‹ Gazette médicale de ParisChapitre 14 sur 394 · L ARCHIVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

L ARCHIVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE

Le cahier de novembre contient 1° le second article d'un mémoire sur la coqueluche, de M. Blache; 2° la fin du mémoire sur l'appareil inamovible dans le traitement des fractures, par M. Bérard jeune ; 3° un mémoire sur l'angine couenneuse et son traitement , par M. Ed. Gendron. Le cahier de décembre n'a également que trois articles , savoir : 1° Recherches expérimentales sur quelques maladies des os du pied peu connues jusqu'à ce jour, par le docteur Ro goetta { le preinier article seulement à paru }; 2° le deuxième article d'un mémoire sur l'ampliation morbide de l'estomac, par M. Du. play ; 3° un extrait des leçons de M. le professeur Gerdy, traitant de L'influence de La pesanteur sur la circulation et les phénomènes qui en dérivent, et de l'élévation des parties maludes , considérée comme moyen thérapeutique.

l'appareil inamovible ; loin de là , il est prol.able qu'il aurait prévenu la difformité. Un autre concerne également une fracture de jambe : le membre resta un peu courbé en avant au niveau de la fracture, ce que NL, Bérard attribue à la mauvaise disposition de la talonmière. Le troisième regarde une fracture oblique du fémur chez un malade très-indocile ; il fallut renoncer à l'appareil inamovible, ct ares l'extension permauente, qui procura La consolidation avec 4 à 5 lignes de raccuurcissement,

Restent à examiner les cas de mort. Le premier était une fracture de cuisse sans plaie et déjà arrivée près du terme où le bandage devait être enlevé, ÈS survint à la fois uoe inflammation du tube digestif et un érysipèle occupant toute la cuisse fracturée, L'appareil fut enlevé; mais, malgrétous les soins, l'érysipèle s'étendit à l'autre membre, et donna lieu à des abeës énormes. À l'antopsie, on trouva que la fracture se composait de quatre fragmens déjà solidement consolidés; mais le raccourcissement aurait été d'un pouce et demi. On voit que l'apparcil n'a été pour rien parmi les causes prochaines ou eluignées de la mort.

Le second cas concerne également une fracture de cuisse sans plaic chez un idiot. Au bout de trois semaines le malade fut renvoyé à Dicétre, Là, M. Murat trouvant l'appareil salt par les Mèces et les urines , substitua l'appareil ordinaire, Le malade mourut plus tard d'escarres au sacrum, La fracture était mal consolidée , et il ÿ avait du raccourcissement,

Le troisième cas était une fracture de cuisse avec plaie. L'appareil fut mis le second jour; le quatrième, de vives douleurs occupaient la cuisse ; le sixième , le tétanos survint ; le malade mourut le septième. L'appareil ôté le matin même du septième jour, montra la cuisse en bon ctat, sans rougeur, ni chaleur, ni gonflement. En un mt, dans tous les cas, la mort est arrivée par suite d'accidens que l'appareil inamovible n'a pu prévenir , non plus que tout autre ; mais dout il ne faut pas l'accuser. |

Enfin , parmi les cas de succès , il en est un qu'il faut rapporter à l'appareil ordinaire, c'était use fracture du fémur chez un enfant ivdocile, et que l'appareil inamovible pe pouvait maintenir assez sûrement. Notons encore que chez deux malades la pression du bandage à causé des uleérations superficielles , accident fort léger et surtout promptement guéri, Nous pourrions bien aussi accuser quelque raideur dans Les articulations, surtout du membre inférieur ; wais ceci lient à la position étendue du membre, qui est peut-être un des incouvéniens de l'appareit inamovible. |

Au total, que conclure de toutes ces observations? L'appareil inamovible à parfaitement réussi dans des fractures que nulle complication n'embrrrascait ; nous l'avions conseillé dons ces cc. L'apyparal a réus-

DE LA COQUELUCME, mémoire qui a remporté le prix proposé par la Société de médecine de Lyon; par M. BLacue. db

