‹ Gazette médicale de ParisChapitre 182 sur 394 · COMMENTAIRE PHRÉNOLOGIQUE SUR LA TÊTE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE PHRÉNOLOGIQUE SUR LA TÊTE DE NAPOLÉON

{Deuxième article, |

Nous arops vu que, tous le rapport du La dimension génie.le , Le eriue de Napoléon offrant run d'extraordinsire, Nous pourr oës dejà de ce seul fast tirer une conclus on peu favorable au svsitme phrenologique , qui suhordonte le développement des facultrs au dév lopgn ment des organes cérébraux , où, te qui re

veut au même, à la capacité de la boite osseuse où tant contepus os organes.

Din: l'hypothèse ersnologique , Fesprt étant représente par La matière, où poul le mesurer arec le compas et le peser à la balance, Un génie éminent, des pas- “ons énergiques, des Lens estesordinaires, une satelligence supienure, sujr

posent un vaste apparoil cérébral, et réciproquement l'absenre de toutes ces fe

cultés implique on art de développement dans le evereau et la | pee do save celle

cedne, Or, de erûne de Napoléon n'est pas à be ucoug près d'accor

règle ; 1} n'est nullement proportionné à l'idée gigantesque que le monde s'est : faite de cet être prodigeux , et cette disproportion est une espèce de contresens phrénologique. nl n'y aurait qu'un moyen de faire disparaitre cette dissonnance, ce serait de mer be gémie et les facullés catraordinaires de Napoléon. J'ai dit dans une aulre occasion que Sparzheim avait pris ce parti décisif à l'égard de Descar- Les, dont be erûne était aussi assez embarenssant ; mais je ne pense ps qu'on soit tenté de faire de même pour Napoléon , et qu'on voudra lien chercher quelque autre moyen de défense, J'ajoutérai ici en passant que ces fscheux écarts de La nature ne sont pas rares do tout ; Voltaire, par exemple, et Haphoël étaient encore plus mal partagés que Napoleon et Descartes. S'ils avaient été élevés par ces in-

peut-être été destiné à aire des sabot: et le second à auner de la toile, Je pe prétends pas , au reste, donaer plus d'importance qu'il ne faut à cet ar-

À hr phrénologrsies nouvellement établis en Angleterre, le preuuer aurnt ;

À aument té de la dimension absolue du crâne. Je n'ignore pas qui les phrénala- [Er établissent leurs conjectures moins sur la dimension générale que sur les

proportions relatives ile l'apparcl sérébral; mais coté pourtant ils né man-

quent pas de tirer avantage des cas où la graseur du érène coince avec le de-

Lveloppement intellectuel, ainsi qu'ils ont fait, par exemple, dernièrement pour Cuvier , ils ne sauraent exiger que nous renoncionus à signaler bes cas où cette \comridence n'existe pas, ét nous ne pouvons en consccnec teur abandonner bes

h grands erânes qu'à condition qu'ils nous lsisseront ls petits, Hs peuvent s'ils !

À veulent inetire ces derniers dans la catégorie des exception: mais il faut bien re- Lu irquer que dans les faits naturels les exceptions me sont pas de cells qui con- Érment la règle. Cette maxime peut avai: un sens raisonnable dans les lois établies par la volonté et le consentement des bomers, mais quand il s'agit des.lois

saires. Mais celles, parmi ces appendices , qui doivent principalement} Fertébrales. De toutes les éjiphyses rachidieïnes, celles des deux fixer ici votre attention sont les deux épiphyses condyluidiennes de la} premières vertèbres cervicales ant été le plus souvent observées débase du crâne. Bien que Les autres parties que nous fenons de sommner Ecollées par suite de l'action d'une cause tranmatique. Aussi est-ce sir puissent quelquefois subir une diduction plus ou moins fâcheuse, cet celles-ci seulement que nous croyons devoir nous arrêter.

accident se rattache ordinairement à un autre ordre de lésions (hydro-! B. La premiere vertèbre cervicale est, comme on sait, composée céphalie) dont nous ne devons pas traiter ici, La flexibilité, où plutôt! de plusieurs pièces distinctes dans le jeune âge {1}. Sun arc antérieur se la malléabilité presque analugne à celle d'un carton mouillé, que pré- | présente à l'état épiphysaire jusqu'à une certaine époque de la vie; il sentent les os cräniens chez les enfans en bas âge, est un obstacle à four! est joint par un cartilage aux imasses latérales de l'atlas, de la même diduction traumatique. Aussi trouve-t-0n pi Ar le cerveau blesse} manière que les piéces osseuses de la voûte cränienne sont unies entre

par suite d'une pression immédiate sur le crâne , sans que les épiphyses crâniennes aient aucunement été déchrées à l'endroit de la pression. Tel était le cas d'un enfant de la rue Boucherat , au Marais, âgé de 3 ans, qui avait eu la tête écrasce sous la roue d'un cabriolet et qui a été soigné par M. le docteur Troncin et moi.

A. Les éminences condyluïdiennes de V'occipital sont tellement articulées avec les cavités glénoides de la face supérieure de la première

elles. La partie moyenne de ce même arc est aussi quelquefois séparée en deux par une cloison cartilaginense , de sorte que cette portion de la vertèbre est alors composée de trois pibees. Les masses latérales de l'atlas, en se prolongeant en arrière pour former l'arc et le tubercule postérieurs, préseutent aussi une séparation cartilagineuse à l'endroit de par nt {a}; mais cette épiphyse de l'arc postérieur n'existe juas touljours au moment de l'accouchement à terme, D'après cet exposé, il

verièbre cervicale, qu'on ne connait jusqu'a présent qu'un seul cas! résulte que la première vertèbre cervicale est, dans la première pébien constaté de luxation traumatique L ces parties; c'est celui rap-lriode de la vie extra-utérine , composée crdinairement de trois pièces , eg par le célèbre Palletta dans ses Exercitationes pathologicæ. let quelquefois même de quatre. Plusieurs préparations qui existent dans

ais lorsqu'on pense que ces espèces de mamclons osseux restent à l'é-|les cabinets de la Fsculté de médecine de Paris ne laissent aucun doute tat épipbysaire à leur base jusqu'à une époque plus ou moins avancée} à cet égard. Il paraîtrait pourtant, d'après les recherches de Coyter, de là vie, l'on n'aura pas de peine à concevoir que Le divulsion des !qne le nombre des pièces qui forment la vertébre en question est vacondyles de l'occipital doit arriver plus facilement que leur luxation }riable de trois jusqu'à cinq (3). Alexandre Monro cependant , qui était simple (1). Le décollement dent nous parlons, en effet, arriverait assez [un grand observateur, assure avoir quelquefois trouvé cette vertèbre souvent dans l'enfance si ces condgles n'étaient que peu développés , et composée de deux moitués égales , jointes épiphysairement au moment

si le centre des mouvemens de la tête ne répondait plutôt à l'apophyse| de la naissance.

odontoïde de la seconde verttbre qu'ailleurs. Voici cependant ur exemple de Ja séparation épiphysaire en question.

