‹ Gazette médicale de ParisChapitre 185 sur 394 · VI. INFLUENCES DES DORTOINS EX COMMUN · texte numérisé non relu

VI. INFLUENCES DES DORTOINS EX COMMUN

Rien n'aggrave davantage les immenses inconvéniens des dortoirs en commun que celle irritation des passions qu'entretient parmi les déte-

nus de chaque sexe leur union dans les mêmes bâtimens, Je n'ai pas ici à démontrer en chiffre ces inconvéniens; mais un jour je les démontrerai en faits recueillis et en récits entendus de mes propres oreilles, car mon habitude est d'inspecter les prisons, non-seulement de jour, mais de nuit , afin d'observer par moi-même , à l'insu des détenns et

des gardiens , ce qui s’y dit et ce qui s'y fait. C'est là pour l'observa- |

teur le moment le plus instructif ; celui qui Ini fait mettre le doigt sur

GAZETTE MÉDICALE î

Quant au moral, il n'y a pas à rechercher ici l'influence de l’isolement comme en Angleterre et aux Etats-Unis , dont j'ai cité les expériences faites à cet égard , et les résultats recueillis dans mon ouvrage sur le systèine pénitentiaire en Europe et aux Etats-Unis { 1}. Cet isolement n'existe pas : les détenus au cachot causent entre eux d'un cachot à l'autre aussi librement que dans une chambre commune : comme ils n'y travaillent pas, et qu'ainsi leur paresse tronve au cachot les plaisirs

la plaie de nos prisons la plus urgente à fermer. Je u'oserais dire re que || de la conversation et du repos, il en résulte que la peine du cachot n'est

je sais; mais je puis aflirmter sans crainte d'être démenti par tous les ommes

exemples et les pratiques du Libertinage des dortoirs en commun. VIL INFLUENCE DES aGeS SUR LE NuMOnt DES DÉCÉS.

Ici nous revenons aux chiffres, le l'âge, j'indique comme document insuffisant , mais non inutile , a population générale des deux sexes ainsi répartie d’après les âges à l'époque du 1°" mai.

Muins de 16ans, 44.

21 ct plus, 540.

Voici maintenant le tableau de la mortalité en 1423 , d'après les âges.

Agés de 20 3Ù 40 Total, moins de à à à 20ans. S$0 40 60 Hommes , 12 SH 28 SH 6 108 Femmes , 0 7 5 (4 3 30

Ainsi la plus grande mortalité parmi les hommes a été de 20 à 40 c'est-à-dire à l'époque où l'homme est dans la vigueur de l’âge :; c'est aussi l'époque où il est dans l'énergie des passions qu'exalte ï libertinage des prisons , dans lequel il dépense et épuise aque jour ces forces vitales que l'influence d'un exercice salutaire, la respiration d'un air libre, la chaleur d’un soleil de printemps , ne viennent pas réparer au fond d'un atelier de trameur ou même de tisserand.

Parmi les femmes, c'est de 40 à 6n ans que semble a xp plus cruel.

lement la mortalité. On peut l'expliquer par l'époque de leur âge critique.

INFLUENCE DU nÉGIME ET DL SEJOUR DES CACROTS.

J'ai voulu enfo apprécier l'influence du régime et du sejour des cachots sur la mortalité.

En 1833, voici d'abord quel a été le nombre des punitions et Ja durée des séjours au cachot,

Pour Pour Pour Pour Pour Amoins Huit {mois Deux b la la la 115 de à à à

1°" fois. seconde. troisième. quatritme, elplus. Sjours. 15jours, deux, trois. 199 19 56 59 196 348 66 14 11

1! y a bien des réflexions et observations utiles à faire sur ce tableau,

mais elles me conduiraient trop loin : arri à li

sr april nd: P rnivons donc à l'influence de ces Sur cent huit individus décédés en 1833, quatorze seulement avaient

subi la peine du cachot ;

. Un , une fois pendant huit jours; trois , deux fois cinq et huit jours ; deux , trois fois pendant quatre et huit jours ; deux quatre fois pendant quatorze et quinze jours ; trois , cinq fois pendant vingt-deux, vingt-huit, quarante jours ; un, six fois Fa vingt-qua tre jours, un, seize fois pendant quarante-neuf jours ; et un enfin dixneuf fois pendant soïxante-seize jours. ’

reste, on apprécierait mieux l'influence du ré au cachot sur la santé des détenus, en consultant le € | ge Serr je n'ai pas lerelevé,

M. les médecins de ta mai ig aan va ison centrale se plaignent beaucoups de suivie de l'entrée aux infirmeries.

I est certain que les cachots sont humides, froids de ventilation.

Îlest certain encore qu'une seule couverture laissée aux déteuus est insuffisante pour les garantir du froid et de l'humidité.

pendant quatre ,

ime et des séjours iffre des entrées à

, et qu'ils manquent

M ui connaissent sérieusement les maisons centrales, qu'il n'est | rien de plus funeste à la santé des détenns que les enscignemens, les de la prolongation de ce régime diététique , d'apres l'expérience amé-

Jricaine ; mais il est vrai qu'au régime diététique fm re l'influence

{qui ne pourrait avoir cours dans

jtenus que le don heureux de s’en faire aimer.

,, en prétendant que la sortie est Presque toujours |

plus que dans le régime diététique du pain et l'eau. J'ai indiqué dans mon ouvrage précité les conséquences désastreuses

de l'isolement solitaire. Bien qu'affranchi de cette dernière influenre,

{je reconnais , avec les méderins de la maison , les fächeux résultats du irégune diététique actuel sur la ssnté des détenus ; mais, pour ÿ appor-

lter toutes les ancliorations désirables, l'intérêt disciplinaire exiger Avant de dresser Le tableau du nombre des décès considéré nar ran. 5 sr pr

préalablement la punition de l'isolement et du silence; en un mot, du confinement solitaire, qui donnerait une pénalité sévère , redoutée et

: corrective.

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