Il est rare qu'un mémoire couronné renferme beaucoup de vérités neuves : les découvertes ne se font point par commande; mais en revanche il offre en général un composé plus ou moins complet de l'état de la science sur un point donné. Tel est l'effet qu'a produit sur nous la lecture du travail a M. Blache, qui étudie successivement la nature et le siége de la maladie, sa transmission par la contagion ou par une influence sunplement épidémique, ses diverses complications , et enfin le traitement qui convient à chacune de ses périodes. Nous indiquerons très-sommairement les principaux résultats auxquels il est arrivé sur ces diffétentes questions, après avoir rapporté treize observations de sé , qu presque toutes se sont Lerminées par la murt,

e siége d'une maladie n'est pas facile à déterminer à une époque où l'on n'est pas d'accurd, même sur les caractères des lésions morbides qui pourraient la constituer. Ainsi, les uns trouvant dans quelques cas les nerfs de la huitiéme paire un peu plus rouges qu'ils ne le sunt d'ordinaire , en ont couclu que la coqueluche était le résultat de l'inflammation de ces nerfs; d’autres, qui m'ont vu que la rougeur des bronches , que l'un rencontre dans La plupart des cas (comme dans tous ceux , au reste, où la mort arrive dela même manière), regardent cette maladie comme une bronchite simple ou une bronchite spécifique. Quant à M. Blache , il rejette tontes ces opinions, que nous ne pouvons inême énumérer, et regarde la coqueluche comme une névrose, dont le siége est à la fois dans la membrane muqueuse des bronches et dans les netfs pneumo-gastriques , fréquemment compliquée de bronchite et de pneumonie , et n'ayant aucun caractère apatomique appréciable.

La coqueluche se transmet par contagion ; elle règne très-souvent d'une manière épidém que. On trouve iei plusieurs ts où il serait difficile , pour ne pas &re impossible , de méconuaitre la transmission d’un individu à un autre individu.

Un fait important, qui ressort de l'étude des affections qui peuvent compliquer la coqueluche, c'est que ces di férentes complications +arient suivant les épidémies,

Il est peu de maladies contre lesquelles on ait employé un plus grand nombre de moyens différens ; c'est presque dire qu'ils sont la plupart

Le

si encore pour des fractures sans plaie à la vérité, mais qui se compliquaieot de gonflement considérable, de contusion violente et même en un cas de l'époque où l'appareil devra être appliqué ; nous conseillons d'attendre que les accidens soient dissipés, ce qui a lieu pour l'ordinaire avant que la nature ait fait aucun frais de consolidation: M. Bérard veut qu'on l'applique immédiatement. Nous disons qu'il n'y à ni raison, ni nn à en agir ainsi ; en effet , d'une part on n’a rien à gagner et

autre part on à beaucoup à risquer, M. Bérard répond que les faits lui ont appris que les craintes

£ e la gangrène, par exemple, étaient chimériques ; ces faits sont au

1 nombre de quatre, et fussent-ils vingt fois plus nombreux , que prouveraient-ils contre les faits contraires que nous avons allégués? M. Bérard lui-même accorde qu'un gonflement excessif doit entraîner dans l'application du bandage un retard de quel- Lan jours. Ce retard , selon nous, est utile dans La plupart des cas ; et

ans aucun cas il ne peut nuire. La question ainsi posée nous paraît résolue,

Eofo la question capitale, celle de l'appl cas de plaie, demeure tout entière, M. Be spéciaux qu’il possède sont trop

ant qu'ils sont assez remarquab

ication inamoville dans les rard convient que les faits nombreux; nous ajouterons cepennt es pour autoriser à faire de nouveaux essais. Îl y a ici deux choses évidentes pour nous: c'est que dans certaines circonstances , telles que celles qui se sont présentées à M. Bcrard et à M. Larrey, l'appareil ionmovible a pe donne des résultats admirables; et que es faits que nous avons vus et cités effets très-fcheux. Cela suffit pour ordinaire ;

tenter de nouvelles recherches pour arriver à déterminer les cas où il

est utile et les cas où il faut le rejeter, M. Bérard est entré dans cette

carrière ; plus que tout autre il est propre à la fournir. Au lieu de cou

aussi l'heureuse idée de permettre à ses malades de marcher à l'a béquilles » une fois que l'appareil a acquis la solidité convenable; avantage immense, et qui sera

celte clinique s cette manière férieurs.