Ons. 1, — Une botte de foin tombe sur le cou d'un jeune homme , qui avait la? Jioner lieu

tête penchée en avant, À l'instant , perte de connaissance et de La parole ; inclinai son permanente de La tête en-devant et un pru de côté, à gauche; bouche entre ouverte ; mâchoire immobile ; convulsions de membris thoraciques, Mort cinq à six heures après l'accident.

A l'autopsie on trouva les deux condiles de l'oecipital entièrement désunis de cet os, et cearlés de trois à quatre lignes des surfaces articulaires de l'atlas, L'artère vertébrale droite étail rompue {2).

Bien que cette observation laisse quelques détails à désirer sur l'âge précis de l'individu, sur son élat antérieur de santé et sur l'état des autres 2 ra pr et épiphyses du corps, l'espèce de divulsion épiphysaire qu'elle présente n'est pas moins incontestable. Dira-t-on

IL n'est pas difficile de comprendre maintenant comment il | se faire que , par suite d’une chute sur la tête, une divulsion épiphysaire arrive AA trs sur la première vertèbre cervicale, de mamére à à un déplacement de la tête sur cette vertèbre, et de cette vertèbre sur l'axis. C’est ce qu'on verra dans l'observation suivante.

Ons, 1. — Un enfant âgé de trois aus, ft unc chute sur le cou, M. Cline fut consulté, L'enfant présentait les symptômes suivans : en marchant . il était obligé de se tenir soigocuswment droit comme une personne qui porterait un lourd lardesu sur la tête. Lorsqu'il voulait examiner quelque objet qui était placé au-dessous de lui, il soutenait son menton avec ses mains et haissait graduellement la tête pour pouvoir diriger ses yeux vers l'objet, Si cet objet était placé supérieure ment , il portait ses deux mains sur l'écciput pour soutenir cette partie, et élevait graduellement la tête au point que ses yeux se rencontrassent avec le corps qu'il voulait regarder, Lorsqu'il jouait avec d'autres enfans, si ceux-ci courarent

eut- contre lui , il éprouvait une sorte de choc fort douloureux ; et il était obligé en-

être qu'il s'agit ici d'une fracture plutôt que d’une séparation d'épi-suite de souteoir son menton avec une main et de courir iramédistement vers

hyse? Mais comment concevoir ceîte fracture sur les condyles de l'occipital peu développés d’un jeune homme, sans admettre un ramollissement préalable à leur base ? Essayez, si vous pouvez, de fracturer

neltement à leur base les deux condyles en question sur un crâne d'adulte

une table , où il s'y appuyai avec ses deux coudes, et soutenail ainsi se tête avec ses deux tains , pendant ua temps assez considérable , jusqu'à ce que les effets de la commotion eussent ce:sé. Cet enfsot mourut un an aprés l'acciket. L'autopie faite par M. Chine, montra la première sertèbre cervicale divisée en deux moités; de manière que l'apophyse odontotke d: k seconde vertèbre avait tellement

parfaitéiment ossifié ; vous verrez que cela est impossible, Ruyseh perdu son point d'appui, que, dans les difécentes inclinaisons de la tête , le pe -

a plusieurs fvis rencontré les apophyses styloïdes du temporal à l'état} lit malade était obligé de soutenir cette partie avec ses mains , an de prévenir

épiphysaire dans une période très-avancée de la vie (3), Pourquoi cela

serait-il impossible pour les protubérances condyluidiennes sr l'occii =

pital ?

{4} Arthaud, Lais d'ostéorénie, p. 40, {2) Lassus, cité par Léveillé, Nouv. doctrine chier. , L 11, p. 62, 63. {3} Ruysch, advers, Anat,, decas tertis, t. 11, p. 50.

la compression de Li moelle (4).

(4) Cruveilhier, Anst. descript. , 1.1, p. 96. Paris, 4834, {2) Arthaud , Lois d'ostéogénie, p. 24.

(8) Le prima coll vertebra. Hæc in puer:s qui mature orti statim mortui sut , gubi vis 1 st ex quinque constare partibus ; in aliquot aliis ex îres tantam, {Coster, ouvrage cité , cap. v, p. 60.1 {4} Astley Coopec's, on dislocations and fractures of the Joints , p. 307.

de La nature , les exceptions, loin de confirmer la règle , La détritisent, Les théories scieutibques n'étant où ne devant être que l'expression généralisée des faits, du moins d'aprés la méthode philosophique prié in rio sosie , Les faits contraires à la théorie me sauraient étre mis de côté comme exceplionnels, 31 faut que la théorie s'arrange du fait, ou que le Faie tue La théorie; il n'y a pas de milieu. Si par conséquent la règle phrénologique voulait qu'on grand crâne fût invariablement associé à une grande intelhgence , les (sits contraires à cette règle la détruiraient par cela seul qu'ils ne s'y accorderaient pis. Le fait positif de Cuvicr , et cent mille autres faits semblables, n'établiraient en faveur de l'hypothèse É ds probabilité, Landis que les faits négatifs de Deccartes, de Napoléon, de oltaire, de Raphaël, etc. , où même un seul de ces faits, suflicascnt pour la renverser complétement. Mais, je le répète, les phrénolngistes n'ont pas posé précisément La question sur ce terrain, En principe, ils reconnaissent que la di mension absolue du crâne 2e saurait fouroir une base légitime au ratsénnement , et ils ne manquent pas de reprocher l'ignorance de leur système à ceux qui font des objections fondées sur le volume général, sur Lx masse totale du cerveau ; misis out en interdisant ce moyen à leurs adversaires , ils ue laissent pas que de s'en servir eux-mêmes quand cela leur convient. Nous ne pouvons pas leur permettre celle inconéquence, ni leur laisser prendre use position si commode pour la polémique.

