III, TRANSACTIONS MÉDICALES
Nous trouvons dans le cahier de novembre 1° la Gin du mémoire de M. D.ville sur le choléra asiatique comparé au choléra de Paris; 2° des fragmens d'anatomie et de physiologie ophthalmiques , par le docteur ko etta; 3° analyse d'un mémoire sur la fièvre en géné. ral, par M. Gérard. Le numéro de décembre contient 1“ l'observation d'une jeune fille qui a rendu les excrémens par la bouche pendant quatorze jours , M. Delaporte; à° un cas de paraplègie guéri par la noir vomique, par M. Faradesche-Chaubasse ; 3° un cas de vagissement utérin avant et aprés La rupture de la poche des eaux, par M. Heyfelder,
Ce journal annonce d’ailleurs qu'il va cesser de paraitre. Nous retrouverons, pour 1834 , le nom de son rédacteur parmi ceux du Journal hebdomadaire ; qui a de son côté subi quelques changemens assez importans.
FRAGMENS D'ANATOMIE ET DE FRYSIOLOGIE OPUTHALMIQUES, par le docteur Rocnsrra.
L'auteur parcourt plusieurs points principaux de l'anatomie de l'œil, at tactit essaie de concilier les opinions divergentes dos auteurs, d'au-
tres fois cherche à faire triompher une opinion exclusive, Nous en citerons deux exemples.
Depuis Galien jusqu'à Morgagni, on a cru que les nerfs optiques n'avaient d'autre origine que les couches optiques. Morgagni a reconnu à ces nerfs deux autres racines provenant des Le atérales de la moelle allongée. Zinn , Sæmmering , Sabatier, Boyer, Bichat, ete. , admettent bien deux racines ; mais 1ls font provenir la seconde, les uns des tubercules quadri-jumeaux antérieurs , les autres des postérieurs , ou enfin des postérieurs et des antérieurs à la fois, Eofñin , Gall fait venir la seconde racine, la plus grosse selon lui, du corps genouillé externe. Que conclure de ces assertions si différentes? Que la nature n'est pas constante dans la production des racines de cette paire de nerfs, et de plus que chaque nerf optique a une double origine , dont l'une est constamment dans les couches optiques , et l’autre paraît variable.
Telles sont les conclusions admises par M. Rognetta ; elles nous paraissent justes à tout égard; et pour le dire en passant , c'est là une bonne et utile application de ce qne nous ormmerions volontiers la vraie philosophie de l'anatomie. Si nous nous arrélons sur ce point, c'est que cette philosophie , qui cherche la vérité dans les faits et non ailleurs , dans tous les faits et non-seulement dans quelques-uns , ne nous paraît pas bien comprise, même par nos anatomistes les plus modernes ; chose étrange à dire , que l'anatomie même purement descriptive fourmille d'inexactitudes et d'erreurs. La raison en est palpable , c'est que chaeun, ne s’en fiant qu'à s0i, donne ce qu'il a vu pour la science même , sans s'inquiéter de ce qu'ont vu les autres, M. Hognetta est tombé dans cette erreur dès son second paragraphe, comme il sera facile de le montrer.
Il s'agit de déterminer si les nerfs optiques s'entrecroisent on non. Plusieurs anaiomistes n'ayant vu dans le chiasma de ces nerfs que du tissu cellulaire, de la graisse et de la substance médullaire enveloppée de tous côtés par la pie-mère du cerveau, l'ont décrit comme un véritable ganglion ; et les deux cordons qui en sortent comme deux nerfs nouveaux qui constituent seulement les nerfs optiques. Searpa et d'autres ont vu différemment : suivant eux les deux nerfs communiquent l'un avec l'autre au moyen d'ua certain nombre de fibres qui s'entrecroisent ; mais la majeure partie du nerf va se rendre à l'œ1l du même côté. Un troisième parti soutient l'entrecroisement complet des nerfs optiques. Un quatrieme affirme que les nerfs ne font que se toucher. M. Rognetta déclare qu'il partage cette opinion.
Remarquons d'abord qu'il y a bien une espèce d'outre-cuidance à se poser ainsi en anatomie , et à dire crûment aux hommes d'une opinion opposée : Ce que j'ai vu est bien vu, et c'est vous qui avez mal vu, Pour nous ; si nous voulions nous en rapporter à 20s propres dissections, nous ne serious même d'aucun des avis qui précèdent. Les nerfs optiques nous ont loujours paru se continuer directement avec leur racine dans la moitié externe; la moitié interne de ces racines s'unit sur ‘la higne médiane comme une anse nerveuse, et forme le bord postérieur du carré optique; le bord antérieurest constitué par une anse analogue, et le centre est le plus souvent formé de substance grisâtre et ganglionnaire, Est-ce à dire que les choses se passent toujours ainsi ? nons ne le croyons pas. En anatomie , nous ajoutons foi à Searpa quand il dit : ji vu; à pue 2 , quand il dit aussi : j'ai vu; à M. Rognetta inêime.
a seule conclusion à tirer est que la nature n'est pas plus constante pour ce point du système nerveux que pour une foule d'autres ; et ce fait capital d'anatomie qui tombe chaque ‘jour sons les sens , est pentêtre la clé de la diversité des résultats physiologiques dans des experiences qui semblent dirigées sur des parties identiques.
VARAPLÈGIE GUÉRIE PAR LA NOIX VOMIQUE, par M, FannaDescne- Cuaveasse , D.-M.
Les résultats obtenus jusqu'ici de l'emploi de cette substance énergique ont été si contradictoires que nous profitons avec empressement de l'occasion de présenter un {ait où elle semble avoir agi d'une mamière efficace et non douteuse.