MÉMOIRE SUR L’ANGINE COUENNEUSE, ET $0N TRAITEMENT ; par M. Edouard Genpnox,

Ce travail présente à notre attention deux objets importans , d'abord l'histoire d'une épidémie d'angine couenneuse observée à Chäteau-Relages environnans , et ensuite l'emploi dans cette s encore aussi fréquemment mis en usage que la fréquence de l'angine couenneuse sem-

goault et dans les vil maladie d'un moyen déjà connu , mais qui n'est blerait l'exiger.

Cette , Chäteau-Regnault le mal de gorge existait sans complication ni coïneidence de scarlatine , tandis que des bourgs maladies existaient simultanément sur beaucoup trois premiers mois de son apparition.

Elle a offert, dans sa du ee 27 QN difiérens : dans la première scarlatine, etsévissait particulièrement chez les enfans, le pharynx injecté , les amygdales gonflées, la luette en ques points blanchätres tapissaient la partie inférieure du pharynx , les amygdales , la luette, et envahissaient tout le pharynx ; l’haleine devenait fétide, la déglutition impossible, et souvent les liquides revenaient par le nez; la respiration était gênée , sifflante, la voix nasillarde ; la toux se développait , et bientôt les petits malades périssaient comme asphyxiés. À la seconde époque , l'angine se montra de préférence sur les adultes, débutant par quelques symptômes généraux, avec gêne dans la déglotition, douleur au pharynx et trs Ag de fausses membranes qui s’étendaient graducllement à tout le pharynx , et devenant noires sur quelques points, montraient l'aspect que l'on a défini sous le nom de gangréneux. À une époque plus avancée , la respiration devenait de plus en plus diflicile , et plusieurs ont succombé , les uns avec les symptômes d'une asphyxie lente, les autres avec ceux d'une congestio1 cérébrale.

Dix observations rapportées ici démontrent l'efficacité de l'emploi de la cautérisation dans le traitement de l'angine courpneuse, et pour

1 présentaient mmée, Quel-

lyctènes. Mais il ne s’agit entre nous et M. Bérard que de

ppliqué aux fractures avec d'autres fois, comme dans nous-mêmes, il peut produire des b le (a re proscrire dans la pratique mais il appartient aux chirurgiens de nos grands hôpitaux de

couper l'appareil pour en délivrer le membre, M. Berard le ramollit en faisant prendre au malade un bain alcalin. 1! a eu de de

senti surtout dans Ja pratique civile. Nous avons vu nous-même à l'hôpital Saint-Antoine plusieurs de ves malades que M. Bérard fait marcher avec leur appareil ; et nous recommandons

éciale aux élèves et aux médecins qui veulent juger de etraiter les fractures, principalement aux membres in-

idérnie a présenté cela de particulier , que dans la ville de

u éloignés, les deux € personnes dans les

urée, deux époques distinguées par des , elle apparaissait compliquée de

laquelle M. Gendron préfère, dans le plus grand nombre des cas, le oitrate d'argent aux autres caustiques.

Sans doute, il est beaucoup de cas d'angine couenneuse qui n'offrent pas de gravité et se termineraient par la guérison, lors même qu'on n'aurait pas employé la cautérisation ; mais lorsque l'on considère les rapports qui existent entre l'angine couenneuse et Le croup, la diffculté ou plutôt l'impossibilité de distinguer , dès le commencement , les cas où les fausses membranes resteront bornées aux amygdales ou aux parties les plus voisines, de ceux où elles s'étendront successivement à tout Le pharynx et même aux voies aériennes , il en ressort que le praticien dx constamment dans les maux de gorge épidémiques où même sporadiques Éxer son attention sur ce point important , et aussitôt qu'il aperçoit, soit sur les amypdales, soit sur la luette ou sur le voile du palais, quelqu'un de ces points blanchâtres par lesquels commencent toujours les fausses membranes, il doit, et sans retard , ÿ porter le nitrate d'argent.