Nous négligerons donc d'argomenter sur la dimension ahsoluc du crâne de Naéon pour nons en leair strivtement à ses dimensions relalives , c'est-à-dire à "appréciation des diverses particularités de configuration , conformément à la méthode de Gall.

Cetie appréciation n'a été faite cocore qu'une fois, par le docteur Antomarchi

13 Sainte-Hélène , sur la tête même de Napoléon . quelques heures après sa mort De son vivant , il né parait pas qu'il y ait eu un crénologisté assez hardi pour mwettre la main sur Le crème de Fempérede , ar Napoléon n'aimait ni Gall ni son s1stème , et n'en parlait qu'avec beaucotp de dédain. Le commentaire dé M. Antosuarchi fut vivement critiqué par Gall lui-mime, et en termes assrz peu polis, a M. Antomarchi, dit-il, m'avait que des idées très-mesquises ct superficielles « de la physiologie du cersean…, Tlarause ses lecteurs avec l'énumération vague “ des organes dot il trouve les signes , ete... (4), > Gall allait ici un peu trop loin, Al n'est jras du tout nécessaire d'être un phigologiste transrendant pour comprendre La érénioscopie et pour Pappliquer suant les règles; il ne faut pone cela qu'une étude de quinse jours et une intelligence ordinaire, D'un sutre clé, il est certain que M, Antomarchi a commis quelques néprises ; 1 a employé, pour désigner les organes, des mots autres que veus adoptés par Gall, et à fait usage pour quelques-uns de la synonymie de Spurzhrim, Ce sont là sans doute des fautes que Gall ne pouvait pardonner, mais qui importent peu à la question. JE s'agit seulement pour nous de savoir si sop commentaire est exact , c'est-à-dire, si les organcs désignés par M. Antomarchi se trouvent rélleuent sur le crâne, et #'il n'en a omis aucun, Sur ce point, nous sommes obligés de dire que nous différons entièrement d'opinion avec lus, I nous est impossible de voir sur le crâne de Napoléon la plupiet des organes qu'il a signalés, el nous en voyons plusieurs doat il ne parle pas. Cette divergence d'aginion doit paraïtre an peu extraordinoire ; il semble, en effet, difficile qu'un balle médecin ait pu se tromper sur des Hits anatom ques qui se voient et qui se touchent ; mais nous saroms par capé-

(1) Sur les fonctions du cerveau, tom. VI, p. 388.

Ce fait, qui a été rapporté par l'auteur au nombre des fractures , ft de toute évidence un cas de décollement épiphysaire, L âge du petit malade, en effet , le mode dont l'atlas a paru divise {c'est-à-dire dans la direction de ses conjugaisons cartilagineuses) autorisent assez, ce me semble, l'idée que je viens d'émettre. Je suis persuadé que si les deux endroits de la fracture de cette pièce eussent été examinés attentivement , 00 aurait trouvé les fraginens divisés neltement comme quand on détache de force une épiphyse de la diaphyse d'un os. |

Si un pareil cas se représentait dans la pratique, il ne serait peutêtre pas impossible de juger à priori de la nature du désordre, en se rappelant les symptômes de l'ubservation ci-dessus. CGute lésion urraït peut-être aussi être confondue avec la divulsion traumatique de l'é-

iphyse odontoïde de la seconde vertèbre , Mais nous verruns tout-à- Pure qu'il existe des signes distinctif entre ces deux espèces À altérations. Je pense que si l'enfant qui éprouverait des accidens pareils à ceux dont nous venons de parler ne succombait jias aux suites primitives de l'accident, l'art nous offrirait quelque chance de guérison : et voici sur quoi je me fonde. Tout le danger dans ces sortes de blessures consiste, 1° sr la lésion immédiate de la moelle et du cervean {commotion, contusion, déchirure); 2° daos les accidens inflammatoires et nerveux qui suivent la blessure pendant la première semaine, Or, s il est d'expérience , ainsi que le fait de M. Clinc le prouve » que ces suites , lorsqu'elles ne sont pas trés-graves, peuvent quelquefois êtce conjurées | à l'aide de moyens convenables, il ne resterait dovc alors à | homme de l'art que de procurer la consolidation de là fracture de la vertèbre, Plusieurs observations bien constatées prouvent que les fractures des

Pl

re, deux gardes ylacées continnel!rment 4 de l'enfant me parais-

tronc tmmobhiles, Il serait

C. La seconde vertébre cervicale ne présente, d'après la naissance, d'au‘re épiphyse que celle de l'éminence oduntoïde. Coyter dit cependant que « secnnda colli vertebra præter tres partes reliquis assignatas, » et quartam acquirit qui dentem eflurmat. » Bien que peu développée dans les premiers temps de la vie extra-utérine , la saillie dentaire de la vertébre en question est manifestement épiphysaire. L'exact anatomiste Winslow s'explique très-positivement à ce sujet, en disant que « la » portion supérieure du pivot de Ja seconde vertèbre cervicale est » une vraie poisse, entée sur une apophyse fonrchue (2). w Suivant la remirque de Platner, cette éminence serait jointe au corps de l'os comme l'apophyse styloïde du erâne, c'est-à dire par un véritable lit cartlagizeux à sa base, C tte observation, qui a été confirmée par les