Ons, La veuve Refonvelet, âgée de 39 ans, était retenue au lit depuis nm an, par noc paralssie des extrémilés inférieures , avec perte complète du mouvement et du sentioent, Is avait une obésité considérable, mouremens convulsife dé In face et quelquefois du tronc, déterminant une rigidité tétsnique, On spercerait dans la gaine des tendons de certains muscles, et surtont de ceux des avant-bras, des ganglions de la grosseur d'un grain de raisin , disséminés en forme de cha-
let dr rès avoir emplosé un grand nombre de moyens différens et sans succis , M. É. eut recours à la noix vomique, et, le 1°! octobre, en prescrivit 4 grains en poudre ls avec du sucre, 3 heures et demie après , ln malade est prise de convulsions générales qui durent une heure, et tout rentre eu-uite dans ke col.
Le 5, mème expérience, et an bout de 2 heures là respiration devient plus forte, la circulation plus accélérée, un malaise général se fait seatir, mais les extrémités inférieures seules participent à l'état tétanique.
Le traitement est sus ndu pendant quelques jours, et repris le 17, La dose est portée à 4 grains de poudre le matin, et 2 grains d'extrait alcuolique le soir, sans
autre effet que la constipation et la rétention de l'urine , qui cèdent facilement à ta laxatif et à une tisanc miellée,
Le 26, les deux prises sont augmentées de deux grains. Le 29, oa observe quelques mouvemens dans les extrémités inférieures, et les jincemens y dévelop rent uae sensation douloureuse. Le 21 décembre , La malade gout se lever de son
it à l'aide de crosses, et depuis celte époque elle ne cesse de vaquer à ses affaires et d'être bien portante,
CAS DE VAGISSEMENT UTÉRIN AVANT ET APRÈS LA RUPTURE DE LA POCRE DES EAUX; observé par M. Hevrespen, à Sigmaringen, — Imprimé par décisio , de la société. |
Le fait qu'on va lire est tellement estraordinaire qu'il mérite d'être examiné et discuté dans ses détails.
Ons.—Le 23 septembre 1845, une femme âgée de 24 ans, fortement constituée, enceinte pour la prenibre fois, et d'après son caleul à la Ga de la 47° semaine de grossesse , étail depuis 48 heures dans Le travail de Farcouchement. L'abdomen était régulièrement développé; Les pieds du foetus au-dessus de Fomdulir , dans le creux de l'estomac ; le col atérin était dilaté de Ju largeur d'un éea de Prusse: La poche des eaux non tendue ni pendant ni après les fables contractions dé La ma irice, Au toucher M. Hey feller rencontra le rebord des orbites, le nez et la bou che ; en méme temps il remarqua st peu d'eart d'amnios dans ls poche , qu'il crat d'abord que cette poche s'était rompue, d'autant plus que la femme, après avoir pris un lavement , avait soutenu le travail assise sur la garderobe. Cependant , en touchant da doigt les kvres de l'enfant, 11 repcoutra une membrane qui s’opposait à l'entrée du doigt dans la bouche, Celle-ci, comme la face , avait déja franchi Le détroit supérieur du petit bassio , ep tout lien conlormé.
# Au moment où, à la Gin d'une contraction utérine, je tovehais du doigt les 1à. vres de l'enfant , j'emteudis tout à coup un cri semblable à celui d'un enfant nou veau-né qui commence à respirer, Le mari et loutes les personnes présentes s'en aperçurent et exprimèrent Leur étonnement. Je dechirai la poche des vaux ; alors je sentis s'écouler un peu d'eau ; mais j'entends eu mème temps Îe cri se resouveler , mais cette fois d'une manière très-distincte , et bientôt après un troisième cri. w
Le toucher indiquant la première position de la face , le forceps fut appliqué, l'on retira un enfant vivant , mais petit. Les inpecssiqus du furreys constatèrent la prenuère position de ls face,
L'auteur conclut : 1° « Que la position du visage où les parois de Ja matrice ne couvrent pas et ne compriment pas la bouche de l'enfant, est la seule qui permet et favorise le vagissement utérin, au moins après la rupture de la poche des eaux; 2° que le vagiss-ment utéria n'est passible que lorsque les contractions utérines sont faibles et que la plus grande partie des eaux n'est pas encore écoulée ; car dans ce cas les parois de la matrice ne se contractent pas hermétiquement sur l'enfant, et permettent la dilatation de la poitrine pendant la respiration ; 3° Que le vagissement utérin doit être regardé comme un fait analogue au piauler des poulets enfermés dans l'œuf, »
Il est remarquable qu M. Heyfelder semble le premier à douter de son observation ; en cflet , ses deux premiéres conclusions ne rrgardent que le cas où la poche des vaux se serait déja rompue, Le rédacteur des Transactions va jusqu'à lui reprocher d'être peut-être trop exclusif, et propose de changer la premitre conclusion Fe celle ci : « Le vagissement utérin est possible toutes les Fois que la matrice contient de l'air dont l'enfant peut opérer l'inspiration et l'expiration.» Ceci nous parait juste en thèse pp mais quant au fait spécial qui nous ocenpe, nous craignons qu'il ne prouve un peu moins que son titre ne l'annonce, Supposez la poche des eaux contenant de l'air, hypothèse nécessaire pour admettre le vagissement , et qui ne paraît pas avoir existé dans l'ebiservation de M. Heyfelder, le vagissement n'en sera pas moins inexpilicable dans la première positionde la face ; en effet, l'air, par les luis de lagravitation, cccuperait la partie supérieure de la poche ammiotique, et ne pourrait être aspiré pat la bouche, En considérant d'ailleurs F'hésitation de M. Heyfelder lui-même, nous nous croyons en droit de conclure que ce n'est point ici un cas de vag-ssement uterin avant la rupture de la poche des eaux.