DE L'AMPLIATION MORBIDE DE L'ESTOMAC, considérée surtout sous le rapport de ses causes et de son diagnostic; par M. Durzar.

Ce mémoire contient l'histoire de la dilatation de l'estomac , étudiée spécialement sous le rapport des causes qui peuvent donner lieu à cette aïération, et des symptômes qui peuvent la révéler pendant la vie de ceux qui en sont Pr Quant au traitement , il en est à peine Le lion, ainsi qu'on doit s’y auendie lorsqu'il s'agit d’une maladie qui le plus souvent dépend elle-même d’une lésion organique considérée comme incurable.

Treize observations sont rapportées ici à l'appui des recherches que présente M, Duplay, et para elles , deux seulement lui sont propres ; les autres sont empruntées à des recueils de divers âges.

Quand ce travail , dont nous allons donner ici l'analyse, n'aurait que le mérite d'avoir résumé des observations auparavant éparses , déjà il serait digne d'intérêt et mériterait nos ren ee à une époque où les traraux d'érudition sont si rares ; mais quelques-unes des inductions qu'a tirées M. Duplay de leur rapprochement méritent une attention particulière. On croit peut-être trop généralement que le squirrhe du pylore , et conséquemment l'obstacle au passage des alimens de l'estomac dans les intestins, est la seule cause de la dilatation de l'estomac ; mais il est d'autres lésions qui nuisent à la contractilité de ce viscère, et produisent le même effet. Enfin, il est quelques cas où l’on netruve aucune lésion à laquelle on puisse rapporter la dilatation de l'estomac, ct où l’on est obligé de supposer une paralysie de cet organe.

Parmi les lesions différentes de l'induration du re , que M, Duplay considère comme propres à déterminer l’ampliation de l'estomac , Jeite les adhérences anormales de cet organe , la destruction des fibres musculaires , l'induration du tissu mé 1 re qui avoisine le pylore, l'atrophie de la totalité de la couche musculaire , et enfin des tumeurs hydatiques développées dans la cavité de l'estomac. Nous avons de la peine à nous Te comment des adhérences anormales de l’estomac , soit avec le foie , soit avec les autres organes , peuvent amener sa dilatation; et même les observations rapportées ici ne le démontrent pas bien, puisqu'il ÿ avait en même temps induration squirrheuse du pylore. Quant à l'atrophie ou à la destruction d’une partie ou de la totalité des fibres nées , lle nous paraît , lorsqu'elle existe seule, devoir être rapprochée des cas que l'auteur attribue à la paralysie de ces mêmes fibres , l'atrophie , ou même la disparition presque complète da tissu musculaire, étant un effet presque nécessaire de la perte de sa contractilité, qui est alors la véritable cause de la dilatation.

Les symptômes les plus propres à caractériser cette altération sovt les suivans : 1° le vomissement , qui diffère de ce qu'il est le plus souvent, C'est une simple régurgitation sans eflurts, précédée d'un sentiment de plénitude ct suivie d'un grand soulagement, 2° La présence d’une tumeur mai circonserite, qui s'étend de l'hypocundre gauche vers la fosse iliaque droite, plus molle, plus voluminense aprés Île repas et avant le vomissement ; fournissant, au contraire, un son plus clair et offrant une moindre tension après Îe vonnissement. 3° La s nsation qu'éprouve quelquefois le malade lui-même. qui sent les substances ingérées dans son estomac descendre jusqu'à la partie la plus déclive de l'abdomen, 4° La voracité ordinairement considérable des sujets qui ea sont affectés,

Le traitement des cas où la dilatation de l'estomac se rattache au squirrhe du pylore ne peut fournir d'indications thérapeutiques bien

itives. Dans ceux où l'absence d’une lésion appréciable fait supposer ‘inertie de la fibre musculaire, M. Duplay pense que l’on pourra avoir recours à des purgatifs doux , à des toniques légers, aux excitans , tels !lque la strychnine ; peut-être l'application d’un bandage compressif sur

l'abdomen ; l’ingestion de substances nutritives, réduites au plus petit volume possible ; la privation presque complète des alimens raient-ils retarder-les progrès d'un état qui tend sans cesse à s'aggraver.

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