[belles recherches ostéogéniques de M. Serres, est tout à-fait différente

de celle de Wins'ow. C'est à cet état de mollesse de l'épiphyse en quesbon que Platner attribue l'impossibilité où se trouvent les enfans

uouveau-nes de relever et de tenir leur tête droite (3). Get état épiphysaire de l'excroissance odontoïde de l'axis dure plus où moins long-temps après la naissance ; M. Cruveilhier Gxe ce temps

vertèbres peuvent se consolider comme toutes les autres fractures du trois mois (4). 11 peut cependaut se prolonger jusqu'a une époque

corps {r}. Si, dans lecas que nous venons de rapporter, les deux moitiés de l'atlas étaient encore déjointes après ane année de leur séparation »| c'est que, la lésion étant de nature inconnue , on n'avait rien fait pour rocurer Ja consolidation dont je parle ; les mouvemens confinuels de L tête de l'enfant s'étaient opposés à celte réunion , et avaient donné licu à une articulation contre nature. Aussi le petit malade est-il mort des suites de la commotion et des contusions continuelles que sa moelle éprouvait à chaque fois qu'il s'exposait à des mouvemens désordonnés. Mes conclusions sur ce paint sont : 1° que lorsque l'accident en queston se représente dans a pratique , l'on doit combattre les symptô mes primitifs à l'aide des antiphlogistiques et autres remèdes connus ; 2° qu'il faut mettre les parties lésées en état de réunion , et les y maintenir jusqu'à consolidation parfaite, On ne manque pas aujourd'hui de machines ingénieusrs pour tenir pendant un temps convenable la tête immobile et en direction normale sur le tronc de ces malades. Je n'ai pas besoin de m'étendre ici sur les moyens de remplir cette indication: tous ceux qui sont au courant des mille machines orthopédiques dont on

se sert de nos jours , sauront en approprier une au sujet dont il s’agit. | Comment fait-on, par exemple, pour tenir immobile un fou qui vient | de se conper la gorge, et dont on veut faire cicatriser la plaie ? (Voyez

l'espèce de demi-cage en acier imaginée par Sabatier pour être adaptée |

à la eas sg ra ou graves du cou, sur des snj ts dont l'agitation est extrème. Boyer, tome 4, p. 16.) D'ailleurs, dans les cas de ce gen-

(1) Cruveilhèee, Anat. path. , planche 1v°,

rivnce que pour les phrénologistes Les collines sont des montignes et des vallées des sbimes; et puis 15 voient souvent les choses, non comme elles sont , mais

(1) Nous lisons dans Léveillé {Nourelle doctrine chirorgiesle, tn, p. 247), “qu'un homme d'Arras qui, était venu à Paris consulter Desault , avait eu à la # sutte d'une chute l'apophsse odontoïle de la seconde vertèbre cervicale frac- » lurée, I était obligé de suutenie sa tôle avec ses deux mains, sans quoi il était v menacé d'une paralysie générale. » Cet anteur ajoute que toutes les machines essayécs par Desault pour soutenir La tête de cut homme furent inutiles, Ce cas de Desault ne préscate-1-il pas de l'anslogie avec de précédent , platôt qu'avec une fracture de l'éminence odoatoide? Du temps de Dessult , on ne croyait pas que la

lpreauère vertébre cervicale paisse être brisée ou luxée franmatiquement. de regrelte que dans l'histoire de ce fait Léveillé n'indique ni l'âge de l'indiivdu , mi époque de La dorée de l'arcident, Ces circonstances auraient pent-être puecluroe le disgnostic, pour savoir S'il s'agissait d'un décollement épiphysaire de la première vertébre , où bien d'une fracture de ce même os, où bien encorc d'une rupture de l'apophyse odontaide, Je ne peux pas souscrire à cette dernière idée ; car, ainsi que nous atlonsie vo’r, la divulsion de l'éminence odontoile, où est suivie d'une mort instantanée, ou hien, si le sujet survit quelqne temps à son acchlent il présente des symptômes tout différens de ceux du malade de Dessult. Quoi qu'il en soit, il est bon d ajouter iei que cet Artésien ne trouvait d'autre moyen de se soulager, qu'à l'aide d'une forte cravale rembourrée de crins qui lui maictemait la tête droite.

(2) Winslow, Anatom. , p. 58, édit. in-4”, 17342.

(3) Hic procesens {Jentatum } caput ultro prolabi non patitue , quare, quia in

rtie postérieure du cou rt soutenir immobile la tête dans les” recens natis intfantibus ile moîlis est, et cartiliginosos, tenelli caput erectum te- | uere poquent. Hicclontoides procc-sus injunoribus vers epiphysis est, quæ etiam

album spophisi, supenus parum desidentens sinum habonie, seu quadans vagina excipitur. Hlod quoque de styloïde procrssu scripsi , esrtilaginis contrahi et tandem penitus induran de bac quoque commissura dicendurm est ; p. 480,

{4} Crnveilbicr , loco citato , p. 97,

| consistait à leindre on emportement terre ble et des ne per de colère qui s'exbalaiuot par un irrésistible flux de paroles dans lesquelles semblaivet se trahir in-

comme elles deveuient tee, M, Anlomarehi, s'il faut en croire le docteur Gall ,! volontairement les secrets de son sm, C'est la tactique des méridionaix dont Ja et d'après ses propres aveux, m'est pas phrénologisle; mais il a pa furt bien exa- | brasquerie passe pour de la franchise, Sur le crâne de Nopoléon, la partie destinée miner la tête de Napoléon à travers Le prisme de son admiration et se prêter an: à cette Hculté n'offre aucun développement appréciable. aux illusions d'optique si fréquentes dans la cränologie, Quoi qu'il «na soit de | L'organe des conguétes srrait sais doute une Lrouvail c inspprécisble r la Lu de son erreur, son commentaire n'est rien mans qu'exact, et en pré-! phrénologie, car mn n'a fait que cela toute ss vie : c'est le type mème du sence du crâne il ne soutient pas l'examen, Les organes désignés par M. Antomar-! conquérant. Par malheue il n'existe pas dass la géographie cérébrale une case efchi sont Les suivans, avec les noms adoptés par lui, | feciée à ce penchant, Gail mme , je ne sais pourquoi, que M. Antomsechi 4° Organc de la dismolation, 2° organe des conquêtes ; 3 de la bienveillance ; {avait enteudu désigoes par là son organe de l'énrtirret cartarsier Où du meurtre ; 4° de l'imagination ; 5° de l'ambition, amour de La gloire; 6° de l'individualité ou ! quel rapport y a-t1l done entre ces deux instiniuts ? conquérir n'est pas ls même

connaissance des individus et des choses; 7° de la localité ; 3° du calcul; #° de La comparaison ; {0 de la causalité. Tous ces agens se trourent compris dans la portion du crône mouléc , à l'exception du 5°, l'amour de la gloire , qui correspond probablement à ceux de la vanité et de l'orgovil de Spurzheim , et qui sont placés

