse,

VI. Mais c'est surtout avec la démence accompagnée de paralysie générale que les derniers degrés du délire du vin ort les rappurts de similitude les plas frappans. Dans l'un comme dans l'autre de ces deux états, il y a reissement , puis andantissement graduel de l'intelligrace; faiblesse des mouvemens, marquée surtout par l'embarras de la

angue et la difficulté de la marche; exonération involontaire de matitres stercorales et urinaires, Il ÿ à surtout rc délire ambitieux si remarquable, qui montre que, lorsque la raison à perdu, soit par l'abus du vin, soit par Eur de la manie, son empire ordinaire, l'amour-propre, qui forme le fond de notre nature morale, son altimum moriens, agit alurs seul, sons contrepoids, et donne lieu à toutes ces saillies extravagantes d'ambition, qui ne sont autre chose que l’expression, désormais sérieuse, des rêves auxquels , dans l’état de raison, on s'ahapdonne sans y croire, et qu'on désigne sous le nom de chàtezux en Espagne. Enfin, dans le délire de l'ivresse, cuinme dans la paralysie générale, il n'est ar rare de voir des convulsions in‘errompre, de temps en temps, l'abolition plus ou moins complète des mouvemens, ct achever ainsi l'analogie que ces deux états offrent entre cux.

VIE. Je viens de rechercher les analogies que peuvent trouver dans la raison les diverses formes de Ja folie. Ce n'était point un parallèle complet que j'établissais entre ces deux états, et j'ai dû m'occuper surtout des rapports de similitude, en appuyant moins sur les rappurts de dissemblance, J'y ai pourtant assez insisté, et ils sont, da reste, assez évidens par eux-mêmes, pour que je puisse , en les résumant en regard des autres, fixer, autant que cela est possible, les limites qui separent la raison de la folie, et formuler, en terminant, les caractères essentiels du dernier de ces deux états psychologiques.

Les analogies qu'offrent, avec certains états dits de raison, la pré lis position à la folie , son incubalion et ses diverses formes , se trouvent, ainsi que je l'ai fait voir, d’une part et primitivement , dans des passions originairement mauvaises , ou désordonnées, ou dans le trouble accidentel de ces élémens de la volonté; d autre part, dans un vice cougéuial où acquis de l'association des idées , et dans la transformation de ces dernières en hallucinatiuns, ou, au moins en illusions.

Mais dans l'état de raison qui offre le plus d'analogie avec la fulie, dans la raison passionnée, ou plus simplement dans la passion, le trouble moral est partiel, et à lieu avec conscience de la part de l'individu

déjà de lafolie, l'association des idées est seulementtroprapide et trop exclusive , mais elle n'est point incobérente. Dans la folie, il y a, au contraire, incahérence plus on moins générale des idérs, quand toutefois Le délire ne se borne pas à un caractère tout aussi tranché, les ballucinations,

En dernière analyse, les caractères de l'état de raison, qui à Le plus d'anslogie avec la folie, c'est-à-dire d la passion, sont un trouble moral partiel, existant avec conscience de la part de l'individu qui l'éprouve, ayant une cause extérieure actuelle, et se traduisänt par une erreur sur les intentions seules , et par l'association trop rapide et a nature trop exclusive des idées.

Ceux de la folie sont nn trouble moral plus ou moins général ei complexe, existaut sins conscience de la part de l'individu qui l'éprouve , ayant lieu spontanéigent où sans cause extérieure actuelle, et sc tradnisant par une erreur non-seulement sur les intentions, mais surtout sur l'identité et l'existence des personnes et des choses , et enfin par la désassociation des idées : caractères qui pourraient être résumés dans la formule suivante, qu'il ne conviendrait pas d'appeler une définition. Trouble des passions et de La volonté, sans conscience et sans cause extérieure actuelle, accompagne d'un vice dans l'association des sentimens et des idées, et de transformation de ces manifestations intellectuelles en sensations.

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