Eat que tuer, quoique l'une de «es choses ne se fasse pas sans l'autie 1 est pro- !batle qu'il s'agit de l'organe de la convoiuvité , où autrement du vof, El y a en leffet quelque analogie entre wne conquête ét un vol fait à main armée; prendre Las province ou la bourse sur le grand chemin, c'est toujours prendre , et l'ins-

tous deux à la partie postérieure ct supérieure de la tète. Rien n'empêche de les || tinct qui pousse à l'acte est dans les deux cas one ronvoitise. Cette explication supposer Leès-volumineux, car Napoléon aimait beaucoup la gloire et tout ce qui || ne sera pas repoussée par les phrénologistes de l'école de Spurzheim - elle est ressemble; mais nous sommes obligés de croire M. Antomarchi sur parole , | tont-3-fait dans Icur goût. Quoi qu'it en soit, il n'y a pas trace sur le crâne d'aupuisque M. Automarchi ne la donne pas. Quant aux sutres , ils soat lous plus où | eun de ces deux orgonces, bien qu'on dût s'attendre assez naturellement à les y mwios contestabies. trouver, surtont celui de la destructivité, Sans être criet, Napuñdoe faisait assez bon Le premier, l'organe de La disimulation, est Je même que Gall a désigné sons le marché de La vie des hommes pour acricer à son but. L'amour de la guerre rupnow de la ruse, Spuraheim sous celui de séerétivité { penchant à cacher.) 11 n'y a || pose tagjours une certaine insensibilité, et l'on ne peus cn ce monde ren faire pas de doute que Napoléon ne possèdit cetle qualité où ce défaut à un haut de- | £rand sans beaucoup détruire, Le point du crâne auquel aboutit la convoitivité , gré. C'était un trés-grand maitre dans la haute fourlirie diplomatique ; mal n'a su ||est méme remarquable par ne dépres ion très-se usbie. a place de la destructimiwux tromper au bisoin et dissimuler sa pensée ; <a methode la plus ordinaire D vite est vide aussi ; et sur une vingtaine de têtes que j'ai touchées zu hasard par-

braucouÿ plus avancée de Ja vie, s'il y a

tell

Lorsqu'on songe au rôle important que jone cette espèce de pivot dans les différens mouvemens de la tête ; lorsqu'on se rappelle la résistânce énorme des trois Jigamens propres et de l'accessoire (occipito-axoï. diens, et bis atluidien on transverse} qui, conjointement à Ja bande li- Mer verlébrale postérieure et aux prolengemens de la dure-mère

nu crâne, lient l'éminence adontéide avec l’occipital et avec l'atlas ; lorsqu'on réfléchit enfa à l'état de tendresse cartilagineuse de cette érniuence chez les en£ans, on est porté à admettre plutôt la possilulité de sa séparation totale, ou de son dévollement , que sa luxation sans rupture; car ce dernier désordre ne peut guère arriver sans la déchirure d'une partie des ligamens que je viens de nommer ; ce qui parait extrémement difficile {2}. Voyons en ctfet si notre raisonnement s'accorde avec les faits de ce genre que la science possède.

Ons, FH. = Une jeune malade de l'hôpital Ssint-Thamas de Londres (on ne précise pas l'âge), étant assise dacs sou Lt, pour manger sa soupe, taruba subite iüent en avant. Les autres maladrs , ses voisines, étant accourues à «on svoours . on la trouva morte. À l'autopsie, faite par le docteur Else, on trouva de someet de l'apaphyse odontoids ditsché de la Lu de cette éminenre, 1 But ajouter que cute malade suivait dans l'hôpital an traitement mercuriel (3).

*Auena doute ne saurait être élevé sur l'espèce de lésion que cette observalion ous présente. Soit que l'ossification ne fül pas encore accomplie sur cette malade, ainsi que cela se voit dans les squelettes d'adultes, cités plus haut; suit que sous l'influence du mereure où de la maladie pour laquelle on la traitait les saillies osseuses de cette personne se trouvassent ramollies, le décullement épiphysaire de l'éminence odontéide n'en est pas moins incontestahle. D'ailleurs , la manière d'agir de là cause accidentelle, indique assez qu'il ve peut nullement êtie ici question d'une fracture,

Nous avons déja dit que la divulsion épiphysaire de l'appendice odontoïdien, où causait La mort sur.le-champ, où bien le malade ne survivrait que pen de temps à cet accident, L'observation suivante, que nous empruntous au bel ouvrage de Pailetta, nous démontre La vérité de cette dernière proposition.

Ons. 1V. — Un jeune homme, ayant une lourde charge sur Le dos, tomba de sa hauteur, 11 se leva de terre , et sentant qu'il ve pouvait plus continuer son che mio , S'en retourna chez lui, où il resta pendant un mois sans eéelamer Le scrours d'aucun médecin. Au bout de ce Lemps, il se rendit à l'hôpital : il présentait les symptômes suivans : tête inclinée sa avant et à gauche; locution «1 déglutiton, dans l'état saiu; shsence de toute espèce de paralysie ; existence d'une sorte d'enfancement en furme de gouttièee au sommtrt de ls partie postérieure du cou {io samma cervice, magnus sus }. difbculté d'élever le bra- droit, ce qui à été attribué à une fracture de La élavieule. La tête de cet homme semhlait luxée ; lorsqu'on La lui relevait avec les deux mains, elle revenait à s3 position saturetle;

(1) Portal, Anstomie méd, , t. 1, p. 288 (2} Morgagoi, Epist. 57, m° :7.

{3} A. Cooper , ouvrage cité,

temps

» rate, true suspensorio, nam dentis apesx fiemiter ocvip'ti alligatum jp rmaue- » bat; trensvereum item sammæ verlebræ illæeum cou-peetum est {4}. w

Plusieurs réflexions tmportantes nous sont snggérées par celte intéressante observation. 1° L'espece de lésion patholngique qu'elle nous présente est digne de notre attention, L'appendice oduntoïde in ipsa basi avulsus est repertts ! Voilà donc un décollement épiphysaire ! Ce décollement est différent de eclui de l'observation rrébtlonte car Lx il n'y avait de séparé que la pointe de l'appendice, Ceci confirmerait donc les opinions de Winslow et Platner, dont nous avons parlé plus haut, +° Tous les ligamens étaient sains et l'éminence dentiforme. était restée pendante à l'apophyse basilaire du cräne par ses ligamens occipito-axoidiens ! N'est-ce pas parfaitement d'accord avec les idées que nans venons d’éancttre? 3° le temps { 65 jours } qui s'est écoule depuis l'accident jusqu'à la mort de ce malade ne mérite pas moins notre méditation. Comment cela se fait-il que le sujet de l'avantdernitie observation soit mort subitement sous le coup, tandis que celui ri a vécu soixante-cinq jours? Les conditions diférrates leur lésion nous rendent parfaitement raison de ce résultat. Dans le premier cas, la divulsion n'étant arrivée qu'an sommet de la saillie odontuide , la portion restant à là base à suffi pour déchirer la moelle et causer la mort sur-le-champr; car , aussitôt que la tête a été précipitée en avant par Le manque d'appui snr l'axis, l'éminence dentaire a dû être immeédiatement portée en arrière dans le canal médullaire et détruire la sulsstance de cet organe. Dans le sceond cas, au contraire, l'épiphyse avant été neltement séparée à sa base, il est facile de prévoir pourquoi les symptômes primitifs du mal n'ont pas eu ue gravité alarwante. Si l'on se rappelle maintenant des ligamens propres et accessoires de l'é. piphyse odontaïde dont nons avons parlé; si l'on se souvient qu'outre ces higamens, la bande ligamenteuse vertébrale et les membranes du cerveau qui se prolorgent dans le canal rachidien concourent à maintenir la tête sur les deux premières vertèbres , l'on n'aura pas de peine à comprendse pourquoi la tête de cet individu présentait les symptômes que nous avons exposés, el pourquoi aucun signe de paralysie n'existait sur lui jusqu'au soixante-quatritme jour de l'accident. 4° Le genre de mort qui a enleve le malade est aussi dignr de remarque. 1 ne me semble pas raisonnable de supposer qu'il soit survenu subitement chez ce malade une myélite, par suite de là contusion primitive que F'urgane rachidien avait essuyée au momeut de l'accident, soixante-cinq jours auparavant, Ne serait-il pas plus conforme à la raison de dire que, dans quelque mouvement désordonné, automatique, qu'il fit dans la nuit, il se soit déchiré en partie la moelle épinière, dont les convulsions et La mort auraient été nnc conséquence indvitable ? L'ouverture du canal rachidien aurait pu éclaircir cette question ; c'est ce qui n'a point été

(1) Palleita, Évercitationesanatomicæ, p. 233,

mi les personnes de ma connaissance , il n'y en à pas trois qui ne saint meux pourvus de ce terrible organe , que Le vainqueur d'Arcole et de Rivoli. M. Anlomarchi ayant d'ailleurs négligé de nous dire à quel endrait du crâne il à vu | sou organe des conquêtes , nuns sommes forcés d'arouce que nous v'avons pu l'y trouver. | |

Quaat à la bienveillance (bonté, compassion , justice , ete, , de Gall; smuur du prochain , charité, humanité, ele., de Sparzbeim) , je ne sxis trop qu'en dire Toate la ligoe médione du front de Napoléon décrit une courbe si douce 14 si onie qu'il est impossible d'y reconnaitre aucune sailbe, J'admetirai done st l'on E veet , que Napoléon fut un Vincent de Paule; mais son crâne ne nous spprend : alsolument rien à cet égard. |

L'ergane dit de l'éndividualité réside au-dessus de La racine du nez, juste entre les deux sourcils, et se confond ace celui des phésomènes (Spurzheum ) placé an peu au-dessus. Dans le crène de Napoléon cette partie n'offre pas d'emrnuner remarquable ; et quaod iy €b aurail une, nous Ge Serions pros plus avaucé :; car, de ne pense pas que personne ait jamais compris quelle faculté Gall «4 Spurzheun oat voulu désigner par ecs nonts de wémoire des choses, sens des choter, sens cles faits, éducubilité, perfectibilité, sens des phénomènes, etc... Dans tons les éas, Nagolcon ne possédait qu'à un degré fort ordinaire ectte avulté telle qu'elle soil. .. a .

L'énagination w'existe pas dans la nomenclature de Gall ; il fout peut-être en tendre par là le sens de la poésie où l'idévlité {Spurheim}), Méme insiaifiance que poor les autres organes, Napoléon avait pourtaot beascoup d'imaginalion ; son langage en était empreint, et chez loi la pensée revêtait souvent uge forme

poétique.

Le seus de La loc:lie (ou mémo re dés lieux ten- des rapports de l'espace ete }, et un peu plus appareut que les précédents : al a qu être nble à Napoléon sur les champs de stasile, pour bien mreurer Le teranse et calroler les distances. Toutefois il convient de dire que son déviloppement n'a nicn d'extraordinnne, et qu'en oulre, se tronvant pare quste sur Les anus frontaux. 4l pourrait bien ne réprésenter qu'ane éminvace osseuse ou ben d'anc éminence cérébrale.

La fuulté du caferl ou de ba nasncération ( svns des mathématiques ) est située vers l'angle externe de Farcsde surdlisire, Dans le crâne de Napoléon , au lieu d'anc saillie, où trouve à sa place vue dépression teismarquée Je ne sais done comerat M. Antomarchi a pu se tromper aiusi du tout au Tout : je ne m'explique pas surtout comment il à pu afirmer l'existence de cet orsanc, après avoir { Per. tiers moment de Muproldon, 1. 2} reconnu et dit lui-même que toute Ia région des tempes était dprimée d'une muanitre sauble, Celle dépression des trapes est en effet wa des ésractères Les plus appréciables dans la configuration du crane de Napoléon. Cet dus cette région que se troure Le sens matliéinat que , ta constructhite (sens de La mécanique, de L'industrie, du dkssin ), et plus en avant le sens de l'ordre (Spurzhéio). Cette dépression serencoutre la trés-mal à propos, car, parmi les facultés de Napoléon, cvlle des mathématiques et des caleuts était chez lui très éminente. H avait étudié cette science vec avdeur, ét la seulé bonne note qu'il ait pu obtenir au collége de Bricnne, portait précisément or les mathématiques. D prouva par La suite dans son métier d'artilicur , à l'Eastitut et sur les champs de bataille, qu'il ne les avait pus oubliées, Je signsle d'autant plas volopticrs ctte particularité du crâne, qu'elle est un peu plus décisive et appréciable que Ta plupart des autres, lei, en effet, nous svons dans la | une faculté très-suthent'que prourie et clairement définie ; et sur ke crâne une dépires-

DE

fait. 1° Que faire si un cas pareil se reproduisait dans la pratique ? Je

nse”qu'il faudrait se conduire de la manière que nous avons établie Les l'observation précédente, 2° Enfin, v’y a-til pas de l’analogie, pour les apparences, entre cette observation de Palletta et cette lésion - M. Dupuytres appelle rhtwmatisme subitané du cou, à l'occasion

‘une entorse sur cette partie (12 Ce fait nous démontre pourtant que la rupture de l’appendice odontuïde n'est pas toujours mortelle sur-lechamp, ainsi qu'on le croit généralement, d'après l'autorité de Louis {2}.

Tout le monde connaît ce cas célébre de J.-L. Petit (3), d'un enfant âgé de six à sept ans, qui, ayant été saisi par les deux côtés de la tête et soulevé en l'air , s'agita , se mutina et tomba mort à l'instant même. L'autopsie du cadavre ne fut point faite,

J.-L. Petit et tous les autres après lui , ont rapporté ce fait comme un exemple de luxation de la tête et de la première verttbre cervicale sur la seconde. Boyer lui-même fait des efforts pour l'expliquer dans ce sens, Mais pourquoi ne serait-ce pas plutôt un cas de décollement éniphysaire analogue à celui de l'observation troisitime de ce mémoire ? cette idée me paraîtrait plus d'accord avec les connaissances anatomiques de la partie chez un enf nt, que celle de la luxation; car, d'après mes propres recherches ; les ligamens occipito-oxoïdiens sont beaucou pe résistans que l'éminence odontoïde à laquelle ils sont imp'antés. a seule autopsie cadavérique, du reste, aurait pu décider la question.

Nous lisons dans Léveillé : « Nullement fondé sur l'observation , Bichat avance que l’apophyse odontoïde passe au-dessous et derrière le ligament transverse , après la rupture d'un ou des deux ligamens axsiilo-sccipitauz, sans avoir pensé qu'un obstacle à peu près invincible s'oppose à ce mode de déplacement. C’est le prolongement de la dure-mère ; c'est encore cette bande ligamenteuse qui, de la surface

pareil ligamenteux postérieur, qui en reçoit une force très-grande; c'est ensuite le long trajet que cette apophyse aurait à pee » à moins qu'il n'y eût rupture du fibro-cartilage et des deux capsules latérales (4).

Je ne dois pas quitter ce sujet des épiphyses vertébrales , sans rap- . : 4 :

porter l'observation suivante qui nous est propre,

Ona. V. = I y à trois à quatre ans, une jeune femme de chambre à été présentée à la consaliation de M. le professeur Roux par un jeune médecin, Cette personne avait, depuis un an, La téte fortement inclinée en avant et latéralement à gauche, par suite de l'accident que voici : étant chez son maître , en train de faire un ouvrage , la tête penchéeen avant , un indiseret s'est avisé de lui donner un Coup sur l'occiput en hyi abaissant la tête davantage, et en Da lui tournant, en

basilaire de l'occipital, vient se confondre avec ce qu’on nomme l'ap- |

Re supéricure «1 latérale des dernières vertèbres cervicales (4); cetie tumenr

Je le demande, quelle est la nature de l'affection de cette malade ? M. Roux ne s'est point expliqué sur ce sujet. Serait-ce par hasard le rbumatisme cervical signalé par M. Dupustren? Mais dans le rhumatisme la tête reste immabile et le mal ne dure que peu de temps, tandis que dans le cas en question la tête de la malade était mobile comme une boule de bilboquet (qu'on me permette cette comparaison) sur son axe, et en outre le mal existait depuis un an. Serait-ce peut-être une rupture d'un des higamens decipito-axoïdiens , sans déplacement de l'apopbyse odontoïde, ou bien un décollement épiphysaire de cette éminence ? Ce I n'est certainement pas une luxation érste d'une des apoghyses obliques des premières vertèbres cervicales ; car dans ce cas, la tête serait immobile aiosi qu'on le remarque dans les observations de Riolan, Chopart , Petit-Radel et Boyer {t. 4, p. 113). Bien que je serais disposé à admettre chez cette malade un désordre analogue à celui que vous venons de remarquer dans l'observation de Palletta , je ne me prononcerai pas sans quelque doute à cet égard.

Je me contenterai, en attendant, de rappeler une idée de Duverney , qui pourrait avoir quelque rapport avec le sujet de l'observation en question, Après s'être efforcé de démontrer que les vertèbres ne sont | pas susceptibles de luxation, ce praticien ajoute : « IL faut pourtant exî» cepter la première vertèbre du col, qui est sujette à une espèce de l» torticollis, c’est-à-dire qu'elle est exposée à une extension sur les cô- » tés. Ses ligamens et les iwuscles qui l'environnent ayant souffert une » forte extension, la tête reste penchée sur le côté ; mais ce n'est pas une véritable luxation {2}. x

Concluons don: sur le sujet de cet article en disant : 1° que dans la divulsion de l'éminence odontoïde , la tête devient mobile dans tous les sens sur le con , comme une bille de bilboquet; 2° que dans le dé. collement épiphysaire de l'atlas, latête ne peut être bougée qu'à peine : les malades la tiennent soigneusement droite avec leurs mains; 3° que dans tous les cas de Juxation latérale des vertèbres cervicales, la tête

méme Lemps daus le sens où elle se trouvait main'enant, Immédiatement, craque- | reste immobile; 4" enfin, que dans le cas de fracture de la sommité

ment cscessivement douloureus à Ja nuque , avec impossibilité absolue de relever volontairement la tête, La malsde à souffert beaucoup de dovleurs dons les commencemens ; tuais la Lête est restée depuis dans la même position vicieuse. Voici ce que l'examen altentif des parties nous a appris: tête penchée de la ma. nière que je vieus de dire; en essayant de relever avec les mains la tète à sa direclon naturelle , cela était facile, mais elle retombait aussitôt qu'ou cessait de

(1) Leçons orales de M, Dopuytrea ; art, luxations des vertèbres,

{2} Lawrence, On disloc. nfthe vertebræ, in med. chir. trans, 1. 42, part. 2, p. 387 ; et Rust's antrokakologis, uod medicinisch-chicurgische Zeitung, vol 3, p. 127.

{3) 4.-L. Petit, Maladie des os, t. 1, p. 65.

(4) Léveillé, Nouv. doet, chir,, t. 1e, p.64,

| de l'apophyse odontoïde il y a mort instautanée. C'était 1à un point de diagnostic comparatif à éclaircir, qui nous a paru de la plus haute importance pour la pratique chirurgicale, aussi bien que pour la médecine légale.

Pelviennes. Parmi les épiphyses des os du bassin, celles qui joigoent les trois pièces de l'os coxal méritent ici notre attention. Les épi.

(1) On peut déterminer sur le vivant l'endroit précis de la première vertébeu cervicale en tirant idéalement , ou bien avec un petit ruban , une ligne qui passe horirontalement de l'apophyse rygomatique d'un cûté à cclle du cdté opposé, C'étail sur le passage de cette ligne que se trouvait La tumeur en question.

(2) Daverney, Malad. des os, 1. 11, p. 408.

on profonde au point juste où la erânotcopie place le siége de cette faculté,

Pare les facultés intellectuelles proprement dites, celles qui appartiennent eaclusivement à l'espèce humaine, M, Antomarchi en désigne deux : la faculté de comparaion {sagacité comparative , qui prodoit l'esprit de combinaison, de généralisation et d'abstraction } ct la causalité {esprit d'induction, vsprit méta-

physiqu, Gall). Ces deux facultés, qui constituent à pra près la raison et l'in-|! ph

tellgence humaines , ne sont prs plus marquées sur le crâne de Napoléon que sur celui de la moitié du genre bumaib, Les organes siéges de ces Rois sont situés dans la partie moyenne et supéricure du front, dont ils occupent la portion là mac apparente. C'est précuément celle partie que le cisean des sculpteurs et le una des graveurs ont si démeswrément agrandie et idéalisée dans Les bustes et Les médailles. M. Antomarche à inesusté à la partis tofesienre de son plitre une petite médaille de bronre représentant Napolcon empereur, La différence entre les deux images cst frappante, Dans la mélille , le front est tout-à-fait droit et trés-baut, tandis que sur le plètre it déerit uve courbe tres-sensible, J'ui mesuré Faagke frontal : il ne dépasse pas dons la mature 75°; dan. la médaille, c'est un angle droit et méme obtus. Gn conçoit qu'avec une exsgération de 45°, les ar listes aient pa mo leler à Napoléce un frant de Jupiter olympien, ce qui est tonto-fait feux. Le front de Napoléon était a:srx médiocre sous le rapport cränolopique; c'est Li un fait dont tout observateur de boune foi conviendra. Le simple coûp d'œil suffit pour s'en assurer, et la mesure de l'angle (75° en est une prenve £'om ttrique sans réplique.

D'après ce qui prrcëde, en peut conclure que M. Antomarchi s'est complétement abusé dans ses délérminations. Aucun des organes qu'il signale n'est développé sur le crâne d'une manière un peu distincte et significative , el sue plu-

+ sieurs points où if indique des saillies, existent au contraire des enfoncemens peu fonds. Ni le génie de Najwoléon , ni ses passions, ni ses aptitudes connues ne sont représentés sur son crâne. Jamais démenti plus éclatant n'a été douné àl'hypothèse ptrénologique. :

Ce srail uue expérience cmréust que du soumettre ce crâne à l'examen d'un

rénologiste nou pr: venu; #07 horoscope sérait à coup sûr très-singolière, Voici

à peu près ce qu'il en pourrait diagaostiquee d’après les données qu£ nous posé.

dons : Esprit juste, seusé, mais pou capable de bautes conceptions ; memoire x.

lide, suctout pour Les Faits et les lieux ; inaplitade radicale pour les maulémats

ques et en g ‘néral les sciences exactes; nature hienveillante. douce et gracicuse ; caractère égal , bien réglé, circonspecl à l'excès et jusqu’à la timidité ; beaucoup d'orgue cependant , mais tempéré par l'amour de la justice (4); d'inclin :-

tion potr les arts, si ce m'est pour la musique. En somme, sntelligence saine ,

bien développée. mais nou jusqu'au génie ; aptitudes générales pour beaucoup

de choses, mais à un faible degre. Quelque part qu'ou place cet homme, il v

joucrs son rôle d'une manière convenahle, mais il n'y fera jamais rien de grand

ni d'estraordinaire. Dans la spéculation comme dans la pratique , 1 déploiers du bon sens, de ba sagesse, de l'intelligence ; maison we doit aitendre de lai ni des découvertes , où des conceptions originales, ni des actions d'éclat,

Voila mon commentaire derit sous la dictée du crâne même. On noarrait l'arranger un peu différemment, car in'ya rise qui prête aux interprétations comme

{4} de fonde cra trois prédictions sur l'aulorité de M. Antomarchi, qui dit dates sou livre que les régions sincipitales étaient très-hantes Qt trés évasées,

TU

physes marginales des crêtes ilisques et celles des tubérosités ischiatiques ne se décollent que très-difficilement. La triple conjugaison cotyloïdienne peut être l'objet d’une divulsion traumatique lorsque cette

ie est encore à l'état épipihysaire. Cet état se poles ordinairement jusqu'à la dix-huitième ou vingtième année de la vie (1). Une chute sur les genoux , sur les pieds, peut quelquefois produire la désunion ea question. On conçoit cependant qu'un accident de cette nature ne peut pas avoir lieu dans une époque très-rapprochée de la naissance ; car on n'est pas alors exposé aux sortes de chutes qui seraient nécessaires pour cet effet; mais lorsqu'on a atteint l'âge de cinq à six ans , comme les unions des pièces de l'os coxal sont encore cartilagineuses {2}, leur séparation n'est ni impossible ni mème diflicile, Cette divulsion peut arriver d'autant plus aisément dans la première enfance, qu'à cette époque le col et la tête du fémor fout avec leur diaphyse un angle très-ouvert ; d'où il résulte qu'ils peuvent plus directement forcer la cavité cotyloïde,

Lorsque la séparation dont nous parlons a lien , les suites en sont ordinairement fâcheuses. L'écartement a été tel quelquefois que la tête du fémur est entrée dans la cavité du bassin. Tel était le cas d’un jeune homme soigné par M, Dupuytren {3).

(La suite à un prochain numéro.)

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